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ça réduit les coûts et augmente les dividendes. Décider de taxer ces zapettes et d'affecter la
recette au soutien à l'économie numérique, je pense, oui, que cela va dans le sens de l'intérêt
collectif.

L'exécutif distingue ainsi les innovations d'intérêt collectif et
les autres. Est­ce bien son rôle ?
Le but n'est pas de taxer tous les robots. A terme, il faudra toutefois réfléchir à la base taxable.
Dans une industrie 4.0, avec de plus en plus de robots et de moins en moins de travailleurs, il faut
pouvoir continuer à financer les droits sociaux, en Wallonie, en Belgique et ailleurs.
Nous avons eu un débat avec les opérateurs télécoms sur la taxe pylônes. Elle sera convertie en
investissements. Nous avons besoin de ces investissements pour faire de la Wallonie une giga­
région. Finalement, c'est mieux que de percevoir une taxe et puis de subsidier les investissements.
Sans la taxe pylônes, nous n'aurions pas eu cette négociation, elle a donc été utile.

Venons à cette troisième phase du redressement, celle du "
Acheter wallon ". Pourquoi les chaînes de valeur sont­elles si
courtes ? Pourquoi les entreprises n'achètent­elles pas
suffisamment wallon ?
Nous avons des secteurs matures mais qui n'ont pas encore les marchés suffisants. Je songe aux
nouvelles technologies de l'information par exemple, il y a plein de petites trouvailles wallonnes,
des applications nouvelles, etc. Ces entreprises n'ont pas encore la masse critique suffisante pour
gagner des marchés à l'international. Pour elles, le levier principal sera souvent la commande
publique. C'est quand même un peu rageant de constater que les autorités publiques utilisent des
solutions informatiques inventées aux Etats­Unis ; que nous avons investi des millions dans les
énergies renouvelables et que l'essentiel des panneaux photovoltaïques sont importés, que les
éoliennes sont fabriquées en Allemagne ou au Danemark.

Avons­nous manqué d'anticipation à l'époque ?
A l'époque, c'est vrai, on ne s'est pas préoccupé des retombées économiques locales du soutien
aux énergies renouvelables. Nous avions tout pour être producteurs d'éoliennes, nous avions les
fonderies, l'électromécanique, les facultés polytechniques. Mais on ne l'a pas fait. Quand nous
avons décidé de soutenir massivement les énergies renouvelables, le marché était déjà mature. Il
n'était plus possible de créer la filière et de concurrencer les entreprises installées. Beaucoup
d'argent a été dépensé ­ avec une finalité juste, j'insiste ­ mais sans guère d'impact sur la
croissance endogène.

Votre défi est donc de ne pas reproduire la même erreur...
Oui. Et cela vaut dans tous les domaines. Je sors d'une réunion avec l'administration des routes.
Nous supprimons tous les panneaux rétro­éclairés parce qu'ils consomment beaucoup et sont
difficiles à entretenir. Mais aussi parce qu'aucune boîte wallonne ne les produit. Nous optons
désormais pour des panneaux routiers qui peuvent être fabriqués en Wallonie. Cela reste des
marchés publics mais nous choisissons volontairement une technologie susceptible d'entraîner
des retombées économiques locales. Tous les pays qui ont une politique industrielle efficace font
cela, nous devons intégrer ce réflexe.