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Comment transmettre ce réflexe aux entreprises qui, elles
aussi, passent beaucoup de commandes ?
Je ne leur jette pas la pierre. Il y a malheureusement beaucoup de chaînes dans lesquelles un ou
plusieurs importants maillons de valeur n'existent pas chez nous.

N'était­ce pas un des problèmes de Caterpillar ?
Oui et non. Caterpillar avait de nombreux sous­traitants et a donc eu un impact incontestable sur
l'économie locale. Mais elle n'avait aucune stratégie de type Plan Marshall : pas de recherche ici,
pas de participation aux pôles de compétitivité. C'est vraiment dommage. Caterpillar produit des
engins à moteur, les émissions et la consommation de carburant vont jouer un rôle croissant et, en
dépit de nombreuses sollicitations, y compris de ma part, ils n'ont intégré aucun programme de
recherche. Le centre de recherche en aéronautique est pourtant à deux pas de chez eux à
Gosselies... Ce modèle­là, celui d'une manufacture qui n'est pas en même temps un centre de
recherche, est devenu extrêmement vulnérable. En ce sens, le Plan Marshall, c'est l'anti­
Caterpillar.

On revient toujours à ce Plan Marshall. Est­ce vraiment la
panacée pour vous ?
C'est un élément important. Mais nous avons surtout un accompagnement des entreprises sur
toute la chaîne avec les invest, la SRIW, les pôles de compétitivité, les intercommunales de
développement, les incubateurs, les aides à l'innovation, l'Awex etc. Aujourd'hui, celui qui a une
idée, il peut trouver partout, de la Wallonie picarde jusqu'à Verviers, les structures d'aide utiles
pour tester, financer et développer son idée.

Vous nous décrivez là une économie très étatisée...
Pas étatisée mais une économie à accompagnement public fort. Interrogez l'Union wallonne des
entreprises, je ne pense pas que vous y trouverez beaucoup de monde pour regretter ce paysage
institutionnel qui accompagne la vie des entreprises.
Quelles économies s'en sortent le mieux ? Celles où l'Etat joue un rôle fort, comme l'Allemagne et
les Etats­Unis. Je reviens au livre de Mariana Mazzucato, elle montre que l'iPhone n'existerait pas
sans la recherche publique fondamentale, essentiellement dans les domaines militaire et spatial.

Nous avons évoqué le " Acheter wallon " des pouvoirs
publics et des entreprises. Pour les consommateurs, il y a
les circuits courts, les produits locaux. C'est sympathique
mais cela peut­il vraiment tout révolutionner ?
C'est plus structurant qu'on ne le pense. Aujourd'hui, il n'y a plus une seule enseigne de la grande
distribution qui n'essaie pas de s'inscrire, elle aussi, dans une logique de promotion des produits
locaux. C'est parce qu'il y a eu, avant cela, des projets­éclaireurs que nous pouvons voir
aujourd'hui une dynamique plus générale de relocalisation de la consommation.
Je cite souvent l'exemple de ce jeune Carolo qui a créé P4P. Il avait constaté que les grandes
boîtes de la région achetaient leurs emballages à l'étranger ou en Flandre. Pourquoi ne pas
fabriquer ces emballages ici ? Il a investi dans le matériel ­ avec l'aide des outils publics ­ et deux
ans plus tard P4P emploie 15 personnes. Il a réussi à réincorporer ce travail dans le tissu wallon.