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Ce blogue est destiné à être un endroit de réflexion. Plus que des vérités ou des enquêtes, ce 
sont des essais sur la marche du monde dans une optique (très) critique vis­à­vis de l'emploi.

C'est que tous les  syndicalistes, tout le personnel  politique, tous les hommes d'affaire, tous les
chercheurs réclament unanimement de l'emploi.

Ils   font   chorus   pour   revendiquer,   exiger,   un   contrat   de   subordination   qui   soumet   l'activité
économique à l'enrichissement d'un propriétaire sans autre légitimité que son titre de propriété.

La   lecture   de  Marx  nous   apprend   qu'il   existe   des  classes   sociales.   Elles   sont   définies   par   des
rapports de production  dans le système capitaliste. Concrètement, le  capital  se valorise  via  des
investissements et l'achat de la force de travail en revendant les biens et les services produits par
ladite force de travail.
Marx   définit   deux   classes   essentielles:   le   prolétariat   n'est   pas   propriétaire   des   moyens   de
production.   Il   doit   vendre   sa   force   de   travail   pour   survivre   puisqu'il   est   exclu   de   la   propriété
(d'usage) de toutes ressources utiles à garantir sa propre survie.

La bourgeoisie détient les moyens de production sans en avoir usage. Elle a un rapport de propriété
lucrative aux outils de production. 

Les prolétaires utilisent, reproduisent et produisent l'outil de production mais sont maintenus dans le
besoin de vendre leur force de travail alors que les bourgeois n'utilisent pas l'outil de production, ne
le produisent pas ou ne le reproduisent pas mais ils en tirent l'intégralité des fruits lucratifs et
décident ce qui se produit, comment et, surtout, qui est reconnu producteur, qui a  le droit  d'être
employé, d'être asservi à son insatiable avidité.

Marx parle d'horizon de dépassement du capitalisme. Pour lui, c'est la dictature du prolétariat qui
s'imposera sur les ruines des contradictions capitalistes (je fais un peu court, désolé).

En entendant récemment Bernard Friot dans une vidéo en ligne (https://www.youtube.com/watch?
time_continue=5&v=ZuZz9NSOh10),   il   m'est   venu   une   interprétation   personnelle   du   concept
marxiste. Il explique que la bourgeoisie a triomphé de la noblesse en imposant progressivement sa
pratique   de   la   valeur.   Les   nobles   fonctionnaient   avec   des   serfs,   ils   avaient   une   pratique   de
l'économie tournée vers l'agriculture et les dépenses somptuaires. Ils n'échangeaient pas ou peu,

économiquement parlant. Pendant des siècles, la bourgeoisie a construit ses pratiques d'échange
économiques dans des lieux propres et selon des modalités spécifiques.

Aujourd'hui,   les   pratiques   économiques   et   la   définition   de   la  valeur  économique   sont   devenue
bourgeoise de manière hégémonique, c'est­à­dire sans que ces pratiques et cette définition ne soient
remis en question par celles et ceux qui en sont victimes.

En   ce   sens,   les   discours   de   représentation   prolétaires   qui  réclament  de   l'emploi   entérinent
l'hégémonie bourgeoise puisqu'ils reprennent sa définition de la valeur économique et ses pratiques
économiques sans les discuter. Un peu comme si les drapiers avaient continué à demander des terres
à des seigneurs.

On peut parler de dictature de la bourgeoisie aujourd'hui, étant entendu que la bourgeoisie est un
rapport de production et non une liste, un annuaire avec une série de noms, d'incarnations de la
classe sociale. La dictature de la bourgeoisie ne signifie pas que ce sont des bourgeois purs qui sont
aux commandes et ce de manière indiscutée. Cela signifie que les pratiques économiques du rapport
de   production   bourgeois   se   sont   imposées   à   tous   ­   à   l'instar   des   pratiques   économiques   de
l'aristocratie militaires au Xe siècle. Le rapport à la production bourgeois domine tout ­ le social,
l'environnemental, l'urbanistique, le culturel, l'architecture, les arts, etc. ­ sans qu'il y ait besoin
d'une élite ou d'un ensemble de personnes assimilables à la bourgeoisie au pouvoir.

C'est que une classe sociale, c'est un rapport de production qui traverse des gens, ce n'est pas une
série de gens, une liste de noms.

De   la   même   façon,   la   dictature   du   prolétariat,   ce   n'est   pas   la   domination   physique,   militaire,
philosophique ou sociale d'une série de personnes (difficilement qualifiables de "prolétaires" à partir
du   moment   où   elles   maîtrisent   le   destin   de   tous)   mais   c'est  l'hégémonie   d'une   pratique
économique  qui s'impose comme la pratique  économique bourgeoise s'est imposée sur l'ancien
régime.

Cette pratique économique nous traverse en tant que prolétaire, en tant que personne sans titre de
propriété contraint de vendre sa force de travail pour vivre. Quelles libertés et quelles définitions de
l'économie portent ces parties de nous réduites à de simples outils dans l'économie capitaliste?

La réponse à cette question permet de définir ce qu'est (déjà) et ce que pourrait devenir la pratique
économique du prolétariat destinée à devenir hégémonique. 

La production de valeur économique sans employeur

On le sait par le travail de Bernard Friot, la  sécurité sociale  est le fruit de pratiques prolétaires
spécifiques. En Belgique (j'y reviendrai dans une série d'articles à venir), ce sont des caisses noires
illégales qui ont permis aux ouvriers de s'assurer contre la maladie et la vieillesse puis contre le
chômage. Ces caisses ont été interdites puis tolérées puis rendues obligatoires.

Elles sont devenues les mutuelles. Avec l'avènement de la sécurité sociale, elles sont devenues
interprofessionnelles.   Les  producteurs  cotisaient  tous   à   un   taux   unique   pour   des   prestations
semblables.

C'est dire que le prolétariat avait inventé une manière spécifique de créer de la valeur économique.
Cette manière était infiniment plus efficace que la pratique économique bourgeoise puisqu'elle ne
connaît aucune crise et qu'elle permet de faire les choses par intérêt, par passion et non par cupidité.

Par   ailleurs,   il   y   a,   dans   le   mouvement   coopératif,   des   tentatives   de   produire   de   la   valeur
économique sans  employeur. Mais ces tentatives ne deviennent politiquement intéressantes que si
les coopératives parviennent à se détacher du salaire à la pièce et du rapport de clientèle. 

La propriété d'usage

Mais   le   prolétariat,   c'est   aussi   une   relation   particulière   à   l'outil   de   travail.   Les   prolétaires
l'entretiennent et l'utilisent. De ce fait, nous sommes susceptible de le ménager, d'en prendre soin et
de poser les choix de gestion les plus en phase avec cet outil de production.

La   dictature   du   prolétariat,   c'est   aussi   l'hégémonie   de   la   propriété   d'usage   au   détriment   de   la
propriété lucrative. C'est dire que les pratiques économiques sont amenées à changer radicalement
sur ce plan­là aussi. Un exemple: Sanofi est une entreprise pharmaceutique avec de nombreux
brevets portant sur des médicaments. La logique de l'usage commande d'investir dans la recherche
pour trouver des médicaments utiles et de faible nocivité. La logique lucrative commande de sabrer
les investissements dans la recherche et à racheter de temps en temps un concurrent en difficulté
pour récupérer ses brevets.

La propriété lucrative ne s'intéresse pas à ce qui est fait et comment. Elle veut retirer de la  plus­
value sans considération pour le reste. Cette pratique nous paraîtra aussi obsolète que le servage le
jour où viendra la dictature du prolétariat.

La servitude volontaire

Dans la pratique économique bourgeoise, les prolétaires sont réduits à des êtres de besoins. Ils sont
tenaillés par la nécessité et, sous la contrainte, doivent vendre leur force de travail dans une guerre
sans   fin   de   tous   les   prolétaires   entre   eux   pour   obtenir   des   places.   La   servitude   est  forcément
contrainte sous la dictature de la bourgeoisie ­ comme elle l'était sous la dictature de la noblesse.
La pratique prolétaire de l'économie, en dégageant les producteurs du salaire à l'heure ou à la pièce,
leur   ouvre   un   espace   de   liberté   que   seuls   les   retraités   (et   certains   chômeurs   voire   certains
fonctionnaires) connaissent aujourd'hui. Avoir un salaire quoi qu'il arrive, cela signifie que l'on peut
accepter ou non un directeur de projet, un chef, un contremaître. La servitude n'est plus contrainte,
elle est le fruit d'une (éventuelle) acceptation par l'intéressé.

Pour autant, si la pression de la nécessité disparaît dans la pratique économique prolétaire, cela ne
signifie pas pour autant la fin de toute pression et, partant, la fin de l'histoire et des contradiction
d'un état historique donné.

L'avènement de la dictature du prolétariat

Bien malin qui pourrait dire quand et comment adviendra l'hégémonie des pratiques économiques
prolétaires. Disons que le temps presse pour toutes ces générations sacrifiées à la queue­leu­leu et
pour les dégâts environnementaux de la pratique bourgeoise de l'économie.
Au   regard   du   triomphe   de   l'hégémonie   de   la   pratique   économique   bourgeoise,   il   apparaît
néanmoins:
­   que   la   spécificité   de   la   pratique   économique   révolutionnaire   est   déterminante   (les
bourgeois   n'auraient   pas   pu   devenir   hégémoniques   s'ils   s'étaient   embauchés   comme
serfs)

­ que la modification de l'hégémonie économique s'inscrit dans le temps (très) long

­ que les actes portent et importent, qu'il ne s'agit ni de tout attendre d'un effondrement
extérieur, ni tout accomplir en en tournemain

­ que l'avènement d'une pratique prolétaire de l'économique est largement commencé,
que ses réussites sont éclatantes au regard des échecs de la pratique bourgeoise

­ qu'il ne s'agit pas de dénoncer tel ou tel, de faire des listes noires avec des victimes
expiatoires mais qu'il faut  comprendre en nous  les différents rapports de production
pour faire triompher les pratiques économiques révolutionnaires.



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