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Notes de lecture de

Jean Neuville, Naissance et croissance du syndicalisme, Tome 1, L'Origine des 
premiers syndicats, Vie Ouvrière, 1979.



En résumé 
Les syndicats se sont d'abord organisés par profession, par corporation. Ces 
associations de défenses des intérêts des travailleurs ont eu tendance à être récupérées 
par les maîtres, par les employeurs ou par une hiérarchie syndicale bureaucratique. Les 
compagnonnages sont alors des sociétés secrètes plus ou moins élitistes (comme les 
francs­maçons). Ils ont alors perdu toute dimension sociale, de lutte ou de représentation
ouvrière. 
Ces tendances demeurent des enjeux dans le contexte actuel. Certains syndicats ont 
encadré les salaires et les cotisations de manière stricte, écrivant avant l'heure le droit du
travail, certains syndicats ont aussi cassé des grèves par calcul ou par intérêt.  
Le secret et l'élitisme des sociétés liées aux Chevaliers du travail participait de la 
guerre de la qualification et du salaire contre l'emploi indépendamment de l'entre­soi
sulfureux de ce genre d'organisation.

• L'hyper­concurrence  
La production économique des villes s'est organisée sur le mode de la concurrence dès le plus haut 
moyen­âge. Les serfs venaient parfois chercher une liberté en ville. Ils devaient alors vendre leurs 
bras pour survivre, ils devaient alors se mettre sous le régime de l'emploi. Mais les conditions de 
travail ont immédiatement été exécrables dans le cadre de la concurrence entre travailleurs de la 
ville. Au départ, dans la forme la plus impitoyable de l'emploi, la rémunération était liée à la vente 
de la seule force de travail.



Les corporations 

Peu à peu, face à cette situation au départ catastrophique pour les producteurs et favorable pour les 
propriétaires, les premiers s'organisent par corporations. Les corporations fonctionnent par 
profession, les réglementent, les contrôlent. Elles tentent de qualifier le poste, voire le travailleur et 
de dénoncer le cadre de la vente de la seule force de travail. Pour autant, les maîtres tentent de 
récupérer les corporations à leur avantage: elles deviennent alors des confréries baroques sans 
dimension sociale. Mais les ouvriers s'organisent alors en corporations concurrentes.

Extrait (p. 47) 

... entrons dans un atelier du XVIIe siècle, par exemple [avant la révolution industrielle] 
dans celui de Libert Quartier exploitant une fabrique de boutons. Nous y trouvons le 
petit Hendrik Orleff âgé de quatre à cinq ans, engagé en 1622 pour deux ans et gagnant 
12 florins, 'plus une paire de souliers' ... sans doute s'agit­il ici d'un travail relativement 
facile, encore que ces enfants ouvriers soient astreints à travailler 12 et 13 heures et à 
faire un nombre déterminé de boutons par jour.



Les caisses de maintien de salaire (ou de prix) 

Au XIXe siècle, les corporations deviennent des caisses de maintien des salaires. Elles sont parfois 
nommées aussi caisses de maintien des prix. Les ouvriers faisaient le lien entre les prix et les 
salaires alors ­ chose qu'il faudrait aujourd'hui rappeler aux tenants de la politique de l'offre.
Il s'agit alors ...

­ D'encadrer les conditions de travail minimales en deçà desquelles les affiliés doivent refuser tout 
travail. Il y a un salaire minimum que les affiliés doivent respecter sous peine d'exclusion de la 

caisse. Ceci peut être comparé à une grève de chômeurs puisque les travailleurs refusent l'emploi et 
le soumettent à leurs propres conditions. Les casseurs de prix sont mis à l'index et congédiés de 
l'accès à la profession par leurs pairs. Ils perdent reconnaissance, statut et qualification en acceptant 
de casser les prix.

­ D'organiser des caisses de grève et de chômage ­ comme, par exemple, les typographes en 1846. 
Les affiliés cotisent pour garantir ces droits. Ils ouvrent leurs droits aux prestations de grève et de 
chômage après une certaine durée de cotisations (assez limitée).



La chevalerie du travail 

The Noble Order of the Knights of Labor a été créée à Philadelphie (États­Unis) en 1869 par des 
tailleurs. Cette société au départ secrète voulait organiser clandestinement la défense des intérêts 
des travailleurs ­ sur le même modèle que les sociétés, les ententes capitalistes.

1. Les verriers 

Les verriers jouissaient de privilège depuis la plus haute antiquité. L'introduction de la houille (au 
lieu du bois) et de fabricant de verres de plus grande dimension va amener un caractère roturier à la 
profession au XVIIIe. À la fin du XVIIIe, pourtant, les ouvriers verrier perdent leur liberté de 
circulation. Ils doivent demeurer attachés à un maître. La demande élevée de verre permettra 
toutefois de conserver des salaires très élevés (jusqu'à huit fois ceux du textile) dans la profession. 
Dans les années 1870, la guerre contre les salaires et pour l'augmentation du temps de travail des 

maîtres (lock­out, etc.) contraint les ouvriers à s'organiser dans l'Union Verrière (1882). L'Union 
organise une grève peu après contre les baisses de salaire sous prétexte de la concurrence.

En 1912, l'Union Verrière crée une caisse de retraite rapidement dotée de plus de 8 millions de 
francs. 

De leur côté, les patrons s'organisent en Mutualité des Verreries belges en 1901, une véritable caisse
de grève patronale.

2. Les houilleurs
Entre 1830 et 1850, les grèves sont très nombreuses dans les charbonnages. Il s'agit parfois de 
luttes de nature luddite contre la mécanisation comme à La Haye en 1831 ou au grand Hornu en 
1830. Les grèves se multiplient et se concentrent sur les salaires et elles dénoncent les mesures 
vexatoires à l'encontre des ouvriers. Ces grèves sont réprimées dans le sang par l'armée.

Dans les années 1860, l'Internationale se crée en Belgique. Mais les sections ne sont dans un 
premier temps que des centres de formation socialiste sans caisse de grève.

Après 1870, les ouvriers s'organisent sur le plan professionnel au sein de l'Union des métiers. Elle 
ne se situe pas nécessairement dans le cadre de l'Internationale déclinante. Cette Union s'implique 
dans les syndicats de mineurs éphémères nés et morts dans les grèves.

En 1875, se crée la Fédération des mineurs qui lance un appel à la grève contre une réduction de 
salaire dans le Centre. Cette grève sera menée dans le calme par plus de 10.000 grévistes.

À Charleroi, en 1885 est fondée l'Union des mineurs Euréka. En 1889­90, elle organise une grève 
victorieuse pour la réduction du temps d'emploi. Suite à cette victoire, Euréka compte 30.000 
membres affiliés à la chevalerie ­ des mineurs, des métallurgistes et des verriers.

En 1887, la Chevalerie appelle à la grève générale et s'oppose au P.O.B. qui tente de tuer le 
mouvement dans l’œuf. Il se crée une dissidence favorable à la grève générale, le Parti Socialiste 
Républicain. En 1891, le P.O.B. vote la fin de la grève générale pour la réduction du temps d'emploi
­ ce qui en obère les résultats et nourrit la rancœur des grévistes.

En 1894, néanmoins, à l'occasion des premières élections au suffrage universel (masculines), l'union
se fait entre républicains et P.O.B. Cette union aboutira à la création de la Fédération mutuelliste 
commune en 1895 sans que les unions du P.O.B. et de la chevalerie puisse se réconciler.

La Fédération Nationale des Mineurs est créée en 1889 mais devra se battre jusqu'en 1914 pour 
s'imposer. Elle a dû se battre contre
­ les particularismes locaux
­ l'invasion du politique, des représentants politiques (du P.O.B.) et de leurs enjeux
­ les débats locaux contre la base multiple (caisse de retraite, de chômage et de grève)  
­ les tensions entre les tenants de la négociation (réformisme) et les tenants de la lutte (radicalisme)
­ la tendance à l'institutionnalisation
­ la tendance à la technicisation: les syndicalistes mènent des études techniques très poussées pour 
contester les chiffres patronaux, cette maîtrise technique les éloigne des mandants.

3. Les gantiers

Historiquement, ce genre d'activité est effectué à domicile, chez les travailleurs mais le XIXe allait 
voir l'apparition des fabriques.

Il se crée des sociétés de secours mutuel des gantiers (ou des professions liées à la fabrication des 
gants) au milieu du XIXe. À côté de ces sociétés mutuelles, des sociétés de maintien des prix ont 
également existé. À la fin du XIXe, la Société des teinturiers ou l'Union des gantiers vivotaient 
sous forme de caisse de résistance plus ou moins stables.

Les gantiers de l'Union adhérèrent aux Chevaliers du travail en 1885. Ils instituèrent une cour, sur le
modèle des Chevaliers, pour sévir contre les membres 'délinquants' qui ne respectaient pas le 
monopole de la région bruxelloise.

Les ouvriers doivent être syndiqués: les membres de l'Union ne peuvent travailler pour des patrons 
qui embauchent des ouvriers non syndiqués, les sarrazins. L'Union gère l'apprentissage et le régule.

Grâce à leur qualification, les gantiers obtiennent des salaires suffisants. 



Le syndicalisme moderne 
1. Les drapiers

Dans la région de Verviers, ils travaillent soit à domicile (pour la filature, notamment), soit dans des
fabriques. La concentration de travailleurs dans les fabriques génère des mouvements sociaux dès le
XVIIIe: il s'agissait de lutte pour se réserver l'accès à l'emploi contre les étrangers (de ... Hodimont, 
de l'autre côté de la Vesdre). Mais le modèle capitaliste d'exploitation maximale, sans entrave. Peu à
peu, les mouvements sociaux 'transnationaux' vont réussir à harmoniser les différentes législations.

En 1759, une organisation secrète de résistance est créée: les ouvriers des quatre régions s'accordent
sur un salaire minimum et sur les conditions d'apprentissage (la qualification). Les maîtres, par 
contre, réclament la liberté d'embauche au nom du droit de propriété. La confraternité des drapiers 
survit à la répression des autorités.

Avec le XIXe commence la mécanisation du secteur et, avec elle, le syndicalisme disparaît des 
archives jusqu'en 1867 avec la création des Francs­ouvrier de sensibilité proudhonienne. Cette 
association veut émanciper les travailleurs et non aménager leur asservissement.

Les caisses de résistances apparaissent également à ce moment­là. Les caisses sont généralement 
créées au sein de société de résistance. Ces caisses n'ont jamais été suffisantes pour subsidier 
complètement une grève. Ces caisses auront des rapports avec l'Internationale.

La guerre de 1870 sera néfaste à l'Internationale, très active en pays verviétois. Les dissensions 
entre autoritaires et bakouninistes se feront également jour. 

Les Bruxellois et les Flamands (notamment de Gand) sont également touchés par 
l'Internationale. Mais les Verviétois sont inscrits dans une perspective autonomiste­anarchiste alors 
que les autres, les Bruxellois, les Gantois ou les Anversois s'inscrivent davantage dans le 
programme du Gotha ­ marxiste ou social­démocrate.

Il faudra attendre 1906 pour assister à la création de la Fédération ouvrière de l'industrie textile. 
Juste à temps pour réagir aux lock­out patronaux eux aussi organisés en Fédération patronale. Les 

ouvriers eurent recours à des collectes, ils durent envoyer leurs enfants ailleurs dans un mouvement 
de solidarité générale pour tenir le lock­out.

2. Les cotonniers

En 1801, Liévin Bauwens importe les filatures industrielles anglaises à Gand. Le tissage est assuré 
par les prisonniers de la maison de force. Le secteur embauche massivement, ce qui pousse les 
patrons à s'arracher les ouvriers. Les efforts physiques demandés assimilent l'ouvrier à l'esclave 
mais son salaire couvre largement ses besoins. 

En 1810, une tentative de création d'une mutuelle de secours à Gand sera avortée par le bourgmestre
aux ordres de Bauwens.

Sous l'effet de la concurrence anglaise, les salaires s'effondrent de 50% en 1814­15. À ce moment­
là, les fileurs créent une association ayant comme but l'assistance aux malades et aux infirmes. De 
nouveau, les pouvoirs publics évoquent le danger de coalition pour saborder la chose, laissant les 
10.000 ouvriers gantois dans une grande précarité dans leur lutte pour le salaire. Les grèves se 
multiplient en 1831­32, sans caisse de solidarité ­ ce qui atteste les conditions épouvantables 
d'exploitation de l'époque.

En 1839, les autorités répriment dans le sang les manifestations 
des ouvriers pour le droit d'association. Ces manifestations et ces revendications auront lieu 
périodiquement et seront systématiquement réprimée par la bourgeoisie.

Ce n'est que 20 ans plus tard qu'une quinzaine de fileurs de réunirent à l'estaminet "Het Zwijger". 
Là, Nélis, père de 6 petits enfant commença à parler de sa souffrance. Les réunions se multiplièrent 
avec les orateurs, constituant de facto si ce n'est de jure le Syndicat des Tisserands (Broederlihke 
Maetschappij der Wevers van Gent) et des Fileurs (Noodlijdende).

Ces associations ont permis aux grèves de se multiplier en 1858­59. En 1860, les associations de 
tisserands et fileurs s'unirent dans le Werkersbond mais ces associations ne devaient (pour ainsi 
dire) pas survivre à la crise et à la guerre de Sécession.

*
*     *

Les syndicats 'industriels'
En 1886 a lieu une grande insurrection en Wallonie. Après celle­ci,

­ les syndicats 'professionnels' deviennent des syndicats 'industriels'

­ l'État intervient pour la première fois dans les relations travail/capital: interdiction du trucksystem 
(paiement en nature, voir ici); réglementation du travail concernant les enfants et les femmes.

Source à explorer: E. Witte, Nouvelle histoire de Belgique, vol 1 1830­1905, Édition Complexe.


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