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SALON
RETROMOBILE 42ème EDITION
TRIDENT LA ROCHE SUR YON PREMIÈRE
Du 8 au 12 février

Pour la première fois TRIDENT (Voir nos articles dans les numéros 425 et 426) tenait un stand au sein de Rétromobile. Cerise sur le gâteau, vous
aviez le plaisir de découvrir la voiture la plus rare et la plus authentique du Salon, une des deux Maserati F1 250 F fuoricentro conduite par
Stirling Moss et par Jean Behra en 1956 et par Juan Manuel Fangio en 1957. Cette voiture a conservé toutes ses pièces d’origine n’ayant jamais
été accidentée gravement. Prêtée par le Musée National de l’Automobile de Mulhouse, elle côtoyait la GranTurismo « Sessenta » qui célèbre le
soixantième anniversaire de la victoire de Juan Manuel Fangio au championnat du Monde de Formule 1 en 1957 sur la Maserati 250F.

1957 – 2017

60ème anniversaire du titre de Champion du Monde de Formule 1 de Juan Manuel FANGIO avec MASERATI
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Juan Manuel Fangio et la Maserati 250F, deux destins liés. Le pilote argentin a beaucoup gagné en Grand Prix au volant de la monoplace
italienne, accomplissant avec elle certains de ses plus grands exploits. C’est notamment avec cette voiture qu’il a conquis une partie de son
deuxième titre en 1954 (Il avait disputé la première partie de la saison avec Maserati, la seconde avec Mercedes) et sa cinquième et ultime
couronne en 1957, la plus belle. Ce titre mondial 1957 est le seul jamais décroché par Maserati en Formule 1. Nous en célébrons le soixantième
anniversaire cette année.
Cette exceptionnelle Maserati 250F extraite de la salle des Grands Prix de la Cité de l’Automobile, Musée National, Collection Schlumpf, à
Mulhouse est la plus authentique de toutes les 250F encore existantes. Les frères Schlumpf en avaient fait l’acquisition en 1966 alors qu’elle
n’avait participé qu’à quatre Grands Prix. Elle n’a jamais été utilisée ou restaurée depuis et demeure donc dans un état très proche de l’origine.
Au-delà de cette singularité, elle présente des caractéristiques très particulières.
Elle a été construite par l’Officina Maserati en août 1956 en prévision du Gran Premio d’Italia disputé sur l’Autodrome de Monza le 2 septembre
1956. Maserati veut remporter ce Grand Prix considéré par Ferrari comme sa chasse gardée. Pour y parvenir le service course décide de
construire deux monoplaces spéciales, numéros de châssis 2525 et 2526 (Celle du Musée).
A partir du châssis successivement dessiné puis développé par Gioacchino Colombo, Alberto Massimino et Vittorio Bellentani, l’ingénieur
Giulio Alfieri développe donc une version haute vitesse. Son objectif, affiner la silhouette de la monoplace, recentrer les masses, réduire
l’ouverture avant afin d’améliorer l’aérodynamique de la carrosserie et surtout abaisser le centre de gravité de la voiture. Pour réussir ce dernier
exercice, Alfieri doit placer le pilote le plus bas possible dans l’auto. Il en est empêché par l’arbre de transmission qui partant du moteur vers les
roues arrière, passe au centre du châssis, contraignant le pilote à le chevaucher. Qu’à cela ne tienne, il va l’assoir à côté ! Il fait donc pivoter le
moteur dans le sens des aiguilles d’une montre, l’arbre de transmission passant ainsi non plus au centre mais sur la gauche du cockpit. Le
baquet peut alors être posé sur le côté droit fixé directement sur le fond du châssis. Objectif atteint, le pilote hérite d’une position très basse
moins exposé au vent de la vitesse, décalé sur la droite par rapport à l’axe de la voiture donc plus à l’intérieur des virages à droite qui sont
majoritaires à Monza. En raison de cette architecture les deux voitures héritent de la part de l’équipe de course d’un surnom « fuoricentro »
(Décentrée). Elles sont confiées au Grand Prix d’Italie au Britannique Stirling Moss (2525) et au Français Jean Behra (2526). Aux essais Behra est
cinquième et Moss sixième. En course si le Français abandonne victime d’une panne électrique, Moss décroche la victoire devant les Ferrari.
Objectif atteint ! Trop typée pour évoluer sur n’importe quel autre circuit, très délicats à maitriser, les deux châssis vont ensuite restés stockés à
l’usine. La 2526 qui nous intéresse va en ressortir la saison suivante en juillet 1957 à la demande de Fangio.
En 1957, Fangio a 46 ans, il sait que sa carrière est sur le point de s’achever. Il a accepté l’offre de Maserati pour qui il a déjà roulé et gagné au
début de la saison 1954 avant de poursuivre le championnat chez Mercedes et de décrocher avec les Allemands son second titre mondial. Si la
250F est une voiture vieillissante (Elle a été conçue en 1954), il fait le pari qu’il peut à son volant battre les Ferrari D50. Il n’a de toute façon pas
de meilleures option pour la saison, il ne s’entend plus avec Enzo Ferrari pour qui il vient pourtant de décrocher le titre mondial en 1956 et les
autres constructeurs ne sont pas au niveau. A l’occasion du Grand Prix de Reims hors championnat (14/07/1957) après avoir essayé plusieurs
châssis convoyés sur place par Maserati, il décide de prendre le départ avec la 2526. L’Argentin comme à son habitude, pilote fort et juste mais
à quelques tours de l’arrivée, alors qu’il roule dans le peloton de tête, il se fait piéger par un freinage en appui par cette voiture si délicate.
Museau froissé, il doit abandonner.
2526 revient à Modena chez Maserati ou son museau est remis à neuf. La voiture reste plusieurs mois dans l’atelier, endormie, avant que le
service compétition ne la revende début 1958. Elle reçoit alors un nouveau numéro de châssis 2530 frappé non loin de l’ancien. (Cette pratique
était souvent d’usage à l’époque dans les écuries de course pour éviter de payer des taxes de douanes). Le nouveau propriétaire est un
gentlemen driver espagnol, Antonio Creus Rubin De Celis. Il disputera à son volant le Gran Premio di Siracusa (13/04/1958). Au 27ème tour, Creus
perd l’auto, part en tête-à-queue, la voiture s’arrête contre les fascines abimant comme Fangio le nez de la voiture. Creus la fait réparer mais la
délaisse (Il s’est fait peur). Début 1960, il l’embarque avec lui vers l’Argentine où le portent autant ses affaires que l’envie de recourir. A son
volant le 6 février de la même année, il prend le départ du Gran Premio de Argentina à Buenos Aires. Un Grand Prix disputé sous une canicule
telle que Creus comme beaucoup d’autres abandonne par épuisement. Notre 250F termine ainsi le 6 février 1960 sa carrière en compétition.
Creus mettra la voiture en vente sans succès. À cette époque une Maserati 250F n’est plus compétitive et pas encore collectionnée. En 1965, elle
réapparait le temps de quelques tours aux mains de Nino Farina pour une démonstration en ouverture du Grand Prix de Monaco F1. Les frères
Schlumpf en feront l’acquisition le 15 mars 1966. Elle dort depuis à Mulhouse aux côté d’autres perles rares de la Cité de l’Automobile.

Maserati 250F 1985 type fuoricentro
Châssis 2526/2530
6 cylindres en ligne, 2493cc
Puissance 240 cv à 7200 tr/mn
Poids : 630 kg
Vitesse maximale : 290 km/h
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(Prêt de la Cité de l’Automobile, Musée National, Collection Schlumpf)
La 250F Châssis 2526/2530 de la Cité de l’Automobile (Schlumpf) – Juan Manuel Fangio Grand Prix de Monaco 1957 sur une autre 250F
Sources : TRIDENT MASERATI LA ROCHE SUR YON (Bernard GUÉNANT) – D’après le texte de François GRANET (Alcyon Media Group).
Photos : TRIDENT LA ROCHE SUR YON courtesy of Bernard GUÉNANT et collection privée DP / Droits réservés.