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Une fable universitaire qui promet le cauchemar
Claire Piette
Intriguée par un article de la Libre Belgique1 datant du 10 février 2017, j’oscille,
après sa lecture, entre rire jaune ou pleurer devant une recherche universitaire
prônant une méthode révolutionnaire pour prévenir les troubles des
comportements des enfants !
Là où la Loi tente de dresser les adultes souffrants pour les remettre au travail,
l’université est déjà à l’œuvre pour mettre en application des mises au pas des
enfants manifestant une certaine indocilité.
Cette méthode « INEMO » testée et suivie scientifiquement est prête à
l’emploi. On pourrait déjà disserter sur le nom de cette méthode qui combine
« inhibition » et « émotion » mais passons !
Première consternation, en parcourant les premières lignes de cet article, les
chercheuses en psychologie ont, après 5 ans de recherches ( je n’ose imaginer
le coût….), tiré les conclusions suivantes : il suffirait de faire interagir, par des
jeux- quelque peu dénaturés de leur usage premier-, les jeunes enfants entre
eux, dans les classes, pour obtenir des plus turbulents qu’ils arrivent à se
contenir et deviennent ainsi dociles aux apprentissages. Cette méthode testée
scientifiquement nous dit-on, insiste sur l’importance de « jouer ».
Depuis longtemps les psychologues cliniciens ne sont pas sans savoir
que « jouer » est une façon pour ces jeunes enfants de traiter ce qui s’agite
dans leurs corps, à une nuance près, et qui est de taille : ce que ces enfants
mettent en scène, à travers le jeu, c’est ce avec quoi ils ont affaire, à l’insu de

1

http://www.lalibre.be/lifestyle/psycho/troubles-du-comportement-des-enfants-deux-chercheuses-ont-misau-point-une-methode-preventive-qui-pourrait-bien-etre-revolutionnaire-589b2615cd702bc31910dac7

son entourage bienveillant ou pas. Cette étude semble ignorer complètement
ce pan de réflexions……
Deuxième consternation, on préconise dans le cursus des enseignants une
formation plus conséquente concernant les enfants « dys » : les universitaires
nous donneront donc des lunettes adhoc pour étiqueter les enfants qui nous
déstabilisent. Pas questions de s’interroger sur le dys-cours ! Mais obligation de
devenir des exécutants d’un mode d’emploi qui défausse chacun de la
responsabilité éthique de faire son métier. Avec ces lunettes, nous aurons là un
savoir supplémentaire pour distinguer ce qui relèveraient des premières
difficultés de l’apprentissage et les fameux « dys » dont l’étymologie indique
une « difficulté ou mauvais fonctionnement ».
On saisit avec effroi le glissement de perception : prendre en considération une
difficulté, une inquiétude, une souffrance, n’est évidemment pas du tout la
même chose que de considérer un « mauvais fonctionnement ». Ces enfants
seront donc considérés comme défectueux…… et comme la chercheuse nous
l’indique, ceux que l’on traitait de « fainéants » « d’inadaptés » « inattentifs »,
« capricieux », entreront désormais dans la grande communauté des « dys ». Il
s’agit là d’une ségrégation d’autant plus féroce que cette fois-ci, il ne s’agit pas
d’être qualifié par un professeur mais d’être épinglé « scientifiquement », ce
qui aura valeur de vérité pour tous…
Comment ces universitaires ne voient-elles pas ce qui saute aux yeux ?
Auraient-elles des lentilles obscurcissant l’enfer qu’elles nous préparent ?
Mais l’article ne se termine pas là ! Une fois les enfants « sauvés » intra-muros
en un temps record, les enseignants mieux « armés », dans un paragraphe
« anodin », les séances de logopédies et de psychologie sont qualifiées de
chronovores, coûteuses et peu efficaces… puisqu’on ne peut observer l’enfant
TDAH ou DYS dans une « situation habituelle ». À nouveau, des métiers sont
discrédités et les enfants sont observés, selon des protocles bien précis, les
privant ainsi de mettre en mots ce qui se passe pour eux.
Ce type de recherche universitaire nous promet donc de beaux jours où l’être
humain, dès son plus jeune âge, sera observé comme dysfonctionnant ou pas.
Cette idéologie scientiste nous prépare un totalitarisme sous couvert de la
détection préventive.
Claire Piette est psychologue clinicienne au Lycée Thérapeutique.
Si vous désirez consulter les articles déjà parus, il vous est possible de le faire en vous rendant à l’adresse
suivante : https://groups.google.com/forum/?hl=fr#!forum/collectif-des-praticiens-de-la-parole


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