TPE magazine .pdf



Nom original: TPE magazine.pdfTitre: Microsoft Word - TPE magazine finalAuteur: Vladi

Ce document au format PDF 1.7 a été généré par / Microsoft: Print To PDF, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 02/03/2017 à 00:50, depuis l'adresse IP 86.249.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 585 fois.
Taille du document: 2 Mo (17 pages).
Confidentialité: fichier public


Aperçu du document


Ava

Plan
I.

Routes et foyers du trafic d’art

1/ Le trafic de biens culturels, troisième trafic après
celui des armes et de la drogue
2/ Les conflits armés et pillages (en Irak et en Syrie)
3/ L’organisation du trafic
II. Les acheteurs et les revendeurs
1/ Qui achète, quel rôle jouent les acheteurs de biens
culturels en provenance du trafic illicite d’art dans
la destruction du patrimoine Irakien et Syrien
2/ Qui vend, pourquoi le trafic d’art est-il aussi
important aux yeux des terroristes de l’État
Islamique
3/ Les retours d’œuvres d’art
III. La législation
1/ La lutte contre le trafic illicite de biens culturels
2/ La législation française et internationale relative
au trafic d’art
3/ INTERPOL, la coopération contre le trafic de
biens culturels.

Introduction :

L

e pillage et le recel d’œuvres
d’art volées n’est pas un fait
nouveau. Dès le XIIème siècle avant
J-C, un des plus anciens documents
du droit Égyptien, le papyrus
d’Amherst1, dénonce ces pratiques.
Des pilleurs de tombes, des villes
mises à sac et ses œuvres d’art
réduites au statut de butin : rien de
bien étonnant dans l’histoire
humaine.
De façon plus contemporaine, chaque
jour de nouveaux pillages d’œuvres
artistiques sont pillées. Qu’il s’agisse
de vol d’objets archéologiques sur
des sites de fouilles, de vols d’œuvres
d’art dans les musées ou autre. Ces
objets, en plus de revêtir une
symbolique historique et culturelle,
sont parfois chargés des valeurs et des
coutumes religieuses propres aux
locaux.
Du point de vue des acteurs
responsables du trafic illicite de biens
culturels, à savoir les pillards, les
acheteurs et les revendeurs : le trafic
d’art représente surtout une manne
financière importante. De nos jours
par exemple, l’organisation État
Islamique tire sa deuxième plus
grande source de revenus dans le
trafic d’œuvres d’art. Et c’est
précisément sur ce sujet que nous
avons choisi de nous concentrer dans
ce TPE. Ainsi, le sujet portera sur les
acteurs et les enjeux du trafic de biens
culturels en Irak et en Syrie.

Par conséquent, nous avons choisi de
problématiser le sujet sous cette
forme : « Quels sont les acteurs et les
enjeux du trafic d’art en Irak et en
Syrie ? ». Si nous avons formulé la
problématique de cette façon, c’est
parce qu’elle résume bien le plan
dans son intégralité : les acteurs
correspondant aux vendeurs, aux
acheteurs mais aussi à ceux qui
luttent contre le trafic de biens
culturels (que nous décrirons plus en
détail plus tard).

Et les enjeux qui peuvent aussi bien
désigner des enjeux financiers, que
politiques ou les routes et
l’organisation
de
ce
grand
échafaudage criminel qu’est le recel
du patrimoine Irakien et Syrien par
les terroristes de daesh. Au sujet de
nos motivations, il nous a semblé bon
de traiter de ce sujet qui est au cœur
de l’actualité et qui recouvre des
informations essentielles pour saisir
toute l’importance que revêt la
protection d’un patrimoine millénaire
en péril.

Routes et les foyers du trafic
d’art en Irak et en Syrie
Avant tout, il est important de bien comprendre le contexte du conflit en Irak et
en Syrie et de voir quels sont les principaux axes et les principaux foyers du
pillage et du recel des biens culturels Irakiens et Syriens.

« Le
trafic des biens
culturels, troisième trafic
après les armes et la drogue »
selon l’UNESCO

L

e trafic illicite de biens culturels
est généralement admis comme
étant le troisième principal trafic
illégal dans le monde. Il arrive juste
après le trafic d’armes et celui des
drogues. Bien que ce classement ne

soit que très théorique étant donné
qu’il est difficile d’établir des
statistiques
sur
les
activités
criminelles. On chiffre le marché de
l’art à environ 60 milliards de dollars.
Selon l’UNESCO2, cela représente
une augmentation de près de 20
milliards de dollars. Atteignant ainsi
des chiffres colossaux à l’instar du
marché de la cocaïne qui brasse 72
milliards de dollars chaque année par
exemple.

Les conflits armés et les pillages en Irak et en Syrie

P

our comprendre la nature du
conflit armé en Irak et en Syrie
qui est la souche primordiale des
pillages
d’œuvres
d’art
par
l’Organisation État Islamique, il faut
comprendre que la région de l’Irak et
de la Syrie est le théâtre de conflits
meurtriers ces dernières années. La
guerre civile Irakienne de 2006 aura
été le terrain propice pour la
naissance d’al-Qa’idah en Irak qui
deviendra plus tard l’État Islamique
en
Irak
et
qui
s’étendra
considérablement durant la seconde
guerre civile Irakienne3 qui débute le
30 décembre 2013. Les conquêtes
s’intensifient à partir de la
proclamation d’un Califat Islamique
le 29 juin 2015 et l’union avec des
groupes rebelles Syriens de la
révolution commencée en 20114. Ce
Califat devenant alors la cible d’une
large coalition internationale menée
par les États-Unis mais aussi de la
Russie, de l’Iran et d’une coalition
islamique menée par l’Arabie
Saoudite.5

Le drapeau de l’État
Islamique

Le tombeau du prophète Jonas, un
mausolée détruit par les
djihadistes de l’État Islamique
L’État Islamique ou daesh a mis la
main sur un certain nombre de sites
archéologiques tels que Palmyre
(classée au patrimoine mondial de
l’UNESCO en 19806, pendant trois
cents ans, du Ier siècle avant notre ère
au IIe siècle, le site de Palmyre fut
une plaque tournante du commerce
entre Orient et Occident, attirant des
marchands d'encens, de pierres
précieuses, de soie, et d'épices7.
En mai 2015, une partie de la ville
moderne de Palmyre et ses vestiges
antiques tombent entre les mains des
djihadistes de l'EI, qui détruiront au
mois d'août, le temple du dieu Baal,
sanctuarisé en l'an 32, et celui, plus
petit, de Baalshamin.8,9), al-Nabuk,
sur des musées comme celui de
Mossoul ou sur des mausolées
comme le tombeau de Jonas, détruit
en 2014 par les djihadistes. Tous ces
sites ont été soit rasés soit largement
endommagés par l’organisation
djihadiste.

Les bouddhas de Bamiyan détruits en
2001 par les talibans.
Durant ses escarmouches, l’État
Islamique a fait de la destruction de
biens culturels une de ses marques de
fabrique. Imitant par exemple les
actes des talibans sur les Bouddhas de
Bamiyan en 200110. Détruisant de
façon
iconoclaste
toutes
les
représentations
des
anciennes
divinités du panthéon babylonien
dans une perspective religieuse
apocalyptique et millénariste. Ces
attaques contre les biens culturels
étant souvent filmés et utilisés dans
l’optique de servir de propagande. La
destruction du patrimoine local
servant donc, en plus du financement
par la vente de ce dernier, à alimenter
la propagande des terroristes11. Lors
de la première occupation de la ville
de Palmyre, de mai 2015 à mai 2016,
deux bâtiments gréco-romains leur
avaient déjà servi de théâtre pour des
exécutions de masse12.

« Ce nouveau coup porté au
patrimoine culturel […]
montre
combien
le
nettoyage culturel conduit
par des extrémistes vise à la
fois les vies humaines et les
monuments
historiques
afin de priver le peuple
syrien de son passé et de
son avenir. » Irina Bokova
En termes de chiffres et d’ordre de
grandeur, plus de 320 sites
archéologiques ont été endommagés
par les pillages. « De nombreuses
images prises par satellite montrent
des sites archéologiques en Syrie
parsemés de milliers de fouilles
illégales, littéralement des trous, qui
témoignent d'un pillage à l'échelle
industrielle »13 selon Irina Bokova
qui a tenu une conférence de Presse
en 2015 sur le sujet dans la ville de
Sofia en Bulgarie. Ses services
poursuivent « Les six sites inscrits sur
la liste du patrimoine mondial ont été
détruits ou endommagés, et certains
pillés : par exemple Palmyre, Alep, les
villages antiques au nord de la Syrie.
De même, huit sites inscrits sur la Liste
indicative du patrimoine mondial font
également l’objet de pillages et de
fouilles clandestines »14.

L'organisation du trafic d'art

« Daesh se comporte
comme un état qui donne
le droit de piller »

L

’organisation du trafic d’art de
l’État Islamique est quelque
chose de très structuré et de très
minutieux. En partant des sites de
pillage jusqu’aux salles de vente ou
aux antiquaires Européennes. Sur
place : il est établi qu’il existe un
pillage systématique de tous les
sites archéologiques situés sur les
territoires occupés par daesh. Selon
Jean-Luc Martinez : « Daesh se
comporte comme un état qui donne
le droit de piller ». Les forces
spéciales américaines ont pu
découvrir dans des documents
administratifs écrits par des
notables de l’État Islamique qu’il
existait une taxe d’environ 20 à
50% du fruit des pillages15.

Les principaux sites de pillage.

Par la suite, les objets pillés se
retrouvent dans des pays frontaliers à
l’Irak et à la Syrie comme le Liban, la
Jordanie ou la Turquie. Ils sont alors
pris en charge par des réseaux de
criminalité bien organisés qui
trafiquent également des êtres
humains et des stupéfiants ; ces
derniers trafiquent les documents
dans l’objectif de pouvoir les faire
passer incognito. Par la suite, les
objets arrivent en Europe par des pays
où la législation est assez peu sévère
vis-à-vis du trafic d’œuvres d’art.
Notamment les pays du BENELUX.

Enfin, les œuvres sont envoyées une
fois ‘blanchies’ par le passage par des
pays de l’Union Européenne vers le
reste de l’Europe (notamment la
France, l’Allemagne et le RoyaumeUni) ainsi que vers l’Amérique du
Nord où les œuvres sont vendues aux
collectionneurs par des antiquaires
dans des galeries, des ventes privées
ou des contacts sur internet.16

Les acheteurs et les revendeurs
Maintenant que nous avons étudié quelles étaient les principales routes du trafic
d’œuvres d'art depuis l'Irak et la Syrie, il est bon de s'intéresser à une question
importante : ce trafic d'art existe car il est très lucratif. Mais alors, qui sont les
personnes qui achètent et vendent ces biens culturels provenant des sites de
pillage. Et pourquoi ces personnes jugent-elles cela intéressant d'un point de vue
financier ?
achète, quel rôle jouent les
Quiacheteurs
de biens culturels en
provenance du trafic illicite d’art
dans la destruction du patrimoine
Irakien et Syrien ?
Les personnes concernées par l’achat
illégal de biens culturels depuis l’Irak
et la Syrie sont nombreuses. Pour ce
qui est des acheteurs, leur identité est
difficile à établir de façon claire étant
donné qu’il s’agit d’un trafic
clandestin. Néanmoins, il est clair que
la plupart des transactions entre l’État
Islamique (qui génèrent énormément
d’argent, plus de 36 millions de
dollars sur le seul site d’al-Nabuk17)
sont
effectuées
par
des
collectionneurs occidentaux. Ces
derniers voient dans ce trafic illicite
un bon moyen d’acheter des œuvres
d’art à des prix défiants toute
concurrence. En faisant cela, ils
incitent les
pillards
et
les
contrebandiers à accentuer les
pillages et à dévaster le patrimoine
Irakien et Syrien18.

Il semble que de nombreux
acheteurs ne soient pas conscients
du préjudice causé par l’achat de
biens culturels sur le marché noir.
Certains sont inattentifs à la
préservation du patrimoine et voient
dans ces œuvres achetées à des prix
dérisoires un bon moyen de faire un
placement économique, d’autres en
revanche se justifient en prétendant
sauver les objets de ces pays en
guerre. Ces collectionneurs se
trompent puisqu’ils oublient de
prendre en considération le fait que
leur propre achat encourage les
terroristes de l’État Islamique à
piller les œuvres d’art sur place. En
plus de la destruction du patrimoine,
l’enjeux est aussi le financement du
terrorisme de daesh qui tire une
bonne partie de ses revenus du trafic
d’art et qui a même mis en place un
bureau dédié aux ‘confiscations’
d’œuvres d’art ainsi qu’à la
production de pétrole19.

le trafic
Quid’artvend,est-ilpourquoi
aussi important
aux yeux des terroristes de l’État
Islamique ?
« Aujourd’hui, en Irak, en Syrie, le
pillage atteint des sommets inégalés,
indique Marc-André Haldimann,
chercheur associé à l’université de
Berne en Suisse. C’est assez
impressionnant quand on regarde les
images des sites archéologiques
prises par satellites notamment les
nécropoles en Syrie. Partout, des

trous béants témoignent de l’ampleur
des bols ». Que ce soit des
céramiques, des pièces de monnaie,
des manuscrits : la contrebande
d’antiquités est devenue l’une des
principales sources de financement
de daesh, le patrimoine du MoyenOrient et d’Afrique est une victime
collatérale des conflits20. Les
vendeurs sont assez simples à
identifier : il s’agit de contrebandiers
directement
à
la
solde de
l’organisation État Islamique ellemême.

________________________________________________________________
Le trafic d’œuvres d’art est la deuxième source de revenus de l’organisation État
Islamique, juste après la vente de pétrole. En 2015, cette seule activité aurait généré
entre 6 et 8 milliards de dollars selon la CIA soit une somme d’argent considérable21
tout en sachant que depuis peu, cette organisation perd de l’argent en raison de ses
récentes batailles22. Ainsi, le pillage de biens culturels revêt une importance capitale
pour la survie de cette organisation terroriste. Et justement, ce ne sont pas l’Irak et la
Syrie qui manquent de sites archéologiques où les djihadistes peuvent se permettre
de piller allégrement, sur les 12 000 sites archéologiques en Irak : 2 000 sont sous le
contrôle de daesh.

Les retours d’œuvres d’art

L

es retours d’œuvres d’art issues du trafic
d’art illicite nous permettent d’en savoir
davantage sur l’identité des acheteurs. Par
exemple, fin 2015 une page d’un coran
manuscrit en écriture coufique a été intercepté
avec des sceaux-cylindres mésopotamiens en
France23. A Londres, une des villes les plus
importantes en termes de commerce
d’antiquités, des biens culturels provenant
d’Irak et de Syrie sont trouvés à profusion dans
certaines ventes privées ou chez des antiquaires
divers24. New-York est aussi une plaque
tournante
des
antiquités
vendues
25
illégalement . On apprend donc de ces
multiples restitutions d’œuvres d’art que les
collectionneurs
intéressés
par
l’achat
patrimoine en provenance d’Irak de Syrie se

situe
principalement
en
Europe et en Amérique du
Nord.
________________________
Mais ces restitutions restent
toutefois très limitées, les
systèmes policiers et les
dispositions législatives ne
sont pas du tout suffisantes
pour enrayer totalement le
trafic de biens culturels. Et
même si cela suffisait, les
pillages directement faits au
Moyen-Orient
ne
diminueraient
pas
26
franchement .

La législation
Après avoir cerné quels types de personnes étaient engagées dans le marché noir
de biens culturels depuis l’Irak et la Syrie et mesuré à quel point tout cela était
très fructueux pour les djihadistes, nous estimons qu’il est nécessaire de parler
un minimum de la législation : au niveau des états mais aussi au niveau
international. Nous verrons que parfois la législation est jugée très laxiste et
insuffisante par beaucoup mais que malgré tout, la tendance est à une certaine
‘prise de conscience’ au niveau législatif notamment en Europe et en Amérique
du Nord.
La lutte contre le trafic illicite de
biens culturels
"La lutte contre le trafic illicite des
biens culturels est, comme les autres
types de trafic illicite, un sujet
complexe, vaste et aux multiples
facettes." titre le site des conseils
international des musées dans un
article27, qui fait de la lutte contre le
trafic illicite de
biens culturels
une
de
ses
principales
missions. Entre
deux
phrases
faisant l’éloge
de la fameuse
coopération
internationale « fructueuse » au sujet
de la lutte contre le trafic d’art,
l’ICOM semble oublier que la lutte
contre le trafic illicite d’œuvres d’art
est
une
mission
quasiment
impossible. Des sites pillés en Irak et
en Syrie jusqu’aux salles de ventes
privées en Europe, l’organisation du

trafic d’art est tellement bien
orchestrée qu’il est très difficile de
lutter contre ce dernier28.
Malgré certains efforts de certains
pays pour récupérer les biens
culturels pillés sur des sites
archéologiques, la situation globale
est assez bancale. La législation trop
laxiste de certains pays et le manque
de coopération
internationale
rendent
le
chemin vers la
cohésion dans
la lutte contre le
trafic d’œuvres
d’art
assez
tortueux29.
Même si des textes sont déjà en
vigueur comme la convention Unesco
de 1970 et la convention Unidroit de
1995 concernant l’obligation de
restituer les œuvres pillées, il
n’empêche que ces textes sont peu ou
pas appliqués.

La
législation
française
et
internationale relative au trafic
d’art
Malgré sa non-efficacité assez
relative, la législation existe bel et
bien. Et dans certains pays
notamment les pays d’Europe de
l’Ouest et d’Amérique du Nord
(notamment la Suisse avec Genève
considérée comme une des plaques
tournantes du trafic d’art) ont pris le
problème sérieusement afin de
pouvoir légiférer en conséquence.
Des nouvelles propositions de lois
ont été faites dans le but de réduire le
flux
d’antiquités
pillées
en
provenance du Moyen-Orient. Mais
malgré ses lois, certains acheteurs
sans
scrupules
et
voyant
principalement le marché noir
d’antiquités comme un placement
financier chercheront toujours et
encore le profit30.

Une législation existe d’un point de
vue international, deux conventions
ont
été
ratifiées
concernant
spécifiquement le trafic d’œuvres
d’art. Le protocole de la Haye en
1954, ratifié par 100 pays et la
convention de l’Unesco de 1970
ratifiée par 120 pays. Ces
conventions internationales ont
notamment permis de mettre en place
des systèmes facilitant la restitution
des objets avec des certificats
d’exportation31.

En France, le Code du Patrimoine
ainsi que le Code Général de la
Propriété des Personnes Publiques
dispose de certaines mesures
protectrices. Le patrimoine culturel
occupant une place très importante en
France, les mesures sont plus
importantes que dans les autres pays.
Par exemple, l’article 410-1 du code
pénal, par exemple montre la pleine
mesure et la considération donnée
aux atteintes au patrimoine culturel
en le comparant avec les atteintes aux
intérêts de la nation32.

INTERPOL, la coopération internationale contre le trafic de biens culturels
A l’échelle nationale, des services de
police ont pu être créées pour lutter
contre le trafic de biens culturels. Par
exemple, en Italie, les Carabinieri
(policiers) ont intercepté un total d’un
million d’objets d’art sur le marché
noir. La Brigada de Patrimonio
Historico
en
Espagne ou encore
l’Office Central de
Lutte contre le trafic
de biens culturels
(OCBC) en France
et d’autres33.
Et INTERPOL joue
un rôle crucial. Par
la mise à disposition
de
données
partagées et la
facilitation
des
rapports entre les différents services
de polices : cette ‘police des polices’
a permis de conduire à des résultats
très impressionnants. En Italie, plus
de deux millions d’objets ont été
recensés grâce à la base de données
d’INTERPOL. En France, la base de
données est également accessible
pour les services de police. Il s’agit,

selon le huffington post, « d’une des
bases de données les plus modernes
du mode grâce à ses fonctions de
recherche par similarité d’images34.

INTERPOL a commencé sa mission
dès 1947 avec la première notice sur
des œuvres d’art
volées. Depuis,
la
base
de
données permet
de traiter des
milliers voir des
millions de cas
d’objets
culturels pillés.
Travaillant en
étroite
collaboration
avec
l’UNESCO,
l’ICOM (dont on a pu parler
précédemment,
le
Conseil
International
des
Musées),
l’UNODC et l’OMD. Ainsi qu’avec
les polices Françaises, Italiennes,
Américaines,
Britanniques,
Roumaines,
Lithuaniennes
et
35
d’autres .

__________________________________________________

CONCLUSION
En conclusion, nous apporterons une réponse en deux parties :
 Les acteurs du trafic d’art en Irak et en Syrie sont divers. La première
catégorie est celle de ceux qui sont les responsables du trafic d’art. A
commencer par ceux directement impliqués dans le pillage et la
‘confiscation’ des biens sur place. Il s’agit des pillards locaux. Ensuite, il y
a l’administration de l’État Islamique qui prélève une partie des richesses
volées. Puis viennent les syndicats du crime des pays alentours (Jordanie,
Liban, Turquie…) qui falsifient des documents et font rentrer incognito en
Europe. Enfin, les intermédiaires et les acheteurs directement en Europe
qui font également partie des principaux responsables puisque le fait qu’ils
achètent des œuvres d’art Irakiennes et Syriennes favorise indirectement
les pillages car fait accroître la demande nécessitant une augmentation de
l’offre de la part de daesh.
La deuxième catégorie, il s’agit de ceux qui luttent contre le trafic d’art :
les législateurs en Europe et en Amérique du Nord qui font en sorte de
durcir les législations afin de permettre d’empêcher l’usage des failles que
l’État Islamique et ses complices ne se privent pas d’employer. Mais aussi
et surtout les polices des différents pays avec INTERPOL qui les fait
coopérer entre elles grâce à une base de données commune qui permet aux
différentes polices de s’entraider du mieux possible.
 Les enjeux de ce trafic illicite d’œuvres d’art sont également nombreux, à
commencer par les enjeux politiques. En effet, l’État Islamique se sert de
la destruction du patrimoine local dans une perspective religieuse
apocalyptique et millénariste. Imitant par exemple la destruction des
Bouddhas de Bamiyan détruits en 2001 par les talibans. Plusieurs vidéos de
l’organisation les illustrant en train de détruire les statues du musée de
Mossoul notamment. Mais l’enjeux est surtout économique : selon la CIA,
juste après le pétrole, le recel de biens culturels est la deuxième source de
revenu de l’organisation. Argent que l’organisation réinvesti notamment
dans la solde de ses combattants et dans la réalisation de propagande.
En somme, les acteurs et les responsables de la destruction du patrimoine culturel
local ne sont pas seulement les djihadistes de l’État Islamique, ils ne sont qu’un
maillon parmi d’autres de ce large échafaudage criminel. Néanmoins, on constate
une certaine tendance à lutter contre le recel de ces biens culturels de la part des
services de police à travers le monde et des nations. Concernant les enjeux sousjacents à ces trafics : d’un point de vue de l’État Islamique, la destruction des
biens culturels en Irak et en Syrie revêt une dimension politique, économique mais

aussi administrative puisqu’il a été fait état de documents issus de l’organisation
et tamponnés de son sceau et ayant autorisé par décret le pillage de certaines zones
en Irak et en Syrie.
Il existe deux principales limites à ce sujet, la première est qu’il est quasiment
impossible de déterminer précisément la véritable identité des pillards, des
intermédiaires et des vendeurs. Rendant la question des acteurs dure à traiter avec
rigueur étant donné que ces informations ne peuvent pas être connues par le grand
public. La deuxième a été de se limiter aux conséquences directes sur le
patrimoine tandis que l’ampleur des dégâts causés par les conflits Irakiens et
Syriens sont considérables et devant une telle horreur : on peut comprendre que
les gouvernements des pays concernés ainsi que de leurs voisins limitrophes
préfèrent se concentrer sur d’autres priorités comme l’accueil des déplacés ou le
soin des blessés par exemple.
SOURCES :
1. http://archives.icom.museum/trafic.html
2. http://www.unesco.org/fileadmin/MULTIMEDIA/HQ/CLT/pdf/2013_IN
FOKIT_1970_FR.pdf
3. https://en.wikipedia.org/wiki/Iraqi_Civil_War_(2014%E2%80%93present
)
4. https://en.wikipedia.org/wiki/Syrian_Civil_War
5. http://sites.arte.tv/28minutes/fr/syrie-6-points-pour-mieux-comprendre-leconflit-28minutes
6. http://whc.unesco.org/fr/list/23/
7. https://fr.wikipedia.org/wiki/Palmyre#Histoire
8. Le Monde du 20/01/2017
9. Le Monde du 21/01/2017
10.https://lha.revues.org/200
11.Le Monde du 26/02/2015
12.http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/07/04/l-etat-islamiquediffuse-une-video-montrant-une-execution-de-masse-dans-la-cite-antiquede-palmyre_4670639_3218.html
13.http://geopolis.francetvinfo.fr/syrie-daech-et-lindustrie-du-pillagearcheologique-81115
14.Ibid.
15.http://info2oei.unblog.fr/2016/04/16/le-trafic-doeuvres-dart-par-daechune-organisation-tres-structuree/
16.Ibid.

17.https://gatesofnineveh.wordpress.com/2016/01/12/how-much-money-isisis-making-from-antiquities-looting/
18.https://www.theguardian.com/artanddesign/2016/feb/26/western-artfunding-terrorism-isis-middle-east
19.Ibid.
20.L’OBS n°2650-20/08/2015
21.http://www.bfmtv.com/international/le-trafic-d-oeuvres-deuxieme-sourcede-financement-de-daesh-889152.html
22.http://www.leparisien.fr/international/daech-le-groupe-terroriste-perd-del-argent-21-02-2017-6699597.php
23.https://www.theguardian.com/world/2015/jul/03/antiquities-looted-byisis-end-up-in-london-shops
24.https://www.challenges.fr/monde/moyen-orient/la-verite-sur-le-trafic-dantiquites-de-l-etat-islamique_35961
25.Ibid.
26.http://www.huffingtonpost.fr/jeanjacques-neuer/trafic-objets-dart_b_1810155.html
27.http://icom.museum/programmes/lutte-contre-le-trafic-illicite/L/2/
28.http://www.lesinrocks.com/2016/09/03/actualite/lutter-contre-traficdoeuvres-dart-mission-impossible-11861475/
29.Ibid.
30.https://www.theguardian.com/artanddesign/2016/feb/26/western-artfunding-terrorism-isis-middle-east
31.http://www.huffingtonpost.fr/jeanjacques-neuer/le-trafic-internationaldobjets-dart/
32.Ibid.
33.http://www.huffingtonpost.fr/jeanjacques-neuer/le-trafic-internationaldobjets-dart/
34.Ibid.
35.https://www.interpol.int/fr/Criminalit%C3%A9/%C5%92uvresd'art/%C5%92uvres-d%E2%80%99art


Aperçu du document TPE magazine.pdf - page 1/17
 
TPE magazine.pdf - page 2/17
TPE magazine.pdf - page 3/17
TPE magazine.pdf - page 4/17
TPE magazine.pdf - page 5/17
TPE magazine.pdf - page 6/17
 




Télécharger le fichier (PDF)


TPE magazine.pdf (PDF, 2 Mo)

Télécharger
Formats alternatifs: ZIP



Documents similaires


tpe partie ii
magazine
tpe magazine
intro plan tpe
mai 2015 un mois de pillage dans le monde
avril 2015 un mois de pillage dans le monde

Sur le même sujet..