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Discours de
Nathalie APPÉRÉ, Maire de Rennes,
à l’occasion du lancement du
Comité Consultatif Laïcité
— Le 6 février 2015 —

« Mesdames et messieurs,

En cela, elle est le pilier de notre cohésion sociale.
Un pilier d’autant plus essentiel que notre société
n’a jamais été aussi plurielle, aussi riche de ses
différences. La laïcité est précisément ce trait d’union
entre l’unité et la diversité.

Nous lançons aujourd’hui le Comité Consultatif
Laïcité. Je veux remercier chacune et chacun d’avoir
accepté de répondre à l’invitation de la Ville de
Rennes.

Mais reconnaissons aussi que ce pilier est fragile
parce que souvent il est incompris.

Le 9 mars, je soumettrai à l’approbation du Conseil
municipal la création de cette instance de veille,
d’information et d’actions. Elle s’inscrit dans le
projet municipal que les Rennaises et les Rennais
ont approuvé en mars dernier.

« Tous ceux qui disent les mêmes choses ne les
possèdent pas de la même sorte » disait Pascal.
La laïcité est manifestement l’objet d’une grande
variété de définitions et d’interprétations car elle est
le résultat d’un équilibre toujours à rechercher et à
définir entre la liberté d’exprimer sa foi et la liberté
de conviction de chacun.

Mais, dès aujourd’hui, j’ai souhaité que nous puissions
nous réunir pour préparer son installation officielle.
Après les épreuves que notre pays a traversées, nous
avons placé la laïcité au premier rang des chantiers
de consolidation de notre pacte républicain, de notre
vivre-ensemble.

Aujourd’hui – cela nous remonte de manière
régulière dans différentes rencontres – des
entreprises, des associations, y compris cultuelles,
des administrations même, au premier chef la Ville
de Rennes, manquent de repères sur les portées
concrètes et pratiques du principe de laïcité. Sa mise
en œuvre se heurte au brouillage des lignes entre les
sphères privées et publiques.

La laïcité est la clé de voûte de la République.
Elle est proclamée dès l’article premier de notre
constitution, car elle est intrinsèquement liée à notre
façon de faire nation. Derrière chaque composante
de notre devise républicaine, « Liberté, Égalité,
Fraternité », il y a, sous-jacente, la laïcité.

Chacun voit bien que le principe de laïcité dont nous
avons hérité doit nécessairement être actualisé
pour prendre en compte le nouveau visage de notre
société, de nouvelles situations particulières.

La laïcité, c’est une liberté. Liberté de conscience,
liberté de culte, qui permet à chacun de croire ou
de ne pas croire ; qui permet à chacun de pratiquer,
d’exprimer sa foi, ses doutes ou ses convictions, et
toujours sous la protection de nos institutions.

Je pense à cet individualisme qui invite chacun
à construire sa propre identité. Je pense à la
sécularisation de la société, à la structuration de
l’Islam de France ou à l’apparition de nouvelles
pratiques religieuses.

La laïcité – et j’attache à ce principe une attention
toute particulière –, c’est la condition de l’égalité.
Aucun individu ne peut se prévaloir de ses croyances
ou de ses convictions pour exiger des droits
spécifiques. Aucun groupe et aucune communauté ne
peuvent transiger avec les principes de la République
et je pense en particulier à l’égalité entre les femmes
et les hommes, dont nous avons fait une priorité pour
le mandat.

La laïcité – nous ne l’oublions pas – est aussi détournée,
dévoyée par l’extrême droite qui ne voit en elle qu’un
instrument de discrimination, de stigmatisation. Pour
elle, l’identité de notre pays serait à tout jamais figée.
Telle ou telle religion serait, par nature, incompatible
avec la France.

La laïcité, c’est enfin la garantie de la fraternité.
Elle n’est pas une négation du fait religieux ou de
la spiritualité. La laïcité n’est ni une indifférence, ni
une intolérance. Elle est au contraire une exigence de
dialogue, d’apaisement, de coexistence harmonieuse.
Elle est une invitation, non pas à l’écrasement, mais
bien au dépassement de tous les particularismes.

La laïcité est enfin attaquée par des revendications
communautaristes et des replis identitaires. Et je
n’évoque pas – mais chacun l’a aujourd’hui à l’esprit
lorsque nous évoquons le 11 janvier – le visage
effrayant du fanatisme qui peut parfois séduire des
enfants perdus de la République.

C O N T R I B U T I O N D U C O M I T É C O N S U LT A T I F L A Ï C I T É - J U I L L E T 2 0 1 6

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