Fichier PDF

Partage, hébergement, conversion et archivage facile de documents au format PDF

Partager un fichier Mes fichiers Convertir un fichier Boite à outils PDF Recherche PDF Aide Contact



la production animale le chainon manquant .pdf



Nom original: la_production_animale_le_chainon_manquant.pdf

Ce document au format PDF 1.4 a été généré par Adobe InDesign CS6 (Macintosh) / Adobe PDF Library 10.0.1, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 15/03/2017 à 18:27, depuis l'adresse IP 46.193.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 210 fois.
Taille du document: 6 Mo (44 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)









Aperçu du document


septembre 2015

rapport

La production animale :

le chaînon manquant dans les négociations sur le changement climatique

Sommaire
INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

p. 5

RÉSUMÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

p. 6

LA PRODUCTION ANIMALE ET LE CHANGEMENT CLIMATIQUE .

p. 9

La contribution de l’élevage au changement climatique est plus importante que l’ensemble
des émissions mondiales provenant des transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les industries alimentaires et d’élevage à elles seules devraient atteindre le plafond de 2°C . . . . . . . . . . . . .
Le passage à une alimentation à base végétale est essentiel pour lutter contre le changement climatique . .
Un vide politique concernant l’élevage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le soutien national et international à l’agriculture ignore le changement climatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

p. 10
p. 10
p. 11
p. 11
p. 12

L’AGRICULTURE INTENSIVE, LE SOL ET L’EAU . . . . . . . . . . . . . .
La vie dépend du sol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Une dégradation des sols alarmante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La pollution du sol et de l’eau par les nitrates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les ressources en eau menacées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Plus de terrains pour les aliments pour animaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Faire évoluer les pratiques pour fertiliser les sols et atténuer le changement climatique . . . . . . . . . . . . . . . . .
Un tribunal européen ordonne à la France de prévenir la pollution de l’eau par les nitrates . . . . . . . . . . . . . .
Etude de cas : des algues toxiques atteignent les plages de Bretagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

ÉLEVAGE ET BIODIVERSITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La limite planétaire de la biodiversité est dépassée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L’élevage est responsable de 30 % de la perte mondiale actuelle de biodiversité terrestre . . . . . . . . . . . . . . .
Une agriculture néfaste pour l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Etude de cas : les abeilles sont menacées par l’agriculture industrielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le bœuf et le soja sont les principales causes de la destruction des forêts tropicales . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Piller les océans pour nourrir les animaux des élevages industriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Etude de cas : les farines de poisson, un fléau pour la santé humaine, pour les moyens de subsistance
de l’humanité et pour la vie marine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Etude de cas : la menace sur les oiseaux marins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

LA SOUFFRANCE DES ANIMAUX D’ÉLEVAGE . . . . . . . . . . . . . . .
Les poules pondeuses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les poulets de chair . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les porcins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les vaches laitières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les bovins et autres animaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Etude de cas : manifestations contre la construction d’une laiterie géante de 1750 bovins en France . . . . .

LA SANTÉ HUMAINE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

p. 15
p. 17
p. 17
p. 17
p. 17
p. 18
p. 18
p. 18
p. 19
p. 21
p. 22
p. 22
p. 22
p. 23
p. 24
p. 26
p. 26
p. 27
p. 29
p. 30
p. 30
p. 31
p. 31
p. 31
p. 33

La maladie dans l’assiette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Recommandations pour une alimentation saine et durable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L’alimentation végétale est préférable pour la santé humaine et pour l’environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Des risques pour la médecine moderne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Les risques pour la santé des riverains aux alentours des élevages industriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Des risques de maladies infectieuses graves pour tout le monde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

p. 35
p. 36
p. 36
p. 37
p. 37
p. 38
p. 38

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS . . . . . . . . . . . . . . . . . .

p. 41

-3-

« L’industrie mondiale de l’élevage représente une menace
importante pour le climat, sachant que d’après la FAO
(Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), elle est responsable de 14,5 % de l’ensemble des
émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine. La
croissance démographique et le développement rapide de
la classe moyenne accroissent la pression sur les sources
traditionnelles de protéines, la viande de bœuf et de volaille,
si bien qu’il devient difficile de répondre à la demande.
Nous ne pouvons pas continuer à produire et à consommer de la viande comme nous le faisons. »
Kofi A. Annan, 7e secrétaire général de l’ONU

Rapport La production animale

introduction
Le lien homme-nature
ne peut être ROMPU

Ce rapport, basé sur des études de spécialistes, veut attirer
l’attention sur la contribution du secteur de l’élevage au réchauffement planétaire qui nous menace tous. Peu de gens se
rendent compte que ce secteur, comme l’indique la FAO, est
responsable de près de 15 % des émissions anthropogéniques
de gaz à effet de serre (GES) 1. Cette contribution aux GES dépasse celle de tous les modes de transport dans le monde 2
ainsi que l’ensemble des émissions anthropogéniques de GES
de la plus grande puissance économique mondiale, les ÉtatsUnis 3.
En présence d’informations aussi inquiétantes, on pourrait
espérer un plan d’action international visant à promouvoir
d’autres sources de protéines qui soient durables. Pourtant,
malgré les conclusions d’un grand nombre d’études scientifiques et la reconnaissance croissante de la grave menace environnementale et sanitaire que représente l’industrie de l’élevage, les gouvernements ont jusqu’à présent très peu agi.
Depuis plusieurs décennies qu’ils discutent du changement climatique, les gouvernements évoquent des sources d’énergie
innovantes et de nouveaux modes de transport. Aujourd’hui,
il est temps de discuter des sources de protéines alternatives,
et de ce qui doit être envisagé à l’échelle internationale pour
contrer les effets délétères de l’élevage du bétail. Comme l’a
déclaré récemment Kofi A. Annan, l’ancien secrétaire général
de l’ONU : « Nous ne pouvons pas continuer à produire et à
consommer de la viande comme nous le faisons » 4.

1 : FAO, Tackling Climate through Livestock: A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities, FAO, Rome, 2013.
2 : D’après le GIEC, le total mondial des émissions provenant des transports était de 7,0 Gt CO2éq/an
en 2010.
3 : D’après l’Outil d’indicateurs d’analyse de climat (Climate Analysis Indicators Tool) de l’Institut des ressources mondiales, le total des émissions de GES des ÉtatsUnis était de 6,1 Gt CO2éq/an en 2011. Voir : http://cait2.wri.org/profile/United%20States
4 : http://www.theguardian.com/environment/2015/may/03/kofi-annan-interview-climate-change-paris-summit-sceptics

-5-

Rapport La production animale

Résumé

L

e seul secteur de
l’agroalimentaire
responsable de l’atteinte
du plafond de 2°C

Au total, d’après la plus récente
étude scientifique du GIEC de 2014,
les émissions de gaz à effet de serre
provenant de l’agriculture représenteraient plus du quart des émissions
anthropogéniques mondiales, soit
environ 10 à 12 GtCO2éq/an. Selon
le GIEC, cette contribution serait
principalement due à la déforestation et aux émissions agricoles provenant du bétail et de la gestion des
sols et des nutriments i.
D’alarmantes études scientifiques
récentes montrent que compte
tenu de l’expansion de l’agriculture
nécessaire pour répondre aux exigences futures de consommation
alimentaire, à elles seules les émissions liées à l’agriculture entraîneront une élévation de la température
moyenne atteignant le plafond de
2°C au-delà duquel le changement
climatique serait catastrophique ii iii.

L

a contribution du
bétail au changement
climatique plus importante
que les émissions mondiales
liées aux transports
D’après l’Organisation des Nations
Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur de l’élevage serait responsable de près de
15 % des émissions de GES anthropiques, soit environ 7,1 Gt CO2-éq./
an iv. Cette contribution aux GES
dépasse celle de toutes les formes
de transport dans le monde et le
total des émissions de GES d’origine anthropique de la plus grande
économie nationale du monde, les
États-Unis.
La production animale est également la première source d’émissions de méthane (CH4) et de pro-

toxyde d’azote (N2O), avec des
proportions respectives de 44 % et
de 53 % de ces GES qui sont bien
plus néfastes pour la planète que le
dioxyde de carbone (CO2).
La production annuelle de viande
dans le monde est en croissance
exponentielle et, en l’absence d’un
changement de politique, devrait plus
que doubler entre 2000 et 2050, passant de 229 à 465 millions de tonnes.

L

e soutien national et
international à l’agriculture fait l’impasse sur
le changement climatique
Le vide politique à l’échelon international en matière de lutte contre
le changement climatique dans ce
secteur marque un net contraste
avec le soutien financier massif accordé à la production de viande,
d’œufs et de produits laitiers.
Les subventions allouées à l’élevage d’animaux pour la production
d’œufs, de viande et de produits
laitiers deviennent de plus en plus
inacceptables, compte tenu des effets néfastes de ce secteur sur l’environnement, la biodiversité, le bienêtre animal et la santé humaine.

L

a vie dépend du sol

Selon la FAO, le monde est
confronté à des niveaux alarmants
de dégradation des sols. Cet organisme a proclamé l’année 2015
« Année internationale des sols » afin
de sensibiliser le public à leurs bienfaits pour l’humanité.
Les méthodes traditionnelles et durables de l’agriculture préservaient
la santé des sols grâce à la rotation
des cultures, à des périodes de jachère et l’utilisation du fumier animal. Ces pratiques se sont raréfiées
au profit de l’agriculture industrielle,
dont les produits sont des marchandises, plutôt que des aliments pour
la population humaine.
-6-

L

a pollution des sols et
de l’eau par les nitrates

Selon l’ONU, « l’élevage intensif est
probablement le secteur qui cause
le plus de pollution de l’eau v ». Dans
l’UE, environ 40 % des terres cultivées sont vulnérables à la pollution
par les nitrates, c’est une menace
pour les ressources en eau vi.
Les systèmes d’élevage intensif
mettent à mal les eaux de surface
et les eaux souterraines. De nombreuses études scientifiques font
remarquer que ne plus consommer
de produits animaux permettrait de
préserver l’eau et d’en réduire la
pollution due à l’utilisation d’engrais
chimiques.

P

lus de terrains pour
l’alimentation animale

Comme le notent les experts, les décideurs devraient agir comme s’il ne
restait plus de terrains disponibles
afin de sauver ce qui reste de forêts
et de prairies dans le monde. La préservation des forêts et des prairies
participe à la lutte contre le changement climatique.

L

’élevage est responsable
de 30 % de la perte
mondiale actuelle de
biodiversité terrestre
La contribution de l’élevage à la
perte mondiale actuelle de biodiversité est estimée autour de 30 %.
Les vastes superficies nécessaires
au pâturage et à la production de
fourrage sont parmi les plus importantes causes de cette déperdition vii. La perte de biodiversité devrait s’aggraver dans les décennies
à venir, la production animale jouant
un rôle-clé dans la poursuite de la
reconversion des terres, de la fragmentation et des émissions de gaz
à effet de serre viii.

Rapport La production animale

L

L

L

La destruction de l’Amazonie pour
produire du bétail et du soja fait depuis longtemps les gros titres des
journaux dans le monde entier. Des
observations scientifiques indiquent
que la production agricole est la
cause de presque toute la déforestation au Brésil, où 750 000 km² de
forêt ont disparu, dont 80 % ont été
transformées en pâturages pour les
bovins ix.

Depuis trois ou quatre décennies,
de plus en plus d’études scientifiques ont mis en évidence les
graves menaces que la production
intensive de bétail et de produits
animaux représente pour la santé
humaine. Diverses études ont montré qu’une nutrition principalement
à base de végétaux était associée
à une meilleure santé humaine et à
la prévention des maladies, tout en
étant également bénéfique à l’environnement xi.

L’étude scientifique la plus récente
du GIEC signale l’importance de
mesures prises du côté de la demande pour atténuer le changement climatique. Il est précisé que
«le passage à une alimentation à
base végétale, et donc moins intensive en GES, pourrait permettre une
réduction des émissions de GES
comprise entre 34 % et 64 %, selon les GES et les habitudes alimentaires pris en compte.»

e bœuf et le soja
comme principales
causes de la destruction
des forêts tropicales

L

a dégradation des
écosystèmes marins
pour l’alimentation animale
Environ 30 millions de tonnes de
poisson, soit plus du tiers des
prises dans le monde, sont pêchées chaque année pour fabriquer
des farines et des huiles essentiellement destinées à nourrir les poissons, les poulets et les porcs élevés
en batterie x.

L

a souffrance des
animaux d’élevage

Dans le monde, environ 70 milliards
d’animaux sont élevés chaque année pour l’industrie alimentaire.
Or, chacun de ces animaux est un
être sensible. Cependant, pour satisfaire la demande mondiale des
consommateurs de viande, les 2/3
de ces animaux sensibles sont
élevés en batterie. Ils sont enfermés
dans des exploitations industrielles,
gavés et privés de tout ce qui rend
la vie digne d’être vécue puis tués,
écorchés et transformés en produits
alimentaires.

’alimentation végétale
est meilleure pour la
santé humaine et pour
l’environnement

D

es risques pour la
médecine moderne

L’utilisation généralisée des antibiotiques dans les élevages industriels
pour traiter ou éradiquer les épidémies liées aux conditions d’élevage
et pour accélérer la croissance des
animaux a entraîné l’apparition de
bactéries résistantes à des antibiotiques nécessaires pour soigner des
maladies humaines. L’Organisation
Mondiale de la Santé a annoncé
que la résistance aux produits antimicrobiens constituait une menace
de plus en plus grande pour la santé dans le monde et qu’elle mettait
en péril les acquis de la médecine
moderne xii.

-7-

’adoption d’une
alimentation à base
végétale est essentielle
pour lutter contre le
changement climatique

Des études d’experts montrent
qu’un changement d’habitudes alimentaires est essentiel si l’on veut
que le réchauffement planétaire ne
dépasse pas 2°C, objectif déclaré
de la communauté internationale xiii.

U

n vide politique
concernant l’élevage

Dans ce contexte, il est très difficile
de comprendre pourquoi les gouvernements, dans les débats de
politique internationale, ne tiennent
pas compte du rôle de la production de bétail dans le changement
climatique. Ce secteur requiert de
toute urgence l’attention des pays
qui cherchent à lutter contre le
changement climatique.

Rapport La production animale

-8-

Rapport La production animale

La production animale
et le changement climatique

« Le changement climatique est une réalité […] c’est notre monde,
notre planète Terre […] Si nous ne pouvons pas nager ensemble,
nous allons tous sombrer. »
« Il n’y a pas de plan B, parce que nous n’avons pas de planète B1. »
Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU,
au cours d’une allocution à New York en septembre 2014

-9-

Rapport La production animale

Un ranch au Honduras,
là où poussait la forêt...
La contribution de l’élevage au changement climatique est plus importante que
l’ensemble des émissions mondiales
provenant des transports
Selon la FAO, le secteur de l’élevage serait responsable de près de 15 % des émissions de gaz à effet
de serre (GES) anthropogéniques, soit environ 7,1 Gt
d’équivalent CO2 par an 2. Cette contribution aux GES
dépasse celle de toutes les formes de transport dans
le monde 3 et elle est plus importante que les émissions
anthropogéniques totales de GES de la première puissance économique mondiale, les États-Unis 4.
L’élevage est aussi la plus importante source d’émissions de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O),
des GES qui sont bien plus néfastes pour la planète
que le dioxyde de carbone (CO2). Le N2O est issu principalement du fumier et des engrais, et le CH4 provient
du processus de digestion des ruminants 5.
D’après certaines estimations, la contribution du secteur de l’élevage au changement climatique serait plus
important encore. Ainsi, par exemple, une étude publiée en 2009 par World Watch, qui couvre un certain
nombre d’aspects non pris en compte dans les rapports du GIEC et de la FAO, comme certaines utilisations des sols et la respiration des animaux d’élevage,
conclut : « l’élevage et ses sous-produits sont en réalité
responsables d’au minimum 32 564 millions de tonnes
d’équivalent CO2 par an, soit 51 % des émissions mondiales annuelles de GES 6 ». Néanmoins, pour les besoins du présent rapport, les chiffres utilisés sont ceux
de la FAO et du GIEC.
- 10 -

Les industries alimentaires et d’élevage
à elles seules devraient atteindre le plafond de 2°C
Au total, d’après le plus récent rapport scientifique de
2014 du GIEC, les émissions de gaz à effet de serre
provenant de l’agriculture seraient à l’origine de plus
du quart des émissions anthropogéniques mondiales,
soit environ 10 à 12 Gt éq CO2 par an. D’après le GIEC,
cette part serait dûe, pour la majorité, à la déforestation
et aux émissions d’origine agricole provenant du bétail,
des sols et de la gestion des nutriments 7.
D’alarmantes études scientifiques récentes montrent
que, selon les projections relatives à l’expansion de
l’agriculture en vue de satisfaire les exigences futures
de consommation alimentaire, les seules émissions
liées à l’agriculture utiliseront la totalité du plafond de
2 °C que les scientifiques considèrent comme ne devant pas être dépassé pour éviter que le changement
climatique soit catastrophique 8. 9.
Ces études considèrent divers scénarios pour l’agriculture, notamment un scénario « sans changement » et
des scénarios optimistes de progrès des rendements
et des technologies 10. Les auteurs concluent : « Ce
n’est qu’en supposant également une réduction de
la consommation de viande et de produits laitiers que
nous pouvons obtenir des niveaux d’émissions d’origine agricole ne représentant pas plus de la moitié des
émissions totales possibles en 2070. Nous concluons
donc que des changements d’habitudes alimentaires
sont essentiels pour pouvoir atteindre l’objectif de 2°C

Rapport La production animale

avec une probabilité élevée. » Cette conclusion prend
encore plus d’ampleur si l’on sait que les autres secteurs émetteurs de GES, en particulier le secteur de
l’énergie, sont également confrontés à des contraintes
significatives pour obtenir des réductions très importantes.

« Un changement dans les habitudes alimentaires est vital si l’on veut limiter le réchauffement planétaire à 2° C, l’objectif déclaré de
la communauté internationale. Deux études
récentes concluent que sans changement majeur au niveau de la consommation de viande
et de produits laitiers, même avec des objectifs ambitieux de diminution de l’offre dans
le secteur de l’agriculture, la croissance des
émissions d’origine agricole ne laissera pas aux
autres secteurs une marge suffisante dans le
cadre d’un budget carbone de deux degrés. »
Rob Bailey, Antony Froggatt et Laura Wellesley,
«Livestock - Climate Change’s Forgotten Sector:
Global Public Opinion on Meat and Dairy Consumption»,
Chatham House, 2014

Le passage à une alimentation à base
végétale est essentiel pour lutter contre
le changement climatique
L’étude scientifique la plus récente du GIEC signale
l’importance de mesures prises du côté de la demande
pour atténuer le changement climatique et précise que
« le passage à une alimentation à base végétale, et
donc moins intensive en GES, pourrait permettre une
réduction des émissions de GES comprise entre 34 %
et 64 %, selon les GES et les habitudes alimentaires
pris en compte 11».
Le rapport du GIEC met en évidence un certain
nombre d’études qui montrent que l’alimentation d’origine végétale entraîne des émissions de GES nettement moins importantes que les produits alimentaires
d’origine animale.
D’après le GIEC, un changement dans les habitudes
alimentaires pourrait permettre de réduire les émissions dans l’agriculture davantage que des mesures
techniques de diminution du côté de l’offre. En outre,
le rapport indique qu’une réduction des pertes de
produits alimentaires et du gaspillage d’aliments dans
la chaîne d’approvisionnement, entre la récolte et la
consommation, entraînerait une diminution significative
des émissions. De ce point de vue, un certain nombre
d’études rappellent que dans le monde, un tiers de la
nourriture produite est gaspillé 12.

- 11 -

Un vide politique concernant l’élevage
Dans ce contexte, il est très difficile de comprendre
pourquoi les gouvernements, dans les débats de politique internationale, ne tiennent pas compte du rôle de
la production de bétail dans le changement climatique.
En effet, dans leurs plans nationaux et internationaux
de réduction du changement climatique, les gouvernements ont presque entièrement ignoré le rôle du
secteur de l’élevage, si bien que dans son rapport de
2014 Livestock – Climate Change’s Forgotten Sector,
Chatham House, un organisme influent, parle d’un
« vide politique concernant l’élevage 13».
Ce rapport indique que sur les 40 pays développés
énumérés dans l’annexe I de la Convention-Cadre
des Nations Unies sur le Changement Climatique
(CCNUCC), deux seulement, la Bulgarie et la France,
ont fixé des objectifs en matière d’émissions liées à
l’élevage. En outre, sur les 55 pays en développement
ayant soumis à l’ONU des mesures de diminution
adaptées au contexte national, huit seulement ont fait
mention du secteur de l’élevage et un seul, le Brésil,
s’est fixé un objectif quantitatif de réduction des émissions provenant de l’élevage.
Considérant la possibilité de réduire la part du secteur de l’élevage aux émissions de GES en agissant
au niveau de la consommation, le rapport conclut :
« Malgré la nécessité de régler le problème de la demande de produits animaux dans les pays riches pour
atteindre des objectifs climatiques, aucun gouvernement ne semble prêt à agir dans ce sens […] Au sein
des pouvoirs publics et des associations militantes, il
semble qu’il soit communément considéré que tenter
de réduire la consommation de produits animaux est
au mieux un problème trop complexe – et au pire, que
cela entraîne un risque de contrecoup violent 14.»
L’auteur d’une étude publiée dans Nature Climate
Change formule également des remarques sur
le manque d’attention accordée à ce problème :
« Bien que les responsables des politiques publiques
cherchent à réduire les émissions provenant de combustibles fossiles, le secteur de l’élevage est généralement exempt des mesures de politique climatique
et on en fait bien peu pour modifier les habitudes de
production et de consommation des produits carnés
issus de ruminants. […] Les documents de réunion indiquent une lenteur disproportionnée dans les activités
visant à réduire les émissions provenant des ruminants
et de l’agriculture en général et dans les négociations
sur l’utilisation des sols, la réaffectation des sols et la
sylviculture et sur la réduction des émissions liées à la
déforestation et à la dégradation des forêts 15.»

Rapport La production animale

« Pour obtenir une réponse effective et rapide, nous devons faire prendre davantage conscience
au public et aux décideurs que la façon dont nous choisissons de nous nourrir a d’importantes
conséquences en matière de changement climatique. »
Ripple et al, « Ruminants, climate change and climate Policy »,
Nature Climate Change, Vol. 4, janvier 2014

Le soutien national et international
à l’agriculture ignore le changement
climatique
Le vide politique à l’échelon international concernant
l’élevage et le changement climatique contraste singulièrement avec l’aide financière considérable accordée à la production de viande, d’œufs et de produits
laitiers. En 2013, les pays de l’OCDE ont dépensé 53
milliards USD en subventions à la production de bétail 16. Dans l’Union européenne, les primes aux bovins
se montent à environ 731 millions USD, soit 190 USD
par animal 17. En Chine, où se trouve la moitié de la
population mondiale de porcs, la production porcine
a reçu 22 milliards USD en 2012, ce qui représente
environ 47 USD par animal 18.

« Une vaste majorité des mesures
de soutien de la PAC profite
toujours aux secteurs de production
et aux systèmes d’élevage les plus
intensifs. Un découplage entre les
subventions et la production,
et le respect obligatoire de la législation
environnementale, pourraient
atténuer dans une certaine mesure
la pression de l’agriculture sur
l’environnement, mais cela ne serait
pas suffisant pour permettre le contrôle
permanent qui s’impose pour une
conservation effective des terres
cultivables à haute valeur naturelle. »

Subventionner l’élevage d’animaux pour les œufs, la
viande et les produits laitiers devient de plus en plus
inacceptable compte tenu des effets néfastes de ce
secteur sur l’environnement, la biodiversité, le bienêtre animal et la santé publique. En 2006, Lord Stern
a proposé que la taxe carbone soit appliquée aux aliments pour animaux 19.
Plus récemment, dans un article publié dans Nature Climate Change et intitulé « Ruminants, climate
change and climate Policy », des scientifiques ont
suggéré l’idée suivante : « Instaurer une taxe ou un
système d’échange de quotas d’émissions de gaz à
effet de serre pour l’élevage pourrait être une mesure
économique saine qui modifierait les prix à la consommation et les habitudes de consommation 20.»

Agence européenne pour l’environnement,
L’Environnement en Europe :
état et perspectives 2015.

- 12 -

Rapport La production animale

La production annuelle de viande dans le
monde connaît une croissance rapide et,
en l’absence de changement de politique,
devrait plus que doubler entre 2000 et
2050, passant de 229 millions de tonnes
à 465 millions de tonnes.

- 13 -

Rapport La production animale

- 14 -

Rapport La production animale

L’agriculture intensive, le sol et l’eau

Un champ de soja

« Le genre humain, malgré ses capacités artistiques, son raffinement
et ses réalisations, doit son existence à une couche de terre cultivable de quinze centimètres et au fait qu’il pleuve. »
Anonyme

- 15 -

Rapport La production animale

75 % de l’azote réactif (Nr) produit de
façon industrielle est utilisé dans les
engrais pour la production d’aliments
pour animaux.

- 16 -

Rapport La production animale

La production industrielle de viande repose sur une alimentation des animaux à base de céréales, de soja et
d’autres aliments comestibles pour l’homme. Au total,
dans le monde, le tiers des terres cultivées sert à produire un milliard de tonnes d’aliments pour animaux 21.
À l’échelle mondiale, 36 % des cultures sont destinées à
l’alimentation animale. L’UE lui consacre 60 % de sa production céréalière. La production industrielle de viande
est donc la source essentielle de l’expansion des monocultures intensives, de l’utilisation accrue de l’agrochimie
et de la destruction des forêts et des prairies pour laisser
la place aux cultures et aux pâturages.

La vie dépend du sol
L’Histoire montre que les sociétés humaines prospèrent
quand elles peuvent disposer d’un sol sain, d’un bon approvisionnement en eau et de terrains relativement plats
avec des précipitations qui n’entraînent pas d’érosion 22.
Un certain nombre de civilisations ont disparu parce
qu’elles n’avaient pas préservé les sols sur lesquels elles
avaient pris naissance, par exemple les civilisations antiques de la Grèce, des îles du Pacifique sud et d’Amérique centrale 23. À moins d’une intervention urgente de la
part des spécialistes, le monde actuel risque de connaître
le même destin tragique à l’échelle planétaire 24.
Les sols sont à la base de 95 % de la production alimentaire, ils filtrent l’eau et la purifient, ils jouent un rôle essentiel dans le cycle du carbone et abritent plus du quart
de la biodiversité planétaire 25. Un seul gramme de sol
sain peut contenir des millions de bactéries appartenant
à plusieurs milliers d’espèces différentes. Cependant, ce
n’est pas une ressource renouvelable. Pour qu’un seul
centimètre carré de sol se forme, il faut parfois mille ans 26.
Les méthodes traditionnelles de culture permettaient aux
terres de rester saines grâce à la rotation des cultures,
aux périodes de jachère et au fumier animal, mais ces
pratiques ont laissé la place à l’agriculture industrialisée
dont les récoltes ne sont plus des aliments pour les humains, mais de la marchandise.

Une dégradation des sols alarmante
La FAO a proclamé 2015 année internationale des sols
afin de sensibiliser le public à leurs bienfaits, souvent passés inaperçus, pour l’humanité 27. Selon l’Organisation le
monde est confronté à « des niveaux alarmants de dégradation des sols ». Il apparaît que 33 % des sols dans
le monde sont plus ou moins fortement dégradés en raison de l’érosion, de l’épuisement des éléments nutritifs,
d’une acidification, d’une salinisation, d’un tassement et
d’une pollution chimique. La Banque mondiale signale
que « selon certaines sources, 5 à 10 millions d’hectares
de terres cultivées sont perdus chaque année dans le
monde en raison d’une grave dégradation 28. »

- 17 -

La Commission européenne indique que « 45 % des surfaces en Europe posent des problèmes de qualité du sol,
à en juger par leur faible teneur en matières organiques
et près d’un quart souffre d’une érosion plus ou moins
forte 29 ».

La pollution du sol et de l’eau
par les nitrates
Le cycle de l’azote à l’échelle mondiale est « dominé par
l’utilisation, par les humains, du Nr pour élever le bétail »,
selon une importante étude, Our Nutrient World, produite
en 2013 par le partenariat mondial pour la gestion des
nutriments en collaboration avec l’Initiative internationale
sur l’azote 30.
Cette étude décrit la manière dont l’utilisation intensive
des engrais azotés et phosphorés a provoqué une pollution étendue qui affecte l’environnement et la santé humaine. L’ONU, par exemple, indique que « la production
intensive de bétail est probablement la plus importante
source sectorielle de pollution de l’eau 31 ». Dans l’UE,
environ 40 % des terres cultivées sont vulnérables à une
pollution par les nitrates, constituant une menace pour
les ressources en eau 32.
The European Nitrogen Assessment (ENA) désigne aussi
« l’utilisation par l’homme du bétail en Europe et le besoin
de grandes quantités de nourriture pour animaux qui en
résulte », comme « le principal facteur humain d’altération
du cycle de l’azote en Europe ».
D’après l’ENA, les dégâts annuels causés par le Nr dans
l’UE 27 se chiffreraient entre 70 et 320 milliards d’euros,
soit l’équivalent de 150 à 750 euros par habitant, dont
environ 75 % de dégâts envers la santé publique et de
pollution atmosphérique 33.

Les ressources en eau menacées
« De façon générale, les produits animaux
des systèmes industrialisés consomment
et polluent davantage de ressources en sols
et en eaux de surface que les produits
animaux des pâturages et des systèmes
d’élevage mixtes. »
M. Mekonnen et A. Hoekstra, «A global assessment of the
water footprint of farm animal products», Ecosystems, 2012.

La production de bétail nécessite de grandes quantités
d’eau, notamment pour l’irrigation des cultures produisant les aliments et pour le lavage des animaux 34. Pour
produire un kg de bœuf, de porc ou de poulet, il faut
consommer respectivement neuf fois plus, quatre fois
plus et trois fois plus d’eau que de céréales, d’après un
récent rapport de Chatham House, Livestock – Climate
Change’s Forgotten Sector 35.

Rapport La production animale

Les systèmes d’élevage intensif exercent une forte pression sur les eaux de surface et sur les sources souterraines. De nombreuses études scientifiques relèvent que
renoncer aux produits animaux permettrait à la fois d’économiser l’eau et d’en atténuer la pollution par les engrais
chimiques.
Il devient de plus en plus important de préserver les ressources en eau. En 2025, selon les estimations de la
FAO, 1,8 milliards de gens vivront dans des pays ou dans
des régions où la pénurie d’eau sera «absolue» (< 500 m3
par an et par habitant), et les deux tiers de la population
mondiale vivront dans des conditions «de crise» (entre
500 et 1000 m3 d’eau par an et par habitant). 36

Plus de terrains pour les aliments
pour animaux
Selon la classification de la FAO, près de 40 % des terres
émergées sont des superficies agricoles, divisées en trois
catégories : les terres arables représentent 28 % des superficies agricoles mondiales, les cultures permanentes
3 % et les prairies et pâturages permanents 69 %, soit la
plus grande part.
Dans la plupart des pays en développement, d’après la
FAO, il reste peu de place pour étendre les terres arables.
Là où des terrains seraient disponibles, par exemple en
Afrique subsaharienne ou en Amérique latine, plus de
70 % des surfaces posent d’importantes contraintes.
Depuis plusieurs décennies, l’expansion des terres cultivables implique la destruction de forêts et de prairies
dans des zones possédant la plus grande diversité biologique du monde. En Amérique du Sud, environ 4 millions
d’hectares de forêts sont détruits chaque année.
Les spécialistes font valoir que pour pouvoir sauver ce
qui reste de forêts et de prairies dans le monde, il faudrait
que les responsables des politiques publiques considèrent qu’il ne reste plus de surface à exploiter 37.

Faire évoluer les pratiques pour fertiliser les sols et atténuer le changement
climatique
La FAO souligne l’importance des systèmes agricoles et
des pratiques agro-environnementales qui « consacrent
un soin particulier à stimuler la biodiversité des sols,
comme l’agriculture biologique, la culture sans labour,
la rotation des cultures et l’agriculture de conservation »,
sachant que ces systèmes et ces pratiques permettent
d’accroître la productivité agricole sans dégrader les sols,
ni les ressources en eau.
Préserver les forêts et les prairies est également vital
dans la lutte contre le changement climatique. La FAO
rappelle que la réaffectation des sols est responsable
d’environ 34 % des émissions de gaz à effet de serre liées
à l’élevage, tandis que les forêts et les prairies captent et
stockent le carbone.
- 18 -

« Nous pouvons éviter
l’écroulement de notre civilisation
en nous engageant collectivement et
démocratiquement, en cette année du sol,
à protéger le sol et à lui redonner vie,
et ainsi, à sauver notre avenir . »
Vandana Shiva, militante écologiste et auteure de Soil Not Oil:
Environmental Justice in an Age of Climate Crisis, 2008.

Étude de cas

Un tribunal européen ordonne
à la France de prévenir
la pollution de l’eau par
les nitrates
En septembre 2014, la Cour de justice de
l’Union européenne a jugé que la France
n’avait pas pris les mesures nécessaires
pour éviter la pollution de l’eau par les nitrates et a ordonné au gouvernement d’appliquer la réglementation de l’UE, sous peine
de sanctions 44. La Commission européenne
avait assigné le gouvernement français devant cette juridiction pour n’avoir pas protégé les côtes et autres zones de la pollution
aquatique.
La France a été mise en cause pour n’avoir
pas appliqué la réglementation de l’UE qui
exigeait des périodes de repos biologique
pendant lesquelles les effluents d’origine
animale et les engrais chimiques ne devaient
pas être utilisés à proximité des principaux
cours d’eau. La France n’a pas non plus
respecté la réglementation en autorisant
le stockage d’engrais chimiques dans des
zones vulnérables. L’arrêt de 2014 faisait
suite à un jugement précédent, en 2013,
selon lequel le gouvernement français avait
manqué à ses obligations concernant la désignation des zones vulnérables à la pollution par les nitrates.

Rapport La production animale

Étude de cas

Des algues toxiques
atteignent les plages de Bretagne
En 2009, en Bretagne, 102 sites couvrant 10 000 hectares ont été recouverts de
boue d’algues vertes, un phénomène qui se produit quand les eaux douces et les
eaux de la mer sont polluées par des nutriments surabondants, par exemple des
nitrates ou du phosphore. Dans le monde entier, la prolifération des algues est associée à une activité d’élevage impliquant l’utilisation d’engrais azotés et l’épandage de
fumier ou de lisier 39.
La Bretagne est la région de France qui produit le plus de porcs. On y trouve plus de
la moitié de la population porcine du pays (14 millions de têtes). Cette région produit
aussi des œufs et du lait en grande quantité. Le paysage traditionnel de pâturages
a maintenant fait place à de vastes cultures de céréales destinées à nourrir les animaux, lesquels sont confinés dans des élevages industriels.
Les marées d’algues vertes engendrent une pollution de l’air car elles libèrent des
gaz nocifs qui peuvent être mortels pour les humains et les animaux. Lors des événements de 2009 en Bretagne, un vétérinaire âgé de 27 ans a été secouru sur une plage
après avoir été découvert inconscient sur un tas d’algues en décomposition profond
d’un mètre. Il avait succombé aux vapeurs dégageant de la pourriture, après que son
cheval se soit effondré et meure en l’espace de quelques minutes 40. Non seulement
ces amas de boue provenant de la décomposition des algues sont toxiques, mais ils
sont catastrophiques pour le tourisme et menacent les moyens de subsistance de la
population locale. Il existe des craintes que la pollution marine affecte, par exemple,
l’industrie mytilicole.
Les défenseurs locaux de l’environnement ont demandé que les agriculteurs utilisent
moins de nitrates et cessent de déverser le lisier dans les champs. Ils ont reproché
aux gouvernants de ne pas prendre de mesures contre les nitrates par crainte de
s’aliéner les voix des agriculteurs aux élections 41. Ils ont fait remarquer que dans
certaines zones, par exemple dans la baie de Saint-Brieuc, toute vie était devenue
impossible 42.
La prolifération des algues a fait des nouveaux ravages en 2011. Les cadavres
échoués de 36 sangliers, d’un blaireau et d’un ragondin ont été découverts en l’espace de quelques jours sur la plage de Saint-Maurice, près de l’embouchure du
Gouessant. L’autopsie des animaux a révélé qu’ils avaient été victimes de doses
létales d’hydrogène sulfuré issu de la décomposition des algues vertes 43.

- 19 -

Rapport La production animale

- 20 -

Rapport La production animale

Élevage et biodiversité

« Il s’est produit entre 1990 et 2011 une réduction considérable de
la population de papillons, de près de 50 %, sans aucun signe de
rétablissement. Les populations d’oiseaux communs en Europe ont
diminué de 12 % depuis 1990 (la population d’oiseaux communs a
diminué de 30 %) 45. »
Agence européenne pour l’environnement,
L’Environnement en Europe : état et perspectives 2015.

- 21 -

Rapport La production animale

La limite planétaire de la biodiversité
est dépassée

Une agriculture néfaste pour l’environnement

Au printemps 2015, des scientifiques de renommée
internationale ont annoncé dans une revue scientifique
influente, Science, que quatre des neuf limites planétaires étaient dépassées, notamment la limite de la
perte de biodiversité 46. Actuellement, la disparition des
espèces végétales et animales sur la planète dépasse
le taux naturel d’extinction de plus de 1000 % 47.

Concernant la biodiversité dans le monde, les perspectives actuelles n’incitent pas à l’optimisme. Le rapport L’Environnement en Europe : état et perspectives
2015 publié par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) rappelle qu’en Europe, l’agriculture, la
pêche, les transports, l’industrie, le tourisme et l’expansion urbaine dégradent l’environnement. L’Europe
n’est pas en voie d’atteindre une grande partie des
principaux objectifs convenus pour enrayer la perte de
biodiversité d’ici 2020 . Selon l’AEE, « une forte proportion d’espèces protégées (60 %) et de types d’habitat
(77 %) sont considérés comme étant dans un état de
conservation défavorable 52 ».

L’élevage est responsable de 30 % de
la perte mondiale actuelle de biodiversité terrestre
Un rapport scientifique publié en 2011 par l’Agence
néerlandaise pour l’évaluation de l’environnement,
« The Protein Puzzle », étudie la consommation et la
production de viande, de produits laitiers et de poisson dans l’Union européenne et leurs conséquences
à l’échelle planétaire 48. Les auteurs de ce rapport estiment que la contribution de l’élevage à la perte actuelle
de biodiversité au niveau mondial est voisine de 30 %.
Les vastes étendues de terrain nécessaires au pâturage et à la production de nourriture pour animaux sont
une cause importante de cette perte 49.
Il existe une incertitude concernant cette estimation,
qui est probablement élevée, sachant que les auteurs
n’ont pas pu déterminer la part de la contribution de
l’élevage à la perte de biodiversité dûe aux infrastructures, à l’extension des installations et à la fragmentation du territoire. D’après cette étude, la perte de biodiversité devrait s’aggraver dans les décennies à venir,
la production de bétail jouant un rôle essentiel dans la
poursuite de la conversion des sols, de la fragmentation des habitats naturels et des émissions de gaz à
effet de serre 50.

«  Des études récentes montrent
que la progression des rendements,
au rythme actuel, ne suffira pas à
satisfaire la demande mondiale
prévisionnelle de nourriture en 2050
et indiquent que l’expansion des
zones cultivées sera inévitable.
Or, cette expansion n’est pas
souhaitable, sachant que l’agriculture
est la première cause des pertes
de biodiversité et un des principaux
facteurs qui contribuent au changement
climatique et à la pollution.
L’alternative généralement proposée,
l’intensification de l’agriculture et
de l’exploitation des ressources,
a également des effets négatifs.
Il est donc impératif de trouver
des moyens de parvenir à la sécurité
alimentaire au niveau mondial sans
étendre les cultures et les pâturages
et sans accroître les émissions
de gaz à effet de serre. »
Bojana Bajželj, Keith S. Richards, Julian M. Allwood,
Pete Smith, John S. Dennis, Elizabeth Curmi
et Christopher A. Gilligan, « Importance of
food-demand management for climate mitigation »,
Nature Climate Change, 2014

- 22 -

Rapport La production animale

Étude de cas

Les abeilles sont menacées
par l’agriculture intensive
Selon l’Agence européenne pour
l’environnement, les pratiques agricoles dommageables pour l’environnement sont la cause du déclin de
nombreuses espèces végétales et
animales, notamment les oiseaux, les
papillons, les abeilles et autres pollinisateurs 53.
En mars 2015, a été publiée la première étude
portant sur la situation des 1965 espèces sauvages
d’abeilles et de bourdons d’Europe, dans le cadre de la Liste rouge
européenne des abeilles de l’UICN et du projet STEP (Status and
Trends of European Pollinators). D’après cette étude, 9,2 % de ces
espèces sont menacées d’extinction et 5,2 % sont considérées
comme susceptibles d’être menacées dans un avenir proche. Malheureusement, les données sont insuffisantes pour établir le sort
possible de 56,7 % des espèces.
Dans l’UE 27, 9,1 % des abeilles sont menacées d’extinction. Les
menaces pesant sur certaines espèces sont très graves : plus du
quart des espèces européennes de bourdons sont au bord de
l’extinction.
Cela fait longtemps que des préoccupations sont exprimées
concernant la raréfaction des abeilles dans le monde. Les causes
de ce déclin sont la disparition de leur habitat naturel en raison
de l’agriculture intensive, l’utilisation d’engrais chimiques, d’insecticides et d’herbicides, la recrudescence des feux de forêts et le
changement climatique.
La disparition des abeilles aurait des conséquences terribles pour
l’humanité car ces insectes pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes naturels et dans l’agriculture. D’après
l’étude en question, la pollinisation par les insectes est indispensable à 84 % des principales cultures destinées à la consommation
humaine en Europe, parmi lesquelles un grand nombre de fruits,
de légumes et de fruits à coque.
Comme le déclare Karmenu Vella, Commissaire européen à l’environnement, aux affaires maritimes et à la pêche : « Notre qualité de
vie – et notre avenir – dépend d’un grand nombre de services que
la nature nous fournit gratuitement. La pollinisation est un de ces
services, et il est donc très inquiétant d’apprendre que certains
de nos meilleurs pollinisateurs sont menacés ! Si nous ne nous
attaquons pas aux causes de ce déclin des populations d’abeilles
sauvages, si nous n’agissons pas de toute urgence pour y mettre
fin, nous allons le payer vraiment très cher  54. »

Dans le monde entier, un nombre considérable d’agriculteurs importent déjà des abeilles d’élevage pour fertiliser leurs cultures 55.

- 23 -

Rapport La production animale

Le Brésil est le premier pays exportateur de viande
de bœuf et le deuxième pays exportateur de soja,
l’UE étant un des principaux importateurs de ces
deux productions. Le soja que l’UE importe d’Amérique du Sud sert à nourrir les animaux des élevages
industriels. On peut dire que les consommateurs de
viande sont en train de manger les forêts tropicales.

Une forêt de cornes a remplacer les arbres sur ces
terres brésiliennes...

Le bœuf et le soja sont les principales
causes de la destruction des forêts
tropicales
La destruction de l’Amazonie pour produire du bétail et
du soja fait depuis longtemps les gros titres des journaux dans le monde entier. Une étude publiée en 2012
dans Science Daily par l’Institut de Recherche pour le
Développement (IRD) désigne la production agricole
comme cause de presque toute la déforestation au
Brésil où 750 000 km² de forêt ont disparu, dont 80 %
ont été transformés en pâturages pour les bovins 56. La
déforestation pour faire place à l’élevage de bovins en
est d’ailleurs la principale cause dans toute l’Amazonie, où cette activité est actuellement responsable de
80 % de la déforestation 57.

- 24 -

Les forêts abritent la plus grande partie de la biodiversité mondiale. Ainsi, par exemple, parmi toutes les
espèces identifiées à ce jour, une sur dix vit en Amazonie. Le défrichage et la dégradation de la forêt privent
les populations autochtones de leurs terres et de leur
mode de vie traditionnel, et détruisent des espèces végétales et animales que l’on ne trouve nulle part ailleurs
sur la planète. La destruction des forêts anéantit aussi
leur capacité de rétention et de stockage du carbone.
L’Amazonie en contient aujourd’hui entre 90 et 140
milliards de tonnes. D’après les experts, la libération de
ce carbone, même d’une faible proportion, accélérerait
le réchauffement climatique 58.

Rapport La production animale

 Aujourd’hui, près de 7 milliards
de membres de l’espèce Homo sapiens
peuplent les continents de la Terre.
Si l’on pouvait réunir tout ce monde
sur le plateau d’une gigantesque balance,
on obtiendrait une masse totale d’environ
700 millions de tonnes. En revanche,
la masse totale de tous les grands animaux
sauvages qui survivent aujourd’hui,
des porcs-épics aux pingouins et des
éléphants aux baleines, est inférieure à
100 millions de tonnes. Nos livres d’enfants,
notre iconographie et nos écrans de télévision
nous montrent toujours continuellement
des girafes, des loups et des chimpanzés,
mais dans le monde réel, il en reste bien peu.
Il reste dans le monde environ 80 000 girafes,
à comparer avec 1,5 milliard de bovins ; seulement 200 000 loups, à comparer à
400 millions de chiens domestiques,
seulement 250 000 chimpanzés environ,
contre plusieurs milliards d’humains.
Le genre humain s’est véritablement
emparé du monde. »
Yuval Noah Harari, Sapiens:
A Brief History of Humankind, 2014

Une forêt de cornes a remplacé les arbres
sur ces terres brésiliennes...

- 25 -

Rapport La production animale

Piller les océans pour nourrir les animaux des élevages industriels
« Les farines de poisson sont l’un des plus ignobles secrets de l’élevage industriel, une catastrophe
écologique qui consiste à vider la mer des petits poissons par millions de tonnes pour en faire de
l’huile et des aliments secs pour les poissons, les porcs et les poulets d’élevage. Cette industrie
prive des millions de poissons sauvages de plus grande taille, d’oiseaux et de mammifères marins
de leur alimentation naturelle et épuise les réserves d’espèces qui sont importantes. Elle déverse
aussi des déchets graisseux dans la mer, ce qui crée des “zones mortes” sur les côtes. Ses usines
de traitement polluent l’atmosphère et sont la cause de problèmes de santé publique à grande
échelle. Enfin, elle détourne ce qui pourrait être une précieuse source d’alimentation humaine pour
nourrir les animaux des élevages industriels. »
Philip Lymbery, Farmageddon: The True Cost of Cheap Meat, 2014
Étude de cas

Les farines de poisson, un fléau pour la santé humaine, pour les
moyens de subsistance de l’humanité et pour la vie marine
Le Pérou est le plus gros producteur de farines de poisson : la pêche à l’anchois péruvienne est la plus importante activité de pêche du monde 64. Plusieurs millions de tonnes
d’anchois sont pêchés chaque année pour être transformés en nourriture destinée aux
poissons, aux poulets et aux porcs élevés en batterie. Dans son ouvrage Farmageddon:
The True Cost of Cheap Meat, Philip Lymbery, président de l’ONG internationale Compassion in World Farming, raconte une visite à Chimbote, une des villes du Pérou les
plus contaminées où se trouvent une quarantaine d’usines de fabrication de farines de
poisson 65.
Lymbery a été témoin des effets dévastateurs de l’industrie des farines
de poisson sur la population humaine, sur l’environnement et sur
la vie marine : « J’ai visité une baie qui est une “zone morte”, à
cause de l’industrie des farines de poisson et de la pollution
de l’eau qu’elle provoque. Des espèces d’oiseaux marins qui
étaient communes, comme le Fou varié, ont vu leur population se réduire de façon massive. Là-bas, les enfants ont
des plaies en forme de boursouflures, provoquées par cette
pollution extrême. Un médecin travaillant pour les autorités
locales, Wilbur Tolley, m’a parlé de l’impact négatif sur la santé de la population. Il m’a expliqué que les enfants étaient
constamment exposés aux émanations et que c’était pour cela
qu’ils avaient des problèmes dermatologiques 66. »
Selon un rapport du gouvernement britannique sur les farines de
poisson, l’industrie péruvienne de ces farines est responsable d’une
importante fréquence de troubles respiratoires, surtout chez les enfants, et
d’une réduction de l’espérance de vie pouvant atteindre dix ans 67. En outre, l’industrie des
farines de poisson compromet les moyens de subsistance des petits pêcheurs en raison
de la surpêche, des dégâts causés aux écosystèmes marins et de la pollution des eaux
côtières par les rejets des usines de transformation du poisson 68.
Selon la FAO, le stock d’anchois du sud-est du Pacifique a déjà été pêché aux limites de
la durabilité 69. En 2012, les prises n’étaient plus que de 4,69 millions de tonnes, contre
8,32 millions de tonnes l’année précédente.

- 26 -

Rapport La production animale

Environ 30 millions de tonnes de poisson, soit plus du
tiers des prises dans le monde, sont pêchées chaque
année pour fabriquer des farines et des huiles essentiellement destinées à nourrir les poissons, les poulets et les
porcs élevés en batterie 59. Cela représente entre 450 et
1000 milliards de poissons 60. Selon une étude scientifique, les porcs consommeraient respectivement six fois
plus de poisson que les consommateurs américains et
japonais, et les poulets deux fois plus 61.
Les espèces prélevées dans les océans en quantité aussi considérable pour nourrir les animaux des élevages
industriels du monde entier sont des espèces petites et
à brève durée de vie, comme les anchois, les lançons,
les maquereaux, les sprats et les sardines. Par conséquent, l’industrie des farines de poisson retire de la mer
les poissons situés en début de chaîne alimentaire, dont
dépend la survie de toute la vie marine, c’est-à-dire non
seulement des autres poissons, mais aussi des mammifères et des oiseaux marins.
Comme le note la Soil Association, au Royaume-Uni :
« l’utilisation de farines de poisson, quelle qu’en soit la
source, augmente finalement la quantité de prises industrielles et épuise les réserves halieutiques. Les prises
mondiales de poissons sauvages ont connu un pic vers
1989 et, depuis, elles n’ont fait que décliner. Comme le
rappelle le fameux film “ The End of the Line ”, les scientifiques prédisent que si la pêche se poursuit au rythme
actuel, la plupart des ressources alimentaires marines
auront disparu en 2048 62. »
À l’échelle mondiale, d’après la FAO, environ 75 % des
espèces marines sont actuellement pleinement exploitées ou victimes de surpêche 63.

- 27 -

Étude de cas

La menace sur
les oiseaux marins
Un rapport de Birdlife International étudie
les graves conséquences pour les oiseaux
marins de la pêche des petites espèces de
poisson comme le lançon en mer du Nord,
pour la fabrication de farines et d’huile 70.
La pêche industrielle du lançon s’est développée suite à la surpêche de la morue, du
maquereau et du hareng qui en étaient les
prédateurs. Dans les années 90, la pêche
du lançon est ainsi devenue la plus importante pêche d’une espèce unique en mer
du Nord, avec des prises annuelles voisines
d’un million de tonnes.
En 1990, une opération de pêche estivale du
lançon avait débuté au large de la côte est
de l’Écosse, près de l’île de May où se trouvait une importante colonie de nidification
d’oiseaux de mer. Cette pêche a anéanti la
population locale de lançons et a entraîné la
raréfaction des espèces d’oiseaux, en particulier les mouettes tridactyles. En 2000, les
inquiétudes sur le devenir de ces espèces
ont conduit à interdire la pêche du lançon
au large de la côte est de l’Écosse.
Pourtant, depuis, les populations d’oiseaux
de mer ont continué à souffrir de la pénurie
de lançons, que l’on pense provoquée par
le changement climatique qui a perturbé le
plancton, lequel se trouve au début de la
chaîne alimentaire.

Rapport La production animale

- 28 -

Rapport La production animale

La souffrance des animaux d’élevage

« Du strict point de vue de l’évolution, l’histoire des espèces domestiquées est celle d’une réussite remarquable. Ce sont les animaux les
plus répandus dans le monde. Malheureusement, cette perspective
évolutionniste ne tient pas compte de la souffrance de chaque animal. Les vaches et les poules domestiques peuvent être une belle
réussite de l’évolution, mais ce sont aussi des créatures parmi les
plus misérables qui aient jamais vécu. Ce décalage entre succès
évolutif et souffrance de l’animal est une des plus importantes leçons
de l’histoire 71. »
Yuval Noah Harari, professeur au département d’Histoire de l’Université
hébraïque de Jérusalem, auteur de l’ouvrage Sapiens: A Brief History of Humankind.

- 29 -

Rapport La production animale

Dans le monde, environ 70 milliards d’animaux sont
élevés chaque année pour l’industrie alimentaire. Or,
chacun de ces animaux est un être sensible, c’est-àdire capable d’éprouver une gamme de sentiments, de
sensations et d’émotions comme la peine, la peur, le
plaisir et la joie. Au cours des 30 dernières années, la
science du bien-être animal a démontré que tout animal d’élevage était un individu très complexe.
Cependant, pour satisfaire la demande mondiale des
consommateurs de viande, les 2/3 de ces animaux
sensibles sont élevés en batterie. Ils sont enfermés
dans des exploitations industrielles, gavés et privés de
tout ce qui rend la vie digne d’être vécue puis tués,
écorchés et transformés en produits alimentaires.
L’article 13 du Traité de Lisbonne reconnaît les animaux
comme des êtres sensibles et fait obligation aux États
membres de tenir pleinement compte des exigences
relatives à leur bien-être dans la formulation et la mise

en œuvre de mesures dans certains domaines 72. En
conséquence, l’UE a mis fin à certains systèmes extrêmes d’élevage industriel : les cages à veaux, les
cages en batterie et les stalles individuelles et cages de
gestation. Ces systèmes ont été effectivement interdits
respectivement en 2007, 2012 et 2013.
Néanmoins, à l’échelle mondiale, les conditions de vie
d’une vaste majorité d’animaux d’élevage sont inacceptables et les cages à veaux, les cages en batterie, les stalles individuelles, les cages de gestation et
autres systèmes de ce genre, dont la science a montré qu’ils étaient source de souffrances considérables,
restent largement utilisés.
Même au sein de l’UE, qui a mis en place toute une
législation relative au bien-être des animaux d’élevage
pour répondre aux préoccupations du public, la souffrance de ces animaux continue à grande échelle.

Les poules pondeuses

Les poulets de chair

Dans l’UE, 58 % des poules sont élevées dans des
cages dites «enrichies», qui les empêchent en réalité
de se comporter comme elles en ont besoin, notamment de battre des ailes, de se percher et de prendre
des bains de poussière 73. Dans d’autres pays comme
la Chine, qui produit 1/3 des œufs de poules consommés dans le monde, les poules sont enfermées dans
des cages en batterie plus restrictives encore, dépourvues de tout enrichissement et dans lesquelles chaque
poule dispose d’un espace inférieur aux dimensions
d’une feuille de format A4.

Les poulets de chair sont entassés dans de vastes
hangars stériles dans lesquels ils atteignent leur poids
d’abattage de 2,2 kg en seulement 40 à 42 jours. Une
croissance aussi rapide met à rude épreuve leur cœur
et leurs poumons et les fait claudiquer car ils deviennent
trop lourds pour que leurs pattes puissent les porter.

Les poules vivant dans des cages ne peuvent pas
adopter les comportements qui leur sont naturels,
comme le grattage du sol et la construction de nids,
si bien qu’elles développent des comportements anormaux et, parfois, une forme de cannibalisme. Pour éviter cela, les éleveurs coupent très souvent l’extrémité
du bec des poussins quand ils n’ont que quelques
jours, ce qui leur occasionne une douleur immédiate
et durable.

- 30 -

Les poulets peuvent se déplacer au moment où ils
viennent d’arriver dans le hangar mais, compte tenu
de l’espace dont ils disposent généralement dans l’UE,
quand approche le moment de l’abattage l’espace
dont chacun dispose est inférieur aux dimensions
d’une feuille de format A4.
Le sol sur lequel les poulets sont obligés de vivre ne
tarde pas à être saturé d’ammoniac provenant de leurs
excréments, ce qui leur occasionne souvent des ampoules au bréchet, des brûlures au jarret et des lésions
aux pieds. Ces blessures sont parfois visibles sur les
carcasses vendues dans les supermarchés.
Chaque année dans le monde, pas moins de 58 milliards de poulets sont abattus pour leur viande 74. Parmi
les pays producteurs, les États-Unis arrivent en tête
avec près d’un cinquième de la production mondiale,
suivis par la Chine et le Brésil. En 2011, plus de 6 milliards de poulets ont été abattus pour leur viande dans
l’UE 27.

Rapport La production animale

Les porcins
L’UE autorise l’utilisation des stalles individuelles pendant les quatre premières semaines de gestation et n’a
pas pris de mesure contre les cages de mise bas, dans
lesquelles les truies sont encore plus à l’étroit.
Les porcs destinés à l’engraissement sont souvent
enfermés dans des enclos dont le sol est en béton
et, bien que la législation européenne prévoie qu’ils
doivent disposer de matériaux permettant des activités
de recherche et de manipulation, on estime qu’environ
90 % des porcs élevés pour leur viande dans l’UE sont
enfermés dans des installations stériles. À l’échelle
mondiale, au moins la moitié des porcs sont élevés
dans des installations industrielles qui ne répondent
pas aux besoins comportementaux et émotionnels de
ces animaux intelligents.
Dans un environnement naturel boisé, les porcs passeraient la moitié de leur temps à chercher des racines dans le sol et près du quart de leur temps à la
recherche de nourriture. Dans l’environnement stérile
des élevages industriels, les porcs adoptent des stéréotypies et autres comportements anormaux.

Les vaches laitières
Des études scientifiques montrent que les vaches sont
des êtres complexes qui nouent et entretiennent des
liens d’amitié, qu’elles sont rancunières et que lorsqu’elles résolvent un problème, elles connaissent des
moments d’excitation et d’euphorie 75. La plupart des
gens imaginent que les vaches sont toutes élevées au
pâturage, mais ce n’est pas le cas. Dans l’UE, selon
des estimations, plus de 10 millions de vaches laitières
restent enfermées tout au long de l’année en stabulation entravée ou dans des compartiments 76. Depuis
quelques années, on voit apparaître en Europe des exploitations laitières géantes sur le modèle de celles qui
existent aux États-Unis.

Dans l’UE et dans le reste du monde, les vaches sont
exploitées jusqu’au paroxysme pour satisfaire les exigences de la production laitière : les vaches laitières
actuelles produisent entre 30 et 60 litres de lait par
jour, soit dix fois la quantité nécessaire pour nourrir un
veau. L’espérance de vie naturelle d’une vache laitière
est de 20 ans, mais de nos jours les vaches sont souvent épuisées et peuvent être abattues après seulement deux, trois ou quatre lactations. Souvent, elles
souffrent d’affections qui peuvent être extrêmement
douloureuses, notamment des claudications et des
mammites.

Les bovins et autres animaux
Dans le monde, les élevages de bovins prennent des
formes variées : vastes pâturages, parcs d’engraissement (en extérieur, mais elles y sont enfermées), élevages
intensifs dont les sols peuvent être en béton ou en caillebotis. Les systèmes américains de parcs d’engraissement ont essaimé dans le monde. Ces vastes systèmes
peuvent accueillir jusqu’à 100 000 bovins pendant leurs
trois à six derniers mois d’existence, et on les soumet à
un régime de maïs, de suppléments protéiniques et d’antibiotiques, afin qu’ils prennent un maximum de poids.
Les autres animaux élevés en batterie sont surtout les
dindes, les canards et les lapins. L’élevage des moutons aussi est devenu de plus en plus intensif : élevage
sélectif, alimentation intensive, médicaments et implants hormonaux permettent d’obtenir fréquemment
la naissance de jumeaux et, de plus en plus, de triplés.

- 31 -

Rapport La production animale

l Nombres

d’animaux abattus
chaque année dans le monde 77
l

Buffles et bisons 24 000 000
Vaches et bœufs 296 000 000
Poulets 58 110 000 000
Canards 2 817 000 000
Oies et pintades 640 000 000
Caprins 430 000 000
Porcins 1 383 000 000
Ovins 517 000 000
Dindes 654 000 000

Plus gros producteurs

Bovins et buffles : Chine, Brésil, États-Unis, Inde
Porcins : Chine, États-Unis, Allemagne, Vietnam
Volailles : Chine, États-Unis, Brésil, Indonésie
Ovins et caprins : Chine, Inde, Nigeria, Bangladesh

« Le monde animal fourmille d’une diversité considérable de créatures qui respirent, qui ressentent, qui
éprouvent des sensations et qui non seulement sont vivantes, mais vivent leur vie. Chacune s’efforce de
vivre au mieux : de se nourrir et de s’abriter, de se reproduire, de rechercher ce qui est bon pour elle et
d’éviter ce qui lui est néfaste. Les bonnes choses sont diverses et variées : nourriture, eau, mouvement,
repos, abri, soleil, ombre, découverte, anticipation, interactions sociales, jeu, et sexualité. Le profit à tirer de
ces bonnes choses étant une question d’adaptation, l’évolution a pourvu les animaux de la capacité d’en
éprouver les bienfaits. Tout comme nous, ils recherchent le plaisir . »
Jonathan Balcombe, Pleasurable Kingdom - Animals and
the Nature of Feeling Good, Macmillan Science, 2006

- 32 -

Rapport La production animale

Étude de cas

Manifestations contre la construction
d’une laiterie géante de 1750 bovins
en France
En France, les préoccupations s’intensifient concernant la multiplication des élevages intensifs. La Confédération paysanne, un syndicat de petits exploitants, a mené une campagne de protestation contre
la construction à Drucat, dans le département de la
Somme, d’une exploitation laitière géante destinée à
accueillir 1750 animaux : 1000 vaches laitières et 750
veaux et génisses, qui seraient enfermés tous ensemble.
Pour Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération
paysanne, « Il n’y a aucune justification à produire des
aliments avec des élevages industriels  ». Du point de
vue de ce syndicat, « La ferme des mille vaches change
le cours de l’Histoire. Depuis la nuit des temps, la société a toujours été fournie en vivres par les paysans.
Avec l’industrialisation de l’agriculture, nous serons
approvisionnés par des usines. On n’aura plus besoin
d’agriculteurs 79. »
Un autre opposant à cette exploitation laitière géante,
Dominique Henry, craint un avenir dans lequel «  la campagne [serait] vidée de ses paysans et de ses vaches,
mais parsemée de hangars. Il y aurait des scandales
sanitaires à répétition : l’eau et le sol seraient pollués 80. »

- 33 -

Rapport La production animale

- 34 -

Rapport La production animale

La santé humaine

« Mangez. Sans excès. Surtout des végétaux. »
Michael Pollan, auteur de l’ouvrage In Defense of Food, 2008

- 35 -

Rapport La production animale

Depuis trois ou quatre décennies, de plus en plus d’études scientifiques ont mis en
évidence les graves menaces que la production intensive de bétail et de produits animaux représente pour la santé humaine.
La maladie dans l’assiette
D’innombrables études font état des effets nocifs d’un
régime riche en aliments carnés sur la santé humaine,
notamment les risques accrus de maladies cardiaques,
de diabète et de plusieurs formes de cancer 81.
Le site Internet de la World Cancer Research Trust, qui
fait la promotion des recherches les plus récentes et
les plus décisives sur la prévention du cancer dans le
monde, indique que pour réduire les risques de cancer,
il convient de privilégier les aliments d’origine végétale
et de limiter sa consommation de viande rouge et de
produits carnés transformés 82.

Recommandations pour une alimentation saine et durable
L’édition de février 2015 du rapport scientifique du Comité consultatif sur les recommandations alimentaires
des départements américains de l’Agriculture et de la
Santé souligne qu’environ la moitié des Américains
adultes, soit 117 millions d’individus, est atteinte d’une
ou plusieurs maladies chroniques évitables, et que les
2/3 des adultes, soit 155 millions d’individus, sont en
surpoids ou obèses 83. Ces problèmes de santé sont
liés à de mauvaises habitudes alimentaires, à une
surconsommation et à l’absence d’activité physique.
L’avis de ce Comité est qu’il conviendrait d’encourager et d’aider la population américaine à adopter « un
régime alimentaire qui soit riche en légumes, en fruits,

- 36 -

Rapport La production animale

en céréales complètes, en poisson et fruits de mer,
en légumineuses et en fruit à coque, modéré en produits laitiers non gras ou peu gras et en alcool (pour
les adultes), plus faible en viande rouge et en viande
transformée, et faible en aliments et boissons sucrés
et en céréales raffinées ». Par ailleurs, le Comité a tenu
compte de l’impact environnemental des habitudes alimentaires des Américains, dont on considère qu’elles
entraînent plus d’émission de gaz à effet de serre,
l’utilisation de davantage de terres et une plus grande
consommation d’eau et d’énergie qu’ailleurs en raison
de l’importance de la consommation de produits animaux aux États-Unis. Selon ce Comité, des habitudes
alimentaires durables seraient davantage basées sur
les légumes, les fruits, les céréales entières, les légumineuses, les fruits à coque et les graines, et moins sur
les calories et les aliments d’origine animale.

Tara Garnett, du Food Climate Research Network, qui a
étudié la question de savoir de quoi peut être constitué
un régime alimentaire durable, conclut ainsi un récente
rapport : « des études interdisciplinaires de plus en plus
nombreuses montrent qu’il est possible de concevoir
des régimes alimentaires générant moins d’impact sur
l’environnement que la moyenne et qui soient à peu
près en phase avec les recommandations nutritionnelles actuelles. Moins il y a de viande, de poisson et de
produits laitiers, moins il y a d’impact environnemental,
et plus il importe que la réduction de la consommation
de viande soit compensée par une plus grande quantité
et une plus grande diversité de céréales complètes, de
fruits et légumes et de légumineuses 84. »

L’alimentation végétale est préférable
pour la santé humaine et pour l’environnement
Dans le cadre d’une étude récente pour l’éditeur scientifique Annual Reviews, David Katz, directeur du centre
Griffin de recherche sur la prévention de l’université de
Yale, et sa collègue Stephanie Meller, ont comparé les
régimes alimentaires actuels les plus courants pour
tenter de répondre à la question : « Est-il possible de
savoir quel régime est préférable pour la santé ? »
Leur conclusion, publiée en 2013 dans l’Annual Review of Public Health, est que « de façon absolument
incontestable, nous devons consommer de vrais aliments, et essentiellement des végétaux ».
Selon cette étude, « un régime constitué d’aliments les
moins transformés possible, proches de la nature, à prédominance de végétaux, est fondamentalement associé
à une meilleure santé et à la prévention des maladies 85 ».
Comme l’indiquent les auteurs : « De façon peut-être
fortuite, cette même orientation des habitudes alimentaires présente des avantages considérables pour les
autres espèces, pour notre environnement, et même
pour notre propre écologie intérieure. »

Des risques pour la médecine moderne
L’utilisation généralisée des antibiotiques dans les élevages industriels pour traiter ou éradiquer les épidémies liées aux conditions d’élevage et pour accélérer
la croissance des animaux, a entraîné l’apparition de
bactéries résistantes à des antibiotiques nécessaires
pour soigner des maladies humaines.
En 2014, l’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé que la résistance aux produits antimicrobiens
constituait une menace de plus en plus grande pour
la santé dans le monde et qu’elle mettait en péril les
acquis de la médecine moderne 86.

- 37 -

Rapport La production animale

Des risques de maladies infectieuses
graves pour tout le monde

En 2007, dans une déclaration publique, l’Agence européenne des médicaments a mis l’accent sur la prédominance de la propagation de maladies infectieuses dans
les « systèmes de production d’animaux à forte densité
ou à faible biosécurité » et a rappelé que « l’utilisation
fréquente et imprudente d’antibiotiques crée des conditions favorables à la sélection, à la propagation et à la
persistance de bactéries antimicrobiennes. Certaines
de ces bactéries peuvent provoquer des infections chez
les animaux, et lorsqu’elles sont zoonotiques, chez les
humains également 87. »

Il s’est produit au cours de ces dernières décennies
une augmentation spectaculaire des zoonoses, c’està-dire des maladies transmises par les animaux. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a désigné les
élevages intensifs comme étant une des principales
causes de ces maladies, parmi lesquelles la grippe
aviaire et la grippe porcine qui ont entraîné de graves
préoccupations sanitaires dans le monde entier 94.

En dépit de ces avertissements, l’industrie des élevages intensifs continue à utiliser des antibiotiques en
grande quantité. Ainsi, par exemple, 80 % des antibiotiques utilisés aux États-Unis sont administrés à des
animaux . L’UE a interdit les antibiotiques aux fins de
stimulation de la croissance, mais ils continuent d’être
utilisés pour d’autres raisons 89.

« La résistance antimicrobienne constitue une
menace de plus en plus grave pour la santé
publique au niveau mondial. Elle se développe
quand un micro-organisme (bactérie, champignon, virus ou parasite) ne réagit plus à un
médicament auquel il était initialement sensible.

Les souches de bactéries résistantes Salmonella et
Campylobacter, liées à la production de viande, sont
très préoccupantes. L’Autorité européenne de sécurité
des aliments (EFSA) fait état de travaux de recherche
montrant que la résistance à la ciprofloxacine, un antimicrobien qui est d’une importance essentielle, est
particulièrement forte chez l’être humain, ce qui signifie
que les possibilités de traitement des infections graves
provoquées par ces bactéries zoonotiques deviennent
plus limitées 90.

Cela signifie que les traitements habituels ne
sont plus efficaces, que les infections sont plus
difficiles, voire impossibles à contrôler, que
le risque de propagation d’une infection est
accru, que les maladies et les séjours à l’hôpital
durent plus longtemps, avec les coûts économiques et sociaux supplémentaires que cela
implique, et que le risque de décès est plus
grand : dans certains cas, il est deux fois plus
élevé que chez les patients dont les infections
sont dues à des bactéries non résistantes.

Les risques pour la santé des riverains
aux alentours des élevages industriels
Dans le monde entier, la population riveraine des élevages industriels s’inquiète pour sa santé, notamment en raison des risques de contamination et de
pollution de l’eau par suite du ruissellement des engrais chimiques et du purin 92. Des personnes vivant
près d’élevages et de laiteries géantes se plaignent
d’odeurs et d’émanations ayant provoqué des problèmes de santé tels que fatigue, confusion, troubles
respiratoires, toux excessive, diarrhées et brûlures des
yeux 93.

Ce problème est si grave qu’il menace les acquis de la médecine moderne.
L’avènement d’une ère post-antibiotique, au
cours de laquelle une infection banale
ou une blessure légère pourrait être mortelle,
est une chose fort possible au XXIème siècle 91. »
Organisation mondiale de la Santé, Antimicrobial
resistance: global report on surveillance, avril 2014

- 38 -

Rapport La production animale

« Alors que l’espèce humaine traverse le dernier
stade d’une croissance démographique rapide et ne
commencera à se stabiliser qu’au milieu du siècle,
et que les systèmes alimentaires se développent à
un rythme comparable, la rationalisation du secteur
mondial de l’élevage devrait être considérée comme
un levier essentiel pour éviter un changement écologique irréversible et pour faire progresser l’humanité
vers un mode de fonctionnement sain et viable. »
Nathan Pelletier et Peter Tyedmers,
Forecasting potential global environmental costs
of livestock production 2000–2050, PNAS, 2010

- 39 -

Rapport La production animale

« 
Les impacts de l’agriculture devraient
s’accroître significativement en raison de la
croissance démographique liée à une augmentation de la consommation de produits
animaux […] Une importante réduction de
ces impacts ne sera possible qu’avec un
changement substantiel des habitudes alimentaires à l’échelle mondiale, affranchi des
produits animaux. »
Programme des Nations Unies
pour l’environnement (PNUE), 2010

- 40 -

Rapport La production animale

CONCLUSION
Comme le montre ce rapport, des études scientifiques dans le
monde entier ont mis en évidence la nécessité d’une action internationale d’urgence pour lutter contre les effets néfastes de
l’élevage. Malgré une abondance de preuves et des appels de la
part d’institutions éminentes comme le Programme des Nations
Unies pour l’environnement (PNUE) à « changer substantiellement
les habitudes alimentaires dans le monde et à renoncer aux produits animaux » en raison de « l’impact disproportionné » de l’agriculture, et plus particulièrement de la production animale, « sur la
population et sur les systèmes indispensables à la vie sur la planète 95 », la communauté internationale a très peu agi jusqu’à présent. En fait, les mécanismes d’aide à l’agriculture sont souvent
conçus pour soutenir la production de bétail et pour permettre la
fourniture de viande et de produits laitiers aux consommateurs à
des prix très inférieurs au coût véritable que cela représente pour
l’environnement et la santé humaine.
Il est urgent d’agir. Il est temps d’envisager la rationalisation du
secteur de l’élevage et de promouvoir d’autres sources de protéines qui soient plus respectueuses de l’animal et plus écologiques.
Comme le montre ce rapport, la lutte contre le changement climatique doit commencer par les aliments que nous mettons dans
nos assiettes.
Pour plus de renseignements sur les propositions d’action et de
changement de One Voice, voir la publication qui accompagne ce
rapport, le Manifeste pour sauver le Vivant publié par One Voice
en vue de coïncider avec la Conférence des parties qui se tiendra
à Paris en novembre 2015.

- 41 -

Rapport La production animale

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES DU RÉSUMÉ

924–929 (2014) doi:10.1038/nclimate2353

i : Smith P. et al, Climate Change 2014: Mitigation of Climate Change. Contribution of Working Group III to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change, Cambridge University Press, Cambridge,
Royaume-Uni et New York, NY, États-Unis.

10 : Bojana Bajželj, op. cit.

ii : Bojana Bajželj, Keith S. Richards, Julian M. Allwood, Pete Smith, John S.
Dennis, Elizabeth Curmi et Christopher A. Gilligan, « Importance of food-demand management for climate mitigation », Nature Climate Change 4,
924–929 (2014) doi:10.1038/nclimate2353
iii : Fredrik Hedenus, Stefan Wirsenius et Daniel J. A. Johansson, « The importance of reduced meat and dairy consumption for meeting stringent climate
change targets », Climatic Change, 2014. DOI 10.1007/s10584-014-1104-5
iv : FAO, « Tackling Climate through Livestock: A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities », FAO, Rome, 2013.
v : ONU, Enquête économique et sociale mondiale 2011.
vi : Commission européenne, Communication from the Commission to the European
Parliament and the Council on The European Innovation Partnership ‘Agricultural
Productivity And Sustainability’. Bruxelles, 29.2.2012 Com (2012) 79 Final
vii : Westhoek H. et al, The protein puzzle: the consumption and production
of meat,dairy and fish in the European Union, PBL Netherlands Environmental
Assessment Agency, 2011
viii : Ibid.
ix : http://www.sciencedaily.com/releases/2012/02/120228123849.htm

9 : Fredrik Hedenus, Stefan Wirsenius et Daniel J. A. Johansson, « The importance of reduced meat and dairy consumption for meeting stringent climate
change targets », Climatic Change, 2014. DOI 10.1007/s10584-014-1104-5.
11 : Smith P., M. Bustamante, H. Ahammad, H. Clark, H. Dong, E.A. Elsiddig,
H. Haberl, R. Harper, J. House, M. Jafari, O. Masera, C. Mbow, N.H. Ravindranath, C.W. Rice, C. Robledo Abad, A. Romanovskaya, F. Sperling et F.
Tubiello, 2014: Agriculture, Forestry and Other Land Use (AFOLU). In: Climate
Change 2014: Mitigation of Climate Change. Contribution of Working Group
III to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate
Change [Edenhofer, O., R. Pichs-Madruga, Y. Sokona, E. Farahani, S. Kadner,
K. Seyboth, A. Adler, I. Baum, S. Brunner, P. Eickemeier, B. Kriemann, J.
Savolainen, S. Schlömer, C. von Stechow, T. Zwickel et J.C. Minx (eds.)].
Cambridge University Press, Cambridge, Royaume-Uni et New York, NY,
États-Unis.
12 : http://www.un.org/apps/news/story.asp?newsid=45816#.VU4vBEv-L6c
13 : Rob Bailey, Antony Froggatt et Laura Wellesley, « Livestock – Climate
Change’s Forgotten Sector: Global Public Opinion on Meat and Dairy
Consumption », Chatham House, 2014.
14 : Ibid.
15 : Ripple et al, Ruminants, climate change and climate policy, Nature Climate Change, Vol. 4, janvier 2014.
16 : Heinrich Böll Stiftung et Amis de la Terre Europe, « Meat Atlas: Facts and
figures about the animals we eat », 2014.

x : Jennifer Jacquet et al, Conserving wild fish in a sea of market-based
efforts, Oryx 44 (1): 45 – 56, 2010.

17 : Ibid.

xi : Par exemple, Katz, D. L. et Meller, S. (2014), « Can We Say What Diet Is
Best for Health? », Annual Review of Public Health, 35, pp. 83–103.

18 : Ibid.
19 : http://webarchive.nationalarchives.gov.uk/20080910140413/http://www.
hm-treasury.gov.uk/independent_reviews/stern_review_economics_climate_
change/stern_review_report.cfm

xii : Antimicrobial resistance: global report on surveillance 2014, OMS,
consulté à l’adresse : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/112647/1/
WHO_HSE_PED_AIP_2014.2_eng.pdf?ua=1

20 : Ripple et al, Ruminants, climate change and climate policy, Nature Climate Change, vol. 4, janvier 2014.

xiii : Rob Bailey, Antony Froggatt et Laura Wellesley, Livestock - Climate
Change’s Forgotten Sector: Global Public Opinion on Meat and Dairy
Consumption, Chatham House, 2014

21 : Heinrich Böll Stiftung et Amis de la Terre Europe, « Meat Atlas: Facts and
figures about the animals we eat », 2014.
22 : Mary C. Scholes et Robert J. Scholes, « Dust Unto Dust », Science,
1er novembre 2013: vol. 342 n° 6158, pp. 565-566, DOI:10.1126/
science.1244579.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1 : Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, allocution du 22 septembre
2014 pour le jour d’ouverture de la Semaine du climat organisée à New York,
https://www.youtube.com/watch?v=ivuudknkewk

23 : http://www.geosociety.org/gsatoday/archive/17/10/pdf/i1052-5173-1710-4.pdf

2 : FAO, « Tackling Climate through Livestock: A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities », FAO, Rome, 2013.

24 : Mary C. Scholes et Robert J. Scholes, « Dust Unto Dust », Science,
1er novembre 2013: vol. 342 n° 6158, pp. 565-566, DOI:10.1126/
science.1244579.

3 : Les estimations du GIEC concernant les émissions mondiales provenant
des transports étaient de 7,0 Gt éq. CO2/an
en 2010.

25 : http://www.fao.org/3/a-i4405e.pdf

4 : Les émissions totales de GES des États-Unis ont été de 6,1 Gt équivalent CO2 en 2011, d’après le World Resources Institute Climate Analysis
Indicators Tool, consultable à l’adresse : http://cait2.wri.org/profile/United%20
States

26 : http://www.fao.org/soils-2015/fr/
27 : http://www.fao.org/soils-2015/fr/
28 : Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 2008 :
L’agriculture au service du développement, 2007, chapitre 2.
29 : Commission européenne, Communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur le partenariat européen d’innovation
« Productivité et développement durable de l’agriculture ». Bruxelles,
29.2.2012 Com(2012) 79 Final.

5 : Bojana Bajželj, Tim G. Benton, Michael Clark, Tara Garnett, Theresa
M. Marteau, Keith S. Richards, Pete Smith et Milica Vasiljevic, « Synergies
between healthy and sustainable diets » Brief for GSDR 2015 https://sustainabledevelopment.un.org/content/documents/635987-Bajzelj-Synergies
between healthy and sustainable diets.pdf.

30 : M.A. Sutton, A. Bleeker, C.M. Howard et al, « Our Nutrient World: The
challenge to produce more food and energy with less pollution », Centre for
Ecology & Hydrology (CEH), 2013, consultable à l’adresse http://www.ceh.
ac.uk/products/publications/our-nutrient-world-full-report.html

6 : Robert Goodland et Jeff Anhang, « What if the key actors in climate
change are … cows, pigs and chickens », World Watch, novembre/décembre
2009.
7 : Smith P., M. Bustamante, H. Ahammad, H. Clark, H. Dong, E.A. Elsiddig,
H. Haberl, R. Harper, J. House, M. Jafari, O. Masera, C. Mbow, N.H. Ravindranath, C.W. Rice, C. Robledo Abad, A. Romanovskaya, F. Sperling et
F. Tubiello, « 2014: Agriculture, Forestry and Other Land Use (AFOLU) ». In:
Climate Change 2014: Mitigation of Climate Change. Contribution of Working
Group III to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on
Climate Change [Edenhofer, O., R. Pichs-Madruga, Y. Sokona, E. Farahani, S.
Kadner, K. Seyboth, A. Adler, I. Baum, S. Brunner, P. Eickemeier, B. Kriemann,
J. Savolainen, S. Schlömer, C. von Stechow, T. Zwickel et J.C. Minx (et col.)].
Cambridge University Press, Cambridge, Royaume-Uni et New York, NY,
États-Unis.
8 : Bojana Bajželj, Keith S. Richards, Julian M. Allwood, Pete Smith, John S.
Dennis, Elizabeth Curmi et Christopher A. Gilligan, « Importance of food-demand management for climate mitigation », Nature Climate Change 4,

- 42 -

31 : ONU, Étude sur la situation économique et sociale dans le monde 2011.
32 : Commission européenne, Communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur le partenariat européen d’innovation
« Productivité et développement durable de l’agriculture ». Bruxelles,
29.2.2012 Com(2012) 79 Final.
33 : http://www.nine-esf.org/sites/nine-esf.org/files/ena_doc/ENA_pdfs/
ENA_c22.pdf
34 : M. Mekonnen et A. Hoekstra, « A global assessment of the water footprint of farm animal products », Ecosystems, 2012.
35 : Rob Bailey et al, « Livestock – Climate Change’s Forgotten Sector: Global Public Opinion on Meat and Dairy Consumption », Chatham House, 2014, consultable à l’adresse : http://www.chathamhouse.org/sites/files/chathamhouse/field/
field_document/20141203LivestockClimateChangeBaileyFroggattWellesley.pdf

Rapport La production animale

36 : http://www.fao.org/nr/water/topics_scarcity.html

meal-capital-of-the-world/

37 : Bojana Bajželj et al, op.cit.

67 : Defra et Scott Wilson, “Fishmeal, SCP Evidence Base: Sustainable Commodities Case Studies”, Case Studies, décembre 2006.

38 : http://ecowatch.com/2015/02/16/vandana-shiva-life-depends-soil/

68 : Ibid.

39 : Philip Lymbery et Isabel Oakeshott, « Farmageddon: The True Cost of
Cheap Meat », Bloomsbury Publishing, 2014.

69 : http://www.bloomberg.com/news/articles/2014-11-18/peru-fish-mealreaches-highest-in-decade-as-anchovy-stocks-drop

40 : http://www.theguardian.com/environment/2011/jul/27/brittany-beachestoxic-algae-boars

70 : BirdLife International (2008), « Fisheries are targeting smaller fish with
serious implications for seabirds ». Présenté dans le cadre du site internet
BirdLife State of the world’s birds. Consultable à l’adresse : http://www.birdlife.org/datazone/sowb/casestudy/168. Dernier accès le 29 avril 2015.

41 : http://www.theguardian.com/environment/2011/jul/27/brittany-beachestoxic-algae-boars
42 : Philip Lymbery et Isabel Oakeshott, « Farmageddon: The True Cost of
Cheap Meat », Bloomsbury Publishing, 2014.

71 : http://www.ynharari.com/ecology/

43 : Ibid.

72 : L’UE et la protection animale : objectifs politiques.

44 : http://www.terradaily.com/reports/EU_court_rules_against_France_over_
nitrates_water_pollution_999.html

73 : http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/news/uk_news/article100199.ece
74 : Heinrich Böll, Stiftung and Friends of the Earth Europe, Meat Atlas: Facts
and figures about the animals we eat, 2014.

45 : Agence européenne pour l’environnement, L’Environnement en Europe :
état et perspectives 2015.

75 : http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/news/uk_news/article100199.ece

46 : Steffen, W., Richardson, K., Rockström, J., Cornell, S.E., Fetzer, I., Bennett, E.M., Biggs, R., Carpenter, S.R., de Vries, W., de Wit, C.A., Folke, C.,
Gerten, D., Heinke, J., Mace, G.M., Persson, L.M., Ramanathan, V., Reyers,
B. et Sörlin, S. (2015), « Planetary boundaries: Guiding human development
on a changing planet ». Science, 347(6223). DOI:10.1126/science.1259 855.

76 : Rob Bailey et al, Livestock – Climate Change’s Forgotten Sector: Global
Public Opinion on Meat and Dairy Consumption, Chatham House, 2014
accessed at: http://www.chathamhouse.org/sites/files/chathamhouse/field/
field_document/20141203LivestockClimateChangeBaileyFroggattWellesley.pdf

47 : Agence européenne pour l’environnement, L’Environnement en Europe :
état et perspectives 2015.

78 : http://www.france24.com/en/20150220-factory-farms-rise-france-agricultural-union/

48 : Steffen, W., Richardson, K., Rockström, J., Cornell, S.E., Fetzer, I., Bennett, E.M., Biggs, R., Carpenter, S.R., de Vries, W., de Wit, C.A., Folke, C.,
Gerten, D., Heinke, J., Mace, G.M., Persson, L.M., Ramanathan, V., Reyers,
B. et Sörlin, S. (2015), « Planetary boundaries: Guiding human development
on a changing planet ». Science, 347(6223). DOI:10.1126/science.1259 855.

79 : French Resistance to 1000-Cow Factories, The Land, hiver 2014-2015

77 : Heinrich Böll Stiftung and Friends of the Earth Europe, op.cit.

80 : French Resistance to 1000-Cow Factories, The Land, hiver 2014-2015
81 : Rob Bailey et al, Livestock – Climate Change’s Forgotten Sector: Global
Public Opinion on Meat and Dairy Consumption, Chatham House, 2014
accessed at: http://www.chathamhouse.org/sites/files/chathamhouse/field/
field_document/20141203LivestockClimateChangeBaileyFroggattWellesley.pdf

49 : https://www.iucn.org/iyb/about/biodiversity_crisis/
50 : Westhoek H. et al, The protein puzzle: the consumption and production
of meat, dairy and fish in the European Union, PBL – Agence néerlandaise
pour l’évaluation de l’environnement, 2011.

82 : http://www.wcrf-uk.org/uk/preventing-cancer/ways-reduce-cancer-risk
83 : http://health.gov/dietaryguidelines/2015-scientific-report/PDFs/Scientific-Report-of-the-2015-Dietary-Guidelines-Advisory-Committee.pdf

51 : Ibid.

84 : http://www.fcrn.org.uk/sites/default/files/fcrn_what_is_a_sustainable_
healthy_diet_final.pdf

52 : Agence européenne pour l’environnement, L’Environnement en Europe :
état et perspectives 2015.

85 : Katz, D. L. et Meller, S. (2014), « Can We Say What Diet Is Best for
Health? », Annual Review of Public Health, 35, pp. 83–103.

53 : AEE (2010b), 10 messages for 2010 - Agricultural ecosystems, Agence
européenne pour l’environnement, Copenhague.

86 : Antimicrobial resistance: global report on surveillance 2014, OMS,
consulté à l’adresse : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/112647/1/
WHO_HSE_PED_AIP_2014.2_eng.pdf?ua=1

54 : http://www.newseveryday.com/articles/11755/20150322/one-10-european-wild-bees-wiped-out-report.htm#UQw1VBgCyBTtIqEx.99
55 : Par exemple, voir : http://www.japantimes.co.jp/news/2009/04/25/national/farmers-stung-by-bee-shortage/#.VXGpHkv-L6d ou http://earthsky.org/
human-world/claire-kremen-wild-bees-and-the-future-of-food

87 : http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Public_statement/2009/10/WC500005152.pdf
88 : http://www.foodsafetynews.com/2011/02/fda-confirms-80-percent-ofantibiotics-used-in-animal-ag/#.VU40DEv-L6c

56 : http://www.sciencedaily.com/releases/2012/02/120228123849.htm
57 : Nepstad et al. 2008

89 : http://www.soilassociation.org/news/newsstory/articleid/7755/new-eureport-reveals-scale-of-antibiotic-overuse-in-farming-and-links-it-to-resistance-in-human-inf

58 : Putz, S., J. Groeneveld, K. Henle, C. Knogge, A.C. Martensen, M. Metz,
J.P Metzger, M.C. Ribeiro, M.D. de Pa, and A. Huth (2014) : Long-term carbon loss in fragmented neotropical forests. Nature Communications, 5(5037).
Consultable ici : http://individual.utoronto.ca/martensen/Putz_etal_NatureCommunications_2014_f.pdf

90 : Autorité européenne de sécurité des aliments, EU Summary Report
on antimicrobial resistance in zoonotic and indicator bacteria from humans, animals and food in 2013, EFSA Journal 2015,13(2):4036 [178 pp.].
doi:10.2903/j.efsa.2015.4036

59 : Jennifer Jacquet et al, « Conserving wild fish in a sea of market-based
efforts », Oryx 44 (1): 45 – 56, 2010.

91 : Antimicrobial resistance: global report on surveillance 2014, OMS,
consulté à l’adresse : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/112647/1/
WHO_HSE_PED_AIP_2014.2_eng.pdf?ua=1

60 : http://fishcount.org.uk/fish-count-estimates
61 : Jennifer Jacquet et al, « Conserving wild fish in a sea of market-based
efforts », Oryx 44 (1): 45-56, 2010.

92 : Lymbery and Oakeshott, op.cit.

62 : http://www.soilassociation.org/LinkClick.aspx?fileticket=7L8E4PgIa4E%3D&tabid=1326Fishmeal

93 : Wing S, Wolf S. Intensive livestock operations, health, and quality of life
among eastern North Carolina residents. Environ Health Perspect, 2000,
108:233–8.

63 : Jennifer Jacquet et al, « Conserving wild fish in a sea of market-based
efforts », Oryx 44 (1): 45-56, 2010.
64 : http://www.bloomberg.com/news/articles/2014-11-18/peru-fish-mealreaches-highest-in-decade-as-anchovy-stocks-drop

94 : Michael Greger, « Industrial Animal Agriculture’s Role in the Emergence and
Spread of Disease », in : The Meat Crisis: Developing More Sustainable Production and Consumption, Joyce D’Silva et John Webster (et col.), Earth Scan, 2010.

65 : Philip Lymbery et Isabel Oakeshott, Farmageddon: The True Cost of
Cheap Meat, Bloomsbury Publishing, 2014.

95 : http://www.unep.org/climatechange/News/PressRelease/tabid/416/language/en-US/Default.aspx?DocumentId=628&ArticleId=6595.

66 : http://www.philiplymbery.com/2014/12/welcome-to-chimbote-fish-

© Crédits photographiques : Couv : John Beswick/Getty Images - iStock.com/wpohldesign - iStock.com/Robert_Ford - iStock.com/zysman - iStock.
com/SergioZacchi - iStock.com/i-Stockr - DjiggiBodgi.com/Fotolia - iStock.com/Dariusz Paciorek - D.R. - iStock.com/alffoto - iStock.com/GoranStimac
- iStock.com/GomezDavid - iStock.com/matteodestefano - iStock.com/rosalind morgan - iStock.com/phodo - Polat/Shutterstock.com - iStock.com/
zia_shusha - Jess WB.
Mise en page, graphisme : calandre.

- 43 -

NON subventionnée : liberté de parole garantie !
Siège social : bp 41 - 67065 Strasbourg
Département administratif et missions : 38 rue Saint-Cornély - 56340 Carnac
02 97 52 57 00 - info@one-voice.fr - www.one-voice.fr


Documents similaires


Fichier PDF final communique
Fichier PDF 17programme foire fr screen pour internet
Fichier PDF la production animale le chainon manquant
Fichier PDF changements climatiques rapports aux maladies humaines
Fichier PDF synthese fun developpement durable v10 140410
Fichier PDF synthese fun developpement durable v11 140410


Sur le même sujet..