BERULLE Traité des énergumènes .pdf



Nom original: BERULLE Traité des énergumènes.pdf
Titre: Traité des énergumènes, par l'illustrissime... cardinal de Bérulle... avec trois discours de controverses... et un brief discours de la Salutation angélique et de l'invocation des saincts, reveus par lui-même...
Auteur: Bérulle, Pierre de (1575-1629)

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ENERGVMENES,
Par rilluftiiffimc & ReuerendissîmeCardinal
DE BERVLLE, Instituteur&premierSupérieur General de la Congrégation de
l'Oratoire de IESVS.
IAHCC

I.

II.

III. Discours

de Contreuerfes.

De la Mission des Pasteurs en l'Eglise,
sur l'Article 31. de la Confession de Foy,
imprimée Geneue.

à

Du Sacrifice de la Messe, celebréen FEglise Chrestienne.
III. De la prcfence du CorpsdeIESVSCi-ip- SRen la saincteEucharistie,
Etunbrief Discours de la Salutation »ingelique>
& de l'inu&catitn de,Sain&s.
Reucus par luy-mesmepeutuant foiidecez,&
1

i

augmentez de beaucoup.

A PARIS,
Chez 1 OSEPHCOTTEREAV, ruë S.IaC:e
ques, à la Prudence.
M. DC.
•AVECPRIVILEGE DV ltOT.

l-

XXX

AV LECTEVR.
MY LECTEVR;
le te presente deux
Ouvrages en ce petit
Volume, tous deux

dignes de l'Eternité.L'Autheur
plus
compofalepremier,
ya
en
de trente ans & l'autre il y en a
des
deux
Tous
vingt-&-vn:
en
occasions qui requeroient cela
deson zeleaubien de l'Eglise,&
il
de
qui
à la solicitation
DIEV,deuoir
ceux aobéir.
croioit,selon
Mais comme n'auoit pas moins
d'humilité que de zele,aussi-tost
qu'il en eut distribué quelques

;

il

il

Exemplaires,pour satis-faireaux
besoins plus pressans, & qu'il
eut
suffisamment arresté l'insolence
des Libertins ôc des Heretiques,
il retira tous les autres
par vn
grand desir de demeurer plus caché: & supprima volontairement

qu'il
n'auoit
fait
imprimerque
cc
seruice
rendre
à
l'Eglise.
pour
ce
Et les choses fontdemeurées en
cetestat durantfort long
temps,
bstant
nono
que ces deux excellentes pieces fussent recherchées
des meilleurs Esprits. Maisen fin
sur les dernieres années de savie,
estantinstamment prié par les
siens, de ne
dénier
pas
au Public
lalibre & entiere joüyssance de
ces rares Pensées & Raisonspuissantes,
que Dieu luy auoit donées
pour la deffence de la Vérité il

;

condescendit à leurs instantes
faire
de
à
prieres,& jugea propos
nouuelle
entrée
nouuelle
&
vne
addresse aux Discours de Controuerfes contre le sieur du Moulin. Tu trouueras,commetout
le reste, correspondante à la forde
l'eminance
de
son
Esprit,
à
ce
sa Lumiere, & l'ardeur de son
Zele àc en concevras, ie m'en asseure, vn nouueau desir de voir
la mesme
de
les
Ouurages
tous
main.

la

;

à

TABLE

DESCHAPIT RES
CONTENVSAVTRAITTE
des Energumenes.

CHAP 1T R E I. Que lanature humaine a communication auec la
dngelique.
nature
7
L
CH. II. Que Satkan communique atJeC l'homme depuistejiat
du pechc:st)influes ou arriue
celse communication.
C H. 111. Que ceste forte de communication en laquelle Sathan
sincorpore dedasl'homme, rfl
plusfréquente depuis le Afyflert
de Incarnation.

ï
CH.

IV. Quelle apporte^pncombat fame,&vn tourment
an

a

corps; i

CH. V. DueDieu a préparér 'Vn
remede ordinaire à vn mal si
grand & si fréquent.
C H. VI. Quelle eflla qualitéprecifede cesse vexation du maling
Efyrir,
Ch.VII. Quelles font les causes
dtfyofïtiues st) quelles les apy
plicatives du m&hn^Effirit au
poITèdc.1

-

Ci-i V111eqledeflêlndeSa

thdentiers celuyqudpossede.
Ch.IX.Quel efl son dessein enl'EgUfe
laquelle
le
deveut
tiers

pojeder,

TRAICTE
DES

ENERGVMENES,

QVE
LA
NATVRE
CtY. E LA NAT V Rf
humaine a communication
la
Angelique.
Nature
aucc

CHAPITRE PREMIER
I.

L'hornme eji un Mregé de

creée.
Nature
la
toute
II. L8 hamme en cette qUlIllité,
participe au bien&etumal deton*
les
particulier
mais
creatures >
tes
rement des zAnges,

III. L'alliance de l'hommeauec

la prin-

la Waturc cAngelique,efi

cipale&al'éternitépour durée.
L'homme mesme en ce monde

:

entre en conuerfation auec l'Ange

Vente

cogneuè

par

les

Payens,

combien quelesLibertins de cefiecle s'enmocquent.
IV. L' zAlliancc de tefpritffu*
m,tin st) Angélique
la plus
estroite g-)laplusaccomplie.
Et en laquelle yfelon règle des

,est
la

jôcietez,thomme entreenpartage
de biençfrdemal.
V. L'hommeaumoment desi
création n'a pas eïieelcue>comme
les autres
creatures,au dernier degre de son eflre ainsfeulement
doüé de puijjances dont il tire
,

:

LUY-mesme OHfaperfection

mine.

tJufà

VI Cest pourcjHoy eslans affocié
ades Anges animez^ylesïnsàfort

si

bien,les autres

druine; il en tirt

vn
sîngulier
auantage,
ou tout
ou
le contraire.

I E v voulant après
les
toutes autres crea
l'homme,
tures creer
considerant
les
&
que
quaordres
qui comprennent
tre
l'estenduë de la nature,estoient
entièrement remplis ; l'Ange
intelligent;
les
l'estre
aniayant
sensitif; les plantes, le
maux,
vegetatif; les elemens l'estre
,
appelle
simplement
exil'on
que
stant; 'En forte qu'il ne restoit
plus rien de difiintt & fcparé qui
peust estreassigné particuliereIl
ordonna
à
l'homme.
ment

,

le

à
de
estoit
qui
propre
que ce
chacun des quatre luy feroit
,
faicommunique
& qu'en ce
sant il auroit exiftance comme
les elemens,vie comme les plansentiment
les
anites,
comme
intelligence
&
Inaux,
comme

;

les Anges.

1

Et tout ainsi que le sculpteur Mûdo, c 7.
Phidias enchassantson portraict
dans laftatuë deMinerue,enfeit
comme vn poinctprincipal auquel se rapportoient toutes les
parties de la figure par des iointures interieures: Ainsi le Créateur situant l'homme,qui cft son
image,au milieu du monde,c'est
à dire, entre le Ciel & l'Enfer,
quant à la residence entre le
temps & l'eternité,quant à la du,,
rçc;teluy 6c le diable, quant
Arifitt.de

;

;

à la liberté & entre les Anges &
les animaux, quant à la nature:
Il en feit comme vn point & vn
les
auquel
parties
toutes
centre

du monde serapportent par les
diuers degrez de la nature,
liaisons
des
intercomme par
nes.Au moyen dequoy il se
choses
à
allié
toutes
trouue
choses
à luy, les ma& toutes
terielles par le moyen du corps,
les spirituelles par le moyen de
l'ame.

II.

CETTE ALLIANCE estde

grande estendue:carestantcontractée d'vne part aueclaNatude
l'autre
auec
Angelique,
&
re
la nature corporelle, l'homme
se trouue comuniquer aux biens
;
&auxmiseres quiaccopagnent
l'vne & l'autre nature. Dotnous
[

recreé,
il
est
tantost
voyons, que
& tantost trauaillé de la renconchoses
corporelles,
des
tantre
tost il est consolé par les visites
des bons Anges, & tantostaffligé des combats & assauts que
les mauuais luy presentent. Bref
il participeau bien& au mal de
sa
hacune
nature,
d
autant
c
que
condition n'est pas limitee dans
l'enclos de ce monde sensible
celle
des
animaux, ny
comme
feulement mesuree par l'estenduë du mode intelligible comcelle
des Anges: Mais elle
me
seend & à l'vn & à l'autre, ayât
des facultez intérieures propres
àreceuoir le bien & le mal,qui
estau monde intelligible (pour
parler auec Platon comme il
a
des sens pour gousterlamisere

)

& la felicité qui est en ce monde
sensible.
III. ORDECESDEVXALLIANCES,celle de l'home
la
auec natureAngeliqueest
principale:car
ellene dure pas moins quel'eternité,puis que l'homme apres le
ceste
de
vie mortelle en atcours
tend vneautrc d'eternelleduree,
laquelle
il
n'aura compagnie
en
bons
des
des
esmalings
que
ou
prits;& au lieu d'vn peudeiouïssâce qu'il aura eu des choses
matérielles durant cestevie perissable, il fera éternellement coioint
spirituelles,
cfquclles à la véaux
rité est proprement son partage.
Car les choses matérielles ne le
possedent pas totalement,mesme en ce monde,d'autant que la
conuerfation de l'Ange l'occupe

la

quelquefois; lequel ayant à viure
éternellement auec l'homme, ce
n'est pasmerueille si descesiecle
il s'adioint à luy.Lessages du mode n' estans esclairez que de sa ludouté:
point
n'en
ont
&
mière
l'antiquite Payennefait fouuent
des
métion
GENIES
(qui
estoiet
*4polog. t
31. VêlltfS des demons selon Tertullian) de
gemoi d.
monerduj: la frequente communicatiodes&indt',dsquels
auec les homes parle Epi""nllltII/-"
d.tctete Stoïcié, Plotin Platonicien
montA.
& Empedocle different de l'vne
& l'autre [cac: Tous neatmoins
conuenans en ceste doctrine
qu'il
desINTELLIGENCES
esleuees par dessusnostrenature;
lesquelles ne desdaignent point
ce qui leur est inferieur, se messet

,

OVDCC,

ya

auec les hommes,entret en propos auec eux, gouuernent&

conduisent leurs intentions, &
serendet fauorablesou contraidesseings
commePlaà
leurs
res
Tertnll.
Apulee
Plutarque
Afolog.c.
&
rapton
I
Xsitu t
familier
deSol'esprit
de
dtmonas
portent
Phtlefod'eux,
du
mauvais
l'vn
&
crates;
fht,SO(TA•
Ange de Brutus, &du dæmon te tpfo d.f.-

:

,

deCæsarAuguste,maistrisant

monijar-

cc- ittrtum
expoclÂte.
luy d'Antonius. Ce qui arguë
d'autant plus la dureté de ceux
qui estant nez envnsiecle plus
instruict en.la cognoissance des
choses divines, ne peuuét se persuader que la communication
de nostre nature s' estende plus
loing que laportee des sens;ny
esprits
divins
ayent aucu
que ces
le
nostre,
ny
aucurapport avec
parviene
jusques
puiscace
qui
ne
à nous come si en ordre des esprits,iln'y avoit point de lien cn-

:

l'

;

le
qui
tiennent
premier
tre ceux
qu'au
& le dernier rang
veu
monde matériel il y aune telle
liaison entre le corps le plus haut
&le plus bas de tous les elemens,
le
à
la
Ciel
est
ioint
que
terre d'vcontiguité
indissoluble,&
luy
ne
son
jusques
influence
cnuoye
dans ses entrailles: ou comme si
ce n'estoit point assez àleur incrédulité de mespriser la raison,
qui amesmesappris aux Payens
mutuel
entretien entre les hÓce
mes & les dæmons sans desdail'experience
que
gner
nous en
auons esMagiciens conduits des
malings esprits,&ésSaincts visitez des Anges.
IV. l'adiouste que l'alliance
del'esprit humain &Angélique
estlaplus cfiroicCardc deux

;

parties qui composent nostre
TOUT,l'une estat terrestre,l'autre
divine,celle-cy estla pluscapable
d'vne parfaiteassociatiô,comme
estant la plus noble. De fait l'homerecerche leschoses materiel
les,& n'est pointrecerché d'elles.
Mais entre les esprits le lien elt
reciproque,tellement que l'An-

l'homme
s'unit
à
l'homme,&
ge

àluy par le moyen despuissances

interieures de l'esprit qui l'anime.
Et encores qu'il y aye disproportion en leur nature, si cft-ce qu'il
n'y a point d'inegalité en leur alliance comme estant contra,
sujets
yssus
d'un
deux
6tec entre
mesme pere de famille, qui les a
mis en mesme rang dans l'ordre de sa prouidence, qui leur a
preparé mesme prix,mesme pei-

ne,mesme dci-ncure,mcfn-ic Ciel
& mesme Enfer. Et si est ceste
alliance
plus accomplie, d'au-

la
que
la
condition
del'Ange
tant

ilaenfoy,

est la plusélevée. Car

&avecavantage tout ce qui est
de parfaitauxchosesmaterielles:
comme es choses establies selon
ordre,
les
plus
hautes
certain
vn
comprennent en puissance la
perfection de celles qui leur font
inferieures. Il aussiunpouvoir
plus estendu & des affections
,
(qui sont les liens de cesteassociation ) plus vives plus for,
tes & plus efficaces: comme
dependant
point du hazard
ne
auquel il n'est subject, ny d'aucune creature qui luy est entierement inferieure. Mesme il
luy est escheu un sort bien plus

a

,

,

signalé que celuy des autres creasçavoir
l'eternité
à
de
la
tures
gloire ou de la peine qui l'accopaigne, dont le partage est fait à
l'homme qui s'est associé auec
luy, comme nous voyons que
societez
humaines,
les
les
parmy
sont
profits
égaleles
&
pertes
ment departis.
V. CES QUALITEZ d'alliance
bien côsiderables,mostrentassez
combien celle-cy importe à qui
considerera l'estat de la nature
humaine, qui est d'une conditio
differére de celle des autres creafont
accomplies
elles
Car
tures.
desl'heure
mesme
sont
qu'elles
faites le Cieln'estantpas maintenant plus parfait,ny la lumiere
plus vive,ny lefeu plus actif,ny
la terre plus ferme qu'au pre,

:

mierinstant de leur creation. Au
lieu quel'homme;
l'homsur
la
production
duquel
la
me
Trinité a voulu deliberer, le fai-

jedy

sant come vn abbregé deses œuures, & vncimage de l'ouvrier
n'a pas esté eslevé comme les autres creatures au dernier degré
de son estre.ainsseulementdoüé
de puissances ôc inclinations singulieres, desquelles
successio
par
detemps,il tireluy mesme perfection de son bien estre,
sa
ou
ruine totale: comme
ressembloit proprement à vn tableau
duquel les premiers traits font
divinement tirez dela main d'vil
excellent ouvrier qui laisse le
,
pouuoir de le parfaire ou defaire, selon la conditio des seconds
traits qui y sont adiouftez. Et de

;

la

s'il

celte difference une marque paroist au narré de la Creation,
quand il dit, Que Dieuapprouuoit chacune de ses œuvres des
l'heure mesme qu'il l'avoit faite,
& qu'à l'issuë de chacune il
voyoit & jugeoit qu'elle estoit
bonne. Ce qui est notamment
omis enla creationdel'homme,
afin que nous iugions qu'il ne l'a
point approuvé, comme estant
un ouvra g e quin'avoitpas ensa
derniere
main.
core
VI. Orjelaisse penser

à

si

l'homme quin'est pas en sa perfection, estantassociéavec des
Anges si animez les uns à son
bien,les autres à sa ruine, n'en
receura pas enl'establissemëtde
sa condition singulier advanvn bons,
tage de la part des
& tgue

le contraire de la part des autres,
Artjf.l. de
vérité
file
Philosophe
Payé
la
A
Refubl.
les
l'homme
conférant
aauec
(ecart yif
1 CtKTthtu-- nimaux estoit bien fondé à dire,
xj
est
le
plus
animal
diuin
-n y
7WV
ce
Çaav rivde tous quand ilsuit la raiutile
,
6a
quand
plus
pernitieux
le
son,
&
'6çjy CIvtv
qu'il
'!J )elqy il
esloigne
a un
parce
s'en
v

r;

Ç

E

5-M

f>&)CTTf

:

voy.xK)
Axns-

)i.

-

etçov
,M)Y.

:
111

esprit dont l'industrieestlaplus
signalee en la qualité, &la plus
estenduë en la diversité des
de
profiter
nuire,
de
ou
moyens
moins
pouuoir
duquel
au
&
esgalle la force dont la naturearLe
Philosophe
les
animaux.
me

r"

le

Chrestien conférat l'Angeauec
meilles
autres
creatures,
toutes
leur droit de dire,QVE la compagnie de ce divinespritest la plus
utile, agreable 6c accomplie
quand il est ioint à son principe,

a

qui

qui est la diuimtC)ôe la plus dommageable quand il en est separé.
Car ainsi que l'homme tient
soubs le Ciel le plus haut lieu
deschofes animées; l'ange possede vn estre plus esseue que
comprend en vertu
l'homme
perfection
de
la
puissance
& en
le
choses
creées,
tient
&
toutes
premier rang après la diuinité.
Dont il est à preferer à toutes absolument, ainsique l'homme
plus
il
les
animaux,
&
peut
tous
pour
&
cõtre
homquetoutes,
vnenatura
si
actiue,
lne; ayant
vnintellect tantesseué, vne vo-

,

à

l

si viue & si confianteenses

lonté

elparties
rares en
mouuemens;
le mesmes puissantes en leurs
;

opérations,&applicables in-

à

différemment

à

bien & mal

donc quelesAnges
conuerfentauec les hommes,
dvnmefme
parties
corne
lVonde,comme officiers d'vn mesme
maistre,côme personnes doüées
DISONS

presque de mesmeesprit, &
comme creatures destinées à vn
mesme fort. Et que de la [ociet
dedeux si grandssujets, l'Ange
& l'homme, ilnes'en peutrien
attendre foit en heur soiteninfeliçité, qui ne soit extréme.

QVE SATHAN COMmunique auec l'homme depuis l'estat du peché, & ius-

ou
arriue
ques

cellecommu-

nication.

CHAPITRE II.
I. Lebannissement du Cielque
le malin esprit portey/on affiuité

à

naturelle,fin impuissance

s'occu-

per en Dieu, & J. conuerferauec les
onscAngts,
afeconencores
tenter enfoy-mesme : & bailleurs

El!



lafoiblesse de t homme, liberté au
bien &
l'image
mltl,
de
Dieu
au
dont Illuy reflequelques trAias) st)

la capacité de lagloire, font les eaumduijentàentrerencorn?
Je qui
municationauec luy.

s

IL Et en outre, la viEloirequ'il
gaignèe
sur
l'homme
dont
il
porte
a
la qualité de Prince du monde, luy
dorme puijjancc sur la nature humfonc.

[II.HPar cesse puissance ilenvahit le corps de l'homme, & fe/aifir

:

ses
facultez&
operations
&
de
celle tnuafionejlce quenous appel-

IonsPojpflion.
IV. Le malin esprit tiJàye J.si
la
possession
des
das
Enertontenter
>e, comme
gumenes; comme
Aduerfairugijjant
rupiflânt
tierfaiA
Lyon
1,1
,von
ce?,,me
coi,,iriC!
>

i

3,

Deftrufteur.
re, comme
V. Qyand nous ne connoiftrions

lesquelles
Dieu
les
causes
point
pour
furieux
D
iable
).n
permet au

si

s

at-

tentatylapetitesse de nos esprit dela
grandeur
de
fis
ployerfoubs
uroit
iugemens. Mais neantmoins qui-

l'examinera
plus
prtÍc/tlconque

lierement,letrouuerra conforme a
Tonte*
sa
sa lu/lice,àlà
Grandeur)
d eur d
îa Gran
,sa,
a
,

En la poffcfsion des Energumenes Dieu a préparé irne troisiesme
Efcbolc pour lesdthees &les Libertins mesme pour les Catechules
Fidèles,Us Sainéls.
menesy

:

OMM E la communication de la Nature humaine auec la Nature
Angelique est deriuée de la
communauté de l'estrequenousremarquons en ces deux natures:
Ainsi l'associacion de l'homme
chassé du Paradis, auec l'Ange
banny du Ciel,est fondée la
en
condition de leur commun accident.

CAR cest esprit Angélique

,

estant d'vne capacitésinguliere
continuellement actiue, & ne
plus
Dieu
s'occuper
en
pouuant
lequel il a abandonné, ny conuerferauecles Anges bien-heus'est
separé, ny se
desquels
il
reux
reposer & contenter en foy mesdifformité,
cause
à
sa
de
ny
me
mesme se regarder & contempler ainsideffait & deffiguré
plus
il
il
est,
n'a
autre recomme
gard que surnos deportemens;
& son repos estd'estrevagabõd
la
par terre, sans autre occupation que d'agir & cõuerserauec
l'homme lequel est seul entre
)
toutes les creatures capable de
son association à cause de son
estreimmatériel,&c ensemble de
son dessein malicieux à raison de

sa foiblesse & de sa liberté.Mesla
haine
me
que Satan contre

a

Dieu (vniquepassionquilepeut
se
la
diuinité
reste)
occuper vers
chit contre l'homme. Et comme
la Pathere (selonS Basile conuertit sa fureur contre portrait
de celuy auquel elle ne peut
mesfaire;Ainsi
diable quihayt
Dieu & ne peut l'attaquer en
son essence) se conuertit à son
image,& choisit l'homme pour
le but de sa haine, d'autant plus
asprement que l'enuie le sollicite d'abbattre celuy qu'il voit esleué au mesme degré de gloire
il
possedoit
de
que nagueres
qu'ilamiserablement perdu.
C EST esprit donc extrêmeactif,assister
d'vne
malice
ment
e-

,

)
le

le

,

gale à son actiuité,pousséde

deuxfortes passions,haine &en.

uie, contre l'homme seul obiect
son
son
occupation,
de
de
&
&
dessein,ille tourmente en toutes
les manieres que l'immanite
d'vnrare esprit peut inuenter,&
la
humaine
nature
peut
que
souffrir. Voilaenquoy&: pourSatan
communique auec
quoy
lequel
ayant vn naturel
nous
enclin à la communication, de
depuis sa cheute n'estãt plus porté qu'au mal comme il n'a plus
lequel
puisse
il
aucun auec
ou
vueille conuerser sinon l' homaussi
n'ail plus rien qu'il luy
me :

;

:

puisse départirencestecommu-

nication que du mal, soit en ce
monde, soiten l'autre, foit à l'ame,soit au corps. Reste tant seulement à considerer iusques où

la malignité de celle intention
luy,
s'estendre
cõtre
en tant
peut
inférieur
ell:
par
la
qu'illuy
con
dition
de sa nature, & entant
qu'ilest son efclaue par la prcua-

rication commune.
Auparauant, l'estat de l'homesseué
d'vne
estoit
iustime
ceoriginelle qui lerendoitégal
superieur
Sathan,
Anges,
aux
Seigneur de ce monde sensible,
nereleuant que de la diuineMaj esté. Mais depuis qu'il fust porté par terre en ce duel mémorable que le Serpent luy liura dans
le Paradis terrestrecômeenvn
clos;
Satan
qui auparacamp
droit
nauoit
aucun
uant
en ce
monde, ny aucun pouuoir sur
l'homme; comme victorieux
l'a despouillédeson domaine,&

à

,

il

II.

la puissance & l'em-

s'est attribué

pire du monde,qui estoit efcheu
à l'homme dés sa naissance,dont
il en porte le tiltre de Prince deceste vfurpation.Et sans cef
puis
Ën fdint
leAn 14.le seille poursuit par tentation,ne
JI,,le efi
appelle le laissant son ame paifiblc tandis
prtnce du quelle est dans les limites de
mtnde.
l'Empire qu'il a conquis & vfurpé surnous

Mclme
il enuahit quelquesIII.
fois son propre corps, en forle
peché
te que comme auant
il s'incorpora dedans le serpent,
maintenât s'incorpore dedans
l'homme. Et bien que l'ame refide toujours en ce corps comson
domicile
si
est-ce
me en
;
qu'il en préd possessio, & ostant
le pouuoir & l'usage qu'elle
y a,
il substituë en son lieu la force ôc

il

1

à

son actiuité.Effect lavérités
effort bien estrange;mais vient
d'vn rare esprit & d'vne rage
nomparcille, & n'est pas du tout
hors de la condition de nostre
l'estre
Car
nature.
encores que
de l'homme foit comme vn
fonds appartenant en propriété
à Dieu seul, duquel il porte la
si
éternellement
est-il
marque
accompaigne deplusieurs facull'vsage
dont
operations,
&
tez
est come vn vsufruict qui nous
est concedé par le droit denature,lequel Satan trouble quelque
fois par tentation & quelque
fois vfurpe parvueinuasion furieuse que nous appellons Pos-

il

;

,

session.
OR

la condition humaine

despourueuë de la iusticeorigi-

IV.

nellc, est telle qu'il faut quece
esclaue
endure
l'vsurpapauure
tion d'vn si puissant ennemy
Lequel ayat perdu le Ciel, battu
& pourfuiuy des bõs Anges, fait
sa retraitte dans l'homme
comdans
me
vn petit monde. Et ainsi qu'vn Prince chassé de son
estat, il pése releuer aucunement
saconditiõ en fc logeant dedans
le corpshumain,puisquel'Enfer
ou estreleguéluyestvnlieuinsupportable,puisqueleCiel d'où
il est banny luy estvne place imprenable. Mesme comesvPERBE il prerendsatisfaire àson orgueil en prenant possession dyne creature quiappartiét a Dieu
&nonàluy. Comme LION RVr.Petr.1.
GISSANT, il sepromet d' assouuir
sarage en dechirant l'homme,

:

il

& défigurant l'image de la diuinité. CommeADVERSAIRE
I.
Tetr.
t.
d'accomplir
son sous'asseure
hait de nuire à lame, en saisissant ses organesexterieurs, en
facultez
ses
interieuoccupant
la
ses
actions,
de
priuant
en
res,
& en l'assiegeat & tourmentant
desiprés. Eten sommecomme
espritqui
le
la quanom
vn

il

a

&

il

litéde DESTRVCTEVR seplaist
ENguh./ a
à peruertir l'ordre de la nature, C.\dtt<J»€
le
terme
encequecotresesloix setrou- de Demsn
(,¡¡t dune
sont
esprits
deux
joints HebreH
ue que
vn
mesme
S
daim
corps;l'ame
qui
en
en
fyttfic
est la forme ordinaire est vio- defiruBeur.
lemment depossedée de sesorl'Ange
qui n'a aucun
&
ganes;
choses
matérielles
rapport aux
est mis en possession dessenshumains. Ce quinest pasvnpetit

il

aiguillon malin esprit, qui est
au
infiniment desireux de dereigler
l'ordre delanature, depuis qu'il
s'est retiré de ce bel ordre dela
singuauoit
esté
auquel
il
grace esleué.
lierement
Car estant destitué du pouuoir surnaturel,
d'vn
appanage
vniquecomme
affecté
aux
enfas
de
Dieu,
ment
du nombre desquels il n'estplus,
il nepeut pas se contenir en l'ordredelanature à raison du peche, qui l'ayant esloigné de son
perpétuellement
le
rend
centre,
inquiet & mouuant. Et ne fleschifsat qu'à regret soubs ses loix,
il agitquelquefois outre, quelestant
fois
come
ces
que
contre,
ordonnances establies par son
capital ennemy, esquelles il est
bien aise de cotreuenir. Et com-

me si ce singe de la diuinité affectoit de l'ensuiure en l'establissemet qu'elle a fait de deux ordres
limitez
l'vn au pouuoir de la
creature, l'autre au vouloir du
forme sur le modelle
Createur
de ses appetits desordonez,comme vn tiers ordre d'accidens desreglez en l'estat de ce monde. A
référé
ie
mouuemét
qui
quoy
ce
l' encline à s'introduire dans les
Luc. S.
animaux,comme dans lespoursainct
dans les
Luc
ceaux en

,

;il

,

chameaux en fairiaHierofrne;
qui paroist bienestre vn dereHier,in
glement en la nature, mais non çgtd HIlar.
effect
d'aucun
pas vn
autre motifspecifique : si ce n'est
que
HilaHieren i»
quelqu'vn le refere auec
ïttaJJSrion à la haine de Satan contre Ur.
l'homme,laquelle reflexion sist

a

-

les animaux comme survnedes

choses qui luyappartiennent.
cest
IL EST BIEN VRAY que
V.
ordre lequel Satan essaye de peruertir,est en la main de Dieu qui

;
le

Que l'homme
enest l'aucheur
sur lequel malin esprit attente
vfurpation
est en sa
telle
une
,

;

garde ainsi que le pupile en celle
desontuteur Et quecemefme
ose
dissiper
les
œuqui
enncmy
le ressort
dans
est
de
Dieu,
ures
de ce Iuge ôc Seigneur souuesa
fureur.
Ce
le
punit
rain, qui
en
neantmoins il trouu e bon de luy
furieux
attentat
permettre ce
qu'ildesseigne au detriment de
son pupille,
desreiglement
ôc au
de l'estat mis en la nature. En
esprit
nostre
petitesse
de
la
quoy
doitploiersoubs la grandeur de
-'

ses

: il

seslugemens Car n'appartient
qu'à Dieu mesme de fonder la
profondeur de ses conseils sur
les enfans des hommes. Il faut
admirions
les effets
que nous en
& reuerions les causes Toutesfois qui voudra examiner cest
effect plus particulièrement, le
conforme
à
sa
Justice
trouuera

!

Quœ armauit omnem creaturam in
vltioneminimicorum, par consequens celle-cy qui
la
est
félon
pre-

&

:

S,,!Ù,,',$

de
lob
qui
toutes
miere
appelle Satan soubs le nom de c 40.aipjt
l'expts
Behemot,principiumviaru Z)f/. lràoent S.
tre
Conforme à sa Grandeur qui a &Grego
S.Hier.
vouluqu'uneffectvisible desa

justiceparoisse des maintenant
ainsi
monde,
au
comme

il

ya

des effetsvisibles de ses autres
perfectios. Conforme
Bon-

àsa

té qui a daigné préparer vne
,
troisisme escole, specialement
lesquelles
rebelles,
les
pour ames

profité
l'escole
de
n'ayant pas
en
la natureny en celle de lefus
Christ, & n'y ayant point apris
à croire en Dieu ( comme les
Athées
ni à craindre ses iugemens( comme lesLibertins)ont
de
esl'aprendre
ceste
moyen
en
cole duDiable,auat qu'esprousa
fous
gehenne
la presence
uer
d'vn Dieu & la rigueur de ses iuEscolle
véritablement
gemens.
la
de
foy,
de
la
non
nature ny
de
l'experience
laquelle
mais
en
sommes
cofirmez
nous
en tout
la
nature
enseigne,
& en
ce que
tout ce que la foy represente.
l'Athée,
qui
fait
icy
Car
Hde est
monter
fûm*delile
comble
ses
de
iusques
pechez
a,ml/e

)

à ne point recognoistre celuy le- A.!"fit'.
fuî
tgaoquel il ne peut ignorer, est con- rare non
ltJteft.
sens,
ses
tesmoings
uaincu par
Cjpr. tm
seuls restans hors dereproche Jdol,
sonincrédulité Qu'ilyaune essence diuine Et l'homme qui
n'ayant point foin de Dieu, ne
croit pas que Dieu aye soinde
l'homme, Voiticy VNE particuliere prouidence à garantirvne
fureur
de
la
d'vn
creature
pauure
sur
lequel
d'hurien
ennemy ,
main, rien de naturel n'apouuoir. Icy le Catecumene est
disposé à receuoir le ioug de la
soyen Iesus-Christ, EN voyatles
diables tellement domptez en
sonnom. Ses sens font facilitez
àne trouuer pas si estrange l'vnion du verbe auec l'humanité,
quand il voit, s'il faut dire ainsi,

;!

à

presensa
incarne
vn DEMON
en
à
fidele
est
induit
le
Et
ce
ne
point desdaigner LA VOIX de
l'Eglise, puis que Satan mesme
île la peut mespriser.IcyleLibertin voit un BeLA de ce
tonnerre qui le brifera quelque
jour; qui des longtemps a foudroyé cet Ange pour vn seul
acte desreiglé & qui en sa presence frappe si rudement vn
homme & vn pecheur comme
luy !Et le Curieux qui affecte à
conuerser auec les demons
en
terre, assiste à vn spectacle qui
luy defcouure au
fera
vray QVEL
le dernier & eternel
comportement de Satan auec l'homme.
Ce que lemaling esprit cache &
desguise
en toutes ses autres athons horsmis en celle-cy
en
,

!

T

;

laquelle l'horreurde larencôtre
de Satan auec l'homme en Enfer est portraict plus qu'au vif,

non en

l'mesmes

ombrage,mais en la rea-

personnesqui y
concurrét, l'homme & le diable,
& des mesmes tourmens qui y

lité des

font endurez. Portrait si accompli que rien n'y manque, non pas
mesme la parole Car l'Ange y
tesmoigne par la voix du possedé
comme parun organe emprunté,
l'excez de son tourment & laridu
iugement de Dieu sur
gueur
le peché. MESME celuy que
l'esprit de Dieu possede profite
spectacle.
Car il voit un
en ce
modellesur lequel il apprend
A
selaisserplus entièrement & absolument posseder àsonDieu,à
qu'il
viue
& opere plus en luy
ce

;

;

luy-mesme
que

Ainsi que l'ame
de l'Energumene ne vit & n'opeson
re pas tant en
corps que Saqui
le
possede.
tan
ENSEIGNEMENS tres-haults,

vtiles à tous, necessaires à plusieurs quant à leur substance; &
singuliers quant à la maniere
laquelle
font
ils
proposez.
auec
Car ils sont imprimez dans les
sens esquels estlesiege del'infi-

delité qui molesteperpétuelle-

ment l'ame, ôc quelques-fois
l'emporte durant l'obscurité de
la foy laquelle est renduë
au,
cunement visible&sensible par
cest accident.

QVE CETTESORTE
de Communication, en laquel.
le Sathan s'incorpore dedans
l'homme, est fréquenté mefle
de
l'indepuis
Mystere
me
carnation.

;

CHAPITRE III.
Les Prophetejjes du Paganisde
poffidees
eltoient
de
autant
me
1*efprit
1"
malin.
in.
e it
II. Les reuelations de ces Propheteffis,sifayoientpar allocutio du
Démon, non zA elles, ains En el.
les
auoient tous les accessoires
d' rune vrayepoffifSion, lesapproches,
Refîflance,les cAlterations.
III. Depuis le Afyftere de fin'"
carnation Je Diablen'apasce de
1.

:$

la

e

prendrepoffefion des corps humains
(quoy qne non plussouz le
nom &

tpparence d'vne Dèité comme
auparauant) Dieu le permettant
a
tejlabli/Jement
seruir
du
pour
(hriflianijme.

-

1

V. Depuismcfmecjuel'empi-

de
CI)rift
eslé
Iesus
fermement
re
a
ejlably en la Terre,Di'eu permis
a
cespossessions ; comme autant vtiles
ày conferuer la Foy qu'à la planter.
V. Celaeftprouuéparïneraïson
excellente & forte,quiefl9 QueU
Prouidence Diume
ayant comme
deux canaux) Operation du bien
& la Permijion du malytousiours
égaux entre eux-mesmes:comme depuis le LUyftere de Incarnation,
son Operation enla Terre est beau-

l"

ï

i
sa Permis
fionuflienfira plusfnguliereg)
coupplus remarquable

plus extraordinaire.
V1. LeViable depuis le myflere
de l'Incarnation 'veutessendre les limites desa domination en ce monde,
félon quellesfe racourciffent l'auen
tre: & il accroiflle mal de la Peine,
depuis que le mal de la Coulpe efl diminué.

VII.LAmhitionjat^agecontre11magede Dieu rOrgueilde
Satan,font excittzpar le myjlere

t

Incarnation.
Que la æifère efi grande de
hommepossedé de Sathan,qui liure
cArne, &
--pn Combatfurieux
donne ynTourment extrême son
de

l

Corps.

ftn

a



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