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nom du prince, et, enfin, des dons en argent et en nature
qu’ils venaient chercher dans les villes du Tel(1).
Nous voyons, dans Ibn-Khaldoun, que les Daouaouida, tribu riahide(2) établie dans le Zab et le Hodna, touchaient, vers 1385, à Constantine, «une somme fixe à titre
de don et cela en sus des concessions qu’ils tenaient du
sultan, et qui consistaient en villes et territoires situés les
uns dans le Tel, les autres dans le Zab(3). » Et si, par hasard, il prenait fantaisie au gouverneur de leur refuser leur
don, les Arabes, oubliant les haines particulières qui les
divisaient en temps de paix, venaient en masse s’établir à
l’entrée du Tel et, de là, mettaient à sac la province. « On
pillait, on dévastait les moissons et on revenait les mains
pleines, les montures chargées de butin(4). »
Ce fut ainsi que s’établit cette situation anormale
d’un peuple étranger et usurpateur, imposant son autorité
à la nation aborigène dix fois plus nombreuse; ce fut ainsi
qu’une poignée de brigands arabes, vivant sur les confins
du Désert, établit sa prépondérance dans la grande ville
berbère de Constantine, à plus de soixante lieues au nord
de ses cantonnements. Ces arabes étaient de véritables pirates de terre, tenant le pays par la Terreur et jouant, dans
l’intérieur, le même rôle que les corsaires d’Alger, de Tunis ou de Tétouan sur la Méditerranée. Ce sont les Turcs
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(1) Ibn-khaldoun, Hist. des Berbères, trad. de Slane, T. I, p. 90, 103,
117. 150, etc., et T. III. p. 31, etc.
(2) Les Riah formaient une des tribus hillaliennes qui envahirent
l’Afrique septentrionale en 1049 de notre ère.
(3) T. III, page 114 et suiv.
(4) Ibn-Khaldoun, T. III, p. 115.