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!

26-055-A-10

Principes du renforcement musculaire :
applications chez le sportif en rééducation
L. Hubert, G. Ontanon, J. Slawinski
Les causes du déficit musculaire sont multiples : immobilisation prolongée, lésion myoaponévrotique,
tendinopathie, fracture consolidée ou en cours de consolidation. Le muscle n’est pas toujours la première
cause de l’incapacité et différents protocoles de soins vont être appliqués en fonction de l’origine du déficit.
Pour cerner l’origine de ce déficit, l’évaluation de la force musculaire est incontournable. Elle se fait à
un temps donné et dans certaines conditions psychologiques, affectives (matin-soir, à jeun-digestion,
euphorie-fatigue, chaud-froid, nervosité, stress, blessure, problèmes personnels) et avec différents types
de méthodes d’évaluation. Ce sont autant de paramètres qui, surajoutés au morphotype, vont influer
sur les résultats de l’évaluation. On mesure donc le potentiel musculaire à un temps précis de la vie du
sportif qui permet de définir la stratégie thérapeutique pour l’améliorer. Le renforcement, ciblé et calibré,
va entraîner les modifications anatomophysiologiques recherchées, permettant ainsi une amélioration
de la performance. Il tient compte du type de muscle donc de sa physiologie dans le geste sportif ainsi
que du niveau du sportif antérieurement à sa blessure. Ainsi, les principes du renforcement musculaire
chez le sportif en rééducation doivent à la fois prendre en compte la lésion et le niveau initial du sportif
pour construire un programme adapté de renforcement musculaire pour le sportif blessé. L’ensemble de
ce travail a pour objectif de présenter quelques grandes lésions rencontrées chez les sportifs, les principes
généraux de renforcement musculaire adapté à ces lésions, notamment à partir d’exemples de prise en
charge.
© 2017 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Mots-clés : Muscle ; Évaluation ; Calibration ; Individualisation ; Développement ; Renforcement ; Sport

! Introduction

Plan


Introduction

1



Types de lésions chez le sportif
Entorse bénigne : atteinte indirecte du muscle par sous-utilisation
Fracture : atteinte indirecte par immobilisation
Tendinopathie : atteinte directe
Lésion extrinsèque par choc direct : atteinte directe
Lésion myoaponévrotique : atteinte directe
Ligamentoplastie

2
2
2
2
2
3
3



Principes généraux du renforcement musculaire
Évaluation des qualités musculaires
Développement

4
4
5



Adaptations physiologiques au renforcement

8



Exemples de prise en charge de blessures
10
Premier cas clinique : prise en charge d’un rugbyman professionnel
au quatrième mois postopératoire d’une ligamentoplastie
10
Deuxième cas : lésion musculaire récidivante des ischiojambiers
chez un athlète de haut niveau
10
Exemples de fiches de renforcement musculaire
12



Conclusion

EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation
Volume 0 > n◦ 0 > xxx 2017
http://dx.doi.org/10.1016/S1283-0887(17)56659-1

13

L’objectif, en rééducation, est de rendre au corps un potentiel
similaire (pour une lésion extrinsèque type contusion) ou supérieur (pour une lésion intrinsèque type lésion myoaponévrotique)
à celui existant avant les dégradations provoquées par un traumatisme ou une pathologie (Fig. 1). La cause de la lésion ainsi que le
niveau des qualités musculaires antérieur à la blessure vont guider l’équipe médicale et sportive sur l’objectif à atteindre et les
moyens pour y parvenir. En effet, la différence majeure entre le
développement des qualités musculaires du sportif en période de
préparation physique et en période de rééducation est que, lors
de cette dernière, le sportif présente déjà un niveau de qualité
musculaire qu’il faut évaluer. Par exemple, un choc direct sur un
quadriceps (lésion extrinsèque) ne signifie pas qu’il y avait un déficit de force auparavant. À l’inverse, une lésion myoaponévrotique
des ischiojambiers (lésion intrinsèque) peut provenir d’un défaut
de force en excentrique en course externe par rapport à un ratio
non équilibré avec ses antagonistes. Ainsi, les principes du renforcement musculaire chez le sportif en rééducation doivent à la fois
prendre en compte la lésion et le niveau initial du sportif pour
construire un programme adapté de renforcement musculaire au
sportif blessé.

1

26-055-A-10 ! Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation

est privilégié lors de la phase de cicatrisation ligamentaire, concentrique en course moyenne-interne pour aller vers la course externe
puis excentrique [3–7] . Le renforcement se fait aussi en charge
lors d’exercices de proprioception (stimulation nerveuse) et de
reprogrammation neuromusculaire par des ordres moteurs synthétiques préprogrammés (pattern ou engrammes) [8] . L’endurance
musculaire est un axe privilégié du renforcement car elle est dans
la plupart des cas la cause de la lésion ainsi que le travail pliométrique, notamment pour les muscles stabilisateurs du genou et de
la cheville [9] .

Fracture : atteinte indirecte
par immobilisation

Figure 1. Structure anatomique du muscle. 1. Tendon ; 2. muscle
squelettique ; 3. artères, veines et nerfs ; 4. faisceau de fibres ; 5. fibre
musculaire ; 6. noyau ; 7. sarcoplasme ; 8. sarcolemme ; 9. myofibrille.

Le présent travail a pour objectif d’exposer les principes de renforcement musculaire chez le sportif en rééducation au travers de
trois grandes parties :
• une première partie qui concerne les lésions musculaires les
plus fréquemment retrouvées chez les sportifs, au regard de leur
niveau de gravité et de l’impact qu’elles ont sur le renforcement musculaire. Ainsi, les différentes techniques utilisées en
kinésithérapie sont traitées ;
• une deuxième partie qui aborde la méthodologie du renforcement musculaire en commenc¸ant par présenter les moyens
d’évaluation et d’analyse qui légitiment les contenus du renforcement musculaire : quels éléments sont spécifiques au sport
en question, quel est le niveau des capacités musculaires des
sportifs que l’on rééduque ? À partir de cette analyse, sont abordés les techniques et les procédés spécifiques au renforcement
musculaire ;
• une troisième partie qui s’attache à illustrer les deux parties
précédentes à l’aide de deux exemples de prises en charge de
sportifs en rééducation, de leur blessure au retour à la compétition, ainsi qu’un exemple de fiche de renforcement musculaire.

! Types de lésions chez le sportif
Chez le sportif, plusieurs types de lésion vont nécessiter un renforcement musculaire. Ces différentes lésions affectent différentes
structures du muscle de fac¸on directe ou indirecte.

Entorse bénigne : atteinte indirecte
du muscle par sous-utilisation
La diminution de force est due à la douleur (en fonction du secteur angulaire), de l’œdème provoqué par l’atteinte ligamentaire
et capsulaire. Lors de la phase aiguë, l’augmentation de force se fait
grâce à la diminution de l’hématome et à la cicatrisation du système capsuloligamentaire par les protocoles PRICE (protection rest
ice compression elevation) [1] ou POLICE (protection optimal loading
ice compression elevation) [2] . Le terme optimal loading, remplac¸ant
le rest, signifie qu’un travail équilibré et quantifié favorise la récupération et est bénéfique à une reprise précoce de l’activité. Ce
protocole varie en fonction de l’atteinte : haut du corps ou bas du
corps, atteinte ligamentaire ou musculaire. Le travail isométrique

2

La perte de force est due à l’immobilisation, donc à une
fonte musculaire. C’est peut-être la seule pathologie où les éléments structuraux du muscle sont la cause principale. Il faut
tout de même à nouveau recréer des engrammes afin d’affiner
la reprogrammation neuromotrice. Le renforcement isométrique,
sans résistance, sans bras de levier (ou en sus-fracturaire) une
fois la phase de prolifération des cellules osseuses constituant
le cal mou (engluage) atteinte, est le mode de contraction à
privilégier et notamment en cocontraction pour une action en
« poutre » qui potentialise la consolidation osseuse [10] . Il faut
cependant ne pas réaliser de transposition au niveau du foyer
fracturaire. L’utilisation de l’électro-myo-stimulation [11] , par des
courants excitomoteurs, est préconisée de fac¸on combinée à des
contractions volontaires [12–16] . Une fois la consolidation acquise,
le renforcement musculaire peut débuter par un programme
d’hypertrophie type 10 × 10. Puis, en progression, on effectue la puissance maximale, la force maximale, pour conclure
par l’explosivité (cf. infra « Exemples de fiches de renforcement
musculaire »).

Tendinopathie : atteinte directe
Sous le terme tendinopathie, on entend l’ensemble des pathologies affectant les différentes parties du tendon [17] , avec comme
signes cliniques une douleur, une gêne fonctionnelle et une
limitation des activités professionnelles ou sportives. Elles sont
décrites par l’International Scientific Tendinopathy Symposium
(ISTS) [18] . Cela comprend la tendinose, l’enthésopathie [19, 20] , la
ténosynovite [21] , la paraténonite, la péritendinite et la bursite. La
perte de force musculaire mesurée est due à la douleur principalement. On peut la noter d’ailleurs dans un certain secteur angulaire
et à une certaine vitesse de contraction (aspect de courbe en isocinétisme de plage d’inhibition douloureuse). Le principe est de
privilégier le travail excentrique [22–25] décrit par Stanish [26] , puis
adapté par Alfredson [27–29] . Le protocole isocinétique [30] permet
un feedback visuel et un contrôle des amplitudes et de la vitesse
de travail. Le travail en concentrique se fait à vitesse rapide afin
de diminuer les sensations douloureuses et les forces articulaires
compressives. Il existe un autre intérêt avec l’overflow, phénomène de renforcement par débordement d’énergie dans les
angles au voisinage du secteur de travail et que ce soit sur
les vitesses inférieures ou supérieures. Le traitement excentrique
des tendinopathies ne doit pas faire oublier toutes les autres techniques comme le massage transverse profond [31] , le crochetage, le
scrapping, les ondes de choc [32] , les étirements, le taping [33, 34] .

Lésion extrinsèque par choc direct : atteinte
directe
La gravité de la contusion va dépendre de la présence ou non
d’un hématome intramusculaire par rupture de la continuité en
plein corps musculaire [35] . La perte de force est principalement
due à la douleur à la contraction ainsi qu’à l’étirement des fibres
lors d’une contraction en excentrique ou concentrique en course
externe [36] . Il s’agit de renforcer un muscle qui a subi des microdéchirures avec saignement. On peut avoir parfois, sur les atteintes
de la face antérieure de la cuisse, une inhibition musculaire,
une limitation articulaire de la flexion du genou, voire une
EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation

Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation ! 26-055-A-10

Figure 2. Ligamentoplastie DIDT (droit interne
et demi-tendineux) (A) et KJ (Kenneth Jones) (B).
1. Droit interne et demi-tendineux ; 2. tendon
rotulien.

hydarthrose réactionnelle. En plus du protocole PRICE [1] ou
POLICE [2] concernant les troubles trophiques, on passe, dès les
premiers jours, par un travail isométrique, voire une levée de
sidération (techniques de piégeage et/ou électrothérapie), puis
du travail concentrique vers un travail excentrique infradouloureux. Un travail d’hypertrophie musculaire est effectué une fois les
amplitudes articulaires retrouvées afin de compenser l’écrasement
subi lors du choc.

Lésion myoaponévrotique : atteinte directe
Les lésions myoaponévrotiques sont des atteintes intrinsèques
dont la cause est le dépassement des capacités du muscle en
lui-même. Le mécanisme lésionnel est un effort musculaire excentrique non maîtrisé, ou un phénomène appelé overstretching [37–42] .
Le déficit d’extension postlésionnel est un bon pronostic de
l’atteinte et de la durée de l’incapacité [43, 44] . La régénération du
muscle suit un processus très précis lors duquel le kinésithérapeute
a un rôle prépondérant. La prise en charge en rééducation a pour
but de diminuer le processus inflammatoire cicatriciel [45, 46] . La
lésion (en fonction du grade) et la douleur engendrée par celle-ci
sont les causes de la perte de force musculaire. Il va donc falloir
permettre la cicatrisation avant de renforcer à proprement dit [45] .
Le travail excentrique va permettre la stimulation des protéines
musculaires (titine, desmine, nébulline) responsables du maintien des filaments d’actine et de myosine lors de la contraction
musculaire. Cela va favoriser la cicatrisation, donc concourir au
renforcement musculaire. On effectue par la suite un protocole
normal de renforcement. L’isocinétisme a un intérêt lors des deux
phases (cicatrisation-renforcement) car il permet dans un premier
temps de quantifier la résistance et le secteur angulaire (3 séries
de 10 répétitions en course interne et moyenne à vitesse lente,
10◦ /s) pour ne pas risquer de récidive. L’évolution favorable, à la
fois clinique et à l’imagerie, vise à augmenter la vitesse, la résistance, et d’aller vers la course externe. Dans un deuxième temps,
l’objectif est le rééquilibrage d’un ratio musculaire perturbé par
l’amyotrophie post-traumatique. Ce travail puis un bilan a pour
objectif d’éviter une éventuelle récidive [47] . Cette méthode peut se
réaliser en manuel mais elle demande une parfaite concentration
du sportif sur ses sensations.
Selon Middleton et Montero [48] , il apparaît indispensable de
réaliser un protocole de renforcement musculaire en excentrique
à vitesse rapide sur les ischiojambiers et les muscles de la coiffe
des rotateurs, cela venant du fait de leur rôle freinateur dans
le geste sportif. Leurs antagonistes étant plus souvent renforcés et de manière concentrique, il apparaît un déséquilibre de
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force entre ces deux groupes. Il faut donc bien évidemment augmenter leur force mais en excentrique, aux risques d’entraîner
une lésion lors de la pratique sportive intense. Le renforcement, soit en traitement, soit en prévention, doit être dosé
afin d’améliorer la résistance à l’étirement sans être source de
lésion [49–51] . L’augmentation de l’entraînement au travail excentrique permet également de prévenir les courbatures ou delayed
onset muscle soreness (DOMS) qui correspondent, la plupart du
temps, à des microlésions apparues après un travail musculaire
inhabituel de type excentrique [52–54] .

Ligamentoplastie (Fig. 2)
L’atteinte se compose d’éléments musculaires de par le greffon
(tendon rotulien, tendons droit interne demi-tendineux, tendon
quadricipital et fascia lata), bien qu’il s’agisse initialement d’une
atteinte ligamentaire.
L’éventuelle sidération initiale du quadriceps peut intervenir
après seulement une heure à une heure et demie d’opération. La
perte de force musculaire est-elle seulement due à un déficit du
muscle lui-même ? La diminution de l’hydarthrose et la stimulation de la commande musculaire suffisent à obtenir à nouveau
un verrouillage en décharge puis en charge du genou [55, 56] . Il
va donc falloir privilégier des techniques de drainage, notamment celui du cul-de-sac sous-quadricipital avant le renforcement
classique du quadriceps. On privilégie la chaîne fermée en début
de rééducation puis la chaîne cinétique ouverte avec résistance
proximale (travail musculaire de moindre contrainte sur le néotransplant) et le travail en excentrique sur les ischiojambiers (de
par leur physiologie, sauf si la technique opératoire est avec prise
de transplant des tendons du droit interne et demi-tendineux :
DIDT) [57, 58] . On peut utiliser l’électrothérapie en complément
aussi bien en chaîne cinétique ouverte qu’en chaîne cinétique
fermée lors d’exercices de squat. On tient compte du geste chirurgical afin d’éviter des tendinopathies rotuliennes (Kenneth Jones)
ou des lésions récidivantes des fléchisseurs du genou (par prélèvement des tendons du DIDT). Le renforcement musculaire suit les
délais fixés chirurgicalement avec un début de chaîne ouverte,
résistance proximale (pour les extenseurs du genou) et distale
(pour les fléchisseurs). Lors du renforcement en isocinétisme, on
privilégie la vitesse moyenne (90◦ /s) et rapide (180◦ /s et 240◦ /s)
dans une amplitude de moindre contrainte sur le néotransplant,
c’est-à-dire vers –30◦ /90◦ [59] . Le déficit global est prédominant sur
le quadriceps car l’amyotrophie touche en premier lieu les fibres
de type I, qui sont en proportion plus élevées par rapport aux
ischiojambiers [60] . La reprise de la course entre le troisième et le

3

26-055-A-10 ! Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation

450
400

Force (N)
391
380

Puissance (W)

Force (N) et puissance (W)

350

y = –219,36x2 + 392,82x
314

300

Figure 3. Exemple d’une relation force-vitesse
obtenue lors d’un développé couché à l’aide
d’un ergomètre isocinétique (ARIEL). Cette relation permet d’évaluer la force, la puissance et
la vitesse maximale atteinte dans ce geste. Ces
paramètres permettront de programmer le renforcement musculaire et d’en évaluer les effets.

y = –225,21x + 399,64
272

250

266

200
178

175
172

150
128
100
50
0
0,00

106

92

74

59
32
0,25

0,50

0,75

1,00
Vitesse m/s

1,25

1,50

59
36
1,75

2,00

quatrième mois concourt également au renforcement musculaire.
La musculation, la pliométrie et la vitesse veinnent, au sixième
mois, compléter l’arsenal des techniques de renforcement.

! Principes généraux
du renforcement musculaire
Évaluation des qualités musculaires
Relation force-vitesse
L’évaluation des qualités musculaires nécessite de connaître sur
chaque mouvement trois paramètres :
• la force maximale développée ;
• la puissance maximale produite ;
• la vitesse maximale atteinte.
Pour mesurer ces paramètres lors du mouvement considéré
(c’est-à-dire développé couché, squat, etc.), il faut mesurer à la
fois la force développée et la vitesse du mouvement. Pour cela,
deux grandes familles d’outils peuvent être utilisées. Les outils
mesurant la force et pour lesquels l’expérimentateur va fixer la
vitesse de mouvement (système isocinétique), et les systèmes où
l’on mesure la vitesse de mouvement où l’on fixe la force ou la
charge (système vidéo ou accélérométrique). L’évaluation isocinétique demande un certain apprentissage de la machine et des
mouvements. L’appréhension, la compréhension et la motivation
sont autant de paramètres qui influencent les données relatées
par l’évaluation de la force musculaire. Celle-ci se fait à vitesse
lente en concentrique (60◦ /s) et rapide en excentrique (90◦ voire
120◦ /s). À partir de la mesure de la force et/ou de la vitesse, il
est possible d’obtenir la relation force-vitesse de chaque individu
(Fig. 3). Une fois obtenue, cette évaluation permet d’individualiser
et de programmer le renforcement musculaire. Il faut donc estimer cette relation force-vitesse dans les principaux mouvements
utilisés pour le renforcement musculaire.

Évaluation directe d’une répétition maximale
(1RM)
Une autre manière d’aborder l’évaluation des qualités musculaires est de se centrer uniquement sur l’évaluation de la charge
maximale soulevée (force maximale développée) dans les mouvements de renforcement musculaire. Cette méthode moins précise
que la précédente permet néanmoins de s’affranchir de la mesure
de la vitesse du mouvement et ne nécessite pas l’utilisation d’un
appareillage spécifique. Ainsi, afin de pouvoir calibrer et planifier

4

Figure 4. Calcul de la 1RM en fonction du nombre de répétitions et de
la charge soulevée.

un programme de renforcement musculaire, il faut tout d’abord
effectuer une évaluation de la force maximale. Chez un sportif
non blessé, on réalise un test direct. Il s’agit de soulever le maximum de charge une seule fois, dans l’amplitude complète : 1RM.
Pour se faire, le sportif s’échauffe avec des charges croissantes.
Pour le test, on respecte le temps de récupération entre chaque
série (entre 2 et 3 min). Lorsque le sportif ne peut plus soulever
la charge qu’une seule fois, on obtient la 1RM. Le but du renforcement est d’augmenter cette 1RM au cours du protocole. Lors
de l’évaluation initiale, le système nerveux n’est pas habitué à
ce genre de contrainte. Cette 1RM risque donc d’être légèrement
sous-évaluée.

Évaluation indirecte de 1RM (Tableau 1) (Fig. 4)
La difficulté va se retrouver lors de l’évaluation du sportif en
cours de consolidation car on ne peut pas effectuer de test de force
maximale. Il y aurait un trop grand risque de douleur, de lésion,
donc de rechute. On va donc calculer sa 1RM de manière indirecte.
On demande au sportif de soulever une charge légère dix fois. Puis
on augmente la charge jusqu’à ce qu’il ne puisse plus soulever le
poids qu’entre trois et sept fois. Le critère d’arrêt de l’exercice est
la douleur et non la charge. Grâce à ces deux paramètres (charge
et nombre de répétitions), on obtient une évaluation de la 1 RM
avec un très bon coefficient de validité.
Voici quelques équations selon différents auteurs qui peuvent
donner la 1RM :
EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation

Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation ! 26-055-A-10

Tableau 1.
Différentes équations d’équivalence.
Répétition
Poids prévu à soulever
pour X répétitions avec
100 kg 1RM

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

12

15

Epley

100

94

91

88

86

83

81

79

77

75

71

67

Brzycki

100

97

94

92

89

86

83

81

78

75

69

61

Lander

100

96

93

91

88

85

83

80

77

75

69

61

Lombardi

100

93

90

87

85

84

82

81

80

79

78

76

Mayhew et al.

100

90

88

86

84

82

81

79

78

76

74

71

O’Conner et al.

100

95

93

91

89

87

85

83

82

80

77

73

Wathen

100

95

92

89

86

83

81

78

76

74

71

66

Moyenne de ces méthodes

100

94

92

89

87

84

82

80

78

76

73

68

RM : répétition maximale.

A
Figure 5.

B

Exemple d’appareil isocinétique (A). Courbes des fléchisseurs et des extenseurs du genou, en comparatif (B)

• formule d’Epley :
◦ 1RM = w × (1 + r / 30),
◦ w = charge utilisée pour l’évaluation,
◦ r = nombre de répétitions réalisées ;
• équation de Brzycki :
◦ 1RM = w × 36 / (37 – r) = w / ((37 / 36) – (r / 36)) ≈ w / (1,0278
– (0,0278 × r)),
◦ w = charge utilisée pour l’évaluation,
◦ r = nombre de répétitions réalisées.
Ces deux formules, qui sont les plus utilisées, donnent des résultats équivalents lorsque le nombre de répétitions est de dix.
Pour un nombre de répétitions inférieur à dix, la formule
d’Epley donne une légère surestimation. En effet, si on prend une
charge de 100 kg soulevée six fois, la 1RM selon la formule d’Epley
donne une 1RM de 120 kg alors qu’avec l’équation de Brzycki la
1RM est de 116 kg.
Cette évaluation indirecte est recalculée en fonction de
l’évolution objective (par imagerie par exemple) et subjective (douleur, fatigue), ce qui permet de réadapter les charges
d’entraînement.
D’autres formules plus complexes ont été proposées, qui
utilisent différents coefficients, pour différents nombres de répétitions et quelquefois même pour différents exercices : formules
de Lander, de Lombardi, de Mayhew, de O’Conner ou encore de
Wathen.
L’évaluation idéale doit être réalisée dans la physiologie du
muscle lors du geste sportif. Par exemple, les muscles fléchisseursadducteurs et rotateurs internes de l’épaule doivent aussi être
travaillés en excentrique lors du geste de l’armer en tennis ou en
handball.

Évaluation isocinétique
L’évaluation isocinétique demande un certain apprentissage de
la machine et des mouvements. L’appréhension, la compréhension et la motivation sont autant de paramètres qui influencent
les données relatées par l’évaluation de la force musculaire.
L’évaluation se fait si possible de fac¸on bilatérale afin de
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comparer notamment des valeurs de moment de force. Des ratios
sont alors calculés dans un but de prophylaxie [47] . L’évaluateur
doit connaître la physiologie musculaire du groupe musculaire
ciblé : les ischiojambiers, les releveurs de la cheville, les spinaux
et rotateurs externes de l’épaule plutôt en excentrique. Le quadriceps, les rotateurs internes de l’épaule, les fléchisseurs du coude
et les abdominaux sont évalués et rééduqués en concentrique. Les
extenseurs de la cheville peuvent être évalués dans les deux modes
de par leur physiologie lors d’un effort pliométrique.
On peut noter également qu’en fonction de la vitesse à laquelle
on réalise un exercice (notamment en isocinétisme) la douleur
ressentie n’est pas la même (courbe avec un aspect « dos de chameau »). C’est ainsi qu’on privilégie un travail à vitesse rapide
dans un secteur protégé sur les tendinopathies plutôt que le travail à vitesse lente. Le renforcement, par l’isocinétisme, se fait par
débordement d’énergie ou overflow dans l’amplitude et la vitesse
utilisées (Fig. 5).
La position d’évaluation est importante également. Par
exemple, les rotateurs sont testés en priorité en décubitus dorsal
plutôt qu’en position assise (position de Davies modifiée), bras en
abduction, afin d’optimiser la reproductibilité et de diminuer les
contraintes articulaires.

Développement
Origine de la force musculaire
L’analyse des facteurs d’influence de la force montre que celle-ci
est influencée par des facteurs structuraux et nerveux [61, 62] :
Facteurs structuraux (Tableau 2)
Les fibres de type I, IIa et IIb sont en proportion variable dans
le muscle, ce qui lui confère une physiologie propre. Il est donc
possible de déterminer la vitesse maximale de contraction à partir
de simples mais longues expériences. Ainsi, on peut en déduire
que les faisceaux musculaires ne contenant que des fibres I sont
les plus lents et celles ne contenant que des fibres IIb sont les
plus rapides. Ces fibres sont différentes de par leur composition
moléculaire (Fig. 6) : les molécules d’actine étant les mêmes, c’est

5

26-055-A-10 ! Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation

Tableau 2.
Différents types de fibres musculaires.
Fibres musculaires à contraction

Lente

Rapide

Type

I

IIa

IIb

Vascularisation

Très riche

Riche

Faible

Potentiel d’utiliser l’oxygène

Très élevé

Élevé

Faible

Contenu en graisses

Très riche

Intermédiaire

Faible

Résistance à la fatigue

Très élevée

Élevée

Faible

Recrutement au cours des exercices

Long et modéré

Long et intense ou modéré

Bref et intense

• identité sportive (par exemple chez le sprinter, l’angle de pennation est plus faible) [72] .
Ainsi, les muscles avec une plus grande force sont caractérisés
par des fibres courtes, avec un grand angle de pennation, une large
section transversale et des fibres parallèles.
Les muscles avec une plus grande vitesse sont caractérisés par
des fibres longues, un petit angle de pennation, une petite section
transversale et des fibres en série.
La force, la vitesse et la réactivité d’un muscle dépendent (en
dehors des facteurs neuromusculaires) de l’aire de section transversale, de la longueur des fibres et de l’angle de pennation.

Figure 6.

Cytosquelette. ATP : adénosine triphosphate.

la composition en troponine, tropomyosine et myosine qui va
varier. La myosine étant elle-même l’association de deux chaînes
lourdes (MHC) et de quatre chaînes légères (MLC) [63] .
Un muscle étant constitué de plusieurs types de fibres, on peut
classer les faisceaux dans cet ordre (du lent au rapide) [64, 65] : fibres
I seules < fibres I/IIa hybrides < fibres IIa seules < fibres IIa/IIb
hybrides < fibres IIb seules.
Bien que les fibres IIb soient utilisées dans des activités plus
courtes et plus rapides, ce n’est pas la vitesse de contraction mais
plutôt la force du muscle qui entraîne la mobilisation des fibres IIb
par les nerfs moteurs [66] . Cela explique pourquoi les athlètes qui
pratiquent des sports de vitesse doivent augmenter leur force. Les
gestes sportifs exécutés activent les fibres IIb et sont ainsi réalisés
avec rapidité et explosivité.
La sollicitation du type de fibre dépend de l’intensité de la
charge. Ainsi, plus la charge augmente, plus les fibres rapides
sont activées pendant la contraction. En conséquence, il apparaît une forte corrélation entre la force maximale concentrique
et le pourcentage de fibres II lors de contractions rapides [67] .
Ainsi, fonctionnellement, un sportif ayant une large proportion
de fibres rapides peut développer plus de force et de puissance lors
de mouvements rapides, et notamment pendant la phase initiale
d’accélération, qu’un sportif n’ayant qu’une faible proportion de
fibres rapides.
L’architecture musculaire a trois composantes : l’angle de pennation, la longueur et la surface des fibres, qui influencent la force.
L’angle de pennation (Fig. 7) a un rôle dans la force d’un muscle.
La force d’une fibre est différente de la force d’un muscle (qui
est dépendante de la longueur entre la première fibre insérée sur
l’aponévrose et la dernière et l’angle de pennation).
La force développée dépend de l’angle de pennation :
• plus l’angle de pennation est grand, plus la force est grande ;
• plus l’angle de pennation est petit, plus la vitesse est élevée.
L’angle de pennation dépend de différents facteurs :
• génétique ;
• sexuel (pour un gastrocnémien, il peut varier de 26 % et de 13 %
pour la longueur des fibres) ;
• mouvement angulaire de l’articulation concernée ;
• type d’entraînement (l’hypertrophie augmente l’angle de pennation) [68–71] ;

6

Facteurs nerveux (Fig. 8)
• Recrutement et stimulation des unités motrices : on doit donc
tenir compte de la nature des fibres qui composent le muscle
mais aussi de son innervation. La nature du stimulus ou
l’intensité de la charge ne provoque pas le recrutement du
même nombre d’unités motrices. La force développée est fonction du nombre d’unités motrices (synchronisation des unités
motrices) mises en jeu mais aussi de la fréquence des influx à
leur niveau selon Semmler [73] . Ces deux grandeurs sont déterminées par le niveau d’activation des cornes antérieures de la
moelle épinière par les centres moteurs. Le facteur le plus important de graduation de la force est le nombre d’unités motrices
activées. Ce nombre présente une grande marge de variation, de
quelques unités à plusieurs centaines. Ce sont les motoneurones
de petit calibre, stimulant les fibres à contraction lente, qui présentent le seuil d’activation le plus bas. Les fibres à contraction
rapide, qui sont innervées par les motoneurones les moins excitables, ne sont mises en jeu que pour les niveaux d’activation
les plus élevés [74] .
• Synchronisation intramusculaire.
• Coordination entre muscles agonistes et antagonistes :
◦ la réalisation d’un geste implique l’activation des muscles
agonistes (qui aident à la réalisation du geste) et antagonistes
(qui vont s’opposer ou freiner le mouvement) ;
◦ l’hérédité aide à comprendre pourquoi certains athlètes sont
meilleurs que d’autres dans certains types d’activités sportives [75] .
• Caractéristiques mécaniques du muscle : grâce à la classification
des muscles, on peut envisager le muscle avec des caractéristiques mécaniques variables en fonction de chaque sportif
comme :
◦ la relation force-longueur ;
◦ en fonction de la relation force-vitesse de raccourcissement,
par exemple, en concentrique, le quadriceps développe plus
de force à 30◦ /s qu’à 240◦ /s ;
◦ la stimulation nerveuse du muscle : relation force-temps qui
correspond à l’impulsion (phase de montée en force, moment
de force maximale et maintien de cette force au cours du
mouvement) ;
◦ endurance musculaire : la fatigue musculaire se définit
comme la diminution ou l’incapacité d’un muscle à développer une force ou une puissance à la suite d’un exercice [76] . La
fatigue peut être d’ordre central (dégradation de l’activation
volontaire du muscle lors de contractions sous-maximales de
faible intensité) ou périphérique (altération de la contraction
musculaire par la limitation de la libération des ions Ca2+ ).
Les fibres I sont plus endurantes que les fibres II. Quel que
soit le type de muscle, la fatigue musculaire périphérique
provient du phénomène chimique suivant : une incapacité
du muscle à libérer le Ca2+ (par accumulation de phosphate
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Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation ! 26-055-A-10

Figure 7. Échographie du vaste latéral avec mesure de l’angle
de pennation des fibres musculaires (A, B).

α

A

Figure 8. Importance des facteurs nerveux dans le recrutement, la synchronisation des UM (unités motrices) et la coordination des muscles
agonistes-antagonistes.

inorganique et/ou par une baisse des réserves en adénosine
triphosphate) dans le réticulum sarcoplasmique et à le recapter. Malgré le recrutement de nouvelles unités motrices pour
compenser celles actives lors d’une contraction musculaire,
une diminution de la force maximale et de la vitesse de
relâchement se produisent. La fatigue peut également être
appréhendée comme un mécanisme de protection pour éviter les effets délétères de l’exercice musculaire épuisant. Les
fibres II sont plus fatigables que les fibres I, donc un muscle
avec une proportion supérieure de fibres II est d’autant plus
fatigable. Par ailleurs, la fatigue d’un groupe musculaire se
traduit par une diminution de ses vitesses optimales et de sa
force maximale de contraction. Quelle que soit la composition d’un groupe musculaire, sa fatigabilité est diminuée par
l’entraînement pratiqué (sous forme d’activité modérée prolongée). Ainsi, des mécanismes nerveux périphériques et/ou
centraux entraînent une baisse de la capacité de production
de force ;
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B
◦ le stockage et la réutilisation de l’énergie mécanique (par
mise en jeu des protéines de liaison, notamment la titine)
lors des mouvements complexes. D’un point de vue pratique,
on travaille la pliométrie qui favorise le développement des
sarcomères en série. L’intervention du réflexe myotatique
couplé à l’élasticité du système tendon-muscle permet de
développer une force supérieure.
En conclusion, on ne peut envisager un renforcement
musculaire en ne regardant que les fibres musculaires ; il faut
considérer l’ensemble de la structure qui le compose couplé à
l’intégration du geste.
• Incidences et individualisation : sachant que la génétique
amène une morphologie et une physiologie qui peuvent être
inadéquates au sport pratiqué (limites intrinsèques du sportif à son sport), il faut connaître les exigences sportives et le
geste spécifique (lancer, frappe, saut, etc.) pour renforcer correctement. On comprend ainsi aisément que chaque sportif a
des qualités différentes et qu’en découle l’individualisation de
son renforcement. Les incidences sur les différentes activités
en termes de vitesse, force, endurance sont autant de paramètres à considérer, de même que la spécificité du sport et du
poste.
Prenons l’exemple du rugby. La première étape est de savoir ce
qu’il faut comme qualités musculaires pour ce sport :
• répétition de sprints : en effet, en moyenne, on peut actuellement compter 100 à 110 actions intenses de courtes durées
(< 5 s) par match de haut niveau et par joueur, ce qui globalement représente une action intense toutes les 38 à 40 s ;
• force-vitesse ou « explosivité » dans le démarrage pour prendre
de vitesse son ou ses adversaire(s) direct(s). Dans ce cas les distances des courses excèdent rarement 20 mètres ;
• endurance de vitesse sur les courses les plus longues (en
moyenne entre 40 et 60 m) pour porter le ballon derrière la ligne
de but à la suite d’une percée du « rideau défensif » adverse,
d’une grande échappée consécutive à un débordement, une
interception, ou bien pour rattraper un adversaire porteur du
ballon. En conséquence, les tests proposés sont le squat jump
qui exprime plus l’« explosivité » du joueur et le 50 mètres, et
sa vélocité (Fig. 9) ;
• force maximale et associée : la force musculaire peut être définie
comme la tension que peut exercer un muscle ou plus exactement un groupe de muscles contre une charge. Au cours
d’un match, cette qualité est utilisée dans toutes ses formes :
isométrique, anisométrique concentrique, excentrique, pliométrique, et ce dans toutes les actions de jeu. Exceptions faites
de l’arrachage du ballon dans les regroupements et de la poussée
en mêlée où la force peut s’exprimer à son maximum, dans la
plupart des actions elle est combinée à d’autres qualités comme
la vitesse, l’endurance musculaire et/ou la coordination tant au
niveau des membres inférieurs que du tronc et des membres
supérieurs.
La deuxième étape est de connaître le sportif : son poste, sa
morphologie, ses antécédents, son expertise, ses objectifs. Ainsi,

7

26-055-A-10 ! Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation

Figure 9. Différentes évaluations pliométriques.

l’évaluation de ses capacités amène à établir un programme de
renforcement musculaire spécifique.
L’étude de Cazorla et al. illustre ces propos [77] . Force est de
constater que, selon le poste, les exigences sont différentes sur
la force musculaire, la vitesse et la coordination, la puissance des
membres inférieurs, et sur les capacités aérobies et anaérobies.
Par conséquent, réentraîner ou renforcer un pilier de rugby,
un attaquant en football, un ailier en basketball, un arrière en
rugby diffère selon la filière et la structure, et notamment lors de
la phase de réathlétisation. C’est l’individualisation au service de
la spécificité sportive.
• Types de renforcement : les différents types de renforcement
sont codifiés par leur spécificité et leurs effets (Tableau 3) [78] :
◦ le travail excentrique améliore la force concentrique mais
l’inverse n’est pas vrai [79] . Il apparaît aussi que le renforcement d’un muscle par la méthode excentrique est favorable
à son antagoniste [80] ;
◦ de nombreux auteurs préconisent la spécificité du travail
musculaire et notamment du travail excentrique pour le
renforcement et l’effet protecteur. Cette amélioration proviendrait des différentes adaptations vues précédemment.
• Méthodes de développement de la force : on considère qu’il
existe trois méthodes de développement de la force (Tableau 4) :
◦ la méthode par des efforts maximaux ;
◦ la méthode des efforts répétés ;
◦ la méthode des efforts dynamiques.
On peut ainsi, en fonction de la typologie de force recherchée,
le type de renforcement et la méthode de développement de la
force, optimiser la planification par une meilleure répartition des
charges et ainsi évoluer du volume de travail à l’intensité maximale (Tableau 5).

8

! Adaptations physiologiques
au renforcement
L’adaptation musculaire (augmentation de l’épaisseur des filaments musculaires, la taille de muscles et la force de contraction)
provient de la justesse du choix du type de charge, du choix des
exercices et des méthodes d’entraînement. Il est donc important
de connaître les différents modes de contraction, ceux qui interviennent dans le sport pratiqué, tout en sachant que le contrôle
du geste s’effectue sur un mode excentrique. Ainsi, la planification et la calibration du programme de rééducation sont au plus
juste et les progrès rapides.
Puisque le type de renforcement va dépendre du besoin d’une
certaine physiologie du muscle lors du geste sportif, le muscle
va donc avoir des adaptations différentes. Il est donc important de tenir compte de la spécificité du travail musculaire.
Le mode excentrique est privilégié pour rechercher à améliorer
la force maximale, la vitesse de contraction, l’hypertrophie et
l’augmentation de la section transversale du muscle [48, 81–83] .
Le travail pliométrique trouve aussi toute son importance
avec [84] :
• une augmentation de la taille et de l’architecture musculaire ;
• une rigidité tendineuse augmentée ;
• une réduction de la dissipation énergétique ;
• une augmentation de la conduction nerveuse vers les muscles
agonistes ;
• un changement dans les stratégies d’activation musculaire liées
au cycle étirement-raccourcissement.
Ces adaptations entraînent une augmentation de la force maximale et de la puissance. Pour un travail pliométrique au niveau
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Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation ! 26-055-A-10

Tableau 3.
Différents types de renforcement retrouvés en rééducation.
Type de renforcement

Principes

Buts

Méthodes de développement

Isométrique

Contraction statique

Permet d’augmenter la force maximale
sans prise de masse

Jusqu’à la fatigue ou en
statodynamique

Concentrique

Contraction avec rapprochement des
insertions

Permet d’augmenter la puissance

Bulgare, bulgare dans la série,
pyramide, préfatigue, postfatigue,
volontaire

Excentrique

Contractions avec éloignement des
insertions

Permet d’augmenter la force maximale
par adaptation neurale spécifique

Excentrique + concentrique, 120-80

Isocinétique

Contractions avec rapprochement ou
éloignement des insertions à vitesse
constante

Permet de faire travailler sélectivement
certaines fibres selon la vitesse choisie,
donc d’augmenter la force maximale ou
la puissance

Concentrique-concentrique,
concentrique-excentrique,
excentrique-excentrique

Pliométrique

Utilise l’énergie emmagasinée lors du
mouvement excentrique pour la restituer
lors du mouvement concentrique

Entraîner une contraction puissante du
muscle par réflexe protecteur de celui-ci

Simple (bondissements), haute, avec
charge

Électrostimulation

Stimulation électrique non sélective et
non physiologique des fibres musculaires
par rapport à la commande volontaire

Gain de force

Courants excitomoteurs associés à un
travail concentrique, excentrique ou
pliométrique

Plate-forme vibrante

Utilisation du réflexe tonique vibratoire

Gain de force

Association à un travail excentrique

Tableau 4.
Méthodes de développement de la force.
Méthodes

Répétitions

Séries

Récupération

Avantages

Inconvénients

Efforts maximaux
> 90 % de la RM

1à3

4à7

7 min

Action sur les facteurs nerveux
Synchronisation sur organisme frais

Charges lourdes
Récupération longue entre les séances

Efforts répétés
Entre 60 et 70 % de la RM

5à7

6 à 16

5 min

Action sur les facteurs nerveux et sur
la masse musculaire

Répétitions efficaces sur un
organisme fatigué

Efforts dynamiques
< 40 % de la RM

6 à 15

10 à 30

3 min

Action sur les facteurs nerveux
Action sur la montée en force

Peu d’action sur la force
Nécessite beaucoup de répétitions

RM : répétition maximale.

Tableau 5.
Méthode de développement en fonction du choix de la force recherchée.
Force
Capacité

Principe

Méthodes

Caractéristiques

Effets

Force maximale

Répétitions
Récupération complète

Force maximale

Charge maximale et submaximale
Peu de répétitions
Exécution rapide et explosive

Coordination intra- et intermusculaire
Synchronisation
Recrutement

Excentrique

Charges supramaximales
Peu de répétitions
Exécution lente

Recrutement de l’ensemble de l’unité
motrice

Isométrique

Contraction statique maximale
Durée de 5 à 10 s
5 à 10 répétitions

Force maximale statique
Construction musculaire

Pyramidale

Charges variables et différentes
Charges moyennes et élevées

Capacité d’adaptation au recrutement
des fibres

Puissance

Répétitions
Récupération complète

Concentrique

Charges moyennes

Coordination intra- et intermusculaire
Vitesse de contraction

Vitesse

Répétitions
Récupération complète

Vitesse

Charges légères
Nombre de répétitions moyen
Exécution rapide
Exercices proches du geste sportif
Exécution explosive

Coordination intra- et intermusculaire
Vitesse de contraction
Charge spécifique

Explosivité

Répétitions
Récupération complète

Pliométrique

Excentrique concentrique
Charges faibles
Sauts en contrebas
Bondissements

Coordination intra- et intermusculaire

Force
Endurance

Répétitions
Récupération complète

Fatigue musculaire

Charges moyennes
Nombre de répétitions élevé
jusqu’à épuisement
Pause entre 2 et 3 min

Résistance pour effort de force anaérobie
Tolérance à l’acidose

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9

26-055-A-10 ! Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation

I
débutant

II
entraîné

III
très entraîné

UM
recrutée

UM
non recrutée
Figure 10. Schéma de Fukunaga montrant l’augmentation de force
par recrutement des UM (unités motrices) puis l’augmentation de force
par hypertrophie. Situation I : le débutant ne recrute que peu de fibres ;
situation II : au bout de quelques semaines, le nombre d’UM recrutées
augmente sans hypertrophie ; situation III : lorsque l’entraînement se
prolonge, c’est surtout l’hypertrophie qui est responsable des gains de
force.

des membres inférieurs, ces adaptations permettent d’améliorer le
temps des sprints, l’économie de la course, et d’avoir une action
préventive (diminution des forces réactives du sol et amélioration
du ratio ischiojambiers/quadriceps) [85] .
Le schéma de Fukunaga (Fig. 10) montre bien la place des
phénomènes de recrutement dans l’augmentation de la force.
Il traduit également les rapports entre phénomènes nerveux et
hypertrophie.
Le renforcement se fait tout d’abord par l’augmentation
de l’intervention des facteurs nerveux sans hypertrophie
musculaire [86] . Dans un deuxième temps, par l’hypertrophie
musculaire : au-delà de huit semaines de renforcement [87] . Sur
la durée totale du programme, le gain de force est supérieur au
gain de masse. Les charges lourdes entraînent une augmentation
de la section transversale des fibres musculaires [75] .
Outre les différentes adaptations (anatomique, hypertrophie et
nerveuse) [88] , la coordination technique du geste intervient dans
l’évaluation du renforcement musculaire. Cela explique le fait que
le gain de force puisse se réaliser sans l’hypertrophie.
Si les propriétés élastiques dépendent effectivement du type
de fibre, l’augmentation de raideur observée à la suite d’un
entraînement excentrique chez l’homme pourrait être liée à un
enrichissement du muscle en fibres lentes.

! Exemples de prise en charge
de blessures
Premier cas clinique : prise en charge
d’un rugbyman professionnel au quatrième
mois postopératoire d’une ligamentoplastie
L’exemple va porter sur la prise en charge d’un joueur de haut
niveau professionnel au rugby, 28 ans, international pour les
îles Fidji, au quatrième mois postopératoire. Le traumatisme a
eu lieu sur une réception de saut, seul. L’examen clinique initial
laisse apparaître une douleur postérolatérale, un test de Lachman
positif notant une atteinte du pivot central. Les soins ont été
prodigués rapidement, limitant l’hydarthrose réactionnelle. Les
examens complémentaires ont montré une atteinte isolée du ligament croisé antérieur avec un hématome intraosseux. Il n’y a pas
d’atteinte méniscale ni de lésion associée.
Une opération est prévue 15 jours plus tard. La technique de
Kenneth-Jones (greffon os-tendon-os avec prise du tendon quadricipital) est choisie par le chirurgien.

10

La rééducation classique est réalisée dans le club professionnel
et se déroule normalement lors des trois premiers mois : travail trophique et circulatoire, réveil puis renforcement musculaire, travail
articulaire et proprioceptif.
Une évaluation musculaire se fait entre le troisième et la quatrième mois postopératoire, sur appareil isocinétique afin de
permettre la reprise de la course et l’intensification du renforcement musculaire. Outre la mesure de la force du quadriceps
(mesure faite en dynamique concentrique à 60◦ /s), on cherche la
force des ischiojambiers (qui sont le principal garant actif du greffon) en dynamique excentrique à 30◦ /s et on fait une séquence à
240◦ /s en concentrique quadriceps-ischiojambiers, 30 répétitions,
pour évaluer la fatigue musculaire.
Ce test a été effectué de manière bilatérale afin de pouvoir établir
un comparatif entre le côté sain et le côté opéré.
Les résultats ont montré : une faiblesse de la force du quadriceps
et des ischiojambiers par rapport au côté non lésé. Mais il n’y a
pas d’anomalie du ratio compte tenu du déficit proportionnel des
muscles antagonistes.
À partir de cette analyse, on a pu établir un programme de
renforcement musculaire en tenant compte :
• du test ;
• du poste du rugbyman : trois quarts centre avec un jeu porté
sur le défi physique ;
• de sa morphologie : d’origine fidjienne avec des fibres rapides ;
• de ses contraintes professionnelles (fin de contrat) et personnelles (allait devenir papa dans les deux mois qui ont suivi la
blessure) ;
• de la période de la saison : blessure en début qui laisse envisager
une reprise avant la fin de la saison en cours.
Outre l’apport isocinétique deux fois par semaine, le joueur
avait deux séances de course, trois séances de musculation du haut
du corps, une séance d’appuis, une séance de musculation du bas
du corps et gainage.
Une des deux séances isocinétiques était couplée avec la musculation du bas du corps et était réalisée en amont ; elle ne comprenait pas de travail d’endurance.
Le renforcement en isocinétisme ne change pas les principes du
renforcement musculaire mais uniquement le mode de contraction et permet un recrutement maximal des fibres musculaires
avec une mesure et un feedback visuel. On a donc pu réaliser une
phase de puissance maximale puis une phase de force (Tableau 6).
L’explosivité a été travaillé en gymnase et sur le terrain.
À la suite de ce programme de six semaines, une évaluation
a été réalisée avec le même protocole que le test initial. Le
joueur a pu réintégrer l’effectif avec la poursuite d’une séance
d’isocinétisme par semaine en complément du travail de renforcement musculaire dédié à l’ensemble de l’équipe. La reprise
des entraînements tout d’abord sans contact puis avec contact
s’est effectuée aux alentours du cinquième mois, la compétition
environ à six mois.
La surveillance est effectuée en fin de saison afin de pouvoir
planifier un programme individuel lors de l’intersaison.

Deuxième cas : lésion musculaire récidivante
des ischiojambiers chez un athlète de haut
niveau
Ce second cas clinique porte sur un sprinter du top 8 mondial,
sujet à des lésions récidivantes des ischiojambiers depuis ses premières années d’athlétisme. Après plusieurs blessures, au nombre
de trois en 2013–2014, les équipes technique et médicale ont
décidé de mettre en place différentes séquences pour stabiliser
et renforcer les muscles ischiojambiers. Tout d’abord, un protocole de trois séances d’isocinétisme par semaine, au laboratoire
de biomécanique de l’Institut national du sport de l’excellence
et de la performance (INSEP), était planifié tous les deux jours
avant les séquences de musculation classique. Des gains significatifs ont été relevés entre le mois d’octobre 2014 et de novembre
2015 (Tableau 7).
Parallèlement à ce travail de renforcement, a été entrepris,
avec l’aide d’une danseuse professionnelle, des exercices qui
EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation

Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation ! 26-055-A-10

Tableau 6.
Contenu des séances d’isocinétisme lors des phases de puissance et de force chez un rugbyman professionnel.
Phase

Durée

Semaine

Première séance

Deuxième séance

Phase puissance

3 semaines

S1

Quadriceps : concentrique, 2 séries :
- 90◦ /s, 6 répét.
- 120◦ /s, 7 répét.
- 150◦ /s, 8 répét.

Quadriceps concentrique, 2 séries :
- 90◦ /s, 6 répét.
- 120◦ /s, 7 répét.
- 150◦ /s, 8 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 180◦ /s, 8 répét.
- excentrique, 2 séries : 30◦ /s, 8 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 180◦ /s, 8 répét.
- excentrique, 2 séries : 30◦ /s, 8 répét.

Quadri-ischiojambiers : concentrique,
180◦ /s, 30 répét.
S2

Quadriceps : concentrique, 2 séries : – 75◦ /s, 5 répét.
- 90◦ /s, 6 répét.
- 120◦ /s, 7 répét.

Quadriceps : concentrique, 2 séries :
- 75◦ /s, 5 répét.
- 90◦ /s, 6 répét.
- 120◦ /s, 7 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 90◦ /s, 6 répét.
- excentrique, 2 séries : 30◦ /s, 8 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 90◦ /s, 6 répét.
- excentrique, 2 séries :
30◦ /s, 8 répét.

Quadri-ischios :
Concentrique, 1 série :
80◦ /s, 30 répét.
S3

Quadriceps : concentrique, 2 séries :
- 90◦ /s, 4 répét.
- 120◦ /s, 5 répét.
- 150◦ /s, 6 répét.

Quadriceps : concentrique, 2 séries :
- 90◦ /s, 4 répét.
- 120◦ /s, 5 répét.
- 150◦ /s, 6 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 180◦ /s, 6 répét.
- excentrique, 2 séries : 30◦ /s, 6 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 180◦ /s, 6 répét.
- excentrique, 2 séries : 30◦ /s, 6 répét.

Quadri-ischios : concentrique, 1 série :
180◦ /s, 30 répét.
Phase force maximale

3 semaines

S1

Quadriceps : concentrique, 3 séries :
60◦ /s, 3 répét.

Quadriceps : concentrique, 3 séries :
60◦ /s, 3 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 60◦ /s, 3 répét.
- excentrique, 3 séries : 60◦ /s, 3 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 60◦ /s, 3 répét.
- excentrique, 3 séries :
60◦ /s, 3 répét.

Quadri-ischios : concentrique, 1 série :
180◦ /s, 30 répét.
S2

Quadriceps : concentrique, 3 séries :
60◦ /s, 4 répét.

Quadriceps : concentrique, 3 séries :
60◦ /s, 4 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 60◦ /s, 3 répét.
- excentrique, 3 séries : 90◦ /s, 4 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 60◦ /s, 3 répét.
- excentrique, 3 séries :
90◦ /s, 4 répét.

Quadri-ischios :
Concentrique, 1 série :
180◦ /s, 30 rép
S3

Quadriceps : concentrique, 2 séries :
60◦ /s, 4 répét.

Quadriceps : concentrique, 2 séries :
60◦ /s, 4 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 60◦ /s, 3 répét.
- excentrique, 2 séries : 60◦ /s, 4 répét.

Ischiojambiers :
- concentrique, 1 série : 60◦ /s, 3 répét.
- excentrique, 2 séries : 60◦ /s, 4 répét.

Quadri-ischios : concentrique, 1 série :
180◦ /s, 30 répét.
Répét. : répétition.

Tableau 7.
Mesures comparatives du moment de force motrice des ischiojambiers chez un athlète de haut niveau.
Dates

Moment de force ischios droit
(en nombre de moments)

Moment de force ischios gauche
(en nombre de moments)

Déficit droit/gauche
(en %)

Octobre 2014

158

199

26

Février 2015

203

277

36

Avril 2015

240

260

8

Novembre 2015

280

300

7

EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation

11

26-055-A-10 ! Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation

Tableau 8.
Planification des activités en fonction des jours et des différentes phases pour l’année 2014–2015.
Phase

Phase 1 (8 semaines)

Phase 2 (8 semaines)

Spécifique (4 à 6 semaines)

Développement

Développement
Précompétition

Compétition

Lundi

Isocinétisme
Musculation

Isocinétisme
Musculation
Technique de course

Musculation

Mardi

Travail mobilisation
Travail technique de course

Sprint court

Sprint long

Mercredi

Isocinétisme
Musculation
Stabilisation et contrôle moteur
hanche, bassin, dos

Isocinétisme
Musculation
Stabilisation et contrôle moteur
hanche, bassin, dos

Musculation
Stabilisation et contrôle
moteur hanche, bassin, dos

Jeudi

Travail de mobilisation
Travail de course

Travail de mobilisation
Sprint long

Sprint court

Vendredi

Isocinétisme
Musculation

Isocinétisme
Musculation

Musculation

Samedi

Travail technique de course

Travail technique de course

Travail de course

Dimanche

Repos

Repos ou compétitions

Compétitions

Jour

Type

Tableau 9.
Calibration de la puissance maximale.
Semaine

S1

Objectif dominant

Puissance maximale

Type de cycle

Développement

S2

S3

Durée du cycle

3 semaines

Nombre de séances

2à3

Description

Garder de la vitesse d’exécution

Intensité
(% en fonction de la 1RM)

70 %

60 %

50 %

80 %

70 %

60 %

70 %

60 %

50 %

Répétitions

6

7

8

5

6

7

4

5

6

Séries

2

2

2

Tableau 10.
Calibration de la force maximale.
Semaine

S1

Objectif dominant

Force maximale

Type de cycle

Développement

S2

S3

Durée du cycle

3 semaines

Nombre de séances

3

Description

Intensité élevée, donc à réaliser avec une tierce personne

Intensité (% en fonction de la 1RM)

85 %

90 %

85 %

Répétitions

4

3

4

Séries

3

3

2

portaient sur une meilleure mobilisation du bassin, une amélioration des mobilités articulaires, tout en recherchant l’amplitude
de mouvements et l’allongement. Cette demande particulière de
l’entraîneur avait pour but de faciliter la disponibilité corporelle et
de fluidifier le mouvement dans les phases de course. Ces séances
se déroulaient sur deux matinées par semaine, en alternance avec
le renforcement isocinétique, avant les entraînements de sprints
courts ou long.
Enfin, un travail de stabilisation et de contrôle moteur du bassin
et du dos était planifié et dirigé par le kinésithérapeute avant les
séances techniques.
Ainsi, il a été convenu d’une planification du travail hebdomadaire pour la saison 2014–2015 en accord avec l’athlète,
l’entraîneur, le kinésithérapeute et la danseuse (Tableau 8).
Au cours du travail complémentaire, des séances d’isocinétisme
sur le renforcement musculaire ont été réalisées à l’aide du logiciel
Rhéa 2000.
Ces séances respectent une organisation simple du développement de la force avec des contenus organisés du général au
spécifique, le but étant de rendre le muscle plus fort et plus explosif
au cours de la saison.

12

Cette programmation se fait en deux phases distinctes :
• la première phase tend à un accroissement de la force par augmentation de la charge mobilisée. On recherche la progressivité
en mobilisant des charges de plus en plus lourdes ;
• au cours de la seconde phase, on recherche un accroissement
de la force par une augmentation des accélérations. L’athlète
mobilise des charges de plus en plus vite.
La planification du développement des qualités d’explosivité ne
doit surtout pas entraîner une régression des autres qualités. Des
rappels de force maximale sont donc nécessaires au cours de la
saison, et notamment à l’approche des compétitions.

Exemples de fiches de renforcement
musculaire (Tableaux 9 à 11)
Pour être le plus précis possible dans la calibration, il faut
connaître également :
• le système énergétique dominant (aérobie, anaérobie lactique,
alactique, et leurs combinaisons) ;
• les facteurs restrictifs du développement de la force ;
EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation

Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en rééducation ! 26-055-A-10

Tableau 11.
Calibration de l’explosivité.
Semaine

S1

Objectif dominant

Explosivité

S2

S3

Type de cycle

Développement

Durée du cycle

3 semaines

Nombre de séances

1

Description

Excentrique lent puis
concentrique rapide

Excentrique lent puis squat
jump

Saut en contrebas puis concentrique
rapide, puis sauts sur des plinths

Intensité (% en fonction de la 1RM)

70 %

65 %

60 %

6 0%

50 %

40 %

70 %

60 %

50 %

Répétitions

5

6

7

6

7

8

5

6

7

Séries

2

2

2

• les objectifs principal et secondaire du développement de la
force ;
• la planification annuelle du sportif (entraînements, compétitions, transition).

[2]

! Conclusion

[4]

Le renforcement musculaire chez le sportif en rééducation est
différent du renforcement musculaire de ce même sportif en
période de préparation physique. En effet, le déficit de force
observé chez le sportif en rééducation a comme origine principale la blessure ou la douleur qui ne permettent pas l’expression
de la force du sportif. En plus de ces douleurs ou lésion, il peut
également exister un déficit de force antérieur à la blessure (qui
peut parfois être à l’origine de la blessure). Le traitement du sportif blessé repose donc sur une double approche qui va consister à
prendre en charge la blessure mais également à proposer un renforcement musculaire pour pallier aux déficits éventuels de force.
Ainsi, cette prise en charge repose à la fois sur la connaissance
de la myologie, de la physiologie de la contraction musculaire,
mais également des exigences sportives et de l’analyse morphofonctionnelle du sportif.
La première étape de la prise en charge de ce type de sportifs est l’évaluation de l’ensemble des paramètres qui permet
l’optimisation du renforcement musculaire et la diminution du
risque de récidive de blessure. L’utilisation des systèmes isocinétiques assurent une qualité dans l’évaluation des paramètres de
force, puissance et vitesse, et permettent au praticien de jouer sur
les différents types de contraction (concentrique, isométrique et
excentrique) en fonction du type de pathologie. Enfin, les progrès
du sportif sont valorisés grâce aux feedbacks visuels délivrés par
la machine au cours des sessions d’entraînement.
Une plus grande force musculaire est fortement associée à
l’amélioration des performances sportives, tant dans les exercices de saut, sprints et changement de directions que dans les
situations sportives spécifiques. Elle permet aussi de diminuer le
risque de blessures. La stratégie de mise en place du renforcement musculaire permet un développement maximal de la force
en tenant compte de chaque sport [89] .
Les exemples de prise en charge de sportif de haut niveau sont
nombreux et ont montré leur efficacité dans les sports individuels
et collectifs. Associés à une bonne hygiène de vie (récupération,
alimentation et sommeil), ils permettent aux sportifs de revenir
rapidement à leur meilleur niveau de compétition et d’éviter toute
récidive [90–94] .
Déclaration de liens d’intérêts : les auteurs déclarent ne pas avoir de liens
d’intérêts en relation avec cet article.

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Service de médecine physique et réadaptation, Hôpital d’instruction des Armées Percy, 101, avenue Henri-Barbusse, 92140 Clamart, France.
10, rue de la Libération, 78350 Jouy-en-Josas, France.
G. Ontanon, Entraîneur d’athlétisme de haut niveau.
Institut national du sport, de l’expertise et de la performance, 11, avenue de Tremblay, 75012 Paris, France.
J. Slawinski, Maître de conférences.
UFR STAPS, Université Paris-Nanterre, CeRSM EA 2931, 200, avenue de la République, 92000 Nanterre, France.
Toute référence à cet article doit porter la mention : Hubert L, Ontanon G, Slawinski J. Principes du renforcement musculaire : applications chez le sportif en
rééducation. EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation 2017;0(0):1-15 [Article 26-055-A-10].

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