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La French Tech conquérante

La French Tech conquérante
En l’espace de quelques années, la France a rattrapé son retard en matière d’innovation. Les
capitaux affluent, les start­up fourmillent et de jeunes entrepreneurs rêvent de devenir les leaders
mondiaux de demain.
LE MONDE ECONOMIE | 17.04.2017 à 06h48 | Par Sophy Caulier

MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

C’est presque devenu une banalité. La société Actility, créée en 2010, vient d’annoncer une levée
de fonds de 70 millions d’euros afin d’accélérer son développement dans l’Internet des objets. Il y
a à peine quelques années, un tel montant était inimaginable pour une start­up française aussi
jeune. Surtout avec un actionnariat aussi prestigieux où se pressent, entre autres, l’allemand
Bosch, le français Orange et le chinois Foxconn.
Depuis deux ans, ce genre d’annonce se multiplie. Ainsi, le site de revente d’articles de mode
Vestiaire Collective a récolté 58 millions d’euros en janvier. Un mois plus tôt, le fabricant
d’enceintes haut de gamme Devialet réalisait un tour de table de 100 millions d’euros. En
novembre 2016, c’est Sigfox, acteur lui aussi de l’Internet des objets, qui engrangeait 150 millions
d’euros. Un mois auparavant, l’hébergeur français OVH recevait 250 millions d’euros d’argent
frais. Et il ne s’agit là que des principales opérations d’investissement. Celles d’un montant
compris entre 0,5 million et 10 millions d’euros se comptent par dizaines.

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Investisseurs moins frileux, plus confiants dans les capacités des jeunes pousses françaises,
créateurs d’entreprise plus ambitieux et plus à l’aise face aux financiers : ce gain de maturité
pourrait bien placer la France en bonne position sur la carte mondiale de l’innovation. « On a
appris, on a moins peur, on se sent moins coupable », résume Sébastien Fabre, cofondateur et
CEO de Vestiaire Collective.

Techstars s’installe à Paris
« Dans notre classement Fast 500 des start­up européennes en forte croissance, issues de
28 pays, 94 des 500 sociétés classées sont françaises », détaille Ariane Bucaille, associée du
cabinet Deloitte, responsable du secteur technologies, médias, télécoms. Environ 250 sociétés
françaises, petites et grandes, se sont rendues à Las Vegas en janvier pour participer au CES
(Consumer Electronics Show), le Salon mondial du numérique et de l’innovation, faisant de la
France le troisième pays représenté derrière les Etats­Unis et la Chine.

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Le célèbre accélérateur américain Techstars, qui a déjà accompagné un millier de start­up dans le
monde, s’installe à Paris, au sein de l’incubateur du fonds de capital­risque Partech Ventures. En
juillet, Station F, projet voulu par Xavier Niel, le fondateur de Free (et actionnaire à titre individuel
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du Monde), ouvrira ses portes à Paris à un millier de jeunes pousses, devenant le plus grand
incubateur de start­up au monde. Tous célèbrent l’excellence des ingénieurs français, due à la
tradition scientifique et mathématique du pays, et y ajoutent désormais l’afflux de capitaux, le
soutien actif de la banque publique d’investissement Bpifrance et l’émergence de nouveaux
manageurs.

Autant de preuves que l’initiative French Tech, lancée par le gouvernement fin 2013, porte ses
fruits. « Nous voulions faire quelque chose dont les entrepreneurs et les investisseurs puissent
s’emparer. La stratégie de marque a fonctionné. Aujourd’hui, les étrangers parlent de la French
Tech », raconte Fleur Pellerin, ancienne ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie
numérique, à présent présidente de Korelya Capital, société d’investissement qu’elle a créée
en 2016.

Conditions nécessaires réunies
Il semble bien que la France ait rattrapé son retard sur la scène internationale de l’innovation,
malgré des critiques récurrentes sur les lourdeurs de la législation du travail et sur l’instabilité
fiscale. La question est maintenant de savoir comment passer à l’étape suivante, c’est­à­dire
comment faire naître des géants mondiaux à partir de ce vivier, comment multiplier les Criteo,
cotée au Nasdaq depuis octobre 2013, Withings, rachetée par Nokia en avril 2016, Talend, entrée
au Nasdaq en juillet 2016, OVH ou Sigfox.

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Les acteurs sont unanimes : beaucoup des conditions nécessaires sont à présent réunies. « Par
rapport à il y a cinq ans, la chaîne de financement qui va de l’idée à la création de la société et à
son développement, c’est­à­dire des incubateurs aux fonds d’amorçage puis au capital­
développement en passant par le capital­risque, a été bien complétée », remarque Amélie Faure,
operating partner chez Serena Capital.
Lire aussi :   Loin des grands groupes, la nouvelle génération start­up voit le jour
(/economie/article/2017/02/12/loin­des­grands­groupes­la­generation­start­up­voit­le­jour_5078571_3234.html)

Les entrepreneurs du numérique de la première génération, qui ont revendu une ou plusieurs
start­up, les Jacques­Antoine Granjon (Vente­privee.com), Marc Simoncini (Meetic), Bruno Bonnell
(Infogrames) ou Pierre Kosciusko­Morizet (PriceMinister), réinvestissent aujourd’hui dans des
jeunes pousses, les faisant profiter de leur expérience et de leur carnet d’adresses.

Les montants investis ont évolué
De nouveaux fonds d’investissement apparaissent, plus proches de ceux de la Silicon Valley par
leur mode de fonctionnement et leurs ambitions. Ils se caractérisent par une culture plus
entrepreneuriale, et pas seulement strictement financière. « En fait, nous avons créé les fonds dont
nous rêvions lorsque nous étions nous­mêmes entrepreneurs », explique Philippe Hayat,
cofondateur de Serena Capital, qui a lui­même dirigé ou créé trois entreprises. Pour concrétiser
son approche, Serena a constitué une cellule de quatre personnes, qui accompagne les
dirigeants de start­up dans lesquelles le fonds a investi sur les questions de finance, de marketing,
de recrutement et de direction générale.
Lire aussi :   Les start­up françaises à la fête (/economie/article/2017/01/06/les­start­up­francaises­a­la­
fete_5058638_3234.html)

Les montants investis ont eux aussi évolué. Il y a quelques années, les créateurs de start­up
investissaient leurs propres économies pour démarrer et complétaient avec l’argent que leurs
amis et leurs familles voulaient bien leur avancer. « Il n’était pas facile de lever de l’argent à
l’époque où nous avons créé Vestiaire Collective, en 2009, se souvient Sébastien Fabre. J’ai
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vendu mon appartement pour financer les premiers mois d’activité, puis nous avons levé nos
premiers fonds en mars 2010 : 1,5 million d’euros auprès de Ventech et 400 000 euros auprès de
Zadig & Voltaire. »
Six levées de fonds et 116 millions d’euros plus tard, Vestiaire Collective revendique le titre de
leader européen de la revente de vêtements et d’accessoires de luxe, avec 6 millions de membres
dans le monde. « Et, des 120 concurrents qui existaient en 2012, il n’en reste plus que 6 », ajoute
Sébastien Fabre.

« Au­delà du milliard d’euros »
Mêmes souvenirs pour Stanislas de Rémur, cofondateur et CEO d’Oodrive, qui propose du
partage de documents en ligne et qui vient de lever 65 millions d’euros auprès d’investisseurs
français. « A la création de la société, en 2000, nous avons levé l’équivalent de 300 000 euros
auprès de business angels. Pendant trois ans, nous ne nous sommes pas payés, nous sommes
retournés chez nos parents, nous n’avons pas pris de vacances. Nous nous sommes versé nos
premiers salaires en 2004, quand la société est devenue rentable. » Certes, les premières années
ne sont jamais faciles, mais les fonds d’amorçage se sont multipliés. « Il y a aujourd’hui tout ce
qu’il faut pour les jeunes créateurs, qui trouvent facilement 200 000 à 300 000 euros pour
démarrer si leur projet tient la route », affirme Philippe Hayat.

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Les entrepreneurs français sont également plus ambitieux ; certains ont une stratégie mondiale
dès leurs premiers pas. « Il y aura toujours de la place pour des petites sociétés artisanales qui
resteront sur un marché national. Mais, si une start­up a de plus grandes ambitions, elle doit aller
très vite aux Etats­Unis, car il est possible de créer là­bas de grandes entreprises. Le marché y est
beaucoup plus grand ! », conseille Pierre Chappaz, cofondateur de Kelkoo puis de Wikio,
devenue Teads, qui vient d’être rachetée par Altice pour 285 millions d’euros.
« De plus en plus de jeunes veulent devenir entrepreneur. Surtout, certains d’entre eux
ambitionnent de développer leur entreprise au­delà du milliard d’euros, alors qu’avant ils se
contentaient de la revendre lorsqu’elle réalisait 100 millions d’euros de chiffre d’affaires », assure
Bernard Liautaud, directeur associé chez Balderton et cofondateur de Business Objects, premier
éditeur de logiciels européen coté au Nasdaq (en 1994).

Recrutement problématique et instabilité fiscale
Cette ambition, Ludovic Le Moan, cofondateur et dirigeant de Sigfox, reconnaît qu’il l’a depuis le
début : « Devenir un leader mondial faisait partie du projet dès le départ, car nous sommes en
train de créer un nouveau marché. » Et d’ajouter : « Pour les start­up qui veulent devenir des
acteurs mondiaux, il faut se développer sur des marchés où il existe de vraies possibilités. Il ne
faut pas refaire ce qui existe déjà, comme certains ont essayé de le faire dans le cloud, par
exemple ! »
Toutefois, la France reste loin de la terre promise pour celui qui veut devenir un champion
mondial. Le recrutement y est problématique. On estime qu’il manque quelque 200 000 ingénieurs
dans tous les métiers. Et les entrepreneurs passent énormément de temps à constituer et à faire
grossir leurs équipes. Le droit du travail (représentation syndicale, comité d’entreprise…) est
souvent invoqué comme un frein à la croissance. « Une start­up qui se développe rapidement doit
pouvoir recruter sans se soucier de passer le seuil de 10 ou de 50 personnes. Pour une société de
notre portefeuille, nous avons estimé le coût du passage à 50 personnes à 230 000 euros »,
remarque Philippe Hayat.
Autre frein, l’instabilité fiscale. « Les créateurs de start­up s’accommodent de la pression fiscale
française, mais ils souhaitent vivement que la législation de la fiscalité soit stabilisée pour pouvoir
construire dans la durée », remarque Franck Sebag, associé au cabinet EY. En outre, la fiscalité
sur les plus­values, conjuguée aux risques que présentent les start­up, rebute nombre
d’investisseurs. Conséquence, l’épargne financière des Français ignore superbement les
entreprises innovantes.

Les acteurs pour un « Nasdaq européen »
Dans une note de janvier, France Stratégie suggérait qu’une petite partie de l’épargne financière
annuelle des ménages (qui pèse au total 75 milliards d’euros) soit réorientée vers les start­up,
« qui jouent un rôle de plus en plus important dans le dynamisme et le renouvellement du tissu
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productif ». Enfin, tous les acteurs souhaitent un « Nasdaq européen », une Bourse où les
potentiels champions mondiaux pourraient lever les capitaux nécessaires.
Un tel marché leur offrirait une autre option de croissance que le rachat par une grande société ou
de nouvelles levées de fonds, encore plus chronophages lorsque les montants se chiffrent en
centaines de millions. « Pour lever 150 millions d’euros, j’ai fait le tour du monde et présenté notre
dossier 70 fois. C’est épuisant ! », raconte Ludovic Le Moan.
Plus d’un millier de start­up voient le jour en France chaque année. Elles sont mieux financées et
plus ambitieuses que leurs aînées. Elles ont enfin en main tous les moyens pour que certaines
d’entre elles deviennent des leaders mondiaux. « On sait faire, il faut se donner les moyens et
avoir une vision à long terme. On est sur la bonne voie, je suis très optimiste », conclut Bernard
Liautaud. Rendez­vous dans cinq ans.

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