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SYNTHÈSE

Épidémiologie des cancers du Furet
Une étude de 856 cas
La plupart des études publiées sur l’épidémiologie des cancers du Furet sont d’origine nord-américaine. Cette
publication italienne parue dans BMC Veterinary Research permet d’en savoir davantage sur la situation en Europe.
Elle fait apparaître une large prédominance des tumeurs endocriniennes (surrénales et pancréas) puis cutanées
(mastocytomes) et permet d’observer des différences ténues mais bien réelles entre les constatations faites en Italie
et aux États-Unis.

Le Furet est un NAC pour lequel la prévalence des maladies cancéreuses a été estimée entre 5,2 et 12 %. Les
tumeurs endocriniennes prédominent dans cette espèce,
avec une majorité de néoplasies des îlots de Langerhans
et des glandes surrénales. Des facteurs environnementaux
et génétiques sont suspectés d’intervenir pour les tumeurs
des cellules bêta des îlots pancréatiques. À la fois au Japon
et aux États-Unis, les tumeurs surrénaliennes arrivent en
deuxième position, elles sont peut-être favorisées par
des gonadectomies précoces et par des photopériodes prolongées que connaissent les furets de compagnie, en sus
de facteurs génétiques. Viennent ensuite les tumeurs
hémolymphatiques et intertégumentaires. Les premières
sont plus fréquentes aux USA, les secondes au Japon.
Dans ces deux pays, l’épidémiologie des cancers du Furet
est assez similaire, ce qui peut s’expliquer par le fait que
la majorité des furets japonais sont importés des USA. Il
manquait jusqu’ici d’études épidémiologiques sur les cancers des furets en Europe et cet article vient combler ce
vide avec une revue rétrospective menée sur une période
de 11 ans dans le nord de l’Italie. Matériel et Méthodes
sont exposés dans cet article en accès libre.

Des tumeurs parfois multiples
Le nombre d’échantillons examinés au cours de cette
période a été de 910. Six cent quatre-vingt-dix comportaient au moins une lésion néoplasique. Des tumeurs multiples ont été diagnostiquées dans 134 cas (19,4 %).
Cent onze furets présentaient deux tumeurs, 16, 5 et 2
furets étaient porteurs respectivement de 3, 4 et 5
tumeurs d’origines différentes. Dès lors, 856 tumeurs
ont été incluses dans l’étude. Un tableau récapitulatif
est proposé par les auteurs, appareil par appareil, puis
en fonction des types tumoraux.
Sur ces 856 tumeurs, on recensait 313 néoplasies surrénaliennes, 200 pancréatiques, 156 cutanées ou sous-cutanées, 74 lymphoïdes, 26 osseuses, 24 intra-abdominales,
20 hépatiques, 15 digestives, 14 génitales, 15 « diverses ».
L’âge était connu dans 459 cas. L’âge moyen des furets
affectés était de 4,5 ans, l’âge médian de 5 ans (7 mois
à 10 ans). Le rapport femelles / mâles était de 0,99.

Tumeurs des glandes surrénales
Pour les 313 tumeurs des surrénales, diagnostiquées chez
303 furets et représentant 36,6 % de l’ensemble des cas,

l’âge moyen était de 4,4 ans, l’âge médian de 4,5 ans. Deux
cent quatre-vingt-neuf tumeurs étaient d’origine corticosurrénalienne (228 carcinomes et 61 adénomes). Treize
provenaient de la médullosurrénale avec 11 phéochromocytomes et 2 neuroblastomes. On trouvait aussi des
types tumoraux en petit nombre comme des léiomyomes,
léiomyosarcomes, des tumeurs à cellules fusiformes, etc.
Dix furets présentaient des tumeurs multiples. À noter que
la plupart des carcinomes de la corticosurrénale étaient
en général bien différenciés.

Tumeurs du pancréas
Deux cents tumeurs pancréatiques ont été diagnostiquées
chez 196 furets, soit 23,4 % de l’ensemble des cancers.
Les âges moyen et médian des patients étaient respectivement de 5,3 et 5 ans. Cent quatre-vingt-dix tumeurs
concernaient les îlots de Langerhans, dix étaient de nature
exocrine (4 adénomes et 6 adénocarcinomes). Quatre
furets étaient atteints concomitamment par des tumeurs
exocrines et insulaires. La majorité de ces dernières étaient
bien différenciées.

Peau : mastocytomes et tumeurs
des glandes sébacées
Les tumeurs lymphoïdes étant exclues, 156 tumeurs
cutanées et sous-cutanées ont été mises en évidence
chez 119 furets d’âge moyen de 4,7 ans, d’âge médian
de 5 ans. Les mastocytomes prédominaient (68), puis
venaient les néoplasies des glandes sébacées qui incluaient 22 épithéliomas (parfois en association avec un
carcinome épidermoïde ou une métaplasie épidermoïde), 16 adénomes également associés dans certains
cas à d’autres proliférations (6 carcinomes épidermoïdes,
3 métaplasies épidermoïdes) On comptait aussi 9 carcinomes épidermoïdes, représentant 5,8 % des tumeurs
cutanées et toujours associés à des tumeurs sébacées.
Dix-huit cas de tumeurs des glandes apocrines ont été
recensés (10 adénocarcinomes et 8 adénomes). Trois
de ces adénocarcinomes étaient localisés en région préputiale. Plus anecdotiquement, on a rencontré 8 hémangiomes, 3 fibromes, 3 léiomyomes, 2 trichoblastomes,
2 épithéliomas basocellulaires, etc. Vingt-cinq furets
présentaient des lésions cutanées néoplasiques multiples. Trois d’entre eux étaient porteurs de 4 tumeurs
différentes.
N°436 du 9 au 15 février 2017

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NAC
Tumeurs lymphoïdes
Soixante-quatorze tumeurs lymphoïdes ont été recensées,
soit 8,6 % des cas. Les animaux étaient ici plus jeunes avec
un âge moyen de 3,4 ans et un âge médian de 3,5 ans.
Soixante-dix étaient des lymphomes. Seize étaient des
lymphomes ganglionnaires primitifs, 14 étaient d’origine splénique, 13 trouvaient leur localisation dans le système digestif (4 dans l’estomac et 9 dans le grêle). Huit
étaient multicentriques, 5 cutanés (dont 2 lymphomes épithéliotropes). Cinq étaient hépatiques, 5 hépatospléniques,
un pancréatique et un rénal. Deux cas correspondaient à
des masses abdominales sans connexion visible à un tissu
donné. Enfin, on comptait 4 plasmocytomes.

Tumeurs osseuses :
presque toujours des chordomes
Vingt-six tumeurs osseuses ont été mises en évidence, ceci
représentant 3 % de l’effectif. La très grande majorité (26)
était constituée de chordomes, deux étaient des ostéosarcomes. L’âge moyen des animaux atteints était de 3,7
ans, l’âge médian de 4 ans. Tous les chordomes étaient
situés au niveau de la queue, les deux ostéosarcomes
provenaient du maxillaire.

Des tumeurs intra-abdominales
mal différenciées
Vingt-quatre tumeurs intra-abdominales sont incluses
dans cette série de cas, sans connexion apparente avec
un organe ou un tissu. Elles représentent 2,8 % des cas,
frappant des animaux d’âge moyen de 3,4 ans et d’âge
médian de 3 ans. Elles ne concernaient que des femelles.
Elles se présentaient pour 22 d’entre elles sous la forme
de lésions bien délimitées, dont le diamètre était compris entre 0,8 et 4 cm et se composaient habituellement
de cellules fusiformes ou polygonales avec un cytoplasme
vacuolaire. Les deux autres tumeurs étaient un hémangiome et un léiomyosarcome.

Tumeurs hépatiques
Vingt-six tumeurs hépatiques ont été répertoriées. Si on
exclut les tumeurs lymphoïdes, il en demeure 20, soit
3 % de l’ensemble des cas, incluant 6 carcinomes cholangiocellulaires, 6 tumeurs vasculaires, 5 tumeurs hépatocellulaires et 3 tumeurs indifférenciées. Les âges moyen
et médian des animaux étaient de 4,4 et 4 ans.

Appareil digestif
Quinze tumeurs (à l’exclusion des tumeurs lymphoïdes)

concernaient l’appareil digestif. Cinq siégeaient dans la
cavité buccale (3 carcinomes épidermoïdes, un sarcome
et un épulis fibromateux), 7 dans l’intestin (6 adénocarcinomes et léiomyome), on recensait enfin 3 carcinomes
gastriques.

Appareil reproducteur :
des cancers plutôt rares
L’appareil génital des femelles était le siège de 8 tumeurs.
Les tumeurs de l’ovaire comprenaient 3 néoplasies des cellules thécales, un adénocarcinome papillaire kystique.
Dans l’utérus, on a rencontré 2 adénocarcinomes et un
léiomyome, un papillome vaginal a été diagnostiqué.
L’âge moyen était de 3,2 ans, l’âge médian de 2,8 ans.
Chez les mâles, six tumeurs seulement ont été rapportées, dont 3 séminomes, 2 leydigomes et un carcinome
de la prostate.
Les auteurs détaillent ensuite 14 tumeurs très rarement
rencontrées dans cette série.

Des particularités à creuser
Dans la discussion, ils rappellent que les informations
épidémiologiques sur les cancers du Furet étaient
jusqu’ici d’origine extra-européenne. De nombreuses
similitudes existent avec les enseignements de cette
étude italienne. En particulier, on n’observe pas de prédisposition de sexe. L’âge est variable selon le type
tumoral considéré. Mais, si les néoplasies endocriniennes sont dans toutes les publications les plus fréquentes, ici, les tumeurs surrénaliennes apparaissent
plus volontiers rencontrées que les tumeurs pancréatiques. Ceci est peut-être inhérent à la méthodologie
employée. L’étude italienne considère en effet que l’on
est en présence d’une seule tumeur même en présence
d’insulinomes multiples. On constate que la plupart
des tumeurs de la corticosurrénale sont malignes, les
phéochromocytomes étant plutôt rares. Contrairement
à certaines études qui plaçaient en premier les tumeurs
sébacées dans les néoplasies cutanées, on note ici une
prédominance des mastocytomes. On note chez le Furet
une relative rareté des hémangiosarcomes, ostéosarcomes et carcinomes épidermoïdes par rapport à d’autres espèces. L’association des tumeurs sébacées aux
carcinomes épidermoïdes mérite selon les auteurs des
recherches plus approfondies, de même que la nature des
néoplasies intra-abdominales à cellules fusiformes. n
Jean-Pierre Samaille
AVALLONE (G) : Neoplastic diseases in the domestic ferret (Mustela putorius
furo) in Italy: classification and tissue distribution of 856 cases (2000–2010). BMC
Veterinary Research. 2016. DOI: 10.1186/s12917-016-0901-7.

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