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République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de la formation et de l'enseignement professionnels
Institut National Spécialisé de la Formation Professionnelle et de Gestion- Bejaia

Mémoire de fin de formation
en vue de l’obtention du diplôme de technicien supérieur
en Hygiène Sécurité et Environnement
(HSE)

Thème
Analyse des risques liés à un bac de stockage
d'hydrocarbures
au sein de la société pétrolière
SONATRACH
(BEJAIA)

Réalisé par :

Promoteur :



Mr. Samir YAZID





Mr. Lamine MEDDOURENE

Mr. Nadir TOULOUM

Encadré par :


Mme. M. MESSAOUDI


Promotion : 2014/2017

Remerciements
Nous remercions nos familles respectives pour leurs encouragements et leur
soutien tout au long de notre parcours scolaire.
Nous tenons aussi à remercier notre encadreuse au sein de l’INSFP, Mme
Messaoudi qui a su nous guider lors de l’élaboration de notre mémoire, ainsi que
l’ensemble du corps enseignant et administratif de l’INSFP.
Nous remercions également notre promoteur au sein de la SONATRACH, Mr.
Nadir TOULOUM et tout le personnel de la SONATRACH qui nous ont bien orienté
lors de notre stage pratique.
Nous remercions tous ceux qui par leurs encouragements, leurs aides
intellectuelles ou matérielles, leurs conseils ou leurs critiques, ont contribué a
réalisation de ce travail.
Enfin, nous remercions les membres du jury d’avoir bien voulu nous faire
l’honneur de lire, d’apprécier et de juger notre travail.

I

Liste des abréviations

AM : Autorisation Ministérielle.
API : American Petroleum Institute.
ARIA : Analyse, Recherche et Information sur les Accidents.
AT : Accident de Travail.
ATEX : ATmosphère EXplosible.
BARPI : Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles.
CEI : Commission Electrotechnique Internationale.
CHSCT : Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail.
EPI : Equipement de Protection Individuelle.
ICPE : Installation Classée pour la Protection de l’Environnement.
IFP : Institut Français du Pétrole.
INERIS : Institut National de l'Environnement industriel et des RISques
INRS : Institut National de Recherche et de Sécurité.
JO : Journal Officiel.
MP : Maladie Professionnelle.
ORSEC : ORganisation des SECours.
PID : Piping and Instrumentation Diagram. (Schéma tuyauterie et instrumentation).
POI : Plan d'Opération Interne / Plan d’Organisation Interne.
RPA : Règles Parasismiques Algériennes.
RTC : Région Transport Centre.
TEP : Tonne d’Équivalent Pétrole.
TMD : Transport de Matières Dangereuses.
TRC : TRansport par Canalisations.

II

Liste des figures

Chapitre II :
Figure 1: Dépôt de pétrole .................................................................................................. 34
Figure 2: Exemple de fondation de bac ............................................................................... 36
Figure 3 : Tôles de la Robe .................................................................................................. 37
Figure 4 : Toit conique supporté ......................................................................................... 38
Figure 5: Toits fixes autoportants ...................................................................................... 38
Figure 6 : Toit simple pont ................................................................................................... 41
Figure 7 : Exemple de bac à toit flottant .............................................................................. 42
Figure 8 : Toit à double pont ............................................................................................... 43
Figure 9 : Toit flottant de conception soudée ...................................................................... 45
Figure 10 : écran flottant de conception boulonnée .......................................................... 45
Figure 11 : Béquille à réglage fixe ........................................................................................ 46
Figure 12 : Béquille casse vide ............................................................................................ 46
Figure 13 : Exemple d'évacuation des eaux pluviales ........................................................... 47
Figure 14 : Exemple de Joint mécanique .............................................................................. 47
Figure 15 : Exemple de joint liquide..................................................................................... 48
Figure 16 : Exemple de joints secs ..................................................................................... 48
Figure 17 : Aspiration flottante ............................................................................................ 49
Figure 18 : Exemple d'un dispositif d'arrosage des bacs ....................................................... 50
Figure 19 : Exemple de dispositifs d'injection de mousse ..................................................... 50
Figure 20 : Flexible d’injection de mousse ........................................................................... 51
Figure 21 : Protection eau et mousse d'un réservoir à toit fixe ........................................... 52
Figure 22 : Les cuvettes sous réservoirs .............................................................................. 53
Figure 23 : Cuvette qui ne contient pas de réservoir ............................................................ 53
Figure 24 : mise à la terre ................................................................................................... 54

Chapitre III :
Figure 1: Carte réseaux de pipelines (ALGERIE) - transport par canalisation ........................ 57
Figure 2: Localisation des principales industries entourant le terminal marin de Bejaia ....... 57
Figure 3: Position et détermination des bacs des parcs de stockage Nord et sud. ................ 59
Figure 4: PID simplifié du parc de stockage Nord ................................................................. 60
Figure 5: PID simplifié du parc de stockage Sud .................................................................. 61
Figure 6: Gare racleur arrivée (terminal Nord) .................................................................... 62
Figure 7: Vue du bac 4F5 du parc de stockage Nord sur rétention ....................................... 62
Figure 8: Bac tampon 4Y1 à toit fixe (parc de stockage Nord) .............................................. 63

III

Sommaire

Remerciements

I

Liste des abréviations

II

Liste des figures

III

Sommaire :

IV

Introduction :

1

CHAPITRE I : NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA GESTIONS DES RISQUES
I.

NOTIONS GENERALES :

3

II.

LE PROCESSUS DE GESTION DES RISQUES :

III. CADRE REGLEMENTAIRE :

15
26

CHAPITRE II : GÉNÉRALITÉS SUR LES HYDROCARBURES ET LEUR STOCKAGE
I.

GENERALITES SUR LES HYDROCARBURES :

29

II.

GENERALITES SUR LE STOCKAGE DES HYDROCARBURES :

33

CHAPITRE III : Cas pratique
I.

PRESENTATION DE L’ORGANISME D’ACCUEIL :

55

II.

DEMARCHE POUR L’ANALYSE DES RISQUES :

68

III. SYNTHESE DES RESULTATS :

75

Conclusion

87

Bibliographie :

V

Table des matières :

VII

IV

Introduction

Depuis le XXe siècle, le pétrole est devenu une ressource hautement stratégique pour
les pays industrialisés : cette source d'énergie leur a permis de se développer et elle est
devenue indispensable au fonctionnement de leurs économies et de l’industrie mondiale.
Le stockage des hydrocarbures est un secteur névralgique dans l’industrie pétrolière, il
permet entre autre d’ajuster l’offre à la demande, de conserver le pétrole en attendant son
raffinage ou de se prémunir des crises internationales. Mais ceci présente des risques
inhérents, sur le plan matériel, humain et environnemental, des risques qu’il faut
absolument maitriser et réduire.
De ce fait, nous avons opté pour la réalisation d’une analyse préliminaire des risques
sur un des bacs de stockage du terminal marin de Bejaïa, une analyse qui a pour objectif
l’identification des risques et de leurs causes, la cotation de ces risques identifiés et enfin la
proposition de mesures et de recommandations.
Les risques liés au stockage des hydrocarbures peuvent donc avoir des conséquences
désastreuses, quels sont alors ces risques ? Et quelles sont les mesures les plus adéquates
qui peuvent atténuer leurs effets sur la santé humaine, l’environnement et le matériel ?
Ainsi, notre mémoire s’articule autour de trois chapitres. La compréhension du thème
est liée au bon ordre de ces chapitres, et pour cela nous avons essayé de faciliter la lecture
de notre travail en rendant le contenu et la structure des trois chapitres clairs et marqués de
rigueur scientifique autant que possible.
Le premier chapitre concerne le processus de gestion des risques et des principales
méthodes d’analyse, précédé par quelques définitions et notions générales pour mieux se
familiariser avec le thème de l’étude.
Le second chapitre est consacré aux généralités sur les hydrocarbures et leur
stockage : c’est un chapitre qui traite les propriétés hydrocarbures en général et du pétrole

1

en particulier et tout ce qui concerne son stockage, les types de stockages et leur
composantes.
Le troisième chapitre est quant à lui dédié à la partie pratique du mémoire, avec au
début une présentation de l’organisme d’accueil où il sera question la description du dépôt
d’hydrocarbures de Bejaïa suivi de l’application de la démarche d’analyse des risques qui est
une étape primordiale dans l’analyse des risques car elle pose les limites de l’étude, définit le
système et son environnement, indique les critères de cotation des risques et d’autres
détails essentiels. La dernière partie de ce chapitre constitue quant à elle une synthèse des
résultats de l’analyse sous formes de tableaux.

2

CHAPITRE I :
NOTIONS GÉNÉRALES
SUR LA GESTION DES
RISQUES

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

Nombreux sont les risques qui peuvent survenir lors du stockage des
hydrocarbures, ces risques peuvent endommager les équipements et peuvent même
causer des dégâts sur le plan humain et environnemental, c’est pour cela qu’il est
nécessaire d’avoir une bonne gestion des risques pour assurer la sécurité des
équipements et des humains, de protéger l’environnement et de connaitre les
causes et les conséquences des incidences.
Ce chapitre constitue donc une ébauche sur la gestion des risques. Il comporte
entre autre des notions de base en hygiène, sécurité et environnement, une
présentation du processus de gestion des risques et des principales méthodes
d’analyse et du cadre réglementaire algérien lié à l’HSE et à l’environnement.
I.

Notions générales :
I.1

Risque :
-

Effet de l'incertitude sur l'atteinte des objectifs. (1)

-

De façon générale, le risque est la prise en compte d’une exposition à un
danger, un préjudice ou autre événement dommageable, inhérent à une
situation ou une activité. Hors de toute gestion donc de toute maîtrise, le
risque, s’il se concrétise, génère souvent des désagréments. (2)

-

Le RISQUE est l’association d’un DANGER, de sa PROBABILITE, de sa GRAVITE
et de son ACCEPTABILITE. Le risque est un ensemble de quatre éléments
indissociables. Un peu comme une équation mathématique. (3)

I.1.1

Impact :
L’impact est la conséquence ou l'effet produit par la réalisation du risque.

L'impact d'un risque se définit par trois notions qui sont : le type d'impact, la valeur
de l'impact qui peut être fonction du temps et donc caractérisé par une loi, et la
technique utilisée pour estimer l'impact. (4)
I.1.2

Dommages :
Les dommages sont les conséquences péjoratives d’un phénomène (accident,

catastrophe) sur les biens (dégâts), les activités (perturbations) et les personnes
(préjudices). En règle générale, ils sont quantifiés économiquement afin d'être pris

3

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

en compte par les assurances et dans le cadre de procédures juridiques destinées,
entre autres, à établir les responsabilités et les réparations. (5)
I.1.3

Préjudice :
Le préjudice est le dommage qui est causé à autrui d'une manière volontaire

ou involontaire. Le préjudice peut être causé par le fait d'une personne, par le fait
d'un animal ou d'une chose, ou encore par la survenance d'un événement naturel.
(6)
I.1.4

Facteur de risque :
Est un élément présent susceptible de causer un risque, c'est-à-dire la

survenance de l'accident. Les facteurs de risque se qualifient par leur domaine
(humain, culturel, matériel, technique (risque toxique, thermique, d’explosion…),
juridique, etc.) ou leur point d'application (le projet lui-même, et l'organisation au
sein de laquelle il va s'insérer). Ils se quantifient en niveau d'incertitude et/ou de
complexité. (7)
I.1.5

Cible :
Le risque existe si le danger peut toucher et affecter une ou plusieurs cibles. Un

danger identifié mais ne pouvant atteindre aucune cible ne représente aucun risque.
(5)
D’où l’on peut cette fois pressentir que, pour éviter tout risque lorsque le
danger lui-même ne peut être supprimé, il faudra sans doute rendre durablement
impossible tout contact entre le danger et sa cible. (2)
I.1.6

Aléa :
L'aléa (Hazard en anglais) est un phénomène résultant de facteurs ou de

processus qui échappent, au moins en partie, au contrôle de l'homme. L'aléa ne
devient

un

risque

qu'en

présence

d'enjeux

humains,

économiques

et

environnementaux, possédant une certaine vulnérabilité (fragilité). (5)
I.1.7

Enjeux :
Personnes, biens, équipements, environnement, susceptibles d'être affectés

par un phénomène d'origine naturelle et/ou anthropique et de subir des préjudices

4

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

ou des dommages. Les enjeux ne sont étudiés que dans la mesure où ils présentent
une certaine vulnérabilité face aux aléas. La plupart du temps, les enjeux sont
englobés dans le terme vulnérabilité qui désigne alors des objets caractérisés par
une valeur et une capacité de résistance physique à l’aléa. (5)
I.1.8

Vulnérabilité :
La vulnérabilité exprime le niveau d'effet prévisible d’un aléa sur des enjeux

(l'homme et ses activités). Elle est traduite en anglais par les termes vulnerability ou
sensitivity. Elle évalue dans quelle mesure un système socio-spatial risque d’être
affecté par les effets néfastes des aléas. (5)
I.2

Danger :
Un danger est toute source potentielle de dommage, de préjudice ou d'effet

nocif à l'égard d’une chose ou d'une personne dans certaines conditions dans le
milieu de travail. Fondamentalement, un danger peut entraîner un préjudice ou des
effets nocifs (aux personnes sous forme d'effets sur la santé, ou à l'organisation sous
forme de pertes de biens ou d'équipement). (7)
Propriété ou capacité intrinsèque d'un équipement, d'une substance, d'une
méthode de travail, de causer un dommage. (8)
I.2.1

Situation dangereuse :
Situation de travail dans laquelle un événement dangereux est possible du fait

de la présence d'un individu en relation avec un ou plusieurs phénomènes
dangereux.
Situation dans laquelle une personne est exposée à au moins un phénomène
dangereux. L’exposition peut entraîner un dommage, immédiatement ou à plus long
terme. (9)
I.2.2

Phénomène dangereux :
Evénement susceptible de causer un dommage ou source potentielle de

dommage. (9)

5

Chapitre I

I.2.3

Notions générales sur la gestion des risques

Potentiel de danger :
Système (naturel ou créé par l’homme) ou disposition adoptée et comportant

un (ou plusieurs) « danger(s) » ; dans le domaine des risques technologiques, un «
potentiel de danger » correspond à un ensemble technique nécessaire au
fonctionnement du processus envisagé. (4)
I.2.4

Evénement initiateur :
Cause directe d’une perte de confinement ou d’intégrité physique. Une

montée en pression, une agression mécanique externe, la corrosion sont le plus
souvent des évènements initiateurs. (10)
I.2.5

Evènement redouté :
Perte de confinement sur un équipement dangereux ou perte d’intégrité physique

d'une substance dangereuse. (10)

I.3
I.3.1

Estimation du risque :
Probabilité :
La probabilité fait souvent référence à un degré précis de survenance d'un

événement. Elle peut être évaluée d'un point de vue quantitatif en pourcentage, en
nombre de cas possibles ou en fréquence. La probabilité peut également être
évaluée d'un point de vue qualitatif (probabilité rare, probabilité modérée,
probabilité presque certaine). (11)
I.3.2

Gravité :
Importance des conséquences négatives directes et indirectes associées au

risque. Selon le contexte, la gravité des dommages ou des préjudices subis par
l'organisation est définie qualitativement ou quantitativement en fonction des
répercussions sur les personnes, le projet, l'organisation ou son environnement. (11)
I.3.3

Criticité :
Produit de la probabilité d'occurrence d'un accident par la gravité de ses

conséquences: criticité = probabilité × gravité. (12)

6

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

La représentation traditionnelle du risque identifie les sources de dangers et
les classe en fonction de leur fréquence (probabilité) et de leur gravité
(conséquences), à l’aide d’une matrice à deux dimensions. Ces critères « fréquence
et gravité » sont souvent évalués chacun sur une échelle de 1 à 4, qui multipliés,
donnent un niveau de criticité (chiffre allant donc de 1 à 16), ce qui permet de
classifier et attribuer une priorité de traitement du risque. La fréquence dépend,
entre autres éléments, de la durée d’exposition au risque, qui entraîne une
probabilité d’apparition d’un dommage généralement croissante avec elle. La gravité
dépend de la nature des lésions corporelles et du nombre de personnes subissant le
dommage. (13)
I.3.4

Acceptabilité :
L'acceptation d'un risque dépend des critères retenus par l'ou les personnes

qui prennent la décision. (14)
L'acceptabilité sociale des risques est fortement liée à la reconnaissance de
leur nature anthropique et à leur gestion à travers un ensemble de procédures, de
controverses, d'expertises. Un risque est considéré comme acceptable (ou tolérable)
par une personne ou une collectivité lorsqu'elle peut en supporter les conséquences,
les dommages, au regard de sa probabilité d’occurrence (aléa). De fait, l'acceptabilité
est variable dans le temps et dans l'espace. Les législations et les réglementations, en
fixant des normes, des seuils, des compensations, témoignent de ces évolutions et
de cette variabilité spatiale et temporelle. Des jeux d'acteurs se nouent autour des
enquêtes d'utilité publique, des décisions d'aménagements du territoire, entre
associations, décideurs, entrepreneurs, assureurs. (5)
I.4

Sûreté, sécurité :
La sûreté concerne l'ensemble des moyens humains, organisationnels et

techniques réunis pour faire face aux actes spontanés ou réfléchis ayant pour but de
nuire, ou de porter atteinte dans un but de profit psychique ou/et financier...
La sécurité désigne l'ensemble des moyens humains, organisationnels et
techniques réunis pour faire face aux risques techniques, physiques, chimiques et

7

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

environnementaux pouvant nuire aux personnes et aux biens sans avoir un but de
profit... (15)
I.4.1

Prévention :
La prévention a pour but d’anticiper la manifestation éventuelle d’un risque en

limitant ses effets destructeurs. L'action préventive agit en priorité à la source.
Au sens strict, la prévention correspond à des risques connus dont on connaît
le périmètre et les effets potentiels (ils sont appelés risques avérés). Ce qui impose
un travail scientifique de prévision pour estimer la probabilité de survenue et les
caractéristiques (date, intensité, localisation) du risque. La prévention repose sur des
instruments tels que les études d'impact, les autorisations préalables, les éco-audits
et le management environnemental. La prévention peut intervenir à partir du
moment où l'observation des faits, et la connaissance des mécanismes en jeu,
permettent d'estimer les dommages (financiers ou non), et de proposer une action
qui proportionne les mesures d'évitement aux coûts estimés. (5)
I.4.2

Précaution :
Alors que la prévention correspond à des risques connus pouvant être plus ou

moins réduits, la précaution se situe dans un domaine où subsiste d'importantes
incertitudes quant à l'existence et à l'ampleur d'un risque dont les effets pourraient
être graves et irréversibles, ce qui rend difficile, voire impossible, l'estimation de ses
enjeux. La précaution s'impose donc comme attitude de prudence autorisant la prise
de décision en attente d'informations supplémentaires sur la prise de risque à gérer.
La différence entre précaution (présomption de risques graves et irréversibles
mais incertains, ce sont des risques potentiels) et prévention (risque identifié) est
importante, car les deux situations conduisent à des décisions qui ne sont pas de
même nature. (5)
I.4.3

Prévision :
La prévision a pour but de mieux connaître les aléas, leur fréquence, leur

intensité et les lieux où ils sont susceptibles de se manifester. La prévision est une
représentation précise d'un événement futur qui sera le résultat de causes déjà
agissantes. Cet aspect de la gestion des risques mobilise fortement la communauté

8

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

scientifique. Cette prévision peut alors inciter à adopter une politique de prévention
pour les zones et les populations vulnérables. (5)
I.4.4

Protection :
Stratégie de gestion du risque qui consiste à mettre en œuvre un ensemble de

mesures pour diminuer la gravité du risque et en minimiser les conséquences, et
pour rendre le risque résiduel acceptable. (2)
I.4.5

Barrière de sécurité :
Une barrière de sécurité est définie comme étant : une procédure ou un

élément matériel destiné à interrompre ou à modifier le scénario d’un accident de
manière à en réduire soit la probabilité, soit les conséquences, celles-ci peuvent être
divisées en barrière de prévention et barrières de protection.
Le terme « Barrière de sécurité » regroupe les barrières techniques de sécurité
et les barrières organisationnelles de sécurité.
Barrière technique de sécurité : un élément matériel, un dispositif de sécurité
ou un système instrumenté de sécurité mis en place tant pour réduire la probabilité
que les conséquences.
Barrière organisationnelle de sécurité : une activité humaine (opération ou
procédure) qui s’oppose à l’enchaînement d’événements susceptibles d’aboutir à un
accident (prévention) ou qui en diminue les conséquences (protection). (16)
I.5

Incident, accident et catastrophe :
Si le risque est une potentialité, l’accident est une réalité appelé la survenance

ou la concrétisation du risque, c’est-à-dire le moment où le danger touche la cible,
lui occasionnant des dommages plus ou moins importants.
C’est en fait l’importance des dommages causés et subis qui différencie
incident, accident et catastrophe. L’incident peut même ne provoquer aucun
dommage et n’être que la révélation d’un fonctionnement considéré comme
anormal. Au contraire, l’accumulation de dommages graves permet de qualifier
l’événement de catastrophe. L’accident est donc moins terrifiant que la catastrophe
et plus ennuyeux que l’incident. (5)

9

Chapitre I

I.5.1

Notions générales sur la gestion des risques

Accident de travail :
Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident

survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant à
quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou
chefs d’entreprise. (17)
I.5.2

Maladie professionnelle :
Une maladie est dite « professionnelle » si elle est la conséquence directe de

l’exposition habituelle d’un travailleur à un risque physique, chimique, biologique, ou
résulte des conditions dans lesquelles il exerce son activité professionnelle. (17)
I.5.3

Incendie :
Un incendie est une combustion, qui émet de grandes quantités de chaleur,

des fumées et des gaz polluants. Pour qu’il se déclare, il faut que soient présents,
simultanément sur le lieu de travail, les trois éléments :
-

Un combustible, c’est-à-dire une matière capable de se consumer (matériau
de construction, bois, essence…),

-

Un comburant qui, en se combinant avec le combustible, permet la
combustion (oxygène, air…),

-

Une source d’inflammation qui va déclencher la réaction de combustion
(électricité, flamme nue, cigarette…). (5)

I.5.4

Combustion :
La combustion est une réaction exothermique dégageant de la chaleur entre

l’oxygène de l’air et certaines substances (solides, liquides ou gazeuses) dites
combustibles, l’air étant le comburant.
Un combustible mis en présence d'un comburant en rapport avec une énergie
d'activation provoque l'éclosion d'un foyer incendie.
La combustion ne peut se produire que lorsque l'on réunit trois éléments : un
combustible, un comburant, une énergie d'activation. On appelle ceci le triangle du
feu. (5)

10

Chapitre I

I.5.5

Notions générales sur la gestion des risques

Explosion :
L’explosion, à la différence de l’incendie, est une combustion quasiment

instantanée. Elle provoque un effet de souffle accompagné de flammes et de
chaleur. Elle ne peut survenir qu’après formation d’une atmosphère explosive
(ATEX). Celle-ci résulte d’un mélange avec l’air de substances combustibles (farine,
poussières de bois, vapeurs de solvants…), dans des proportions telles qu’une source
d’inflammation d’énergie suffisante produise son explosion. (18)
I.5.6

ATEX :
Une atmosphère explosive (ATEX) est un mélange avec l'air, dans les conditions

atmosphériques, de substances inflammables sous forme de gaz, vapeurs ou
poussières dans lequel, après inflammation, la combustion se propage à l'ensemble
du mélange non brûlé. (19)
I.5.7

Boil over :
Un boil over est un phénomène de moussage brutal impliquant des réservoirs

atmosphériques et résultant de la transformation en vapeur, d'eau liquide (fond
d'eau, eau libre, émulsion) contenue dans un réservoir en feu.
Ce phénomène est à l’origine de violentes projections de combustible, du
bouillonnement du contenu du bac, de l’extension des flammes et de la formation
d’une boule de feu. Ce phénomène se caractérise notamment par la présence d’une
onde de chaleur.
En outre, il ne doit pas être confondu avec le phénomène de frothover
impliquant un réservoir réchauffé et non en feu, ou un slopover qui est un
phénomène de faible ampleur localisé à la surface de l'hydrocarbure contenu dans
un bac. (20)
I.5.8

Effet domino :
Un effet domino peut être défini comme l'action d'un premier phénomène

dangereux capable de générer un second accident sur une installation voisine ou un
établissement voisin, dont les effets seraient plus « graves » que ceux de l’accident
premier Directive Seveso 2 - article 8 : l'autorité compétente identifie les
établissements ou groupes d'établissements pouvant présenter en raison de leur

11

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

localisation les uns par rapport aux autres, des risques accrus. Il est demandé une
coopération entre les établissements proches afin qu'ils échangent des informations
dont les rapports de sécurité et les plans d'urgence. (21)
I.6

Risque majeur :
Les risques majeurs se définissent comme la « possibilité d'un événement

d'origine naturelle ou anthropique, dont les effets peuvent mettre en jeu un grand
nombre de personnes, occasionner des dommages importants et dépasser les
capacités de réaction de la société. […] Un risque majeur est caractérisé par sa faible
fréquence et par son énorme gravité ».
Un événement potentiellement dangereux ALÉA n'est un RISQUE MAJEUR que
s'il s'applique à une zone où des ENJEUX humains, économiques ou
environnementaux sont en présence. (21)
 Les risques majeurs peuvent être « naturels » ou « technologiques » selon
leur origine :
I.6.1

Risque technologique :
Sont d’origine anthropique, bien qu’un aléa naturel puisse entraîner une

catastrophe technologique, comme l’incident nucléaire de Fukushima a pu
récemment le rappeler. On retrouve au sein des risques majeurs technologiques : les
risques industriels, les risques liés au transport de matières dangereuses (TMD), le
risque nucléaire ou encore le risque de rupture de barrage.
Un risque technologique majeur est un événement accidentel se produisant
sur un site industriel et entraînant des conséquences immédiates graves pour le
personnel, les populations avoisinantes, les biens ou l’environnement. Les
conséquences d’un accident dans ces industries sont regroupées sous trois
typologies d’effets : les effets thermiques, les effets mécaniques et les effets
toxiques. (22)
I.6.2

Risque naturel :
Un risque naturel implique l'exposition des populations humaines et de leurs

infrastructures à un évènement catastrophique d'origine naturelle.

12

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

Un risque naturel est donc la rencontre entre un aléa d'origine naturelle et des
enjeux humains, économiques ou environnementaux.
La notion de risque naturel se distingue de celle de phénomène naturel. Les
phénomènes naturels peuvent être de nature atmosphérique (froid, chaleur, orages
violents, tempêtes, rayonnement solaire, inondations, avalanches…) ou géologique
(séismes, activités volcaniques, inondations, mouvements de terrain, raz de
marée…). Un risque naturel découle de la conjonction d'un phénomène naturel
(aléatoire) et de la présence de biens ou d'activités vulnérables. Ainsi, un orage de
très forte intensité entraîne un risque faible dans une zone déserte ou peu habitée,
tandis que des pluies d'intensité moyenne peuvent provoquer des dommages
considérables si elles surviennent dans des villes. (23)
I.6.3

ICPE :
On appelle installation classée pour la protection de l'environnement, les

usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations
exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée,
qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du
voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture,
soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour
l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des
monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. (5)
I.7

Système :
Ensemble de deux ou plusieurs éléments initialement reliés, un ensemble de

livre par exemple ne peut pas constituer un système, les éléments d’un système sont
reliés d’une manière ou d’une autre, ces éléments n’ont pas besoin d’être
semblables. A chaque système correspond un environnement, l’environnement est
tout ce qui ne fait pas partie du système, il existe deux types de système :
-

Système ouvert : qui communique avec son environnement, il l’influence et
est influencé par lui.

-

Système fermé : qui n’a aucune communication avec son environnement. (5)

13

Chapitre I

I.8

Notions générales sur la gestion des risques

Norme :
Une norme désigne un ensemble de spécifications décrivant un objet, un être

ou une manière d’opérer. Il en résulte un principe servant de règle et de référence
technique. (24)

14

Chapitre I

II.

Notions générales sur la gestion des risques

Le processus de gestion des risques :
II.1

Gestion des risques :
La gestion des risques ou management des risques peut être définie comme

l’ensemble des activités coordonnées menées en vue de réduire les risques à un
niveau jugé tolérable ou acceptable à un moment donné et dans un contexte donné.
II.1.1 Analyse des risques :
L’analyse des risques vise donc tout d’abord à identifier les sources de dangers
et les situations associées qui peuvent conduire à des dommages sur les personnes,
l’environnement ou les biens.
Consécutivement à cette identification, il s’agit d’estimer les risques en vue de
hiérarchiser les risques identifiés au cours de l’analyse et de pouvoir comparer
ultérieurement ce niveau de risque aux critères de décision.
L’estimation du risque implique la détermination :
-

d’un niveau de probabilité que le dommage survienne,

-

d’un niveau de gravité de ce dommage.

II.1.2

Evaluation du risque :
L’évaluation du risque désigne l'étape de comparaison du risque estimé à des

critères de décision face au risque. La plupart du temps, il s'agit de décider si le
risque est acceptable ou s'il doit faire l'objet de mesures supplémentaires de
maîtrise. La définition de critères d’acceptabilité du risque est réalisée en amont ou
en parallèle au processus d'analyse de risque.
II.1.3 Réduction du risque :
La réduction du risque (ou maîtrise du risque) désigne l’ensemble des actions
ou dispositions entreprises en vue de diminuer la probabilité ou la gravité des
dommages associés à un risque particulier.
De telles mesures doivent être envisagées dès lors que le risque considéré est jugé
inacceptable.

15

Chapitre I

II.2

Notions générales sur la gestion des risques

Démarche pour l’analyse des risques associés à des installations
industrielles :
Cette démarche se décompose généralement en plusieurs étapes :

II.2.1 Définition du système et des objectifs à atteindre :
II.2.1.1 Définition du système :
L’analyse des risques est un travail qui peut s’avérer complexe et mobiliser des
ressources importantes. Dès lors, il est indispensable d’identifier clairement le
système à étudier et de déterminer sans ambiguïtés les limites de l’étude.
Cette définition permet notamment de limiter la description du système aux
informations nécessaires et suffisantes au champ de l’étude.
II.2.1.2 Définitions des objectifs à atteindre :
La définition des objectifs de l’analyse des risques est une étape essentielle qui
permet notamment de définir les critères d’acceptabilité des risques.
Il peut par exemple être nécessaire de mener une analyse des risques dans l’un des
buts particuliers suivants :
-

analyser les risques d’accidents de manière générale et les évènements
pouvant nuire à la bonne marche du procédé (pannes, incidents…),

-

analyser plus spécifiquement les risques aux postes de travail, réaliser une
étude ATEX (Code du travail),

II.2.2

analyser les risques d’accidents majeurs (cas de l’étude des dangers).
Recueil des informations indispensables a l’analyse des risques :
Le recueil des informations nécessaires à l’analyse des risques est

probablement une des phases les plus longues du processus mais également une des
plus importantes.
II.2.2.1 Description fonctionnelle et technique du système :
La description fonctionnelle vise notamment à collecter l’ensemble des
informations indispensables pour mener l’analyse.

16

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

II.2.2.1.1 Fonctions du système :
Des questions classiques du type « A quoi sert… ? » permettent d’identifier
simplement les fonctions du système étudié.
L’identification de ces fonctions permet de caractériser les défaillances possibles du
système. La défaillance d’un système peut être définie comme la cessation de
l’aptitude d’une entité à accomplir une fonction requise.
II.2.2.1.2 Structures du système :
La définition de la structure du système vise à décrire les différents éléments
qui le composent.
II.2.2.1.3 Conditions de fonctionnement du système :
Cette description vise à caractériser les états de fonctionnement du système
ainsi que de ses composants.
II.2.2.1.4 Conditions d’exploitation :
Les conditions d’exploitation regroupent les éléments qui concernent les
conditions de surveillance du système ainsi que les conditions d’intervention
(maintenance préventive, corrective…).
II.2.2.2 Environnement du système :
La description de l’environnement du système est importante à double titre :
-

l’environnement peut être une source d’agressions pour le système,

-

l’environnement

constitue

généralement

un

ensemble

d'éléments

vulnérables pouvant être affectés en cas d’accident.
II.2.2.2.1 Eléments vulnérables présents dans l’environnement :
Afin d’apprécier la gravité d’un accident ou incident potentiel, il est
indispensable de bien identifier les éléments de l’environnement qui pourraient être
affectés.
II.2.2.2.2 Sources d’agressions externes :
Les sources d’agressions externes peuvent, quant à elles, être multiples. Il est
difficile d’en donner un inventaire exhaustif.

17

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

II.2.2.3 Identification des potentiels de dangers :
II.2.2.3.1 Potentiels de danger internes :
La définition des potentiels de dangers internes doit être réalisée de la façon la
plus exhaustive possible en étudiant entre autres : les dangers liés aux produits, les
conditions opératoires et les réactions chimiques.
II.2.2.3.2 Potentiels de dangers externes :
L’identification des potentiels de dangers externes doit permettre de
caractériser les risques d’agressions externes sur le système.
II.2.2.4 Analyse des accidents/incidents passés :
L’analyse des accidents passés joue un rôle fondamental dans l’analyse des
risques, cette analyse porte à la fois sur les incidents et accidents survenus sur les
installations étudiées ou sur des installations similaires.
II.2.3 Définition de démarche à mettre en œuvre :
La définition précise de la démarche d’analyse des risques à mettre en œuvre
demande notamment de choisir le ou les outils les mieux adaptés, de définir le
groupe de travail qui participera à la réflexion et, le cas échéant, de fixer des échelles
de cotation des risques et une grille de criticité.
II.2.3.1 Choix des méthodes d’analyse des risques :
Il existe un grand nombre d’outils ou méthodes dédiés à l’identification des
dangers et des risques associés à un procédé ou une installation.
Ces méthodes prises individuellement ou de façon combinée permettent le plus
souvent de répondre aux objectifs d’une analyse des risques portant sur un procédé
ou une installation.
II.2.3.1.1 Approche déductive/inductive :
Dans une approche inductive, une défaillance ou une combinaison de
défaillances est à l’origine de l’analyse. Il s’agit alors d’identifier les conséquences de
cette ou ces défaillances sur le système ou son environnement. On dit généralement
que l’on part des causes pour identifier les effets.

18

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

A l’inverse, dans une approche déductive, le système est supposé défaillant et
l’analyse porte sur l’identification des causes susceptibles de conduire à cet état. On
part alors des effets pour remonter aux causes.
II.2.3.1.2 Approche qualitative/quantitative :
Une analyse quantitative consiste à caractériser numériquement le système à
analyser, en déterminant par exemple le taux de défaillance, la probabilité
d'occurrence d'une défaillance, les coûts des conséquences, ...
Contrairement à une analyse quantitative, une analyse qualitative ne consiste
pas à quantifier mais à donner une appréciation. On cherchera à déterminer avec
une analyse qualitative quelles occurrences sont possibles ; par exemple une
défaillance pourra avoir une probabilité d'occurrence très faible, faible, moyenne ou
forte.
II.2.3.2 Constitution d’un groupe de travail :
De manière générale, les méthodes d’analyse des risques sont destinées à être
mises en œuvre dans le cadre d'un groupe de travail. Si leur utilisation par une
personne seule n’est pas impossible, les résultats obtenus risquent néanmoins de
perdre de leur pertinence.
II.2.3.3 Echelles de cotation des risques :
Dans ces cas, il faut définir en amont de l’analyse des échelles de cotation des
risques en termes de probabilité et de gravité ainsi qu’une grille de criticité
explicitant les critères d’acceptabilité sur lesquels le groupe de travail se fondera
pour proposer des mesures de maîtrise supplémentaires.
II.2.3.4 Mise en œuvre de l’analyse des risques en groupe de travail :
II.2.3.4.1 Mise en œuvre :
L’analyse des risques en groupe de travail s’apparente à un travail de remueméninges (« brainstorming »). Il s’agit d’envisager de la façon la plus exhaustive
l’ensemble des risques générés en s’appuyant sur des méthodes systématiques
d’analyse.

19

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

II.2.3.4.2 Synthèse de l’analyse :
Suite aux réflexions du groupe de travail, une synthèse des travaux doit être
réalisée. Cette synthèse permet de mettre en lumière les principales conclusions du
groupe et d’identifier clairement les points critiques qui devraient être étudiés de
façon plus détaillée à l’aide d’outils plus spécifiques. (10)
II.3

Choix de la méthode d’analyse :
De manière générale, une méthode appropriée a les caractéristiques suivantes :
-

Elle est scientifiquement défendable et applicable au système considéré.

-

Les résultats obtenus se présentent sous une forme permettant une
meilleure compréhension de la nature des risques et de la manière dont ils
peuvent être contrôlés.

-

Elle peut être utilisée par divers analystes de telle sorte qu’elle soit
retraçable, reproductible et vérifiable.
Lorsqu’une méthode simple (satisfaisant aux objectifs et à la portée de

l’analyse) est correctement mise en œuvre, elle fournit des meilleurs résultats
qu’une procédure plus sophistiquée d’application médiocre. L’effort d’analyse doit
être cohérent avec le niveau de risque potentiel analysé.
En définitive, il n’y a pas de « bons » ou « mauvais » outils d’analyse de risques.
Ces derniers ne sont que des outils guidant la réflexion. Il convient donc de retenir la
ou les méthodes les mieux adaptées aux cas particuliers à traiter.
II.4

Principaux outils d’analyse des risques :
Les principaux outils d’analyse des risques d’accidents sont :
-

l’Analyse Préliminaire des Risques (APR),

-

l’Analyse des Modes de Défaillances, de leurs Effets et de leur Criticité
(AMDEC),

-

HAZOP (HAZard and OPerability),

-

What-If?

-

l’Analyse par arbres des défaillances,

-

l’Analyse par arbres d’évènements,

20

Chapitre I

-

Notions générales sur la gestion des risques

Nœud Papillon.
Il existe bien entendu de nombreuses autres méthodes, telles que : LOPA,

HACCP, QRA, ARAMIS, MOSAR…etc. (10)
II.4.1 L’Analyse préliminaire des risques (APR) :
L’Analyse Préliminaires des Risques (Dangers) a été développée au début des
années 1960 dans les domaines aéronautiques et militaires. Elle est utilisée depuis
dans de nombreuses autres industries. L’Union des Industries Chimiques (UIC)
recommande son utilisation en France depuis le début des années 1980.
L’Analyse Préliminaire des Risques (APR) est une méthode d’usage très général
couramment utilisée pour l’identification des risques au stade préliminaire de la
conception d’une installation ou d’un projet. En conséquence, cette méthode ne
nécessite généralement pas une connaissance approfondie et détaillée de
l’installation étudiée.
 Principes :
L’Analyse Préliminaire des Risques nécessite dans un premier temps
d’identifier les éléments dangereux de l’installation. Ces éléments dangereux
désignent le plus souvent des substances ou préparations dangereuses, des
équipements dangereux ou des opérations dangereuses associées au procédé.
 Déroulement :
L’utilisation d’un tableau de synthèse constitue un support pratique pour
mener la réflexion et résumer les résultats de l’analyse. Pour autant, l’analyse des
risques ne se limite pas à remplir coûte que coûte un tableau. Par ailleurs, ce tableau
doit parfois être adapté en fonction des objectifs fixés par le groupe de travail
préalablement à l’analyse.

21

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

Pour chaque fonction identifiée dans la phase de description des installations,
les produits ou équipements sont passés en revue, en examinant les situations de
dangers potentielles de manière systématique. Pour cela, il est fait appel à
l'expérience et à l'imagination de chacun. L'analyse d'accidents constitue de plus une
source d'informations à privilégier.
 Limites et avantages :
Le principal avantage de l'APR est de permettre un examen relativement
rapide des situations dangereuses sur des installations. Elle apparaît comme
relativement économique en terme de temps passé et ne nécessite pas un niveau de
description du système étudié très détaillé. Cet avantage est à relier au fait qu'elle
est généralement mise en œuvre au stade de la conception des installations.
En revanche, l'APR ne permet pas de caractériser finement l'enchaînement des
événements susceptibles de conduire à un accident majeur pour des situations
complexes. Son utilisation seule peut être jugée suffisante dans le cas d'installations
simples ou lorsque le groupe de travail possède une expérience significative de ce
type d'approches. (10)
II.4.2 AMDE ET AMDEC :
L’Analyse des Modes de Défaillance et de leurs Effets (AMDE) L’AMDE est une
méthode inductive et quantitative d’analyse des risques, elle a été employée pour la
première fois dans le domaine de l’industrie aéronautique durant les années 1960.
Son utilisation s’est depuis largement répandue à d’autres secteurs d’activités
tels que l’industrie chimique, pétrolière ou le nucléaire.
De fait, elle est essentiellement adaptée à l’étude des défaillances de
matériaux et d’équipements et peut s’appliquer aussi bien à des systèmes de
technologies différentes (systèmes électriques, mécaniques, hydrauliques…) qu’à des
systèmes alliant plusieurs techniques. (10)
II.4.3 HAZOP :
La méthode HAZOP, pour HAZard OPerability, est une méthode inductive et
qualitative d’analyse des risques, elle a été développée par la société Imperial
Chemical Industries (ICI) au début des années 1970. Elle a depuis été adaptée dans

22

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

différents secteurs d’activité utilisant des systèmes thermo- hydrauliques (chimie,
pétrochimie…).
Considérant de manière systématique les dérives des paramètres d’une
installation en vue d’en identifier les causes et les conséquences, cette méthode est
particulièrement utile pour l’examen de systèmes thermo-hydrauliques, pour
lesquels des paramètres comme le débit, la température, la pression, le niveau, la
concentration… sont particulièrement importants pour la sécurité de l’installation.
II.4.4 What-If :
La méthode dite « What if » est une méthode dérivée de l’HAZOP. Elle suit
donc globalement la même procédure. Cependant la méthode « What-if » prévoit
une analyse moins profonde des événements, se contentant d’en considérer les
conséquences sans en examiner les causes. Elle prévoit en revanche les actions
d’amélioration à entreprendre.
Une autre différence concerne la génération des dérives des paramètres de
fonctionnement. Ces dérives ne sont plus dans ce cas envisagées en tant que
combinaison d’un mot clé et d’un paramètre, mais fondées sur une succession de
questions de la forme : « QUE (What) se passe-t-il SI (IF) tel paramètre ou le
comportement de tel composant est différent de celui normalement attendu ? ».
L’identification des paramètres ou des composants objet des questions est
libre et ne repose pas comme dans l’Hazop sur des listes guides à utiliser
systématiquement. Il apparaît ainsi que l’efficacité de la méthode « What if » est
encore plus dépendante de l’expérience des personnes réunies au sein du groupe de
travail.
Cette méthode paraît donc moins fastidieuse à mener que l’HAZOP mais est
réservée à une équipe expérimentée et demeure limitée en termes de profondeur
d’analyse, en particulier des causes de dérives. Elle s’apparente plus à une méthode
de brainstorming. (10)

23

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

II.4.5 Arbre des défaillances :
L’analyse par arbre des défaillances est une méthode déductive et
quantitative, elle fut historiquement la première méthode mise au point en vue de
procéder à un examen systématique des risques. Elle a été élaborée au début des
années 1960 par la compagnie américaine Bell Téléphone et fut expérimentée pour
l’évaluation de la sécurité des systèmes de tir de missiles.
Visant à déterminer l’enchaînement et les combinaisons d’évènements
pouvant conduire à un événement redouté pris comme référence, l’analyse par
arbre des défaillances est maintenant appliquée dans de nombreux domaines tels
que l’aéronautique, le nucléaire, l’industrie chimique, …
Elle est également utilisée pour analyser a posteriori les causes d’accidents qui
se sont produits. Dans ces cas, l’événement redouté final est généralement connu
car observé. On parle alors d’analyse par arbre des causes, l’objectif principal étant
de déterminer les causes réelles qui ont conduit à l’accident. (10)
II.4.6 Arbre des évènements :
L’analyse par arbre d’évènements est une méthode inductive et qualitative,
elle a été développée au début des années 1970 pour l’estimation du risque lié aux
centrales nucléaires à eau légère. Particulièrement utilisée dans le domaine du
nucléaire, son utilisation s’est étendue à d’autres secteurs d’activité.
De par sa complexité proche de celle de l’analyse par arbre des défaillances,
cette méthode s’applique sur des sous-systèmes bien déterminés. Elle apporte une
aide précieuse pour traiter des systèmes comportant de nombreux dispositifs de
sécurité et de leurs interactions. A l’instar de l’analyse par arbre des défaillances
dont elle s’inspire, elle permet d’estimer les probabilités d’occurrence de séquences
accidentelles à condition de disposer de la probabilité d’occurrence de l’événement
initial et de la probabilité de défaillance des barrières de sécurité.
Cette méthode est aussi utilisée dans le domaine de l’analyse après accidents
en vue d’expliquer les conséquences observées résultant d’une défaillance du
système. (10)

24

Chapitre I

Notions générales sur la gestion des risques

II.4.7 Nœud papillon :
Le « Nœud Papillon » est une approche de type arborescente largement
utilisée dans les pays européens comme les Pays-Bas qui possèdent une approche
probabiliste de la gestion des risques. Le Nœud Papillon est utilisé dans différents
secteurs industriels par des entreprises comme SHELL qui a été à l’origine du
développement de ce type d’outils.
Le nœud papillon est un outil qui combine un arbre de défaillances et un arbre
d’événements représentés de façon un peu différente. Le point central du Nœud
Papillon, appelé ici Evènement Redouté Central. (10)

25

Chapitre I

III.

Notions générales sur la gestion des risques

Cadre règlementaire :
III.1 Réglementation relative à l’HSE en Algérie :
Loi n° 88-07 du 26 Janvier 1988 : JO N° 4 du 27 Janvier 1988 Relative à
l'hygiène, à la sécurité et à la médecine du travail et ses textes d'application
suivants :
-Décret exécutif n° 91-05 du 19 Janvier 1991 : JO N° 4 du 23 Janvier 1991, Relatif aux
prescriptions générales de protection applicables en matière d'hygiène et de sécurité
en milieu de travail.


Décret exécutif n° 93-120 du 15 Mai 1993 JO N° 33 du 19 Mai 1993, Relatif à
l'organisation de la médecine du travail.



Arrêté inter. du 02 Avril 1995 JO N° 30 du 15 Mai 1996, Fixant la conventiontype relative à la médecine du travail établie entre l'organisme employeur et
le secteur sanitaire ou la structure compétente ou le médecin habilité.



Décret exécutif n° 96-209 du 05 Juin 1996 JO N° 35 du 09 Juin 1996, Fixant la
composition, l'organisation et le fonctionnement du conseil national
d'hygiène, de sécurité et de médecine du travail.



Décret exécutif n° 01-341 du 28 Octobre 2001 JO N° 64 du 31 Octobre 2001,
Fixant la composition, les attributions et le fonctionnement de la commission
nationale d'homologation des normes d'efficacité des produits, dispositifs ou
appareils de protection.



Décret exécutif n° 01-342 du 28 Octobre 2001 JO N° 65 du 04 Novembre
2001, Relatif aux prescriptions particulières de protection et de sécurité des
travailleurs contre les risques électriques au sein des organismes employeurs.



Décret exécutif n° 02-427 du 07 Décembre 2002 JO N° 82 du 11 Décembre
2002, Relatif aux conditions d'organisation de l'instruction, de l'information
et de la formation des travailleurs dans le domaine de la prévention des
risques professionnels.



Décret exécutif n° 05-08 du 08 Janvier 2005 JO N° 4 du 09 Janvier 2005,
Relatif aux prescriptions particulières applicables aux substances, produits ou
préparations dangereuses en milieu de travail.

26

Chapitre I


Notions générales sur la gestion des risques

Décret exécutif n° 05-09 du 08 Janvier 2005 JO N° 4 du 09 Janvier 2005,
Relatif aux commissions paritaires et aux préposés à l'hygiène et à la sécurité.



Décret exécutif n° 05-10 du 08 Janvier 2005 JO N° 4 du 09 Janvier 2005, Fixant
les attributions, la composition, l'organisation et le fonctionnement du
comité inter-entreprise d'hygiène et de sécurité.



Décret exécutif n° 05-11 du 08 Janvier 2005 JO N° 4 du 09 Janvier 2005, Fixant
les conditions de création, d'organisation et de fonctionnement du service
d'hygiène et de sécurité ainsi que ses attributions.

III.2 Réglementation relative à l’environnement en Algérie :
Loi n° 03-10 du 19 Juillet 2003 parue sur le JO N° 43 du 20 Juillet 2003 Relative
à la protection de l'environnement dans le cadre du développement durable modifié
par la loi n° 07-06 du 13 Mai 2007 (JO N° 31 du 13 Mai 2007, Page 6) relative à la
gestion, à la protection et au développement des espaces verts et ses textes
d'application suivants :


Décret exécutif n° 05-240 du 28 Juin 2005 JO N° 46 du 03 Juillet 2005, Page
15 Fixant les modalités de désignation des délégués pour l'environnement.



Décret exécutif n° 05-444 du 14 Novembre 2005 JO N° 75 du 20 Novembre
2005, Page 10 Fixant les modalités d'attribution du prix national pour la
protection de l'environnement.



Décret exécutif n° 06-02 du 07 Janvier 2006 JO N° 1 du 08 Janvier 2006, Page
3 Définissant les valeurs limite, les seuils d'alerte et les objectifs de qualité de
l'air en cas de pollution atmosphérique.



Décret exécutif n° 06-138 du 15 Avril 2006 JO N° 24 du 16 Avril 2006, Page 11
Réglementant l'émission dans l'atmosphère de gaz, fumées, vapeurs,
particules liquides ou solides, ainsi que les conditions dans lesquelles s'exerce
leur contrôle.



Décret exécutif n° 06-141 du 19 Avril 2006 JO N° 26 du 23 Avril 2006, Page 4
Définissant les valeurs limite des rejets d'effluents liquides industriels.



Décret exécutif n° 06-198 du 31 Mai 2006 JO N° 37 du 04 Juin 2006, Page 8
Définissant la réglementation applicable aux établissements classés pour la
protection de l'environnement.

27

Chapitre I


Notions générales sur la gestion des risques

Décret exécutif n° 07-207 du 30 Juin 2007 JO N° 43 du 01 Juillet 2007, Page
10 Réglementant l'usage des substances qui appauvrissent la couche d'ozone,
de leurs mélanges et des produits qui en contiennent.



Décret exécutif n° 07-144 du 19 Mai 2007 JO N° 34 du 22 Mai 2007, Page 3
Fixant la nomenclature des installations classées pour la protection de
l'environnement.



Décret exécutif n° 07-145 du 19 Mai 2007 JO N° 34 du 22 Mai 2007, Page 105
Déterminant le champ d'application, le contenu et les modalités
d'approbation des études et des notices d'impact sur l'environnement.



Décret exécutif n° 08-327 du 21 Octobre 2008 JO N° 61 du 02 Novembre
2008, Page 4 Portant obligation de signalement par les capitaines de navires
transportant des marchandises dangereuses toxiques ou polluantes en cas
d'évènement en mer.

28

CHAPITRE II :
GÉNÉRALITÉS SUR LES
HYDROCARBURES ET
LEUR STOCKGE

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

Le domaine de l'industrie pétrolière est un domaine assez vaste et complexe,
nous avons donc relevé la nécessité de présenter quelques notions générales sur les
hydrocarbures et leur stockage dans le but de montrer les facteurs et les paramètres
qui sont la cause du risque.
Ce chapitre contient une présentation des hydrocarbures, leurs types et les
dangers qu’ils peuvent présenter, une description du stockage ainsi qu’un aperçu
des divers équipements utilisés lors du stockage.

I.

Généralités sur les hydrocarbures :
I.1

Hydrocarbures :
Les hydrocarbures sont des molécules organiques exclusivement composées

de carbone et d'hydrogène. Ils peuvent être saturés, ils sont alors appelés alcanes,
ou insaturés (alcènes, alcynes et composés aromatiques), tout en présentant une
structure linéaire, ramifiée ou cyclique.
Les hydrocarbures sont inflammables, à l'image du pétrole et du gaz naturel,
deux carburants importants. Par ailleurs, ils ne se mélangent pas à l’eau.
La formule brute des hydrocarbures s’exprime sous la forme CnHm, où n et m sont
des nombres entiers naturels.
Sous forme de carbone fossile, ils constituent une ressource énergétique essentielle
pour l'économie depuis la révolution industrielle, mais sont aussi source de gaz à
effet de serre issus de leur utilisation massive. (1)

I.2

Pétrole :
En latin petroleum, du grec petra, « roche », et du latin oleum, « huile »

Le pétrole est un mélange d'hydrocarbures (molécules formées d'atomes de carbone
et d'hydrogène) et de molécules, appelées résines et asphaltènes, contenant
également d'autres atomes, principalement du soufre, de l'azote et de l'oxygène.
Certains de ces constituants sont, à température et à pression ambiantes, gazeux
(méthane, propane, etc.), liquides (hexane, heptane, octane, benzène etc.) et parfois
solides (paraffines, asphaltes, etc.). Le pétrole contient des millions de molécules

29

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

différentes qu'il va falloir fractionner et transformer chimiquement pour obtenir des
produits utilisables. (2)
I.3
I.3.1

Les principaux dangers du pétrole :
Sa viscosité :
La viscosité d'un pétrole est liée à sa densité ainsi qu’à la présence de

molécules organiques plus ou moins longue et complexe. En particulier, de longues
chaînes de carbone et d'hydrogène, des molécules naphténiques et des molécules
aromatiques le composent. Plus les chaînes sont longues, plus le pétrole est lourd et
moins il sera visqueux.
Les dangers de la viscosité sont représentés surtout par les catastrophes écologiques
causées par les marées noires.
I.3.2

Son inflammabilité :
Le potentiel d'inflammation du pétrole brut dépend en partie de la quantité de

gaz et de constituants d'hydrocarbures légers et inflammables présents dans le
pétrole. Ces caractéristiques varient selon le type de pétrole brut, ce qui entraîne des
niveaux variables d'inflammabilité. En général, les pétroles bruts plus légers
contiennent une plus forte proportion de gaz dissous et d'hydrocarbures légers, ce
qui les rend plus inflammables que les pétroles bruts plus lourds.
Le point d'éclair est une mesure courante utilisée pour quantifier
l'inflammabilité des produits pétroliers. Il s'agit de la température la plus basse à
laquelle une matière se volatilise pour créer un mélange inflammable de vapeur et
d'air (les matières dont le point d'éclair est bas sont considérées comme plus
inflammables que celles qui ont un point d'éclair plus élevé). Les points d'éclair des
pétroles bruts sont d'environ -30 °C à -20 °C ce qui les rend donc très inflammables.
I.3.3

Son impact sur l’environnement :
Le déversement du pétrole en milieu marin provoque des marées noires

détruisant souvent des écosystèmes fragiles dus à la toxicité du pétrole pour les
créatures marines.

30

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

Lorsque le pétrole est déversé sur un sol, celui-ci devient moins perméable, et
peut devenir stérile, le pétrole déversé sur le sol peut atteindre les eaux souterraines
et les polluer.
Le pétrole peut aussi présenter une toxicité pour la santé humaine et
l’ensemble des organismes vivants. (3)
I.4

La classification des bruts selon la qualité :
Les principaux critères qualitatifs sont :

I.4.1

Le degré de viscosité :
Le degré de viscosité est mesuré par la gravité API (du nom de "American

Petroleum Institute"). Cette échelle rend compte de la longueur des chaînes
carbonées des composés. Plus les chaînes sont longues, plus le pétrole est lourd et
son d° API est faible.
Les pétroles les plus légers sont les plus convoités par les raffineurs, car ils
donnent directement beaucoup de coupes légères de grande valeur (diesel, essence,
naphta). À l'inverse, les pétroles lourds donnent plus de produits, tels que des
bitumes et du fioul résiduel, qu'il faut soit vendre tels quels à bas prix, soit convertir
en coupes plus légères, notamment par hydrocraquage (ajout d'hydrogène). (4)
I.4.2

La teneur en soufre :
Les pétroles avec une faible teneur en soufre (inférieure à 0,5% en poids) sont

qualifiés de «sweet » ou « doux » ; au-delà, les pétroles sont qualifiés de « sour » ou
« soufrés ». Ceci est important car le soufre est un polluant que les raffineurs doivent
retirer (du moins dans les pays ayant des législations contre les pluies acides). Ceci a
un coût et il déprécie donc la valeur du brut. (4)
I.4.3

Les bruts de références :
Les principales variétés de bruts de références sont :

31

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

 Le West Texas Intermediate (WTI) :
Ce type de brut est utilisé comme référence en Amérique du Nord. C'est un
brut léger, non sulfuré. C'est le prix du WTI qui est habituellement cité dans les
articles de journaux.
 Le Brent (brut de référence européen) :
Le Brent est un type de pétrole brut (assez léger et peu soufré) issu de champs
de la Mer du Nord. D’après l’International Petroleum Exchange où le prix du Brent
est côté, ce prix est utilisé pour fixer le prix des deux tiers des pétroles bruts vendus
mondialement.
 Le Dubaï light :
Dans le Golfe Persique, le Dubaï light est utilisé comme référence pour fixer le
prix de vente d'autres bruts de la région à destination de l'Asie
Les bruts légers à faible teneur en soufre se vendent à des prix plus élevés que
les bruts lourds sulfureux, dont le raffinage est plus difficile et coûteux et dont on
tire une moins grande quantité de produits pétroliers de grande valeur. (4)

32

Chapitre II

II.

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

Généralités sur le stockage des hydrocarbures :
II.1 Stockage du pétrole :
Le stockage massif des liquides, pour les différents produits rencontrés dans
l’industrie du pétrole, de la pétrochimie et de la chimie, s’effectue principalement
dans des réservoirs métalliques, de construction soudée, installés à l’air libre et
reposant sur le sol (réservoirs aériens).
Ces réservoirs ont des capacités très variables. Elles n’excèdent pas quelques
centaines de mètres cubes pour de nombreux produits chimiques, tandis que, dans
le domaine pétrolier, les réservoirs de pétrole brut par exemple dépassent de
beaucoup ces limites. C’est ainsi que, sur le parc de certains terminaux de
chargement du Moyen-Orient, il existe des réservoirs de 240 000 m3 et qu’il n’est
pas rare, sur les terminaux de réception européens, de compter des réservoirs de
100 000 à 150 000 m3.
Les réservoirs de stockage sont nécessaires à l’exploitation des champs
pétroliers. Ils permettent d’assurer une continuité de la production malgré les
interruptions accidentelles ou nécessaires lors du pompage du pétrole. Le transport
et le stockage sont des secteurs stratégiques dans l’industrie pétrolière.
Les bacs de stockage sont des ouvrages des grandes dimensions ce qui les
fragilise et peut provoquer leur destruction par le feu, les explosions ou la corrosion.
Vu leur coût assez élevé, le choix de leur capacité et de leur nombre doit être
précédé d’une étude technico-économique en fonction des débits véhiculés et des
capacités des moyens de transport. (5)
Le stockage de brut consiste :

-

à mettre ce dernier au repos pour avoir une dernière décantation qui
éliminera l’eau.

-

à contrôler la quantité du brut expédie.

-

à avoir une quantité suffisante pour pouvoir charger des bateaux en cas de
problème de transport ou de production.

-

à avoir une production continue pour un stockage permanent. (5)

33

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

II.1.1 Dépôt de pétrole :
Un dépôt pétrolier est un parc de stockage d’un produit pétrolier en instance
de consommation. Les différentes activités menées dans les dépôts pétroliers sont
les suivantes :
-

La réception des produits pétroliers.

-

Le stockage des produits.

-

L’enlèvement des produits ou expédition.

-

Le transfert des produits d’un dépôt à l’autre.

Pour bien mener ces activités, le dépôt pétrolier dispose d’un ensemble d’éléments
que sont:
-

Les pipelines (lignes).

-

Les réservoirs de stockage.

-

Les lignes et postes de chargement.

-

Les lignes, les pompes de transfert, les vannes de pieds de bac. Ce sont les
vannes qui commandent l’ouverture et la fermeture de la canalisation. (6)

Figure 1: Dépôt de pétrole

34

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

II.1.2 Pipeline :
Les pipelines (oléoducs pour les liquides ou gazoducs pour le gaz) sont des
canalisations de diamètre pouvant aller de 6’’ à 42’’. Dans ces canalisations,
transitent à des pressions relativement élevées, des produits pétroliers, du pétrole
brut ou du gaz. Les produits transportés sont propulsés par des installations de
pompage ou de compression reparties le long des canalisations à des distances qui
peuvent varier de quelques dizaines de kilomètres à cent ou deux cents kilomètres
selon la charge du pipeline. Les distances entre les installations de pompage sont
liées à la nature du produit pétrolier.
Les caractéristiques principales d’un pipeline sont :
-

Le diamètre, déterminé en fonction du débit des produits acheminés.

-

Le type d’acier utilisé

-

Le mode de pose, aérien (en surface) ou souterrain (enterré).

-

La capacité maximale de transport

-

La pression de service (6)

II.2 Aspects de technologie en commun aux différents types de bacs :
Il s’agit de réservoirs cylindriques constitués de :
II.2.1 Fond de bac :
-

Le fond de bac est construit en plaques de tôle se recouvrant aux extrémités
où elles sont soudées entre elles. Certains fonds de bacs sont protégés par
une peinture bitumineuse interne.

-

Le fond de bac doit être conçu pour permettre une vidange aussi complète
que possible, ainsi que les purges d'eau et de dépôts. Pour cela on lui donne
une pente d'environ 1 à 2 % qui est dirigée soit vers le centre (fond concave)
soit vers la périphérie (fond convexe).

-

Les bacs de petits diamètres (inférieur à 10 m) possèdent un fond concave.

-

Les bacs de grands diamètres sont munis de fond convexe afin de faciliter les
opérations de nettoyage ou d’extraction de dépôts au voisinage des trous
d'homme).

35

Chapitre II

-

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

Le fond repose souvent sur une galette de gravier ou de sable revêtue d’un
enrobé bitumineux permettant une étanchéité et une adaptation au contact
de l’assemblage des tôles de fond.

Figure 2: Exemple de fondation de bac

(7)

II.2.2 Robe :
La robe de bac est constituée par un empilage vertical de bandes de tôle
soudées bout à bout, de largeur 1,8 à 2,4 m et de longueur pouvant atteindre 10 m.
La robe est calculée pour résister à la pression latérale qui s'exerce sur elle
quand le bac est rempli d'eau (épreuve) ou du produit, si ce dernier est plus lourd
que l'eau.
L'épaisseur minimum de la robe doit assurer en plus la résistance au vent
latéral et aux tremblements de terre.
Un réservoir de stockage est relativement vulnérable et peut s'affaisser en cas
de grand vent, s'il n'est pas conçu pour y résister. Le schéma ci-dessous montre que
l'épaisseur de la robe varie de la base au sommet. Sauf cas particuliers, les réservoirs
ne sont pas calculés pour résister à une dépression supérieure à quelques millibars.

36

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

Figure 3 : Tôles de la Robe (7)
II.2.3 Ceinture :
Les ceintures de renforcement sont nécessaires sur tous les réservoirs pour
qu'ils conservent leur forme cylindrique lorsqu'ils sont exposés aux vents les plus
violents.


Pour les bacs à toit fixe, les plaques de toit sont fixées sur la ceinture de
renforcement.



Pour les bacs à toit flottant, la ceinture de renforcement est destinée à
empêcher la déformation des parois. (7)

II.2.4 Toit :
Le sommet des réservoirs est recouvert d'un toit qui peut être soit fixe, soit
flottant.
II.2.4.1 Bacs à toit fixe :
II.2.4.1.1 Toit fixe :

Le réservoir équipé d'un toit fixe du type conique, en ombrelle, ou en parasol,
est le plus économique à installer. Le toit fixe est d'une construction simple et, selon
la taille du réservoir, il peut être du type autoportant ou non.

37

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

Le toit autoportant conique a à peu près la forme d'un cône droit très plat et
n'est supporté qu'à sa périphérie. Il n'est utilisé que pour des réservoirs de petits
diamètres. (Même remarque pour toits autoportants, en dôme, ombrelle ou
parasol).
Le toit conique supporté a approximativement la forme d'un cône. Les tôles du
toit sont supportées par des profilés disposés en parapluie, supportés eux-mêmes
par des profilés concentriques reposant sur des rangées de poteaux intérieurs. Plus
le réservoir est grand, plus il faut de rangées de poteaux pour supporter le toit.

Figure 4 : Toit conique supporté

Figure 5: Toits fixes autoportants (8)

II.2.4.1.2 Autres équipements :
II.2.4.1.2.1 Les évents :

Lorsque l’on soutire du liquide, de l’air est également aspiré dans l’espace
vapeur, et un nouvel équilibre du mélange air-vapeur se crée en provoquant une
évaporation du liquide qui conduit à une réduction du volume stocké. Par ailleurs,
quand on remplit le réservoir, le mélange riche air-vapeur est expulsé à l’extérieur
par les évents et perdu dans l’atmosphère. Les pertes associées à ces mouvements
de produit sont appelées pertes par remplissage.
Au cours de la journée, lorsque le soleil chauffe le réservoir, le liquide
s‘évapore et la pression dans le réservoir s'élève. Les réservoirs à toit fixe ne sont

38

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

conçus que pour de faibles surpressions de l'ordre de 5 à 25 mbar. Ces valeurs ne
permettent pas de contenir, sur une journée, I ‘expansion provoquée par cet
échauffement et le mélange air-vapeur doit être évacué dans l'atmosphère au
travers des évents de toit.
Tout au contraire, le soir et durant la nuit quand la température baisse, les
vapeurs se condensent et de l'air extérieur doit être admis dans le réservoir, par les
évents de toit, pour éviter que la structure ne soit soumise aux effets d'une
dépression interne. Cet air se mélange ensuite, jusqu’à saturation, avec la vapeur
émise par le liquide et, au cours de l'expiration du jour suivant, une nouvelle
quantité de produit sera expulsée dans l'atmosphère.
Le même phénomène de respiration est produit par les variations de la
pression atmosphérique. Chaque fois que cette respiration se manifeste, les pertes
augmentent et le volume du liquide conservé se réduit. Ces pertes sont appelées
pertes par respiration. (8)
II.2.4.1.2.2 Les soupapes de respiration :

Le choix d’une soupape s’effectue en fonction du débit de passage admissible
et de la pression ou de la dépression que peut supporter le réservoir. (8)
II.2.4.1.2.3 Les moyens de protections contre les surpressions accidentelles :

Lors de circonstances exceptionnelles, telle qu’une explosion, une défaillance
de la soupape, (gel, bouchage, etc.), une fausse manœuvre, …, il faut assurer une
protection du bac. Parmi les dispositions prises pendant la construction, les plus
usuelles sont :
-

une membrane de sécurité constituée par un disque mince qui se déchire

-

un clapet d’explosion, analogue à un opercule mobile de trou d’homme, qui
se soulève pour assurer l’échappement et se referme automatiquement dès
que la pression est redevenue normale

-

une tôle de déchirure qui est une tôle dont l’assemblage aux tôles voisines
est réalisée par un cordon de soudure très faible de sorte qu’en cas de
surpression c’est cette tôle qui se déchire préférentiellement. Sur un bac
plusieurs tôles de déchirure peuvent être montées dans la partie supérieure.

39

Chapitre II

-

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

un cordon d’étanchéité uniquement entre le toit et la cornière supérieure
ceinturant le bac permettant au toit de se séparer de la virole en cas
d’explosion interne. Celle-ci reste en place évitant ainsi l’écoulement du
produit à l’extérieur. (7)

II.2.4.1.2.4 Les arrêtes-flammes :

Un arrête-flamme est souvent prévu entre le bac et la soupape ou l’évent.
C’est un caisson contenant un empilage de feuilles de métal gaufré où passent les
gaz avant de s’échapper dans l’atmosphère.
L’espace entre les éléments et le refroidissement des gaz à leur traversée empêche
tout retour de flamme dans le bac.
II.2.4.1.2.5 Protection contre les rejets atmosphériques :

Pour les produits les plus volatils, avec les deux priorités que sont la sécurité et
le respect de l’environnement, les vapeurs sont condensées au maximum à l’aide
d’un échangeur dont le fluide caloriporteur est de l’éthylène glycol aux environs de –
15 °C à l’entrée de l’appareil. Les vapeurs incondensables sont ensuite incinérées. (7)
II.2.4.2

Bacs à toit flottant :

II.2.4.2.1 Toits flottants :

L’espace vapeur qui existe au-dessus du liquide des réservoirs à toit fixe est la
source des pertes par respiration et remplissage. Ces pertes peuvent être
pratiquement supprimées par l’utilisation d’un type de réservoir qui élimine cet
espace vapeur. Il consiste à installer une structure qui flotte directement sur la
surface du liquide stocké et que l’on appelle toit flottant.
Les toits flottants présentent trois avantages :
-

réduction des pertes par évaporation

-

diminution des risques d’incendie

-

diminution de la pollution atmosphérique (odeurs)
Les réservoirs à toit flottant sont principalement utilisés pour le stockage de

liquides volatils dont la tension de vapeur absolue à température ambiante est
comprise entre 0,1 et 0,75 bar ou dont le point éclair est inférieur ou égal à 55 °C.

40

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

C’est le cas, par exemple, des pétroles bruts, des naphtas (white-spirit, pétroles
lampants, etc.) et des diverses essences et carburants.
Il existe différents types de toits flottants :
II.2.4.2.2 Réservoirs à toit flottant externe :

Le toit flottant a été inventé au début des années 1920 et depuis, de nombreux
modèles ont été développés avec plus ou moins de succès. Seuls subsistent
aujourd’hui ceux qui ont fait la preuve de leur efficacité. Ils sont tous du type à
contact, c’est-à-dire que leur face inférieure est entièrement mouillée par le liquide
sur lequel ils flottent. Aucun espace vapeur n’existe, ce qui permet d’éliminer les
problèmes de corrosion interne, de limiter les risques d’incendie et de pratiquement
supprimer les pertes par évaporation.
Les deux types principaux de toit flottant à contact actuellement utilisés dans
l’industrie, sont simple pont et le double pont. (8)
II.2.4.2.2.1 Toit à “simple pont” (ponton annulaire) :

Un toit flottant à simple pont est constitué d'un ponton annulaire formé de
caissons compartimentés, l'intérieur de l'anneau étant bouché par une surface
métallique étanche. Le rapport entre la surface des caissons et la surface totale du
toit est fonction de la taille du réservoir, et aussi de la portance offerte par le liquide
stocké. On sait que cette portance (poussée d'Archimède), dépend du poids du
volume déplacé par le toit, donc de la densité du liquide stocké.

Figure 6 : Toit simple pont
La partie centrale, d'une seule couche de tôles, est libre de gonfler pour libérer
l'espace nécessaire aux vapeurs qui peuvent se former. Les vapeurs ainsi

41

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

emprisonnées sous le pont central constituent elles-mêmes une couverture isolante.
Ces vapeurs se recondensent quand la température extérieure diminue.
Le drainage des eaux de pluie est nécessaire, car la pluie, la neige, qui tombent
sur le toit flottant, diminuent la flottabilité, augmentent la corrosion. Ces eaux
doivent être évacuées à l'extérieur du réservoir par un tuyau flexible.

Figure 7 : Exemple de bac à toit flottant
Des variantes de toit flottant simple pont ont été développées ; il s’agit
principalement :


du toit flottant simple pont avec caisson central.



du toit flottant simple pont avec bouées multiples. (8)

II.2.4.2.2.2 Toit à “double pont” :

Le toit à double pont est constitué par 2 couches de tôle d’acier, séparées par
un espace vide d’environ 40 cm compartimenté en caissons indépendants renforçant
la structure du toit.
Le pont inférieur est le plus souvent plat, mais peut être construit avec une
légère conicité vers le haut. Quelle que soit sa configuration, le toit double pont
possède une capacité de déformation suffisante pour piéger les évaporations au
centre du toit. Les effets de la température extérieure sont d’ailleurs bien moindres
sur ce type de toit, car le matelas d’air qui existe entre les deux ponts constitue une
excellente isolation thermique au-dessus du liquide.

42

Chapitre II

Généralités sur les hydrocarbures et leur stockage

Le pont supérieur repose sur des chevrons en profilés, installés radialement
entre les couronnes concentriques qui séparent les deux ponts. Il comporte une
pente qui favorise le drainage des eaux vers le centre du toit (figure a). Pour les toits
de diamètre supérieur à 60m, le pont supérieur est souvent réalisé avec un profil
conique à deux pentes opposées pour limiter la hauteur de la couronne extérieure
sur laquelle est fixé le joint d’étanchéité (figure b). Dans ce cas, le point bas de
collecte des eaux se situe sur un cercle intermédiaire où l’on installe trois systèmes
de drainage, du même type que ceux qui équipent les toits simple pont.

Figure 8 : Toit à double pont

Malgré leur coût plus élevé, ils présentent un certain nombre d’avantages.
-

La surface lisse et sans relief du pont supérieur permet un entretien plus
facile, une meilleure résistance à la corrosion externe et une prise au vent
plus faible. Le pont supérieur est beaucoup plus stable aux effets du vent.

-

La couche d’air emprisonnée entre les deux ponts constitue un espace isolant
efficace au-dessus du liquide et limite sensiblement les effets de la
température ambiante. Par rapport à un toit flottant simple pont, on estime
que l’augmentation de la température de surface du liquide stocké, au
contact du toit exposé au soleil, est inférieure d’environ 10 °C sur un toit
double pont.

-

Par ailleurs, lorsqu’il est permis qu’une certaine quantité d’eau traverse le
produit stocké par les trop-pleins de secours, le toit double pont est aussi
recommandé pour les régions sujettes à des pluies torrentielles.

43




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