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Cheval
Tétanos, rhinopneumonie et grippe équine

SYNTHÈSE

Les questions posées par la vaccination
Vaccins : quand, comment et pourquoi ? Tel était l’intitulé d’une des sessions de conférences du dernier congrès
de l’AVEF (Reims, novembre 2016). Sont résumés ici quelques points importants à retenir à propos des vaccinations
d’urgence en cas de risque infectieux spécifique, des conséquences de l’utilisation de vaccins différents au fil du
temps et de l’impact d’une rupture vaccinale.

Le Dr Romain Paillot, chef du département d’immunologie de l’Animal Health Trust à Newmarket (GB) a présenté les dernières données disponibles à propos de trois
maladies infectieuses des équidés : le tétanos, la rhinopneumonie et la grippe équine.

Vaccination contre le tétanos
Le tétanos est une maladie neurologique dont l’incubation dure 1 à 3 semaines. La bactérie en cause (Clostridium
tetani) est à l’origine de la production d’une neurotoxine qui
se fixe irréversiblement dans le système nerveux. La mortalité atteint 90 % si les signes cliniques apparaissent.
Conférencier
Romain Paillot
Head of Immunology
Animal Health Trust
Lanwades Park
Kentford
Newmarket
Suffolk
GB

Les vaccins contre le tétanos, contenant tous une forme
inactivée de la toxine, sont très efficaces. L’immunité antitétanique atteint rapidement un niveau élevé après immunisation. Elle persiste pendant plusieurs années après
chaque rappel de vaccination.
Aucune différence d’immunité n’a été mise en évidence
chez les chevaux vaccinés successivement avec différentes suspensions vaccinales. Passer d’un type de vaccin à l’autre n’a donc pas d’effet mesurable sur l’immunité des animaux dans le cas du tétanos.
En cas d’urgence (blessure ou opération chirurgicale chez

un équidé vacciné depuis plus de 6 mois), un rappel antitétanique peut être conseillé. Si l’animal n’était pas immunisé au départ, administrer conjointement un sérum antitétanique (par voie locale ou systémique) renforce la
protection. Rappelons que le vaccin et le sérum antitétaniques agissent uniquement sur la toxine pour la neutraliser. Il est important d’identifier et de traiter le site infectieux afin d’arrêter la synthèse des bactéries.

Vaccination contre la rhinopneumonie
Le virus de la rhinopneumonie est un virus herpès (EHV1
ou EHV4) qui infecte d’abord les cellules de l’épithélium respiratoire avant d’infecter les leucocytes, provoquant alors une virémie et une dissémination dans l’organisme, à l’origine des formes secondaires de la maladie
(la myéloencéphalopathie par exemple). Comme dans
tous les cas d’herpèsvirose, le virus reste latent dans l’organisme et peut se réactiver à l’occasion d’un stress. Chez
une jument gravide, la contamination par le virus EHV
peut provoquer un avortement.

Il existe plusieurs types de vaccins contre la rhinopneumonie. Les virus EHV1 et 4 étant génétiquement stables,
il est probable que les différences antigéniques et immunogéniques entre les différents vaccins (EHV1 ou 4) soient
minimes, à condition que les vaccins soient de nature et
technologie équivalente (comme des vaccins à base de virus
complets inactivés par exemple). En revanche, la question de la compatibilité se pose entre des vaccins vivants
atténués (tels que celui commercialisé en Allemagne) et des
vaccins à base de virus complets inactivés. Aucune étude
scientifique n’apporte d’éléments de réponse pour l’instant.
Les changements de vaccins au fil du temps paraissent
cependant n’avoir que peu d’influence sur l’immunité.
Il est important de bien suivre les recommandations du
fabricant lors de chaque administration vaccinale.
En cas d’urgence : aucun consensus n’est disponible à ce
sujet et les recommandations varient selon les pays, certains préconisent de vacciner les sujets non infectés, préalablement vaccinés et à risque, d’autres non. Pour les
animaux naïfs (non préalablement vaccinés), l’intérêt de
la vaccination d’urgence contre la rhinopneumonie est
controversé. Il est cependant admis que, en cas de risque
de contamination par le virus EHV1, la vaccination diminue l’importance de l’infection et de l’excrétion virale.
Cela permet de limiter le risque « d’abortion storm ».
En revanche, le vaccin n’a que très peu d’impact sur la
virémie cellulaire. Il n’empêche pas le phénomène de
latence ni la réactivation éventuelle du virus.
En 2016, les vétérinaires ont subi des ruptures d’approvisionnement en vaccins contre la rhinopneumonie pendant plusieurs mois. Ces problèmes sont liés à des problèmes techniques de fabrication observés dans les deux
laboratoires fabriquant ces vaccins (Merial et Zoetis).
Ces ruptures ont entraîné de nombreuses conséquences
économiques négatives et ont parfois obligé les vétérinaires à revoir les protocoles de vaccination des chevaux, quand les vaccins de remplacements mis à disposition étaient différents.

Vaccination contre la grippe équine
La grippe équine est liée au virus influenza A équin (VIE),
qui infecte les cellules épithéliales du système respiratoire
et favorise l’apparition d’infections secondaires ensuite.
N°437 du 16 au 22 février 2017

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Cheval

SYNTHÈSE

Le virus influenza est soumis à la dérive antigénique. Si la
souche vaccinale est semblable à la souche circulante, la
protection est bonne. Sinon, à force d’accumuler des différences antigéniques, il se produit un phénomène
d’échappement du virus (évasion immunitaire) et le vaccin n’est plus suffisamment protecteur.
Endémique dans la plupart des pays, la grippe équine est
hautement contagieuse. Dès l’arrivée d’un animal infecté,
si rien n’est fait, l’épizootie démarre. En Europe, c’est
en Grande-Bretagne que la prévalence de la grippe équine
est la plus élevée. (Dans ce pays, environ 74 à 95 % des
cas concernent des équidés non vaccinés ou ayant un suivi
de vaccination incomplet). En France, la vaccination est
obligatoire et un programme de surveillance (RESPE) permet de limiter la fréquence des épidémies.
Les vaccins contre la grippe équine reposent sur des technologies différentes : vaccin à base de virus complet
inactivé, vaccin sous-unitaire, vaccin à base de vecteurs
vivants recombinants ou vaccin à base de virus vivants
atténués. Une étude réalisée par la société Intervet International a montré qu’un régime de vaccination multiple,
impliquant une primo-immunisation avec le vaccin vivant
atténué Flu Avert IN®, suivie d’un rappel 4 semaines plus
tard avec le vaccin Equilis Prequenza® (vaccin sous-unitaire contenant l’adjuvant Iscom-Matrix®) induit une
réponse immunitaire plus robuste que celle obtenue avec
un régime de vaccination homologue (primo-vaccination et rappel avec le même vaccin Flu Avert IN®).
Peu d’informations sont disponibles à propos des conséquences des changements de vaccins mais ceux-ci ont l’air
de n’avoir qu’un impact limité sur les réactions immunitaires. À Hong Kong par exemple, où 30 % de la population équine est renouvelée chaque année, il n’y a pas eu
d’épizootie depuis 1992. La vaccination préalable à l’importation est obligatoire et, quel que soit le pays d’origine
des chevaux, les taux d’anticorps restent généralement bons
au fur et à mesure des rappels de vaccination. En revanche,
5 % des chevaux seraient de « faibles répondeurs » et ces
individus constituent le maillon faible de la chaîne.
Après chaque vaccination, la production d’anticorps augmente
avant de redescendre. Pour obtenir une réponse immunitaire

satisfaisante durable, il faut faire au moins 3 injections successives, la 3e intervenant généralement 4 à 6 mois après les 2 premières. Pour les chevaux naïfs ou jeunes, la 3e injection est
donc très importante. En son absence, une rupture immunitaire peut se produire. Chez les chevaux adultes régulièrement
immunisés, même si les rappels sont faits tardivement,
quelques semaines de retard auront un impact immunitaire
limité mais d’importance croissante. Néanmoins. il faut toujours envisager le contexte avant d’estimer les conséquences
d’un retard de vaccination.
En cas d’urgence : en 2007, des chevaux japonais introduits en Australie avaient provoqué un épisode de 75 000
cas de grippe équine en 5 mois ! Des mesures à grande
échelle ont été prises pour venir à bout de l’épizootie, dont
un programme de vaccination en urgence portant sur
140 000 à 170 000 chevaux. Les populations stratégiquement ou économiquement importantes (pur-sang, chevaux de police, de compétition, etc.) furent également vaccinées préventivement et la vaccination fut accompagnée
d’autres mesures de protection :
• restriction des mouvements d’animaux ;
• mise en place d’une zone de vaccination tampon autour
de chaque foyer infectieux, de 10 km de rayon. Dans ce
cas, il est essentiel de n’omettre aucun individu, sinon la
propagation s’amplifie ;
• surveillance de la population d’équidés pour la présence du virus influenza.
Cette épizootie à grande échelle a confirmé que la vaccination en urgence diminue la gravité des signes cliniques
de grippe équine ainsi que la transmission du VIE.
Le coût de l’éradication a été de 1 milliard de dollars
australiens (environ 700 millions d’euros) mais la grippe
équipe est aujourd’hui absente de ce pays. De par la nature
insulaire du continent australien, la protection est basée
sur un système de quarantaine des équidés importés. La
vaccination contre la grippe équine est limitée aux chevaux prévus pour l’exportation. n
Pascale Pibot
Docteur vétérinaire
L’auteure et la rédaction remercient
le Dr Romain Paillot pour sa relecture attentive.

En cas d’épizootie de grippe équine, les vaccins ayant une caractéristique DIVA (Differentiating Infected from Vaccinated Animals) sont d’une
grande utilité. C’est par exemple le cas des vaccins à vecteurs canarypox recombinant.
Avec l’utilisation d’un vaccin DIVA, les tests sérologiques permettent de faire la différence entre des animaux infectés (ayant subi la vague de
virus) et des animaux vaccinés. Si une vaccination en urgence est pratiquée avec un vaccin DIVA, on peut ainsi mieux suivre la propagation du
virus et l’efficacité de la mise en place des zones de vaccination tampon. Si le vaccin utilisé n’est pas DIVA, une sérologie positive qui apparaît
en dehors de la zone de vaccination pose question (nouveau foyer infectieux, animal vacciné en dehors de sa zone tampon, etc.).

N°437 du 16 au 22 février 2017

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