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Hellcat dans le ciel d'Auvergne .pdf



Nom original: Hellcat dans le ciel d'Auvergne.pdf
Auteur: Thibaut

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Chroniques Aériennes de la
Seconde Guerre Mondiale :

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F6F-5 de la VF-74 près au catapultage

Chronique 2 :
« Hellcat dans le ciel d’Auvergne »

05/2017

ThibautC

Hellcat dans le ciel d’Auvergne ! :

USS Kasaan-Bay

L’USS Kasaan-Bay est un porte-avions de l’US Navy de la classe Casablanca, une
classe de porte-avions d’escorte. Il a été classé comme ACV-69 le 20 Août 1942 et fut
lancé le 24 Octobre 1943 par Kaiser Co.Inc1 dans la ville de Vancouver (Etat de
Washington). Il sera commissionné le 4 Décembre 1943 avec la codification CVE692. Il est aussitôt envoyé dans le Pacifique le 8 Janvier 1944 pour livrer une
cargaison de matériel et déposer du personnel à Pearl Harbor. Le 28 Mai à New
York, en compagnie de l’USS Tulagi (CVE-72) et de l’USS Mission Bay (CVE-59) ;
de la même classe, il sera chargé de rallier Casablanca pour livrer une cargaison
d’avions. Le 10 Juillet il est à Oran, où durant le reste du mois il réalisera des
missions anti sous-marine et des patrouilles en mer Méditerranée, avant de se
préparer pour le débarquement de Provence « Opération Dragoon ». Le 12 Août il
part de Malte et trois jours plus tard arrive près de la Côte d’Azur. L’USS Kasaan Bay
sera, avec l’USS Tulagi qui l’accompagne, l’un des rare porte-avions d’escorte à faire
opérer des F6F-5 (Le groupe aérien étant composé habituellement de F4F
« Wildcat ») et qui plus est sur le front Européen.
L’escadrille de chasse du Kasaan Bay (Fighter Squadron VF-74) sera composée de 24 F6F-5/3N ou 5N3 « Hellcat »

-

F6F-5 n°23 de la VF-74 du Kasaan-Bay – Août 1944 – Opération Dragoon
: Chantier naval Kaiser
: CVE = Carrier Vessel Escort
3
: N = Version de nuit équipé d’un radar
1

2

- Patch de la VF-74

Les F6F-5 sont les appareils avec le plus long rayon d’action au sein de la flotte qui participe au débarquement de
Provence. Ce sont donc eux qui vont, de ce fait, intervenir en Auvergne. Tandis que la VOF-14 de l’USS Tulagi se
cantonnera à des missions dans la vallée du Rhône, la VF-74 et ses 24 Hellcat fera de l’Auvergne sa chasse gardée. Ses
vols seront pour la majorité des « reconnaissance armée ». Une « reconnaissance armée » consiste, pour un Squadron de
chasseur, à rechercher et attaquer à discrétion toute cible tactique potentielle située derrière les lignes ennemies :
Aérodromes, trains, transports routiers, navires, ponts, dépôts de carburant, troupes, etc.
En Auvergne les termes « derrière les lignes ennemies » vont poser problème, car l’Auvergne va se libérer par ses propres
moyens, par la Résistance, sans l’action des troupes alliés au sol. Il n’y aura donc pas de ligne de front bien délimitée
comme cela peut être le cas dans le Nord de la France, il s’agira plutôt d’une vaste zone dans laquelle se trouvent de
petites poches aux mains de la Résistance française et de grands espaces dans lesquels transitent ou stationnent des
troupes allemandes. Bien qu’une reconnaissance armée soit plus une opération « armée » qu’une mission de
« reconnaissance », elle comporte toujours une composante de reconnaissance. C’est pourquoi il est toujours demandé aux
pilotes de rassembler un maximum d’informations concernant les mouvements de troupes sur les routes et les voies
ferrées, les communications et l’acheminement du ravitaillement. La plupart du temps, les appareils en mission de
« reconnaissance armée » n’infligent que peu de dégâts à chaque sortie mais l’effet psychologique est grand. Et la menace
constante qui pèse sur les troupes allemandes paralyse leurs mouvements de jours et les oblige à se déplacer de nuit.

-

Pilotes de la VF-74 (Après l’Opération Dragoon, le 3 Septembre 1944)
4

: VOF - Observation Fighting Squadron

Rencontre avec l’ennemi !
19 Août 1944, 16h50 heure anglaise5, un Flight de 8 F6F-5 Hellcat de la VF-74 décolle de l’USS Kasaan Bay mouillant
au large de Toulon. Sa mission : « Effectuer une reconnaissance armée à l’Ouest du Rhône et au Sud de Lyon, en avantgarde des forces terrestres débarquées dans le Sud de la France »

-

Itinéraire de la VF-74 le 19 Août 1944

Arrivés à l’embouchure du Rhône, les appareils descendent à 2000 pieds6, altitude maximale lors d’un vol de reconnaissance,
puis se dirigent vers un axe Nord/Nord-Ouest, survolent les abords d’Alès, et bifurquent en direction du Puy en Velay, Brioude
et Issoire. A environ 6 km au Nord-Est de cette dernière localité, le flight dont les 1ère et 2ème divisions volent respectivement à
3000 et 4000 pieds, tourne vers le Nord. Il est 17h50, la visibilité s’étend sur 20 km. Le soleil commence à se coucher, quand,
soudain, les pilotes de la 2ème division repèrent un Dornier 217 K à 9h, légèrement en dessous d’eux. Le bombardier allemand
au camouflage moucheté de brun file vers l’Est à environ 160 nœuds7.

5

Dornier 217 K ; modèle similaire à l’appareil rencontré par les F6F de la VF-74

: 17.50h en France, compte tenu de l’heure allemande en vigueur à ce moment (H+1)
6
7

: 1 pieds = 0.3048 m – 2000 pieds environ 600 m

: 1 nœud = 1,852 km/h donc 160 nœuds environ 300 km/h

Cet appareil appartient à l’E.G.KG.100 (Erprobungsgruppe Kampfgeschwader.100 probablement le III.Gruppe), il vient de
décoller de sa base de Toulouse à destination de Giebelstadt en Allemagne (Bavière), avec à son bord une cargaison de fret et 8
personnes :
-

Pilote : Feldwebel Wilhelm Krag
Observateur : Obergefreiter Bruno-Harald Möller
Radio : Obergefreiter Kurt Winter
Mitrailleur : Obergefreiter Gerhard Lehnis
Mécanicien : Feldwebel Karl Lärm
Mitrailleur : Obergefreiter Fritz Richter
Observateur : Obergefreiter Hans Kordes
+ la petite amie française d’un des membres de l’équipage.

-

- Patch de l’E.G.KG.100

La seconde division, se déplaçant à 190 nœuds (350 km/h), passe immédiatement à l’attaque, rejointe par deux Hellcat de
la première. L’Ensign. C.W.S Hulland est le premier à ouvrir le feu. Malgré les mitrailleuses défensives du Dornier, il
reste une proie facile. Approchant par les 4 à 5 heures, et par le haut, sans avoir été repéré, le F6F-5 de l’Ensign frappe de
ses balles de 12.7mm Browning les moteurs du Do 217, ses réservoirs d’essence, l’emplanture des ailes et le ventre d’où
jaillissent presque instantanément des flammes. Trois autres pilotes prennent le relai du combat, mais l’un d’eux est hors
de portée et retient son tir tandis que les deux derniers tirent de trop loin. Le Lieutenant E.W Castanedo, USNR, fait à son
tour une passe à altitude égale par les 5h. Il garde le doigt pressé sur la détente de ses armes jusqu’à ce que le bombardier
passe sur le dos à 1000 pieds et entame sa chute. Un sixième pilote l’achève juste avant qu’il n’explose dans un champ de
maïs, près d’une ferme, à Chaniat, sur la commune d’Auzon (Haute-Loire – 670m d’Altitude). La victoire sera partagée à
parts égales entre l’Ensign C.W.S Hulland et le Lieutenant E.W Castanedo. Aucun des membres de l’équipage n’a eu le
temps de s’éjecter ni même de riposter suffisamment pour endommager un des F6F. A l’impact, les corps des passagers
sont projetés vers le mur d’une grange tandis que la cargaison de fret et les débris métalliques s’éparpillent jusqu’au
village sur une grande étendue. Heureusement, les habitations n’ont subi que de légers dommages et aucune victime civile
n’est à déplorer. Le lendemain, nombreux sont les badauds des environs qui viennent voir les restes du Dornier 217 et de
son équipage sans oublier de ramasser, ici et là, les tablettes de chocolat et autres objets divers disséminés dans le champ
de maïs. Les corps des membres de l’équipage seront mis en caisse et déposés à la fosse commune du village d’Auzon
puis transférés au « Soldaten Krieghof » (Cimetière Militaire) de Dagneux près de Lyon.

-

Lieu du crash (Approximativement) – Haute-Loire 43 - Commune d’Auzon

L’attaque terminé, le Flight de Hellcat se regroupe pour poursuivre sa route le long de la voie ferrée conduisant de
Clermont-Ferrand à Vichy. En approchant de Saint-Germain-Des-Fossés, un train de marchandises composé de 13
wagons est alors aperçu se déplaçant vers le Nord. La locomotive est mitraillée mais n’explose pas. Des jets de vapeur
indiquent néanmoins qu’elle est mise hors d’usage. Il est temps pour les pilotes de l’US Navy de rebrousser chemin en
direction de Saint-Etienne. Près d’Ambert, un des pilotes remarque un camion isolé. Il en profite pour l’attaquer seul et
l’incendier avant de rejoindre son escadrille. Les F6F-5 poursuivent ensuite leur route sur un axe Sud-Est jusqu’au Rhône,
puis plein Sud jusqu’à la mer. Lors du passage dans l’estuaire du fleuve, deux appareils sont légèrement endommagés, à
l’aller et au retour, par des tirs de FlaK, provenant pour certains de navires hérissés de DCA. Les 8 F6F-5 appontent à
19h59 sans pertes et avec une victoire aérienne de plus à ajouter au score du Squadron : Un Dornier 217 K.

- Dans l’îlot du Kasaan Bay les officiers contrôlent les appontages, à l’extrême gauche le Lieutenant-Commander Steven regarde les opérations
et se tiens prêt à donner les consignes via le micro qu’il tient dans sa main droite

-

L’appontage n’est pas la chose la plus simple, surtout après plusieurs heures de mission

-

8

F6F-5 de la VF-74 en cour de « Re-spotting8 » sur le pont

: Repositionnement sur l’avant du pont pour permettre le réapprovisionnement rapide des avions

La perte du Lt Bass !

Harry Brinkley Bass est né le 4 Juillet 1916 à Chicago, il rentre dans l’Académie Navale d’Annapolis le 11 Juin 1934 et
devient enseigne. Après avoir servi sur le croiseur USS New Orleans (CA-32) et le destroyer USS Farragut (DD-348), il est
affecté le 18 Février 1941 à l’escadron de bombardement VB-2 à bord du l’USS Lexington (CV-2), il sera pilote de SBD-3.
Lors de ses actions dans l’Océan Pacifique, Bass reçu deux « Navy Cross » notamment pour son engagement dans la
Bataille de la Mer de Corail où il coula un navire japonais et participa à la destruction d’un porte-avions. Il survivra à la
destruction du Lexington lors de cette même bataille le 8 Mai 1942.
Par la suite il sera affecté à une escadre de chasse, la VF-29, dont il deviendra le commandant à bord de l’USS Santee (CVE-29)
alors que celui-ci était dans l’Atlantique en Avril 1944. Il fut par la suite transféré sur l’USS Kasaan Bay (CVE-69) comme
commandant de la VF-74 et réalisera des missions en Afrique du Nord et en Méditerranée. Mais sa carrière de pilote s’arrêtera
tragiquement le 20 Août 1944…

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19 Août 1944 - Le LT USN Harry Brinkley BASS expliquant lors du débriefing, l’attaque sur un Ju-88 près de Valence
(Remarquez le nom BASS au centre, sur la lanière du parachute)

Le 20 Août 1944, la VF-74 effectue sa 31e opération depuis le déclenchement de l’opération ANVIL-DRAGOON. L’objectif est, cette
fois-ci, d’effectuer une reconnaissance le plus loin possible à l’Ouest du Rhône. 8 F6F-5 Hellcat sont déployés pour cette mission.
Pilotes :
Lieutenant-chef Harry Brinkley Bass / Lieutenant Leo Horacek / Lieutenant John G. Bartley / Lieutenant Junior C. Forney
Lieutenant Noël R. Fox / Lieutenant Charles D. Garrison / Enseigne Edward Clancy + un pilote inconnu
Ils sont armés chacun d’une bombe de 350 livres et quittent le pont du Kasaan Bay à 11.36h, pour un vol de près de 3h et un parcours
de 800 km qui les conduit en premier lieu de Marseille jusqu’aux abords de Montpellier. Puis les appareils se dirigent vers l’intérieur
des terres afin d’explorer la vallée d’une altitude de 2500 et 40009 pieds à la recherche de cibles ferroviaires et routières. A Alès, ils font
feu pour la première fois et endommagent un camion roulant en direction de la ville. Un peu plus loin, deux pilotes choisissent de
s’attaquer à la locomotive d’un train de marchandises. Celle-ci rend l’âme dans un nuage de vapeur. L’unique bombe larguée n’a fait
aucun dommage aux wagons, mais les munitions des 12.7 ont transpercé la chaudière de la machine. Une dernière locomotive subit le
même sort à Aubenas avant que le Flight continue sa route vers le Nord.
Les avions survolent maintenant la Haute-Loire. Près du Puy-en-Velay, 3 bombes sont lâchées sur un pont routier. Toutes ratent
l’objectif. Le vol se poursuit sans que les pilotes ne rencontrent d’autre cible jusqu’à St-Bonnet-Le-Froid. Là, aux environs de 13h00, le
Lieutenant Commander H.B.Bass, leader du Flight, descend à basse altitude suivi de la 1e Division, à la recherche de d’éventuels cibles.
Les quatre appareils survolent le village quand, soudain, sans prévenir, le leader pique à 2000 pieds sur ce qui doit être un side-car ne
portant aucun insigne ou symbole de nationalité. Intrigués par le silence radio de leur chef et conformément aux ordres, le Lieutenant
Léo Horacek, ailier du Lt-Cmdr Bass, et un autre Hellcat suivent de près. Ils ne tardent pas à se rendre compte que d’en bas montent
des tirs nourris d’armes portatives sur le Hellcat de Bass. Le Hellcat N°58109 du Lt-Cmdr vole maintenant dangereusement près du sol.
Si près que son réservoir supplémentaire vient subitement à toucher le sol. L’appareil remonte légèrement jusqu’à 300 pieds10 en virant
sur sa gauche, sans pouvoir reprendre suffisamment d’altitude et brusquement s’incline sur le côté pour tomber comme une pierre en
contre-bas du village où il explose et prend feu. Harry Brinkley Bass vient de périr, lors de sa deuxième mission de guerre sur
l’Auvergne, son corps sera retrouvé plus tard par les soldats de l'armée Américaine lorsqu'ils arriveront dans la région. A-t-il était
touché par les tirs ? Question qui restera en suspens, mais il a pu être blessé durant son piqué.
Notre source principale, indique que le pilote de 28 ans est mort, non pas sous les balles allemandes, mais sous celles de ceux qu’il était
venu délivrer, c’est-à-dire de la Résistance. C’est donc une tragique méprise qui est à l’origine de la disparition de ce pilote chevronné,
vétéran du Pacifique, à qui l’US Navy rendra hommage, le 28 Mai 1945 en donnant son nom à un contre-torpilleur, l’USS Brinkley Bass
(DD-887).

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L’USS Brinkley Bass (DD-887)
9

: entre 760 et 1200 m
10

: environ 90 m

Annexe 1 :
Mitrailleuse Rheinmetall-Borsig MG 131 (13 x 64mm) - Mitrailleuse de la tourelle dorsale ou ventrale du Dornier 217 K.

Annexe 2 :
e

Dague d’officier Luftwaffe 2 modèle – Appartenait au pilote du Do 217 le Feldwebel Wilhelm Krag.
(L’aigle Allemand est manquant sur la partie haute et la lame est tordue suite au crash)

Exemple de dague complète

Annexe 3 :
Photos des pilotes de la VF-74

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Etude de carte : de gauche à droite, Ens E. CLANCY / LT J.G. BARTLEY / Ens C.P. RATLIFF / Ens S.E. COMELA

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De gauche à droite : Ens W.H. BETHA / Ens P. PALOVICH / Ens L.E. MOKRY / Ens M.J. LAHEY / Ens T.F. KENDRICK / LT J.H. SCHROFF /
Ens S.E. COMELLA

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Pilote de la VF en salle de Briefing

Explication de la mission prochaine, le quatrième pilote en partant de la gauche est le LT Edwin W. CASTANEDO. Il s’agit très
certainement de la mission du 19 Août 1944 (Strafing Flight n°28).
Sources :

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Livre : Claude Grimaud – 1944 Libération du Massif Central en Auvergne, Bourbonnais et Velay
Musée Joseph Lhomenède de la Résistance, de la Seconde Guerre Mondiale et de la déportation

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Site : http://patrick.ertel.pagesperso-orange.fr/

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