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Lancement d'une initiative populaire

Le Plaza ne doit pas mourir

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VIVELACOMMUNE@INFOMANIAK.CH

Feuille à peu près quotidienne et assez généralement socialiste

Causes Tousjours

Genève, 1 4 Prairial
(vendredi 2 juin 2017)
8ème année, N° 1780
Paraît généralement du lundi au vendredi
(sauf quand on en décide autrement)

C'est un vrai chef d'oeuvre
que nous voulons sauver,
en le ressuscitant et en en
faisant le coeur d'un lieu
culturel
nouveau,
voué
essentiellement (mais non
exclusivement) au cinéma :
le
Plaza,
que
ses
propriétaires
veulent
démolir pour installer à sa
place...
un
centre
commercial
de
plus.
Compte
tenu
de
la
limitation
formelle
des
possibilités données aux
citoyens et aux citoyennes
de faire opposition à une
autorisation de démolir et
de construire, même s'agissant d'un élément dont la
valeur patrimoniale est reconnue, et compte tenu de
la passivité, de la résignation et de l'inertie des
autorités cantonales et municipales dans ce dossier, il
ne reste donc que la voix populaire qui puisse être
assez forte pour sauver le Plaza. C'est cette voix que
nous sollicitons, par une initiative populaire législative
proposant l'expropriation, pour cause d'utilité
publique et au bénéfice de la Ville de Genève, de la
société propriétaire de la salle.
L'initiative devra obtenir 7524 signatures valables, dans un
délai de quatre mois à dater du 1er juin.
Des feuilles de signatures sont téléchargeables sur
www.fichier-pdf.fr/2017/05/24/initiative-populairecantonale-lEgislative-formulEe-plaza/

LE DÉCLASSEMENT DU PLAZA : UN PRÉCÉDENT CALAMITEUX
e projet des propriétaire du
Plaza de le détruire pour y
reconstruire à sa place un
c en t r e c o m m er c i al , et s o us l e c en t r e
commercial un parking (et sur le
c en t r e c o m m er c i al , d es « l o g em en t s
pour étudiants » histoire de diluer
un peu les objectifs purement
financiers de l'exercice) a obtenu
l'autorisation de construire -et
d o n c c el l e d e d ét r ui r e l a s al l e- q ui
lui était nécessaire. Il l'a obtenue

malgré toutes les tares du projet (à
commencer par celle de nécessiter,
pour pouvoir être autorisé, une
d ér o g at i o n g én ér al e à q uas i m en t
toutes les lois qu'un projet de ce
genre est supposé respecter), après
des années de procédures, puisque le
Conseil d'Etat a eu l'étrange idée de
« d éc l as s er » un e s al l e c l as s ée et
i n t ég r ée
d an s
un
en s em b l e
ar c h i t ec t ur al c l as s é. U n
précédent calamiteux pour

« Si le socialisme est une pommade lénifiante sous laquelle demeurent les plaies, qu'éclate le socialisme » (Jean Sénac)

la défense du patrimoine architectural. C'est un vrai
chef d'oeuvre que nous voulons sauver, en le
ressuscitant et en en faisant le coeur d'un lieu culturel
n o uv eau,
v o ué
es s en t i el l em en t
( m ai s
non
ex c l us i v em en t ) au c i n ém a.
Le bâtiment abritant la salle du Plaza, construit par le
m ê m e a r c h i t e c t e q u e l a s a l l e , Ma r c - A n d r é S a u g e y , a
été classé en 2004, malgré l'opposition du
propriétaire. Il a été classé parce qu'il est exemplaire de
l'innovation architecturale de l'époque, et qu'il le
reste après les rénovations qui y ont été effectuées en
1997. Hélas, le Conseil d'Etat a retiré la salle de cette
mesure de protection en s'appuyant sur une
"expertise" sur la rentabilité de la salle, expertise
rendue par l'ancien exploitant Frank Stell, qui a bien
entendu émis un rapport défavorable puisqu'il avait
renoncé à l'exploitation de la salle précisément parce
qu'elle ne lui rapportait pas assez. La salle n'est donc
pas classée alors qu'elle est aussi exemplaire que le
bâtiment qui l'abrite et qui, lui, est classé. Cette
contradiction inexplicable autrement que par la
soumission au seul argument du profit financier,
menace aujourd'hui le Plaza de destruction pure et
simple.
L'état de la salle est préoccupant, mais rien n'est
irrémédiable. Elle a d'ailleurs été rénovée en 1997, sans
atteinte à son enveloppe, et en 2004, après le rachat
du bâtiment par la SA Mont-Blanc Centre, ses façades,
s e s t o i t u r e s , s e s c o l o n n e s , s o n c h a u ffa g e , s a
climatisation et ses ascenseurs ont été complètement
r én o v és .

UN ENJEU URBANISTIQUE
Le plan d'utilisation des sols pose comme principe le
maintien de l'affectation initiale des surfaces faisant
l'objet d'une rénovation ou d'un changement de
propriétaire, sauf s'il est avéré que ce maintien est
impossible pour des raisons financières.
Les lieux d'animation, dont les cinémas, doivent donc
conserver "en règle générale leur catégorie d'activité
en cours d'exploitation". Autrement dit : ce qui est
un c i n ém a d o i t r es t er un c i n ém a, o u à t o ut l e m o i n s
une salle de spectacle, à moins de prouver qu'il est
impossible de la rentabiliser. D'où les efforts

considérables déployés par les propriétaires actuels
pour le prouver, avec l'aide de l'ancien exploitant certains considérant d'ailleurs que la première cause
d u d é fa u t d e r e n t a b i l i t é d e l a s a l l e é t a i t u n e
programmation médiocre, dont quelques uns se
d em an d ai en t m al i g n em en t ( l es g en s s o n t m éc h an t s )
si elle ne l'était pas volontairement...

UN ENJEU CULTUREL
L es s al l es d e c i n ém a g en ev o i s es ac c uei l l en t c h aq ue
année 1,5 million de spectateurs (en chiffres cumulés).
On n'est donc pas dans le cadre d'une demande
c ul t ur el l e m ar g i n al e. P o ur t an t , n o m b r e d e s al l es d e
c i n é m a o n t fe r m é à G e n è v e c e s q u i n z e d e r n i è r e s
années. Pour en maintenir plusieurs au centre-ville, et
les maintenir en tant que cinémas indépendants, la
Ville a accordé pour quatre d'entre elles, sur décision
du Conseil Municipal, une subvention d'un peu
m o i n s d e 4 m i l l i o n s d e fr a n c s , e n s u s d e s o n
en g ag em en t d an s l es d eux s al l es d u G r üt l i et d e s o n
soutien au Spoutnik. Cet effort doit se poursuivre: il
est pour nous inacceptable de transformer un espace
c u l t u r e l e n c e n t r e c o m m e r c i a l , m ê m e s i o n l e fa i t
surplomber de logements étudiants (qu'on peut
d'ailleurs parfaitement installer au-dessus d'une salle
d e c i n ém a m ai n t en ue) . I l s er ai t en o ut r e t o t al em en t
absurde que la collectivité publique accorde chaque
année une aide de plusieurs millions de francs (2,5
millions rien que pour CinéForum) à la production de
films sans se préoccuper du maintien de lieux où voir
les films ainsi produits -surtout si ces lieux ont, outre
leur rôle culturel, une valeur patrimoniale majeure,
c o m m e l e P l az a.
Inauguré en 1952, le Plaza était le plus grand cinéma
genevois, avec ses 1250 places initiales. Il est fermé
depuis onze ans, "faute de public" selon ses actuels
propriétaires. Après onze ans d'inexploitation, la salle
a besoin d'être réadaptée (en respectant sa
conception) aux attentes actuelles du public. Il est en
e ffe t d i ffi c i l e m e n t c o n c e v a b l e q u e l e P l a z a s o i t
c o n v er t i en t h éât r e o u en s al l e d e c o n c er t . E n
revanche. il est parfaitement concevable qu'il ne soit
pas seulement une salle de cinéma, à l'exemple de
l'ex-"Manhattan", devenu Auditorium Arditi...Il est
surtout parfaitement concevable de faire du Plaza le
lieu central d'un véritable "quartier du cinéma", au
centre-ville, et à deux pas de la gare principale.

UN PROJET CULTUREL
Que faire du Plaza ? On peut en en élargir la
f o n c t i o n , l e r ô l e , l a pl a c e , s a n s a t t e n t e r n i à
s o n h i s t o i r e , n i à s a c o n fi g u r a t i o n
architecturale. Le sauvetage de l'exManhattan, oeuvre lui aussi de Marc-Joseph
Saugey, devenu l'Auditorium Arditi-Wilsdorf,
prouve qu'il est possible de réaffecter au
cinéma une salle de cinéma patrimoniale, en
respectant son architecture tout en la
rénovant et en la rééquipant -et en élargissant
sa fonction. Il est possible de le faire, comme
il est possible d'installer dans cette salle, sans
l'altérer, l'appareillage technique et les
éléments de conforts attendus par le public le
plus exigeant.
L e P l az a a t o ut es l es q ual i t és n éc es s ai r es à un
projet culturel : il est au centre ville, accessible
facilement par transports publics, à deux pas
de la gare et des quais, et entouré d'un espace
qui peut être requalifié, et dans lequel des
ac t i v i t és en l i en av ec l a s i en n e - l e c i n ém apeuvent être proposées, de telle manière qu'il
r ed ev i en n e un l i eu d e s o c i al i s at i o n , d e s o r t i es ,
de visites. La ville de Genève n'abrite plus
aucune grande salle de cinéma prestigieuse :
soit elles ont disparu, comme le Rialto, soit

e l l e s s o n t é t é r é a ffe c t é e s , c o m m e l e P a r i s Manhattan ou l'Alhambra. Une salle comme
le Plaza pourrait accueillir des manifestations
publiques importantes, comme le prix du
c i n ém a s ui s s e.

Un cinéma n'est pas seulement un lieu de
projection : c'est un espace social -et c'est
peut-être de l'avoir oublié que des salles ont
périclité. La programmation joue ici un rôle
déterminant : plus l'offre est large, plus le
public est large, et plus facilement une partie
de ce public se rendra dans une salle non
seulement pour y voir un film, mais aussi
pour tout ce que la salle peut, autour du film,
à son propos ou son prétexte ou non,
proposer. Car autour d'un film, on peut
proposer des événement, des spectacles, des
expositions, des prolongements au film et des
accompagnement
du
fi l m
- et
d es
spectateurs... Et il faut donner à un nouveau
public l'envie de se déplacer vers la salle de
cinéma, et à un ancien public l'envie d'y
revenir. L'aménagement matériel du lieu joue
ici un rôle important : plus il sera chaleureux,
convivial et confortable, (et plus l'accueil, la
réception du public y sera de qualité), plus il
s er a
q ual i t at i v em en t
supérieur
aux
multiplexes, plus le public aura envie de s'y
rendre -de se rendre en un lieu qui ne sera pas
seulement une salle de projection, mais aussi
un café-restaurant, une librairie, un espace
d'exposition -pas seulement un lieu de
spectacle, mais aussi un lieu de rencontres,
dans ce qui est une oeuvre d'art.

CAUSEs TOUsJOURS
N° 1780, 16 Merdre
Jour de la Nativité de St
Donatien A. François
(vendredi 2 juin 2017)

ETAT DES CHOSES
L'initiative populaire que
n o us l an ç o n s es t aus s i un e
réponse à la passivité, pour
ne pas dire la complicité, des
aut o r i t és
c an t o n al es
et
municipales face à la volonté
des propriétaires du Plaza de
t r a n s fo r m e r c e t t e s a l l e d e
c i n ém a
en
c en t r e
c o m m er c i al
-c o m m e
si
G en èv e en m an q uai t .
Les propriétaires du bâtiment
( l a S A Mo n t - B l a n c C e n t r e ) ,
n'ont jamais eu l'intention
d'y maintenir la salle de
c i n ém a, m êm e r én o v ée : i l s
v e u l e n t l a d é m o l i r po u r e n
fa i r e u n c e n t r e c o m m e r c i a l ,
avec des logements pour
ét ud i an t s d an s l es ét ag es
supérieurs. Ils ont déposé une
demande d'autorisation de
d ém o l i r l a s al l e, aut o r i s at i o n
qu'ils ont obtenue, ainsi que
c el l e d e c o n s t r ui r e l eur
projet.
L a V i l l e d e G en èv e av ai t d él i v r é un
préavis négatif à l'autorisation de
démolir. Le canton n'en a pas
tenu compte, la Ville a renoncé à
c o m b at t r e l a d ém o l i t i o n et n e
s'est donc pas opposée au projet
d e c o n s t r uc t i o n .
P ar
ai l l eur s ,
s an s
at t en d r e
d'obtenir
l'autorisation
de
démolition, et à plus forte raison
s an s
at t en d r e
q ue
c et t e
autorisation puisse prendre effet
puisqu'aucune autorisation de
construire n'avait encore été
d él i v r ée, i l s em b l e q ue l es
propriétaires aient tenté, voire
c o m m en c é, d e v i d er l a s al l e d e
s o n m o b i l i er ( n o t am m en t d e s es
sièges, de ses équipements
i n t ér i eur s et d e s o n m at ér i el d e
projection).
Une pétition signée par 1756
personnes
s'opposant
à
la
d ém o l i t i o n
du
P l az a
et
d em an d an t l e m ai n t i en d u c i n ém a
a été déposée à l'intention du

C o n s ei l A d m i n i s t r at i f et d u
C o n s ei l
Municipal.
La
Commission des pétitions a
reçu les pétitionnaires, mais
aucun rapport n'a été rendu
au Conseil municipal, qui ne
s'est donc pas prononcé sur
c et o b j et .
Une motion reprenant les
termes de la pétition a
également été déposée au
Conseil municipal. Renvoyée
pour étude à la Commission
d es A r t s & d e l a C ul t ur e, el l e a
été soutenue par celle-ci, mais
là encore, aucun rapport n'a
ét é
r en d u
au
C o n s ei l
municipal, ni, par voie de
c o n s éq uen c e, ét é i n s c r i t à s o n
o r d r e d u j o ur .

L'initiative
populaire
l ég i s l at i v e « L e P l az a n e
doit pas mourir » peut
s em b l er êt r e l e c o m b at d u
pot de terre contre le pot
d e fe r , t a n t l e s m o y e n s d e s
opposants à la démolition
paraissent dérisoires face à
c eux d es d ém o l i s s eur s .
Mais c'est le combat de la
t o i l e c o n t r e l e fr i c , d u
c i n ém a c o n t r e l e s o uk , d e l a
c ul t ur e
c o n tr e
la
m ar c h an d i s e.

AGENDA
TOUT LE PROGRAMME DE
L'USINE ET A L'USINE

www.usine.ch www.ptrnet.ch www.lekab.ch

Pourquoi sauver le
Plaza ?
D'abord, parce que
c'est nécessaire;
Ensuite, parce que
c'est légitime;
Enfin, parce que
c'est possible...

L'AGENDA CULTUREL ARABE A
GENEVE

... pour que ne
disparaisse pas une
salle de cinéma de
plus, et que l'une
des plus belles salles
de cinéma de Suisse
ne
soit
pas
transformée en un
souk de plus pour
de pures raisons de
rentabilité
financière.

table ronde
1 8h30 Institut National Genevois
1 Promenade du Pin

http://www.icamge.ch/

JUSQU'AU 20 AOUT, GENEVE
Musées du XXIe siècle
visions, amitions, défis

Musée d'Art et d'Histoire
www.mah-geneve.ch

JEUDI 8 JUIN, GENEVE
Des musées, à quoi bon ?

JUSQU'AU 11 JUIN, GENEVE

Jean Mohr, tours et détours du
Théâtre Saint­Gervais (1995­2003)

Théâtre St Gervais
www.saintgervais.ch

DU 23 AU 25 JUIN, GENEVE
Fête de la Musique

www.fetedelamusique.ch

DU 29 SEPTEMBRE AU 1er
OCTOBRE, GENEVE
La Saga des Géants


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