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Parfois, Peter partait pour une semaine à Paris, chez
Lola, et il revenait toujours gonflé de Culture. Avec Lola,
ils allaient au cinéma, au théâtre, voir des expos, ils en
débattaient des heures durant. Puis ils faisaient l’amour.
Des fois, Peter s’inquiétait de Moïra qui passait ces
semaines seule. « Mais non je ne suis pas seule, il y a les
visiteurs, et puis tu sais, une semaine sans tes chatouilles
de réveil, ça me fait des vacances ! » disait-elle en riant.
Cela faisait longtemps que Moira n’avait pas eu d’amant
suivi. A vrai dire, Moira ne recherchait pas d’autres
relations amoureuses. Elle n’avait pas besoin des autres
pour exister. Peter l’admirait beaucoup pour ça, lui qui ne
pouvait rester ne serait-ce que cinq minutes tout seul.
« Tu crois que tu pourrais trouver un truc avec Titans ? »
« Genre quoi ? Les femmes titanesques ? »
« Par exemple. »
« Ou les Géantes. »
« C’est pas mal. »
« Les Géantes de la Fin des temps. »
« Mais oui ! Putain faut que j’écrive tout ça. Merci mon
amour je t’aime. »
« Moi aussi je t’aime. »
Quand Peter était pris par son inspiration, il perdait toute
notion du temps. Il n’était pas rare qu’il se «réveille»
cinq heures après en ayant eu l’impression d’écrire vingt
minutes. C’était quelque chose dont il aimait beaucoup
parler avec les autres artistes, car tous l’expérimentaient
plus ou moins.
Lola appelait ça le «flux», «comme une vague qui te
prend et qui te lâche pas jusqu’à ce que t’aies pondu
quelque chose.» Dans le cadre de l’écroture d’u roman,
les moments comme ceux-là étaient jubilatoires, mais une
fois le premier jet terminé, le temps de la relecture venu,
Peter était soudain frappé par l’effrayante médiocrité de
son travail. Il avait appris à y faire face avec le temps,
à cette sensation de détresse qui l’étreignait face à ce
qu’il avait écrit quelques mois voire quelques années
auparavant. C’était une étape nécessaire, et tout l’enjeu de
la production d’un livre résidait dans la capacité de son
auteur à retravailler son texte. Tant de manuscrits restaient
inachevés, fichers Word s’entassant dans son ordinateur.
Peter était fier d’avoir apprivoisé son rythme d’écriture
au fil des années. Il savait mettre son corps au travail, car
l’activité demandait un véritable enaggement physique,
un état mental particulier. Souvent, le premier jour de
la Retraite était compliqué pour lui, il avait tendance à
se laisser happer par les projets des autres plutôt qu’à se
concentrer sur les siens. Il avaot appris à se ménager des

espaces avec Ally et Marc durant lesquels ils jouaient aux
écrivains taiseux dans leur coin.

Nous sommes les Géantes et nous sonnerons
la Fin des temps. Nous avons trop longtemps
dormi, mes soeurs, nous avons laissé les
mortels jouir des plaisirs que leur offrait
cette Terre, et qu’en ont-ils fait ? De la boue,
de la cendre, des terres brûlés, des citadelles
de cristal où nul ne peut entrer et dont nul ne
peut sortir. Nous leur avons offert la liberté,
ils ont créé des prisons pour enfermer leurs
frères. Nous leur avons offert la science,
ils ont créé des prisons pour enfermer leur
âmes. Nous leur avons offert l’amour, ils ont
créé des prisons pour enfermer leur coeur.
Références utiles et axes d’analyse
Orson Scott Card et sa méthode pour écrire de la sciencefiction et de la fantasy.
Samantha Bailly et sa relation avec ses lecteurs (chaîne
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