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Terre d’Architecture

Architecture et Terre Cuite

N° 9

Éditorial

Hervé Gastinel
Président de la FFTB
Appréhender le développement durable dans sa globalité.
La fin d’année 2007 aura été placée sous le signe du développement durable avec la clôture
du Grenelle de l’Environnement. Les objectifs étant désormais clairement posés, de nombreuses initiatives vont pouvoir se concrétiser, mettant en évidence les performances relatives
des différents matériaux ou systèmes constructifs.
Identifié comme énergivore, le bâtiment représente 42,5 % de la consommation énergétique
totale de la France et 23 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Il est aussi le premier secteur d’activité qui pourra agir de manière significative sur sa consommation d’énergie. Il fait
l’objet des trois premiers chantiers destinés à concrétiser les décisions du Grenelle de l’Environnement. La recherche des performances énergétiques et environnementales globales a
été au cœur des travaux. Depuis, la tentation est grande pour certains de tomber dans un
discours réducteur où les performances thermiques seraient l'unique réponse au développement durable et où l’isolation serai la seule réponse à l’exigence de performance thermique. Or l’inertie et l’étanchéité à l’air, qualités reconnues des constructions en terre cuite,
concourent de manière significative à l’efficience énergétique.
Au-delà de la seule gestion thermique du bâtiment, les objectifs de santé et de coût global
sont déterminants dans la démarche de développement durable qui n’est pas seulement
environnementale mais aussi sociale et économique. C’est là que les produits de terre cuite
prennent toute leur importance en répondant à l’ensemble de ces exigences. Sur le plan
sanitaire, chacun sait que les habitations en terre cuite offrent une remarquable qualité de
l’air intérieur car les produits de terre cuite n'émettent aucun gaz toxique évitant tout risque
d’allergie ou, plus généralement, tout impact néfaste sur la santé des occupants.
Enfin, la terre cuite, matériau durablement durable, permet à la maîtrise d’ouvrage et à la
maîtrise d’œuvre de raisonner en termes d’économie globale. Les niveaux de performances
atteints dès aujourd’hui par les systèmes constructifs terre cuite sont les meilleurs témoins de
l’implication de notre filière dans une démarche globale de développement durable.
Car avec la terre cuite, le développement est bel et bien durable!

TERRE D’ARCHITECTURE
TA est une publication de la Fédération française des tuiles et briques, et du Centre technique de matériaux naturels de construction.
17, rue Letellier, 75015 Paris. Contact : Dominique Métais, tél. : 01 44 37 07 13.
Directeur de la publication : Bruno Martinet.
Conception, rédaction : Novalis, agence de publications d’entreprises. Tél. : 01 45 23 90 90. Courriel : bienvenue@agencenovalis.com.
Directeur de rédaction : Bernard Abbou. Rédacteur en chef : Patrice Rabaroux. Journaliste : Patrice Rabaroux. Graphiste : Hervé Tenot.
Photographes : Hervé Abbadie – Gaston Bergerat – Christiann Miche – Patrice Rabaroux – Philippe Ruault.
En couverture : maison individuelle à Villeneuve-lès-Avignon (30) – Patriarche & Co architectes – Photo : Patrice Rabaroux.

02
2

Sommaire
08

10

04

18 20

13

16

30
24
27

04I Le collège 500 de Chatte (38)

20I La DRAC Midi-Pyrénées à Toulouse (31)

08I L’accueil Périscolaire de Benfeld (67)

24I Maison Individuelle
à Villeneuve-lès-Avignon (30)

10I Le centre tertiaire communautaire
de Lagnes (84)

27I Petits immeubles locatifs (38 logements) et douze
maisons individuelles groupées à Auxerre (89)

13I L’IUT A Lille 1 à Villeneuve d’Ascq [59)
30I Cantine scolaire à Paris 19

e

(75)

16I La ferme des Aubains reconvertie
à Bruyères-sur-Oise (95)

18I Supermarché à Achères (78)

03

Patrice Rabaroux

Brique Monomur au pays de la noix
Le cadre, superbe, a inspiré aux architectes un projet de grande qualité environnementale qui met
en valeur les vues sur des paysages magnifiques et fait référence au plus remarquable archétype
de l’architecture rurale de la vallée de l’Isère, le séchoir à noix.

En haut.
L’aile des salles

développement durable dans lesquelles

des lieux utilisés « entre midi et deux » et

vocation de décharger celui de

les architectes ont inscrit leur projet.

particulièrement le grand axe de transpa-

Saint-Marcellin en accueillant les

rence, ensoleillé et paysager, qui traverse

Qualité de vie pour tous

tout le terrain, du nord-est vers le sud-

petits villages ; d’où l’importance de l’aire

Le positionnement des bâtiments les uns

ouest. Il met en relation l’aire de dépose

technologies.

de stationnement des cars. Le collège

par rapport aux autres constitue un envi-

des bus, le parvis, le hall, le préau, le jardin

Sa façade sur

est implanté dans un cadre rural encore

ronnement bâti protecteur. L’objectif était

en libre accès, le restaurant et le jardin

la cour est protégée

préservé sur un terrain où était encore

de se protéger des vents dominants froids,

aromatique.

du soleil par la saillie

lisible la trame régulière d’une ancienne

de privilégier un bon ensoleillement de la

Il distribue les locaux d’enseignement au

noyeraie.

cour de récréation et de maîtriser les

nord-ouest, au sud-est les services admi-

Ce terrain dont l’horizon s’ouvre large-

apports solaires dans les salles de cours.

nistratifs et la salle polyvalente. Par sa posi-

ment au sud, sud-ouest, s’adosse au

Ont été préférés pour la construction des

tion près du stationnement des person-

nord-ouest à des collines, tandis qu’au

matériaux produits localement, recyclables

nels, celle-ci est accessible aux usagers

sud est et à l’est, les contreforts du Massif

et dont la ressource est renouvelable ou

extérieurs, en dehors des temps scolaires.

du Vercors constituent un puissant arrière-

très abondante comme la terre cuite.

Les locaux d’enseignement s’organisent

plan aux noyeraies de la vallée. La réfé-

L’importance des effectifs de la demi-

en deux ailes en équerre.

rence au patrimoine bâti et paysagé est

pension a conduit les architectes à traiter

Dans l’aile d’enseignement général en

en cohérence avec la démarche de

avec un soin particulier les ambiances

double épaisseur, les classes sont consti-

de sciences et

de la boîte vitrée
des couloirs.

04

L

e collège de Chatte a pour

élèves issus d’une nébuleuse de

En phase chantier, le pignon du restaurant et
en arrière-plan les logements de fonction.
Association réussie de terre cuite et de bois.
On remarque le traitement de la toiture : en tuile sur

R2K architectes

la partie isolée, en zinc naturel sur les débords.

Le hall central.
L’utilisation combinée des deux
épaisseurs de Monomur
soulignée par les couleurs
d’enduits a permis un motif
en saillie de pilastres

R2K architectes

R2K architectes

et d’entablement.

Plan de masse. Encore lisible sur la parcelle, la trame
de l’ancienne noyeraie a inspiré le tracé orthogonal
de l’implantation des volumes. La grande cour est protégée
des vents froids dominants et bien ensoleillée.

05

tuées en plots autonomes de huit classes

nerie et de charpente en bois, appliqué à

tant dans la brique Monomur que dans l’os-

sur deux niveaux. Elles sont desservies par

des volumes simples qui jouent avec des

sature bois. Les classes d’enseignement ont

de larges paliers qui se greffent sur une

ventelles en bois et des toits débor dants et

des apports internes importants et, même si

galerie extérieure.

protecteurs. »

elles sont inoccupées en juillet et août, les

Cette galerie, couverte et bien orientée

Sur la partie massive en maçonnerie large-

demi-saisons sont très chaudes.

(abri des vents froids et excellente orienta-

ment dominante se greffent quelques

Dans ces périodes, le confort thermique est

tion solaire), est détachée de la façade

volumes plus légers en ossature et bardage

garanti par la combinaison de l’inertie

principale pour laisser la lumière naturelle

de bois. Les principales parois sont réalisées

offerte par le Monomur, de brise-soleil

pénétrer par les baies des classes au sud-

en brique Monomur qui assure à la

conçus sur ordinateur et d’un toit large-

ouest. L’été, elle en assure la protection

construction une bonne isolation, une

ment débordant.

solaire. Deux escaliers relient son niveau

bonne inertie et offre l’avantage, précieux

La toiture à deux pans de tuile de terre

haut à la cour de récréation.

en milieu scolaire, de deux parements résis-

cuite, permet de créer un volume tampon.

Les classes de sciences et technologie,

tants. Les murs de refend et les cloisons inté-

Le complexe d’isolation des classes de

Détail de la liaison

orientées au nord-ouest, sont distribuées

rieures sont, pour la même raison, en brique

l’étage est posé sur le plancher collaborant

entre le bâtiment

par un large couloir qui donne sur la cour

et carreau de terre cuite. La modénature

en bois du comble technique dans lequel

au sud-est, vitré et protégé des ardeurs esti-

des façades a été obtenue par l’utilisation

chemine le traitement d’air à double flux.

vales par des brise-soleil en bois.

combinée de deux épaisseurs de brique

Les chaudières à condensation alimentent

Le quatrième côté de la cour est bordé au

Monomur, 30 cm et 37,5 cm. Au prix d’un

un chauffage par le sol dans le hall et le res-

Les toits en tuile de

sud-ouest par la bande des quatre loge-

calepinage rigoureux, les architectes ont

taurant et par radiateurs dans les salles.

terre cuite s’intègrent

ments de fonctions et les dépendances de

décliné sur l’ensemble du collège un motif

dans le contexte rural

la demi-pension.

de pilastres et d’entablements souligné par

Paysage serein

un jeu de couleurs des enduits.

Également conçu par R2K, le traitement

d’enseignement
général et le hall.

et participent

Construire pour durer
par la combinaison raisonnée
des matériaux

En quête de confort et d’économie
d’usage

cret. Véronique Klimine déplore que les

architecturale du

Par le vocabulaire formel, le collège s’inscrit

Le collège a été conçu pour être perfor-

véhicules, indispensables en raison de la

projet et au confort.

sans agressivité dans un contexte rural fai-

mant en termes de consommation de

dispersion géographique des élèves, aient

Le comble au-dessus

blement construit.

chauffage et de confort d’été. Les carac-

nécessité une telle surface d’enrobé. Le

des classes accueille

Véronique Klimine souligne : « Nous avons

téristiques thermiques de l’ensemble per-

réseau qui collecte leurs eaux pluviales

réinterprété l’archétype du séchoir à noix

mettent d’atteindre un Ubat < 20 % à l’Ubat

aboutit à un bassin de rétention en aval.

caractérisé par un soubassement massif en

de référence, et une performance énergé-

Néanmoins, le maximum d’eau est infiltré

maçonnerie de pierre et une partie supé-

tique dont l’objectif est C < 20 % C réf.

sur la parcelle. La collecte des eaux plu-

Le faîtage du hall

rieure en charpente ceinte de filtres en

L’isolation de la structure est sans faille grâce

viales des bâtiments est assurée par plu-

assure éclairement

bois. Nous avons retenu l’utilisation d’un

au traitement efficace des ponts ther-

sieurs noues engazonnées créées dans les

et désenfumage.

langage constructif mixte, fait de maçon-

miques en abouts de dalles et de refends,

espaces verts à l’extérieur des bâtiments.

pleinement à la
cohérence

les centrales de
traitement d’air.

paysagé de l’ensemble est raffiné et disaires d’évolution et de stationnement des

Sur la façade
sud-ouest du terrain
s’alignent quatre
logements de fonction.
Les occupants
en apprécient
le confort thermique
qui doit beaucoup
à une structure
en Monomur de

Patrice Rabaroux

37,5 cm d’épaisseur.

06

Patrice Rabaroux

L’axe de desserte qui traverse la
parcelle de part en part. Le préau
prolonge le hall et une galerie
couverte le relie au restaurant
longeant la pelouse où les plus
jeunes élèves prennent l’air à la

Patrice Rabaroux

coupure du déjeuner.

// Maîtrise d’ouvrage : Conseil Général de l’Isère. // Maîtrise d’œuvre : R2K architectes à Grenoble ; Bet structures bois :
Jacques Englade. // SHON : 5 539 m2. // Date de livraison : septembre 2006. // Montant des travaux HT : 7 M€.
// Matériaux de terre cuite : tuile grand moule à double emboîtement, brique Monomur de 30 cm et 37,5 cm, brique
de structure de 20 cm, brique de cloison 7 cm et 10 cm. // Entreprise de gros œuvre : Embatra à Sassenage (38).
// Charpente et couverture : SDCC à Varces (38. // Cloisonnement : Fangeat à Saint-Marcellin (38).

07

Traditionnel par le volume mais résolument
moderne par son traitement, ce petit équipement
s’intègre avec respect dans un contexte
sensible, sans faire profil bas. Les tuiles de son
grand toit et les écailles métalliques des murs
lui confèrent un caractère exceptionnel
et précieux.

Georges Heintz et Anne-Sophie Kehr

Ensorcelant corps de ferme
Accueil Périscolaire de Benfeld (67)
’ école ancienne est implantée au

le moindre percement ont très vite été ras-

cœur du village de Benfeld, dans

surés et séduits par la superbe vêture qui

Sous la luisante carapace, un doux
confort

un site extrêmement protégé du

change de couleur sous la lumière.

La façade sur rue et les deux pignons sont

fait du nombre de bâtiments ins-

Le public de destination, la petite enfance

aveugles, à l’exception de deux œils de

crits à l’inventaire des Monuments histo-

et le volume imposé, archétype de la mai-

bœuf sur ces derniers. Ils sont intégralement

classique par la

riques qui s’y côtoient. Il s’agissait de la

son, a inspiré une référence à la cabane

revêtus d’écailles métalliques (de l’inox

scansion régulière

compléter avec un bâtiment qui abrite

de la sorcière du conte Hansel et Grethel

traité à la vapeur de titane) qui jouent

l’accueil périscolaire et un centre de loisirs

que tous les petits Alsaciens connaissent.

magnifiquement sous la lumière et dialo-

pour 49 enfants.

Les architectes imaginaient une maison qui

guent avec la tuile vernissée. Cette vêture

ait une toiture épaisse avec l’apparence

est posée sur une ossature en bois qui

En haut.
Sur la cour, une
façade blanche plus

de ses beaux châssis

L

vitrés ouverts à l’est.
Par la saillie en retour

Gourmandise architecturale, conte
traditionnel et modernité

savoureuse et brillante d’une pâtisserie sous

intègre l’isolation par l’extérieur. L’inertie

au bout du bâtiment

un glaçage au chocolat. La découverte

thermique ainsi gagnée assure un confort

d’une boîte vitrée,

Les architectes chargés de l’opération se

d’un nouveau modèle de tuile et l’idée de

d’été très appréciable en climat alsacien.

la salle à manger,

sont volontiers pliés à certaines règles d’im-

l’utiliser vernissée noire leur a permis d’obte-

La façade sur cour est très claire et ouverte,

plantation, comme l’alignement en front

nir exactement l’effet souhaité.

blanche et vitrée. Un volume fait saillie : la

de rue. Et ils ont considéré comme un exer-

« Cette tuile, se souvient Anne-Sophie Kehr,

salle à manger. C’est une boîte en verre

cice de style stimulant le respect du gabarit

nous l’avons rêvée et quelqu’un l’a faite

collé prise entre deux plaques horizontales :

général et en particulier d’un toit à deux

pour nous ! Quand nous avons appris son

la dalle de plancher légèrement décollée

pentes.

existence, elle n’était pas encore sur le

du sol et le toit plat qui s’affine en casquet-

« On s’est posé en corps de fer me, précise

marché, n’existait pas encore en noir ! Nous

te blanche. Dans cet aquarium, un poteau

Anne-Sophie Kehr, pour répondre à l’école

avons encastré le chéneau pour que la

sculpture en béton couleur moka.

existante qui est en face et sur laquelle

découpe festonnée de la ligne d’égout

Un grand couloir distribue l’ensemble des

nous avons une simple mission de mise en

reste bien visible. Pour parachever l’effet,

salles. Longeant le mur sur rue aveugle, il est

sécurité. »

l’industriel a accepté d’engober les deux

éclairé par des châssis de toit dont les

Ils ont opté pour une façade aveugle sur la

faces des tuiles de rive, alors que le modèle

vitrages isolants fixes intègrent des lames de

rue. Les voisins qui manifestaient quelque

de base n’est engobé que sur sa face

verre cathédrale de plusieurs couleurs

inquiétude en voyant monter ce mur sans

supérieure. »

vives.

la modernité surgit.

// Maîtrise d’ouvrage : Communauté des communes de Benfeld et environs.
// Maîtrise d’œuvre : Cabinet d’architecture et d’urbanisme Georges Heintz et
Anne-Sophie Kehr et associés, à Strasbourg. // SHON : 360 m2. // Date de livraison :
novembre 2005. // Montant des travaux HT : 5 M€. // Produit de terre cuite :
Tuile à emboîtement de couleur noire et brillante. // Entreprise de pose : Couvreurs
rhénans.

08

Sur la ruelle voisine, le pignon nord bénéficie
de la vêture métallique. Au même titre que
la souche de cheminée qui dialogue ainsi avec
la superbe toiture en tuiles vernissées.
Le généreux débord de toit et l’œil de bœuf
soulignent, sans appuyer, la référence
à la maison d’Hansel et Grethel.

À l’alignement sur la rue, le bâtiment
s’intègre parfaitement grâce à une volumétrie
de corps de ferme. Il s’en distingue
par le traitement très original des détails
et le choix de matériaux superbes.
Le chéneau encastré dans le toit permet
de profiter du dessin vernissé noir du débord

Georges Heintz et Anne-Sophie Kehr

des tuiles.

Le long couloir de desserte de toutes
les salles est joyeusement éclairé
par un semi de châssis de toit
de différents formats et coloris.

Georges Heintz et Anne-Sophie Kehr

Plan masse. L’accueil
périscolaire est logé
dans un volume très
simple qui s’apparente
aux corps de ferme
du voisinage et, placé
à l’alignement sur

Georges Heintz et Anne-Sophie Kehr

Georges Heintz et Anne-Sophie Kehr

la rue, referme l’îlot.

09

+115,75

+112,99
+112,81

parking du haut

Aération

pente 5%

+ 109,92

Porte d'accès
local EDF

parking du bas
+108,11

+107,00

+107,00

Urban Architectures

+115,75

Grand toit pour une pépinière
Axe de la chaussée

+112,99

+112,81

parking du haut

Centre tertiaire communautaire de Lagnes (84)
+108,80

+108,53

+108,11

+107,00
+106,85
+106,70

Lagnes est un beau village provençal de 1600 âmes qui doucement risquait de s’assoupir. Y insérer
une architecture contemporaine, qui plus est dans le périmètre de protection d’un château classé,
et bénéficier d’une très bonne acceptation par les habitants : telle est la performance réussie par
Urban Architectures en synergie avec un comité de pilotage.
+106,55

+106,40

+105,58

En haut.
Plan de masse.
Pour partie minérale,
pour partie prairie,
la place basse est
reliée à la place haute

L

e projet du Centre tertiaire com-

et le CAUE du Vaucluse, visait également à

espaces extérieurs autour de « La Grange »,

munautaire a été initié par le maire

requalifier les espaces urbains, à l’articula-

salle polyvalente préexistante, et offre un

de Lagnes dans le cadre d’une

tion du cœur du village, du quartier histo-

stationnement en épi pour 25 véhicules. La

communauté de cinq villages voi-

rique dominé par le château et d’une zone

place basse, décaissée de 1,80 m, est traitée

sins d’importance équivalente. Leur objectif

pavillonnaire.

en prairie glissée entre le mur de soutène-

principal est d’enrayer le vieillissement de

La qualité de cette réalisation tient pour

ment et le volume principal, une longue halle,

leur population et le glissement progressif

beaucoup au dialogue entre la maîtrise

tandis que deux petits volumes, les « villas »,

vers le statut de commune dortoir. Pour déve-

d’œuvre et le comité de pilotage des élus des

en marquent l’entrée au nord. Les deux

lopper l’activité économique tout en pré-

différentes communes. Le choix de retenir le

places communiquent par une rampe qui

par une rampe

servant le cadre de vie, elles ont adopté une

projet d’Urban Architectures, d’une écriture

longe le soutènement et par un escalier per-

et un escalier.

démarche incitative qui allait dans le sens

plus contemporaine que ses concurrents,

pendiculaire qui trace une percée visuelle

Elle est bordée à

des conclusions d’une étude de l’Agence

prit valeur d’un engagement dans une

vers le château.

l’ouest par la grande

pour le développement économique du

démarche exigeante de respect de la qua-

Vaucluse.

lité environnementale, du site et de ses usa-

Un équipement ouvert et convivial

gers. Ce programme a été lauréat des

Sous la grande halle, quatre boîtes sem-

Dialogue fructueux

Trophées 2006 du prix Départemental de

blent provisoirement stationnées comme

Avec la création du Centre tertiaire, la com-

l’Architecture et du Paysage.

d’énormes conteneurs. Elles n’y sont pas tota-

halle, au sud par la
terrasse de la salle
polyvalente.

munauté de communes de Coustellet pro-

lement engagées et restent saillantes vers la

pose une structure d’accueil souple à des

S’inscrire dans le contexte villageois

place. L’une d’elles n’est pas sagement ali-

entreprises en devenir dans des secteurs

La pente du terrain a inspiré un parcours

gnée comme si la manœuvre de rangement

d’activités non polluants. Le programme du

composé de deux places à des altimétries

avait été interrompue. Entre ces boîtes, sub-

concours, organisé en partenariat avec l’ABF

différentes. La place haute requalifie les

sistent des interstices ; le plus important consti-

Vue de haut,

Vue depuis le quartier

la grande halle,

pavillonnaire.
L’escalier public
montant vers le

se dissimule dans

château se glisse

le jeu de toits

entre les deux

de tuile canal

« villas » et la halle.
Patrice Rabaroux

rémanence de la
grange du château,

du village ancien.

10

+105,54

Patrice Rabaroux

La halle vue depuis la place haute. Les quatre boîtes en feuilletage de bois sont glissées sous un long toit
de tuile canal. Au fond les deux « villas ». Entre leurs deux plans convergents de leurs toitures, une faille

Urban Architectures

fait référence aux étroites ruelles de la ville historique.

Patrice Rabaroux

Plan de masse. Pour partie minérale, pour
partie prairie, la place basse est reliée à la place
haute par une rampe et un escalier. Elle est
bordée à l’ouest par la grande halle, au sud
par la terrasse de la salle polyvalente.

11

tuant le hall d’entrée ouvrant sur la place.

Mixité constructive

Le vocabulaire employé pour « les villas »

À l’arrière, une rue intérieure, animée par

Les systèmes constructifs dissocient claire-

diffère sensiblement. Les toits de tuile sont

deux escaliers et des passerelles, constitue

ment la halle des boîtes glissées dessous.

largement débordants, soulignés par un ban-

un espace commun important propice aux

Poteaux en béton, charpente en acier et

deau de tôle laquée et soutenus par de fines

rencontres. Cet atrium est un tampon ther-

couverture en tuile canal de terre cuite pour

colonnes. Les enduits blancs jouent avec les

mique efficace avec un delta de tempéra-

la première, ossature bois pour les secondes.

murets de pierre sèche et les caillebotis qui

ture de + 3 degrés par rapport à l’extérieur.

L’enveloppe des boîtes en lamelles de bois

protègent les baies.

L’impossibilité de qualifier par avance les

évoque les caisses des producteurs de fruits

Dans le traitement des espaces publics, les

futurs locataires a conduit à produire des

de la région dont les piles figurent des archi-

architectes ont également joué du mélan-

espaces de travail neutres. Dans les boîtes, les

tectures éphémères à l’entour de leurs han-

ge subtil du contemporain et du vernacu-

surfaces proposées, une vingtaine de lots sur

gars. À l’est, cette enveloppe s’allège en

laire : béton, banché pour le mur de soutè-

deux niveaux, varient entre 13 et 76 m2. Les

double peau filtrant le soleil matinal devant

nement, balayé au sol des calades, élé-

« villas » offrent respectivement 81 et 124 m2.

les grands châssis vitrés donnant sur la place.

ments en inox et murs de pierres sèches.

Au sud, encastré sous la terrasse de la salle

La façade ouest est plus sévère, seulement

Cadrée par le mur de soutènement, la ter-

polyvalente, un espace de rencontre enrichit

animée par le volume saillant en enduit blanc

rasse de la « Grange » et les volumes nou-

les possibilités de l’équipement. Sa grande

des batteries de sanitaires. Au nu extérieur

vellement créés, la place basse est un espa-

salle, complétée d’un bloc sanitaire et d’un

des trumeaux de béton brut, on retrouve le

ce public paisible et, selon la formule des

local de stockage, ouvre par une façade

même caillebotis de lames horizontales de

architectes, « le miroir de la place du vieux

entièrement vitrée sur une grande terrasse.

bois qu’en pignons.

village ».

La plus longue « villa » est encastrée dans la
pente. Son toit offre un premier plan en tuile
canal à droite de l’escalier qui descend à la

Patrice Rabaroux

place basse depuis le stationnement.

La rue intérieure éclairée par les grandes baies

filtrent les ardeurs du soleil. Passerelles et
escaliers animent cet espace de convivialité
généreusement dimensionné.

// Maîtrise d’ouvrage : Communauté de communes de Coustellet et Mairie de Lagnes. // Maîtrise d’œuvre : Urban
Architectures - Gérard Martens (Marseille) ; mandataire André Berthier et Joseph Frassanito (Marseille) architectes associés.
// SHON : 1500 m2. // Date de livraison : août 2006. // Montant des travaux HT : 2,5 M€. // Produit de terre cuite :
tuile canal. // Entreprise de couverture : GSM à Pernes -les-Fontaines (84).

12

Patrice Rabaroux

de la façade ouest dont les caillebotis de bois

Les différents départements de l’Institut universitaire
de technologie A étaient jusqu’alors installés dans
un assemblage de bâtiments préfabriqués datant
des années 1960. Distincts, mais indifférenciés.
Vétustes et amiantés. Pour leur relogement,
le Rectorat de Lille a élaboré un programme
qui soulignait la volonté de fédérer l’ensemble
des départements dans une entité qui soit
perceptible comme un tout et non comme
le voisinage d’unités indépendantes.
Atelier 9 – Carré d’A

L’université fait barrage au bruit
IUT A Lille 1 à Villeneuve d’Ascq
es concepteurs avaient assez peu

Bouclier fédérateur et enseigne

c’est incontestablement le caractère

de latitude quant à l’implantation

Cette volonté s’est traduite, en particulier

monolithique que le mur confère au pro-

du nouvel ensemble puisque les

dans le choix de travailler avec un maté-

jet qui a emporté l’adhésion du jury du

bâtiments préexistants devaient

riau produit localement et emblématique

concours. L’IUT s’adosse à ce mur qui est

continuer à fonctionner pendant la durée

de la région. Il est probable que dans

traité en véritable bouclier phonique et

Adossé à une voie

du chantier et que l’est du terrain est

aucune autre région de France la brique

dont l’efficacité est renforcée par le cou-

rapide dont il se

dédié à une très vaste aire de stationne-

n’aurait pu être mise en œuvre, dans le

loir qui le double et constitue un espace

ment arborée.

respect de l’exigeante définition de l’ou-

tampon.

Le partage des responsabilités entre les

vrage par les architectes.

Quand la brique s’est imposée à eux

mur courbe doublé

deux équipes d’architectes, l’une mar-

L’idée d’un immense mur qui ceinture la

comme matériau incontournable de ce

d’une circulation, l’IUT

seillaise l’autre nordiste, s’est effectué

parcelle du côté du périphérique est

mur, les architectes nordistes ont tenu

organise en peigne

dans d’excellentes conditions. Si Atelier 9

venue assez tôt puisqu’elle présentait le

absolument à ce qu’elle soit structurelle,

ses différents

était le meneur de la phase de concep-

triple avantage de protéger efficace-

qu’elle soit employée à ce pourquoi elle

secteurs qui prennent

tion, il n’empêche que le vocabulaire

ment les salles de cour des nuisances

est faite : construire des murs porteurs. Le

architectural a été marqué par la volonté

sonores de la voie rapide, de fédérer les

mur a été monté en brique pleine en

de d’inscrire le projet dans un contexte

différents départements et de constituer

appareillage dit français ou « de bout ». Un

régional et non de produire une architec-

une vaste enseigne de la Cité scientifique

rang de boutisses succédant à un rang de

ture internationale.

qui en était dépourvue de ce côté. Mais

panneresses. L’épaisseur du mur courant

En haut.
Plan du rez de
chaussée haut.

protège par un long

jour sur trois jardins
intérieurs.

L

Derrière la passerelle
d’accès qui franchit
une sorte de douve
se profile le volume
en saillie des quatre
amphis. Entièrement
capoté de cuivre,
il contraste fortement
avec les enduits
Christian Michel

blancs de la façade
principale.

13

est de 22 cm. Elle est portée à 34 cm dans

de 330 000 à 350 000 briques. Les premiers

de valoriser l’IUT et de renforcer sa présen-

les parties du mur qui sont vues des deux

rangs traités en base sont appareillés diffé-

ce vis à vis de la voie principale de desserte

côtés, sur les patios-jardins et à son extrémité

remment. Jean-Louis Munch se souvient :

de la Cité scientifique, les architectes ont

nord. Porteur, le mur a été renforcé par des

«Nous avons « acheté » un par un le surcoût

choisi de placer le niveau d’entrée au rez-

chaînages verticaux en raison de sa grande

de chaque rang d’appareillage non stan-

de-chaussée haut. Le chemin d’accès se

hauteur.

dard, que ce soit pour la base ou pour le

termine par une large passerelle qui enjam-

Les architectes ont consacré beaucoup

couronnement du mur. En proposant en

be une large douve sur laquelle le rez-de-

de temps et de soin au choix de la brique.

contrepartie à la maîtrise d’ouvrage une

chaussée bas prend la lumière.

Une quinzaine de briques différentes ont

économie sur tel ou tel autre poste.»

L’ensemble bâti est fédéré par un socle

été testées en échantillons de grandes

Le mur est percé d’un semis régulier de

traité en béton noir matricé qui évoque la

En haut.

tailles montés à l’extérieur et dans des

petites baies carrées de 50 cm de côtés

tranche d’une veine de houille. Les horizon-

Détail du mur

expositions au soleil proches de celles du

– 336 en six rangées horizontales – qui sont au

tales puissantes de la façade d’entrée, une

anti-bruit. Sur le

mur réel. À la même heure, le mur est, sui-

droit du bâti et de fentes horizontales vers le

alternance de bandes filantes vitrées en

vant la partie que l’on considère, soumis

nord–ouest, là où le mur clôt le troisième

retrait et de bandeaux enduits blanc sont

à des éclairages très différents : dans

jardin patio. Dans son rôle de bouclier pho-

protégées par le large débord d’une cou-

l’ombre, éclairage rasant ou pleine lumière.

nique, le mur monte plus haut que les

verture métallique en aile d’avion. Cette

le mur en brique

« La brique que nous avons choisie, sou-

volumes qu’il protège. Et, dans cette logique,

longue barre distribue par le vaste hall

démarre en tambour

ligne Jean-Louis Munch, a une intensité qui

toutes les baies sont équipées de châssis

d’accueil les amphithéâtres et les trois

sur plusieurs rangs

prend bien ces trois temps. C’est un produit

vitrés, y compris celles qui donnent dans le

ailes en peigne des secteurs de chimie,

formant trois listels

traditionnel de la région qui est considéré

vide au dessus du bâti ou au droit du jardin.

physique, génie électrique, biologie, micro-

soubassement en
béton matricé houille,

plat en légère saillie.

Christian Michel

C’est une brique en terre cuite, moulée

biologie et diététique qui prennent jour sur

également donné lieu

Le mur fait 180 m de long et 15 m de haut

À ce revers austère et noble,
correspond un avers souriant
et ouvert

à des appareillages

avec un arrondi de 120 m de rayon et de

Ainsi protégé l’IUT peut déployer largement

tique. La barre comporte cinq niveaux, les

différents.

120° d’arc. Il a nécessité la mise en œuvre

sa façade principale au sud-est. Soucieux

ailes trois seulement.

Le couronnement a

14

aujourd’hui comme un haut de gamme.
main, cuite au four continu Hoffman.»

trois jardins-patios. Ses étages sont dédiés
aux locaux administratifs, aux salles d’enseignement général et au secteur informa-

L’extrémité nord du volume très linéaire du bâtiment d’enseignement
général perfore le mur de brique. Il se projette sur le boulevard de Tournai
en une boîte de verre sérigraphié qui constitue littéralement une immense

Christian Michel

Christian Michel

enseigne pour l’Université.

L‘impressionnant développement
du mur en brique sur la voie rapide.

Atelier 9 – Carré d’A

180 m de long, 15 m de haut !

Coupe transversale sur un jardin intérieur. La grandeur hauteur

Christian Michel

du mur bouclier contribue à son efficacité phonique.

Un couloir courbe longe le mur anti-bruit.
Les petites baies carrées équipées de vitrages isolants

// Maîtrise d’ouvrage : Ministère de l’Éducation
Nationale – Rectorat de Lille. // Maîtrise
d’œuvre : Atelier 9, architectes mandataires
à Marseille – Carré d’A Philippe Delequeuche
et Jean-Louis Munch ; architectes associés
à Marcq en Barœul, Saunier et associés, Bet.
// SHON : 19 255 m2. // Montant des travaux
HT : 20 M€. // Date de livraison : juin 2006.
// Produits de terre cuite : Brique de parement
60 X 105 X 220 de couleur rouge. // Entreprise
de pose : Holbat-Norfrance Construction.

prennent jour sur la voie rapide.

15

Cet important établissement agricole dont
l’implantation est attestée par des documents
cadastraux du début du XIXe siècle retrouve
une dignité nouvelle après des années de lente
dégradation. L’intervention qui a permis de
redonner vie au lieu ne s’apparente en rien
à la chirurgie plastique ou à la cosmétique.

Atelier multiple

D’agricole en culturel. Reconversion
Ferme des Aubains à Bruyères-sur-Oise (95)
a ferme des Aubains a été acquise

tialités des corps de bâtiments existants.

Les architectes ont poursuivi dans cet

par la municipalité de Bruyères-sur-

Ainsi, la belle grange a été maintenue

esprit de pragmatisme rural en reprenant les

Oise au début des années 1980.

ouverte et la salle des fêtes de 250 places

charpentes existantes pour les adapter aux

Sa grande cour close de 50 m par

a été placée dans un corps de bâtiment

nouvelles exigences. Sans s’interdire des

70 m ainsi que les bâtiments qui la bordent

dont les planchers d’étages ne pouvaient

assemblages entre vieux chêne et acier

ouest de la cour.

étaient en très médiocre état. En 1987, un

être conservés. Ils ont été démontés et

peint en gris. Les ragréages de maçonnerie

De droite à gauche,

contrat rural avait permis de créer dans

c’est tout le volume sous comble qui est

ont été limités à la pérennisation des struc-

un hangar une salle polyvalente qui n’a

offert. La salle est complétée d’une cuisine

tures, sans chercher à « ravaler » tous les

jamais été réellement finie et d’installer,

de standard professionnel entièrement

bâtiments au standard « enduit rustique »

dans l’angle opposé de la cour, les services

équipée.

d’un ravalement trop poussé.

techniques de la commune.

Dans le bâtiment contigu partiellement

La même attitude a prévalu sur le poste

et au bout la salle

Avec le développement rapide de la com-

reconstruit est logé l’ensemble associatif au

toitures. À la démarche « qualité française »

des fêtes. Au fond,

mune, le manque de locaux associatifs

sein duquel la Maison pour tous regroupe

qui aurait consisté à couvrir l’ensemble en

la grange.

s’est fait sentir. Après avoir mené en interne

un grand nombre d’activités et, en parti-

tuile plate, les architectes ont préféré une

quelques travaux, réhabilitation et transfor-

culier, un important atelier de poterie.

analyse attentive des tuiles en place. Ils ont

mation du Logis en salle de réunion et

La bibliothèque a été installée dans un

constaté la parfaite pérennité d’une bonne

bureaux associatifs, la municipalité relogea

corps de bâtiment qui était voué à la

partie d’entre elles et reconstitué avec des

ses services techniques dans des locaux

démolition, mais dont les architectes ont su

pans de toiture homogènes. Ils ont complé-

mieux adaptés et décida de confier la

exploiter les caves voûtées semi enterrées.

té avec d’autres modèles et couleurs de

refonte globale du lieu à une équipe d’ar-

La salle de spectacle a été réhabilitée et

tuile à emboîtement, restituant ainsi l’esprit

chitectes. À l’issue d’une consultation, la

complétée de dépendances : coulisses,

patchwork qui prévaut dans la majorité des

municipalité, séduite par leur projet qui

loges d’artistes et foyer.

ensembles ruraux de la région. En revanche

En haut.
Sous son grand toit
de tuiles, le long bord

le local des jeunes,
les associations,
la Maison pour tous

L

conservait au maximum les volumes exis-

la tuile plate a été choisie pour le toit pyra-

Choix de solutions techniques
non conventionnelles

midal du foyer, car elle convient mieux à sa

Le budget exigeait une réflexion poussée

Ces mises en œuvre économes qui jamais

Pragmatisme et concertation

sur l’équilibre des dépenses et leur ventila-

ne compromettent la tenue dans le temps,

Pour la localisation des différents éléments

tion sur les différents postes. Toutes les struc-

ont permis sur d’autres postes des prestations

du programme, les architectes sont partis,

tures qui pouvaient être réutilisées l’ont

coûteuses mais de grande pérennité. Ainsi

sans a priori, d’une concertation avec les

été, même si elles portaient des traces de

toutes les baies sont équipées de menuiseries

partenaires et d’une analyse des poten-

remaniement et de réparations antérieures.

en acier thermolaqué, dessinées une à une.

tants, choisit le tandem constitué par
Hubert Lempereur et Stanislas Roux.

// Maîtrise d’ouvrage : Municipalité de Bruyères-sur-Oise. // Maîtrise d’œuvre : Atelier
multiple – Hubert Lempereur, architecte mandataire. Roux-Tognella – Stanislas Roux
architecte d’opération. // SHON : 1 363 m2. // Date de livraison : novembre 2005.
// Montant des travaux HT : 1,21 M€. // Produit de terre cuite : plusieurs modèles
et couleurs de tuile à emboîtement et tuile plate. // Entreprise de couverture : Soret.

16

petite échelle.

Dans cet angle de la cour, l’imbrication
des fonctions et des volumes, le voisinage
du réhabilité et du neuf et de différentes
couleurs de tuiles, résume le pragmatisme
décomplexé de l’intervention.

Gaston Bergerat
Gaston Bergerat

Atelier multiple

Le colombier. Ponctuation exclamative du projet, derrière laquelle peuvent s’ordonner les espaces
conquis sur la cour, il apporte volume et lumière au foyer de la salle de spectacles. Avec sa
pyramide de tuiles plates, il retrouve assez exactement l’implantation de l’ancien pigeonnier.

Intérieur de la bibliothèque. Les deux caves voûtées ont été conservées
mais raccourcies d’un tiers pour accueillir « l’heure du conte ».

Atelier multiple

Atelier multiple

Plan du rez-de-chaussé.

17

Guérin & Pedroza

Beau comme un hypermarché
Il est trop rare qu’un centre commercial attire le regard autrement que par l’étendue asphaltée de son parc de
stationnement et l’agressif éclectisme graphique de ses enseignes lumineuses, pour ne pas applaudir la réalisation
d’Achères. L’utilisation du métal et du verre, récurrente sur ce type de programme, est ici heureusement réchauffée
par la présence de lattis de pin et de bardeaux de terre cuite.

Centre commercial « Le Grand Cèdre » à Achères (78)
En haut.
Sur la façade
nord-ouest,

L

e projet s’inscrit dans un program-

Elle a accepté une écriture architecturale

L’ossature métallique des parois porte une

me urbain beaucoup plus vaste

assez éloignée de ses codes habituels.

façade en double peau. La peau inté-

Insertion paysagère

laqué et la deuxième peau alterne des élé-

et ambitieux de reconquête des
berges de la Seine ancienne-

rieure est constituée de cassettes d’acier

ment occupée par des gravières. Il était

Un peu en avance sur l’époque, le pro-

ments de bardage en terre cuite en deux

se déploient

porté par la municipalité d’Achères et

gramme initial de l’opération, élaboré à la

teintes avec un bardage en acier laqué à

les grandes

particulièrement par ses élus écologistes.

fin des années 1990, affichait des ambitions

pose horizontale.

ondulations

Un concours de promoteurs a été lancé

de qualité environnementale qui ont été

Le module de calepinage de la façade

de la toiture.

avec comme objectif de créer un parc

progressivement révisées à la baisse pour

résulte de l'assemblage de deux dalles

urbain intégrant les berges du fleuve et un

des raisons de réalisme économique. Il en

standard posées côte à côte. Les « épines

plan d’eau de loisirs aménagé dans une

est resté une grande verrière qui baigne

verticales » en acier laqué soulignent ce

ancienne gravière. Au cœur du projet, un

de lumière naturelle la galerie marchande

rythme.

centre commercial devait constituer un

et des objectifs d’insertion paysagère sur

Les joints horizontaux du bardage de terre

des pôles d’attraction importants et per-

lesquels les architectes ont concentré leurs

cuite sont volontairement marqués par la

mettre de viabiliser économiquement

talents. L’environnement végétal, grands

mise en place de rails extra-larges laqués

l’ensemble du programme. Il était prévu

cèdres et roseaux des berges du fleuve,

en noir. De hauteur variable, les pan-

qu’il regroupe dans une même envelop-

leur a inspiré les formes ondulantes de la

neaux de terre cuite se détachent sur la

pe un hypermarché et une galerie com-

toiture et le dessin du bardage.

surface striée horizontalement du barda-

merçante de trente boutiques. La société

ge en acier laqué gris. Cette disposition
et la combinaison de deux couleurs de

partenaires de l’opération qui prenait l’hy-

Façade en double peau
sur ossature métallique

permarché sous son enseigne a fait, en

Pour épouser les ondulations de cette toi-

phique aux façades aveugles d’un

cours de l’opération, une offre de rachat

ture, la couverture a été réalisée avec une

centre commercial, décidemment hors

de l’ensemble de la galerie commerçante.

membrane souple gris clair.

du commun.

Leclerc qui n’était à l’origine qu’un des

// Maîtrise d’ouvrage : municipalité d’Achères. // Aménageur : SARI 78. // Maîtrise
d’ouvrage déléguée : Sodec - Progest. // Maîtrise d’œuvre : Guérin & Pedroza,
architectes à Paris. // SHON : 18 000 m2. // Date de livraison : Septembre 2006. //
Produits de terre cuite : Bardeau de terre cuite simple peau. // Entreprise de pose :
Sorecob.

18

terre cuite donnent une forte identité gra-

Façade sud-est de la galerie commerçante.
L’ondulation de la couverture est soulignée
par sa rive habillée d’un lattis jointif de pin et par
le jeu des bardages de terre cuite. Ou comment
rendre attirante une façade aveugle.

Les deux coloris
de terre cuite sont
valorisés par la
surface grise striée
du bardage métallique.
Le calepinage de la
façade a été calculé
sur un entraxe des
épines verticales,
obtenu en juxtaposant
Guérin & Pedroza

Hervé Abbadie

deux éléments
de bardage de terre
cuite.

Plan de masse. Reconquête des berges de la Seine
par la municipalité d’Achères à travers la création
d’un parc urbain. Le centre commercial s’élève
à proximité d’une ancienne gravière transformée

Parvis de l’entrée principale de la galerie
commerçante. Le mouvement ondulatoire
de la toiture se termine par un auvent spectaculaire.

Hervé Abbadie

Sodec

en plan d’eau de loisirs.

19

MCM architectes

La brique, une affaire de culture
DRAC Midi-Pyrénées à Toulouse
À la fin des années 1990, associer, en plein centre historique de Toulouse, une architecture
contemporaine à un hôtel du XVIIe siècle rénové, était plus difficile que jamais. Il fallait non seulement
affronter les réactions de rejet de la part de la population du quartier mais aussi lever
les réticences de la municipalité d’alors avec des arguments de poids. Une enveloppe qui fait
la part belle à une brique de parement très sobrement mise en œuvre fut, sans doute, l’un des
plus convaincants.

En haute.
Façade sur la rue

L

’hôtel des Chevaliers Saint Jean de

Entreprise de longue haleine

Jérusalem dont la construction a

Commencée en 1996, l’aventure durera dix

actualité technique, architecturale et socia-

commencé en 1668, s’insérait

ans. La Direction régionale des affaires cultu-

le, sans compromettre la valeur historique

DRAC dans des locaux d’une parfaite

entre les églises Sainte-Marie de la

relles Midi-Pyrénées est alors éclatée sur trois

de l’enveloppe. Avec la réhabilitation de

Dalbade et Saint-Jean. Au fil du temps,

sites dans des locaux vétustes et très peu

l’Hôtel Saint-Jean et la construction d’une

Couture de plusieurs

cette dernière est d’abord transformée en

fonctionnels. Le Ministère de la Culture voit

extension contemporaine, la DRAC trouve

époques.

entrepôt puis démolie en 1838 et rempla-

dans son relogement une opportunité d’utili-

une belle opportunité de communiquer par

cée par un bâtiment pastiche qui prolonge

ser l’ancien hôtel prieural qu’il venait d’ac-

l’exemple sur deux des missions qui lui

l’hôtel de cinq travées. Le site subit ensuite

quérir. Les façades sur rue et sur cour étant

échoient : la préservation du patrimoine et

des occupations peu scrupuleuses et, dans

classées, leur restauration est menée par

la promotion de la qualité architecturale.

une période plus récente, un pillage en

Bernard Voinchet, architecte en chef des

Pour avoir livré peu de temps auparavant

règle. Pour éviter la ruine irréversible, une

Monuments Historiques. Pour le reste, le défi

un travail remarqué sur un programme de

rénovation lourde s’imposait.

à relever est d’installer les 130 agents de la

nature comparable, l’aménagement de

Saint-Jean.

L’escalier principal de

L’ancienne écurie voûtée, abusivement appelée

l’Hôtel Saint-Jean.

salle capitulaire, ouvre ses grandes portes à pivot

L’état général des

sur l’atrium de l’extension.

parties anciennes
en briques était

Façade est sur la rue Saint-Rémésy,

assez bon. Après

une des rues les plus étroites de Toulouse.

quelques réparations

Pour contourner la difficulté d’un vis-à-vis

ont reçu un badigeon
qui uniformise
l’ensemble.

20

Philippe Ruault

ponctuelles, elles

aussi proche, La façade des bureaux s’écarte
progressivement du mur de brique implanté
à l’alignement. Ainsi, entre le mur-rideau et le
bouclier en brique se glisse une cour suspendue.

21

Philippe Ruault

Un mur de l’ancien
bâtiment qui s’était
écroulé et appelé à
devenir sa façade sur
la cour de service est
reconstitué en brique.
Il s’agit d’un
mur double dont le
parement extérieur
en brique et le mur
intérieur en béton
ménagent un vide
isolé. Les tableaux
Philippe Ruault

des baies sont traités
en épaisse tôle
d’acier et intègrent
les menuiseries.

l’école de danse et de l’auditorium de

Les travaux durent trois ans et demi au lieu

d’intégration de caissons dans les combles.

Saint-Pierre des Cuisines, Alain Castel,

des deux années initialement prévues. Bien

Jacques Munvez : « On nous demande

Jacques Munvez et Pierre-Luc Morel sont

que très tendu, le budget est respecté. Et

d’appliquer les nor mes standar d des

invités à concourir. Ils mettent tout leur

la qualité de la relation qui s’établit entre

immeubles de bureaux à des volumes

talent à tisser un subtil équilibre entre

la maîtrise d’œuvre et Philippe Moreau,

d’une autre époque qui ont été bâtis à

modernité et histoire et, dans une compéti-

conseiller à l’architecture à la DRAC, per-

d’autres fins. » La préoccupation constante

tion de niveau très relevé, gagnent le

met au projet de progresser et de surmon-

des architectes est d’apporter de la lumière

concours.

ter les écueils.

dans ces espaces de travail. Objectif d’au-

La suite va se révéler extrêmement labo-

22

tant plus difficile à atteindre qu’ils ont dû
admettre très tôt qu’il serait impossible

des découvertes archéologiques impor-

Difficile reconversion
d’un hôtel du XVIIe

tantes. Quatre enfeus du XIIIe et XIVe siècles,

Grande est la difficulté de l’intervention

agents de la DRAC. Individuels, les nou-

niches à fond plat abritant des sarco-

dans les volumes anciens pour y aménager

veaux bureaux bénéficient tous d’une baie

phages et décorées de fresques magni-

des espaces de travail dans le respect des

sur l’extérieur, mais ils sont largement vitrés

fiques, sont mis à jour, dans un état excep-

contraintes d’habitabilité et de l’ensemble

sur les circulations pour éclairer en second

tionnel. Les fouilles retardent le chantier.

de la réglementation.

jour ces espaces centraux généreusement

Quand celui-ci démarre enfin, le projet

Chauffage et climatisation posent de gros

dimensionnés puisqu’ils résultent de la sous-

doit être repris pour s’adapter aux savoir-

problèmes : il n’est pas question de créer

traction de deux bandes de bureaux à

faire d’entreprises sans expérience d’in-

des émergences techniques. Il faut trouver

l’épaisseur initiale des bâtiments. Ces sur-

tervention dans un monument historique.

des solutions, à chaque fois différentes,

faces vitrées sont traitées en claustras.

rieuse. Elle est marquée dès le début par

d’imposer des bureaux paysagers aux

À programme d’aujourd’hui,
architecture contemporaine

ménager une minuscule placette où l’on

en brique sont souhaitées, le mur est

retrouve, en creux, la verticalité de la

composé de deux parements de 11 cm

L’atrium de l’extension.

L’extension est bâtie sur l’emprise d’un

cage d’escalier.

d’épaisseur et d’un vide médian dans

Apporter le plus

ancien cimetière sur laquelle une cam-

lequel sont placés des raidisseurs en béton.

pagne de fouilles préventives a été menée.

La belle foraine

Le bureau de contrôle a imposé cette solu-

Trois niveaux de parking souterrain sont

La brique de parement est d’un format tra-

tion pour le mur de clôture sur la rue Saint-

réalisés sous cette extension et, au prix

ditionnel du Sud-Ouest, la 1/3 de foraine

Rémésy qui ne fait pourtant que 7m de

d’une reprise en sous-œuvre, sous la « salle

5 X 11 X 28 cm. Le choix de l’épiderme est

haut. Là où les architectes auraient sou-

capitulaire ».

longuement débattu. Les architectes sou-

haité un mur de 22 cm d’épaisseur en

des architectes.

Cette partie s’organise autour d’un atrium

haitent une brique qui affirme son caractè-

appareillage traditionnel. Ce mur, dans le

Passerelles en verre

linéaire orienté nord-sud, très lumineux.

re de produit industriel d’aujourd’hui, par

respect du règlement d’urbanisme, reprend

L’orthogonalité rationnelle des volumes

un épiderme lisse. La position de la maîtrise

l’alignement sur la rue, une des plus étroites

créés s’accommode de l’angle aigu

d’ouvrage diverge sensiblement et c’est

de Toulouse, mais pour éviter des vis-à-vis

formé par les rues grâce à l’élévation, à

elle qui prévaut. Les briques choisies ont

trop brutaux entre les bureaux et les mai-

horizontaux dans

l’alignement, de deux murs de clôture qui

une texture régulière mais un épiderme

sons d’en face, les architectes ont créé

le cloisonnement en

s’écartent de leurs façades. La rupture de

légèrement sablé.

une cour qui recevra prochainement un

hêtre des bureaux.

cet alignement au carrefour permet de

Pour certaines parties, quand deux faces

jardin vertical.

de lumière possible
aux espaces de travail
a été la préoccupation
constante

gravé, claustras
à barreaux

Façade est sur la rue
Saint-Rémésy, une
des rues les plus
étroites de Toulouse.
Pour contourner la
difficulté d’un vis-à-vis
aussi proche, la façade
des bureaux s’écarte
progressivement du
mur de brique implanté
à l’alignement. Ainsi,
entre le mur-rideau
Philippe Ruault

et le bouclier en
brique se glisse
une cour suspendue.

Plan

MCM architectes

Philippe Ruault

du rez-de-chaussée.

// Maîtrise d’ouvrage : Ministère de la culture. Maîtrise d’ouvrage déléguée : ICADE G3A. // Maîtrise d’œuvre : Jacques
Munvez, Alain Castel, Pierre-Luc Morel, architectes à Toulouse. OTCE, Bet. // SHOB : 14 927 m2. // Date de livraison :
2006. // Montant des travaux HT : 12,4 M€. // Produits de terre cuite : brique de parement 1/3 de foraine 5 X 11 X 28 cm
et tuile canal. // Entreprise de gros œuvre : Bourdarios. // Pose de la brique : Briqueteurs réunis.

23

Patrice Rabaroux

Construire dans la pente est un exercice qui
motive la majorité des architectes. Il s’agissait
ici d’implanter une grande villa contemporaine
sur un terrain qui garde de son passé agricole
un aménagement de la pente en restanques
successives. En acier, châssis aluminium
et verre, la maison s’intègre dans ce contexte
provençal grâce à son toit à quatre pentes en
tuile canal et au bardage de terre cuite rouge
qui habille ses parois pleines.

Acier et terre cuite, un couple moderne
Maison individuelle
à Villeneuve-lès-Avignon (30)
Vue de la maison
depuis le portail
d’accès en haut du
terrain. La toiture à

haque année, l’architecte, Jean-

œuvre de ce matériau traverse toute la

développés et offrent de précieuses zones

Loup Patriarche tient à ménager

production de l’agence.

d’ombrage. Mais le relief du terrain n’a pas
tion, sur l’une des restanques, d’une dalle

duelles. Deux, trois, rarement plus. Alors que

Le projet se plie aux contraintes
du terrain

le nombre des commandes est bien supé-

La parcelle est accessible par un chemin

tion abandonné à ce stade. L’architecte

C

un espace dans le planning de
l’agence pour des maisons indivi-

subi de modification importante à l’excepde béton résultant d’un projet de construc-

rieur. C’est dire que la sélection est sévère.

qui suit la courbe de niveau sur sa limite

décida d’y implanter une maison qui

Le projet de Villeneuve-lès-Avignon a été

nord-ouest. Dans ce quartier résidentiel

touche le moins possible à l’existant, sauf

retenu pour deux raisons : tout d’abord, la

peu dense, elle est peut-être une des plus

pour masquer l’unique agression visible.

importance. Elle est

qualité exceptionnelle du terrain et la

vastes, avec près de 3200 m 2 , mais elle

Une maison qui se plie aux contraintes du

prolongée par une

remarquable ouverture de son horizon au

accuse une pente très forte. Son orienta-

terrain au lieu de modeler celui-ci pour qu’il

rive métallique.

sud sur la vallée du Rhône et le Palais des

tion au sud-est la rendait propice à la cul-

épouse le projet. La construction en acier

La façade arrière et

Papes. Mais aussi, la précision de la deman-

ture de l’olivier ou de vigne. Elle a donc été

qui permet de limiter les appuis et de réali-

les façades latérales

de du maître d’ouvrage, cadre dans l’in-

aménagée en une succession de res-

ser économiquement des porte-à-faux

dustrie sidérurgique, qui souhaitait que de

tanques taillée dans la colline qui domine

importants était un choix pertinent dans ce

l’acier ait un rôle important dans la

Villeneuve-lès-Avignon. Depuis l’extinction

contexte très particulier. L’architecte reven-

Les bardeaux de terre

construction de sa maison. Il a choisi son

de l’activité agricole, de beaux sujets d’es-

dique très logiquement l’inscription du pro-

cuite y dominent.

architecte en sachant que la mise en

sences locales, pins et chênes verts, se sont

jet dans une démarche de développe-

quatre pentes en tuile
canal prend toute son

sont peu percées.

La maison s’adapte aux contraintes du terrain.
Elle prend appui sur les anciennes restanques
sans les modifier. Sa structure en acier permet
les porte-à-faux des balcons et terrasses.

24

opaques en bardage de terre cuite et les grandes
baies coulissantes sont protégées du soleil estival
par une casquette horizontale qui prolonge la toiture
en tuile canal. Les garde-corps sont en caillebotis
d’acier galvanisé très fin qui ne fait pas écran
devant le splendide paysage.

Patriarche & Co architectes

Patriarche & Co architectes

Coupe de détail sur la façade sud est. Les parois

Détails de la terrasse sud. Plafond de contreplaqué,
platelage en lames d’ipé, bardage de terre cuite équilibrent la structure

Patrice Rabaroux

Patrice Rabaroux

en acier et les grands châssis vitrés en aluminium.

Au niveau supérieur,
la terrasse prolongeant la cuisine au nord.

Patrice Rabaroux

Bien protégée du soleil.

La villa vue depuis le bas de terrain. Le bardage en terre cuite tempère
par sa couleur et son épiderme la froideur de l’ossature en acier.
Murets, emmarchements et diverses bordures, la pierre calcaire

Patrice Rabaroux

est très présente sur le terrain.

La façade sud-est s’ouvre sur un panorama splendide où le Rhône,
le pont Saint Bénezet et le Palais des Papes jouent les premiers
rôles. De grands châssis coulissants et un garde-corps arachnéen
en masquent le moins possible.

25

Le plateau supérieur

ment durable puisque les choix constructifs

Au niveau bas, quatre chambres sont distri-

ne souhaitaient ni l’un, ni l’autre que la

ont permis de réduire au minimum les

buées par une pièce commune. Leurs

maison soit perçue comme une agression

atteintes à l’environnement: pas de terras-

façades et baies vitrées sont protégées du

par le voisinage. L’accès au terrain par le

est ceints de galeries

sement, très peu de mouvements de

rayonnement solaire direct par le débord

haut imposait qu’un soin particulier soit

et terrasses qui

camions sur la voirie étroite de la colline ni

des terrasses et galeries du niveau supé-

porté au traitement de la cinquième

se prolongent sur

d’engins sur le terrain. Il rappelle que l’acier

rieur. Devant sa façade sud-est, file un bal-

façade. Le toit à quatre pentes a donc

le terrain par des

est un matériau indéfiniment recyclable.

con de dimensions plus modestes qui

reçu une couverture en tuile canal de

accentue la sensation d’une construction

terre cuite qui permet d’intégrer la maison

Une volumétrie très simple

en lévitation.

dans ce quartier résidentiel. Elle est sertie

Les espaces de vie se distribuent sur deux

La perception du volume habitable, est

dans un cadre métallique complexe com-

multiples accès et

plateaux superposés. Niveau d’accès, le

complètement transfor mée par ces

posé d’un chéneau encastré, d’un avant-

assurent la protection

plateau supérieur qui bénéficie de la vue la

ouvrages périphériques qui en augmen-

toit en tôle finement ondulée et de brise-

solaire des baies du

plus ample est principalement occupé par

tent également la fonctionnalité et l’agré-

soleil sur la face exposée. Pour les façades,

niveau inférieur.

le séjour. Celui-ci se prolonge naturellement

ment.

il était souhaitable en climat méditerra-

chemins pavés
et permettent de

La piscine, un couloir

par deux vastes terrasses symétriques qui

néen de corriger la faible inertie de l’ossature en acier. La vêture en bardeaux de

devant ses immenses baies vitrées. En

Terre cuite, couleurs provençales
et confort

du terrain à plus de

retrait, de part et d’autre, s’esquissent deux

Si le maître d’ouvrage et l’architecte

et par sa couleur, familière en Provence,

10 m en dessous du

ailes : deux chambres donnant chacune

concordaient par faitement dans leur

elle adoucit la froide rigueur des métaux

sur une terrasse.

option d’une écriture contemporaine, ils

et du verre.

l’encadrent et par un large balcon qui file

de nage, est en bas

Patrice Rabaroux

niveau du séjour !

terre cuite y contribue. Par son épiderme

// Maîtrise d’ouvrage : privée. // Maîtrise d’œuvre : Patriarche & Co architectes - Le Bourget du Lac (73). // SHON :
300 m2. // Date de livraison : fin 2004. // Montant des travaux HT : non communiqué. // Produits de terre cuite : tuile
canal et éléments de bardage de différentes longueurs. // Entreprise de pose : Somiroc.

26

Patrice Rabaroux

Reconstruire « l’habiter ensemble »
Un quartier périphérique d’Auxerre, gravement déqualifié, renaît de ses gravats. Relogés dans un maillage d’îlots
qui valorisent une échelle domestique, les habitants ont assisté l’été dernier sans nostalgie particulière à l’implosion
de trois tours vétustes. Leurs silhouettes simplistes sont remplacées par une volumétrie fragmentée couverte d’un jeu
complexe de petits toits de tuile.

Quartier des Brichères à Auxerre (89)
n bordure ouest de l’agglomé-

démolition des trois tours et la construction

ration d’Auxerre, le quartier des

de logements intermédiaires ou indivi-

Composition urbaine à une échelle
quasi domestique

Brichères occupe une ligne de

duels groupés. Une des principales cibles

Les maisons sont le plus souvent mitoyennes

crête sur laquelle un ensemble de

environnementales du programme por-

pour laisser le maximum d’espace appro-

barres et de tours a été construit, au début

tait sur la gestion des eaux pluviales.

priable dans les jardins dont la surface

souligné par les

des années 1960. N’ayant pas connu d’ex-

L’opération confiée à l’Agence Grifo en

moyenne est de 350 m 2 et réduire les

couleurs d’enduits

tension notable depuis cette date, il

constitue la troisième tranche de ce pro-

déperditions.

marque encore aujourd’hui la limite entre

jet. Au nord, elle est en contact avec le

Sans être des maisons individuelles, les

ville et campagne.

tissu pavillonnaire ancien et la plateforme

logements locatifs sont très individualisés :

participe à l’identité

Un vaste programme de restructuration

d’un supermarché, au sud-est avec les

ils jouissent tous de petits jardins privatifs

du quartier.

générale du quartier a été lancé et confié

barres des années 1960, au sud, avec les

ou de grandes terrasses et d’un accès

à un architecte en chef, Serge Renaudie,

premières tranches conçues par Lucien

direct, soit de plain pied, soit par des

qui a mis en place un projet de déve-

Kroll déjà occupées. Tandis qu’à l’ouest et

escaliers extérieurs indépendants. Même

loppement durable. Ce projet prévoyait

au sud-ouest s’ouvrent des perspectives

dans le cas des immeubles en R+2 dont les

la création d’un nouveau réseau viaire, la

sur la campagne.

deux derniers niveaux sont dédiés à des

En haut.
Le jeu des toitures
dissymétriques,

différentes en pignon,

E

Installés sur les toits en tuiles orientés au sud,
les capteurs solaires contribuent à hauteur

Plan de masse. Deux éléments paysagés
remarquables structure le projet : le squarejardin est-ouest et la promenade sud-nord.
Les logements en accession occupent le nord

Agence Grifo

Patrice Rabaroux

de 60% à la production d’eau chaude sanitaire.

du secteur, en continuité avec le pavillonnaire
existant. Les logements locatifs sont répartis
en trois secteurs de part et d’autre du chemin.

27

Patrice Rabaroux

Les cours-jardins des îlots A et B sont essentiellement piétonnières avec parfois des accès aux box situés
sous les immeubles. La pierre calcaire de l’Yonne habille les box et les rampes d’escaliers extérieurs.

Les maisons individuelles sont le plus souvent jumelées pour réduire les coûts de construction

28

Patrice Rabaroux

Patrice Rabaroux

et les déperditions thermiques.

Patrice Rabaroux

L’accès aux

duplex. Les combles sont parfois intégrés

Entre tradition et modernité

les maisons sont « orientées ». Cela crée un

logements est

dans le volume des séjours. Les îlots A B et

L’écriture architecturale intègre des maté-

jeu qui permet d’intégrer tradition et moder-

C sont organisés autour de cour-jardins

riaux et mises en œuvre traditionnels dans

nité. Nous avons choisi un coloris brun rouge

qui reprennent la typologie de distribution

une approche contemporaine des volumes

un peu foncé qui accroche bien le toit à la

proposée par Lucien Kroll sur les deux pre-

et des percements. La maçonnerie fait voi-

maison.»

mières tranches du programme.

siner des enduits talochés lisses de différents

L’architecte a tenu à profiter de la présence

d’un jardin privatif

Le programme de cette tranche prévoyait la

coloris (jaune, blanc, gris, rouge et mauve) et

de ces toitures pour ajouter au programme

ou d’une terrasse

construction de petits immeubles locatifs

des soubassements en pierre calcaire de

la production d’eau chaude sanitaire par

de bonnes dimensions

totalisant 38 logements et douze maisons

l’Yonne montée sans joints apparents qui

capteurs solaires pour l’ensemble des loge-

individuelles groupées en accession sociale

donne de la noblesse à des locaux souvent

ments.

et d’un Local Commun Résidentiel de 68 m2.

négligés. Les volets persiennés en bois exo-

Le stationnement des véhicules est assuré

tique (issu de forêts certifiées) lazuré partici-

Gérer les eaux pluviales

par 50 places en extérieur et 71 en box.

pent de la composition des façades.

Le travail sur la gestion des eaux pluviales a

Le projet s’appuie sur la prise en compte de

Si l’on distingue du zinc naturel sur l’équipe-

porté sur la réduction drastique des surfaces

la topographie assez pentue, sur le souci d’in-

ment municipal et les volumes les plus hauts,

imperméables, pour favoriser l’infiltration sur

tégration dans le paysage naturel et le tissu

les quatre cinquième des couvertures sont

le site et réduire les volumes d’écoulement.

pavillonnaire préexistants. Il se donne des

réalisées en tuile de terre cuite. Couronnant

Ainsi les emplacements de stationnement

objectifs de maillage et de continuité. De

une volumétrie très fragmentée, les toitures à

sont traités en evergreen. Et tous les box qui

nombreux cheminements piétonniers per-

une pente ou deux pentes inégales confèrent

ne sont pas sous les immeubles sont couverts

mettent l’accès aux îlots ouverts et aux jardins

au quartier une personnalité non-confor-

de terrasses végétalisées contribuent à rete-

privatifs. Les espaces publics importants réa-

miste.

nir les eaux de pluies et augmentent la sur-

lisés par l’Office HLM comme maître d’ou-

Ignace Grifo souligne : « Nous avons utilisé

face plantée. Ces dispositions sont complé-

vrage seront rétrocédés à la Ville d’Auxerre.

la tuile pour créer des toitur es contempo-

tées par des noues d’infiltration et des bassins

La réception du projet a été étalée en trois

raines dont la géométrie n’est pas tradition-

secs créés à divers emplacements dans les

phases.

nelle. Du fait de deux inclinaisons différentes,

espaces verts collectifs qui régulent les rejets.

systématiquement
individualisé.
Ils bénéficient tous

qui peut être plantée.

L’îlot B.
D’un jeu de toitures
couvertes en tuile
de terre cuite,
émergent quelques
volumes en zinc
naturel.

// Maître d’ouvrage : Office auxerrois de l’Habitat. // Maîtrise d’œuvre : Agence Grifo, architectesurbanistes à Ivry-sur-Seine ; Diginum à Auxerre - Économiste. // SHON : 4 812 m2. // Montant
des travaux HT : 4,09 M€. // Date de livraison : décembre 2007. // Produit de terre cuite : deux
modèles de tuile à emboîtement petit moule à pureau plat dans deux coloris. // Entreprise de pose :
Hubert Willems à Saint Florentin (89).

29

Dans ce volume simple calé au fond d’une
cour ombragée, le langage des baies est varié
et signale des usages différents. L’habillage
des parois pleines est d’une belle uniformité :
une teinte de brique d’un rouge très homogène
qu’aucun rejointoiement ne vient perturber.
La pose à joints vifs laisse ce qu’il faut de liberté
au module du mulot de terre cuite pour que
vibrent les surfaces.

Hervé Abbadie

Dresser pavillon rouge à Belleville
École élémentaire, rue du Général Lasalle à Paris 19e
Offrir de l’espace de la lumière
et de la couleur

paroi opaque à laquelle on s’adosse.

figure de proue au coin des rues
Rébeval et du général Lasalle. Ce

Avec ses 84 places, le réfectoire est à

Paris-Belleville qu’elle domine, cette paroi

bel exemple de l’architecture sco-

même de servir 220 couverts par repas.

apparaît comme une troisième strate. Le

laire de l’époque de Jules Ferry associe des

Construire à rez-de-chaussée a permis de

mur de soutènement en constitue les deux

scolaire sur la cour.

éléments de structure en fer et en fonte à

jouer avec les hauteurs, d’offrir au réfec-

premières, l’une en pierre, l’autre en béton.

La grande baie vitrée

des murs extérieurs en pierre et des allèges

toire un volume généreux à côté de la

Dans le contexte, difficile parce que très

du réfectoire permet

en brique. Toute en longueur, la cour de

volumétrie plus classique des espaces de

hétéroclite, le choix d’un parement en

récréation est plantée de deux rangées

production. Au-dessus de la cuisine, une

brique s’est imposé à Etienne Dufaÿ qui

d’arbres. Elle résulte d’un important remblai

terrasse technique est ceinte de murs per-

avoue ne pas être familier du matériau :

dont les murs de soutènement dominent les

cés de grandes baies horizontales et cou-

« Je ne souhaitais pas une mise en œuvr e

parcelles voisines.

verte d’une ombrière. Les ventelles des

traditionnelle. Il s’agit d’un habillage sur des

dans le mur en brique

L’objectif de l’intervention était de créer un

baies et les lames de l’ombrière sont en tôle

voiles en béton. Je voulais donner le senti-

correspond à

restaurant scolaire et de restructurer l’école

laquée d’un ton plus vif que la brique des

ment d’une peau. L’absence de joint

la terrasse technique

en récupérant les emplacements, occupés

murs. De l’extérieur, cette enveloppe règne

apparent de la pose à joints vifs va dans ce

jusque-là par le réfectoire et la cuisine, pour

avec l’acrotère du toit du réfectoire et la

sens. »

y installer deux nouvelles salles de cours et le

lecture des volumes s’en trouve simplifiée.

La couleur de la brique fait référence à celle

centre aéré de plain-pied avec le préau et

Le nouvel équipement est bloqué sur

des allèges bicolores de l’école à celle des

la cour. Les architectes ont choisi de créer

toutes les limites. Les ouvertures et les vues

immeubles de logements voisins mais aussi

un pavillon qui accueille le réfectoire et sa

sont restreintes à la façade nord sur la

de la façade de l’usine Meccano, devenue

cuisine, qui mette en valeur le nouveau

cour. Mais des apports importants de

l’École d’architecture.

service et soit traité comme le répondant

lumière ont été ménagés dans les murs

en fond de cour du bâtiment principal. Bien

mitoyens par des grandes baies en pavés

que légère, la construction a nécessité des

de verre. C’est le cas particulièrement du

fondations spéciales très onéreuses: quinze

fond du réfectoire exposé au sud qui de

pieux de 40 m de profondeur.

ce fait n’est pas du tout vécu comme une

En haut.
Façade nord
de la cantine

de limiter l’éclairage
artificiel. À gauche,
la baie découpée

de la cuisine.

L

’école élémentaire est campée en

Vue du patio de l’école d’architecture de

// Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris – Direction des Affaires Scolaires. // Maîtrise d’œuvre :
Étienne Dufaÿ mandataire – Bénédicte Dufaÿ architecte d’intérieur, Ingénierie Studio, Bet. // SHON :
réhabilitation : 1650 m2, construction neuve : 212 m2. // Date de livraison : septembre 2006.
// Montant des travaux HT : 1,5 M€ y compris fondations spéciales. // Produits de terre cuite : mulot
de 220 x 54 x 54 mm, de couleur terre rouge. // Entreprise générale : GCC. // Pose de la brique : SFB
à Vaires-sur-Marne.

30

Hervé Abbadie

Un préau file le long du mitoyen à l’ouest.
Il accroche le bâtiment aux sanitaires
et offre une entrée abritée au réfectoire.
Façade sud sur le patio de l’école
d’architecture de Paris-Belleville. Le plan
de brique est percé de deux baies :
l’une en pavés de verre, l’autre striée

Hervé Abbadie

Hervé Abbadie

de ventelles de tôle rouge.

Le réfectoire. Son volume

Plan du rez-de-chaussée.
0 2

de bénéficier d’un généreux

Rue

du

Général

Lasalle

5

10m

La cantine scolaire est calée

e
Ru

de grande hauteur permet

au fond d’une cour tout en longueur.

Bâtiment 4 étages

Elle est le répondant contemporain

éclairage naturel. Un fauxb
Re
l
ev a

plafond prolonge le préau.

du bâtiment principal
datant de Jules Ferry.

Au-dessus de la cuisine,
des châssis mettent

en inox des appareils
de traitement d’air.

Étienne Dufaÿ

en scène les tubulures

31

décembre/janvier 2008

17, rue Letellier, 75015 Paris. Tél. : 01 44 37 07 13 ; fax : 01 44 37 07 20.
Fédération française des tuiles et briques. Site : www.fftb.org. Courriel : fftb@fftb.org.
Centre technique de matériaux naturels de construction. Site : www.ctmnc.fr. Courriel : ctmnc@ctmnc.fr.


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