national geo juillet2017 .pdf



Nom original: national_geo_juillet2017.pdf

Ce document au format PDF 1.7 a été généré par / Foxit Reader Printer Version 7.2.0.0424, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 31/07/2017 à 11:27, depuis l'adresse IP 130.79.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 427 fois.
Taille du document: 101.3 Mo (144 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)










Aperçu du document


NOUVEAU SUV 7 PLACES

PEUGEOT 5008

ENTREZ DANS UNE NOUVELLE DIMENSION

À PARTIR DE

299

€/MOIS

(1)

Après un 1er loyer

D’ENTRETIEN
INCLUS

de 4 200 €

Consommation mixte (en l/100 km) : de 4,1 à 6,1. Émissions de CO2 (en g/km) : de 106 à 140.

(1) En location longue durée (LLD) sur 37 mois et pour 30 000 km. Exemple pour la LLD d’un nouveau SUV 5008 Access 1,2L PureTech S&S BVM6 130 neuf hors options,
incluant 3 ans de garantie, d’entretien et d’assistance. Montants exprimés TTC et hors prestations facultatives. Modèle présenté : 5008 Allure 1,2L PureTech S&S BVM6
130 options peinture métallisée Emerald Crystal, toit ouvrant panoramique et toit Black Diamond : 353 €/mois après un 1er loyer de 5 800 €. Offre non cumulable valable
du 02/05/2017 au 30/06/2017, réservée aux personnes physiques pour un usage privé pour toute LLD d’un nouveau SUV PEUGEOT 5008 neuf dans le réseau PEUGEOT
participant, sous réserve d’acceptation du dossier par CREDIPAR, loueur et SA au capital de 138 517 008 €, RCS Nanterre no 317 425 981, ORIAS 07004921 – 9, rue HenriBarbusse 92230 Gennevilliers. Le PCS Maintenance peut être souscrit indépendamment de toute LLD aux conditions disponibles dans le réseau PEUGEOT participant.

NOUVEAU SUV PEUGEOT 5008

NOUVEAU PEUGEOT i-COCKPIT®
VOLET DE COFFRE MOTORISÉ
NAVIGATION 3D CONNECTÉE

ESPACE INTÉRIEUR MODUL ABLE
GR ÂCE À SES 2 SIÈGES SUPPLÉMENTAIRES
ESCAMOTABLES ET EX TR ACTIBLES

À PARTIR DE

LLD 48 MOIS.

1ER LOYER DE 3 990 €.

ENTRETIEN ET ASSISTANCE 24/24 INCLUS.

*Source AAA des immatriculations sur les produits de même segment jusqu’à fin décembre 2016.**Exemple de Location
Longue Durée avec prestation « maintenance/assistance » d’un Ford Ranger Double Cabine XL PACK TDCi 160 ch 4x4
Euro 6 Type 05-16 neuf, sur 48 mois et 60 000 km, soit un 1er loyer de 3 990 € et 47 loyers de 299 €/mois.
Modèle présenté : Ranger Double Cabine WildTrak 3.2 TDCI 200 ch BVM Stop&Start 4x4 avec options au prix remisé de
37 560 €, soit 1er loyer de 3 990 € et 47 loyers de 418 €/mois. Consommation mixte (l/100 km) : 8,4. CO2
(g/km) : 221 (données homologuées conformément à la Directive 80/1268/EEC amendée). Loyers exprimés TTC hors
malus écologique et carte grise. Restitution du véhicule à la fin du contrat avec paiement des frais de remise en état standard
et des kilométrages supplémentaires. Offres non cumulables réservées aux particuliers pour toute commande de ces
véhicules neufs, valables du 01/07/17 au 31/08/17, dans le réseau Ford participant en France métropolitaine, selon conditions
générales LLD, et sous réserve d’acceptation par Bremany Lease, SAS au capital de 39 650 €, RCS Versailles n°393 319 959,
34 rue de la Croix de Fer, 78100 St-Germain-en-Laye. Société de courtage d’assurances n°ORIAS 08040196 (www.orias.fr).
Ford France, 34, rue de la Croix de Fer - 78122 St-Germain-en-Laye Cedex. SIREN 425 127 362 RCS Versailles.

ford.fr

NON ASSUJETTI AU MALUS

� É D I TO

NATIONAL GEOGRAPHIC

E X P O “LA LÉGENDE NATIONAL
GEOGRAPHIC ” À PARIS

N ÉPAL SUR LA PI STE DU
M I E L HA LLUCI NOG È NE

VI E SAUVAG E COLI BR I ,
L’A S DE LA VOLTI G E

JUILLET 2017

JUILLET 2017

SOUS LA BANQUISE • FONTE DE L’ANTARCTIQUE • CLIMAT • NÉPAL • VENEZUELA • CHINE • COLIBRI

EXPÉDITION EN

ANTARCTIQUE
Un nouveau monde photographié sous la banquise
Et si les glaciers de l’Antarctique fondaient...

Près d’un
demi-siècle
sépare ces
FRXYHUWXUHVș
GªVb
National
Geographic
enquêtait
VXUbODbFULVH
écologique.

NGE17214_COUV ANTARTIQUE.indd 1

08/06/17 11:35

N O U S R E S TO N S M O B I L I S É S
Dans National Geographic de décembre ���� – dont le titre de couverture était « Notre
crise écologique » –, nous écrivions : « Nous sommes des astronautes, tous autant
que nous sommes. Nous voyageons à bord d’un vaisseau spatial appelé Terre. Ce
vaisseau qui est le nôtre est pourvu de systèmes d’entretien de la vie si ingénieux
qu’ils se régénèrent d’eux-mêmes, si nombreux qu’ils peuvent satisfaire les besoins
de milliards de personnes. Pendant des siècles, nous les avons tenus pour acquis,
pensant que leurs capacités étaient sans limites. Puis nous avons commencé à étudier
et à surveiller ces mécanismes, et ce que nous avons vu s’est révélé profondément
dramatique. […] Si nous ne cessons pas d’abuser de nos systèmes d’auto-entretien
de la vie, ils vont tomber en panne. Nous devons à tout prix les préserver, ou bien
payer l’amende. Et l’amende, c’est la mort. »
Près d’un demi-siècle plus tard, nous pourrions écrire la même chose, sauf que, depuis,
la dégradation de notre environnement s’est accélérée, tandis que se précisaient les
menaces du dérèglement climatique. Il ne s’agit pas d’opinions, mais de faits. Dans
ce numéro, parce que la diffusion de la connaissance et de l’information est pour
nous la seule stratégie qui vaille, nous publions un article qui rappelle point par point
ce que nous savons précisément du changement climatique (p. ��), et un autre consacré aux chercheurs qui mesurent sur le terrain le rythme de fonte des glaciers de
l’Antarctique (p. ��) – menace très précise d’une montée des eaux sur toute la planète.
Des faits, des chiffres, des photos, des reportages : notre réponse aux fake news.
Jean-Pierre Vrignaud, rédacteur en chef

%58&( '$/( 1$7,21$/ *(2*5$3+,& &5($7,9(ȗ 5$/3+ /(( +23.,16 1$7,21$/ *(2*5$3+,& &5($7,9(

Le Sud-Tyrol cherche
ceux qui vivent au naturel.
Le Sud-Tyrol vous cherche.

Cet été, partez à la rencontre d’une nature sauvage
et majestueuse. Découvrez les plus beaux paysages
des Alpes Italiennes, la grandeur des Dolomites. VTT,
escalade... profitez des nombreuses activités de plein
air que peut vous offrir les grands espaces. Savourez vos
meilleurs moments de relaxation et de bien-être en
famille et laissez-vous emporter par la gastronomie des
nombreux restaurants, qui font le renom de la région.
www.suedtirol.info/ete

Alpes italiennes

I�SOMMAIRE
JUILLET

2 0 1 7 • N ° � 2 1 4 • V O L . 3 7. 1

28

SOUS LA BA NQU ISE,
UN N OU VE AU MONDE

Notre photographe découvre la vie qui s’épanouit sous la glace antarctique.
Texte et photographies de Laurent Ballesta

�� � SUR LA
PISTE DU MIEL
HALLUCINOGÈNE
Au Népal, un seul homme
récolte le miel gardé par
les plus grosses abeilles
du monde. Une opération
¢ WUªV KDXW ULVTXH
Par Mark Synnott
Photographies de
5HQDQb2]WXUN

�� � SI L’ANTARCTIQUE FONDAIT…
8QH KDXVVH GX QLYHDX GHV PHUV VH SURƃOH 0DLV GH TXHOOH DPSOHXUȗ"
Par Douglas Fox Photographies de Camille Seaman

�� � CHANGEMENT CLIMATIQUE�: � CHOSES À SAVOIR
En couverture
Des touristes observent des
manchots lors d’une expédition
en 2016 dans l’Antarctique.
3KRWRȗ 5DOSK /HH +RSNLQV
National Geographic Creative

/HV IDLWV VFLHQWLƃTXHV VXU OHV PHQDFHV HQYLURQQHPHQWDOHV TXL SªVHQW VXU
ODbSODQªWH HW OHV PR\HQV G
DWW«QXHU FHOOHV FL

�� � SOS CHAMANS AU VENEZUELA

$X 9HQH]XHOD OHV P«GLFDPHQWV GH EDVH VRQW WUªV GLƅFLOHV ¢ WURXYHU HW
OHVbK¶SLWDX[ UHIXVHQW GHV SDWLHQWV SDU PDQTXH GH PDW«ULHO '«VHVS«U«V
des malades se tournent vers des guérisseurs.
Texte et photographies de Meridith Kohut

��� � PÉRILS SUR LE FLEUVE JAUNE
Ce numéro comporte une lettre
([WHQVLRQ 1*( +6 $'' SRV«H VXU
XQH V«OHFWLRQ G
DERQQ«V XQH OHWWUH
([WHQVLRQ 1*( +6 $', SRV«H VXU XQH
V«OHFWLRQ G
DERQQ«V XQH FDUWH MHW«H
DERQQHPHQW NLRVTXHV %HOJLTXH XQH
FDUWH MHW«H DERQQHPHQW NLRVTXHV
6XLVVH XQH FDUWH MHW«H DERQQHPHQW
NLRVTXHV )UDQFH XQ HQFDUW 7HUUH
6DXYDJH SRV« VXU XQH V«OHFWLRQ
G
DERQQ«V XQ Ƅ\HU SRXU O
H[SRVLWLRQ
National Geographic.

/H ƄHXYH J«DQW YLWDO SRXU OD &KLQH SRXUUDLW VH G«JUDGHU ¢ FDXVH GH OD IRUWH
FURLVVDQFH «FRQRPLTXH TXH FRQQD°W OH SD\V
Texte et photographies de Ian Teh

��� � COLIBRI, ZOOM SUR UN BOLIDE
*U¤FH ¢ GHV DUU¬WV VXU LPDJH GHV FDP«UDV KDXWH YLWHVVH U«YªOHQW
OHVb VHFUHWVbGX YRO GHV FROLEULV
Par Brendan Borrell Photographies d’Anand Varma

3+272ȗ /$85(17 %$//(67$ ,//8675$7,21ȗ $/%(572 /8&$6 /Ó3(= ‹48,3( '8 1*0ȗ .(/6(< 12:$.2:6.,

DA N S L’ U N I V E R S N AT I O N A L G E O G R A P H I C

L’INDE SAUVAGE
TÉLÉVISION

COMMUNAUTÉ PHOTO�: VOTRE DÉFI DU MOIS

'X 1DJDODQG DX[ SODLQHV GX
G«VHUW GH 7KDU HQ SDVVDQW
SDU OD IRU¬W WURSLFDOH GHV
*KDWV RFFLGHQWDX[ TXL D
LQVSLU« Le Livre de la jungle
G«FRXYUH] XQH IDXQH HW XQH
ƄRUH LQFUR\DEOHV HW SDUWH] ¢
OD UHQFRQWUH GH FHX[ TXL IRQW
WRXW SRXU OHV SU«VHUYHU

INTERNET

Sur Nat Geo Wild, les samedis
HW bMXLOOHW ¢ șKș

5HMRLJQH] OD FRPPXQDXW« SKRWR 1DWLRQDO *HRJUDSKLF HW SDUWLFLSH] DX FKDOOHQJH
GX PRLVȗ mȗ-HX GŠRPEUHVȗ} 9RWUH PLVVLRQȗ WUDTXHU OHV RPEUHV HW OHV FDSWXUHU
HQbLPDJH /D Y¶WUH FHOOH GŠXQ DPL GŠXQ JURXSH GH JHQV GHV DUEUHV GHV DQLPDX[
GHV E¤WLPHQWVŨ 6XLYH] OD OXPLªUH OŠRPEUH QŠHVW MDPDLV WUªV ORLQȗ
3RXU QRXV IDLUH SDUWDJHU YRWUH FU«DWLYLW« LO VXƅW GH YRXV LQVFULUH VXU
KWWS FRPPXQDXWH QDWLRQDOJHRJUDSKLF IU UHJLVWUDWLRQ HW GŠHQYR\HU YRWUH FOLFK«
DYDQW OH bMXLOOHWb PLQXLW 1ŠRXEOLH] SDV GH SU«FLVHU R» TXDQG HW FRPPHQW
LObDb«W« SULV 0HQWLRQQH] HQƃQ OH PRW FO« MHXGRPEUHV HW V«OHFWLRQQH] OD FDW«JRULH
mȗ0LVVLRQ GX PRLVȗ} 1RXV SXEOLHURQV XQH V«OHFWLRQ GH YRV PHLOOHXUV FOLFK«V

ROAD�TRIP ÉPICÉ
MAGAZINE NG TRAVELER

ZO O M S U R L’A RCHE P HOTOGR APHIQU E
EXPOSITION NATIONAL GEOGRAPHIC

/ŠXQ GH QRV UHSRUWHUV
DbVLOORQQ« ODb%ROLYLH ¢ OD
UHFKHUFKH GX SLPHQW RULJLQHO
8Q URDG WULS EU½ODQW ¢
G«FRXYULU GDQV National
Geographic Traveler Qrb
HQbNLRVTXH GX MXLOOHW
DXb bRFWREUH $X
VRPPDLUH «JDOHPHQW XQ WUHN
IDEXOHX[ HQ 3DWDJRQLH XQH
LPPHUVLRQ GH FLQTbMRXUV
GDQV OD FDSLWDOH «WKLRSLHQQH
HW OD WUDYHUV«H GHV &«YHQQHV

3RXU DOHUWHU OŠRSLQLRQ SXEOLTXH VXU OH VRUW GHV DQLPDX[ PHQDF«V OH SKRWRJUDSKH
-RHO 6DUWRUH VŠHVW ODQF« GDQV XQ SURMHW WLWDQHVTXHȗ SKRWRJUDSKLHU ȗ bHVSªFHV
HQ GDQJHU (Q RQ]H DQV LO HQ D LPPRUWDOLV« SOXV GH ȗ 8Q DSHU©X GH FHW
LQYHQWDLUH HVW ¢ UHWURXYHU MXVTXŠDX bVHSWHPEUH ¢ OŠH[SRVLWLRQ La Légende
National Geographic, DX 0XV«XP QDWLRQDO GŠKLVWRLUH QDWXUHOOH 3DULV
3+2726ȗ )(/,&,$ &+$1* 1$7,21$/ *(2*5$3+,& <285 6+27 ǖ20%5(6Ǘȗ 5,&+$5' .,5%< 2)) 7+( )(1&( ǖ,1'(Ǘȗ
&+5,67,$1 52'5,*8(= 35,0( &2//(&7,9( ǖ%2/,9,(Ǘȗ 6*6(59,&(

IVISION

AU CŒUR
'8b%28''+,60(
Chine Dans la
préfecture autonome
tibétaine de Garzê,
XQHbPHU GH ORJHPHQWV
pour élèves et disciples
HQWRXUH /DUXQJ *DU
l’académie-monastère
présentée comme
OHbSOXV JUDQG
FHQWUHbDXbPRQGH
GŠHQVHLJQHPHQW GX
ERXGGKLVPHbWLE«WDLQ
3+272ȗ <$1 *$2

I� N OS AC T U S

8QH JR«OHWWH GH bP
OHbWHY, fend la glace près
du Groenland. À partir de
cet été, l’équipage français
HPPªQHUD OH EDWHDX GX
Groenland en Antarctique.
/H SURMHW mȗ8QGHU WKH 3ROHȗ}
a reçu le soutien
GHb 5ROH[ bSDUWHQDLUH GH
National Geographic.
LUCAS SANTUCCI, UNDERTHE POLE/ZEPPELIN NETWORK

D’ U N P Ô L E À
L’AU T R E E N B AT E AU
De Daniel Stone

En 2010, les plongeurs français
Ghislain Bardout et Emmanuelle PériéBardout ont emmené Kayak, leur
husky, jusqu’au pôle Nord afin d’explorer les écosystèmes présents sous la
glace. Le couple avait réuni une équipe
de huit personnes pour prendre des
photos et des vidéos, et surveiller la
santé du groupe. Le rôle de Kayak était
d’aboyer s’il voyait des ours polaires.
« Under the Pole » – le nom original
de l’expédition – a depuis muté en une
mission globale destinée à explorer les
régions océaniques les plus inhospitalières de la planète. En 2014, les effectifs
avaient grimpé à cinquante-cinq personnes pour un voyage jusqu’à la côte
ouest du Groenland, où un record de
plongée à – 111 m a été établi.
Cet été, avec leur équipe tournante
– actuellement, jusqu’à cent membres –,
les plongeurs entament la troisième
phase du projet : une odyssée de trois ans
à travers presque toutes les latitudes.
En partant de France, ils longeront les
côtes arctiques du Groenland, puis
contourneront l’Alaska, descendront
jusqu’en Polynésie française, passeront
la pointe de l’Amérique du Sud, navigueront en Antarctique, puis ils remonteront l’Atlantique pour rentrer en
Europe – soit un périple de plus de
80 000 km. En chemin, ils étudieront
la vie en dessous de 30 m, à des profondeurs sombres et rarement vues que
l’on appelle la twilight zone (« zone crépusculaire »). Ils testeront aussi les
limites de la physiologie en plongée, en
tentant de descendre encore plus bas
que leur record et de rester sous l’eau
plus longtemps – avec, notamment,
l’ambition de rester soixante-douze
heures d’affilée en immersion.
Pour faire tomber la tension à bord,
les Bardout ont décidé d’emmener
leurs deux fils, Robin et Tom, âgés respectivement de 5 et 1 an.

N O S A C T U S � � � C I V I L I S AT I O N

AGATHA CHRISTIE
ET L’ANTIQUE CITÉ
DE NIMROUD
Par A. R. Williams

Quand l’archéologue britannique Max
Mallowan a fouillé le site néo-assyrien
de Nimroud, en Irak, il a reçu l’aide
d’une passionnée d’enquê tes : son
épouse, Agatha Christie. Entre 1949
et 1957, l’auteure de romans policiers
a ainsi répertorié et photographié les
objets mis au jour par son mari.
Elle aurait aussi pris le cliché d’un
bas-relief (ci-dessus, à gauche), qui
ornait autrefois le mur d’un palais.
Cette œuvre représente un prêtre pratiquant une cérémonie devant le motif
d’un arbre de vie. Mais la photo révèle
un détail curieux – une entaille autour
de la tête du religieux. On suspecte
soit des pillards du ���e siècle soit des
soldats de l’Antiquité.

La cité de Nimroud, baptisée Calach
dans la Bible, est devenue la capitale de
l’Empire néo-assyrien en 883 av. J.-C.,
sous le roi Assournazirpal II. À la fin du
���e siècle avant notre ère, l’empire s’est
effondré et une coalition ennemie a mis
la cité à sac. Le bas-relief avec le prêtre
a pu être délibérément endommagé
lors de cette attaque.
L’histoire s’est répétée quand Daech
a conquis Nimroud, en 2014, et détruit
les édifices que les Irakiens modernes
avaient restaurés. Certaines pièces ont
survécu, telle la section d’un autre basrelief (ci-dessus, à droite). Comme pour
celle photographiée par Agatha
Christie, la scène avait fait l’objet d’une
restauration précédente. Pourrait-elle
être de nouveau assemblée ?
« La majeure partie du site a sans
doute été seulement fracturée par les
ondes de choc des explosions, explique
Mark Altaweel, de l’University College
de Londres. Cela signifie que c’est
potentiellement réparable. »

$JDWKD &KULVWLH SKRWRJUDSKLH XQH SLªFH HQ LYRLUH
ƃQHPHQW WUDYDLOO«H SDUPL
OHV PLOOLHUV UHWURXY«HV
¢b1LPURXG ‚ OŠRULJLQH
EHDXFRXS VRQW DUULY«HV
FRPPH EXWLQ RX WULEXW
GHbJXHUUH GHSXLV OHV FLW«V
SURFKHV GHV F¶WHV
P«GLWHUUDQ«HQQHV

3+2726ȗ $9(& /Š$,0$%/( $8725,6$7,21 '( -2+1 0$//2:$1 ǖ‚ *$8&+(Ǘȗ
-‹5–0( 6(66,1, 0$*180 3+2726 ǖ‚ '52,7(Ǘȗ %(770$11 $5&+,9( *(77< ,0$*(6 ǖ(1 %$6Ǘ

OFFENBURG AM MESSEPLATZ

BRIGHTON SEAFRONT
KANGAROO ISLAND LODGE

SAO PAULO PAULISTA

SAO PAULO PAULISTA

PARIS LA VILLETTE

MANCHESTER PICCADILLY

BANGKOK SIAM

PETIT-DÉJEUNEZ EN VERSION ORIGIN�LE.
Frühstück, Breakfast, Sarapan… Comment s’appelle votre petit-déjeuner aujourd’hui ? Croissant
au beurre ou poisson fumé, café colombien ou soupe miso : tous les matins du monde ne se
ressemblent pas. Alors chacun de nos hôtels vous réveille à sa façon, pour dépayser vos papilles
et faire du petit-déjeuner un vrai moment de voyage.

JUSQU’�

-10�%* SUPPLÉMENT�IRES EN RÉSERV�NT VOTRE CH�MBRE SUR MERCURE.COM OU �CCORHOTELS.COM

*Offre réservée aux membres “Le Club �ccorHotels”. La réduction s’applique, sous réserve de disponibilité, sur le tarif public. Voir conditions et liste des hôtels participants sur mercure.com

Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas - www.mangerbouger.fr

NOS ACTUS���ASTRONOMIE

COLORISER LES
PHOTOS DE L’ESPACE
Par Nina Strochlic

En 2015, la Nasa a publié une foule de
photographies en noir et blanc retraçant la course à l’espace qui a opposé
Américains et Soviétiques. Les clichés
montrent les équipes du centre de
contrôle pendant des moments stressants, des ingénieurs posant avec le
code du logiciel de la mission Apollo
– et feu John Glenn, alors jeune astronaute, en combinaison (ci-dessous).
Parmi ceux qui ont épluché les milliers d’images en ligne se trouvait Matt
Loughrey, un photographe installé
dans le village irlandais de Murrisk.
Son père avait l’habitude de lui raconter
des histoires sur la conquête spatiale,

mais elles lui semblaient monochromatiques et lointaines. Il s’est senti
interpellé quand son propre fils, âgé
de 7 ans, lui a demandé si, à l’époque,
le monde était en noir et blanc.
« Il avait fait, sans le savoir, une
remarque émouvante », explique Matt
Loughrey. Il a répondu à son fils que le
monde avait toujours été en couleur,
mais que les outils pour l’immortaliser
avaient changé. Ayant colorisé un portrait de sa grand-mère peu de temps
avant, Matt Loughrey a pensé que des
versions colorisées des images de la
Nasa pourraient enthousiasmer une
nouvelle génération de scientifiques.
Environ trois cents heures plus tard,
à l’aide d’un logiciel qui prédit les couleurs réelles à partir des nuances de gris
d’une image, il avait transformé une
douzaine de photos en autant de
fenêtres sur un passé bien vivant.

Allez plus loin dans
l’espace avec notre
numéro d’août, qui
scrutera des poussières
d’étoiles, le spectacle
de lumières cosmiques
d’un radiotélescope
HWbOŠDYHQLU GHV
YR\DJHVbVSDWLDX[
3+272ȗ 1$6$
&2/25,6$7,21 '( 0$77 /28*+5(<
0< &2/25)8/ 3$67

N O S A C T U S � � � L’ I N N O VAT I O N

UN BARRAGE
ANTIPLASTIQUE
DANS LE PACIFIQUE
Par Céline Lison

On l’appelle le « septième continent » : les
fragments de plastique accumulés dans
le Pacifique représenteraient une surface
d’environ 3,5 millions de kilomètres carrés,
plus de six fois la France métropolitaine !
Grâce à un audacieux barrage flottant, la
fondation The Ocean Cleanup entend bel
et bien dépolluer la moitié de cette superficie. En seulement cinq ans.
Le projet est né, en 2013, dans la tête d’un
jeune Néerlandais de 18 ans, Boyan Slat,
effaré de constater que ce plastique,
lorsqu’il n’étouffe pas les oiseaux de mer ou
les tortues, se retrouve dans leurs organismes. Du poisson à l’homme, une vaste
chaîne alimentaire est concernée. Selon les
études, ces déchets forment d’immenses
agglomérats, qui se retrouvent coincés par
de gigantesques tourbillons d’eau (gyres)
liés à la rencontre des courants marins.

Dans un premier temps, le jeune entrepreneur imagine une barrière de 100 km de
long, fixée au fond de l’océan, afin de retenir le plastique à collecter. Après un test en
mer du Nord, durant lequel des tempêtes
mettent à mal le prototype, l’équipe de
Boyan Slat planche sur un nouveau modèle.
Dans une conférence, en mai 2017, le
Néerlandais explique : « Nous avons compris que, pour attraper le plastique, il fallait
fonctionner comme lui. » C’est-à-dire se
déplacer et rester plutôt en surface.
La nouvelle version de l’innovation prend
la forme d’un boudin flottant de 1 à 2 km de
long, prolongé, sous l’eau, de panneaux en
polyuréthane qui récupérent les microplastiques jusqu’à 1,50 m de profondeur.
L’ensemble est attaché à une ancre mobile,
oscillant à 600 m de fond et se déplaçant
avec les courants. La vitesse de la structure
est légèrement plus lente que celle des
détritus, afin de les bloquer dans leur progression. Il ne reste ensuite plus qu’à venir
les « pêcher », les trier et les recycler.
Après un prochain test en fin d’année
dans le Pacifique Nord, l’installation devrait
être déployée en 2018 au milieu de la plus
grande poubelle du plus grand des océans.

En 2016,
XQbSURWRW\SH
GHbEDUULªUH
ƄRWWDQWH D «W«
WHVW« HQ
PHUbGXb1RUG
PHOTO : THE OCEAN CLEANUP

N O S A C T U S � � � AV E N T U R E

(Q XQH H[S«GLWLRQ
DP«ULFDLQH D DWWHLQW
OHbVRPPHW GH OŠ(YHUHVW
DYHF FH PDW«ULHO GHUQLHU
FUL ŝȗSRXU OŠ«SRTXH

LE DÉFI LOGISTIQUE
DES ALPINISTES
Par Daniel Stone

En 1963, une équipe de 19 Américains
tentaient l’ascension de l’Everest.
Auparavant, seule une poignée de personnes avaient atteint le plus haut
sommet du monde, les premiers ayant
été le Néo-Zélandais Edmund Hillary
et le Sherpa Tenzing Norgay, en 1953.
Les Américains, handicapés par des
vents violents, une faible visibilité et
une tente partie en fumée, ont failli
ne pas y arriver. Mais ils étaient bien
préparés, disposant de 32  sherpas,
909 porteurs, et 24 t de provisions et
d’équipement. Sur l’équipe de 19 alpinistes, 5 ont conquis le sommet.
En comparaison, les expéditions
actuelles misent tout sur l’économie :
les cordes sont plus minces ; les tentes,
plus compactes ; tout est allégé au
maximum. Les piolets aux lignes épurées, en fibre de carbone, font gagner
du temps et épargnent des efforts. Les
chaussures isolantes réduisent les
risques d’engelures. Les réchauds plus
20

légers (et avec des combustibles plus
puissants) s’allument mieux et sous des
températures plus froides. À mesure
que le matériel s’est amélioré, les chances d’atteindre l’Everest et d’autres
sommets en ont fait autant.
Mais à quoi ressemblera le paquetage des aventuriers de demain ?
National Geographic a demandé à deux
alpinistes d’élite, Conrad Anker et Mark
Synnott, de prédire les innovations qui
les attendent – celles qu’ils espèrent voir
se concrétiser dans cinquante ans et
celles qui sont presque à portée de main.
Leurs prévisions (ci-contre) ne sont
pas toujours identiques – réchauds
nucléaires ou électriques ? Mais tous
deux s’attendent à des équipements
encore plus légers et résistants. Conrad
Anker pense que l’attirail des alpinistes
se rapprochera de celui des astronautes. Car, selon lui, « les conditions
au sommet de l’Everest ne sont pas si
différentes de celles sur Mars ».
Mais n’y a-t-il pas un moment où un
matériel ultraperformant rendrait
l’aventure en montagne trop facile ?
« Si on allait trop loin, on éliminerait
le défi, fait remarquer Mark Synnott.
Et quel serait alors l’intérêt ? »

��� �� �� � � � � � �� ���� • ���� � �� 2017

L’ÉQUIPEMENT
DE DEMAIN
CORDE
/ŠREMHFWLIȗ" /D UHQGUH SOXV
O«JªUH SOXV VROLGH HW
LQFDSDEOH GŠ¬WUH FRXS«H
TXDQG HOOH HVW WHQGXH
DXbPD[LPXP $WWHQWLRQȗ
WURS ƃQH HOOH SRXUUDLW
VHFWLRQQHU XQ PHPEUH
CHAUSSURES
(OOHV SRXUUDLHQW
FRPELQHU FKDXVVXUHV
GŠDOSLQLVPH HW GH VNL
DYHF OD ƃQHVVH
GŠXQbFKDXVVRQ
EAU
/¢ R» LO QH VHUD SDV
SRVVLEOH GŠREWHQLU GH
OŠHDX ¢ SDUWLU GŠDLU KXPLGH
RX GH QHLJH OHV SRFKHV ¢
HDX SRXUUDLHQW ¬WUH SOXV
VROLGHV HW U«VLVWHU DX JHO
RÉCHAUD
‹OHFWULTXHV RX QXFO«DLUHV
LOV VHURQW SOXV «FRQRPHV
HQ «QHUJLH 8Q U«FKDXG
SRXUUDLW ¬WUH LQW«JU«
DXbU«FLSLHQW OXL P¬PH
NAVIGATION
8Q DSSDUHLO XQLTXH
VHUYDQW GH ERXVVROH GH
W«O«SKRQH HW GH PRQLWHXU
P«GLFDO H[LVWH G«M¢
3RXUUDLW LO ¬WUH LPSODQW«
VRXV OD SHDXȗ"
3+272ȗ 0$5. 7+,(66(1 ‹48,3( '8 1*0

Mitsubishi
Système multimedia
connecté avec navigation,
compatible Apple CarPlay
et Android Auto

Technologie
Grandeur Nature

Jantes alliage bi-ton 18’’
Toit panoramique

OFFRE SPÉCIALE
JUSQU’AU 31 JUILLET
A S X 1 . 6 E S S E N C E 2 W D I N T E N S E N AV I C O N N E C T
EST À

21 500



(1)

SANS CONDITION

(1) Prix du Mitsubishi ASX 1.6 Essence 2WD Intense Navi Connect, déduction faite d’une remise de 3 500 €. Modèle présenté : Mitsubishi ASX 1.6 Essence 2WD Intense Navi Connect avec peinture métallisée en supplément (600 €) à
22 100 €, déduction faite d’une remise de 3 500 €. Tarifs Mitsubishi Motors en vigueur en France métropolitaine au 03/01/2017. Offre réservée aux particuliers valable jusqu’au 31/07/2017 et non cumulable avec d’autres offres en cours
chez les distributeurs participants. Garantie et assistance : limitées à 5 ans/100 000 km, au 1er des 2 termes échu, selon conditions générales de vente. M MOTORS AUTOMOBILES FRANCE SAS au capital de 10 000 000 € - RCS PONTOISE
n° 428 635 056 - 1, avenue du Fief - 95067 Cergy Pontoise Cedex.
Consommation mixte (L/100 km) : 5,7. Émission C02 (g/km) : 132.

www.mitsubishi-motors.fr

Retrouvez-nous sur facebook

MMAF recommande

Crédits photos : gettyimages - Pierre Mahieu.

NOS ACTUS���BÊTES DE SEXE

L’AMOUR CHEZ
LES HOMARDS
Par Patricia Edmonds

Voilà à quoi ressemble un rapport
sexuel normal chez les homards : pendant plusieurs jours, la femelle envoie
des jets d’urine dans la tanière du mâle
convoité. Séduit par l’odeur, il la laisse
s’installer. Les préliminaires – frôlements mutuels avec les antennes et les
pattes – durent encore quelques jours.
Quand elle pense qu’il saura la protéger, la femelle enlève sa carapace
dure et la poche où elle stockait les
spermatozoïdes de son partenaire précédent. Cette mue la laisse avec une
enveloppe dangereusement molle, si
bien que le mâle monte la garde pendant les trente minutes nécessaires à
ce qu’elle durcisse. Ensuite, hissé sur
ses pinces, il se suspend au-dessus de
3+272ȗ -(55< 021.0$1 0<1 1$785( 3,&785( /,%5$5<

la femelle et la retourne sur le dos. Via
des appendices appelés « gonopodes »,
il insère ses spermatozoïdes dans la
nouvelle poche spermatique.
Dès qu’une partenaire s’en va, le mâle
en accueille une autre. La femelle, elle,
produit des milliers d’œufs, qu’elle portera sous sa queue pendant environ
un an jusqu’à la naissance des larves.
Aujourd’hui, ce processus de reproduction est menacé par le changement
climatique, alerte Diane Cowan, de
l’ONG Lobster Conservancy. Quand
l’eau est froide (avec des températures
hivernales entre – 1 et 4 °C), les homards
fabriquent ovules et spermatozoïdes.
Quand l’eau se réchauffe de 4 ou 5 °C,
ils se consacrent à leur croissance.
Selon Diane Cowan, si la période froide
se raccourcit, « ils produiront moins
de gamètes. Et s’il fait trop chaud de
manière constante, ils n’en produiront
plus du tout. Plus d’ovules. Plus de
spermatozoïdes. Plus de homards. »

HOMARUS
AMERICANUS
HABITAT

(DX[ DWODQWLTXHV GX QRUG
GX &DQDGD DX VXG HVW
GHV ‹WDWV 8QLV
STATUT

$FWXHOOHPHQW FODVV«
FRPPH SU«RFFXSDWLRQ
PLQHXUH SDU OŠ8,&1
L’INFO EN PLUS

/HV KRPDUGV DP«ULFDLQV
GHVWLQ«V ¢ OD
FRQVRP PDWLRQ SªVHQW
HQYLURQ bJȗ OH SOXV
JURV MDPDLV U«SHUWRUL«
G«SDVVDLW bNJ

I � L’ I N F O G R A P H I E
À QUOI RESSEMBLERA
LE STADE DE DEMAIN�?
Nous avons demandé à Populous, un
cabinet d’architectes qui dessine des
stades, d’imaginer celui du futur. Leur
concept intègre les technologies actuelles
poussées à l’extrême – avec des audaces
créatives – tout en remplissant le même
rôle que les stades bâtis il y a près de
3 000 ans : permettre aux gens d’assister,

Potager
Sur le toit, un jardin fournit
une oasis de tranquillité,
loin de l’agitation du terrain,
ainsi que des légumes pour
OHVbUHVWDXUDQWV GX VLWH

Collecte d’eau de pluie
Des réservoirs récupèrent cette
eau pour les W-C et l’arrosage
des plantes. Mais pas pour
ODbFRQVRPPDWLRQ ŝȗOD SXULƃHU
exigerait trop d’énergie.

ensemble, à des exploits sportifs.

UN ÉCOSYSTÈME AUTOSUFFISANT

Le développement durable n’a jamais pris autant
d’importance dans un stade. Le toit fournit largement assez
d’espace pour des installations à énergie solaire et
éolienne, et il reste encore de la place pour créer un jardin
et un système de collecte d’eau de pluie. Les visiteurs
VRQWbDXVVL PLV ¢ FRQWULEXWLRQȗ OHXUV G«FKHWV DOLPHQWDLUHV
sont recyclés en combustible et en compost.

UN STADE À TOUT FAIRE

Les stades modernes exigent des investissements
colossaux, qui doivent être rentabilisés. Ils sont donc
conçus pour accueillir divers sports et événements
tout au long de l’année. Ce stade du futur est
SRO\YDOHQWȗȗ GHV FRPS«WLWLRQV QDXWLTXHV SHXYHQW \ DYRLU
OLHX HW GHV LQIUDVWUXFWXUHV GŠK«EHUJHPHQW VRQW SU«YXHV

INFRASTRUCTURES NUMÉRIQUES

/HV DPELWLHXVHV WHFKQRORJLHV LQWHUDFWLYHV GX VWDGH
ŝȗKRORJUDPPHV GURQHV FDSWHXUV VXU OHV VSRUWLIV HW OHV
VSHFWDWHXUVȗŝ Q«FHVVLWHQW XQH JUDQGH SXLVVDQFH
informatique. Une ferme de serveurs est indispensable
sur le site, ce dont les stades construits il y a encore
GL[bDQV QŠDYDLHQW SDV EHVRLQ GH SUHQGUH HQ FRPSWH

Éoliennes
Elles génèrent une grande partie
de l’électricité dont le stade
DbEHVRLQ FHOXL FL XWLOLVDQW GHV
WHFKQRORJLHV GŠ«FRQRPLH GŠ«QHUJLH
comme les ampoules LED.

Toit amovible
La toiture se replie comme
un accordéon pour ouvrir
l’espace à l’air libre ou
s’avance pour protéger les
sportifs des éléments.

Gradins ajustables
Les tribunes peuvent
avancer ou reculer
DƃQ GŠREWHQLU
ODbVXSHUƃFLH GH MHX
nécessaire au
VSRUWbDFFXHLOOL

V

SUITE PAGE SUIVANTE

Énergie solaire
Des disques de panneaux
SKRWRYROWD±TXHV SLYRWHQW
pour absorber la lumière
du soleil et fournir de
l’ombre aux spectateurs.

EXPÉRIENCE INTERACTIVE POUR
LES SPECTATEURS

SERVICES AUTOMATISÉS

$X[ -HX[bRO\PSLTXHV OH SXEOLF EUDQGLW G«M¢ GHV
lampes LED lors de moments clés des cérémonies
RƅFLHOOHV 'DQV OH VWDGH GX IXWXU RQ SHXW SDUWDJHU
VHVb«PRWLRQV JU¤FH ¢ GHV Y¬WHPHQWV /(' HW P¬PH
ressentir celles des sportifs.

3RXU «YLWHU OHV ƃOHV GŠDWWHQWH ¢ OD EXYHWWH RX QH SOXV DYRLU
¢ K«OHU XQ YHQGHXU DPEXODQW OHV FOLHQWV FRPPDQGHQW
GHV UDIUD°FKLVVHPHQWV HW GHV HQ FDV TXL VRQW OLYU«V SDU
drone à leur place. Les spectateurs des loges mobiles
VRQW VHUYLV SDU GHV URERWV TXL VŠDUULPHQW ¢ OŠDSSDUHLOȗ
GHV URERWV SRXEHOOHV HPSRUWHQW OHV G«FKHWV

Réalité augmentée
8Q JUDQG KRORJUDPPH DYHF
le score et les statistiques
apparaît au-dessus du sol.
De petits écrans sont placés
GHYDQW FKDTXH VLªJH

Loges mobiles
Des loges électromagnétiques
circulent sur des rails dans le
stade, pour permettre aux VIP
de regarder les événements
sous l’angle qui leur convient.

Un public électrique
Les supporters avec des maillots
LED ressentent les battements
cardiaques de leur joueur préféré
RX YRLHQW OHXUV KDELWV FKDQJHU GH
FRXOHXU VHORQ OŠDPELDQFH GX PDWFK

REPENSER LE TERRAIN

/D VXUIDFH GX WHUUDLQ FKDQJH GH WH[WXUH HW GH
PDW«ULDX[ VHORQ FKDTXH VSRUW ŝȗERLVbSRXU OH EDVNHW
pelouse pour le football. Les lignes délimitant l’aire
GHbMHX VRQW SURMHW«HV VXU OH WHUUDLQ FH TXL SHUPHW GH
faire varier sa taille et sa forme.

Livraison par drone
Approvisionnés par des
robots, des drones livrent
GHV KRW GRJV GHV
friandises ou des boissons
jusqu’à votre place.

Terrain transparent
Un sol transparent permet
d’avoir un espace
VRXWHUUDLQbU«VHUY« DX SXEOLF
SRXU UHJDUGHU XQ PDWFK
GŠHQbGHVVRXV

CONNECTER LE STADE

'HV WRXUV WLHQQHQW OHV KDELWDQWV GHV DOHQWRXUV
DXbFRXUDQW GH FH TXL VH SDVVH GDQV OH VWDGH
HQbGLƂXVDQW GHV FRXOHXUV TXL YDULHQW VHORQ OHV
réactions des spectateurs. Pour ceux qui préfèrent
jouer plutôt que de regarder, de petits terrains
ouverts au public sont situés à l’intérieur du stade.

Plateformes d’observation
Avec son billet, on peut aussi
regarder les rencontres
depuis des tours en surplomb,
tout en faisant la fête.

TRANSPORTS

&HUWDLQV VSHFWDWHXUV DUULYHQW DX VWDGH JU¤FH ¢ XQ WUDLQ
ultrarapide circulant sur des rails magnétiques. D’autres
VRQW DPHQ«V SDU GURQH ¢ OHXU SODFH /HVbIDQV SU¬WV
¢bSD\HU XQ VXSSO«PHQW SHXYHQW FLUFXOHU GDQV XQ WXQQHO
VRXV PDULQ ¢ OŠH[WU¬PH JDXFKH GRXEOH SDJH SU«F«GHQWH

JASON TREAT ET RYAN T. WILLIAMS, ÉQUIPE DU NGM
&21&(37 '8 67$'(ȗ 3238/286
,//8675$7,216ȗ ,1.
&23<5,*+7 k ǪǨǩǯ 1$7,21$/ *(2*5$3+,& 3$571(56 //&

EN COUVERTURE

SOUS LA BANQUISE,
UN NOUVEAU MONDE
Personne n’avait jamais plongé aussi profondément
sous les glaces de l’Antarctique. Notre photographe
révèle un univers coloré et plein de vie.

/HV VWDODFWLWHV GH JODFH LFL SUªV GHbODbEDVH
Dumont-d’Urville, dans l’Antarctique de l’Est) sont
rares. Elles se forment lorsque de l’eau très froide
et très salée s’échappe de la glace par en dessous,
puis gèle l’eau de mer autour, moins salée.

29

ANIMAL OU VÉGÉTAL ?
À 30 m sous la glace, une comatule balance
ses bras, en quête de particules alimentaires.
Ce n’est pas une plante, mais bien un animal,
cousin de l’étoile de mer et capable de nager.
PROMACHOCRINUS KERGUELENSIS

LES MANCHOTS PARTENT EN CHASSE
Des manchots empereurs partent se nourrir en
pleine mer. Au-dessus d’eux, les taches brunâtres
sont des microalgues accrochées à la glace de
mer. Le camp de jour du photographe se trouvait
VXU OŠXQH GH FHV SODTXHV GH JODFH ŝ RX m ƄRH }
APTENODYTES FORSTERI ǘ0$1&+276Ǚ

LE HALO DE LA MÉDUSE
Une méduse bioluminescente, large de 36 cm,
nage à 40 m de profondeur, traînant une douzaine
de tentacules urticants. Elle se nourrit de plancton,
mais évite la lumière directe, qui peut la tuer.
PERIPHYLLA PERIPHYLLA

T E X TE ET PHOTO G RAP H I E S
DE L AUR EN T BAL L E S TA

Au matin, nous arrivons à pied
depuis la base scientifique
française Dumont-d’Urville, en
terre Adélie, dans l’Antarctique
de l’Est. Puis nous brisons
la fine couche de glace qui s’est
formée sur le trou foré la veille.
L’ouverture traverse la banquise
épaisse de 3 m avant d’atteindre
la mer. Elle est juste assez large
pour un homme. Jamais nous
n’avons plongé par un orifice si
étroit. Je m’y faufile le premier.
Alors que je pénètre enfin dans l’eau glacée, je regarde en
arrière. Vision d’angoisse : l’orifice commence déjà à se refermer.
La surface inférieure de la banquise est formée d’une épaisse
boue de cristaux de glace flottants, que ma descente a mise en
mouvement et qui afflue vers le trou. Lorsque j’enfonce un bras
dans la bouillie de glace, celle-ci fait presque � m d’épaisseur.
Je saisis la corde de sécurité pour ressortir au plus vite. Je
dois me hisser centimètre par centimètre, mais mes épaules
se coincent. Soudain, je reçois un coup violent sur la tête. La
pelle de Cédric Gentil, un camarade de plongée qui tente de
m’aider en cassant la glace, a heurté mon crâne. Enfin, une
main attrape la mienne et me tire à l’air libre. Cette plongée est
terminée – mais nous en avons réalisé trente-deux.
Je suis venu là avec un autre photographe, Vincent Munier,
à l’invitation de Luc Jacquet. Le cinéaste travaille sur une suite
de son film de ����, La Marche de l’empereur. Tandis que Luc
Jacquet filme des manchots empereurs et que Munier les prend
en photo, mon équipe consigne la vie sous la banquise.
Ici, en hiver, la glace de mer s’étend jusqu’à ��� km des côtes.
Mais nous sommes arrivés en octobre ����, au début du printemps. Pendant trente-six jours, tandis
(suite page 43)
36

� �� � � � � � � � � � � � � � � � • � � � � � � � 2 0 1 7

BÉBÉ PHOQUE Ce phoque de Weddell, âgé de
quelques semaines, prend peut-être ici son premier
bain, selon le biologiste marin Pierre Chevaldonné,
du CNRS. Le phoque de Weddell est le mammifère
qui se reproduit le plus au sud de la planète.
���� �� ����� � ��

37

FILTRES À EAU
Par plus de 60 m de fond, ces ascidies s’alimentent
HQ ƃOWUDQW OŠHDX (OOHV m VHPEOHQW WUªV VLPSOHV
FRPPH GHV «SRQJHV QRWH 3LHUUH &KHYDOGRQQ«
3RXUWDQW HOOHV VRQW DVVH] «YROX«HV } /HV ODUYHV
GH FHV LQYHUW«EU«V SRVVªGHQW XQH FKRUGH GRUVDOH
SYNOICUM ADAREANUM

UNE FAUNE UNIQUE
$8b021'(
(Q KDXWș SULV GDQV OD JODFH XQ
S«WRQFOH DXVWUDO ¢ JDXFKH
GH FP D VDQV GRXWH GHV
G«FHQQLHV ŝșOD FURLVVDQFH HVW
OHQWH GDQV OHV HDX[ JODF«HV
8QbLVRSRGH GH SUªV GH FP
¢ GURLWH VH URXOH HQ ERXOH
ORUVTXŠLO VH VHQW PHQDF«
(Q EDVș DLOOHXUV OHV DUDLJQ«HV
GH PHU VRQW SDUIRLV WRXWHV
SHWLWHV PDLV FHOOH FL ¢bGURLWH
D GHV SDWWHV GHb FP 8QH
«WRLOH GH PHU ¢bJDXFKH ODUJH
GH SOXV GH FP HVW QLFK«H
FRQWUH XQH «SRQJH DUERUHV
FHQWH LQIHVW«H GH YHUV 'HX[
H[HPSOHV GX P\V W«ULHX[
mșJLJDQWLVPH SRODLUHș}
(1 +$87ș ADAMUSSIUM COLBECKI ǘ‚ *$8&+(Ǚș
GLYPTONOTUS ANTARCTICUS ǘ‚ '52,7(Ǚ
(1 %$6ș ‹72,/( '( 0(5 MACROPTYCHASTER SP.,
9(56 PARBORLASIA CORRUGATUS ET
FLABELLIGERA SP., ‹321*( HOMAXINELLA
BALFOURENSIS ǘ‚b*$8&+(Ǚș
COLOSSENDEIS MEGALONYX ǘ‚ '52,7(Ǚ

ANTIGEL NATUREL La famille des « poissons des
glaces » antarctiques compte au moins cinquante
espèces qui habitent dans le fond —ici, dans des
algues brunes. Leur sang contient des protéines
antigel leur permettant de vivre à -1,8 °C.
FAMILLE NOTOTHENIIDAE ǖ32,6621Ǘ HIMANTOTHALLUS GRANDIFOLIUS ǖ$/*8(6Ǘ

42

� �� � � � � � � � � � � � � � � � • � � � � � � � 2 0 1 7

(suite de la page 36)
que la banquise se fissure et recule à
quelques kilomètres du littoral, nous plongeons à travers les
glaces antarctiques dans des conditions extrêmes, plus profondément que nul ne l’a jamais fait – jusqu’à -�� m.
Nous nous sommes entraînés pendant deux ans en France,
tout en repérant sur une carte des sites de diverses profondeurs,
situés à moins de �� km de Dumont-d’Urville. La température
de l’eau : - �,� °C (salée, elle reste liquide sous le point de congélation de l’eau douce). Sans combinaison étanche, nous succomberions en dix minutes à peine. Avec notre équipement,
nous pouvons tenir cinq heures. C’est aussi le temps qu’exigent
les préparatifs pour chaque journée de plongée.

AFRIQUE
AMÉRIQUE
DU SUD

ANTARCTIQUE

Base
Dumont-d’Urville

Enfiler nos combinaisons prend
une heure. Elles comportent
quatre couches, dont l’une est
chauffée électriquement.
Là où nous ne pouvons pas nous glisser dans les trous creusés
par les dents des phoques de Weddell, nous forons la glace avec
une machine. Notre grande angoisse est de nous perdre sous
la banquise et d’en rester prisonniers. Aussi descendons-nous
une corde jaune luminescente dans le trou. Nous la tirons avec
nous durant la plongée, et la suivons pour remonter.
Nos combinaisons comportent quatre couches : un sousvêtement thermique à l’intérieur, une combinaison chauffée
électriquement, un molleton épais et une couche de Néoprène
étanche d’un peu plus de � cm. S’y ajoutent la cagoule, la
sous-cagoule, des gants imperméables avec doublures chauffantes, des palmes et �� kg de poids. Il y a aussi deux batteries
pour la combinaison chauffée, un recycleur pour éliminer le
dioxyde de carbone de nos exhalaisons (ce qui nous permet de
plonger plus longtemps), des bouteilles de gaz de rechange et,
(suite page 50)
enfin, mon équipement de photographie.
CARTES DU NGM

���� �� ����� � ��

43

PAISIBLE MAIS COSTAUD
Un petit phoque de Weddell prend son bain sous
la glace avec sa mère. Une fois adulte, il atteindra
la même taille qu’elle : environ 3 m de longueur pour
500 kg. Ces phoques placides restent près des
côtes, respirant l’air par des trous dans la glace.
LEPTONYCHOTES WEDDELLII

ELLE VIT DANS LA GLACE
Une anémone ancrée dans la glace laisse pendre
ses tentacules dans les eaux sombres. C’est
la seule espèce d’anémone connue vivant dans la
glace, selon la biologiste marine Marymegan Daly.
On ignore comment elle y pénètre et y survit.
EDWARDSIELLA ANDRILLAE

SANG BLEU NE SAURAIT TRANSIR
Un poulpe se propulse au-dessus d’un fond marin
débordant de vie. L’Antarctique abrite au moins
seize espèces de poulpes. Toutes possèdent
un pigment spécialisé, l’hémocyanine, qui colore
le sang en bleu et les aide à survivre à des
températures inférieures au point de congélation.
PARELEDONE SP.



Documents similaires


vagabond janvier 2014 1
mat7 changement climatique
croisiere voilier groenland 2017
avril 2014 un mois de pillage dans le monde
presentation1 1
surfexplore


Sur le même sujet..