DANS L'ETERNITE DE NOS COEURS.pdf


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Il y a bien en avant la drôle de guerre, le père qui répétait sans cesse sa haine de l’ennemi,
les bataillons qui stationnaient dans l’usine, les soldats qui jouaient aux cartes avec nous…
Le 11 mai, voilà la Pentecôte, on nous laisse partir….je ne reverrai plus l’Ecole Normale en
tant qu’élève et mon seul souci est « chic, je n’aurai pas le 0 en maths ».
J’arriverai le 12 à 3 h du matin, repartirai pour Laon le 14 et arriverai à Laval le 27 puis à St
Etienne le 16 juin…cela s’appelle l’exode.
Seule, une valise à la main, sans argent…des morts, des avions qui tuent, j’ai fait des
pansements dans un train bombardé…j’ai suivi la queue des réfugiés pour un morceau de
pain…mais…nous étions tous ainsi…

La Chapelle en Lafaye 1942-43 :
Une petite école penchée en haut de la rue.
Un appartement meublé, de bois, de charbon…je me débrouille…
Mes amis sont là, tout près ;, Mme Genevrier et sa fille Nénette me gâtent :lait, soupe du
soir, petits cadeaux…
Le père Genevrier me fascine : chapeau auvergnat, sabots , sarrau noir, il va aux
champignons... non !... je saurai plus tard que ces excuses cachaient un réseau de
résistants…
Il m’a appris la belote, à danser la bourrée …
Marcel est là avec tous les jeunes, je commence à comprendre leur patois.
Il est né le même jour que moi.
Un jour, nous irons, lui, sa sœur et moi, vendre une vache au marché.
Je commence à faire des piqûres, on nous a appris en stage à St Etienne (un bel engrenage,
j’en ferai et referai beaucoup !)
Et il y a les élèves, les garçons et filles…curieux au départ (mon accent), puis
enthousiastes…j’en ai revu depuis, je suis restée : la demoiselle…
Comme j’aimerais les revoir…
Mars 1943 : le laisser passer arriva…il faudra quitter cet asile de paix et je vais les regretter…
Dans l’intervalle, le père est venu avec ma sœur Thérèse…je suis épouvantée de sa
maigreur. Ils repartiront avec une valise pleine de victuailles…je ne peux rien faire d’autre
pour eux…
Mais me revoilà « là-haut » avec eux…
3 mois à Buire, puis à Chizy en Oxois où je me marierai…
Pourquoi ?
Je me le demande encore.
Puis ce seront Montigny, Versigny et Laon…la vie a suivi son cours…

Et au fil de ta vie….toute la poésie que tu as écrit………….

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