CM1 evaluation maitre .pdf


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Frissons dans la colline
d’après Pascale Hédelin
Chapitre 1

J’

étais assis bien tranquillement sous le grand platane, au fond de la cour de
mon école. C’était la récréation. Mais ce matin-là, pendant que mes copains
du CE1 s’amusaient, moi je lisais Le monde fabuleux des animaux. C’est mon
encyclopédie : elle est formidable !
Je regardais le chapitre 15 sur les papillons et le sphinx à tête de mort, quand tout d’un coup… Paf ! j’ai reçu un ballon
en plein dans la figure ! J’ai ramassé mes lunettes par terre en râlant :
- C’est qui l’andouille qui a fait ça ?
- C’est moi ! a dit une voix. Je t’avais bien prévenu de ne plus t’asseoir dans mes buts, Tinouille !
Zut ! Le grand Gilles ! J’avais oublié que c’était son terrain de foot, ici. Il m’a regardé de haut. Et il a redressé les
épaules, pour avoir l’air encore plus costaud. Il avait fait exprès de m’appeler Tinouille, parce que je déteste ça.
1) Que va-t-il se passer ?
…………………………..Mais j’ai préféré ne pas lui répondre, pour éviter les ennuis.
Ça l’a agacé et, du coup, il a dit aux autres grands du CM2, derrière lui :
- Au fait, les gars, vous savez pas la dernière ? Ce soir, mission impossible : il faut que je ramène Tinouille en
vélo, jusqu’à sa petite maison ! Il paraît qu’il est trop trouillard pour rentrer tout seul …
Les grands ont pouffé de rire, mais moi je n’ai pas trouvé ça drôle. C’est ma mère qui voulait que Gilles me
raccompagne. Elle ne pouvait pas venir me chercher parce qu’elle avait un rendez-vous ce soir-là et, lui, il habite à
côté de chez nous. Mais je pouvais très bien faire la route tout seul. Pas besoin de Gilles !
J’allais le lui dire, mais la cloche a sonné. Gilles a fait une pirouette ridicule, en rigolant. Alors j’ai remarqué la griffe qui
se balançait à son cou. Et je me suis demandé où il avait bien pu trouver ça…
Chapitre 2
Le soir, en grimpant la colline à vélo, je faisais la tête. Gilles pédalait devant moi en sifflotant, sans rien dire. Il avait
l’air moins fier de lui, sans ses idiots de copains. Mais quand même, il fonçait drôlement sur son VTT.
Tout d’un coup, j’ai eu envie de lui parler. Sa griffe m’intriguait : elle brillait comme de l’or ! J’ai oublié ses
méchancetés du matin et je l’ai rattrapé. Mine de rien, je lui ai demandé :
- Dis donc… euh, elle est belle, ta griffe ! C’est quoi ?
Ça, c’est une griffe de tigre ! m’a répondu Gilles fièrement. Ça protège les grands guerriers contre les dangers !
- Ouaaah !
- C’est mon oncle Jo qui me l’a rapportée d’Afrique ! Il est pilote d’avion. Moi, je serai comme lui, plus tard !
A son air sérieux, j’ai bien vu que Gilles ne se moquait pas de moi : sa griffe, c’était vraiment sacré ! Alors, à mon
tour, je lui ai confié :
- Moi aussi, quand je serai grand, j’irai en Afrique. Je serai vétérinaire dans une réserve. C’est pour ça que je lis Le
monde fabuleux des animaux.
- Tu es fou ! a crié Gilles en écarquillant ses gros yeux. Tu te vois opérer un éléphant de l’appendicite, toi ? Non,
non, tu n’y arriveras jamais, mon pauvre Tinouille ! Et puis c’est trop dangereux pour toi, l’Afrique !
Quand il m’a dit ça, ça m’a fait comme une claque. Mais je n’ai pas montré que j’avais mal, j’ai juste dit entre mes
dents :
- Et alors ? Si c’est pour les sauver, les animaux ? Et puis arrête de m’appeler Tinouille : je m’appelle Constantin !
Il y a eu un silence. Cette fois, j’avais marqué un point. Mais juste après, Gilles m’a dit d’un ton sec :
- Dis donc, tu te traînes comme une limace ! C’est à cause de ton fameux bouquin, il est trop lourd ! Allez, on se
fait une petite course jusqu’au col de la Mouche ? Je t’attends là-haut. Hé, hé, hé !
Je n’ai pas eu le temps de répondre. Gilles était déjà parti, debout sur son VTT. Alors je me suis lancé à sa
poursuite : j’allais lui montrer qui j’étais, moi, à ce sale frimeur avec sa griffe minable ! Je le détestais !
Chapitre 3
Finalement, elle était drôlement raide, cette montée, jusqu’au col de la Mouche ! Tellement raide que les derniers
cent mètres, j’ai été obligé de les grimper à pied. Il faut dire que mon petit vélo ne valait rien !
Quand je suis arrivé en haut, à la vieille chapelle, Gilles n’était pas là. C’était bizarre, tout de même. Je l’ai appelé
plusieurs fois… rien ! Le silence total ! J’ai commencé à m’inquiéter, je me disais : « Où est-il passé ? Il avait dit qu’il
m’attendrait ! Il n’est quand même pas descendu sans moi ? Il ne m’aurait pas fait ce coup-là. Peut-être qu’il lui est
arrivé quelque chose ? »
J’ai contourné la chapelle prudemment. Tout à coup, un hurlement monstrueux m’a fait sursauter :
28

Séance 4 - Frissons dans la colline
Texte Hypothèses

-

Groooaaarrr !

2) Que va-t-il se passer ?
Et le grand Gilles a jailli de derrière le mur, en riant de sa bonne blague :
- Ah, ah, t’as eu peur, hein ?
- Tu parles, je savais bien que c’était toi !
- Bon, allez, ne fais pas la tête, m’a dit Gilles. Viens voir, il y a plein de mûres, par ici !
- Non merci ! J’aime pas ça !
Et je me suis détourné fièrement, pendant que Gilles plongeait la main dans les ronces.
Au-dessus de la vallée, le ciel était plein de nuages gris. Je me suis dit qu’on ferait mieux de rentrer vite, avant la
pluie. Et puis, j’avais envie de me retrouver tranquille chez moi, sans Gilles, sans personne. Mais il n’en finissait pas
de s’empiffrer !
Soudain, Gilles a poussé un hurlement encore plus abominable que le premier ! J’ai haussé les épaules et sans un
regard, j’ai grogné :
- Allez, arrête ! Cette fois, ça ne marche pas !
Mais …
3) Que va-t-il se passer ?
… Gilles s’est précipité vers moi, et sa tête était ratatinée comme un pruneau. Il m’a montré sa main, en bégayant :
- Une vipère ! Elle m’a… elle m’a mordu ! Au secours !
Chapitre 4
Sur le coup, j’étais tellement secoué que j’étais incapable de réfléchir. Gilles, lui, a couru vers son vélo en
gémissant :
- Aïe… Viiite ! Il faut que je redescende ! Il faut que j’aille à l’hôpital !
Et soudain, tout est devenu clair dans ma tête. J’ai hurlé :
- Non ! ne fais pas ça ! surtout pas !
Gilles s’est retourné. Il avait l’air stupéfait que j’ai crié comme ça, moi. J’ai senti mon cœur chahuter dans ma poitrine
et j’ai baissé un peu la voix, pour lui expliquer tout d’un bloc :
- Quand on est mordu par une vipère, il ne faut surtout pas bouger. Sinon, le venin va dans tout le corps, et on est
mort !
- Hein ? N’importe quoi ! a dit Gilles avec un air mauvais.
Et il a grimpé sur son vélo. Mais je l’ai agrippé, pour l’empêcher de partir. Gilles a crié :
- Laisse-moi ! je suis sûr que c’est pas vrai, ton truc !
Alors là, c’en était trop ! Cette fois, je me suis vraiment mis en colère. J’ai éclaté :
- Non mais dis donc, pour qui tu me prends ? Je ne suis pas un menteur !
Et je lui ai collé mon livre sous le nez :
- C’est écrit, là, dans mon encyclopédie, chapitre 9 : Les serpents venimeux. Regarde !
Gilles a jeté un œil vitreux sur mon encyclopédie. Soudain, il est devenu tout blanc et tout mou, comme un ballon qui
se dégonfle.
Il s’est laissé tomber par terre, en secouant la tête. Et il a pleurniché :
- Maman… Maman ! J’ai mal !... Je ne veux pas mourir !
J’ai bondi sur mon vélo. Et j’ai promis à Gilles :
- Euh… je vais chercher de l’aide. Surtout ne bouge pas ! Et ne t’en fais pas, je reviens tout… tout de suite !
Gilles n’a rien dit. Mais juste avant de me lancer dans la descente, je l’ai vu qui serrait fort sa griffe dans sa main.
Chapitre 5
Dans la pente, je roulais tellement vite que je flottais au-dessus de la route ! Enfin presque… En tout cas, je me
débrouillais drôlement bien : dans les virages, mon vélo se penchait comme une moto, exactement comme je voulais.
Je me répétais :
- Vas-y, c’est toi qui vas le sauver, Gilles ! Et les autres, à l’école, ils en seront verts.
Soudain je me suis dit :
- Mais au fait… sa griffe de tigre, ça ne l’a pas protégé du tout !
A cet instant, la pluie s’est mise à tomber. Des grosses gouttes ont inondé mes lunettes, et tout est devenu flou.
Quand j’ai aperçu le virage, c’était trop tard ! J’ai freiné très fort, mais mon vélo a dérapé et je me suis envolé. J’ai
cogné un tronc d’arbre… Schplaf ! Et je me suis retrouvé en plein dans les orties !
J’avais mal partout. J’ai récupéré mes lunettes dans les buissons : elles avaient un verre cassé. Puis j’ai relevé mon
vélo et, là, j’ai vu la roue pliée en deux. Elle était complètement fichue. J’ai senti un grand froid dans mon estomac.
29

Séance 4 - Frissons dans la colline
Texte Hypothèses

J’ai hurlé :
- Au secours ! A l’aide !
Mais personne ne m’entendait. C’était épouvantable : j’étais tout seul sur la route. Pas une voiture ! Rien ! Et le
village était encore au loin… A des années-lumière !
Je me suis mis à courir, droit devant moi, sous la pluie. Je me désespérais :
- Ce n’est pas possible ! je n’y arriverai jamais ! Jamais ! Mais pourquoi je fais toujours tout de travers ? Oh,
Gilles… Gilles, il va mourir… à cause de moi.
Un peu après, j’ai remis mes lunettes à moitié démolies, et j’ai aperçu un sentier qui descendait dans les bois. J’y
voyais mal, mais j’ai foncé !
Malheureusement, ce satané chemin était plein de boue et je glissais sans arrêt. Les branches me griffaient, comme
pour m’empêcher de passer. Et j’avais beau me dépêcher, c’était comme si je n’avançais pas…
Tout d’un coup, je suis sorti des bois et j’ai reconnu cet endroit.
Chapitre 6
J’étais devant une maison de pierre, toute tordue, un peu comme une vieille patate.
J’ai frémi :
- Horreur ! La maison du père Rognon !
On l’appelle comme ça, parce qu’il grogne tout le temps. En plus, il déteste les enfants et les animaux. Un jour,
il avait menacé de tirer sur ma chienne Zaza, si elle revenait traîner jusque chez lui !
Mes jambes étaient devenues du chewing-gum. Mais j’ai réussi à atteindre la porte et j’ai tambouriné, tambouriné…
4) Que va-t-il se passer ?
Le père Rognon a fini par pointer son nez et sa barbe jaune, tout ébouriffée. Il a ronchonné :
- Qu’est-ce que c’est, ce chahut ? Qu’est-ce que tu veux, toi ?
J’ai explosé :
- Monsieur… je vous en supplie ! Gilles va mourir. Il faut le sauver ! Vite !
Le père Rognon a rouspété :
- Mouais, encore une de vos sales blagues, hein ? Allez, fiche-moi le camp !
- Mais je vous jure ! C’est une vipère, elle l’a mordu !
Le bonhomme s’est figé et il a demandé en m’examinant :
- Une vipère, tu dis ? Comment elle est, cette morsure ?
- Euh … Y’a deux trous, là, et d’autres petites marques autour. Et puis sa main est gonflée et toute blanche !
- Mince alors : c’est bien ça ! Là, c’est sérieux, faut pas traîner !
Le père Rognon a vite empoigné une couverture et un sac plein de glaçons et, en grognant, il m’a embarqué dans sa
vieille camionnette. Comme il n’avait pas le téléphone, on ne pouvait pas prévenir les pompiers : il fallait monter
chercher Gilles nous-mêmes.
Mais j’ai bien cru qu’on n’y arriverait jamais, tellement sa camionnette avait du mal à grimper la côte !
Enfin, on a atteint le col de la Mouche. Gilles était étendu par terre. Il ne bougeait pas. Le père Rognon a tout de
suite refroidi sa main avec les glaçons. Puis il a posé la couverture sur lui. Moi, je ne voulais pas m’approcher. Mais
le vieux bonhomme m’a fait signe de venir. Il m’a dit, en me tapotant l’épaule :
- T’as drôlement bien fait, de dire à ton copain de ne pas bouger ! Pour sûr, ça lui a sauvé la vie. Chapeau, p’tit !
- C’est vrai ? Il est sauvé ?
- Mouais, il va s’en sortir ! Mais il faut vite filer à l’hôpital ! Allez, aide-moi ! On le porte dans la titine. Attention, fais
doucement !
On a foncé vers l’hôpital. Dans la « titine » qui tressautait, je soutenais Gilles, allongé à l’arrière. Il était plus blanc
qu’un pélican. Il a murmuré, d’une voix fatiguée :
- Je… je te remercie, Tinou… euh ! Constantin ! Tu sais, t’es pas si… euh… t’es vraiment…
J’ai voulu lui répondre, mais j’avais une drôle de boule coincée dans la gorge. J’ai juste souri et il a fait pareil.
Quand on est arrivé à l’hôpital, les infirmières ont descendu Gilles sur une civière.
Au moment de partir, il m’a regardé droit dans les yeux. Je ne l’avais jamais vu aussi sérieux ! Il m’a dit :
- Tiens, je te la donne ! Elle est à toi, maintenant !
Et il m’a tendu sa griffe de tigre. Sa griffe sacrée de grand guerrier ! J’ai dit des trucs idiots pour remercier Gilles,
mais on l’avait déjà emmené.
J’ai attaché la griffe autour de mon cou. Elle était drôlement belle ! Et là, tout d’un coup, j’ai réalisé :
- Mais… au fait ! comment je n’y avais pas pensé avant ? Il n’y a pas de tigres en Afrique ! Il lui a raconté n’importe
quoi, son oncle aviateur ! Tant pis, je ne lui dirai jamais ! Ça lui ferait trop de peine, à Gilles…
FIN

30

J’aime lire n°221 juin 1995

Séance 4 - Frissons dans la colline
Texte Hypothèses










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Alerte au Goulglott
d’après Jan-François Chabas

Chapitre 1

I

l faisait froid et ma mère avait insisté pour que j’enfile deux pulls, un anorak et une
écharpe immense qui me faisait ressembler à la momie de Ramsès II. Tout ça parce
que je sortais faire du skate avec les copains, au square Alphonse Leveau.
C’était un dimanche tranquille. Pour arriver au square, je devais descendre toute la
rue du Toucan qui est très en pente.
Dans le bas de cette rue, sur le même trottoir que moi, j’ai distingué un groupe d’hommes qui semblaient discuter. Je
me suis élancé, les cheveux dans le vent, à toute vitesse, et je suis bientôt arrivé à leur hauteur. Mais j’ai raté le virage
qui m’aurait permis de passer sans les gêner. Un homme m’a poussé en criant :
- Toi, le morveux, dégage !
Je me suis cassé la figure dans le caniveau. L’homme qui m’avait poussé s’est retourné vers les autres, sans me jeter
un regard. Ils étaient trois, assez jeunes et ils entouraient un vieillard qui souriait malgré l’air mauvais des autres.
L’homme qui m’avait poussé a grincé entre ses dents :
- Ça suffit comme ça, le chinetoque. Donne-nous tes valises et ton portefeuille ou on te découpe en rondelles.
Le visage du vieux monsieur était rond et plat, des moustaches bien raides pendaient au coin de ses lèvres et ses
cheveux lui descendaient jusqu’aux fesses. Il a répondu avec une voix douce et aiguë comme celle d’une petite fille :
- Chers bandits de grand chemin, je ne suis pas chinois, je suis mongol. Je voudrais faire un séjour agréable
dans votre beau pays. Laissez-moi poursuivre ma route, cela vous évitera de regrettables inconvénients.
J’avais toujours le derrière dans le caniveau … C’est alors que j’ai vu un des trois affreux sortir un couteau de sa
poche. Le vieillard allait se faire poignarder.
J’ai pris mon skate et je l’ai lancé de toutes mes forces dans les jambes de l’homme au couteau, qui a poussé un
hurlement.
- Ça, gamin, tu vas me le payer !
Les trois hommes étaient fous de rage. Ils se sont précipités sur moi en oubliant complètement le vieux monsieur.
Celui-ci a posé ses valises. Ses yeux sont devenus tout jaunes, brillants comme des phares de voiture, il a marmonné
quelque chose … et …
1) Que va-t-il se passer ?
… et les affreux ont disparu.
Là où se tenaient les hommes une seconde auparavant, il n’y avait plus personne.
J’ai bredouillé :
- Mais … Vous … Vous les avez désintégrés ?
Le vieil homme a ramassé par terre trois petits cafards translucides qui se sont mis à tourner follement dans sa main.
- Mais non, ils sont là. N’est-ce pas qu’ils sont mignons comme ça ?
Il m’a tendu son autre main :
- Je m’appelle Mulbotor et je suis magicien.

Chapitre 2
J’ai dit au magicien que je m’appelais Marcus. Que j’avais neuf ans. Je n’ai pas pu m’empêcher d’ajouter, en désignant
les cafards :
- Ils vont rester comme ça pour toujours ?
- Non, non. Dans deux semaines, ils retrouveront leur apparence humaine.
Il m’a regardé droit dans les yeux :
- Je suis embêté. Normalement je ne dois pas pratiquer ma magie devant témoins …
J’ai regardé autour de nous, il n’y avait personne dans la rue. J’ai vraiment eu peur. Est-ce que moi aussi j’allais être
transformé en cafard, en crapaud ou en boîte de conserve ? Mulbotor a poussé plusieurs petits soupirs crachotants. Il
rigolait :
- Tu n’as rien à redouter. Tu m’as sauvé la vie. Si tu promets de ne rien répéter …
Je lui ai serré la main, je n’étais pas trop rassuré quand même :
- Au revoir, monsieur Mulbotor.

34

Séance 4 bis - Alerte au Goulglott
Texte Hypothèses

Il a gardé ma main dans la sienne :
- Je ne peux pas te laisser partir comme ça.
2) Que va-t-il se passer ?
J’étais fichu.
J’ai crié :
- Pas en cafard, monsieur Mulbotor ! Ma mère déteste ça, elle serait capable de m’asperger d’insecticide !
Transformez-moi en ce que vous voulez, mais pas en cafard !
Sans prendre la peine de répondre, il a désigné une des valises qu’il avait posées à terre :
- Je veux te faire un cadeau. Je t’offre cette valise. Si tu places n’importe quel objet à l’intérieur de cette valise, il
se transformera en quelque chose que tu aimes. Inutile de formuler un vœu, ça sera à chaque fois une bonne
surprise.
- Vous voulez dire que si je mets mon cahier de texte dans la valise, il se transformera en VTT ou en jeu vidéo ?
- Par exemple. Mais attention. Jamais, jamais tu ne devras mettre dans la valise un objet de couleur rouge. Il se
passerait des choses terribles. Terribles !
Comme la valise était très encombrante, Mulbotor a encore utilisé sa magie. Ses yeux sont redevenus brillants et
jaunes, il a grommelé quelques mots et la valise a pris les dimensions d’une boîte d’allumettes.
- Pour qu’elle retrouve sa taille, tu n’as qu’à prononcer trois fois « Yarzoukomok ». Tu t’en souviendras ?
J’ai mis la valise dans ma poche et j’ai articulé :
- Yarzoukomok.
- Bien. Maintenant, il faut que je te quitte. J’ai une conférence à donner au Salon de la magie, ce soir, et demain
je rentre en Mongolie.
Il m’a serré à nouveau la main et il s’est éloigné.

Chapitre 3
Je suis quand même allé au square pour faire du skate. Mon meilleur ami, Cédric, a trouvé que j’avais un drôle d’air.
Si seulement j’avais pu lui raconter mon histoire... J’ai juste dit que j’étais un peu fatigué. C’était vrai d’ailleurs. Des
émotions pareilles, ça n’arrive pas tous les jours. J’ai décidé de rentrer. Au retour, j’ai évité la rue du Toucan. Je
n’avais pas envie de marcher sur un cafard…
Quand je suis rentré chez moi, toute ma famille était là, assise devant la télé. J’ai posé mon skate par terre. Aussitôt,
mes sœurs jumelles se sont retournées et elles ont dit d’un air exaspéré :
- Chuuut !
Ces deux-là, elles sont vraiment épouvantables !
Je suis allé me coucher tout de suite après le dîner. J’ai réglé mon réveil pour qu’il sonne à deux heures du matin et
j’ai caché la valise. Lorsque je me suis réveillé, tout le monde dormait. Parfait, il était temps de me livrer à ma petite
expérience…
J’ai retiré la minivalise du tiroir de mon bureau et mon cœur s’est mis à battre fort. Le cadeau de Mulbotor… J’ai posé
le minuscule objet sur mon lit.

Chapitre 4
Devant la valise, j’ai chuchoté pour moi-même :
- Mon vieux Marcus, c’est le moment de te prouver que tu n’es plus un bébé.
J’ai prononcé trois fois, très vite :
- Yarzoukomok, Yarzoukomok, Yarzoukomok !
Dans un nuage de fumée verdâtre, la valise s’est mise à grandir. Ses ferrures brillaient à la lueur de ma lampe de
chevet et je me suis souvenu de la mise en garde de Mulbotor : jamais d’objets de couleur rouge.
- Mmm, mon vieux stylo bleu tout mâchouillé, parfait !
Ni une, ni deux, j’ai ouvert ma valise et j’ai jeté le stylo à l’intérieur. J’ai attendu quelques secondes. Dans la valise
fermée, il y a eu un bruit étouffé, quelque chose comme Oumkaeurk ! Un peu de fumée verte s’est échappée de la
valise. J’ai soulevé le couvercle… Waow ! A la place de mon vieux stylo, il y avait un canif énorme, noir et brillant. Je
l’ai pris et j’ai compté les lames. Vingt-sept ! Avec ouvre-boîtes, scie à métaux, loupe, cure-dents, ciseaux, tout, quoi !
J’en rêvais depuis des années. J’avais envie d’embrasser la valise magique. Mais il fallait dormir un peu, j’avais école
dans quelques heures. J’ai caché la valise en haut de mon armoire.
Le lendemain, en cours de maths, je me suis mis à côté de Cédric et, mine de rien, j’ai posé le canif près de ma
35

Séance 4 bis - Alerte au Goulglott
Texte Hypothèses

trousse. Mon copain a ouvert de grands yeux.
- Ouaaahhh ! D’où tu sors ça ?
3) Que va-t-il répondre ?
J’ai dit que c’était un cadeau de ma tante Sylviane. Il a pris le couteau et a affirmé qu’il n’en avait jamais vu d’aussi
beau.
La journée de classe m’a paru interminable. A la sortie, j’ai parlé un peu avec Cédric et je suis retourné chez moi en
courant. Les jumelles étaient en train de goûter. Je suis allé directement dans ma chambre et j’ai fermé la porte à clé,
puis j’ai descendu la valise et j’ai jeté dedans le chewing-gum vert que j’étais en train de mâcher. Couvercle fermé…
Oumkaeurk… Fumée… Cette fois j’ai trouvé dans la valise un dinosaure articulé, avec moteur. Ses yeux clignotaient et
sa gueule crachait des étincelles. On aurait dit qu’il était vivant. Vraiment, cette valise, quelle merveille ! J’ai décidé
qu’il fallait la montrer à Cédric. Après tout, j’avais promis de ne rien dire, pas de ne rien montrer.
Le soir, j’ai demandé à mes parents si Cédric pourrait venir dormir le lendemain. Ils ont dit oui. Avant de me coucher,
j’ai encore transformé une vieille gomme en raquette de tennis. Et puis, comme personne ne ferait le ménage avant
dimanche, je me suis contenté de cacher les nouveaux cadeaux et la valise magique sous mon lit.

Chapitre 5
Toute la journée du lendemain, j’ai répété à Cédric qu’il allait avoir une sacrée surprise… A la fin de la classe, nous
avons galopé à la maison. J’ai emmené Cédric directement dans ma chambre et j’ai fouillé sous le lit. Rien ! La valise
n’était plus là. Cédric m’a regardé avec inquiétude.
- Qu’est-ce qui se passe ?
Je me suis assis sur le lit pour réfléchir. Mes parents ne rentreraient pas avant plusieurs heures. Il n’y avait que deux
possibilités : soit la valise avait disparu toute seule, soit c’était un coup des jumelles.
Bien sûr ! Les jumelles !
Leur chambre était fermée à clé, j’ai frappé.
- Ouvrez ou je défonce la porte !
- On le dira à Maman ! a crié Noémie.
Puis, elle a ouvert en grommelant. Sarah et elle affichaient des visages de petits anges. J’ai demandé, menaçant :
- Où est-elle ?
- Qui ça ? a dit Noémie.
- Ne faites pas les idiotes ; je veux ma valise.
Cédric a écarquillé les yeux :
- Toutes ces histoires pour une simple valise ?
Pendant que je fouillais la chambre de mes sœurs, j’ai répondu à voix basse :
- Laisse-moi te montrer quelque chose, tu comprendras.
Je me suis tourné vers les jumelles :
- Pourquoi avez-vous fait ça ?
Sarah a haussé les épaules :
- On entendait des bruits bizarres dans ta chambre, depuis deux jours.
- Tu l’as volée, cette valise ? a ajouté Noémie.
Je n’ai rien dit car au fond du placard, derrière leurs robes, je venais d’apercevoir mon bien. Quand je l’ai saisie, elle
m’a semblé plus lourde que d’habitude.
- Vous avez mis quelque chose dedans ?
Sarah a soupiré :
- Ben… oui, des affaires, quoi… des foulards et nos poupées… Mais maintenant on n’arrive plus à l’ouvrir.
Tout à coup, je me suis souvenu de l’avertissement de Mulbotor.
- Sarah, ta poupée… Elle n’a pas une robe rouge ?
Elle a acquiescé, étonnée. En tremblant, j’ai tenté d’ouvrir la valise. Les serrures paraissaient soudées. A ce momentlà, on a commencé à entendre des bruits qui provenaient de l’intérieur. Comme une vibration grave :
- Bôôôôôôôôzzzzzzôôôôzzzz…
Cédric et les jumelles faisaient une drôle de tête. J’étais encore moins rassuré qu’eux car je savais ce que Mulbotor
m’avait dit ! Ça allait être terrible. Les vibrations se sont arrêtées et…
4) Que va-t-il se passer ?
… et de la fumée rouge a jailli en serpentant par les serrures. En même temps s’est élevée une voix très lente :
36

Séance 4 bis - Alerte au Goulglott
Texte Hypothèses

- Goulglott ! Goouullglottt !
On allait avoir des ennuis. J’ai décidé d’aller jeter la valise dans les poubelles de l’immeuble. J’ai saisi la poignée, mais
à cet instant précis la valise s’est ouverte, d’un coup. A l’intérieur se dressait une espèce de mini-bonhomme de neige
tout rond mais de couleur verdâtre. Il a levé la tête vers nous, il a souri et répété :
- Goulglott ! Goulglott ! Goulglott !
Il a sauté sur la moquette.
- Comme il est mignon ! a dit Noémie en se penchant vers lui.
J’ai tiré Noémie en arrière. Elle s’est retournée furieuse :
- Arrête Marcus ! Je ne vais pas l’abîmer, ton bonhomme !

Chapitre 6
Mais le petit personnage verdâtre a ouvert la bouche. Et tout à coup, il a eu l’air beaucoup moins sympathique. Il
avait de véritables crocs pointus, effilés, terrifiants. Ses yeux aussi avaient une expression mauvaise.

Il a essayé de se jeter sur nous et je lui ai donné un coup avec le cartable de Sarah qui traînait sur la moquette. Il me
l’a arraché des mains (il avait une force incroyable) et a commencé à le dévorer. Ça a indigné les jumelles.
- Sale… sale goinfre ! Espèce de…
Mais ces insultes semblaient le mettre vraiment en appétit et il dardait sur nous ses yeux globuleux. Frénétique, il
essayait de nous attraper.
J’ai pris la valise dans une main et poussé Cédric et les jumelles hors de la chambre, puis j’ai refermé la porte, très
vite. Nous avons entassé contre la porte tous les meubles de l’appartement qui n’étaient pas trop lourds à déplacer.
Ouf ! Un répit. Mais on entendait des grattements, toujours plus violents. La porte tremblait. A la cuisine, les jumelles,
Cédric et moi, nous avons saisi les longs couteaux que Maman utilise pour la viande. Quand nous sommes revenus
dans l’entrée, le sale truc verdâtre avait traversé la porte et s’attaquait aux meubles. Sarah m’a tiré par la manche :
- Allez ! A l’attaque !
Nous avons sauté sur le Goulglott et l’avons lardé de coups de couteaux. Hélas, ça ne paraissait pas lui faire grandchose. J’ai même eu l’impression que là où il était coupé, la chair se refermait aussitôt. Saleté de magie !
Tout à coup, Noémie est partie en courant. La peur, sans doute…
Cédric, Sarah et moi avons persisté à vouloir transformer le monstre en passoire, en évitant de justesse ses coups de
dents. Quand Noémie est revenue et qu’elle a jeté un petit sac dans la gueule du Goulglott, je n’ai pas compris. Le
combat a continué. Et puis… juste au moment où nous commencions à nous décourager, le Goulglott a paru faiblir ; il
se débattait moins, ses mouvements se sont ralentis. Enfin, il s’est complètement immobilisé, comme une statue.
Epuisés, nous avons regardé l’ennemi à terre. Ce n’étaient pas les coupures qui avaient eu raison de lui. Alors quoi ?
- Ciment à prise rapide ! a juste dit Noémie, en regardant ses ongles, l’air modeste.
Mon père en gardait toujours sous l’évier pour réparer les fentes du balcon. Grâce à l’idée géniale de ma sœur, le
monstre s’était transformé en statue. Dans l’enthousiasme de la victoire, j’ai embrassé Noémie.
Nous sommes partis tous les quatre vers la rivière. Dans un grand sac-poubelle, il y avait le Goulglott et la valise. Nous
avons jeté le sac-poubelle à l’eau. Avec le poids du ciment, le sac a coulé à pic. En revenant, j’ai senti contre ma
cuisse le métal froid du canif, cadeau de la valise. Il me restait toujours ça…
Mais il allait falloir tout expliquer aux parents : Mulbotor, les cafards, la valise magique, le monstre qui avait mangé une
bonne partie de l’appartement.
Allez savoir pourquoi, j’ai senti que ce ne serait pas facile.

FIN

37

J’aime lire n°250 novembre 1997

Séance 4 bis - Alerte au Goulglott
Texte Hypothèses

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