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Les Tribunaux de Tartuffe roman et documents (version livre) .pdf



Nom original: Les Tribunaux de Tartuffe roman et documents (version livre).pdf
Titre: Tel un cadeau de Noël, la convocation de l’Agence Nationale pour l’Emploi était arrivée dans ma boîte aux lettres le 24 décemb
Auteur: Ocenilda Santana de Sousa

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CHRISTIAN JANSSEN
LES TRIBUNAUX
DE TARTUFFE
Roman réalité

© CHRISTIAN JANSSEN-DÉDERIX

Les Tribunaux de Tartuffe

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Les Tribunaux de Tartuffe

LES TRIBUNAUX
DE TARTUFFE

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Les Tribunaux de Tartuffe

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Les Tribunaux de Tartuffe

CHRISTIAN JANSSEN

LES TRIBUNAUX
DE TARTUFFE

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour
tout pays.
© Christian Janssen-Déderix
98/2, rue Pierre Fluche
4800 VERVIERS
BELGIQUE
Tél : 00 32 (0)496 33 85 30
christianjanssen1@yahoo.fr
http://home.scarlet.be/bresiltraduction

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Les Tribunaux de Tartuffe

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Les Tribunaux de Tartuffe

Nous y arriverons un jour…
Yves Berger

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Les Tribunaux de Tartuffe

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Les Tribunaux de Tartuffe

La démocratie d’un pays se
juge sur sa police et sa justice.
Charles De Gaulle

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Les Tribunaux de Tartuffe

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Les Tribunaux de Tartuffe

Sommaire
Réci t………….....…………………………………………………..13
Historique chronologique……………………………………175
Annexe……………………………..……………………………...181

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Les Tribunaux de Tartuffe

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Les Tribunaux de Tartuffe

Toutes ressemblances à des faits ou à des
personnages ayant réellement existés ne seront pas
purement fortuites.
Durant mes longs soupirs, je lève souvent les yeux
vers le ciel de manière à implorer l’aide de personnes
susceptibles de devenir mes anges gardiens. Je pense
à ma mère, à mon père ou encore à une dame qui ne
demandait rien pour nous dispenser ses dons de la
voyance. « Christian, m’eut dit un jour cette dernière
en aparté de ma famille sans doute pour ne pas
provoquer une risée générale, tu es la réincarnation de
Victor Hugo. » Imaginez ! Et elle poursuivit : « Tu as
une difficile mission à accomplir, mais je ne peux pas
te dire laquelle parce que tu es trop jeune pour
l’entendre. Tu ne le supporterais pas. » A l’époque
j’avais 18 ou 19 ans, je ne me souviens plus. Sur le
moment cela m’avait travaillé un peu la tête, sans
toutefois y donner le moindre crédit. J’avais bien
commencé à écrire des scénarii de fiction dans l’espoir
de réaliser des films, puisque le cinéma est ma
13

Les Tribunaux de Tartuffe
première passion artistique, mais jamais il ne m’était
venu à l’esprit de commettre un texte littéraire, une
chose pour laquelle je ne connaissais rien et qui était
vraiment très loin de mon univers. Conclusion, le
temps effaça cette déclaration… Je l’oubliai… Mais
bizarrement cette histoire refis surface il n’y a pas si
longtemps, lorsqu’une fois après avoir levé les yeux
vers le haut, mon regard tomba sur l’étagère où une
partie de mes classeurs y sont rangés, où il y a la
totalité de mon combat sociale et juridique, classé par
date, tel un film chronologique en forme de bilan pour
le moins désastreux à l’approche de ma cinquantaine,
un pic dressé comme un mur et dont l’escalade est
loin d’être achevée ! Cette étrange déclaration
remonta donc à la surface de ma mémoire et elle me
parut aujourd’hui claire comme une eau de source.
Oui, si à l’âge de 18 ou 19 ans l’Etat Belge m’avait
présentée l’addition calculée sur les multiples
plateformes sociales, culturelles et politiques qu’il
allait mettre en place dans les années futures, je ne
l’aurais sans doute pas supportée. Par contre, comme
les épreuves surgirent les unes après les autres, je me
suis mis à les combattre becs et oncles avec la volonté
de les vaincre, sinon de les dénoncer.
Tel un cadeau de Noël, la convocation de l’Office
Nationale pour l’Emploi, désignée plus couramment
ONEM, mais qui dans une fiction française pourrait
aussi s’appeler ANPE, était arrivée dans ma boîte aux
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Les Tribunaux de Tartuffe
lettres le 24 décembre 1996. Je devais me présenter
au lendemain du second jour de l’an neuf à huit
heures trente du matin. Le but annoncé dans la lettre
était pour le moins clair, justifier ma situation
familiale et mes droits aux allocations de chômage. Un
étrange pressentiment me disait que les ennuis
allaient débuter. En effet, les dates du 24 décembre et
du 3 janvier ne me disaient rien qui vaille. Une petite
voix intérieure me conseillait dans le creux de l’oreille
de prendre contact avec mon avocat habituel afin de
récolter un maximum d’informations juridiques. Mais
le répondeur de mon conseil m’informa que le bureau
était en congé à l’occasion des fêtes de fin d’année et
n’ouvrirait que le 5 janvier. Du coup, comme me le
permettait le règlement inscrit au dos de la
convocation, je demandai le report de l’audition afin
de pouvoir m’informer sur les droits sociaux avant
l’entretien, puisque finalement, je ne connaissais rien
en la matière et un inspecteur aurait pu me dire ce
qu’il lui chantait sans que je ne puisse contredire sa
version de la loi, voire même « la » version de « sa »
loi, ce qui s’avéra par la suite plus juste.
Au cours de l’entretien avec mon conseil habituel,
lequel connaissait plutôt bien mon état de famille
pour avoir jadis traité un dossier en faveur de la
personne avec laquelle je formais un ménage de fait,
nous avions mis tout à plat sur le bureau et décortiqué
ma condition familiale de manière à déceler une
15

Les Tribunaux de Tartuffe
quelconque faille susceptible de me valoir des soucis
dans la perception de mes allocations de chômage.
Selon mon conseiller, au regard des lois en vigueur,
malgré une composition de famille très particulière,
rien de fâcheux ne devait et ne pouvait m’arriver.
Cela dit, les tenants et les aboutissants de l’affaire
étaient pour le moins complexes et lors de cet
entretien il ne fut pas inutile de redresser le portrait
de l’état des lieux dans lequel je me trouvais quelques
années plus tôt et qui me valait désormais d’être dans
une position si peu commune à la majorité des
chômeurs, que l’administration de contrôle cru sans
nul doute avoir mis la main sur l’un des plus grand
fraudeur de l’année. Mieux, sur un maquereau doublé
d’un escroc.
Marié en Thaïlande en avril 1980 avec une femme
pour qui j’aurai vendu mon âme au diable, tant mon
amour était grand et aveugle, une passion sans fond et
dévorante qui ne pouvait que me mener à l’échec, je
me réveillai six mois plus tard en Belgique avec une
épouse qui se prostituait dans un bordel à La Haye,
capitale des Pays-Bas. Fou de douleur et désespéré
face à une telle conjoncture, d’autant plus qu’elle
n’avait pas du tout besoin de faire le tapin pour
subsister puisque mon salaire de guide touristique
dans une grotte à Sougné-Remouchamps dépassait de
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Les Tribunaux de Tartuffe
moitié le minimum légal, je m’étais assigné comme
objectif de la sortir du milieu dans lequel elle avait
plongé par le biais d’une récente connaissance
demeurant à Amsterdam. J’avais contacté en vain
toutes les associations humanitaires. Rongé par la
souffrance, je fis une dépression nerveuse et mon
contrat de travail à durée déterminée ne fut pas
renouvelé l’année suivante. Lors d’un entretien
téléphonique avec la ligue des droits de l’homme, une
juriste eut finit par me dire : « Monsieur, si vous
voulez vraiment aider votre épouse, ne divorcez pas.
En lui rendant la liberté, vous donneriez au milieu
toutes les cartes pour faire d’elle ce qu’il veut. Il n’y a
rien de plus gênant qu’un mari ou de la famille
susceptible de la rechercher. Cela dit, ne faites pas
non plus trop de pression, sinon elle va trinquer à
mort et recevoir des coups. Dans ce cas, elle finirait
par vous attribuer le rôle du méchant puisque ces
ennuis et les violences subies seraient les
conséquences directes de vos actes. »
Des traces de violences physiques qui furent
constatées quelques mois plus tard sur son corps par
un agent de police de la localité lorsqu’elle vint
accompagnée d’un souteneur à l’administration
communale pour opérer son changement de domicile
en faveur de la Hollande ; une modification de
résidence qu’elle ne daigna pas me communiquer lors
de ses fréquents retours au bercail et que je découvris
ce fameux 3 janvier 1997 par le biais de l’inspecteur de
l’ONEM.
17

Les Tribunaux de Tartuffe

Suite à mes nombreuses missives adressées aux
autorités hollandaises et à l’ambassade de Belgique
réclamant à corps et a cris l’une ou l’autre
information, je reçus tardivement un jour du mois de
novembre 1981 une lettre de la police de la capitale
me signalant que le 13 mai de la même année mon
épouse avait été expulsée par avion vers la Belgique et
qu’elle était désormais interdite de séjour sur le
territoire des Pays-Bas. Cela signifiait clairement que
depuis cette date elle était sensée ne plus y avoir un
domicile dans ce pays, être présente sur le territoire
belge, sans une rémunération connue ou déclarée,
donc sous ma protection financière et sociale, selon le
régime de notre mariage établi sous de la
communauté des biens.
Dans le courant de cette même année 1981, la
totalité des chômeurs reçurent dans leur boîte aux
lettres un formulaire intitulé Déclaration de la
situation personnelle et familiale. Ne sachant pas
comment le remplir pour coller au plus près de la
réalité, je m’étais rendu au bureau de l’ONEM afin
d’obtenir une information. Après avoir exposé mon
cas, la responsable en la matière, une certaine
Madame N., me confirma que je devais inscrire mon
épouse comme étant à charge, puisque selon le
document de la police hollandaise elle était
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Les Tribunaux de Tartuffe
officiellement sur le territoire Belge, sans le moindre
revenu et qu’elle regagnait régulièrement le domicile
conjugal. Effectivement, mon épouse revenait tous les
deux ou trois semaines à la maison et demeurait
quelques jours avant de disparaître à nouveau durant
deux ou trois semaines, une conjoncture que
j’acceptais pour conserver le cordon ombilical, même
si nous faisions chambre séparée et que je ne posais
plus de question sur les sujets épineux. En clair,
l’appartement dans lequel je vivais était resté son port
d’attache, j’étais toujours l’épaule sur laquelle elle
pouvait compter en cas de coup dur. D’ailleurs, il lui
arrivait souvent de me contacter pour me lancer des
appels à l’aide, mais vu qu’elle refusait de me dire où
elle se trouvait, je ne pouvais évidemment rien faire.
Mais cela m’angoissait parfois au point de me rendre
auprès de la police pour conter l’appel. Et l’agent de
service m’envoyait sur les roses.
Au cours des années suivantes, les contacts furent
moins nombreux mais jamais coupés, jusqu’en 1992
où elle revint encore trois à quatre fois l’année. Elle
apparaissait durant la nuit pour ne pas être aperçue
par le voisinage, demeurait cloîtrée dans
l’appartement, ne mettait pas le nez dehors, puis
repartait deux jours plus tard, toujours la nuit pour ne
pas être vue. Je n’osais rien dire à ma propre famille,
ni même à ma maman, de peur de me faire passer
pour un con. Je l’ai vue pour la dernière fois en juillet
19

Les Tribunaux de Tartuffe
1992, lorsque je lui ai dit de ne plus revenir parce que
j’allais refaire ma vie avec une femme que j’avais
rencontrée lors d’un voyage au Brésil en 1988. Le
nouvel espoir d’un bonheur…
Et ma situation se compliqua. La femme avec qui je
me mis en ménage est donc brésilienne, séjournant
avec un visa permanent en bonne et dure forme et
avec l’autorisation du Ministère des Affaires
Economiques pour ouvrir un bureau de traduction et
d’interprétariat en portugais sous le régime de
travailleur indépendant. Je me précipitai donc chez
mon avocat pour connaître mon nouveau statut et à
mon grand étonnement celui-ci m’annonça que ma
structure familiale restait inchangée vis-à-vis de mon
épouse légitime, puisqu’elle était toujours sensée être
sur le territoire Belge, sans revenu, à ma charge
financière, sous la protection de ma sécurité sociale,
que je payais et que par conséquent la présence de la
personne indépendante ne modifiait en rien ma
condition familiale, d’autant plus que je n’étais pas en
mesure d’apporter une aide appréciable au travailleur
indépendant, vu que je ne parlais pas le portugais. Et
de me citer l’article 50 de l’A.R. du 25.11.1991, qui
stipulait « que la déclaration de la cohabitation n’est
pas requise lorsque le chômeur n’est pas en mesure
d’apporter une aide appréciable au travailleur
indépendant avec lequel il cohabite. » En d’autre
terme, je n’avais pas à notifier la présence de cette
20

Les Tribunaux de Tartuffe
dame sur le fameux formulaire dressant le portait de
famille, puisque je ne pouvais pas lui apporter une
quelconque aide dans son activité. D’autant plus que
le 4 février 1992 la Cour d’Appel de Liège, 5éme
Chambre, mettait en évidence qu’il « convient de
déterminer si la personne concernée, et pas un être
désincarné, est ou non en mesure ou en état de prêter
en la cause au travailleur indépendant avec qui elle
cohabite non pas n’importe quelle aide hypothétique,
imaginaire, mais une aide appréciable en se tenant
aux conditions concrètes dans lesquelles se trouve le
travailleur indépendant (importance du commerce,
possibilité d’aide, etc.) et la personne intéressée
(formation, santé, présence d’enfants, etc.) ».
Rassuré, mais par simple précaution je me rendis
tout de même au guichet de la caisse de paiement
intitulé la CAPAC afin de connaître leur avis, et suite
au portrait que je leur ai dressé, la réponse de
l’employé fut la même que celle de mon avocat. Du
coup, lors des déclarations annuelles je ne notai pas la
présence de la personne avec qui je cohabitais. Je
percevais en toute légalité une allocation de chômage
de chef de famille.
Bien entendu, lors de l’audition menée par
l’inspecteur de l’ONEM, je compris très vite que celuici ne voyait pas du tout la chose de la même manière
21

Les Tribunaux de Tartuffe
que moi et mon avocat. Dans un premier temps, il
m’accusa d’avoir dissimulé le fait que mon épouse
légitime ne vivait plus chez moi depuis 1982, jour où
elle avait opéré son changement de domicile. Comme
je l’ai dévoilé plus haut, ce fut une découverte pour
moi ! Cependant, l’action d’avoir changé son domicile
ne prouvait évidemment rien, puisque le domicile
d’une personne ne détermine pas le lieu où elle vit
effectivement et c’est précisément le lieu d’existence
qui était pris en compte par l’administration pour
calculer le taux de l’allocation. Pour preuve, il suffisait
qu’une personne ayant son domicile établi ailleurs
mais qu’elle dorme dans le lit occupé par une autre
personne, de sexe féminin ou masculin, pour qu’elle
soit considérée comme cohabitant ! Ma réplique eut
l’art d’irriter l’urubu de service qui m’accusa de tous
les maux de la terre et de vider à moi tout seules les
caisses de l’Etat. Les accusations s’enchaînèrent les
unes derrières les autres. Il y eut bien entendu la plus
effrayante, celle d’être considéré comme un affreux
bonhomme ayant des revenus occultes en provenance
de la Hollande, raison pour laquelle je ne divorçais
pas de mon épouse légitime qui se prostituait. Il
insinuait une activité de proxénétisme, car enchaînat-il « un homme honnête divorcerait d’une
prostituée ». Pire, il m’accusa d’avoir contracté un
mariage blanc1 en 1980 et de n’avoir jamais vécu avec
la « Thaïlandaise », eut-il dit avec dédain, dans
l’appartement dans lequel je vivais. « Le rapport de
1

Annexe 1

22

Les Tribunaux de Tartuffe
police le confirme », ajouta-t-il en brandissant un
procès verbal stipulant que j’y étais domicilié seul
depuis 1981. Je n’en cru pas mes oreilles ! Il me fallut
encore lui expliquer que lors de notre retour de
Thaïlande, nous avions établi notre domicile dans la
résidence de mes parents, mais que deux mois plus
tard nous nous étions installés dans un appartement
que maman louait sans y avoir élu notre domicile.
Que, en 1981, suite à une inspection de routine plutôt
musclée avec un premier contrôleur qui m’accusait de
brouiller les pistes en n’établissant pas mon domicile
dans le lieu où je vivais vraiment, je transférai donc
celui-ci dans cet appartement. Mais étant donné que
ma femme était souvent absente et qu’elle avait l’art
de fuir tout ce qui était officiel, surtout les flics, ce qui
était vrai du reste, je m’étais présenté seul à
l’administration communale pour déclarer le nouveau
domicile conjugal, expliquant à l’employée la difficulté
que j’éprouvais de me présenter avec ma femme. Suite
à quoi, l’employée de service m’assura que le
changement serait opéré pour les deux, vu que j’étais
le chef de famille.
Mais face à l’inspecteur de l’ONEM, je compris que
le domicile de mon épouse était bel et bien resté chez
mes parents jusqu’à 1982, date à laquelle elle se
présenta au bureau de la population à l’administration
communale en compagnie d’un homme et d’une autre
femme asiatique. La police appelée au guichet par le
23

Les Tribunaux de Tartuffe
simple fait que jadis, inquiet de ne pas l’avoir vu
revenir comme prévu j’avais fait une déclaration de
disparition, avait constaté de nombreuses traces
d’ecchymoses sur son corps. Interrogée, elle avait nié
les contraintes qu’elle subissait. Au cours du contrôle,
le type qui l’accompagnait avait présenté une carte de
la police hollandaise sous prétexte qu’il la protégeait
du mari jaloux, de moi en l’occurrence, hors il s’avéra
plus tard, sur base de la plaque d’immatriculation de
la voiture, qu’il s’agissait d’une fausse carte, d’un faux
flic, puisqu’en réalité c’était le fils du patron du bordel
où exerçait mon épouse. Tout ceci pour dire qu’il y a
un mystère sur l’inscription officielle du domicile en
Hollande2, puisqu’à ce moment-là nous sommes en
avril 1982 et qu’en date du 13 mai 19813 elle fut
expulsée et interdite de séjour en Hollande ! Le
mystère demeure jusqu’à ce jour ! Peu enclin à la
naïveté, je compris qu’il y avait des protections au sein
même de la police hollandaise. Mais l’ONEM n’avait
cure de tout cela !
Troisième accusation, manière de charger le mulet,
mon inertie face à la recherche d’un emploi sérieux,
car avoir rédigé quatre romans allant de 180 à 300
pages et rechercher activement un éditeur, malgré la
nombreuse
correspondance
attestant
mes
déclarations et une attestation de l’ONEM me
2
3

Annexe 2
Annexe 3

24

Les Tribunaux de Tartuffe
reconnaissant une activité artistique depuis 1978 lors
d’un contrat d’édition pour la publication du recueil
de poème A fleur de peau…, ce n’était pas considéré
comme une recherche d’emploi, mais un hobby de
fainéant qui ne rapporte rien et qui ne mène nulle
part, sauf celui de profiter du système. Je lui glissai
pourtant sous le nez une lettre du Directeur Littéraire
de l’une des maisons d’éditions les plus prestigieuses
de Paris, Grasset pour ne pas la citer, et après une
rapide lecture il me répondit que lui aussi pouvait
écrire cent lettres de ce genre. Non seulement il
injuriait l’homme nommé Yves Berger sur sa moralité,
mais il dénigrait encore le génial écrivain sur ses
capacités professionnelles, puisque en définitive ce
pauvre type avait la prétention de se hisser au même
niveau que le signataire de la lettre.
Le bourreau de service présenta enfin ce qu’il
estima sans aucun doute le coup de grâce, une non
déclaration de la cohabitation avec la travailleuse
indépendante, période ne pouvant pas faire l’objet de
la prescription des cinq ans. Depuis le début de
l’entretien, le bonhomme ne me regardait déjà que
très rarement, mais là il fixait le procès verbal qu’il
rédigeait nerveusement à l’aide d’un stylo bille. S’il
répétait verbalement mes déclarations, en réalité il
n’inscrivait que ce qu’il estimait utile pour m’accuser,
la plupart de mes propos étaient tirés hors de leur
contexte global de manière à leur donner un tout
25

Les Tribunaux de Tartuffe
autre sens. Au bout du compte, lorsque l’inspecteur
me présenta le document pour apposer ma signature,
face à mon refus et à mon accusation d’avoir écrit sa
version et pas la mienne, il devint rouge de rage. Selon
lui, je devais accepter ses explications quant à la
description de ma situation. Mais étant donné que je
les refusais, ma mauvaise foi serait à charge 4. A ce
moment là, je compris que j’allais devoir batailler seul
contre une armée décidée à m’abattre coûte que coûte.
Deux mois plus tard, lors d’une seconde convocation
et en présence de mon avocat, ce fut le directeur luimême qui dressa le procès verbal. La décision de
m’exclure était déjà décidée. Ce qui fut fait en date du
25 avril 1997.
Oh oui, comme je ne me faisais pas une bonne
image des syndicats, de ces gens en col et cravate
montés à la direction syndicale préférant regarder
manifester les affiliés sous la pluie tandis qu’eux
demeuraient bien au sec et au chaud derrière une
fenêtre de leur bureau avec un apéritif dans une main
et un toast dans l’autre main, je n’étais pas syndiqué !
J’estimais et l’estime toujours d’ailleurs que les affiliés
sont les dindons de la farce d’un système qui profite
de la crédulité et du désespoir de la classe ouvrière,
des plus démunis. Pour moi, les syndicats font
désormais partie intégrante du Système de l’état
depuis la date où ils ont reçu pour mission officielle
4

Annexe 4

26

Les Tribunaux de Tartuffe
d’être une caisse de paiement pour les allocataires
sociaux, depuis qu’ils font partie du rouage
administratif avec l’ONEM, donc depuis qu’ils ont
perdu leur totale indépendance et qu’ils reçoivent des
ordres en provenance directe de l’ONEM, comme par
exemple lors de la convocation pour la déclaration de
la situation personnelle et familiale. Bref, les laquais
de l’état ! Mais face à la forte menace de destruction
qui se présentait désormais, face aux multiples
pressions et conseils de mon entourage, je m’inscrivis
à la FGTB quelques jours à peine après avoir reçu la
première convocation et le lendemain de la première
audition. Une erreur, puisque la FGTB inscrivit la
présence de la travailleuse indépendante sur le
formulaire alors que l’article 50 dit le contraire. Ah,
les avocats de la FGTB ! Du coup, l’ONEM utilisa
l’argument, certes erroné, de la déclaration tardive, la
preuve selon eux de la reconnaissance d’une fraude.
La décision de l’ONEM arriva le 25 avril 1997 par
lettre recommandée et fut sans surprise quant au
contenu des accusations : Cohabitation avec un
travailleur indépendant, déclaration tardive, exclusion
incluant la période de 1981 à 1997, récupération de
20.363 € incluant les cinq dernières années (puisque
prescription pour les années antérieures), sanction de
six mois. La décision étant applicable toute de suite, il
me fallut donc m’inscrire durant six mois à la Caisse
Publique d’Aide Sociale, désignée CPAS, qui
27

Les Tribunaux de Tartuffe
m’accorda un Revenu Minimum d’Insertion de
cohabitant s’élevant à 300 €. A cette époque, la
travailleuse indépendante déposait une déclaration
d’impôt s’élevant à 2000 € l’année, soit à peine 166 €
le mois, ce qui lui permettait seulement de se vêtir et
de financer la maîtrise en Littérature Comparée
qu’elle était en train d’achever à l’Université de Liège
avant de pouvoir entreprendre un doctorat (qui
s’avérera plus tard être à l’Université de Leuven). En
réalité, c’est moi qui pourvoyait à la totalité des
besoins du foyer, loyer (le bail était à mon nom),
électricité, chauffage, nourriture, et cætera… Si après
mes trois recours administratifs (que j’avais introduit
moi-même en y joignant les preuves du désastre) le
CPAS n’avait pas accepté de revoir à la hausse le taux
du revenu d’insertion, nous aurions été contraints
d’aller dormir sous un pont.
Entre temps, je me rendis d’abord au service
juridique du syndicat FGTB, qui me fit poliment
savoir que je ne devais rien espérer de leur part.
« Votre affaire est à moitié perdue d’avance », argua
l’un des avocats, qui n’avoua pas que le syndicat avait
donné du grain à moudre à l’ONEM en indiquant
erronément la personne cohabitante indépendante
sur le formulaire. Autrement dit, il était hautement
préférable de conserver mon avocat, qui introduisit le
recours auprès du Tribunal du Travail de Verviers.
Quelques semaines plus tard nous reçûmes alors de la
28

Les Tribunaux de Tartuffe
partie adverse le dossier d’accusation et découvrîmes
avec stupeur le pot aux roses. L’enquête avait été
ouverte à la suite d’une lettre de dénonciation 5 qui
n’était pas jointe au dossier. Sur le premier procès
verbal, date faisant foi, il était bien noté au stylo bille
« voir dénonciation en annexe ». Mais ce n’était pas
tout, il y avait encore une litanie de mensonges de
l’administration, la falsification d’un formulaire sur
lequel l’ONEM se basait pour prouver ma fraude 6, les
commentaires désobligeants écrits noirs sur blancs
sur les procès verbaux, l’enquête de police dont je fus
l’objet et qui s’avéra être un beau ramassis de
mensonge, puisque selon eux je n’avais jamais vécu
avec mon épouse légitime dans mon appartement7,
puis enfin il y avait les fantasmes des inspecteurs de
l’administration qui finalement prenaient leur rêves
pour des réalités, comme le mariage blanc et le
proxénétisme. Bref, un dossier monté de toutes pièces
par l’ONEM qui croyait avoir trouvé l’escroc de
l’année ! Voire même pire. Un inspecteur vint sonner
à ma porte avec insistance, durant mon absence, et il
suggéra de faire une nouvelle visite à mon domicile en
urgence et de préférence à deux8, comme si j’allais fuir
par la fenêtre ou par la porte du jardin.

5

Annexe 5
Annexe 6 et 7
7
Annexe 8
8
Annexe 9
6

29

Les Tribunaux de Tartuffe
L’acte de délation est certainement l’une des choses
les plus répugnante dans le comportant de l’Homme,
puisque bien souvent le traître est un proche de la
victime, un voisin, un ami, voire même un parent ! En
temps de guerre, cet acte est passible de la peine de
mort. C’est pourquoi, je suis forcé d’ouvrir une grande
parenthèse dans cette histoire.
Qui pouvait m’en vouloir au point décrire une lettre
de dénonciation destinée à jeter sur moi le discrédit
de l’ONEM et des administrations qui allaient
forcément ce mettre en branle, même si les
accusations ne reposaient sur rien, sinon sur une
basse vengeance quelconque et pour laquelle je me
pose encore aujourd’hui la question de savoir
pourquoi. Oui, pourquoi ? Si l’une ou l’autre personne
un rien jalouse sur mes activités artistiques se plaise à
afficher à mon égard une certaine inimitié, je ne me
comptais pas encore un ennemi susceptible de
franchir la barrière de l’infamie. Mes soupçons
allèrent d’abord vers un couple peu fréquentable, lui
allemand, elle brésilienne, des personnages
dangereux, puisque lors d’une rencontre, ils nous
avaient avoué sans honte (à moi et à ma compagne
brésilienne) avoir dénoncé à l’ONEM l’un de leur
voisin. Ecœurant ! Mais à cette époque j’étais, et le
suis toujours, en litige profond avec ma famille. Je me
refusais à imaginer un tel acte en provenance de l’un
de ces membres. Néanmoins, il y a des faits
troublants, en particulier la coïncidence de certaines
30

Les Tribunaux de Tartuffe
dates. Voyons ce que j’écrivais dans mon journal édité
sur Internet durant cette douloureuse période :
Mercredi 20 novembre1996
La bombe vient d’éclater dans ma famille. Le feu
couvait depuis longtemps, mais je ne croyais pas que
mes frères et sœurs en arriveraient là. Ils me l’ont dit:
« Tu payes ou on te considère comme un voleur, tu ne
fais plus partie de la famille... Tu n’es plus notre
frère! »
Explication: en 1980, délaissé par ma femme
asiatique, trompé, roulé, déprimé, après la traversée
d’un long tunnel, réduit au chômage, maman m’avait
couramment prêté de l’argent pour me meubler,
acheter une télévision et une machine à écrire. La
somme s’éleva à 2975 € et fut réduite à 1859 €. En
relative bonne santé et cela malgré ses deux
opérations cardiaques, suite a un pressentiment sans
doute, un jour maman se mit à clarifié son point vue
sur certains points familiaux capables de créer des
problèmes ; elle dressa un récapitulatif de tous ce
qu’elle avait offert pour aider chacun de ses enfants,
elle estima que d’une manière ou d’une autre chacun
avait reçu sa part du gâteau, vida son compte pour
acheter une nouvelle voiture à papa et mourut deux
mois plus tard. N’ayant que ses habits pour toute
richesse, mon pauvre papa fut dans l’incapacité de
payer les funérailles, la pierre tombale et les deux
factures de l’hôpital, l’une de 223 €, la seconde de 421
€. Si au départ les premiers frais furent partagés entre
frères et sœurs, pour les frais d’hôpitaux ils n’en
31

Les Tribunaux de Tartuffe
furent pas de même. Ayant estimé avoir une dette
morale envers maman, je proposai à papa de payer
seul la facture de 223 €. Une grossière erreur !
Lorsque la seconde note arriva (avec un montant
toutefois revu à la baisse puisqu’au départ l’hôpital
réclamait 747 €) mes frères et sœurs glissèrent le
papier sous mon nez. Et je refusai.
Répétition : « Tu payes ou on te considère comme un
voleur, tu ne fais plus partie de la famille... Tu n’es
plus notre frère! »
« Alors vous l’avez perdu, dis-je aussitôt. Si c’est toute
la considération que vous avez pour moi, merci
beaucoup. Je n’accepte pas le chantage. »
Ô, je me souviens, je suis rentré chez moi où j’ai
pleuré toutes les larmes de mon corps !
Deux jours plus tard, l’une de mes sœurs me
convoqua par télécopie pour organiser une réunion
sur le partage des biens. Imaginez, mon père vivait
toujours ! Je répondis par la même voie :
Cher frères, chères sœurs,
« Cela me fait terriblement mal. Avant de fixer un
rendez-vous, réfléchissez un peu de votre côté. Voyez
si par hasard il n’y a pas une poutre dans votre œil au
lieu de vouloir déceler la paille dans le mien. Vous
devriez lire une fable de La Fontaine, Les animaux
malades de la peste, la morale y est très éloquente.
Jusqu’à hier je croyais que nous étions une famille un
peu à l’italienne, unie comme les doigts d’une main.
32

Les Tribunaux de Tartuffe
Aujourd’hui je constate avec peine qu’il y a une
menace d’exclusion à l’encontre de l’un d’entre nous
et qu’il s’est formé une sorte de bande des quatre. »
Face aux comptes d’apothicaires dressés par certains
membres de la bande, devant mon père silencieux qui
ne mit pas un terme à cette exécution (paix à son
âme), je dressai ensuite dans cette télécopie le bilan
des aides financières en espèce et en nature
équivalant à une épargne, que chacun avait reçu et il
s’avéra que j’étais sans doute l’un de celui à avoir le
moins bénéficier.
Autre télécopie envoyée lundi 25 novembre 1996 :
« Je finissais par croire que j’étais un salopard de
grand chemin. Manière de mettre ma conscience en
règle, j’ai pris conseil auprès de deux notaires, puis
auprès du Juge de Paix attaché au Conseil de Famille.
Après leur avoir expliqué la situation en détail et leur
avoir donné à lire ma lettre du 22 novembre que vous
avez reçu par télécopie, il ressort de leur avis que ma
position est la plus raisonnable.
En résumé, je ne me sens donc aucune obligation
morale de payer cette facture et d’accepter une soidisant nouvelle attribution du patrimoine familial. Et
si un jour pour papa..., si sa pension ne couvrait pas
les frais, je paierais naturellement ma part, c’est à dire
un cinquième. Tel est ma position et débrouillezvous. »
33

Les Tribunaux de Tartuffe
Puis encore le jeudi 28 novembre 1996 :
« Mes frères et sœurs ont téléphoné à tour de rôle,
croyant me faire changer d’avis, me convaincre que
j’avais tord de refuser leur sentence; car il s’agissait
bien de cela, d’une condamnation et d’une exécution.
J’ai envoyé tout le monde sur les roses. Il est bien
difficile de voir mes proches s’enliser dans la
turpitude et l’hypocrisie. Et papa dans tout cela, il
ferait n’importe quoi pour recoller les morceaux. Par
exemple: mourir tout de suite dans l’espoir que lors de
ses funérailles... Ou encore me demander de mettre
ma fierté dans les chiottes. »
Et le lendemain, le 29 novembre 1996, l’Office
National pour l’Emploi dressait le premier procès
verbal sur lequel il annotait : voir dénonciation en
annexe. Comment dès lors ne pas voir une troublante
coïncidence ! Je n’accuse personne, mais je
soupçonne… je soupçonne… Fermons la parenthèse.
Désormais, ce n’était plus jamais la fête à la
maison, bien au contraire. La vie se résumait à une
longue attente, à une lente agonie, la peur au ventre et
les nerfs à vif lorsque la sonnette de la porte d’entrée
tintait à l’heure habituelle du facteur ou encore lors de
la relève de courrier dans la boîte aux lettres. Plus
tard, même la sonnerie du téléphone devint l’objet de
34

Les Tribunaux de Tartuffe
toutes les angoisses. Pire, à la simple vue d’une
enveloppe de couleur brune généralement en usage
par les administrations publiques je sentais le sang se
glacer d’un seul coup dans mes veines au point d’en
éprouver des vertiges tant mon cerveau n’était plus
irrigué. Et il en était de même à la réception des
lettres de mon avocat. Je devais m’asseoir avant de
prendre connaissance du contenu. Et en général, je
chavirais.
Les conclusions déposées par mon avocat devant le
Tribunal du Travail de Verviers correspondirent
exactement à la réalité des faits. Elles mettaient
surtout en évidence les points suivants et plutôt
troublants, les pièces manquantes au dossier, comme
la lettre de dénonciation implicitement nommée dans
un procès verbal : « Voir dénonciation ci-jointe » et
qui doit obligatoirement être jointe au dossier dès
qu’il y a une procédure judiciaire afin de pouvoir
confondre l’auteur des accusations. Les formulaires de
déclaration de la situation personnelle et familiale des
années 1981 à 1990 sur lesquelles l’ONEM se base
pour porter une accusation de déclaration frauduleuse
depuis 1981 ; en effet, comment peut-on accuser
quelqu’un d’avoir fait des déclarations erronées et
aussitôt le sanctionner sans jamais fournir les
formulaires qui attesteraient de la fraude. Vu que
l’ONEM présentait un témoin via une lettre de
dénonciation, j’étais bien en droit de faire auditionner
par contrainte notre témoin sous la foi du serment,
d’autant plus qu’il s’agissait d’une employée de
35

Les Tribunaux de Tartuffe
l’ONEM nommément connue et qui avait complété de
son écriture le fameux formulaire de composition de
ménage de 1981, lequel reprenait un état de famille
me permettant de percevoir les allocations de chef de
ménage. Les faux et usage de faux, puisque le
formulaire de composition de ménage de l’année 1991
sur lequel l’ONEM se base en premier pour m’accuser
d’avoir frauduleusement « revendiqué le code de chef
de ménage » a été falsifié étant donné que cette
revendication manuscrite d’une autre écriture que la
mienne se présente sur le formulaire déposé par
l’ONEM, par contre cette revendication ne se retrouve
nullement sur le double que je possède !
Sans oublier les arguments suivants sans cesse
marteler devant les Tribunaux :
Qu’après mon mariage en Thaïlande, je suis revenu
avec mon épouse à Verviers où j’ai déclaré mon
mariage à la commune.
Que je notifiai la modification de ma situation civile à
l’ONEM, formulaire sur lequel je suis renseigné
comme chômeur complet et sur lequel l’adresse de
l’épouse n’est ni demandée ni inscrite et pourtant
l’ONEM accorde le code « chef de ménage »
Que je n’ai jamais explicitement réclamé le code
« chef de famille », que mes allocations ont toujours
été calculées par l’administration en tenant compte de
mon statut de marié et que mon épouse n’avait pas de
revenus propres.
36

Les Tribunaux de Tartuffe
Que je fus troublé par les agissements de mon épouse
qui s’est laissée embarquer dans le milieu de la
prostitution aux Pays-Bas.
Que néanmoins j’ai tout tenté pour raisonner mon
épouse, qui regagnait de temps en temps le domicile
conjugal.
Que mon épouse n’était certes pas officiellement
inscrite au même domicile que le mien, mais toujours
est-il qu’elle y habitait en fait et que le domicile en
l’espèce ne doit pas être considéré comme un critère
suffisant pour conclure qu’elle n’y aurait jamais habité
avec moi.
Que selon l’ONEM, il suffit de dormir avec une autre
personne qui a oui ou non son domicile chez soi pour
être néanmoins considéré comme cohabitant, comme
quoi la domiciliation n’est pas prise en compte, sauf
quand cela arrange les services de l’administration.
Que si ma seconde compagne cohabitante était bien
une indépendante exerçant une activité de traductrice
jurée interprète en langue portugaise au même
domicile que moi, je ne pouvais pas être en mesure
d’apporter une aide appréciable. Et de cité l’arrêt de la
Cour du Travail de Liège, vu que je ne parle pas le
portugais et que dès lors je ne pouvais pas fournir un
travail, fut-ce même en amateur, ni même produire
un travail de dactylographie, étant donné qu’en ne
connaissant pas la langue j’allais estropier les mots et
y commettre des tonnes de fautes. Et au surplus, je
constatais que l’ONEM méconnaissait totalement le
travail d’un traducteur. De nos jours, 80% des
37

Les Tribunaux de Tartuffe
traductions sont livrées par courriel et seulement 10%
par télécopie ou par la voie postale, excluant ainsi le
fait que je pouvais aider avec efficacité la cohabitante
dans le bureau.
Si le recours non suspensif de la décision fut
introduit devant le Tribunal du Travail de Verviers en
mai 1997, au cours de la première audience fixée au
mois de juillet 1998, quatorze mois plus tard, l’ONEM
avait eu soin de remettre ses conclusions une poignée
de lune plus tôt de manière à obtenir un report pour la
bonne et simple raison que le dossier n’était pas en
état. L’affaire fut aussi remise au 1er mars 1999 puis au
21 septembre 1999.
Entre temps, c’est-à-dire au départ de la sanction
de six mois, date à laquelle je dus m’inscrire à la
Caisse Publique d’Aide Sociale, jusqu’au jugement en
septembre 1999, deux ans et cinq mois plus tard, le
fleuve avait charrié pas mal d’eaux de quelques
violents orages. Au bout des six mois de purgatoire
sous la protection du CPAS, la loi me permit de
retrouver le bénéfice des allocations de chômage.
Malgré mes protestations basée sur le fait qu’il y avait
un jugement en attente, puisque non suspensif,
l’ONEM me réinscrivit d’office au taux du cohabitant.
Je subissais le dictat de l’administration qui avait les
mains libres pour faire de moi ce qu’elle voulait sans
38

Les Tribunaux de Tartuffe
avoir de compte à rendre à personne. On appel cela
« le totalitarisme » appliquée à la tête du client, en
particulier à celui qui ose protester et faire front avec
les armes de la loi. Il aurait mieux valu que je me
présentai devant eux comme un minable analphabète,
mal fagoté et crasseux, en frappant ma poitrine d’un
mea culpa que je n’avais pourtant pas à faire. Et il
s’avérera par la suite que les Tribunaux n’apprécient
guère ce genre d’attitude, un chômeur intelligent et
capable de pointer du doigt les mensonges et la
mauvaise foi d’un Auditeur du Travail, accusation
qu’ils qualifieront du terme d’arrogance pour
simplement désigner un type qui se défend et qui
apporte de surcroît les preuves irréfutables.
Bref, au bout d’une année de lutte épuisante, à la fin
du mois d’avril 1998, l’ONEM me remis un
avertissement de suspension de mes droits aux
allocations9, arguant la longue durée de mon
chômage, selon les articles 80 à 88 de l’arrêté royale
du 25 novembre 1991 portant sur la réglementation
du chômage et les articles 56 et 57 de l’arrêt
ministériel du 26 novembre 1991. En clair, puisque je
cohabitais avec une personne ayant des revenus, il me
restait à prouver que ces revenus annuels nets
imposables ne dépassaient pas 15.474 € afin de
pouvoir conserver mes allocations de chômage au
taux cohabitant. A l’époque, en incluant mon
chômage, le revenu annuel du ménage atteignait
11.899 €. Convaincu de mon bon droit, je remis à
9

Annexe 10

39

Les Tribunaux de Tartuffe
l’avocat déjà en charge de mon recours contre la
décision de sanction avec remboursement, la totalité
des documents lui permettant d’introduire le recours
auprès de l’administration concernée. Avant la fin du
délai légal, je télécopiai une lettre à mon conseiller10
afin de lui rappeler de ne pas oublier d’introduction ce
recours, j’ajoutai encore que je venais de lui verser à
cette fin une provision de 123 € pour ses honoraires.
Quelques jours plus tard il me répondit qu’il avait
bien reçu ma télécopie et la provision 11. Ne recevant
plus aucune nouvelle de sa part, le jour même de
l’expiration du délai, lors de la conversation
téléphonique que j’avais provoquée, il me rassura en
disant qu’il avait fait le nécessaire. Rien ne semblait
pouvoir aggraver ma situation. Oh douce illusion ! Le
3 août 1998 je reçu par lettre recommandée la
« décision de suspension de mes droits »12 parce que
« vous n’avez pas introduit de recours administratif
contre cet avertissement ». Un véritable coup de
tonner dans ma vie. Je passai par tous les sentiments
imaginables : l’incompréhension, la colère, la rage,
l’envie de tuer, mourir… Lorsque je me retrouvai dans
le cabinet de mon avocat, il s’avéra que celui-ci ne
retrouvait ni le dossier ni le recours qu’il prétendait
avoir introduit ! Un désastre sans nom. Pour me
rassurer, il me promit de faire le nécessaire pour que
je puisse retrouver mes droits, mais pour ce faire, me
10

Annexe 11
Annexe 12
12
Annexe 13
11

40

Les Tribunaux de Tartuffe
répondit-il plus tard à la suite de l’une de mes
télécopies, il y a lieu d’attendre le jugement prochain
qui aura lieu dans un mois au Tribunal du Travail de
Verviers avant d’analyser les possibilités pour vous
réinscrire au chômage. Une seconde et une troisième
erreur de sa part, puisqu’il lui aurait suffit
d’introduire un recours devant le Tribunal du Travail ;
malheureusement à cette époque je ne connaissais pas
les possibilités juridiques existantes - raison pour
laquelle on se fait assisté par un avocat. Et troisième
erreur de sa part, le jugement attendu du Tribunal du
Travail allait seulement trancher sur la sanction de six
mois et la récupération des sommes, jamais sur cette
décision de suspension. Mais à ce moment-là j’étais
anéanti, ravagé, dévasté, détruit, englué dans les
brumes.
Face à ce désastre sans nom, la seule planche de
salut qui se présentait à moi était de m’inscrire une
nouvelle fois à la Caisse Public d’Aide Sociale. Et le
carrousel administratif se mit de nouveau à tourner,
on m’accorda le taux cohabitant, c’est-à-dire 300 €
par mois. Je présentai alors la déclaration d’impôt de
la cohabitante qui plafonnait à 2000 €. Que dalle, la
direction du CPAS refusa de modifier sa décision.
J’introduisis un recours administratif avec, cette foisci, le soutient de l’assistance sociale madame S. B. qui
avait appris à connaître mon état de famille très
particulier et je finis enfin par recevoir 520 € le mois.
41

Les Tribunaux de Tartuffe
Cerise sur le gâteau, si je puis dire, qui aura son
importance pour la suite, les sommes avancées étaient
remboursables si le recours contre l’ONEM s’avérait
positif.
Cela dit, ce n’était pas le Pérou, nos comptes
bancaires plongeaient dans les abysses et les courriers
en provenance de la banque nous harcelaient. Par
chance, le commerce de la cohabitante reprenait un
peu, juste de quoi combler le trou qui nous permettait
que garder la tête hors de l’eau. Nous ne vivions pas,
nous survivions et au moindre coup de vent la rue
nous attendait.
Qui suis-je et d’où viens-je. Cette question ne
m’intéresse pas au premier chef, puisque pour ma
part je connais les réponses, mais elle est peut être
intéressante pour le lecteur de ce récit. Comme le nota
un ami, mon parcours fut semé d’embûches. Si mes
parents rencontrèrent effectivement bon nombres de
difficultés commerciales et sociales, ce qui peut
expliquer les ennuis cardiaques de maman, j’eus
toutefois une enfance très heureuse. Je courais
comme un lapin dans les prairies de la ferme
parentale, les bras en croix et des plumes d’oiseaux
collés sur le dos pour m’envoler. Rien ne pouvait
m’enlever de l’idée que l’avenir m’appartenait avec
tout ce que cela comporte comme rêve et comme
42

Les Tribunaux de Tartuffe
illusion. Puis à l’âge de neuf ans, je découvris la
souffrance des adultes, les disputes d’argent, mon
père prêt à se jeter dans le puits de la cave et maman
en train de hurler pour l’en dissuader. On peut dire
que la faillite commerciale de papa entraîna ma faillite
scolaire. Je ne souhaitais plus fréquenter l’école du
village pour ne plus entendre les quolibets des
collègues de classe qui répétaient cruellement ce qu’ils
entendaient chez eux de la bouche des adultes, comme
par exemple « fils de m’as tu vu » ou « fils d’escroc »
ou « fils de pute » puisqu’à cette époque maman était
la seule femme de la région à conduire une voiture
pour aider papa dans le commerce et que pour les
paysans il s’agissait d’un comportement douteux
d’une femme de la ville, donc d’une femme de
mauvaise vie. Résultat, je haïssais l’école, je m’y
rendais avec des pieds de plomb, je n’étudiais pas et je
n’obtins pas mon certificat d’étude. Du coup, on
m’inscrivit dans une école technique. Oh, à défaut de
s’avoir ce que je voulais vraiment faire dans ma vie,
j’avais toutefois émis le souhait de rejoindre la section
menuiserie, j’ai toujours aimé sentir l’odeur du bois,
mais selon la direction de l’école il manquait des
élèves en métallurgie pour devenir tourneur ! Et
comme me parents n’avaient rien trouvé à redire à
cette déviation d’orientation émise par le directeur,
puisque l’un de mes frères était passé par là, je n’avais
qu’à suivre le même chemin. Je haïssais le métal,
l’huile, la graisse, le cambouis, le mazout… Ajoutez à
cet assassinat scolaire un déménagement en pleine
43

Les Tribunaux de Tartuffe
ville, la reprise par mes parents d’un estaminet au
bord de la faillite et exclusivement fréquenté par les
poivrots d’un quartier en désuétude, un père devenu
jaloux, les rares clients en fuite, des scènes de
ménages durant lesquelles des couteaux de cuisine
circulaient à la lueur des bougies, dans une maison
sans électricité faute d’avoir réglé les factures, des
disputes qui faillirent à diverses reprises finir par un
drame sanglant, puis un énième déménagent pour
une habitation située à la lisière d’un bois et dans
laquelle il y avait des souris dans les planchés troués,
un vrai taudis. Je haïssais la vie, je tombai malade, je
fus hospitalisé durant trois mois, je tentai de mettre
fin à mes jours et ma scolarité s’arrêta là. Mais
bizarrement, comme si la vie était plus forte que la
mort, je me mis à écrire, je redécouvris la lumière, la
force du rêve, les voyages intérieurs et à l’âge de 18
ans, je m’inscrivis au conservatoire de Verviers dans la
section art de la parole. Une révélation ! Le début de
ma vraie vie, d’une passion… Enfin.
Si le climat était peu propice à la création littéraire,
grâce aux multiples encouragements du Directeur
Littéraire Yves Berger, qui avait même émis la
proposition de se présenter devant le Tribunal de
Verviers pour témoigner de la qualité de mes travaux
et de ma recherche d’emploi par le biais d’une édition,
je jetai mes dernières forces dans un travail nocturne
pour achever la rédaction de mon cinquième
44

Les Tribunaux de Tartuffe
manuscrit intitulé Palmeraie triste, que l’éditeur
attendait pour la fin du mois de mai de manière à
pouvoir le présenter au Comité de Lecture dans
l’éventualité d’une sortie lors de la rentrée littéraire de
septembre. Dans ce roman, je brossais déjà le
mécanisme de l’exclusion sociale et le bilan politique
de la Belgique. Ce manuscrit, tout comme le précédent
Bouddha d’albâtre que j’avais remanié selon les
conseils reçus et remis quelques mois plus tôt,
demeurèrent deux ans sur le bureau du directeur
Littéraire, deux années durant lesquels il tenta
vainement de m’imposer.
L’audience prévue devant le Tribunal du Travail de
Verviers allait avoir lieu le premier jour de l’automne
1999. A l’évidence, cette date était une sorte de
mauvais présage, l’automne de ma vie sociale avortée
depuis des lustres, une marche forcée vers un hiver
sibérien. Après le repas de midi qui me resta
évidemment sur l’estomac, je me rendis dans la salle
du Palais de Justice. Peu avant quatorze heures, je
voyais des avocats se rassembler autour du prétoire,
mais le mien semblait vouloir se faire désirer. Je
patientai… Au bout d’un moment, la Cour entra dans
la salle. Je patientai encore… Au cœur d’une plaidoirie
traitant une histoire de travail au noir, entra alors une
jeune avocate qui se précipita vers les bancs occupés
par le public et se mit à poser une question aux
oreilles des uns et des autres, jusqu’à ce que j’entende
45

Les Tribunaux de Tartuffe
siffler mon nom. Elle m’invita à sortir de la salle pour
m’expliquer que mon conseil avait un empêchement
d’une grande importance (mon affaire ne l’était donc
pas !), qu’il était à la prison de Lantin à Liège pour
s’occuper d'un détenu suicidaire. Suite à quoi, elle me
fit savoir qu’elle était chargée de plaider pour moi et
me demanda de lui expliquer rapidement mon
affaire ! Mon sang se figea d’un seul coup à hauteur de
mes chevilles, car comment allait-elle pouvoir me
défendre sérieusement avec la rigueur requise alors
qu’elle ne me connaissait ni d’Eve ni d’Adam, qu’elle
avait ouvert le dossier à peine une demie heure avant,
ignorant ainsi la complexité de ma situation, et
surtout l’importance des pièces manquantes dans le
dossier d’accusation, la pièce falsifiée par l’ONEM, ni
l’audition du témoin que nous réclamions en vain
alors que la partie adverse présentait un témoin par le
biais d’une lettre de dénonciation bizarrement
absente du dossier mais toutefois notifiée sur un
procès verbal. Mes brèves explications ne pouvaient
pas du tout lui être d’un grand secours, ni lui
transmettre mon désarroi. Du coup, elle se contenta
de lire les conclusions sans y joindre la théâtralité
nécessaire, la justesse du ton, ni avancer les petits
détails qui tuent et contredisent les arguments
erronés de l’adversaire. Pire, lors de l’intervention du
Ministère Public, qui insinua mon mariage douteux,
ma comédie de mari abandonné qui ne fait rien pour
divorcer de la prostituée étant donné que je tire profit
de l’activité licite, ma consciente escroquerie vis-à-vis
46

Les Tribunaux de Tartuffe
des administrations, puis achevant sa prestation par
la nécessité « d’éliminer la vermine, de faire un
exemple », le Président du Tribunal donna la parole à
« mon avocate » qui estima ne rien devoir répondre.
Ne sachant pas aujourd’hui ce que je sais, je vous
avoue que je regrette de ne pas avoir pris la parole de
force, ce qui aurait été mon droit, même si l’avocat
était là pour me représenter et que le Président du
Tribunal aurait refusé mon intervention. En effet, lors
des plaidoiries j’avais constaté à chaque fois que je
souhaitais intervenir pour apporter soit une précision
soit un rectificatif aux accusations erronées, le
Président ignorait mes demandes et finissait par
demander à mon avocat de me faire taire.
Pour bien comprendre l’attitude du Ministère
Public au cours du procès, il n’est peut-être pas inutile
de revenir sur la personne qui le représente, une
certaine madame t’S. En effet, dix huit ans plus tôt, au
début des incessants voyages de mon épouse
Thaïlandaise qui me disait séjourné chez une amie de
même nationalité dans la ville d’Amsterdam et qui
soudain n’avait plus donné signe de vie depuis plus de
quinze jours, ne sachant plus que faire étant donné
que plus personne ne répondait à la seule adresse que
je possédais, par précaution je m’étais rendu au poste
de police pour y faire une déclaration de disparition.
De là, le dossier avait été transmis au Parquet du
Procureur du Roi, sur le bureau d’une Substitut
47

Les Tribunaux de Tartuffe
dénommé D. t’S. Au bout d’un mois, toujours sans
nouvelle de mon épouse ni de la justice, je m’étais
alors présenté à son bureau afin de savoir où en était
le dossier. A peine encadré dans la porte et après
m’être présenter, elle émit un petit rictus aux coins
des lèvres avant de me rabrouer sèchement: « Ah,
encore vous ! » Ne comprenant pas sa réaction
puisque c’était la première fois de ma vie que je
mettais les pieds au Tribunal de Verviers, je cherchai à
comprendre. Mais sa réponse me laissa entrevoir
qu’elle avait déjà pris une position négative à mon
égard, comme celui d’être à la fois un mari et un
proxénète qui cherchait à dissimuler son ignoble
activité derrière un chagrin. Bref, elle m’attribuait le
rôle d’un salaud. Ecœuré et révolté, je déposai une
plainte sous forme de récit auprès du Procureur du
Roi. Mais ce dernier ne trouva pas mieux que de me
faire convoquer à la police pour me signaler que la
prochaine fois je serais poursuivi pour insulte à
magistrat. Sans le savoir, par le seul désir de vouloir
venir en aide à la femme que j’avais épousé et pour
qui j’aurai donné mon âme au diable, je me retrouvais
désormais fiché comme étant un sale type.
Ahurissant !
Le jugement du Tribunal de Verviers tomba comme
le couperet d’une guillotine sur le cou d’un condamné
à mort. Il conclut sans nuance que je ne vivais plus
avec mon épouse, que je n’avais ni charge ni
48

Les Tribunaux de Tartuffe
responsabilité envers elle, que je ne pouvais en aucun
cas la déclarer sur le formulaire et ce quels qu’aient pu
être les renseignements prétendument reçu par un
employé, que durant la période de 1981 à 1992 je
devais seulement percevoir des allocations aux taux
d’isolé et non de chef de ménage, que je ne contestais
pas cohabiter avec une travailleuse indépendante
depuis 1992, que selon l’article 50, j’avais l’obligation
de déclarer la cohabitation puisque la personne était
indépendante, mais que toutefois la déclaration de
cohabitation n’était pas requise puisque je n’étais pas
en mesure d’apporter une aide appréciable, que dès
lors on ne pouvait pas m’exclure du droit aux
allocations de 1992 à 1997, que pour cette même
période je n’avais pas le droit de percevoir des
allocations aux taux de chef de ménage mais de
cohabitant, que je ne pouvais pas raisonnablement
croire avoir le droit aux allocations de chef de ménage,
que compte tenu de la répétition des déclarations et
du fait que j’ai sciemment scellé la réalité de ma
situation familiale, que dès lors dans ces conditions le
tribunal ne voit aucune raison objective de diminuer
l’exclusion et la sanction.
Après une analyse, on constata que le tribunal de
Verviers fit l’impasse sur tout ce qui avait été réclamé
et dérangeant pour l’ONEM, à savoir les formulaires
manquants, la lettre de dénonciation réclamées à
corps et à cri, le faux et usage de faux de l’ONEM,
l’audition du témoin tacitement refusée et encore
l’interprétation de l’article 50 qui le rend caduque.
49


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