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Nom original: Bonjour Ludovic.pdf
Auteur: Thierry Remion

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Bonjour Ludovic,
J’accepte ta colère. Si tu veux me mettre ton point dans la figure, je me laisserai faire. D’une certaine
manière, je le mérite. Je peux comprendre cette impression que je viens m’imposer dans ta vie, dans
ta famille. C’est normal !
Tu as épousé Liana. Vous avez eu un enfant, Baptiste. Tu as usé de ta sueur pour retaper une maison,
construire un foyer dans lequel les gens se sentent bien… Et tu as peut-être aujourd’hui l’impression
qu’un « connard », égoïstement, vient tout détruire.
Liana et moi, n’avons pas CHOISI de tomber amoureux. Nous SOMMES tombé amoureux, sans calcul,
sans réfléchir, sans savoir, sans réel possibilité de contrôler cela. C EST !
Mais voilà, nous n’avons plus 15 ans, il y a nos vies, la mienne et la sienne !
La mienne :
J’ai grandi dans une grande maison à Terwagne avec mon père, ma mère et mon frère. Mon père et
ses amis ont travaillé 5 ans dans cette ancienne ferme. J’ai eu une enfance heureuse. Je jouais, je
jouais, je jouais… Je n’ai rien vu venir…. Mon frère aîné était lui plus sensible et tourné vers le monde
adulte. Lorsque j’avais 11 ans, il est venu me chercher en m’expliquant qu’on allait chez Marie
Claude, la nouvelle femme de papa. De son côté, ma mère était à l’hôpital, elle venait de faire un
accident de voiture.
Mes parents ont vendu la grande maison. J’ai été vivre ave ma mère et mon frère dans une petite
maison à Lorcé. J’ai ouvert les yeux, j’ai compris que mon père était progressivement devenu
alcoolique, que Jean-Luc allait être de plus en plus présent dans ma vie vu qu’ils s’aimaient avec ma
maman. J’ai compris que mes parents s’étaient fort aimés, qu’ils avaient fait des tas de choses
magnifiques ensemble, créer des centres pour personnes handicapées, organisé des expositions, des
fêtes au village,(…) mais que, progressivement, ils s’étaient éloignés, que ma maman avait rencontré
un autre homme et que mon père, fier, issu de la bourgeoisie, ne l’avait pas accepté.
Ma mère n’a jamais renié l’amour qu’elle avait eu pour mon père. Mon père parlait de ma mère
comme une salope et insultait constamment Jean-Luc, qu’il présentait comme un gourou, qui avait
manipulé ma mère. En même temps, mon père se détruisait dans l’alcool à petit feu. Moi, je ne
pouvais rien faire d’autre qu’aimer ma mère, aimer mon père et apprécier Jean-Luc qui faisait de son
mieux pour être attentif à moi. J’étais juste malheureux de le voir se détruire ainsi. Ses frères,
inquiets, l’ont invité a partir dans le sud de la France où il avait l’occasion de travailler pour un cousin.
Il est parti. Il était en colère contre tout le monde. Pendant deux ans, j’étais le seul à lui rendre
encore visite. Comme il disait : là-bas, il es passé par le petit chat de l’aiguille. Il est revenu en
Belgique, quasiment mort.
Il s’est fait tellement peur, qu’il s’est ressaisi. Il a stoppé l’alcool et j’ai retrouvé un père. Il a
rencontré une femme, Christianne, avec qui il était heureux. De mon côté, aux études, je prenais
beaucoup de plaisir à palabrer sur la vie, l’amour (c’était son thème favori), la politique, mon
avenir,… mes voyages…
J’ai voyagé, pour mon boulot, pour moi,…. Seul ! J’ai cherché des réponses à mes questions sur le
monde, sur la vie. J’aimais en discuter avec mon père, dont je voyais bien que la santé déclinait.
Un jour, j’étais dans le sud de l’Espagne, mon frère m’a téléphoner et j’ai compris… J’ai roulé 24h
d’affilé, avec un cd en boucle « ritournelle ». Mon père était aux soins intensifs. Lorsque je suis
arrivé, il a fait un dernier effort, il m’a dit : Thierry, tu avais raison, j’ai opté pour le boudhisme… !?

(Faisant référence à mon plus fabuleux voyage dans l’Himalaya, j’imagine). Mon père est mort. J’étais
dans un état second pendant tous ses obsèques. Mais, ce dont je me souviens, c’est que à côté de
mon frère et moi, la personne qui a témoigné le plus d’amour et de respect pour mon père, c’est ma
mère !
Un an plus tard, j’apprenais que j’allais être papa ! Cela s’est passé au téléphone, devant la petite
maison que j’étais occupé à retaper, seul. J’avais rencontré Pauline six mois plutôt. C’était tôt, je
n’étais pas sûr mais… c’était. Je suis tombé par terre ! Pour ma mère, pour mon père, j’ai dis oui.
J’ai terminé la maison, puis, il a fallut l’agrandir… Pendant les travaux, Pauline m’a quitté une
première fois. En 10 ans, elle m’a quitté trois fois. J’ai chaque fois été la rechercher. Je voulais y
croire, je voulais que ma fille grandisse avec ses parents. On a vraiment essayé elle et moi. On s’est
aimé. On s’aime toujours, autrement. Les gens autour de nous le savent et trouvent que c’est juste
qu’on soit séparé aujourd’hui. Et,… très important, ma fille va bien ! Elle sait que l’on s’est aimé.
Aussi surprenant que cela puisse paraitre, elle y trouve son compte et moi aussi. Je me sens
beaucoup plus en lien avec elle. On vit plein de choses ensemble. Et cela nous convient !
Pendant 10 ans j’ai essayé, j’ai préservé ma fille. J’ai continué mon voyage, autrement. J’ai pris le
chemin du Tao, à travers le Tai chi, le Qi Gong. J’y ai trouvé une profonde confiance en la vie, en son
flux et son reflux. Suivre le courant, ne pas lutter, accueillir, accueillir tout événement avec la même
confiance. ON NE SAIT PAS si un évènement est heureux ou pas. La vie a des saisons… Mais quoi qui
se passe le soleil se lèvera demain. Le sentiment de permanence et de sécurité est une illusion. La
nature des choses est en perpétuel mouvement. Et c’est dans cette part d’inconnue que se glisse la
VIE.
Facile à dire me diras-tu ! C’est vrai, j’ai aussi peur de l’inconnu. Mais quand je regarde en arrière, je
me dis que ce sont les évènements en apparence les plus douloureux qui m’ont le plus porté, rendu
vivant !!!!
Je crois profondément en cela ! On ne contrôle rien Ludo… Je ne connais pas l’avenir. Mais on a le
pouvoir d’accueillir les mouvements de la vie ou pas. Mon père l’a compris très tard mais pas trop
tard.
Je suis sincèrement désolé de te savoir en souffrance. Je comprends vraiment tes inquiétudes par
rapport à Baptiste.
MAIS C’EST LA !
Qu’est ce qu’on fait maintenant ?
Que proposes-tu ?
Lundi, pendant deux heures, j’ai cru que Liana voulait vraiment revenir vers toi. J’étais heureux pour
toi !!!!! Je lui ai dis, je le pensais.
Mais, ce n’est pas ce qu’elle veut. On sent qu’on a quelque chose à vivre ensemble. Qu’est ce que tu
veux qu’on fasse ???? Dans dix ans, elle ne m’aimera peut-être plus et me quittera !? Je suis prêt à
prendre le risque. ON N A PAS CHOISI !
Et toi, que vas-tu faire ?
Tu es papa ! Quel papa vas-tu être compte tenu de cette réalité ?
Me tuer ? Tu ne sais même pas qui je suis… Et puis quoi ? Mourir toi-même ? Et ton fils ?

Ludo…. Je suis désolé. Mais si je ne pensais pas que ce qui se passe peut… à terme, nous rendre TOUS
encore plus vivant, encore plus heureux, je me retirerais. Je comprends que aujourd’hui, tu ne vois
pas les choses ainsi. C’est même ton droit de ne jamais les voir ainsi.
Je ne suis pas un connard qui bousille les familles ! Non ! C’est trop simple Ludo… Et ce genre de
simplification risque de t’isoler ! Ton fils n’a que 5 ans, mais c’est loin d’être un con et il a besoin de
VIVRE AVEC TOUTE LA COMPLEXITE DU MONDE !
Il restera ton fils et tu resteras la personne avec qui Liana a eu un enfant. J’aurai toujours un profond
respect pour cela. Mais ne me demande pas de voir la vie comme un curé de campagne. Je ne suis
pas le diable. Apprends à me connaitre et puis tu me jugeras si tu veux. Mais là, tu me fantasmes, tu
réduis la vie à un dessin animé avec les gentils et les méchants.
Sache, qu’il n’y a pas de perversion de la part de Liana et moi. Personne ne cherche a te faire du mal.
On essaye de te respecter autant qu’on peut. Mais malheureusement, c’est difficile de t’épargner
complètement. Et je répète que je comprends ta colère et que je suis prêt à accepter ton point dans
la gueule.
Mais bordel, pour toi, pour ton fils, ai confiance dans la vie et ses saisons !!!! Ne fait pas comme mon
abruti de père (même si ça ne m’a pas empêché de l’aimer).
Sache aussi, que j’entends de la bouche de Liana que tu es quelqu’un de bien. Peut-être, mieux que
moi… Ce n’est certainement pas à se niveau là que cela se joue.
J’espère vraiment qu’on pourra se rencontrer, d’homme à homme, et qu’une fois que tu m’auras mis
ton point dans la gueule, on pourra….
Merci de m’avoir lu
Thierry


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