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Monty Rakusen/Cultura/AFP

4 bernard stiegler

« Il faut réinventer le travail »

8 gorz en personne

Christophe Fourel : Il se demandait : « Quand suis-je moimême ? » • Bonnes feuilles : Lettre à G • Une constante
révolution de la pensée, par Robert Chenavier • David
Geselson : « L’amour, un espace de résistance à la barbarie »
• André Gorz, alias Michel Bosquet…, par Serge Lafaurie

15 ses influences

Métamorphoses de la liberté, par Timothée Duverger • Pour
commencer, Marx, par Richard Sobel • André Gorz, un
philosophe sartrien, par Françoise Gollain • Pour une lecture
inspirée d’Ivan Illich, par Thierry Paquot

21 la fin du travail

Le travail entre aliénation et émancipation,
par Carlo Vercellone • Vive l’auto-organisation !, par
Jean-Louis Laville • Un avenir possible et souhaitable,
par Roger Sue • La vraie vie commence hors du travail,
par Dominique Méda

28 portfolio

Le travail d’hier à aujourd’hui

30 gorz, la politique et les luttes sociales

Passer de la politique au politique, par Dick Howard • Le
double chantier de la réduction du temps de travail, par Pierre
Larrouturou • Pour un revenu universel, par Benoît Hamon • Il
cherchait le monde d’après, par Clémentine Autain • Thomas
Coutrot : « Gorz avait tiré un trait sur les luttes salariales »

38 sortir du capitalisme

André Gorz face à la crise du capitalisme, par Anselm Jappe
• Les valeurs du convivialisme, par Alain Caillé • Quand la
réalité rattrape l’utopie • Un second souffle pour les Scop-Ti,
reportage d’Erwan Manac’h • L’épanouissement tous azimuts
des facultés humaines, par Willy Gianinazzi

47 Et ailleurs

Allemagne : du « travailler dur » au « travailler mieux », par
Rachel Knaebel • Aux États-Unis, un sujet qui fait débat, par
Alexis Buisson

50 pour aller plus loin
Couverture : Ian Spanier/Image Source/Cultura/AFP — Vignette : Fonds André Gorz/Imec

Résister
et inventer

D

ix ans après la disparition d’André
Gorz, le 22 septembre 2007, nos
lecteurs vont pouvoir ici découvrir
ou redécouvrir
une œuvre créative et foisonnante
d’une grande actualité, et qui, pour
l’essentiel, touche à un sujet au cœur
de l’histoire sociale : le travail. Si bien
qu’en même temps qu’un hommage au
philosophe épris de justice ce numéro
hors-série de Politis se présente comme
une invitation à la
réflexion sur l’avenir
du travail, envisagé
dans toutes ses acceptions, à la fois en tant
que rapport social
propre au capitalisme
et dans sa dimension
anthropologique.
Comment accompagner les « métamorphoses » qui
résultent de la robotisation ou de
l’individualisation ? Quel rapport
entretenons-nous avec cette activité
qui, pour le meilleur ou pour le pire,
occupe si intensément nos vies ? Peu
d’intellectuels ont pensé ces questions
avec autant d’audace et de liberté
qu’André Gorz. Au-delà du penseur
de l’écologie politique, c’est l’homme
libre, en perpétuel combat contre les
idéologies et les préjugés, que nous
avons voulu retrouver au travers des
contributions de quelques-uns des
meilleurs auteurs (1), qui nous ont
fait l’amitié de participer à ce numéro.
Les hasards du calendrier font
que cet hommage rendu à l’auteur
des Adieux au prolétariat intervient
au moment même où les salariés se
mobilisent contre la loi travail. On
pourrait voir dans cette rencontre
fortuite de l’actualité un démenti

aux thèses de Gorz. Les manifestants
d’aujourd’hui ne défendent-ils pas
précisément ce « travail-emploi » en
lequel il ne voyait qu’aliénation, et
dont il contestait le pouvoir d’intégration ? La critique n’est pas infondée.
Mais il est aussi évident que la résistance aux ordonnances d’Emmanuel
Macron et la réflexion de Gorz sur
l’avenir du travail se situent dans des
temporalités différentes. Résister mais
aussi inventer des formes nouvelles
d’organisation sociale sont les deux
faces d’un même combat. Sans la résistance, nous cédons aux
avancées dévastatrices
du libéralisme. Sans
l’invention, nous laissons au capitalisme, à
l’heure de l’ubérisation de nos sociétés,
l’avantage de se parer
des vertus trompeuses
de la modernité et de
l’imagination.
Résister mais aussi penser librement l’avenir : nous nous efforçons de
placer cette double injonction au cœur
de l’identité de Politis. C’est pourquoi,
nous sommes particulièrement heureux de vous présenter ce numéro.
Un grand merci à toutes celles et
à tous ceux qui nous ont fait profiter
de leur savoir et de leur talent. Amis
d’André Gorz, analystes, interprètes,
et parfois critiques de son œuvre, héritiers intellectuels, ou tout cela à la fois,
mais aussi politiques, comme Clémentine Autain et Benoît Hamon, ils nous
livrent une riche matière à réflexion.
Et l’expression de notre gratitude à
Christophe Fourel, qui nous a conseillés pour la conception et la réalisation
de ce numéro.

Ne laissons pas
au capitalisme
l’avantage de se
parer des vertus
de la modernité et
de l’imagination.

Denis Sieffert

(1) Voir en fin de journal quelques-unes de leurs
publications ainsi qu’une bibliographie d’André Gorz.

Politis HS 66 septembre / octobre 2017

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