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P2SEQ1 .pdf



Nom original: P2SEQ1.pdf
Titre: Microsoft Word - pdfsequence1.docx
Auteur: LUCIE JOUANNE

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Séquence 1 : La sagesse des fables

Etude d’une oeuvre intégrale : Jean de La Fontaine, Fables, Livre VIII (1678-1679).
Objets d’étude : La question de l’homme dans les genres de l’argumentation, du XVIe
siècle à nos jours.
Problématique : Quelles leçons de sagesse peut-on tirer des fables du livre VIII et de
quelle manière sont-elles dispensées ?
Ø Etudes d’ensemble :
o Histoire et définition de la fable.
o Ecrire au siècle de Louis XIV :
§ Le classicisme.
§ La querelle des Anciens et des Modernes.
o Les leçons des fables du livre VIII : Sagesse et honnêteté.
Ø Fables étudiées en lecture analytique :
1. “La Mort et le Mourant” (VIII, 1)
2. “Le Savetier et le Financier” (VIII, 2)
3. “Le Rat et l’Huître” (VIII, 9)
Ø Documents complémentaires
o Lucrèce, De la Nature (Ier siècle av. J.C.), Livre troisième.
o Montaigne, Essais (1595), I, 20, “Que philosopher c’est apprendre à mourir”.
o Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l’éducation (1762), Livre II.
o Marcel Gotlieb, Rubriques-à-brac (1968-1972), "La Fontaine revu et corrigé”.
Ø Activités complémentaires :
o Lecture d’une oeuvre intégrale complémentaire : Charles Perrault, Contes en
prose (1697).
o Histoire des arts : Les Vanités ; David Bailly, Vanité, nature-morte avec portrait d’un
jeune peintre, 1651.
o Sujet de réflexion : Les fables et les contes sont-ils des textes destinés uniquement
aux enfants ?

Jean de La Fontaine, Fables, Livre VIII (1678-1679)
I. « La Mort et le Mourant »

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La Mort ne surprend point le sage ;
Il est toujours prêt à partir,
S'étant su lui-même avertir
Du temps où l'on se doit résoudre à ce passage.
Ce temps, hélas ! embrasse tous les temps :
Qu'on le partage en jours, en heures, en moments,
Il n'en est point qu'il ne comprenne
Dans le fatal tribut ; tous sont de son domaine ;
Et le premier instant où les enfants des rois
Ouvrent les yeux à la lumière,
Est celui qui vient quelquefois
Fermer pour toujours leur paupière.
Défendez-vous par la grandeur,
Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse,
La mort ravit tout sans pudeur.
Un jour le monde entier accroîtra sa richesse.
Il n'est rien de moins ignoré,
Et puisqu'il faut que je le die,
Rien où l'on soit moins préparé.
Un Mourant qui comptait plus de cent ans de vie,
Se plaignait à la Mort que précipitamment
Elle le contraignait de partir tout à l'heure,
Sans qu'il eût fait son testament,
Sans l'avertir au moins. « Est-il juste qu'on meure
Au pied levé ? dit-il : attendez quelque peu.
Ma femme ne veut pas que je parte sans elle ;
Il me reste à pourvoir un arrière-neveu ;
Souffrez qu'à mon logis j'ajoute encore une aile.
Que vous êtes pressante, ô Déesse cruelle !
– Vieillard, lui dit la Mort, je ne t'ai point surpris ;
Tu te plains sans raison de mon impatience.
Eh ! n'as-tu pas cent ans ? trouve-moi dans Paris
Deux mortels aussi vieux, trouve-m'en dix en France.
Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis
Qui te disposât à la chose :
J'aurais trouvé ton testament tout fait,
Ton petit-fils pourvu, ton bâtiment parfait ;
Ne te donna-t-on pas des avis quand la cause
Du marcher et du mouvement,
Quand les esprits, le sentiment,
Quand tout faillit en toi ? Plus de goût, plus d'ouïe :
Toute chose pour toi semble être évanouie :
Pour toi l'astre du jour prend des soins superflus :
Tu regrettes des biens qui ne te touchent plus.
Je t'ai fait voir tes camarades,
Ou morts, ou mourants, ou malades.
Qu'est-ce que tout cela, qu'un avertissement ?
Allons, vieillard, et sans réplique.
Il n'importe à la république
Que tu fasses ton testament. »
La Mort avait raison. Je voudrais qu'à cet âge
On sortît de la vie ainsi que d'un banquet,
Remerciant son hôte, et qu'on fit son paquet ;
Car de combien peut-on retarder le voyage ?
Tu murmures, vieillard ; vois ces jeunes mourir,
Vois-les marcher, vois-les courir
À des morts, il est vrai, glorieuses et belles,
Mais sûres cependant, et quelquefois cruelles.
J'ai beau te le crier ; mon zèle est indiscret :
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.
TEXTE BAC 1

Jean de La Fontaine, Fables, Livre VIII

II. « Le Savetier et le Financier »

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Un Savetier chantait du matin jusqu'au soir :
C'était merveilles de le voir,
Merveilles de l'ouïr ; il faisait des passages,
Plus content qu'aucun des sept sages.
Son voisin au contraire, étant tout cousu d'or,
Chantait peu, dormait moins encor.
C'était un homme de finance.
Si sur le point du jour parfois il sommeillait,
Le Savetier alors en chantant l'éveillait,
Et le Financier se plaignait,
Que les soins de la Providence
N'eussent pas au marché fait vendre le dormir,
Comme le manger et le boire.
En son hôtel il fait venir
Le chanteur, et lui dit : « Or çà, sire Grégoire,
Que gagnez-vous par an ? – Par an ? Ma foi, Monsieur,
Dit avec un ton de rieur,
Le gaillard Savetier, ce n'est point ma manière
De compter de la sorte ; et je n'entasse guère
Un jour sur l'autre : il suffit qu'à la fin
J'attrape le bout de l'année :
Chaque jour amène son pain.
– Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
– Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
(Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)
Le mal est que dans l'an s'entremêlent des jours
Qu'il faut chommer ; on nous ruine en fêtes.
L'une fait tort à l'autre ; et Monsieur le curé
De quelque nouveau Saint charge toujours son prône. »
Le Financier riant de sa naïveté
Lui dit : « Je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône.
Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
Pour vous en servir au besoin. »
Le Savetier crut voir tout l'argent que la terre
Avait depuis plus de cent ans
Produit pour l'usage des gens.
Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre
L'argent et sa joie à la fois.
Plus de chant ; il perdit la voix
Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines.
Le sommeil quitta son logis,
Il eut pour hôtes les soucis,
Les soupçons, les alarmes vaines.
Tout le jour il avait l'œil au guet ; et la nuit,
Si quelque chat faisait du bruit,
Le chat prenait l'argent. À la fin le pauvre homme
S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus :
« Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
Et reprenez vos cent écus. »

TEXTE BAC 2

Jean de La Fontaine, Fables, Livre VIII (1678-1679)
IX. « Le Rat et l’Huître »

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Un Rat hôte d'un champ, rat de peu de cervelle,
Des lares paternels un jour se trouva soû.
Il laisse là le champ, le grain, et la javelle,
Va courir le pays, abandonne son trou.
Sitôt qu'il fut hors de la case,
« Que le monde, dit-il, est grand et spacieux !
Voilà les Apennins, et voici le Caucase. »
La moindre taupinée était mont à ses yeux.
Au bout de quelques jours le voyageur arrive
En un certain canton où Thétys sur la rive
Avait laissé mainte huître ; et notre Rat d'abord
Crut voir en les voyant des vaisseaux de haut bord.
« Certes, dit-il, mon père était un pauvre sire !
Il n'osait voyager, craintif au dernier point.
Pour moi, j'ai déjà vu le maritime empire :
J'ai passé les déserts, mais nous n'y bûmes point. »
D'un certain magister le Rat tenait ces choses,
Et les disait à travers champs ;
N'étant pas de ces rats qui les livres rongeants
Se font savants jusques aux dents.
Parmi tant d'huîtres toutes closes,
Une s'était ouverte, et bâillant au soleil,
Par un doux zéphir réjouie,
Humait l'air, respirait, était épanouie,
Blanche, grasse, et d'un goût, à la voir, nonpareil.
D'aussi loin que le Rat voit cette Huître qui bâille :
« Qu'aperçois-je ? dit-il, c'est quelque victuaille ;
Et, si je ne me trompe à la couleur du mets,
Je dois faire aujourd'hui bonne chère, ou jamais. »
Là-dessus maître Rat plein de belle espérance
Approche de l'écaille, allonge un peu le cou,
Se sent pris comme aux lacs ; car l'Huître tout d'un coup
Se referme. Et voilà ce que fait l'ignorance.
Cette fable contient plus d'un enseignement.
Nous y voyons premièrement :
Que ceux qui n'ont du monde aucune expérience
Sont aux moindres objets frappés d'étonnement ;
Et puis nous y pouvons apprendre,
Que tel est pris qui croyait prendre.

TEXTE BAC 3

Lucrèce, De la nature (Ier siècle av. J.-C.), Livre troisième
Supposons enfin que prenant soudain la parole, la Nature adresse à l'un de nous ces
reproches : « Qu'est-ce donc qui te tient si à cœur, ô mortel, pour que tu t'abandonnes à
tant de douleur et de plaintes ? Pourquoi la mort te fait-elle gémir et pleurer ? Si la vie
jusqu'à ce jour t'a été douce, si tous tes plaisirs n'ont pas été s'entassant dans un vase sans
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fond et si donc ils ne se sont pas écoulés et perdus, que ne te retires-tu de la vie en convive
rassasié ? Es-tu sot de ne pas prendre de bonne grâce un repos qui ne sera plus troublé !
Mais si toutes tes jouissances se sont consumées en pure perte et si la vie n'est plus pour
toi que blessure, quelle idée de vouloir la prolonger d'un moment, lequel à son tour finirait
tristement et tomberait tout entier inutile. Ne vaut-il pas mieux mettre un terme à ta vie et à

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ta souffrance ? Car des nouveautés pour te plaire, je ne puis en inventer désormais : le
monde se ressemble toujours. Si ton corps n'est plus abîmé par les ans, si tes membres ne
tombent pas de langueur, tu ne verras cependant jamais que les mêmes choses, même si
ta vie durait jusqu'à tromper les âges ou même si tu ne devais jamais mourir. »
Qu'aurions-nous à répondre, sinon que la Nature nous fait un juste procès et qu'elle

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plaide la cause de la vérité. Mais si un malheureux plongé dans la misère se lamente sans
mesure parce qu'il lui faut mourir, la Nature n'aurait-elle pas raison d'élever la voix pour
l'accabler de reproches plus sévères ? « Chasse ces larmes, fou que tu es, et arrête tes
plaintes. » Et si c'est un vieillard chargé d'ans : « Toutes les joies de la vie, tu les as
goûtées avant d'en venir à cet épuisement. Mais tu désires toujours ce que tu n'as pas ; tu

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méprises ce que tu as, ta vie s'est donc écoulée sans plénitude et sans charme ; et puis
soudain la mort s'est dressée debout à ton chevet avant que tu puisses te sentir prêt à partir
content et rassasié. Maintenant il faut quitter tous ces biens qui ne sont plus de ton âge.
Allons, point de regret, laisse jouir les autres ; il le faut. »
Juste réquisitoire à mon sens, juste discours de blâmes et de reproches.

DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE

Montaigne, Essais (1595), I, 20 : « Que philosopher, c’est apprendre à mourir ».
Le but de notre carrière, c’est la mort, c’est l’objet nécessaire de notre visée : si elle
nous effraie, comment est-il possible d’aller un pas avant, sans fièvre ? Le remède du
vulgaire1, c’est de n’y pas penser. Mais de quelle brutale stupidité lui peut venir un si
grossier aveuglement ? Il lui faut faire brider l’âne par la queue.
Qui capite ipse suo instituit vestigia retro2.

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Ce n’est pas étonnant s’il est si souvent pris au piège. On fait peur à nos gens,
seulement de nommer la mort et la plupart s’en signent, comme du nom du diable. [...]
Parce que cette syllabe frappait trop rudement leurs oreilles, et que cette voix 3 leur
semblait malencontreuse, les Romains avaient appris de l’amollir ou de l’étendre en
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périphrases. Au lieu de dire : il est mort ; il a cessé de vivre, disent-ils, il a vécu. Pourvu
que ce soit vie, soit-elle passée, ils se consolent. Nous en avons emprunté notre feu
Maître-Jehan4.
A l’aventure, est-ce que, comme on dit, le terme vaut l’argent5. Je naquis entre
onze heures et midi, le dernier jour de Février mil cinq cent trente-trois, comme nous

15

comptons à cette heure6, commençant l’an en Janvier. Il n’y a justement que quinze jours
que j’ai franchi trente-neuf ans, il m’en faut pour le moins encore autant : cependant
s’empêcher du pensement7 de chose si éloignée, ce serait folie. Mais quoi, les jeunes et
les vieux laissent la vie de même condition. Nul n’en sort autrement que comme si tout
présentement il y entrait. Joint qu’il n’est homme si décrépit, tant qu’il voit Mathusalem

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devant8, qui ne pense avoir encore vingt ans dans le corps. Davantage, pauvre fol que tu
es, qui t’a établi les termes de ta vie ? Tu te fondes sur les contes des médecins. Regarde
plutôt l’effet et l’expérience. Par le commun train des choses, tu vis déjà par faveur
extraordinaire. Tu as passé les termes accoutumés de vivre. Et qu’il soit ainsi, compte de
tes connaissances combien il en est mort avant ton âge, plus qu’il n’en y a qui l’aient

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atteint ; et de ceux même qui ont anobli leur vie par renommée, fais-en registre, et
j’entrerai en gageure d’en trouver plus qui sont morts avant, qu’après trente-cinq ans. Il est
plein de raison et de piété de prendre exemple de l’humanité même de Jésus-Christ : or il
finit sa vie à trente et trois ans. Le plus grand homme, simplement homme, Alexandre,
mourut aussi à ce terme.

                                                                                                               
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Vulgaire : le commun des mortels.
« Lui qui a décidé de marcher à reculons » (Lucrèce, De la nature, IV, 472).
Cette voix : ce mot.
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Equivalent de « feu Untel ».
5
Le délai vaut de l’argent.
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Jusqu’en 1564, l’année commençait à Pâques.
7
Du pensement : de la pensée.
8
Tant qu’il n’a pas atteint l’âge de Mathusalem (mort à plus de 900 ans selon la Bible).
2
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DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE

Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l’éducation, Livre II (1762)

Dans son traité, le philosophe Rousseau évoque les relations de son élève avec la lecture. Ici, il conteste
la pertinence qu'il y a de donner à lire les Fables de La Fontaine à des enfants.

Émile n'apprendra jamais rien par cœur, pas même des fables, pas même celles
de La Fontaine, toutes naïves, toutes charmantes qu'elles sont [...]. Comment peuton s'aveugler assez pour appeler les fables la morale des enfants, sans songer
que l'apologue, en les amusant, les abuse ; que, séduits par le mensonge, ils
5 laissent échapper la vérité, et que ce qu'on fait pour leur rendre l'instruction
agréable les empêche d'en profiter ? Les fables peuvent instruire les hommes ;
mais il faut dire la vérité nue aux enfants : sitôt qu'on la couvre d'un voile, ils ne se
donnent plus la peine de le lever.
On fait apprendre les fables de la Fontaine à tous les enfants, et il n'y en a pas
10 un seul qui les entende. Quand ils les entendraient, ce serait encore pis ; car la
morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge, qu'elle les porterait
plus au vice qu'à la vertu. Ce sont encore là, direz-vous, des paradoxes. Soit ; mais
voyons si ce sont des vérités.
Je dis qu'un enfant n'entend point les fables qu'on lui fait apprendre, parce que
15 quelque effort qu'on fasse pour les rendre simples, l'instruction qu'on en veut tirer
force d'y faire entrer des idées qu'il ne peut saisir, et que le tour même de la
poésie, en les lui rendant plus faciles à retenir, les lui rend plus difficiles à
concevoir, en sorte qu'on achète l'agrément aux dépens de la clarté.

DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE

Marcel Gotlieb, Rubriques-à-brac (1968-1972)

DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE

DOCUMENT COMPLÉMENTAIRE

David Bailly, Vanité, nature-morte avec portrait d’un jeune peintre, 1651.

Huile sur bois, 90 × 122.
Stedelijk museum, Leyde, Pays-Bas.

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