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ANTHRO 2284 1–26
Disponible en ligne sur www.sciencedirect.com

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L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

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http://france.elsevier.com/direct/ANTHRO/

Article original

Un premier jalon gravettien dans les
Pyrénées-Orientales : le Jas-d’en-Biel-1

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First Gravettian evidence in the French eastern
Pyrenees: Jas-d’en-Biel-1 open air site

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Centre européen de recherches préhistoriques, avenue Léon-Jean-Grégory, 66720 Tautavel, France
b
2, rue des Chévrefeuilles, 66240 Saint-Estève, France
c
Médi-Terra, 13, avenue Victor-Hugo, 66430 Bompas, France
d
Département de préhistoire du Muséum national d’histoire naturelle,
centre européen de recherches préhistoriques, avenue Léon-Jean-Grégory, 66720 Tautavel, France
e
Institut de paléontologie humaine, 1, rue René-Panhard, 75013 Paris, France

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Résumé
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Le site de plein air du Jas-d’en-Biel-1 à Tautavel (Pyrénées-Orientales) est le premier témoignage de la
présence gravettienne dans la zone Extrême-Orientale du piémont nord des Pyrénées. La série lithique
constituée lors de ramassages de surface engage à penser que cette occupation pourrait appartenir à une
phase plutôt récente du Gravettien méridional français.
# 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

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Abstract

The open air site of Jas-d’en-Biel-1 (Tautavel, Pyrénées-Orientales) is the first trace of Gravettian
presence in the extreme east zone of the Northern-Pyrenees Piedmont. The lithic series made up of

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Henry Baills a,*, Jacques Aymar b,1, Jean-Louis Lenoble c,
Christian Perrenoud d, Simon Puaud e

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* Auteur correspondant.
Adresse e-mail : baills@free.fr (H. Baills).
1
Avec la collaboration de.
0003-5521/$ – see front matter # 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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surface finds indicates that this occupation could belong to a rather recent phase of southern-French
Gravettian.
# 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

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Mots clés : Gravettien ; Paléolithique supérieur ; Pyrénées méditerranéennes ; Site de plein air

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Keywords: Gravettian; Upper Palaeolithic; Mediterranean Pyrenees; Open air site

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1. Localisation et description du gisement de plein air (J.L.L.)

Le site du Jas-d’en-Biel-1 est situé à 4 km à l’est du village de Tautavel (PyrénéesOrientales) (Fig. 1). Il s’étend sur le replat limité par la rive droite du ravin du Jas-d’en-Biel
et la base de la colline du Serrat d’en Cuix (d’après la carte IGN Top 25, 2448 OT). Ce terrain
est une ancienne vigne qui sert actuellement de pacage aux chevaux du ranch du Mas de la
Devèze. Son emprise concerne les parcelles AH24, AH23 et AY88 du cadastre de la
commune de Tautavel (Fig. 2).
2. Historique des recherches et constitution de la série

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Le site du Jas-d’en-Biel-1 nous a été indiqué par Jacques Aymar en 1992. Il nous confia, à cette
occasion, une série composée de 52 pièces lithiques constituant sa collection personnelle. Il fut
convenu que ce matériel serait conservé au Centre européen de recherches préhistoriques de
Tautavel. Entre 1992 et 2004, nous engageâmes, avec l’aide d’étudiants, une prospection
systématique du gisement qui permit de porter à 725 le total général de la série. Cette nouvelle
collection constitue la matière de la présente étude.
La nature géochimique siliceuse des sédiments constituant le replat limoneux n’a pas permis
la conservation des matières osseuses. Dans ces conditions, seuls les artefacts lithiques nous sont

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Fig. 1. Situation du site de plein air du Jas-d’en-Biel-1 dans le département des Pyrénées-Orientales. L’étoile indique le
site. En médaillon, situation en France.
Fig. 1. Jas-d’en-Biel-1 open air site location (star) in the French Eastern-Pyrenees. Inset, location in France.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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Fig. 2. Situation du site du Jas-d’en-Biel-1 dans le cadastre de la commune de Tautavel (Pyrénées-Orientales).
Fig. 2. Jas-d’en-Biel-1 location on the Tautavel cadastral survey (Pyrénées-Orientales).
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parvenus. La collection est exclusivement constituée de ramassages de surface soit au sol, soit sur
une coupe stratigraphique naturelle, qui ont eu lieu en tenant compte des conditions climatiques
et du rythme de la viticulture locale. Après la taille des vignes et le ramassage des sarments, le sol
devient alors visible. Les pluies de printemps dégagent les objets en silex qui se détachent par leur
couleur généralement blanchâtre sur le fond ocre de la terrasse argileuse. Au cours de ces
moments, les « récoltes » ont été plus fructueuses. Tous les objets discriminables à l’œil ont été
prélevés, ce qui explique que l’on remarque dans la série étudiée, des pièces hypermicrolithiques
(1 mm). Dans ces conditions, la sous-représentation des lamelles à dos ou tronquées (nos 84 à 87
de la typologie Sonneville-Bordes et Perrot, 1954–1956) (ILd = 4,4 %) ne peut être attribuée aux
conditions de ramassage.
En 1997, la parcelle qui constituait la zone de plus riche récolte (AH24) a été mise en jachère,
puis affectée à l’élevage de chevaux de randonnée. La végétation sauvage (folle avoine, ciste,
fenouil) et les excréments des bêtes ont rapidement tapissé le sol interdisant toute nouvelle
recherche. Nous avons, dans ces conditions, mis fin aux prospections de surface et entrepris
l’étude de la série des pièces récoltées. Toutefois, la forte concentration du matériel lithique nous
a amenés, en janvier 2005, à tester l’opportunité d’une fouille par une étude sédimentologique.

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3. Étude du sédiment (S.P. et C.P.)
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3.1. But de l’étude
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Les formations superficielles quaternaires qui recouvrent le synclinorium marnogréseux
albien de Saint-Paul-de-Fenouillet sont, la plupart du temps, trop peu épaisses pour figurer sur la
Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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carte géologique (Berger et al., 1993). Elles ne dépassent le mètre que sur les pentes à proximité
des falaises, sources d’apport ou dans les fonds de vallées, lieux où les matériaux s’accumulent.
Le site de plein air du Jas-d’en-Biel-1, localisé en pied de colline, actuellement en rive droite d’un
petit rec (appellation commune des ruisseaux en Catalogne), semble dans une situation
d’accumulation sédimentaire favorable à la conservation de traces d’occupations humaines
préhistoriques. Toutefois, il ne présente qu’une stratigraphie très réduite d’une cinquantaine de
centimètres d’épaisseur, observable à l’est du site (Fig. 2) grâce à l’érosion due aux crues du rec
ainsi qu’aux activités humaines. Sur le terrain, 94 % des pièces lithiques récoltées ont été
découverts en surface, dans une zone grossièrement circulaire de seulement 10 m de rayon
(Fig. 2). Les quelques objets repérés vers le milieu de la coupe stratigraphique naturelle, à l’est du
site, laissent supposer que la surface paléolithique légèrement oblique vers l’est, comme la
topographie actuelle, a été tronquée par l’érosion du rec et par l’utilisation de ce chemin naturel
(Fig. 3). Ainsi, malgré cette stratigraphie réduite et la faible épaisseur sédimentaire recouvrant le
niveau à objets, la concentration du matériel lithique impliquait de déterminer si le matériel
archéologique avait pu rester suffisamment en place pour justifier d’une fouille avec prise de
coordonnées des objets. Dans ce but, des échantillons ont été prélevés sur le site le
27 janvier 2005 (Fig. 3) sur une quarantaine de centimètres de hauteur, en continu : sept
échantillons de sédiments désagrégés (JDB-05-S1 à S7) ainsi qu’un bloc plâtré de sédiments non
perturbés (JDB-05-M1), dans lequel ont été confectionnées quatre lames minces (1/4 à 4/4) après
imprégnation sous vide par une résine polyester fluidifiée.
Dans l’impossibilité de subdiviser la stratigraphie sur le terrain, la présence de cette
hypothétique surface d’occupation est donc testée par le biais d’une étude granulométrique et
micromorphologique destinée à discerner un litage, un polyphasage de la sédimentation et à
mettre en évidence des pauses sédimentaires, voire l’existence d’une véritable surface
d’occupation.

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Fig. 3. Profil est–ouest des parcelles AH24 et AH23 sur lesquelles est positionné le site du Jas-d’en-Biel-1.
Fig. 3. East–West profile of the plots AH24 and AH23, where Jas-d’en-Biel-1 is located.

3.2. Résultats des études granulométrique et calcimétrique
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La granulométrie globale du sédiment (Fig. 4A), effectuée par tamisage, montre que les
particules fines dominent nettement : la fraction inférieure à 2 mm, de l’ordre de 80 % pour la
moitié inférieure du profil, dépasse même 90 % pour la moitié supérieure. Cette séparation en
deux niveaux granulométriques s’effectue juste au-dessus de l’altitude des industries retrouvées
sur la coupe (sommet du prélèvement JDB-05-S5, vers 22 cm sous la surface). Les 70 % de
fraction supérieure à 2 mm du prélèvement de surface ne sont dus qu’à la présence d’une pierre.
Ces pourcentages, calculés à partir des masses de chaque fraction, ne traduisent pas du tout un
changement de type de sédiment.
Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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Même si le sommet du « niveau archéologique » correspond à une limite granulométrique, il
n’en est pas de même pour sa base. Ce « niveau » ne se distingue donc pas mais peut correspondre
à la fin d’une stabilité sédimentaire.
La granulométrie de la fraction fine (Fig. 4B), réalisée au granulomètre à diffraction laser
(Coulter LS 230 en voie humide, pourcentages en volume de chaque classe granulométrique), ne
permet pas de retrouver la distinction en deux niveaux et encore moins d’individualiser le
« niveau archéologique ». Les histogrammes de résultats montrent une très grande constance
dans la composition du sédiment où les limons et les sables fins dominent (limons : 48 % ; sables
fins : 32 % ; sables grossiers : 12 % et argiles : 8 %, environ).
Cette monotonie traduit l’homogénéité du sédiment et probablement une origine et un mode
de mise en place uniques pour la fraction fine.
Les indices granulométriques (Fig. 4C) calculés à partir des données de la fraction fine
confirment ces premières observations (excepté l’indice de classement, les paramètres sont
calculés automatiquement à partir des données du granulomètre). L’homogénéité du sédiment est
mise en évidence par un indice de classement (Trask–Sorting index, Rivière, 1977) compris entre
2,1 et 2,4, révélant qu’une classe granulométrique domine nettement. La moyenne donne la taille
moyenne des grains pour chaque prélèvement : elle varie de 75 à 150 mm (classe des sables fins).
Les médianes montrent que chaque prélèvement se répartit en deux volumes égaux de part et
d’autre de 50 mm, valeur limite entre la classe des sables fins et celle des limons. Le mode indique
quelle est la taille des grains la mieux représentée dans le prélèvement considéré : il varie, ici,
entre 50 et 75 mm, ce qui correspond au début de la classe des sables fins.

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Fig. 4. Résultats de l’analyse des prélèvements de sédiments désagrégés JDB-05-S1 à S7. À gauche, colonne
stratigraphique de référence, constituée par les lames minces issues du bloc JDB-05-M1 et emprise des prélèvements
de sédiments en fonction de la profondeur. (A) : Granulométrie globale, effectuée au tamis ; (B) : Granulométrie de la
fraction inférieure à 2 mm, effectuée au granulomètre à diffraction laser Coulter LS 230 en voie humide. (C) : Paramètres
granulométriques ; (D) : Calcimétrie. En grisé, localisation des objets archéologiques repérés sur la coupe stratigraphique.
Fig. 4. Data from the bulk sample analysis JDB-05-S1 to S7. On the left, stratigraphic reference column (thin sections
from sample JDB-05-M1) and loose sediment sampling location according to depth. (A): Global granulometry, sieving
method; (B): Fine fraction granulometry (< 2 mm), Coulter LS 230 laser diffraction granulometry, fluid module; (C):
Granulometric parameters; (D): Calcimetry. Shaded zone, location of the archaeological finds on the stratigraphic profile.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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Fig. 5. Colonne micromorphologique de référence (JDB-05-M1) avec l’emprise des quatre différentes lames minces
réalisées (1/4 à 4/4 de haut en bas). En grisé, localisation des objets archéologiques repérés sur la coupe stratigraphique.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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Le prélèvement JDB-05-S5 du « niveau archéologique » ne se distingue que par sa moyenne
granulométrique mais cette valeur basse de l’ordre de 75 mm se retrouve également vers le haut
de la stratigraphie (prélèvements JDB-05-S2 et S1), ne permettant pas d’isoler ce « niveau ».
Le dosage du carbonate de calcium (Fig. 4D) indique des concentrations comprises entre 7 et
14 %. Ces teneurs, faibles, ne sont pas très contrastées et ne déterminent pas d’horizons bien
marqués. Elles peuvent être liées à des variations locales de porosité du sédiment et d’activité
racinaire.
En conclusion, l’analyse granulométrique effectuée sur les sept échantillons de la coupe
prélevée ne permet pas d’individualiser un niveau sédimentaire à l’altitude des industries
lithiques récoltées sur la coupe. La fraction inférieure à 2 mm, particulièrement homogène
(limon sableux fin), possède certainement une origine identique tout le long de la stratigraphie.
En revanche, l’abaissement soudain et net des proportions d’éléments supérieurs à 2 mm audessus du niveau à industries traduit certainement un biphasage sédimentaire, originel ou/et
postdépositionnel.
L’échantillonnage pas assez serré pouvant être à l’origine de la non-perception d’un niveau
archéologique et l’éventualité d’une microstructure préservée (anthropique, érosive. . .) ont
conduit à l’étude micromorphologique de lames minces taillées dans les sédiments non
perturbés.

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3.3. Résultats de l’étude micromorphologique

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L’ensemble des caractères observés sous microscope ne révèle pas de coupure nette dans
la stratigraphie. Les quatre lames minces peuvent être regroupées en deux lots, les deux
basales et les deux sommitales (Fig. 5). Elles se distinguent par leur structure et leur
proportion de fraction grossière, mais conservent des caractères proches. Le niveau de récolte
des industries lithiques correspond à la moitié supérieure de la lame mince 3/4. Il ne présente
que très peu de différences avec sa base et des dissemblances faibles avec les lames minces
sus-jacentes.
Les éléments grossiers, distribués de manière homogène, sont constitués par des fragments
de grès dont la taille varie de quelques millimètres à environ 2 cm, ils sont anguleux à émoussés.
Ces grès sont composés presque exclusivement de grains de quartz aux arêtes vives, dont la taille
est de l’ordre d’une cinquantaine de microns. Quelques micas ainsi que des grains de glauconie
plus ou moins ferruginisés complètent leur minéralogie. La couleur et la cohésion de ces
fragments de grès sont variables. Plusieurs stades d’altération de la roche sont observés, à
proximité sur la même lame mince, depuis un état sain où les grains sont jointifs et la roche
translucide, jusqu’à un état où la roche n’est plus qu’un sable à matrice argileuse, avec pour
intermédiaire des fragments gréseux opaques plus ou moins compacts. Entre ces aspects
extrêmes, il existe un continuum qui montre l’évolution de cette altération responsable de la
désagrégation de la roche. Une argile brunâtre, d’aspect fibreux en lumière polarisée, se
développe entre les grains et peut envahir et revêtir l’ensemble des fragments gréseux.
L’altération et la désagrégation des grès de la roche mère albienne fournissent donc la fraction
limonosableuse fine révélée par l’analyse granulométrique. Les deux lames minces de la moitié
supérieure de la stratigraphie présentent des fragments de grès moins nombreux, de plus petite
taille et aux arêtes plus émoussées.

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Fig. 5. Micromorphological reference column (JDB-05-M1) with the position of the four thin sections (1/4 to 4/4 from top
to bottom). Shaded zone, location of the archaeological finds on the stratigraphic profile.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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La matrice limoneuse brun-rouge montre, à la base de la stratigraphie, une structure organisée
en agrégats polyédriques, centimétriques et subanguleux. La porosité est de deux types :
fissurale, limitant les agrégats entre eux, et cavitaire, ponctuant l’intérieur de ces agrégats, elle est
alors d’origine biologique. Vers le milieu de la stratigraphie, la matrice devient plus abondante et
sa structure polyédrique devient plus marquée, car de plus petit calibre. Dans les deux lames
minces sommitales, les agrégats sont plus arrondis et nombreux sont ceux d’origine biologique
(traits excrémentiels, Bullock et al., 1985). La bioturbation pluricentimétrique s’exprime
également nettement, avec des perturbations dues aux lombrics.
Au sommet de la lame mince 3/4, une cavité biologique pluricentimétrique a été remplie
secondairement par plusieurs séquences granoclassées de limons quartzeux. Elle gêne
partiellement la reconnaissance d’une structuration anthropique du sédiment. Une cavité
semblable est également présente en bas de la lame mince sommitale. Aucun litage sédimentaire
primaire n’est présent, même sous forme relictuelle ou désagrégée. Des microcharbons de bois
sont présents à l’altitude de la découverte des industries mais également au-dessus et en dessous.
Ils peuvent avoir été intégrés au sédiment plus ou moins récemment lors d’incendies naturels ou
de pratiques agricoles spécifiques.
En conclusion, l’étude micromorphologique n’a pas permis de déceler des microstructures
susceptibles d’attester la présence d’un « niveau d’occupation », même si le sommet du niveau à
industries n’offre pas une grande surface de lecture. L’intensité de l’occupation paléolithique, la
proximité de la surface, la bioturbation et la localisation de l’échantillonnage ont pu contribuer à
marquer trop faiblement ou à oblitérer le signal archéologique.

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3.4. Synthèse géologique

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Les analyses effectuées à partir des sédiments prélevés sur le site du Jas-d’en-Biel-1 ont
permis de montrer qu’ils constituent un ensemble homogène aux caractères très peu variables
tout au long du profil. Les sédiments proviennent de l’altération et de la désagrégation des marnes
gréseuses albiennes. Les différents degrés d’altération des fragments gréseux pour le même
niveau indiquent que le sédiment est redéposé, mêlant des fragments de grès plus ou moins
altérés à des sables de désagrégation de la roche mère. L’absence de litage et l’hétérométrie du
sédiment renvoient à un mode de mise en place par colluvionnement. Une limite granulométrique
nette divise le profil en deux niveaux. Celle-ci pourrait être considérée comme une interface
séparant le dépôt de deux nappes colluviales distinctes. C’est au cours de l’arrêt de sédimentation
limitant les deux unités que les gravettiens occupent le bord du rec. Cette limite peut également
être due à la surimposition d’un front d’altération pédogénétique dont l’altitude se confondrait
avec celle du niveau d’occupation paléolithique.
L’hypothèse d’une seule nappe colluviale englobant les industries préhistoriques est à écarter.
Outre le fait sédimentaire qui s’accorde mal avec ce scénario, la fraîcheur des arêtes des
industries récoltées est incompatible avec le déplacement de celles-ci au sein d’un sédiment qui
comporte une fraction grossière non négligeable, favorisant le concassage.
La plus grande abondance de fraction fine dans le niveau supérieur peut donc être liée soit
à un enrichissement éolien, soit à une dégradation pédologique plus intense vers le sommet,
soit à des conditions hydrodynamiques et topographiques favorables à l’accumulation des
fines, soit à plusieurs de ces actions. Des analyses plus poussées permettraient donc peutêtre de déterminer si cet enrichissement en limons est la conséquence d’une péjoration
climatique postérieure à l’occupation humaine. Un calage chronologique plus serré en
découlerait.

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Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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3.5. Conclusion de l’étude géologique

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Un groupe humain gravettien s’est installé sur des colluvions à proximité d’un petit rec. Sans
qu’un épisode érosif ne soit enregistré, une deuxième nappe colluviale est venue lentement
recouvrir le niveau paléolithique. Par la suite, ces sédiments ont été repris par l’activité
biologique du sol, évidemment de mieux en mieux exprimée en remontant la stratigraphie.
Au vu de la concentration actuelle du matériel archéologique, la dispersion des objets par
ruissellement ou colluvionnement a été particulièrement faible. La fouille éventuelle des
extrémités de la zone de concentration maximale pourrait donc se révéler potentiellement
intéressante : à l’est, sur la petite parcelle préservée de l’érosion du rec et à l’ouest, pour la zone
amont de la partie la plus riche en vestiges. Toutefois, l’occupation humaine gravettienne a pu ne
pas être suffisamment intense et le recouvrement sédimentaire localement pas assez important
pour qu’elle soit préservée de la pédogenèse et des remaniements récents de surface.

RO

221
222

DP

219
220

235
236
237
238
239
240
241

EC

234

La collection provenant du Jas-d’en-Biel-1 compte 725 pièces lithiques. La surface des objets
présente une patine blanchâtre. Cependant, quelques pièces peu cacholonnées ou certaines
fractures permettent occasionnellement d’identifier des couleurs variées. Grégoire (2000) a
précisé, pour une période plus récente (Magdalénien), la diversité des roches siliceuses utilisées
(silex, jaspe, calcédoine, silexite. . .) et a pointé les gîtes de prélèvement. Deux zones ont été
fréquentées par les préhistoriques. Le bassin de Bages-Sigean, à 30 km au nord-est du Jas-d’enBiel-1, a fourni des silex d’âge oligocène et miocène de bonne taillabilité. Plus près, à 5 km à l’est
du site, des gîtes de superficie plus modeste ont donné des silex triasiques et crétacés. La couche
de cacholong qui masque les caractères originels des surfaces ne permet pas de préciser laquelle
de ces deux zones a été préférentiellement fréquentée par les chasseurs du Jas-d’en-Biel-1.
Tableau 1
Inventaire général des produits de débitage
Table 1
General inventory of debitage products
Identité

CO
RR

233

Débris

Éclats

Lames–lamelles

Coups Nucléus Total débitage Total outils Total général
de burin

n

n

n

n

%

%

%

%

n

%

Jas-d’en-Biel-1 452 62,34 72 9,93 10 82 1,38 11,31 23 3,17 18 2,48 657

UN

231
232

TE

4. Étude morphotypométrique de la série lithique (H.B.)

68

725

Tableau 2
Dimensions maximales et minimales des produits de débitage
Table 2
Maximal and minimal dimensions of debitage products
Type de produit du débitage

Débris
Éclats
Lames
Lamelles

Longueur (mm)

Largeur (mm)

Épaisseur (mm)

Maximale

Minimale

Maximale

Minimale

Maximale

Minimale

101
53
54
35

1
12
42
9

51
57
21
13

2
5
15
3

1
18
13
6

1
2
7
1

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

ANTHRO 2284 1–26
H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

OF

10

246
247
248
249
250
251
252
253
254
255
256
257

Moyenne

s

Moyenne

s

Débris
Éclats
Lames
Lamelles

13,65
26,94
35,00
17,38

7,05
8,99
12,83
7,06

9,52
21,31
19,1
8,53

4,74
8,43
6,03
3,56

261

s

3,30
6,83
7,5
3,14

2,16
3,05
2,76
1,61

Cependant, il semble bien, pour les quelques pièces peu cacholonnées, que le gîte
d’approvisionnement ait bien été celui de Bages-Sigean.
Dans la série lithique que nous étudions, les débris sont majoritaires (Idébris = 62,3) (Tableau
1). Il s’agit de résidus de débitage indiquant que certaines étapes au moins de l’opération de taille
ont eu lieu sur le site lui-même. Les produits bruts laminaires et lamellaires représentent 12,7 %
du débitage et dominent légèrement le stock des éclats (Iéclats = 9,9).
La morphométrie des débris indique une population nettement hétérogène présentant des
valeurs extrêmes éloignées (1 mm Ldébris 101 mm) (Tableau 2) associées à un écart-type fort
(sdébris = 7,05) (Tableau 3). En fait, nous identifions ces débris à des produits balisant des étapes
différentes du schéma opératoire (décorticage, épannelage, retouche. . .). Les rares lames
(Ilames = 1,38) et les plus abondantes lamelles (Ilamelles = 11,31) présentent des produits plus
standardisés avec des valeurs extrêmes resserrées (42 mm Llames 54 mm et 9 mm Llamelles
35 mm) (Tableau 2 et Fig. 6) qui ont pour moyenne : Llames = 35 mm et Llamelles = 17,38 mm.
Les éclats montrent également des valeurs homogènes qui signent peut-être une volonté du
tailleur de standardiser également ces produits (12 mm Léclats 53 mm et moyenne ;
Léclats = 26,94 mm).

Les 18 nucléi (2,48 % de la série) sont typologiquement diversifiés (sept types reconnus)
(Tableau 4 haut) et démontrent un certain opportunisme du tailleur face, peut-être, aux
contraintes de la matière première siliceuse. Les nucléi sont tous diminutifs et n’autorisent plus la

UN

260

Moyenne

DP

du débitage

4.1. Les nucléi
258
259

Épaisseur en mm

TE

245

Largeur (mm)

EC

243
244

Longueur (mm)

CO
RR

241
242

Type de produit

RO

Tableau 3
Dimensions moyennes des produits de débitage
Table 3
Average dimensions of debitage products

Fig. 6. Longueurs des produits bruts de débitage. La marque carrée indique la position de la moyenne.
Fig. 6. Length of debitage products. The square mark indicates the average position.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

ANTHRO 2284 1–26
11

OF

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

Nucléus
Moyenne
s

Bipolaire

Croisé

Discoïde

Unipolaire

Pyramidal

Multidirectionnel

Plat

Divers

Total

4

1

1

2

1

3

1

5

18

Longueur
en mm
29,22
7,11

Largeur
en mm
23,50
8,13

Épaisseur
en mm
14,17
6,03

DP

Type de
nucleus
effectif

Tableau 5
Fragmentation des produits de débitage
Table 5
Fracturation of debitage products
Éclats

Lames
Indéterminé

Longs

Larges

13

41

2

Brisés

Entières

Longs

Larges

2

14

261

264
265
266
267
268
269
270

275
279
278
276
280
281
277
282
278
279
283

Brisées

18

64

164

4.1.1. Fracturation des pièces
La bonne qualité apparente des surfaces et des tranchants plaide en faveur de l’absence de
déplacement des pièces depuis leur dépôt initial. On ne remarque pas de traces évidentes de
concassage. Les pièces brisées l’ont été anciennement (Fig. 7(16)) comme l’atteste la patine des
plans de fracturation (Ifracturation = 63) (Tableau 5).
Les roches siliceuses enregistrent certains stigmates dont l’observation permet
d’approcher le mode opératoire de la technique de taille. Nous avons dressé une typologie
des suivants :





la morphologie des talons ;
des bulbes de percussion ;
de l’extension des surfaces corticales ;
du caractère des ondulations, des esquillements et des lancettes.

UN

274
277
276

8

Entières

poursuite de l’extraction de produits (moyenne ; Lnucléi = 29,22 mm). Le type bipolaire est
dominant.

271
273
272
273
275
274

Brisées

Total

CO
RR

263

2

Lamelles

EC

Entiers

TE

Moyenne et écart-type de leurs dimensions.
Average dimensions and standard deviations.

262

RO

Tableau 4
Typologie des nucléi
Table 4
Core typology

Enfin, nous avons recensé le nombre d’enlèvements antérieurs repérables sur la pièce. Les
débris n’ont pas été pris en compte dans cette étude.
4.2. La morphologie des talons

284
285
286

Près de 28 % des pièces sont privées de leur partie proximale, ce qui interdit l’observation du
talon. Les talons corticaux sont rares (3 %), le tailleur ayant choisi de porter ses coups sur un plat
Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

UN

CO
RR

EC

TE

DP

RO

12

OF

ANTHRO 2284 1–26

Fig. 7. Industrie lithique du Jas-d’en-Biel-1.
Fig. 7. Lithic industry from Jas-d’en-Biel-1.
286
287
288
289
290

de frappe préparé. Cependant, cet aménagement reste sommaire, puisque les talons lisses ou
réduits sont majoritaires (39 %) au détriment des morphotypes facetté (4 %) et dièdre (4 %). Dans
18 % des cas, le talon a volontairement été ôté. Enfin, les talons réduits majoritaires (20 %) vont
plutôt dans le sens d’une taille avec intermédiaire (Tableau 6).
Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

ANTHRO 2284 1–26
13

OF

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

Type de Réduit
talon

Lisse

Facetté

Dièdre

Cortical

Absent

Ôté

RO

Tableau 6
Morphologie des talons des produits de débitage
Table 6
Butt morphology of debitage products

Indéterminé

Total

Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % Effectif % Effectif %
20 39

19 8

8

4

4

7

57

3

Tableau 7
Typologie des bulbes de percussion des produits de débitage
Table 7
Percussion bulb typology of debitage products

Éclats
Lames
Lamelles
Total des observations

Effectif

%

Effectif

18
6
34
58

25
60
41

42
1
13
56

4.3. Les bulbes de percussion

204

Total produits

%

58
10
16

72
10
82
164

Dans la série des éclats, les bulbes de type convexe sont largement dominants (58 %), cette
tendance s’inverse pour les lames et lamelles où les bulbes plats sont la règle (60 et 41 %). On

CO
RR

293

4

UN

291
292

Bulbe convexe

TE

290

Bulbe plat

18 8

EC

Type de produit du débitage

28 37

DP

40

Fig. 8. Diagramme radar des angles d’éclatement et de chasse des produits de débitage.
Fig. 8. Radial diagram of reflection and striking angles.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

ANTHRO 2284 1–26
H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

OF

14
293
295
296
297

peut penser que le tailleur a, dans la réalisation de son geste, associé deux techniques : pour
obtenir des éclats, une frappe certainement directe au percuteur tendre et pour détacher des
produits laminaires ou lamellaires une frappe plutôt indirecte avec intermédiaire tendre
(Tableau 7).

RO

294

4.4. Les angles d’éclatement et de chasse

300
301
302
303

Les angles formés par le talon et les faces sont des indicateurs pour appréhender la façon dont
les produits ont été détachés du nucléus. Tant pour les angles d’éclatement que de chasse, la
fréquence maximale se situe entre 908 et 1008. Les produits obtenus possèdent, dans ce cas de
figure, des faces sensiblement parallèles entre elles et perpendiculaires au plan de frappe
(Fig. 8).

DP

298
299

308
309
310
311
312

EC

307

Soixante-deux des produits de débitage ne portent aucune trace visible de cortex. La plupart
des pièces corticales (74,2 %) ont une superficie de cortex comprise entre 1 et 49 %. Les
superficies supérieures à 50 % de cortex sont peu fréquentes (25,8 %) et les pièces que nous
considérons comme vraiment corticales (zone corticale supérieure ou égale à 79 % de la surface
de la pièce) sont rares (9,7 %). Par rapport aux éclats ou aux lamelles, les lames sont les supports
qui présentent le plus fréquemment des zones corticales. Ce phénomène est, sans doute, à mettre
au compte de leurs dimensions importantes en regard de la faible taille initiale des rognons de
matière première (Tableau 8).

CO
RR

306

TE

4.5. Extension des surfaces corticales
304
305

Tableau 8
Organisation par classe des pièces présentant des zones résiduelles de cortex
Table 8
Organization by class of the artefacts presenting residual zones of cortex
Type de produit
du débitage

De 1 19 %
de cortex
%

14
7
5
26

19
70
6

De 50 à 79 %
de cortex

De 79 à 100 %
de cortex

Effectif

%

Effectif

%

Effectif

%

16
3
1
20

22
30
1

6
2
2
10

8
20
2

6
0
0
6

8
0
0

Total de
produits

72
10
82
164

UN

Éclats
Lames
Lamelles
Total des observations

Effectif

De 20 à 49 %
de cortex

312

Tableau 9
Ondulations, esquillements et lancettes
Table 9
Undulations, esquillements and lancets
Type de
produit
du
débitage

Ondulations
nulles

Visibles

Effectif %

Effectif % Effectif %

Éclats
49
Lames
21
Lamelles 49

62 27
100 0
82 11

Accusées

34 3
0 0
18 0

Total Esquillements nuls

4
0
0

Visibles

Accusés

Total Lancettes
nulles

Effectif % Effectif % Effectif %
79
21
60

43
11
43

57 29
73 4
86 7

38 4
27 0
14 0

5
0
0

Visibles

Total Total
des
observations

effectif % effectif %
76
15
50

73
17
53

92 6
89 2
95 3

8 79
11 19
5 56

235
59
170

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

ANTHRO 2284 1–26
15

Éclats
Lames
Lamelles
Totaux des observations

0 enlèvement

De 1 à 2
enlèvements

De 3 à 5
enlèvements

De 6 à 9
enlèvements

Effectif

%

Effectif

%

Effectif

%

Effectif

%

2
0
0
2

3
0
0

0
9
41
50

0
90
50

0
15
43
58

0
150
52

0
0
0
0

0
0
0

DP

Type de produit
du débitage

RO

Tableau 10
Organisation par classe du nombre d’enlèvements sur la face supérieure des produits de débitage
Table 10
Organization by class of the number of removals on the upper face of debitage products

OF

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

312

Total des
produits

72
10
82
164

4.6. Caractère des ondulations, des esquillements et des lancettes

317
318

En règle générale, le morphotype dominant se caractérise par l’absence d’ondulations,
d’esquillements et de lancettes à la face interne. Ces paramètres plaident en faveur d’une taille au
percuteur tendre, avec ou sans intermédiaire. Les éclats présentent, cependant, des fréquences de
la variable « caractère visible » qui vont dans le sens des observations mentionnées pour la
typologie des formes des bulbes de percussion (Tableaux 9 et 10).

TE

315
316

5. Caractères généraux de la chaîne opératoire

323
324
325
326
327
328
329
330
331
332

Les occupants du Jas-d’en-Biel-1 ont utilisé des roches siliceuses de bonne taillabilité qu’ils
ont récoltées sur des gîtes distants de 5 km à 30 km du site. Le caractère diminutif des nucléi et
l’absence d’éclats d’entame engagent à penser que les phases initiales du débitage (mise en forme
du nucléus) n’ont pas eu lieu sur le site. Les nombreux talons lisses ou réduits indiquent que les
tailleurs ont peu ou pas aménagé le plan de frappe, les coups étant portés sur une surface plane. La
suite de l’opération de plein débitage se réalise de façon différente pour l’obtention des éclats et
des lames/lamelles. Pour les premiers, la percussion a pu prendre la forme directe avec utilisation
d’un percuteur tendre. Les stigmates plus lisibles (ondulations, esquillements, lancettes) et la
présence de 17 % de cas de réflexion de l’onde nous semblent de bons indicateurs pour nous
prononcer en faveur de cette technique. Pour les secondes, l’utilisation de la technique de la crête
(Tableau 11 et Fig. 7[14]) (6,5 % de lames/lamelles sont à crête) avec percussion indirecte semble
la plus probable. Les accidents de taille (réflexion, outrepassage) sont extrêmement rares sur ces
produits (un seul cas repéré).

CO
RR

321
322

UN

319
320

EC

313
314

Tableau 11
État des bords des lamellas
Table 11
Condition of bladelet edges
Type de produit

Réfléchis

Outrepassés

À crête

Total des produits

Du débitage

Effectif

%

Effectif

%

Effectif

%

Éclats
Lames
Lamelles
Total des observations

12
0
0
12

17
0
0

0
0
1
1

0
0
1

0
2
4
6

0
20
5

72
10
82
164

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

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H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

OF

16

Lamelles

Proximales

Proximomésiale

Mésiales

Distales

Indéterminées

Total

Effectif

13

8

15

4

2

62

DP

Tableau 13
Produits de débitage réfléchis, outrepassés et à crête
Table 13
Resolved, plunging and crest debitage products
Sur 82 lamelles

Bord gauche esquillures

Retouché

Brut

Bord droit esquillures

Retouché

Brut

Effectif

12

1

69

15

5

62

332
334

Les valeurs des angles de chasse et d’éclatement montrent la volonté des tailleurs d’obtenir
des produits de profil rectiligne globalement standardisés.

TE

333

6. État et fracturation des lamelles

339
340
341
342
343
344

Q2
345
346
347
348
349
348
350
351
352
353

EC

338

L’effectif des lames (dix pièces) est trop faible pour être traité statistiquement. Les lamelles,
avec 82 pièces, sont les produits de plein débitage les plus nombreux. À ce titre, elles font l’objet
de ce paragraphe. Une seule lamelle porte la trace du feu. Les lamelles se présentent dans 35,5 %
des cas sous la forme de fragments non orientables. Nous les avons classées indéterminables. Les
autres (Tableau 12) s’organisent en 33,9 % de proximales et proximomésiales, 24,2 % de
mésiales et 6,4 % de distales. On ne remarque pas, dans cette répartition, de tendance nette pour
une fracturation dominante, même si les tronçons proximaux sont les plus nombreux. Les bords
sont bruts dans 84 % des cas (Tableau 13), ils montrent de façon fréquente des esquillures. On ne
remarque pas de différence concernant la latéralisation de l’abattage (Tableau 11).

CO
RR

337

6.1. Les outils

Les outils représentent 9,38 % de l’effectif total de la série lithique. Ces outils ont pour support
dans 25 % des cas, une lame ; dans 29,4 %, une lamelle et dans 39,7 %, un éclat. Un burin
nucléiforme utilise un nucléus comme support et quatre outils ont un support indéterminable.
Tableau 14
Principaux indices typologiques du Jas-d’en-Biel-1 et de l’abri Pataud (Dordogne)
Table 14
Main typological indexes from Jas-d’en-Biel-1 and from abri Pataud (Dordogne)

354

Indices

IG

IB

355

Jas-d’en-Biel-1
Pataud
Protomagdalénien
Pataud
Périgordien VI
Pataud
Périgordien moyen

11,76
3,37

35,29
24,91

13,76
19,31

356
357
358
359
360

UN

335
336

RO

Tableau 12
Fragmentation des lamellas
Table 12
Bladelet fracturation

IBd

IBt

IP

IOc

IT

ILR

Iesq

IOA

Imic

GP

13,23
17,73

16,18
4,84

1,47
3,46

4,41

1,47

14,70

5,88

10,29

5,90

8,82

31,39

7,33

18,49

1,75

30,94

20,98

12,01

4,75

2,96

35,74

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

ANTHRO 2284 1–26

OF

17

UN

CO
RR

EC

TE

DP

RO

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

Fig. 9. Industrie lithique du Jas-d’en-Biel-1.
Fig. 9. Lithic industry from Jas-d’en-Biel-1.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

18

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

360

369
370
371
372
373
374

RO

368

DP

366
367

TE

364
365

EC

363

Cette industrie, sans être de grandes dimensions, n’est pas microlithique (Imic = 5,9). Une seule
pièce indique que la technique de fracturation par microburin (microburin proximal) (Fig. 7(12))
était connue sur le site. En fait si l’on compare le rapport (fréquence d’outil sur un type de
support–fréquence de ce même type de support brut), on constate que les tailleurs ont privilégié
les lames comme support de leurs outils. Classiquement, certains outils, telles les pointes de La
Gravette, sont systématiquement réalisés sur des lamelles (Tableau 14).
Les grattoirs sont moins nombreux que les burins (IG = 11,76). Le grattoir simple domine
numériquement la classe de ces outils, on y remarque la présence du type grattoir sur lame
retouchée sur un bord (Fig. 9[13]) et du grattoir surélevé (Fig. 9(12)). Le grattoir peut être
occasionnellement associé à un burin (IOm = 4,41).
Les burins constituent la classe la plus nombreuse de l’outillage du Jas-d’en-Biel-1
(IB = 35,29). Leur fabrication semble avoir eu lieu sur le site, au moins, pour une partie d’entre
eux. Les chutes premières (Fig. 10[7, 8]) sont les plus abondantes (74 %), les raffûtages
successifs se manifestent par la présence de chutes de recoupe (Fig. 10[9]) (26 %). La forme

CO
RR

362

UN

361

OF

ANTHRO 2284 1–26

Fig. 10. Industrie lithique du Jas-d’en-Biel-1.
Fig. 10. Lithic industry from Jas-d’en-Biel-1.

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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ANTHRO 2284 1–26
19

OF

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

Effectif

DP

4
1
1
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
3
0
0
0
0
0
1
0
0
0
3
4
2
0
0
1
0
0
1
5
0
2
0
0
1
2
0
1
2
0
0
0
1
0

TE
EC

Grattoir simple
Grattoir atypique
Grattoir double
Grattoir ogival
Grattoir sur lame ou éclat retouché
Grattoir sur lame aurignacienne
Grattoir en éventail
Grattoir sur éclat
Grattoir circulaire
Grattoir unguiforme
Grattoir caréné
Grattoir caréné atypique
Grattoir épais à museau
Grattoir plat à museau ou à épaulement
Grattoir nucléiforme
Rabot
Grattoir–burin
Grattoir–lame tronquée
Burin–lame tronquée
Perçoir–lame tronquée
Perçoir–grattoir
Perçoir–burin
Perçoir
Perçoir atypique ou bec
Perçoir atypique ou bec multiple
Microperçoir
Burin dièdre droit
Burin dièdre déjeté
Burin d’angle
Burin sur cassure
Burin sur pan naturel
Burin multiple dièdre
Burin busqué
Burin bec de perroquet
Burin sur troncature retouchée droite
Burin sur troncature retouchée oblique
Burin sur troncature retouchée concave
Burin sur troncature retouchée convexe
Burin sur troncature retouchée latérale
Burin transversal sur encoche
Burin mulitple sur troncature retouchée
Burin multiple mixte
Pointes de Noailles
Burin nucléiforme
Burin plan
Couteau à dos, type abri Audi
Couteau ou pointe de Châtelperron
Pointe de Châtelperron atypique
Pointe de La Gravette
Pointe de La Gravette atypique

CO
RR

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
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28
29
30A
30B
31
32
33
34
35
36
37
38
39
40
41
42
43
44
45
46
47
48
49

Dénomination

UN

No

RO

Tableau 15
Inventaire typologique des outils
Table 15
Stone tool types

%
5,97
1,47
1,47
0,00
1,47
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
1,47
0,00
4,41
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
1,47
0,00
0,00
0,00
4,41
5,88
2,94
0,00
0,00
1,47
0,00
0,00
1,47
7,35
0,00
2,94
0,00
0,00
1,47
2,94
0,00
1,47
2,94
0,00
0,00
0,00
1,47
0,00

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

20

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx

Tableau 15 (Continued )

377
378
379
380
381
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383
384
385
386
387

50
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52
53
54
55
56
57
58
59
60
61
62
63
64
65
66
67
68
69–72
73
74
75
76
77
78
79–83
84
85
86
87
88
89
90
91
92

Microgravette
Pointe des Vachons
Pointe de Font-Yves
Pièce gibbeuse à bord abattu
Fléchette
Pointe à soie (de la Font-Robert)
Pointe à cran périgordienne
Pièce à cran
Lame à bord abattu total
Lame à bord abattu partiel
Pièce à troncature droite
Pièce à troncature oblique
Pièce à troncature concave
Pièce à troncature convexe
Pièce bitronquée
Pièce à retouches continues sur un bord
Pièce à retouches continues sur deux bords
Lame aurignacienne
Lame aurignacienne à encoche ou étranglement
Outils solutréens
Pic
Pièce à encoche
Pièce denticulée
Pièce esquillée
Racloir
Raclette
Pièces géométriques
Lamelle tronquée
Lamelle à dos
Lamelle à dos tronquée
Lamelle à dos denticulée
Lamelle à denticulée
Lamelle à coche
Lamelle Dufour
Pointe azilenne
Divers
Totaux

3
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
4
6
0
1
0
0
4
1
4
0
2
0
1
2
0
0
0
0
1
0
0
68

DP
TE

EC

%

4,41
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
1,47
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
1,47
5,88
8,82
0,00
1,47
0,00
0,00
5,88
1,47
5,88
0,00
2,94
0,00
1,47
2,94
0,00
0,00
0,00
0,00
1,47
0,00
0,00
100,00

RO

Effectif

CO
RR

375
376

Dénomination

dièdre est présente (IBd = 13,23), mais elle est dominée par celle sur troncature (IBt = 16,18).
Les burins dièdres peuvent prendre un profil d’axe (Fig. 9[4]) ou être déjetés (Fig. 7[9]). Le type
d’angle sur cassure est également connu (Fig. 9[8]). Les burins sur troncature sont les plus
nombreux. Leur typologie est établie à partir de l’orientation de la troncature : droite (Fig. 7[15]),
oblique (Fig. 9[1, 3, 6]) ou convexe (Fig. 9[5, 11]). Les formes multiples sont fréquentes :
multiple sur troncature retouchée (Fig. 9[7, 10]) ou multiple mixte (Fig. 9[2]).
Les perçoirs sont rares (IP = 1,47) mais peuvent être de belle facture (Fig. 7(4)).
Les pointes de La Gravette existent sans être très fréquentes (IPD = 5,88). On y note la forme
classique sur lamelle à retouche inverse envahissante de la base (Fig. 10(2)), mais également des
microgravettes (Fig. 10(3, 5)).
Les lames retouchées sont présentes (ILR = 14,70) avec les deux variantes : à un
seul bord retouché (Fig. 7[10, 11] et Fig. 10[11, 12]) et avec les deux bords retouchés (Fig. 7
[2, 3, 8]).

UN

374

No

OF

ANTHRO 2284 1–26

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

ANTHRO 2284 1–26

390
391
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393
394
395
396

On retrouve dans la liste des outils archaïques (IOA = 10,29) des encoches (Fig. 9[16]) et
quelques rares pseudoraclettes partielles (Fig. 7[5]) ou totales (Fig. 10[10]). Les troncatures
sont rares et on remarque l’existence d’une pièce à troncature double (Fig. 7[7]).
Quelques pièces esquillées (IEsq = 5,88) se retrouvent également dans la famille des outils
archaïques (Fig. 7[6]). Parmi les types représentés par un seul exemplaire, on trouve la lame
étranglée de type aurignacien (Fig. 7[1]) et la lamelle Dufour atypique (Fig. 10[1]). Les
lamelles à dos sont en nombre très réduit (ILd = 2,94) (Fig. 10[4] à retouche envahissante du
dos). Une curieuse et hypothétique pièce à dos et cran adjacents (Fig. 10[6]) complète le
stock.

RO

389

7. Indices typologiques et éléments locaux de chronologie

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403
404
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430
431
432

TE

401

EC

400

La série des outils du Jas-d’en-Biel-1 se caractérise par une supériorité nette de la fréquence
des burins sur celle des grattoirs (IB = 35,29 et IG = 11,76). Parmi les premiers, les formes sur
troncature retouchée dominent celles dièdres (IBt = 16,18 et IBd = 13,23). Dans cet ensemble
d’outils à l’indice laminaire élevé (IL = 53,7), les lames sont souvent retouchées (ILR = 14,70) et
l’on note une présence modeste des pointes de La Gravette (IPD = 5,97). L’indice de groupe
caractéristique périgordien (GP = 13,43) reste peu élevé à cause du faible taux des troncatures
(IT = 1,47) et de celui des pointes de La Gravette. Ces indices vont, à notre avis, dans le sens
d’une attribution chronoculturelle au Gravettien de l’occupation du Jas-d’en-Biel-1 (Tableau 14).
Quelques indices secondaires peuvent compléter ce tableau : indice d’outils composites
(Ioc = 4,41), indice d’outils archaïques (IOA = 10,29). L’indigence des outils microlithiques
(Imic = 5,90) est à noter et apparaît peut-être comme un trait caractéristique de cette industrie du
Jas-d’en-Biel-1, au même titre que l’absence totale des burins de Noailles (Tableau 15).
Afin de confirmer l’attribution chronoculturelle du Jas-d’en-Biel-1 au Gravettien, nous
comparons son industrie lithique avec celles de gisements du Würmien récent des PyrénéesOrientales. Nous nous proposons de confronter les données typologiques avec celles de sites
appartenant au paléolithique supérieur récent, c’est-à-dire pour l’aire que nous avons définie,
avec des gisements relevant du Solutréen ou du Magdalénien. Une comparaison avec la grotte des
Embullas (Corneilla-de-Conflent) (Sacchi et Abelanet, 1969), unique site solutréen du
département, met en évidence un certain nombre de différences nettes dont la plus marquante
est certainement l’absence de la retouche solutréenne au Jas-d’en-Biel-1. Site récemment fouillé,
la grotte des Conques (Vingrau) (Baills, 2003) permet de comparer le stock lithique du Jas-d’enBiel-1 avec celui d’occupations correspondant aux phases moyenne et supérieure du
Magdalénien (C3 14 320 90 ans B.P. et C2 13 335 40 ans B.P.). L’écrasante proportion
des lamelles à dos aux Conques (ILdC3 = 54,6 et ILdC2 = 37,9) en regard de leur très faible
présence au Jas-d’en-Biel-1 (ILd/JB1 = 2,99) exclut notre site de la sphère d’obédience
magdalénienne. On pourrait envisager une possible attribution à un Magdalénien inférieur ou
ancien microlamellaire tel qu’il a été récemment identifié dans le Sud de la France (Langlais,
2004) ou sur le site de Montlléo (fouille J.M. Fullola) à Prats-i-Sansor en Espagne (15 400 80
ans B.P.) (communication orale). L’une des caractéristiques de cette culture est son débitage
microlamellaire à partir de supports variés dont des grattoirs-nucléi carénés. Les lamelles
obtenues, souvent torses, présentent une retouche inverse d’un des bords. Certes, l’on note au Jasd’en-Biel-1 quelques rares grattoirs surélevés, mais l’absence des microlamelles caractéristiques
produites lors de ce type de débitage ne permet pas de les considérer comme des nucléi. Au terme
de ces quelques comparaisons à caractère départemental, il ressort que l’occupation du Jas-d’enBiel-1 semble plutôt relever d’une phase ancienne du Paléolithique supérieur.

CO
RR

399

UN

397
398

DP

388

21

OF

H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx
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Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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CO
RR

EC

TE

DP

RO

22

OF

ANTHRO 2284 1–26

Fig. 11. Localisation des sites gravettiens mentionnés dans le texte. 1 : l’Arbreda ; 2 : le Jas-d’en-Biel ; 3 : la Crouzade ;
4 ; petite grotte de-Bize ; 5 : Bois-des-Brousses : 6 : la Salpêtrière ; 7 : la Verrière ; 8 : la Treille.
Fig. 11. Localization of the Gravettian sites mentioned in the text. 1: l’Arbreda; 2: le Jas-d’en-Biel; 3: la Crouzade;
4: petite grotte de Bize; 5: Bois-des-Brousses; 6: la Salpêtrière; 7: la Verrière; 8: la Treille.
432

8. Le peuplement gravettien des zones limitrophes

435
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447

Le stade supérieur du Périgordien ou Gravettien était, jusqu’à ce jour, inconnu sur le territoire
de l’actuel département des Pyrénées-Orientales. Cette première identification vient combler très
partiellement une lacune chronoculturelle dans la partie extrême-orientale des Pyrénées.
Les départements limitrophes de l’Aude, de l’Hérault et du Gard (Fig. 11) ont montré une
présence gravettienne diffuse, les sites de référence ayant été anciennement fouillés. Le
gravettien y a été identifié plutôt sur la base des industries lithiques caractéristiques que par sa
position stratigraphique. Ainsi, dans l’Aude, la couche E de la grotte de La Crouzade (Gruissan) a
livré à ses fouilleurs, T. et P. Héléna (recherches 1912/1946), une série lithique au sein de laquelle
on repère certains éléments gravettiens caractéristiques : fléchettes et pointes de La Gravette
(Sacchi, 1986). La collection, dans son état actuel, demanderait à être réinterprétée de façon à
tenter d’individualiser plus finement le matériel strictement gravettien de celui sous-jacent
aurignacien. La tâche s’avère difficile, car une récente opération de rafraîchissement de la coupe
du témoin résiduel (Perrenoud, 1995, 1996 ; Saos, 1995, 2003) n’a pas permis de retrouver cette
couche E. De plus, on peut douter de la validité scientifique des collections déposées à Narbonne,

UN

433
434

Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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H. Baills et al. / L’anthropologie xxx (2007) xxx–xxx
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477
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480

RO

452
453

DP

451

TE

450

Béziers et Tautavel dans la mesure où les auteurs des recherches ont soit globalisé les produits des
couches E (Gravettien) et F (Aurignacien), soit trié les séries au profit des pièces caractéristiques.
Djindjian et al. (1999), avec prudence, proposent un âge gravettien ancien pour cette couche E de
La Crouzade. On comprend cette réserve dans la mesure où ce diagnostic se fonde sur la présence
de six pointes de La Gravette et d’une fléchette (total des séries Genson et Héléna).
Toujours dans l’Aude, la série lithique de la couche 6 de la petite grotte de Bize (fouilles Genson
1927/1929) est également attribuée au Gravettien ancien sur les mêmes critères et avec la même
prudence que la couche E de La Crouzade. Dans le département du Gard, trois sites ont livré des
séquences gravettiennes en stratigraphie. Bazile (1999) en a donné une approche synthétique
récente. À la grotte de la Salpêtrière (Remoulins), les couches 32 A et 30 O-P (fouilles Escalon de
Fonton) et E1 (fouilles Bazile) se rapportent à un stade terminal du Périgordien supérieur. Des
pointes à dos et cran adjacent constituent des éléments caractéristiques de ces couches datées de
22 350 350 B.P. Le gisement de la Verrière à Pougnadoresse (Barbaza et Vigneron, 1980) est
attribué à un « Gravettien supérieur évolué, contemporain ou légèrement postérieur au
Périgordien VI du Sud-Ouest ». L’absence totale du burin de Noailles mérite d’y être soulignée.
Enfin, la couche 3 de l’abri du Bois-des-Brousses (Aniane) serait globalement synchrone des
occupations de la Salpêtrière et de la Verrière (Barbaza et Vigneron, 1980). Plus récemment, en
2000, une fouille programmée a été conduite sur le site de la Treille dans la dépression de ManduelRedessan en Costière gardoise (Bazile, 2001). Sa position chronoculturelle correspond à un
Gravettien ancien caractérisé par l’absence d’ « outils spéciaux » selon la terminologie de Bosselin
(1997). Les auteurs de la fouille fondent leur diagnostic sur de réelles similitudes avec le niveau 5
(Périgordien IV) de l’abri Pataud. Cette occupation s’inscrirait dans une fourchette chronologique
de 28 000/26 000 B.P. S’il est clair que les industries de la Treille et du Jas-d’en-Biel-1 relèvent de
phases du Gravettien caractérisées par l’absence d’outils spéciaux, on note, entre elles, quelques
différences sensibles. Ainsi, l’importance à la Treille des burins dièdres au détriment des formes à
troncature se trouve inversée au Jas-d’en-Biel-1. La pauvreté en pointes de la Gravette et la quasiabsence des lamelles à dos semble assez symptomatique du Jas-d’en-Biel-1. Pour ces raisons, nous
pensons que le gisement catalan pourrait appartenir à une phase plus récente du Gravettien
méridional, entre 24 000 et 22 000 B.P. à synchroniser peut-être avec l’interstade tempéré de
Tursac. En Espagne, le gisement de l’Arbreda à Serinyà (Soler, 1979) a livré une longue séquence
du Paléolithique supérieur local. Le Gravettien y est présent sous la forme de six niveaux distincts.
Cette occupation est globalement attribuée au Gravettien récent et l’on n’y repère pas d’évolution
interne.

EC

449

CO
RR

448

481
482
483
484
485
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488
489
490
491
492

UN

9. Le site du Jas-d’en-Biel-1 dans le contexte national du Gravettien
Le Gravettien français a fait l’objet de plusieurs tentatives de structuration depuis celle de
Peyrony (1946). La récente publication des fouilles Movius à l’abri Pataud (Dordogne) (Bricker,
1995) permet de disposer d’une vision nouvelle de l’évolution interne du Gravettien du SudOuest sur une base plus actuelle. Le modèle émergeant de l’interprétation chronoculturelle de
cette belle stratigraphie validerait la succession suivante : Périgordien moyen (niveau 5),
Noaillien (niveau 4), Périgordien VI (niveau 3), Protomagdalénien (niveau 2). La confrontation
des principaux indices et les diagrammes cumulatifs de ces séries lithiques avec celle du Jasd’en-Biel-1 (Tableau 15 et Fig. 12) permettent de remarquer que c’est avec la série du niveau 3
(Périgordien VI) que l’on note les ressemblances les plus nettes. Par ailleurs, le modèle proposé
par Bosselin (Bosselin, 1997) met en évidence la complexité du Gravettien français entre 28 500
et 21 000 B.P. L’auteur propose une structuration en sept faciès répartis sur l’ensemble du
Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

+ Models

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TE

DP

RO

24

OF

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Fig. 12. Diagrammes cumulatifs des fréquences des outils du Jas-d’en-Biel-1, du Protomagdalénien, du Périgordien
moyen et du Périgordien VI de l’abri Pataud (Dordogne).
Fig. 12. Cumulative diagrams of tool frequencies from Jas-d’en-Biel-1, Protomagdalenian, middle Perigordian and
Perigordian VI from abri Pataud (Dordogne).

495
496
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territoire national. Ces derniers sont définis sur la base de la présence de fossiles directeurs
(pointe de la Font-Robert, burin de Noailles, burin du Raysse) mais également sur les fréquences
comparées de certains outils caractéristiques (burin sur troncature retouchée, burin dièdre, pointe
de La Gravette). En considérant les dates obtenues sur quelques sites de référence, la succession
suivante est proposée : Fontirobertien, Gravettien indifférencié, Noaillien, Rayssien, Laugérien
et enfin, Protomagdalénien. Le faciès dont se rapproche le plus l’industrie du Jas-d’en-Biel-1
semble être le Laugérien dont les dates sont globalement synchrones avec celles obtenues pour le
Périgordien VI de l’abri Pataud (24 000/22 000 B.P.).

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10. Perspectives pour l’étude du Gravettien dans la partie extrême orientale des
Pyrénées
Le site de plein air du Jas-d’en-Biel-1 vient combler une lacune spatiotemporelle dans la zone
méditerranéenne des Pyrénées. Il confirme la présence gravettienne dans cette aire géographique
et pointe les liens culturels avec les autres sites implantés en bordure du Golfe du Lion. Malgré un
matériel numériquement faible, ce premier site gravettien des Pyrénées-Orientales s’inscrit assez
sûrement dans une phase tardive de cette culture (Gravettien récent, Périgordien VI, Laugérien).
Le recensement des gisements des zones limitrophes semble indiquer que la présence
gravettienne s’y serait amplifiée durant sa phase récente, peut-être en liaison avec la dégradation
des conditions climatiques du Pléniglaciaire supérieur. Les conditions de conservation inhérentes
au Jas-d’en-Biel-1 nous privent de la présence des restes fauniques et des apports fondamentaux
des études paléoenvironnementales. Le site de plein air du Jas-d’en-Biel-1 constitue donc un
premier jalon signant la présence gravettienne dans cette zone. Il faut, cependant, le considérer
comme un repère initial concernant un stade tardif de cette culture. Des thématiques de
recherches ultérieures pourraient se centrer sur la structuration de cette culture dont d’autres
régions ont démontré la complexité. Des prospections systématiques, en multipliant le nombre de
sites, développeraient une meilleure compréhension du peuplement gravettien. Par ailleurs, une

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Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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révision des problématiques sur la base des mobiliers émanant de la grotte de La Crouzade
(Gruissan, Aude) devrait concourir à l’actualisation des données anciennes. Sur le site, la reprise
des recherches a débuté en 1995 lors de l’échantillonnage géologique de la coupe témoin par le
Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel (Perrenoud, 1995 ; Saos, 2003). Ce
travail demanderait à être poursuivi par réduction du témoin Héléna vers le fond du réseau
karstique. On pourrait en espérer une redynamisation des études paléoenvironnementales qui
font cruellement défaut ce jour.

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Nous tenons à remercier Madame Louise Byrne pour les traductions en anglais de cet article.
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Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007

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Pour citer cet article : Baills, H. et al., Un premier jalon gravettien dans les Pyrénées-Orientales : le Jasd’en-Biel-1, L’Anthropologie (2008), doi:10.1016/j.anthro.2008.02.007




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