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Quelques spectaculaires affaires de pollution, survenues au cours de la seconde moitié du XXe siècle,
ont fait prendre conscience, non seulement au grand public mais aussi aux hommes politiques, de la
gravité des conséquences pouvant résulter de la contamination accidentelle ou chronique de
l'environnement.
L'accident de Seveso (Italie), survenu le 10 juillet 1976, a donné une illustration saisissante des
risques écotoxicologiques (cf. encadré L'écotoxicologie : la discipline qui étudie les polluants dans
les écosystèmes) associés à un polluant aussi toxique et persistant que les dioxines. Ce jour-là,
l'explosion d'un réacteur de synthèse de trichlorophénol provoqua la contamination par ce
redoutable sous-produit d'une surface de 1 500 hectares dans la banlieue de Milan où est située
cette localité. Moins de 4 kilogrammes de dioxines ont été répandus dans cette zone suburbaine,
mais cela suffit pour provoquer la mort de 600 gros animaux (chevaux et bovins) et l'intoxication de
1 288 personnes !
La catastrophe de Bhopal (Inde), en décembre 1984, provoquée par l'explosion d'un réservoir
d'isocyanate de méthyle, dans une usine de pesticides de la firme multinationale Union Carbide,
libéra au-dessus de la ville un nuage toxique de 40 tonnes de cette redoutable substance. Cette
« brume » provoqua la mort immédiate de 4 000 personnes (quelque 12 000 à terme) et
l'intoxication de 300 000 autres dont 40 000 restèrent invalides.
En matière de pollution nucléaire, l'accident de Tchernobyl, survenu le 26 avril 1986, a donné un
exemple spectaculaire des dimensions cataclysmiques que peuvent prendre les pollutions liées à ce
type d'énergie. Cette catastrophe provoqua la mort immédiate de trente-quatre personnes et
l'irradiation à des doses très élevées de plusieurs centaines d'autres. De plus, un accroissement
important de la prévalence des cancers de la thyroïde fut observé chez les enfants habitant dans les
zones contaminées. Il convient toutefois de souligner que les prévisions alarmistes, qui estimaient à
130 000 la mortalité par cancer devant survenir dans le prochain demi-siècle parmi les millions de
personnes exposées aux retombées radioactives, se sont fort heureusement révélées infondées. Un
bilan sanitaire établi en 2006, soit vingt ans après le sinistre, a montré qu'aucun accroissement
significatif des leucémies et autres affections radio-induites – à l'exception des cancers de la
thyroïde –n'avait eu lieu. De même, aucune modification du taux de mutations géniques n'a pu être
observée dans la descendance des « liquidateurs de Tchernobyl », les dizaines de milliers de
personnes civiles et militaires qui furent chargées de la décontamination du site.. Il en fut tout
autrement des conséquences écologiques car, aujourd'hui encore, 3 000 kilomètres carrés de terres
cultivables, de prairies et de forêts contaminés sont toujours inutilisables bien qu'une fraction de la
population locale, surtout des personnes âgées, s'y soit réinstallée en toute illégalité.
À côté des risques « qualitatifs » liés à la redoutable toxicité de certaines substances existent des
causes de pollution « quantitatives » dont les conséquences écologiques peuvent être
catastrophiques, malgré la moindre nocivité des polluants concernés, par suite de l'énormité des
masses qui sont déversées dans le milieu naturel. Les « marées noires » en donnent un exemple fort
illustratif. Ainsi, lors du naufrage de l'Exxon Valdez, qui a eu lieu le 24 mars 1989 dans la baie du
Prince-Guillaume (Alaska), quelque 40 000 tonnes de pétrole brut contaminèrent près de
500 kilomètres de littoral, provoquant des ravages dans la flore et la faune marines (oiseaux de mer,
phoques et surtout les rares loutres de mer). Plus récemment, la marée noire de l'Erika, survenue le
12 décembre 1999, contamina la côte atlantique, du Morbihan jusqu'aux bouches de la Gironde, sur
plus de 400 km avec quelque 17 000 tonnes de fuel lourd no 2, provoquant des dommages
économiques excédant, à l'époque, un milliard de francs.
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