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Nom original: st-nicolas.pdf
Titre: st-nicolas
Auteur: Unknown

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Dédicace – Invocation – Vocable - Patronage.

La dédicace est en fait la consécration d’un édifice au culte divin
mais aussi l’action de le placer sous l’invocation d’un saint. Le titulaire d’une
église est la personne divine (St Sauveur par exemple), le mystère (Ste Trinité
par exemple) ou le saint en l’honneur duquel elle est dédiée à Dieu. Le titulaire
donne son nom à l’église. Il est choisi par les fondateurs de l’église ou les
paroisssiens à la pose de la première pierre et entériné par l’évêque à la
bénédiction de l’église.
Si l’église a un titulaire, la paroisse peut avoir un patron qui est une
créature ou un saint puisque le mot « patron » évoque l’idée d’intermédiaire
entre les hommes et Dieu. Il en résulte que tout patron peut être le titulaire de
l’église mais non l’inverse. La plupart du temps, le patron est le titulaire de la
paroisse ; on dit alors que l’église et la paroisse sont placées sous le vocable du
saint, c’est à dire sous son patronage.


Saint Patron de La Gacilly.
Au début du IV° siècle, St Nicolas fut évêque de Myre en Lycie, une
ancienne province de Turquie. Puis il vint en Italie où il fit de nombreux
miracles. Il mourut en 324. Il fut canonisé peu de temps après et devint le patron
des écoliers, des marins, des tonneliers, des parfumeurs, des apothicaires et
même des pêcheurs d’éponge. En Allemagne, en Russie et en Angleterre, il est
appelé le « faiseur de merveilles ». Pour cette raison, autrefois, son nom était
Nickel en Allemagne ; par la suite, ce nom a été donné aux génies des mines
métallifères d’où le nom du métal, le nickel. Le 6 décembre, le jour de sa fête,
est marqué, dans ce pays et dans l’Est de la France, par la distribution de
chocolats, de pains d’épices et même de cadeaux ; c’est un peu Noël avant la
date.
Selon un iconographe de l’art chrétien, St Nicolas aurait sauvé de la
mort trois officiers condamnés injustement. Au Moyen-Age, les captifs sont
toujours représentés dans une tour coupée par le milieu. C’est sans doute pour
cette raison que les trois officiers, dont les têtes émergeaient de cette tour, furent
pris pour trois enfants plongés dans un baquet que l’imagination populaire

transforma en saloir. Quelques siècles plus tard, de trois, les enfants ne furent
plus que deux et ainsi la légende de St-Nicolas était née.
Le titulaire primitif de l’église tréviale de La Gacilly fut St Nicolas.
Dans un acte de baptême du 19 août 1596, il est écrit que « cette cérémonie s’est
déroulée dans l’église de Monsieur
St Nicolas. » Pourquoi St Nicolas fut-il choisi pour être le saint patron de La
Gacilly ? Ici, il faut rappeler que Carentoir (et donc La Gacilly) fut un haut-lieu
templier. Or les Templiers avaient St Nicolas pour patron et Ste Catherine pour
patronne. D’autre part, les familles de certains seigneurs de La Gacilly comme
les Montfort, les Montauban, les Rieux, voire les Talhouët fournirent de
nombreux Croisés et même des Templiers. De leurs voyages en Terre Sainte où
St Nicolas était particulièrement vénéré, ils rapportèrent son culte et certaines de
ses reliques. A leur retour, ils construisirent de nombreuses chapelles pour
abriter ces précieux restes et ils placèrent tout naturellement ces édifices sous
l’invocation de ce saint. Ce fut sans doute le cas à La Gacilly.


La Chapelle St-Nicolas.
Des archives des Montauban font savoir qu’en
1395, cette famille possédait une chapelle avec enfeu (c’est à dire tombeau) à La
Gacilly. Pour commencer, ce ne fut sans doute que la chapelle extérieure du
château. Puis elle devint la chapelle tréviale et enfin l’église paroissiale. Vers
1455, Françoise d’Amboise la fit réparer et consolider car « elle chancelait sous
la main du temps ».
Au début du XVII° siècle, René de Talhouët devint seigneur de La
Gacilly. Peu de temps après son mariage avec Catherine de Kerguézec, une
grave blessure lui enleva l’usage de son bras droit ce qui eut pour conséquence
de lui interdire de figurer dignement à la cour et de l’empêcher de signer les
actes officiels ; c’est son épouse qui le fit alors à sa place. Ne pouvant avoir
d’enfant, ils décidèrent de consacrer leur fortune à faire le bien autour d’eux.
C’est ainsi qu’ils participèrent avec largesse à la construction des deux chapelles
latérales de l’église tréviale de La Gacilly : la première, dédiée à St Nicolas, fut
commencée en 1626 ; la seconde, dédiée à Notre-Dame, fut construite en 1628.


Le Tableau de St-Nicolas.


En plus de ces deux agrandissements, l’église St-Nicolas fut restaurée et
dotée d’un magnifique tableau. Cette peinture, de l’école italienne, en forme
d’ex-voto, comporte six personnages :
v en bas et à gauche, figurent deux petits enfants dans leur baquet,
v au-dessus d’eux, l’évêque avec sa crosse et sa mitre représente St
Nicolas ; ces trois personnages font partie de la légende de St
Nicolas ;
Ø au centre, la jeune dame doit être Ste Catherine ; elle porte une croix
pour mettre en fuite le dragon infernal avec sa gueule ouverte pour montrer sa

méchanceté vis à vis du crucifix ;
Ø en bas et à droite, la dame assise, c’est Catherine de Kerguézec (se
rappeler que Ste Catherine était la patronne des Templiers comme
St Nicolas en était le patron). Cette dame est couronnée d’un
diadème et touche une épée dans son fourreau pour marquer la
paix.

Ø au-dessus d’elle, donc en signe de protection, figure un
cardinal reconnaissable à la couleur de ses vêtements et de sa
calotte ainsi qu’à un chapeau accroché près de lui à l’arête d’un rocher. Ce
personnage représente un membre de la famille ou un ami de cette dame de La
Gacilly.
René de Talhouët ne figurant pas dans ce tableau, on peut penser que
cette œuvre fut exécutée entre le 22 août 1632, date du décès du seigneur de La
Gacilly et 1644, année du démembrement de la châtellenie.
Cette très belle peinture par ses couleurs et sa facture est en fait signée
dans le coin inférieur gauche au moyen d’un blason qui est écartelé, c’est à dire
qu’il comporte quatre parties pouvant se lire ainsi :
En 1 et 4 : d’argent à trois pommes de pin de gueules placées 2 et 1, les
pieds en bas.
Traduction : chacune de ces deux parties comporte trois pommes de
pin rouges, deux étant en haut et une autre en bas, la pointe vers le haut, le tout
sur un fonds blanc. C’est le blason des Talhouët.
En 2 et 3 : d’argent au chêne arraché de sinople.

Traduction : sur un fonds blanc, figure un chêne au feuillage vert dont
on voit les racines. C’est le blason des Kerguézec.

Ce tableau fut exposé dans l’ancienne église St-Nicolas jusqu’à la
construction de la nouvelle où il fut installé au-dessus de l’autel latéraL de la
Sainte Vierge, à gauche du chœur ; il devait y rester pendant plus de cent ans.
Les études faites sur cette peinture n’ont pas permis de déterminer s’il s’agit de
l’original, d’une restauration ou d’une reproduction. En 1960, un architecte
départemental fit remarquer « que c’était la pièce la plus originale et la plus riche
de notre église ». Elle fut enlevée en 1962 afin de permettre la mise en place
d’une bouche de chaleur et « remisée » au presbytère ; perdu de vue pendant
près de 40 ans, le tableau a été retrouvé dans un grenier il y a trois ans et
présenté au conservateur du patrimoine religieux du département qui resta ébahi
devant une telle trouvaille malgré le piteux état dans lequel il se trouvait. La
municipalité décida de le faire restaurer. Le travail vient d’être terminé et
l’œuvre a retrouvé, dans l’église, la place qui lui convient ; en effet, il faut savoir
que le saint patron d’une paroisse doit normalement figurer au-dessus de l’autel
et au centre du chœur de l’église qui lui est dédiée. Ainsi une anomalie de notre
église St-Nicolas a été corrigée par la même occasion.






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