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2010 Onoratinial Noaillien bull Monac (1) .pdf



Nom original: 2010-Onoratinial_Noaillien_bull-Monac (1).pdf
Titre: BMAPM50-déf.pdf
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Le Noaillien dans le complexe Gravettien du
sud-est de la France
Article · January 2010

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4 authors, including:
Dom Cauche

Vincenzo Celiberti

Muséum National d'Histoire Naturelle

UMR 7194 CNRS - UPVD Université de Perpig…

65 PUBLICATIONS 422 CITATIONS

51 PUBLICATIONS 432 CITATIONS

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Patrick Simon
Musée d'Anthropologie préhistorique, Monaco
49 PUBLICATIONS 86 CITATIONS
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Monaco sites View project

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LE NOAILLIEN DANS LE COMPLEXE GRAVETTIEN
DU SUD-EST DE LA FRANCE
par
Gérard ONORATINI *, Dominique CAUCHE **, Vincent CELIBERTI *** et Patrick SIMON ****

Mots-clés.– Noaillien, Gravettien, faciès évolutif, assemblage
lithique, matières premières siliceuses, synthèse de sites, SudEst, France, Ligurie, Italie.
Résumé.– La diffusion des groupes gravettiens s’est proba


moyen Danube, en deux grands courants, l’un septentrional qui
a contourné le Jura puis descendu les vallées de la Saône et du
Rhône, l’autre méridional, qui est passé au S de l’arc alpin et
s’est propagé par la Ligurie le long de la zone côtière méditerranéenne.
Ceci a conduit à deux ensembles de gisements gravettiens
de traditions distinctes. Les premiers (à lames appointées et
pointes de la Font Robert) jalonnent les grandes vallées de
la Saône, de la Loire, mais aussi les zones lœssiques du couloir rhodanien, où sont représentés principalement des campements de plein air comme en Ardèche ; les seconds (à burins
de Noailles et armatures) souvent installés en grotte, en relation avec les zones rocheuses bordant la mer Méditerranée en
Languedoc, Provence et Ligurie.
Le Gravettien méditerranéen s’articule en trois faciès évolutifs :
un stade ancien à armatures à dos et pointes aréniennes, un
stade moyen parfois très riche en burins de Noailles, et un stade


Vers 23 000 B.P., le Gravettien méditerranéen va évoluer en


comme l’Arénien et le Bouverien, véritables Épigravettiens,
qui dans cette zone prennent respectivement les places du
Solutréen et du Magdalénien de la zone classique, cantonnés
sur la rive droite du Rhône comme le montre le site de La
! " # $
L’étude des matières premières lithiques a permis de déterminer
les principales aires d’approvisionnement de ces chasseurs gravettiens. Les positions géographiques et géologiques des res-

The Noaillian in the Gravettian complex of Southeast France
Keywords.– Noaillian, Gravettian, Upper Paleolithic cultures,
Lithic industry, Siliceous raw materials, Southeast of France,
Liguria, Italy.
Abstract.– The propagation of Gravettian groups was probably carried out along the main river axes from the Middle
% & & ' * &
blades and Font Robert points) is the septentrional way which
passed round the Jura then followed the valleys of Saône and
Rhône, the second is the meridional way which circumvented the alpine arch and which continued by Liguria and the
Mediterranean coastal zones.
This led to two sets of Gravettian layers of distinct tradition.
* + ' ! / 4
the loess areas of the rhodanian corridor where mainly camps
in the open air are found as in Ardeche. The seconds (with
Noailles burins and backed blades) often found in caves in
the rocky zones along the Mediterranean coasts in Languedoc,
Provence and Liguria.
Mediterranean Gravettian is articulated in three evolutionary
facies: an old stage with backed blades and arenian points, a
' 6
stage with backed points and sometimes with arenian points.
Towards 23 000 B.P., the Mediterranean Gravettian will
$
like the Arenian and the Bouverian, real Epigravettians, which
in this zone, respectively take the places of the Solutrean and
7 8
9 / 4 ! " # $ &
The study of the lithic raw materials made it possible to determine the principal areas of provisioning of these Gravettian
hunters. The geographical and geological positions of the

* Institut de Paléontologie Humaine, CNRS UMR 7194, Europôle de l’Arbois, Bâtiment Villemin, BP 80, 13545 Aix-en-Provence Cedex 4,
France. gerard.onoratini-inv@ univ-cezanne.fr
** Laboratoire départemental de Préhistoire du Lazaret, 33 bis boulevard Franck Pilatte, 06800 Nice. Département de Préhistoire du MNHN,
CNRS UMR 7194. dcauche@lazaret.unice.fr
*** Centre Européen de Recherches Préhistoriques, avenue Léon Jean Gregory, 66720 Tautavel, France. Département de Préhistoire du MNHN,
CNRS UMR 7194, IPH. vceliberti@hotmail.com
**** Musée d’Anthropologie Préhistorique de Monaco, 56 bis Boulevard du Jardin Exotique, MC 98000 Monaco. patrick.simon@map-mc.com

Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

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Gérard ONORATINI, Dominique CAUCHE, Vincent CELIBERTI et Patrick SIMON

sources locales, régionales ou lointaines, montrent des
méthodes d’acquisition variées en fonction des distances, des
types de matériaux concernés et des types de sites. Des blocs de
silex de très bonne qualité provenant de gîtes distants de plus
de 200 km impliquent contacts et sites-relais pour approvisionner les habitats ou haltes de chasse des Gravettiens provençaux.

resources either local, regional or remote show varied methods
of acquisition according to the distances from the types of
materials concerned and to the types of sites concerned. Blocks
' '
than 200 km indicate contacts between populations and the
existence of sites relay to feed the habitats or halts of hunting
of the Gravettians of Provence.

K
I.- INTRODUCTION
Les groupes gravettiens méditerranéens étudiés ici
occupent un territoire qui s’étend le long de la zone côtière
bordant la Méditerranée entre la frontière italienne et le delta
du Rhône. Depuis l’extrémité orientale, on peut rencontrer tout d’abord les sites de la zone calcaire des grottes de
Grimaldi (les Balzi Rossi) où se trouvent les stratigraphies
des plus grands gisements, souvent anciennement fouillés :
grotte des Enfants (Lacorre et Barral, 1948 ; Onoratini et Da
Silva, 1978), abri Mochi (Laplace, 1966 ; Palma di Cesnola,
1971 et 1993), Barma Grande, etc. Plus à l’W, ce sont successivement les sites de la région de Monaco dont la grotte de
l’Observatoire (Onoratini et Simon, 2006), puis ceux de l’arc
6 X Y
7
massif volcanique de l’Estérel (Bouverie, Rainaude, Gratadis,
etc). Sont aussi évoqués, les sites plus rares de Provence occidentale comme la Baume Bonne (Alpes-de-Haute-Provence)
et quelques stations du Vaucluse dont Puyméras (Onoratini,
Z[\\ ] # ^ _
`
le faciès noaillien.
Que ce soit en Ligurie ou en Provence orientale, on
remarque que les grottes et abris présentent très tôt, et à la
suite des occupations sporadiques du Protoaurignacien ou de
l’Aurignacien typique, des vestiges d’une occupation gravettienne constituant la première nappe importante de peuplement
du Paléolithique supérieur régional. Il n’y a pas ici d’industrie ancienne de type Châtelperronien typique comme en zone
classique, cependant, plusieurs indices recensés sur des sites
de plein air comme Baral, Les Gachettes 1 et Le Gratadis
| Z[}~  | 9 Z[[~ mer la présence d’un Moustérien de transition laminaire à rares
couteaux à dos, culture intermédiaire entre le Châtelperronien
occidental et l’Uluzzien.
Quoi qu’il en soit, le groupe humain gravettien nettement
caractérisé, qui suit l’Aurignacien typique, se démarque de ce
dernier par une technique de taille nouvelle à nucleus bipolaires, mis en œuvre pour l’obtention d’armatures lithiques



de la Gravette et microgravettes, des lamelles à dos, des pointes


tables microlithes géométriques faisant alors leur apparition.

II.- LE GRAVETTIEN ANCIEN





De l’observation des séquences du Paléolithique supé
Y € 
il ressort que la culture du Gravettien ancien commence dans
cette zone par des outillages dont la structure peut varier,
suivant les types de sites concernés (grotte, abri-sous-roche,
station de plein air) mais aussi parfois suivant leur fonction
(habitat, halte temporaire de chasse, etc.) et les activités pratiquées. Ainsi peuvent-ils présenter des aspects légèrement
différents : tantôt celui d’un faciès à pointes « à face plane »
aréniennes, avec gravettes, lamelles à dos, et rares pointes à

X $ ‚ ' ƒ
tantôt celui d’un faciès à nombreuses pointes de la Gravette,
microgravettes avec des microlithes géométriques (Mochi D
inf., Bouverie 6). Tous ces faciès bien que non datés sont les
plus anciens, comme le prouvent les stratigraphies, car ils
sont toujours surmontés par un faciès à burins de Noailles qui
marque la phase moyenne du Gravettien méditerranéen.
A - En Italie : dans les grottes de Grimaldi,
la Barma Grande et la grotte des Enfants
Le plus ancien faciès gravettien fut exhumé en 1884
dans la grotte de la Barma Grande à Grimaldi lors des fouilles
4 „] … ! X 4

Musée de Préhistoire Régionale de Menton nous ont permis
de redécouvrir des vestiges qui s’étendaient du Moustérien
au Bouverien (malheureusement souvent non repérés en stratigraphie). Les pièces maculées d’ocre rouge, associées à
la sépulture du nouvel homme de Menton (Verneau, 1908),
découverte en 1884 à 8,40 m de profondeur par Jullien et
X † €

comme plusieurs grandes lames conservées au Canada (Mussi,
1995) et d’autres pièces non décrites comme une lame en silex
zoné (pl. I, n° 13) et un burin provenant de silex oligocènes du
bassin de Forcalquier, et conservées à Menton (étude en cours).
Ces matériaux lithiques, en offrande, associaient aussi le silex
blond de Murs, comme l’attestent la grande lame de 18 cm que
l’homme portait sur le front (Canada) et la pointe arénienne

Pl. I (page de droite)
Gravettien ancien et Noaillien : 1 à 5 - Baume Périgaud ; 6 - Les Gachettes 1 ; 7 à 11 - Grotte des Enfants (foyer G) ; 12 à 14 - Barma Grande
(sépulture de 1884). Dessins P. Couzy, A. Raux et D. Cauche
!"# $ % !& !

Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

LE NOAILLIEN DANS LE COMPLEXE GRAVETTIEN DU SUD-EST DE LA FRANCE

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Gérard ONORATINI, Dominique CAUCHE, Vincent CELIBERTI et Patrick SIMON

ocrée conservée au Musée de Menton (pl. I, n° 14). L’élément



dont une en silex gris porcelané (pl. I, n° 12) des Monti Lessini
€‡
ˆ ‰ X ' Š
comme nous l’avions déjà évoqué (Onoratini et al., 1997). Une
date récente obtenue par les chercheurs italiens sur l’individu
Barma Grande 6, sus-jacent : 24 800 ± 800 BP - OxA1009
(Formicola et al., 2004), vient étayer notre hypothèse. Les
matériaux lithiques d’origine soit provençale (Forcalquier,
Murs, Haut-Pays varois) soit italienne (Monti Lessini), asso

# 7 ment que dès le « Bayacien » des relations existaient bien entre
les Gravettiens provençaux et ceux d’Italie du Nord, phénomène qui ne fera que s’accentuer au Noaillien.
Les fouilles plus récentes de la Grotte des Enfants
(foyers H et I) effectuées par le chanoine Léonce de Villeneuve
(de Villeneuve, 1906), ont permis d’observer des niveaux de
Gravettien ancien, cette fois en stratigraphie. La sépulture
double (dite des Négroïdes) provenant de ces horizons est aussi
probablement d’âge gravettien ancien, et les quelques pièces
aurignaciennes signalées (sagaie à base fendue et grattoirs carénés) viennent certainement du niveau aurignacien (foyer K)
„†
"
pièces moustériennes recueillies. La sépulture du Cro-Magnon
adulte reposant sur le niveau H est sans aucun doute attribuable
au Noaillien (foyer G). L’étude des niveaux H et I montre un
indice élevé de grattoirs, le groupe des outils périgordiens est
faible, cependant les armatures typiques Gravettes et microgra

' %
ces horizons, il faut retenir, ici aussi, la présence de nombreux
silex originaires de Provence occidentale comme le silex blond
bédoulien de Murs (Vaucluse) et le silex zoné oligocène de
Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence).
B - En France : Les Gachettes 1
Le gisement de plein air des Gachettes 1 est situé dans la
dépression permienne à 4 km au SW du Muy, en bordure de la
voie ferrée Marseille-Nice, à 50 m d’altitude absolue dans les
€ € €]
dont les éléments proviennent en majorité du massif de l’Estérel. Ces alluvions comportent des galets de roches cristallines
et sédimentaires (rhyolites, arkoses, pélites, etc.) mais aussi
de rares éléments calcaires et quelques silex. C’est à A. Raux
et J. Momet que l’on doit cette découverte d’un outillage qui
évoque tout à fait l’assemblage HI de la Grotte des Enfants.
Une campagne de reconnaissance (Escalon de Fonton, 1979)
a montré que la zone labourée avait remanié la plus grande
partie du gisement. À côté de quelques pièces plus anciennes
auxquelles on peut associer un couteau de Châtelperron, des
grattoirs et un burin caréné, a été mise au jour une série cohérente du Gravettien ancien. Cette série ayant fait l’objet d’une
première analyse typologique, a montré qu’il s’agissait d’un
ensemble Gravettien ancien à pointes à face plane (pl. I, n° 6).
Une deuxième série, collectée et analysée, montre une courbe
typologique semblable (Onoratini et Raux, 1992). Le groupe
périgordien est élevé : 43,02 %, en raison du fort pourcentage
de pointes de la Gravette qui sont des pièces robustes toujours

Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

cassées et présentant la retouche plate ventrale caractéristique.
Les lamelles à dos sont nombreuses, certaines sont tronquées.
Les pointes à face plane, toutes cassées, sont abondantes. À
ce faciès Gravettien ancien, riche en outils présentant souvent
la retouche écailleuse de type aurignacien, va succéder le
Noaillien découvert sur le site voisin des Gachettes 2. Les
robustes pointes de la Gravette à retouche Vachons évoquent
tout à fait celles de la station des Luchons, site de plein air
gravettien situé non loin de Saint-Vallier-de-Thiey (AlpesMaritimes), découvert par C. Bottin et retrouvé par A. Raux
(Onoratini, 2004).

III.- LE GRAVETTIEN ANCIEN
' ! '
En Provence orientale, c’est dans deux petites cavités
du massif rocheux rhyolitique de l’Estérel que le Gravettien
"
4 #
4 X 9 € "

raison de l’acidité des sédiments. Le seul repère chronologique
est la datation de l’Arénien récent à 20 300 ± 400 BP (non
calibré) du niveau 5 de la grotte Rainaude.
A - La Bouverie n° 1
La grotte de La Bouverie est située à 8 km au NE de
la ville du Muy (Var), et s’ouvre à 140 m d’altitude en rive
gauche d’un petit torrent, au pied d’une basse falaise de rhyo X „ „^ "
Il ne s’agit pas d’un site unique mais de trois locus (deux
grottes et un pied de barre) occupés à différentes périodes
du Paléolithique supérieur. Le gisement principal (grotte
n° 1), découvert en 1968, a été fouillé en grande partie par
le Dr Landréat (1972). Les recherches entreprises ensuite
par M. Escalon de Fonton en 1973 puis par l’un de nous, ont
permis de montrer que la séquence de base (couche 6) se situait
dans des cailloutis cryoclastiques alors que la séquence 5 à
burins de Noailles se trouvait dans un ensemble plus tempéré
dénotant un interstade (Onoratini, 1976). Étayée par les travaux
de sédimentologie de W.R. Farrand, une corrélation entre l’abri
Pataud et La Bouverie fut proposée par N. David en 1985 dans
son ouvrage sur le Périgordien V de l’abri Pataud. Elle suggère
que certaines industries gravettiennes de Méditerranée orientale, comme celles des niveaux 6 de La Bouverie (contemporaines de l’Aurignacien évolué aquitain), pourraient se placer
à l’origine du Noaillien occidental (David, 1985 ; Onoratini et
 Z[[Z "
€‡
ancien obtenu pour les Noailliens orientaux (Gambassini,
1995 ; Boscato et al., 1997) et la parenté évidente entre le
Noaillien aquitain et le Gravettien ancien provençal (à armatures) bien plus qu’avec le Gravettien ancien du Périgord
comme celui du gisement de La Gravette par exemple. On
€ "
€
coquilles méditerranéennes dans les parures de certains sites
noailliens aquitains (Taborin, 1993). À La Bouverie, la série
lithique du Gravettien ancien reposait directement au contact
du substratum rhyolitique dans des cuvettes contenant un sédiment fortement lessivé. Dans ces niveaux, les grattoirs, parfois

LE NOAILLIEN DANS LE COMPLEXE GRAVETTIEN DU SUD-EST DE LA FRANCE

doubles, façonnés sur lame sont dominés par les burins. Le
groupe périgordien est très fort, supérieur à 54 %, et les armatures constituent plus de la moitié de l’outillage : les microgravettes sont deux fois plus nombreuses que les pointes de
la Gravette, les lamelles à dos brisées représentent le groupe
majeur de la série. Les microlithes géométriques sont déjà
présents ; il s’agit de triangles scalènes.
B - Rainaude 1
Un peu plus à l’E, la grotte Rainaude 1, située à 7 km au
NNW du Muy, fait partie d’un ensemble de douze cavités de
dimensions modestes. Elle s’ouvre en bordure d’un entablement
rhyolitique, à 250 m d’altitude en rive gauche et aux sources
€ # €‚
l’Argens, et se situe dans une voie de passage permettant aux
animaux de gagner, depuis la vallée de l’Argens, les zones de
€ # „ '

Y 
emprunté aujourd’hui par le gibier et il y a peu encore utilisé
par les chasseurs, témoigne qu’à l’époque paléolithique les
stations des Rainaudes étaient autant de postes d’affût placés
sur un passage privilégié (de chevaux notamment). Sondé en
1954 par M. Liégeois, le site fut dégradé jusqu’à la reprise des
travaux par l’un de nous (G.O) de 1976 à 1985. Bien que très
caillouteux, les deux mètres de dépôts quaternaires du gisement
ont permis de mettre en évidence sous une séquence récente
du Bouverien et de l’Arénien (couches 1 à 9, Onoratini, 1983),
une séquence ancienne : Protoaurignacien (couche 10) et
Moustérien (couche 11, Onoratini, 1986). Dans la partie avant
du site contre la paroi N, ont été découverts les restes d’un
niveau cendreux noirâtre du Gravettien ancien (couche 9F) qui
reposait directement sur le substratum. La matière première est
très variée, on remarque à côté de quelques pièces en rhyolite,
une majorité d’outils sur silex de provenances diverses. Les
grattoirs, peu représentés, sur lame simple ou retouchée, sont
dominés par les burins. Le groupe périgordien est très fort :
68,57 % ; cela est dû non seulement à l’abondance des pointes
à bord abattu (gravettes et microgravettes) mais aussi et surtout
à l’importance des lamelles à dos. Les nombreuses pointes de
la Gravette sont cassées, les bases portant toujours la reprise
caractéristique qui affecte la face plane pour supprimer le
bulbe de percussion ; seule une extrémité distale d’une de ces
pièces présente la retouche type Vachons. Les lamelles à dos
très nombreuses sont toutes fragmentées, ce sont certainement
les tronçons médians de gravettes et/ou microgravettes. Il faut
#
tent toutes une cassure adjacente à celle-ci, évoquant alors la
technique du microburin. Parmi les rares parures, Dentalium
dellesertianum du Pliocène (de forte taille) est présent, il est
tout à fait comparable aux très beaux exemplaires découverts dans la grotte des Enfants à Grimaldi. On y trouve aussi
quelques Cyclope neritea.
C - Baume Périgaud
La Baume Périgaud est située sur la commune de
Tourrette-Levens (Alpes-Maritimes) non loin de l’Abadie,
sur le Mont Revel. La grotte s’ouvre au NW à 280 m d’alti-

43

tude à la pointe d’un éperon rocheux de calcaire dolomitique
9 Y 4
cavité comporte une première salle de 6 m de diamètre, au
fond de laquelle un étroit passage permet d’accéder à un petit
réseau karstique. La salle antérieure fut fouillée en 1940 par
R. Stecchi et B. Bottet (Stecchi et Bottet, 1950) qui y découvrirent, sous un niveau du Néolithique cardial, trois niveaux
appartenant au Paléolithique supérieur dont deux avec industrie et faune. Cet habitat n’était probablement qu’une halte
de chasseurs pour la capture des bouquetins dans ce contrefort montagneux, certainement occupé à l’Aurignacien pour
"
inférieure de la cavité. Au-dessus, le principal horizon que
nous avons pu retrouver et analyser se rapporte au Gravettien.
Nous avions alors mis cette industrie en parallèle avec le
« Périgordien VI » de Peyrony (Onoratini, 1982), mais un
rapprochement avec les niveaux 6 de La Bouverie paraît plus
vraisemblable. Parmi les outils communs, il n’y a que trois
grattoirs, les burins sont beaucoup plus nombreux, ceux sur
troncature retouchée sur grande lame évoquent des prototypes
du burin de Noailles. Les armatures et notamment les pointes
de la Gravette et microgravettes sont très abondantes (pl. I, n° 3
à 5) et certaines microgravettes sont microlithiques (véritables
4
Bouverie. Les lamelles à dos fragmentées très nombreuses
présentent une troncature souvent inverse. L’outillage se
rapproche de celui du niveau 9F de la baume Rainaude 1 et
annonce certains caractères qui vont se développer dès le
niveau 5 de La Bouverie 1. Dans cette petite halte, la faune, en
cours d’étude et auparavant brièvement analysée par E. Crégut
Bonnoure, atteste la présence de bouquetins essentiellement,
de chamois, de chevreuil et de quelques carnivores (ours brun,
chat, lynx). L’outillage gravettien de ce niveau supérieur est
très étonnant et montre l’association d’un très important lot de
sagaies cylindriques (pl. I, n° 1-2), anormalement présentes en
grand nombre dans un si petit site, et d’une très forte proportion d’armatures lithiques (pointes de la Gravette, microgravettes, pointes de la Gravette microlithiques). Ce fait traduit


€
pour la traque des bouquetins, phénomène qui semble répéter
ce qui se passait ici durant l’Aurignacien 10 000-8 000 ans
auparavant. L’approvisionnement en matière première lithique
est très varié. Les ressources les plus proches proviennent des
zones S de l’arc de Castellane, on retrouve ainsi les silex gris
zonés du Kimméridgien-Portlandien (Porraz, 2005), les silex
gris vert du Valanginien-Hauterivien et les silex jaunâtres du
Turonien, à ces matières s’ajoutent les nombreux éléments
siliceux disparates de l’Oligocène des Fossés Nord Varois.
Quand aux approvisionnements lointains, on retrouve le silex
blond bédoulien des monts de Vaucluse, les silex zonés du
Stampien supérieur du Largue et les silex gris biodétritiques
du Cénomanien moyen du S de la montagne de Lure. Il est
intéressant de remarquer, comme pour les sites de Grimaldi,
l’utilisation du silex type Ciotti que l’on trouve en galet
sur la plage des Balzi Rossi mais aussi dans le poudingue à
Microcodium tant côté français qu’italien. De provenance plus
lointaine, on observe l’association de la radiolarite de Ligurie
orientale et quelques éléments de la Scaglia Rossa.

Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

Gérard ONORATINI, Dominique CAUCHE, Vincent CELIBERTI et Patrick SIMON

44

IV.- LE NOAILLIEN
Gravettien moyen à burins de Noailles
La phase moyenne du Gravettien (Noaillien) est bien
connue à Grimaldi dans l’abri Mochi (couche D) où un
outillage de ce type se développe en plusieurs sous-niveaux,
elle est représentée aussi à la grotte des Enfants.
A - Faciès à burins de Noailles et pointes aréniennes
La sixième coupe du site de la grotte des Enfants a
permis au Chanoine Léonce de Villeneuve de mettre au jour
un foyer G qui venait buter au porche contre un gros effondrement du plafond empli d’argile rouge. L’industrie lithique
recueillie (Onoratini et Da Silva, 1978) comportait presque
autant de grattoirs que de burins. Nous y avons remarqué un
grand grattoir sur éclat retouché gravettien, mais cette industrie
poursuivait celle du foyer H sous-jacent avec notamment de
nombreuses lames et des racloirs, souvent à retouche aurignacienne, et le maintien des pointes à face plane et des pointes
à cran atypiques (pl. I, n° 7 à 10). Les burins montraient par
contre une poussée des types sur troncature retouchée qui
correspond à la présence de véritables burins de Noailles (pl. I,
n° 11). L’industrie du foyer G, comme celle de La Bouverie 1
couche 5, qui comporte un faible indice de burins de Noailles,
pourrait traduire un niveau de transition entre le Gravettien
ancien et le Gravettien moyen noaillien ou bien un faciès particulier lié à la fonction du site.
Les multiples recherches réalisées dans le massif de l’Estérel, avec A. Raux, nous ont permis de montrer la présence
de ce faciès tant en grotte comme à La Bouverie que dans de
nombreuses stations de plein air comme sur le site du Gratadis.
Ce faciès se caractérise avant tout par une technologie essen
#
laminaires, obtenus à partir de nucleus bipolaires, en vue de
confectionner des burins sur troncature (Noailles) simples ou
multiples (liés probablement à une activité précise) et par la
raréfaction des armatures gravettiennes.
Après une lacune en Provence occidentale, nous avons
pu montrer que le Noaillien existait en Ardèche dans la grotte
du Figuier (Onoratini et al., 1992 ; Onoratini et Combier,
1996). C’est là que l’on observe un point de contact entre
les Gravettiens « fontirobertiens » de l’axe rhodanien et les
Noailliens méditerranéens (Onoratini et Combier, 1998 ;
Onoratini et al., 1995). Dans le secteur de l’Estérel, hormis la
grotte de La Bouverie couche 5, tous les gisements de ce type
sont des stations de plein air.
B - La Cabre
À 1 500 m au N du village d’Agay (Saint-Raphaël, Var),
la station de La Cabre est établie sur une ancienne terrasse
Z ~‘ € seaux du Grenouiller et de Valbonette. Le gisement fut occupé
à des périodes différentes : l’habitat le plus ancien remonte
au Paléolithique moyen (de Lumley, 1969), nous avions
reconnu une occupation plus tardive au Paléolithique supé 6


Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

Malheureusement cette station, connue depuis le siècle dernier,
€
idée précise de la série des occupations. En ce qui concerne
le Paléolithique supérieur, nous avions reconnu la présence de
Gravettien noaillien (Onoratini, 1975) mais la station a aussi
été occupée à l’Aurignacien, à l’Arénien et au Bouverien
comme en témoignent plusieurs pièces. Nous avons pu isoler
une série d’outils se rapportant au Gravettien noaillien. Les
grattoirs sont façonnés sur lame simple, rarement sur lame
retouchée. Un outil sur lame allongée, non retouchée, associe
au grattoir un burin dièdre. Les burins nombreux sont dominés
par les burins sur troncature retouchée comme il est de règle
$ 4 "
oblique mais aussi convexe. Il y a plusieurs spécimens à enlèvements plans dont certains évoquent les burins de Bassaler
ou du Raysse. Un lot de burins de Noailles de faible épaisseur,
€ "
ristique. Le groupe périgordien est assez élevé : 21 %, cela en
relation avec des fragments de Gravettes et microgravettes et
des lamelles à dos. La troncature affecte non seulement les
‚
retouchées et racloirs sont abondants.
C - La Bouverie 1
La couche 5B est le premier niveau marquant le début
du processus d’individualisation de cette culture à burins de
Noailles qui va affecter le phylum à armatures pour conduire
au Gravettien moyen méditerranéen ou Noaillien proprement
dit (Onoratini, 1976). Les grattoirs sont peu nombreux, sur
lame plutôt longue et souvent très retouchée ; il y a deux spécimens associant un burin sur troncature retouchée oblique. Les
burins dièdres (souvent multiples sur belle lame) sont aussi
nombreux que ceux sur troncature retouchée. On y retrouve
aussi quelques burins plans. Parmi les burins sur troncature
retouchée sur grande lame, on remarque de plus en plus
€ #

Noailles dont un typique, ainsi qu’un autre exemplaire, récolté
lors d’anciennes fouilles et taillé dans du silex zoné oligocène
du S de la montagne de Lure (Alpes-de-Haute-Provence). Les
Gravettes et microgravettes diminuent par rapport au niveau
inférieur, les lamelles à dos aussi, alors qu’on assiste à une
augmentation des lames retouchées et des racloirs.
D - Le Mal-Temps
Cette station a été découverte en 1974 par J. Poujol.
Elle est située en rive droite de la Garonne à 40 m d’altitude
absolue, à quelques dizaines de mètres en bordure de la route
de Vaulongue reliant Agay à Saint-Raphaël. Elle fut mise au
jour lors de terrassements pour l’aménagement d’un lotissement. La couche se situait environ à 25 cm de profondeur et
les artefacts étaient répartis sur une zone de cinquante mètres
carrés. Le matériel lithique recueilli comporte une quarantaine
d’éléments bruts de débitage (éclats, lames et lamelles brutes)
et huit burins sur lamelles ou éclats très plats de type Noailles.
Plusieurs de ces outils sont multiples et présentent les coches
€ "
’


LE NOAILLIEN DANS LE COMPLEXE GRAVETTIEN DU SUD-EST DE LA FRANCE

constitue certainement un burin de ce type en cours de fabrication. Malgré le faible nombre d’outils découverts - l’urbanisation importante du secteur n’ayant pas permis d’effectuer
de fouilles détaillées - ce site est à rapprocher des stations des
Gachettes 2 et du Gratadis.
E - Les Gachettes 2
Cette station est située à quelques centaines de mètres au
NW de Gachettes 1, à 58 m d’altitude, sur d’anciennes allu % €] Y
artefacts en silex ont été recueillis par A. Raux dont une série

"
période que l’industrie des Gachettes 1 et une série peu patinée assez localisée. Cette série récente homogène, réalisée sur


Bédoulien de la zone de Cuges ou de La Bédoule, comportait
quelques éclats et quinze burins de Noailles, attestant l’occupation du site par les Gravettiens noailliens. Il est intéressant
de remarquer, comme pour le gisement du Gratadis, que le
matériau utilisé pour la confection des burins de Noailles est
un silex de très bonne qualité importé, sous forme de rognons
non préparés, d’une zone calcaire distante de près de 150 km.
F - Le Gratadis
Ce campement de plein air situé à 3 km au NW d’Agay,
occupe un replat topographique (plantations ONF) qui s’avance
entre les ruisseaux du Grenouiller et du Colombier. Cette
station établie à 600 m à l’E de la maison forestière du Gratadis,
à 35-40 m d’altitude sur une ancienne terrasse du Grenouiller,
s’appuie sur les séries volcano-sédimentaires à pélites et tufs
rouges et verts d’âge permien. Ce gisement fut découvert par
G. Girard ; il a livré une importante série de surface. Quelques
pièces en rhyolite indiquaient une occupation moustérienne,
d’autres plus récentes évoquaient le Bouverien, mais l’essentiel de la récolte fut attribué au Noaillien (Onoratini et Girard,
1976). Des fouilles conduites sur plusieurs mètres carrés entre
les plantations expérimentales ont permis de découvrir deux
zones principales d’habitat (secteur II et secteur IV) qui ont

€


€
€ nance de l’habitat principal (couche 2) au Noaillien (Onoratini,
1982). Le matériel provenant du secteur II était assez abondant
pour permettre une étude statistique. Les grattoirs sont peu
nombreux, le plus souvent en bout de lame simple, un exemplaire étant de type caréné. Les burins constituent le groupe
très fortement majoritaire, les dièdres étant très exceptionnellement présents. Les burins de Noailles (pl. II, n° 17-18) parfaitement typiques, présentant tous les types possibles : simples,
doubles, triples, quadruples…constituent plus de la moitié de
l’outillage lithique. On pourrait penser à une localisation préférentielle de ce type d’outils dans l’habitat, mais la fouille du
secteur IV, zone bien distincte, nous a permis de constater le
"
# 4


ˆ Z~ }‘ ”
en rapport avec les lamelles à dos et non avec les Gravettes
et microgravettes qui demeurent excessivement rares (pl. II,
n° 16), la pointe à cran est présente (pl. II, n° 15). L’outillage
de ce gisement est tout à fait semblable à celui des niveaux 4 de

45

l’abri Pataud (David, 1985), il montre des caractères noailliens
plus accentués encore que dans le site voisin de La Cabre. Il
est intéressant de remarquer la position identique de ces deux
stations : dans des zones basses de plaine alluviale, sur de petits
€

(moins de 2 km) de la mer, en bordure d’une zone plus ou
moins marécageuse. Tout cela nous conforte dans l’idée qu’il
'
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malheureusement l’acidité des sols et l’absence de tout type de
" €
€
' ' #

V.- APPROVISIONNEMENTS
EN MATIÈRES PREMIÈRES LITHIQUES
Dans la station des Gachettes 2, la série récente homo #



provenant du Bédoulien de la zone de Cuges ou de la Bédoule,
comportait quelques éclats et quinze burins de Noailles, attestant l’occupation du site par les Gravettiens noailliens. On peut
souligner que le matériau utilisé pour la confection des burins
de Noailles est un silex de très bonne qualité importé, sous
forme de rognons non préparés, d’une zone calcaire éloignée.
Les études des matériaux de la grotte de la Bouverie sont en
cours, et nous avons évoqué la présence importante de silex
provenant de Bargème, La Roque-Esclapon, mais aussi de
silex de provenance plus lointaine comme le silex blond du
Vaucluse particulièrement apprécié et le silex zoné du S de la
montagne de Lure.
Les études des matières premières lithiques du Gratadis
(Onoratini, Simon et Negrino, 2009) ont montré l’utilisation, parfois, de rhyolites locales (pl. II, n° 19), mais on
remarque qu’à cette période, l’aire d’approvisionnement en
# # `

celle du Gravettien à armatures. Ainsi les Gravettiens allaient
exploiter les sites du haut pays varois (Néocomien, Éocène
et Oligocène), mais aussi des silex blonds (Bédoulien) des
monts de Vaucluse ou des silex zonés (Oligocène) de la vallée
du Largue éloignés de plus de 150 km (pl. II, n° 20). Cette
utilisation d’une très bonne matière allochtone destinée à la
confection d’outils spécifiques comme certains burins est
remarquable. Le cortex présent dans plusieurs nucleus et outils
indique que ces rognons n’étaient pas toujours mis en forme
sur les lieux d’extraction. Parmi les matériaux allochtones, il
faut rappeler la radiolarite et les silex provenant de zones plus
lointaines d’approvisionnement, en Italie (Negrino et Tozzi,
2001 ; Negrino et Starnini, 2006).
Les stations du Blavet
Parmi les sites gravettiens, signalons les trois stations de
plein air du Blavet, au NE de la ville du Muy, dans l’Estérel
occidental, découvertes par A. Raux lors de la création d’un
chemin forestier, non loin de la grotte de La Bouverie située
plus au S. Cet atelier de taille se situe un peu en retrait de l’axe
des gorges du Blavet, s’ouvrant sur la vallée du Muy, et constituant un territoire clef de chasse des hommes du Paléolithique
supérieur. Sur la formation géologique permienne, la formation

+ €

Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

Gérard ONORATINI, Dominique CAUCHE, Vincent CELIBERTI et Patrick SIMON

46

lithique, formé de nombreux produits de débitage et de rares
4€ €
#


par son grain, sa couleur, son cortex et sa zonation, que nous
connaissions par ailleurs dans différentes grottes et sites de
plein air, nous avait amenés à rechercher sa provenance. C’est
au N de la ville de Fayence, non loin du village de Bargème,
situé au pied de la montagne de Brouis, point culminant du
département du Var (1 097 m) que ce matériau fut trouvé à
€ ' 4 9 „‚
Ce secteur présente en son centre, sur une dizaine de kilomètres, des formations détritiques à silex d’âges oligocène et
miocène. Sous-jacents à des argiles détritiques tertiaires, on
rencontre des calcaires à silex d’âge crétacé inférieur, livrant
de bons rognons de ce matériau, comme le montre une zone
€
] 9 € † €
ramassage localisé et d’un travail préliminaire d’investigation
(Riot, 1997). Il a été montré que, sur le site d’exploitation de
Bargème, le nombre de débris, d’éclats, et de pièces corticales, était très supérieur à celui mis en évidence sur l’atelier de
taille du Blavet. De plus, ont été établies des corrélations pour
la dimension des pièces entre les deux sites, mais aussi pour
les talons et la fracturation. Ces deux gisements sont distants
d’environ une trentaine de kilomètres ; depuis l’atelier de taille
du Blavet, on peut voir la bordure méridionale du plateau du
 † € 8
d’exploitation. Étant donné la rareté du silex dans le massif
de l’Estérel, il a été possible, grâce à ces marqueurs lithiques,
d’établir des liens entre cette zone d’approvisionnement en
matière première (Crétacé inférieur, mais aussi Éocène et
Oligocène) et les stations de débitage du Blavet ; ce qui permet
€ "
le comportement des sociétés de tradition gravettienne.
D’après ces recherches, il s’avère que le synclinal de
X " „4 9 „‚
ressource de matière, constituait le lieu le plus proche d’approvisionnement privilégié par les Gravettiens. Là, par un débitage
sommaire, ils testaient la qualité du matériau, nettoyant parfois
les rognons de silex de leur gangue pour alléger leurs poids lors
du transport vers des sites d’habitats permanents. Ainsi, des
stations comme celles du Blavet, campements de plein air à
fréquentation prolongée, leur servaient alors d’ateliers de débitage pour la confection de lames et lamelles et éventuellement
de nucleus, une partie de ces matériaux étant destinée à l’habi €

„


Provence), on connaît le site de la Baume Bonne. Ce gisement présente dans ses niveaux supérieurs un outillage riche
en pointes de la Gravette et pointes aréniennes qui avait été
classé comme Arénien (Escalon de Fonton, 1966 ; Onoratini,
1982) mais il semble qu’il se rattache plus probablement à un
Gravettien à pointes à face plane (en raison de l’absence des
rectangles).
La grotte de la Baume Bonne, située à 1 km à l’E de
Quinson, s’ouvre en rive droite des gorges du Verdon, quelques
centaines de mètres en amont du barrage EDF. Le gisement
fouillé par B. Bottet puis H. de Lumley (1969) renfermait,
au-dessus d’un complexe moustérien très important, quelques
niveaux du Paléolithique supérieur. Parmi les nombreuses cavités explorées et fouillées par J. Courtin et H. de Lumley, dans
les gorges du Verdon, la Baume Bonne est le seul gisement
qui ait fourni une industrie du Paléolithique supérieur. Les
niveaux de base renfermaient des industries de type Tayacien et
Charentien ; un plancher concrétionné A18 (Inter-Würm II-III)
scellait ces niveaux archaïques. Au-dessus, les couches de
sables argileux, A12 à A8, ont livré du Moustérien typique
tardif, riche en racloirs de faciès levalloisien (Würm III). Ces
niveaux étaient surmontés de sables limoneux caillouteux,
couches A7-A5, contenant l’outillage de tradition gravettienne.
Cette industrie (Escalon de Fonton, 1966) comportait des
grattoirs en bout de lame, longs, peu retouchés, mais parfois
à encoche, de nombreux burins sur troncature ainsi que des
lames tronquées. Il y a plusieurs pointes de la Gravette (et des
fragments) dont certaines à dos bipolaire, et de nombreuses
pointes aréniennes dont quelques-unes, très épaisses, tendent
vers de véritables limaces. On note aussi la présence de deux
pointes à faible cran. Cette industrie que l’on peut assimiler
$ ƒ
grotte des Enfants mais surtout de celle du niveau 3 de La
Bouverie. La richesse en pointes de la Gravette, en lames tronquées et l’absence d’éléments bitronqués, nous font attribuer
$ / € #

‚ • €
tienne existent comme celui de Roquemaure attribué à l’Arénien (Escalon de Fonton, 1966), mais aussi celui découvert
par A. Carry à Font-Pourquière (Livache et Carry, 1975) qui

€ €]
€ teste sur ce dernier gisement l’association d’un important pourcentage de pointes aréniennes et d’éléments à dos bitronqués.

VI.- LES GROUPES OCCIDENTAUX

Non loin de Puyméras (Vaucluse), sur la rive gauche du
X
€] 8
air de Bernucen a été mise au jour par des labours profonds.
Madame M. Maurel a pu recueillir la plus grande partie de l’industrie lors de plusieurs campagnes de prospections systématiques. Si, dans un premier temps, l’un de nous avait rapporté

En Provence calcaire, les sites du Gravettien sont beaucoup moins nombreux que dans les massifs cristallins de
Provence orientale. Dans la région du Verdon, au débouché
du canyon des moyennes gorges, à Quinson (Alpes-de-Haute-

A - Bernucen-Puymeras

Pl. II (page de droite)
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Puymeras ; 15 à 20 - Le Gratadis. Dessins P. Couzy, A. Raux et D. Cauche.
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LE NOAILLIEN DANS LE COMPLEXE GRAVETTIEN DU SUD-EST DE LA FRANCE

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Gérard ONORATINI, Dominique CAUCHE, Vincent CELIBERTI et Patrick SIMON

ces objets au Magdalénien (Onoratini, 1977), disposant par la
suite d’un plus grand nombre de produits de débitage, nous y
avons reconnu un Gravettien supérieur évolué (Bordes, 1968
et 1984). L’absence d’industrie osseuse et de faune alourdissait le problème, car on sait que de véritables pointes de la
Gravette existent dans certains sites magdaléniens du Sud-Est
de la France. Cependant la qualité des armatures gravettiennes
associées aux nucleus à double plan de frappe très incliné,
caractéristiques du Périgordien supérieur (Bordes, 1968), paraît
indiquer que cette industrie présente un phénomène analogue à
celui qui affecte la lignée occidentale du Périgordien classique
lors du passage au Protomagdalénien. Le débitage laminaire
poussé donne à l’outillage un aspect élancé et une qualité qui
évoque le Protomagdalénien du Sud-Ouest de la France et de
l’Auvergne (de Sonneville-Bordes, 1960 ; Bosselin, 1992 et
1997). Les grattoirs sur grandes lames brutes (pl. II, n° 13)
ou retouchées sont dominés par les burins. Les burins dièdres
bien représentés, souvent multiples, sont plus abondants que
ceux sur troncature retouchée. Les lames tronquées sont
nombreuses et variées. Parmi les lamelles à dos, il existe de
beaux spécimens de lamelles denticulées. Les pointes de la
Gravette et les pièces à cran sont en pourcentage égal. Il y a
quelques lames appointées, comme on en trouve ailleurs dans
Y

€
à cran médian (pl. II, n° 14). Ce site se trouve en plein cœur
de la zone des silex blonds du Bédoulien et témoigne que ce
matériau a été utilisé à plus de 90 % pour la confection de
l’outillage. Il évoque aussi par ailleurs les ateliers du Blavet
car, à côté d’un outillage peu abondant, se signale un stock très
„ ˆ 4
encore, il est très possible que certains matériaux soient destinés à alimenter des haltes de chasse ou des habitats en grotte
! " # ‚ 4
Gravettien demeure encore une industrie rare malgré quelques
découvertes récentes. Il est connu dans les gorges du Gardon
4 ! " # 4 X 8 #

de la Tave et de l’Hérault (Bazile, 1981, 2007).
B - La Salpêtrière
4 4 ! " #
— +
en amont de Remoulins (Gard), occupe la berge droite du
Gardon quelques centaines de mètres en aval du Pont du
Gard. Cette vaste cavité connue de très longue date a fait
l’objet de nombreuses fouilles plus ou moins étendues de la
part de Cazalis de Fondouce, Gimon, l’abbé Bayol, Goury. Le
premier n’étudia que les couches supérieures, du Néolithique
au Magdalénien ; c’est Gimon qui poussa les sondages
jusqu’à la terrasse du Gardon et explora ainsi tous les niveaux.
L’ensemble de tous les horizons supérieurs fut assimilé à un
niveau unique nommé Présolutréen surmontant un horizon à
!

€] cien. Puis le site fut fouillé et fortement détérioré par l’abbé
Bayol dans la zone E sans que les résultats en fussent publiés.
En dehors de ces fouilleurs, une multitude de collectionneurs
pillèrent le site, tronquant les dépôts de toutes parts par des
tranchées en tous sens. C’est en 1954 que M. Escalon de
Fonton reprit l’étude du gisement, en essayant de reconsti-

Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

tuer la stratigraphie générale du site grâce aux îlots résiduels
rescapés des fouilles anciennes. Ces recherches conduisirent
à l’individualisation, en 1956, sous une séquence solutréenne
dans le grand témoin Bayol, d’un niveau gravettien très pauvre
(couche 32). Dans le centre de la grotte, a été découvert un petit
foyer gravettien (couches 30 O), l’outillage peu abondant, avec
gravettes, microgravettes, pointes à cran et pièces pédonculées
(interprétées alors comme des Font-Robert cassées) fut attribué au Périgordien Va (Escalon de Fonton, 1966). Ce niveau,
très certainement retrouvé par F. Bazile (couche E1) et daté
(Mc 24 250-22 350 ± 350 B.P.), pourrait correspondre en fait
$ 6 #
4 ! " #

à cran et couteaux de Kostienki (pl. II, ˜ Z  "
rapproché de ceux du site ardéchois du Marronnier et du site
vauclusien de Bernucen, comme l’atteste la présence de pointes
étroites à dos et cran médian adjacent (pl. II, n° 2). Bien que
très modeste, l’outillage dispersé autour du foyer est réalisé en
silex blond bédoulien provenant de la vallée du Rhône pour
l’essentiel, quelques pièces montrent l’utilisation d’un silex
oligocène. Le débitage d’un rognon au moins de silex blond
bédoulien a été réalisé dans la grotte comme en témoigne une
# "

épuisé (pl. II, n° 6-7) et quelques éléments de débitage.
C - Le Figuier
La grotte du Figuier est située en rive gauche de l’Ardèche, presque à la sortie du canyon inférieur des gorges,
Z‘ + # 9 /
Le site fut fouillé en 1878 par L. Chiron, puis en 1892 et 1910
par P. Raymond. Son étude montra la présence de niveaux
moustériens et aurignaciens (Combier, 1967). Le remplissage
comportait certainement un niveau gravettien sous un niveau
solutréen, dans lequel fut découvert, en 1947 par P. Huchard
et A. Obenich, une tombe d’enfant. La stratigraphie dans ce
secteur comportait une couche I formée de blocs et cailloutis d’effondrement. Au-dessous, une coulée stalagmitique
(couche II) en pente vers le centre de la grotte scellait le
niveau III (0,6 à 0,8 m) contenant des foyers. Dans ces niveaux,
riches en ossements (renne, ours, bouquetin, bos, cheval, cerf
et loup), fut trouvé un outillage du Solutréen inférieur. C’est à
la base de ce niveau III dans un encorbellement rocheux que
fut découvert le squelette d’enfant. A ce niveau, le sédiment
était nettement coloré en brun rouge (ocre), là furent exhumées en outre deux lames de silex de 10 cm et une coquille
de Glycymeris violacescens L. (perforée près de la charnière
pour servir de pendeloque). Le tamisage a fourni une vingtaine

une pointe de la Gravette. Plus à l’E (donc au sommet de CIII)
furent recueillies des pointes à face plane typiques du Solutréen
ancien. D’après les observations stratigraphiques, le squelette
fut rapporté au Protosolutréen (Veyrier, Huchard et Obenich,
1953). Une étude anthropologique détaillée faite par G. Billy
en 1979 montra qu’il s’agissait des restes d’un enfant dont
l’âge n’excédait pas trois ans et qui présentait des caractères
archaïques, voisins de ceux rencontrés sur le sujet féminin
(Protomagdalénien) de l’abri Pataud. Un tamisage récent des

LE NOAILLIEN DANS LE COMPLEXE GRAVETTIEN DU SUD-EST DE LA FRANCE

sédiments de la grotte du Figuier a fourni à P. Madelain une
intéressante série de petits burins de Noailles caractéristiques
(pl. II, n° 8-11), quelques pointes de la Gravette et micro €
méditerranéen à la base du niveau protosolutréen (Solutréen
ancien). La sépulture, située à la base du Solutréen ancien et
dont l’outillage associé comportait une pointe de la Gravette,
était certainement liée à cet habitat gravettien. Cette probabilité est étayée par la parure et les caractères anthropologiques
du sujet étudié. On peut d’ailleurs remarquer l’analogie entre
l’inhumation du Figuier et les vestiges du Marronnier où, dans
les deux cas, les restes d’enfants ont été déposés dans la partie
W du site contre une paroi, avec utilisation d’ocre rouge et
parure de Glycymeris (Onoratini et Combier, 1991 ; Onoratini
et al., 1992). Une publication récente a permis de publier la
découverte d’un matériel ancien (inédit) provenant de cette
sépulture (Slimak et Plisson, 2008)

VII.- LA FIN DU GRAVETTIEN ET CONCLUSIONS
Postérieurement aux faciès à burins de Noailles du Gravettien moyen, le Gravettien oriental provençal poursuit son
évolution en passant par un faciès à nouveau riche en armatures, processus qui rappelle ce que l’on observe en Périgord
avec le Périgordien VI (Bricker et David, 1984) et VII (Bordes,
1968). On retrouve de telles industries en stratigraphie dans
les couches 4 de la grotte de La Bouverie où cet assemblage
évoque par sa composition typologique et sa position stratigraphique celui de la couche C de l’abri Mochi à Grimaldi.
% $
on voit resurgir un faciès à pointes à face plane : le Protoarénien

Gravettien et les prémices de l’Arénien. En effet avec ce
dernier faciès en couche 3 de la Bouverie, on assiste à une
brusque réapparition des pointes aréniennes en association
avec des pointes à cran montrant que le Protoarénien marque
le début de l’Épigravettien. Contrairement à ce qui se passe
en Périgord et en Haute-Loire (Bosselin, 1992 et 1997 ;
Djindjian et Bosselin, 1997) le stade terminal du Gravettien
" Y

conserve encore très longtemps ses armatures (gravettes et
microgravettes) jusqu’au Bouverien. Ainsi la culture gravettienne semble se poursuivre sans interruption de 23 000 à
12 000 BP prenant un aspect original : l’Épigravettien de la
zone provenço-ligure.
L’Arénien (Épigravettien ancien) se caractérise par un
faciès riche en pointes à face plane aréniennes, en pointes de
la Gravette et microgravettes, avec présence de pointes à cran
orientales de type Willendorf ou Kostienki (Onoratini, 1978 ;
Otte, 1981). L’Arénien supérieur vers 20 500 BP, faciès F,
conserve les pointes à face plane et pointes à cran auxquelles
s’ajoute un important pourcentage d’éléments bitronqués, les
rectangles, rappelant le faciès de Puchkari. Après le maximum froid du Pléniglaciaire, les industries vont subir une
ˆ
des grattoirs unguiformes, caractérisant le Protobouverien.
L’Épigravettien récent, riche en grattoirs unguiformes,
conserve des microgravettes, les pointes à cran et les pointes

49

aréniennes. Le Bouverien s’enrichit en microgravettes et
lamelles à dos, grattoirs unguiformes, et microlithes géométriques (abondance des triangles isocèles) et pièces multiencochées. Commençant probablement vers 19 000 avec ce
faciès de transition, le Bouverien s’achève vers 12 000 ans et
constitue, à l’E du Rhône et en Ligurie, l’industrie qui prend
la place chronologique du Magdalénien. Ces faciès évolutifs
expliquent l’impression d’une continuité culturelle (de tradition gravettienne) que l’on ressent à l’examen des outillages de
8 $ † €

du Mésolithique) contrairement à la discontinuité culturelle
que traduisent en zone occidentale les cultures du Solutréen
et du Magdalénien.
En Provence occidentale, le Gravettien ancien et moyen
est inconnu. Seul existe le Gravettien récent qui évolue vers
des faciès aréniens, riches en éléments bitronqués et pointes
aréniennes comme à Roquemaure, Font-Pourquière (Livache
et Carry, 1975) ou en pointes à cran, comme à Carry-le-Rouet
(Brochier et Livache, 2003).
En Ardèche, alors que les premières cultures du Paléolithique supérieur et notamment l’Aurignacien étaient faiblement représentées, sinon dans deux gisements : le Figuier et
€ Y"


l’existence du Protoaurignacien à la Baume Flandin, et l’examen de plusieurs séries anciennes a montré que le Gravettien
constitue la première étape importante du peuplement de
cette région. Comme nous l’avons évoqué en introduction,
pour le Gravettien on peut distinguer deux ensembles de
sites, les premiers jalonnant le couloir rhodanien, constitués
principalement de campements de plein air en étroite liaison
avec la zone lœssique, les seconds, répandus tout au long des
canyons calcaires ardéchois, installés en grottes et abris. Cette
double occupation du territoire correspond non seulement à
des sites distincts mais aussi probablement à l’arrivée en terre
ardéchoise de deux groupes gravettiens de tradition culturelle
différente (Onoratini et al., 1998). Les Gravettiens du couloir
rhodanien présentent une industrie de grande taille, riche en
burins, qui comporte outre la pointe de la Gravette, la pointe
pédonculée (de la Font-Robert), et la grande lame appointée
(parfois à retouche plate). Ces chasseurs nomades installés en
bordure de la vallée du Rhône ont pratiqué la chasse d’équidés,
cervidés, bovidés et capridés (site du Bouzil) mais aussi celle
du mammouth comme le montrent les sites de la dépression de
Toulaud (Lèches, Jaulan). Ils se rattachent au groupe gravettien du centre-est qui a progressivement descendu la vallée du
Rhône. Par contre, les Gravettiens des grottes de l’Ardèche et
 8 ^ 7 Y"
tent une industrie plus microlithique, riche en pointes de la
Gravette, qui comporte aussi la très petite microgravette, le
burin de Noailles, la pointe à cran méditerranéenne (à cran
bas obtenu par retouche abrupte), les microlithes géométriques
(technique du microburin) et le grattoir unguiforme. Ces
hommes ont chassé cervidés, bovidés et capridés. Ils se rattachent au groupe gravettien méditerranéen oriental et paraissent
" €‚ 4
Dans la zone à l’W du Rhône, à partir du substrat culturel
gravettien du Gard et de l’Ardèche, dont la richesse culturelle a
été accrue par la symbiose de deux traditions (méditerranéenne

Bull. Mus. Anthropol. préhist. Monaco, n° 50, 2010

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Gérard ONORATINI, Dominique CAUCHE, Vincent CELIBERTI et Patrick SIMON

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Pl. III
Carte des sites gravettiens du Sud-Est et gîtes de matières premières (dessin E. Mahieu) :
1 - Grottes de Grimaldi (Balzi Rossi), 2 - Les Luchons, 3 - Le Gratadis, 4 - La Cabre, 5 - Le Mal-Temps, 6 - La Bouverie, 7 - Ateliers de taille du
Blavet, 8 - Les Rainaudes, 9 - Les Gachettes, 10 - La Baume Bonne, 11 - Les Trecassats, 12 - Font-Pourquière, 13 - Roquemaure, 14 - Bernucen,
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Rh : Rhyolites du Permien, JS : Jurassique supérieur, VS : Valanginien supérieur, B : Bédoulien, O : Oligocène lacustre (bassin d’AptForcalquier), FNV : Oligocène et Miocène détritiques des fossés nord-varois. Matériaux exotiques : SR : Scaglia Rossa, RA : Radiolarites.
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et centre-est), va émerger un foyer solutréen bas rhodanien
original. En effet des éléments empruntés à ces deux cultures
(gravettes, pointes de la Font-Robert, pointes à face plane)
auxquels est appliquée la technique de la retouche plate, vont
présider à la phase initiale du Solutréen ancien. Ce secteur
paraît constituer, après le Périgord, le deuxième grand foyer
très précoce où, sur un substrat gravettien, prend naissance la
culture solutréenne qui développe plus particulièrement dans
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la zone méditerranéenne (Escalon de Fonton, 1965) avec un
art particulier (Combier, 1991 ; Onoratini, 1992 ; Clottes et
al., 2005), que l’on retrouve au débouché du Rhône dans la
grotte sous-marine du Cap Morgiou (grotte Cosquer) et dans
plusieurs gisements de la côte orientale de l’Espagne.

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caractérisé par le développement de l’industrie osseuse et
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Sud-Ouest français (Périgord, Pyrénées) réalisant ainsi tardivement une unité culturelle rarement connue de part et d’autre
du Massif Central pour l’ensemble du Paléolithique.
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et leurs approvisionnements, on peut dire que, dès le
Protoaurignacien, tous les gîtes de bon silex étaient connus,
tant en Provence qu’en Italie. Mais dès le Gravettien, cette
diversité de matériaux disponibles, fera l’objet d’une technique d’exploitation plus ou moins élaborée et organisée en
'


inter-groupes et de l’évolution culturelle des faciès dans le
temps (pl. III, n° 13). En Provence orientale, l’analyse du site

LE NOAILLIEN DANS LE COMPLEXE GRAVETTIEN DU SUD-EST DE LA FRANCE

noaillien du Gratadis est importante (Onoratini et al., 2009),
elle a permis de mettre en évidence la stratégie d’approvisionnement et d’utilisation du territoire par les chasseurs
gravettiens du massif de l’Estérel avec trois grandes aires
d’approvisionnement : un secteur environnant directement le
site, un secteur d’exploitation proche et un secteur lointain.
Dans l’environnement immédiat du site, les roches
volcaniques acides les plus aptes à la taille ont été recherchées de préférence, alors que d’autres roches basiques, quartz
et quartzite, sont très rarement ou pas du tout utilisées. Cela
contraste avec l’attitude des chasseurs néandertaliens antérieurs. Les matières sont introduites sur le site sous forme
de galets indiquant une prospection des anciennes terrasses
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plaquettes en rhyolite R2. Celle-ci est utilisée pour confectionner (technique de nucleus bipolaires) des lames et lamelles
rectilignes rarement transformées (couteaux naturels). Le lieu
principal d’approvisionnement est situé à 30 km du site. Deux
fois plus de matériaux en proviennent, certainement plus, car
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par cette zone du haut-pays varois. Nous avons vu que les
matériaux sont ramenés sur le site sous forme de galets (forme
qu’ils avaient dans ce secteur) et sont débités sur place pour
fabriquer des burins de Noailles et autres outils communs. De
cette aire d’approvisionnement a été aussi ramené un silex
de très bonne qualité, le silex gris-vert du Néocomien. Nous
avons vu que parfois ce matériau se retrouve débité dans des
ateliers de plein air comme le Blavet, sur la voie d’approvisionnement, avant de pénétrer dans les zones de chasse caractérisées par des sites de halte de chasseurs en grottes et abris
(exemple de la Baume Périgaud dans les Alpes-Maritimes
où un petit nucleus bipolaire à lamelles en silex gris-vert a
été retrouvé). Les sites d’approvisionnement lointains de la
montagne de Lure et du fossé de Murs nous montrent que les
bons rognons bédouliens blonds de Murs ou gris bleuté de
Sault ont été emportés (avec cortex) sur le site où ils devai "

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air dont le Gratadis. En ce qui concerne le silex zoné oligo-

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montré que, dans ces zones, les traces étaient ténues : quelques
éclats de test de rognons ou de plaquettes, parfois quelques
nucléus sur un talus marneux qui sera érodé et le matériel
perdu. En général les silex blonds sont utilisés pour façonner
l’outillage commun mais aussi les pointes de chasse. Certains
silex très beaux comme le zoné du Largue seront utilisés à des



comme nous l’avons vu dans La Barma Grande par exemple.
‚ † 4 tale, de provenance très lointaine, semblent transiter dans des
sites relais comme les grottes de Grimaldi avant de parvenir
dans les sites de Provence orientale. L’étude des sites en grotte
comme La Bouverie et Rainaude montrent que ces traditions
d’approvisionnement, instaurées au Gravettien, vont se perpétuer tout au long du Paléolithique supérieur régional, à l’Arénien et au Bouverien.
En Provence occidentale, la diversité minérale est moins
grande. Deux sources sont essentielles : l’Oligocène et le


vers l’Italie de bons matériaux, ils ne paraissent pas provoquer de retour de matériaux lointains italiens comme c’est
le cas en Provence orientale. De plus l’exploitation des sites
est différente. De grands gisements sont implantés, sur ou à
proximité des grandes zones d’approvisionnement comme
les secteurs géologiques bédouliens et parfois oligocènes (cf.
Font-Pourquière ou Puymeras). Dans ce dernier, c’est essentiellement le silex blond de très bonne qualité qui est utilisé
à près de 90 % tant pour la confection de l’outillage commun
que pour les armatures. De tels gisements avec plus de 60 % de
produits non transformés en outillage constituent de véritables
sites intermédiaires de confection de supports et de nucléus
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remarque qu’une activité de taille est pratiquée dans le site
pour la confection de l’outillage avec toute la chaîne opératoire
d’exploitation d’un nodule jusqu’à épuisement de celui-ci.

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