Publication des Actes de la journée d'étude 2017 V2.pdf


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5e journée d’études (2016-2017) - Les archives du pouvoir : pratiques d’hier et problèmes d’aujourd’hui

est également partagé par le public. Ainsi, lors des visites des dépôts d’archives,
lorsque l'on présente des chartes royales, un engouement et une certaine solennité
s'installe. L'autorité naturelle émanant de l'acte, de par son émetteur, sa forme et ses
signes de validation, marque toujours les esprits, bien des siècles après sa rédaction. Il
s’agit donc, dans le cadre de cette journée d'étude dédiée à l'élaboration des actes
comme enjeu du pouvoir, de comprendre le mode de production de ces actes et leurs
différentes formes.
Toutefois, en préambule, il nous faut faire le distinguo entre l'acte public et l'acte
privé5, puisque dès le haut Moyen Âge, cette différence est clairement marquée. Ainsi,
dans le formulaire de Marculf, daté du VIIe-VIIIe siècle, formulaire qui est le plus
important de l'époque mérovingienne, la première partie est dédiée au preceptio regalis
(acte royal) et la seconde au carta pagensis (acte écrit dans le pagus)6. Par ailleurs, l'acte
public est d'abord un ordre oral consigné par la suite par écrit, désigné sous les
vocables preceptum, auctoritas, edictum. Les différents termes employés pour désigner
les actes comme scriptum, carta, testamentum ne sont pas si simples à définir et à
organiser entre ces deux catégories au fil du temps. Ainsi dès le IX e siècle, les termes
preceptum et carta peuvent être employés indifféremment. Sans aborder les discussions,
voire polémiques sur ce sujet, il est d’usage de rester prudent lorsque l'on évoque la
production des chancelleries au Moyen Âge. Néanmoins, l'une des certitudes acquises
est que la production d'un acte royal reflète la position du roi et son autorité, et son
étude doit être liée au contexte politique lors de sa production. De plus, il faut préciser
que notre connaissance des actes royaux est tributaire des aléas de la conservation. Le
faible nombre d'actes conservé pour les Mérovingiens ne nous permet sans doute pas
de connaître avec précision le système d'élaboration de ces actes, comparé aux actes
carolingiens.
Ainsi afin de comprendre le processus d'élaboration des actes royaux au Moyen Âge,
nous proposons de voir dans un premier temps le rôle de la chancellerie et son
évolution dans l'élaboration des actes avant de voir les différentes typologies. En effet,
selon la nature de l'acte, le bénéficiaire et la portée politique, la chancellerie réalisera
un type d'acte précis. Puis nous nous intéresserons ensuite aux signes de validation
comme garants de l'authenticité de l'acte7.

5

Voir Olivier Guyotjeannin, Jacques Picke et Benoît-Michel Tock, Diplomatique médiévale, collection l’Atelier du
médiéviste, Brepols, 1993, p.103.
6
Voir A. Giry, Manuel de diplomatique, Paris, Hachette, 1894, p. 483. Le moine Marculf a réuni 37 formules de
diplômes royaux, et 52 pour les actes privés. Cela suppose que Marculf était soi lui-même chargé d'écrire des
actes ou qu'il a eu accès à plusieurs documents d'archives à l'abbaye de Saint-Denis, dépôt des actes royaux à
l'époque mérovingienne.
7
Le champ chronologique traité est volontairement long, afin de bien percevoir les différentes mutations,
puisque nous partirons des rois mérovingiens jusqu'à la fin du XV e siècle.

5