Publication des Actes de la journée d'étude 2017 V2.pdf


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5e journée d’études (2016-2017) - Les archives du pouvoir : pratiques d’hier et problèmes d’aujourd’hui

I Le rôle de la chancellerie et son évolution
À la cour mérovingienne, bien qu’il soit difficile d’établir une hiérarchie, le
référendaire8 est l’officier le plus important, avec le comte du Palais. Son rôle est
double : il est chargé de garder le sceau ou l’anneau sigillaire, et de valider les
diplômes. Dans les faits, la rédaction des actes est confiée aux « cancellarii » ou
« notarii », sous la surveillance du référendaire. Ce dernier peut ensuite soit reconnaître
l’acte en en vérifiant sa teneur ou le présenter au roi avant de le reconnaître. Comme
le souligne Lucien Perrichet, ces deux interventions sont réalisées à des moments
différents de la rédaction. Ainsi la présentation ne peut être faite sur l’original mais
bien sur la minute de l’acte visant à obtenir l’approbation du souverain avant d’établir
la version définitive qui est l’acte original. Par ailleurs, le caractère authentique de
l’acte réside dans plusieurs formules confirmatives et signes tels la souscription royale,
la souscription du référendaire et le sceau.
La souscription du référendaire participe ainsi à l’authenticité de l’acte9 : elle est
composée de son nom suivi du mot « jussus », puis soit « optolit » ou « recognovit et
subscripsit », ou juste l’un de ces deux mots. Des notes tironiennes suivent ensuite
donnant des renseignements sur la confection de l’acte précisant qui l’a ordonné ou
qui l’a relu ou répétant dans certains cas la souscription10.
Le changement de dynastie s’accompagne de mutation quant à l’organisation de
l’administration. Trois changements majeurs sont à observer quant à la production des
actes royaux : le premier concerne la disparition du titre de référendaire. Chrodgand
est le dernier à porter ce titre sous Charles Martel, maire du palais, entre 737 et 741.
L’explication en est simple : on assiste à l’avènement d’un nouvel officier, le maire du
palais, qui se situe au-dessus, dans la hiérarchie des officiers.
Le second changement consiste en la présence d’un chef unique à la chancellerie : alors
que précédemment plusieurs référendaires pouvaient être nommés, il n’y a plus
désormais qu’un seul officier à la tête de la chancellerie : le chancelier. On trouve à ses
côtés des notaires et des clercs11. La hiérarchie et le rôle de chacun sont clairement
établis : le chancelier est là pour reconnaître et souscrire les diplômes, il dirige des
notaires, aptes à le remplacer si besoin, qui sont chargés de vérifier et de dater les actes,
et enfin, on trouve des scribes chargés de la rédaction des actes originaux et des copies.
Le chancelier est donc choisi parmi les notaires.
Enfin, le troisième changement concerne le caractère ecclésiastique de la charge de
chancelier. Alors que sous les Mérovingiens, le personnel est essentiellement laïque,
8

Son titre vient sans doute du verbe referre en latin (rapporter), si l’on reprend la thèse de Lucien Perrichet : La
Grande chancellerie de France, des origines à 1328, thèse pour le doctorat, Paris, 1912, p.2.
9
Exemple de Grégoire de Tours, rapportant que sous Childebert II, Gilles, évêque de Reims, se prétend
possesseurs de plusieurs villes en vertu de chartes royales, mais le roi refuse de les reconnaître et pour vérifier
l’authenticité des chartes, il demande à son référendaire si celui-ci les a souscrites. Ce n’était pas le cas, et il fut
donc prouvé que les chartes étaient des faux.
10
Voir note de bas de page n° 2, page 21.
11
Cette évolution est remarquée en étudiant les souscriptions des actes de Pépin.

6