Benin Complet corrige .pdf



Nom original: Benin Complet_corrige.pdf

Ce document au format PDF 1.4 a été généré par Adobe InDesign CC 2017 (Macintosh) / Adobe PDF Library 15.0, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 01/02/2018 à 09:56, depuis l'adresse IP 154.118.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 765 fois.
Taille du document: 2.8 Mo (32 pages).
Confidentialité: fichier public


Aperçu du document


LE BÉNIN À L’UNESCO
Magazine d’information et d’analyse - Janvier 2018

Le renouveau

Culturel

Le Complexe W-Arly-Pendjari sur la liste du
Patrimoine Mondial de l’UNESCO
La réserve de biosphère du Mono
reconnue par MAB - UNESCO
Les succès de la diplomatie

N° 001

ÉDITORIAL

Au rythme du Bénin Révélé
Il est des moments où l’on a le sentiment de vivre comme une accélération de l’histoire.
Ils caractérisent en général soit de grands bouleversements du type révolutions, soit des
frémissements, plus discrets et ô combien porteurs de mutations qualitatives tout aussi
profondes. Sans s’y tromper, l’ère dite de la rupture inaugurée depuis un peu plus d’un an
au Bénin par l’accession au pouvoir du Président Patrice TALON se réclame de ces derniers.
Avec patience et méthode, le Bénin avance dans un programme de réformes politiques,
institutionnelles, économiques et sociales.

Irénée Bienvenu ZEVOUNOU 
Ambassadeur
Délégué Permanent

L’instrument le plus éloquent de cet engagement du Bénin pour les ODD est le Programme
d’actions du Gouvernement, encore appelé le Programme « Bénin Révélé » dans le mot du
Président de la République. Véritable boussole pour la période 2016-2021, il consacre une
vision, précise les axes et les choix politiques majeurs, définit les stratégies, et indique les
actions et les ressources. Point étonnant que le contexte actuel lui soit si favorable, comme
l’affirmait déjà Sénèque le Jeune au 1er siècle : « Il n’y a de vent favorable que pour celui qui
sait où il va ! »
Contre résistances voire résistances forcément inhérentes à tout processus de transformations
sociales, les réformes se mettent en place affectant progressivement nombre de sphères de
l’administration publique mais également les modes de fonctionnement et de gouvernance
avec des résultats aussi intéressants que significatifs dont la liste commence à s’allonger.
De Miollis, le champ de la diplomatie béninoise en fournit une illustration aussi éloquente
que variée à travers des avancées enregistrées au cours de l’année 2017. La signature en avril
2017 du nouvel accord-cadre de coopération entre le Bénin et l’UNESCO dans les secteurs
de l’éducation, des sciences, des sports, de l’information et de la culture, sur un horizon
de cinq ans, s’inscrit dans les innovations qui, à n’en point douter, vont faire école. L’année
2017 aura aussi consacré l’inscription, 32 ans après celle des Palais royaux d’Abomey (Zou),
du Complexe W-Arly-Pendjari (Atacora), le deuxième site sur la liste du patrimoine mondial.
Cette inscription, pour le moins historique, témoigne de changements significatifs dans la
gouvernance des équipes techniques de terrain et la planification stratégique ; elle témoigne
le dynamisme, fait de professionnalisme et de volontarisme, d’une diplomatie qui fédère des
intérêts et des énergies au niveau sous-régional, pour ensuite conduire et gagner des défis
sur le plan international. Il n’aura point échappé, par ailleurs, au public averti, l’intégration au
réseau des réserves de la biosphère de deux réserves nationales qui font désormais la fierté
du cadre de vie béninois. Le reste des résultats de cette année 2017 se résument, entre autres,
en une succession de succès diplomatiques marqués soit par les instruments de ratification
des conventions et accords de l’UNESCO soit par la participation active à la 39ème session
de la conférence générale avec une entrée remarquée dans plusieurs organes électifs dont
le pays était complètement absent depuis des années, lui redonnant un rayonnement à
l’international.
Mais le défi le plus important demeure cependant de maintenir et d’amplifier, dans toutes les
sphères de la vie sociale et professionnelle, le momentum induit par le Bénin Révélé et qui, à
l’expérience, s’avère un antidote à une certaine fatalité qui n’a que trop duré.
Nous ne saurions terminer sans adresser à nos chers lectrices et lecteurs nos vœux les plus
chaleureux pour de joyeuses fêtes de fin d’année et une nouvelle Année 2018 pleine de
promesses et de succès.

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

3

4

SOMMAIRE

FOCUS
Editorial. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Le mot du Président de la République . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Le Message du ministre des affaires étrangères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6-7

DIPLOMATIE
Accord cadre : vision novatrice de coopération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
L’âge d’or de la diplomatie culturelle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9
Conventions et accords de l’UNESCO :un bilan encourageant pour le Bénin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) : les grands défis pour le Bénin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11-12

ÉVENEMENT
Entretien avec la Secrétaire Générale de la Commission Nationale Béninoise pour l’UNESCO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13
39ème session de la Conférence générale de l’UNESCO : Pari gagné pour le Bénin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14-15
41ème session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO :
Le Complexe W-Arly Pendjari inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16
Présentation du Complexe W-Arly Pendjari . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17

INTERVIEW
Interview du Directeur du Patrimoine Culturel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18-19

SCIENCES
Le Bénin se révèle à travers le programme sur l’Homme et la biosphère à l’UNESCO. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20

CULTURE
Le masque Gèlèdè : la force du cultuel et la beauté du culturel africain. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21
Les ambassadeurs ALAVO et ZEVOUNOU à la Galerie VALLOIS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .22

DOSSIER
Dossier semaine africaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23-24

ACTIVITE
Mme Botbol reçue en audience par l’ambassadeur Zèvounou. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25
Hommage à l’Ancêtre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26

TOURISME
Promotion de la destination touristique « Bénin » en France. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .27

OPINION
UNESCO : Quel intérêt aujourd’hui pour le Bénin et comment accroitre la coopération ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .28
Les vœux du chef de l’Etat à la Nation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29
Noël à la délégation de Bénin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .29

LE BÉNIN À L’UNESCO
Magazine d’information et d’analyses/Janvier 2018 - N° 001
Directeur de Publication
Irenée Bienvenu Zèvounou :

LE BÉNIN À L’UNESCO

Rédacteur en chef
Sulpice Oscar Gbaguidi

Rédaction
Moïse Sagbohan
Franck Armel Afoukou
Andy Agossou
Service Financier
Raoul Ahovey

Secrétariat
Joëlle Finkpon
Mise en page et Edition :
UNESCO

FOCUS

L’espoir est permis
Le Programme d’Actions de mon Gouvernement pour le quinquennat 2016-2021 est porteur
d’espérance.
Modèle de démocratie et de stabilité, le Bénin dispose des atouts nécessaires pour devenir
un espace de développement durable et inclusif, de dynamisme économique et de progrès
social. Ce potentiel, inexploité depuis trop longtemps, ne demande qu’â être révélé.
En effet, la position stratégique du Bénin en Afrique de l’Ouest, son capital humain, sa stabilité
politique et ses patrimoines sont des avantages indiscutables. Il est donc crucial de mieux
faire connaitre et exploiter ces forces.
C’est tout le sens du Programme « Bénin Révélé ». Il vise à établir un cadre plus propice à
l’éclosion des talents et du dynamisme des Béninois de man ère à renforcer durablement le
développement de notre pays.
Patrice Talon
Président de la République
du Bénin

Le programme « Bénin Révélé » agit simultanément sur les leviers institutionnels,
économiques, et sociaux. Il se matérialise par 45 projets phares dans les secteurs clés de
l’économie. Il sera exécuté avec l’appui de partenaires privés. Ce programme constitue un
volume d’investissements sans précédent dans l’histoire du pays et ses effets ont vocation à
accroitre le pouvoir d’achat, améliorer le bien-être des populations, dynamiser l’emploi et faire
rayonner le Bénin à l’international.
C’est ainsi que manifeste le Nouveau Départ pour tous les Béninois, pour tous les secteurs de
l’économie et pour les relations entre notre pays et ses partenaires.

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

5

6

FOCUS

« Nos biens culturels ont
une valeur spirituelle importante »
En avril 2017, le ministre des
affaires étrangères lance un
message dans une interview
accordée à Radio France
Internationale.

Aurelien Agbénonci
le ministre des affaires étrangères et
de la coopération
RFI : Aurélien Agbenonci, le 27 juillet 2016, le Bénin a
demandé à la France la restitution des biens culturels
béninois conservés notamment dans les musées français.
De quels biens s’agit-il ?
Aurélien Agbenonci : Il s’agit de trésors royaux, de diverses œuvres
d’art, dans certains cas de documents, qui ont été pillés ou
emportés lors de la conquête coloniale du Bénin, mais aussi dans
l’œuvre des missionnaires, et qui se trouvent aujourd’hui dans les
musées, mais aussi dans les collections privées. Et nous essayons
de les récupérer.
Donc il s’agit, en fait, du butin de guerre des troupes
coloniales ?
Principalement du butin de guerre lors de la chute du roi
Béhanzin. Mais, c’est durant tout le processus de la colonisation,
et aussi après, que des objets ont été emportés.
Est-ce que vous avez une idée du nombre de pièces
concernées ?
Certains spécialistes disent autour de 6 000. On n’a pas un
inventaire exhaustif, mais c’est dans cet ordre-là.
Six mille pièces, parmi lesquelles il y a le trône et le sceptre
du roi Béhanzin ?
Il y a plusieurs récades [sceptres royaux de l’ancien royaume du
Dahomey, NDLR] des rois Ghezo, Glélé, Béhanzin. Il y a le trône du
roi Ghezo qui est majestueux, que vous voyez lorsque vous visitez
le musée du Quai Branly - j’y étais encore hier - ; c’est une série de
biens culturels qui font partie de notre patrimoine.

LE BÉNIN À L’UNESCO

Pour l’instant, vous n’avez pas encore établi la liste ?
Il y a diverses listes mais il n’y a pas encore une liste exhaustive. Et
vous savez qu’il n’y a pas de développement sans tenir compte de
ce qui constitue notre mémoire. Et, pour nous, leur valeur va audelà de ce que l’on peut imaginer. Et, dans certains cas, ces biens
ont même une valeur spirituelle importante pour les Béninois.
Alors, ce que nous essayons de faire, c’est de convaincre la partie
française qu’il est temps que ces biens retournent à la maison, qu’il
est temps que nous puissions récupérer quelque chose qui nous
appartient. Nous voulons développer un tourisme culturel. Et j’ai
rencontré le ministre des Affaires étrangères lors de mon séjour
ici, nous ne sommes pas dans la revendication. Nous sommes
dans une démarche de coopération pour récupérer des choses
qui sont à nous.
Cette lettre du Bénin est partie le 27 juillet 2016 et, le 12 décembre
2017, vous avez reçu une réponse de votre homologue français
Jean-Marc Ayrault. Il dit comprendre votre démarche, mais, en
même temps, il vous répond que les biens aujourd’hui entreposés
en France sont inaliénables et insaisissables.
Et même, il parle d’imprescriptibilité. Je ne suis pas venu pour
l’aliénation. Je ne suis pas venu pour saisir. Je suis venu pour
récupérer quelque chose qui est à nous. Et j’ai eu une conversation
très constructive avec Jean-Marc Ayrault, la semaine dernière,
pendant mon séjour à Paris, et nous sommes tombés d’accord
sur le fait qu’il faille aller dans la direction qui a été proposée par
le président François Hollande, le 12 décembre aussi, lors de
son tête à tête avec le président Talon. A savoir, mettre en place
une commission de coopération pour voir les modalités. Vous
savez, il y a diverses modalités. D’abord, en France, vous avez une

FOCUS

Statue royale anthropo-zoomorphe représentant le roi Béhanzin,
dernier roi du Dahomey

Le trône du roi Ghézo

commission scientifique des collections qui peut déclasser les
biens et, donc, nous pouvons changer le statut de ces biens.

prévu un développement touristique culturel important, avec
des aménagements matériels qui peuvent nous permettre de
conserver ces biens. Mais, de vous à moi, a-t-on besoin de justifier
à celui qui vous a enlevé quelque chose les conditions dans
lesquelles vous allez conserver ce qui vous appartient ?

Parce que certains biens peuvent être pillés ?
Voilà. Ce qui a été volé, pillé, doit être rendu, déjà.
Ce qui s’est passé pour un certain nombre de biens juifs pendant
la dernière Guerre mondiale…

On parle de restitution pure et simple, on parle de prêt, on

Exactement. On peut les restituer, on peut les mettre en dépôt,
on peut trouver des modalités de coopération muséale. Donc,
comme dit le président Talon, nous ne sommes pas dans la
revendication, nous sommes dans une démarche de coopération
pour que ces biens puissent nous revenir.

actuellement en France ?
L’avenir pour ces biens qui sont en France répond à un principe
général : le retour au Bénin. Maintenant, ce principe peut être
aménagé. L’aménagement c’est parfois le prêt, parfois le dépôt,
parfois des échanges dans le cadre de ce que l’on appelle la
coopération muséale, et ces biens seront accessibles, ils seront
bien conservés.

Ces œuvres, sur le marché, peuvent valoir plusieurs millions
de dollars. Si demain elles arrivent, par exemple, au musée
d’Abomey, c’est-à-dire le musée où se trouvent les palais
royaux d’Abomey, est-ce qu’elles peuvent être protégées
des voleurs ?
Bien sûr ! Ça fait bientôt un siècle qu’il existe des musées au
Bénin - ce qu’on ignore. Et nous avons aujourd’hui des dispositifs
qui nous permettent de conserver nos biens. Alors, dans le
nouveau programme d’action du gouvernement, nous avons

parle de dépôt. Quel est l’avenir pour ces biens qui sont

Et, demain, quand on ira visiter les palais royaux d’Abomey
on pourra retrouver leurs richesses ?
On pourra retrouver leurs richesses, à la fois à Abomey, mais aussi
à Porto-Novo et aussi à Ouidah, la cité historique, où certains
biens seront aussi exposés, et on pourra voir tous ces biens, bien
conservés.
Christophe Boisbouvier

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

7

8

DIPLOMATIE
Signature de l’Accord-cadre de coopération entre le Bénin et l’Unesco

Une vision novatrice de coopération

Le Minstre des affaires étrangères A. AGBÉNONCI et l’ancienne Directrice Générale de l’UNESCO Irina BOKOVA

La diplomatie béninoise a sans doute pris, le lundi 03 Avril 2017,
rendez-vous avec l’histoire. L’acte fondateur d’une nouvelle
ère a lieu au siège de l’Organisation des Nations Unies pour
l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) à Paris. Le Ministre
des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurelien Agbénonci
et la Directrice Générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova ont
signé un Accord-Cadre de coopération entre le Gouvernement
de la République du Bénin et l’Unesco en présence du Ministre
béninois des sports, M. Oswald Homeky , des ambassadeurs
Irénée Zevounou, Auguste Alavo et Benoit Ilassa respectivement
Délégué permanent du Bénin auprès de l’Unesco, ambassadeur
du Bénin en France et ambassadeur délégué permanent auprès
de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Cet accord établit entre le Gouvernement et l’UNESCO un cadre
juridique visant à promouvoir, à développer et à renforcer la
coopération dans le domaine de l’éducation, des sciences, de la
culture, de la communication et de l’information sur une base
d’égalité entre les deux Parties et d’avantages mutuels. « C’est
une innovation en matière de coopération entre un Etat et
une Organisation. Je suis fier chaque fois que le Bénin montre
le chemin » s’est félicité le ministre Agbénonci. L’Accord-cadre
prévoit en effet la création d’un Fonds-en-dépôt « Gouvernement
du Bénin /Unesco » d’un montant d’environ cinquante (50)
millions de dollars américains soit l’équivalent de trente (30)
milliards FCFA avec notamment une contribution financière de
l’Etat béninois au Fonds, d’un montant équivalent à cinq milliards

LE BÉNIN À L’UNESCO

huit cent quatre-vingt-dix-sept millions huit cent cinquante-cinq
mille huit cents (5.897.855.800) FCFA, sur une période de cinq (5)
ans (2017-2021).
Dans la nouvelle dynamique insufflée par une vision inédite et
féconde, le champ du projet couvre tous les secteurs d’action de
l’Unesco que sont l’éducation, la science, la culture, l’information
et la communication. Pour les domaines indicatifs de coopération,
l’Accord détaille trois (03) projets pour le ministère du tourisme
et de la culture, un (01) destiné au ministère de l’économie
numérique et de la communication, quatre (04) concernent
le ministère des enseignements maternel et primaire, cinq (05)
pour le ministère des enseignements secondaire technique et de
la formation professionnelle. Enfin, deux (02) projets visent des
choix qualitatifs dans le ministère de l’Enseignement supérieur et
la recherche scientifique.
« Un instrument élaboré sur un nouveau mode de coopération
entre une organisation et un Etat …une démarche approuvée
par le chef de l’Etat » a indiqué le ministre Aurélien Agbénonci qui
a salué le doigté de l’ambassadeur Zevounou, le dynamisme de
l’ancien Directeur régional de l’Unesco à Abuja, Benoit Sossou.
Il a rendu hommage aux différentes équipes de l’UNESCO qui
ont travaillé sur le projet. Comme un symbole, le Bénin devient le
pionnier d’un partenariat novateur entre un Etat et l’Unesco dans
ce siècle de la mondialisation culturelle.

Sulpice Oscar Gbaguidi

DIPLOMATIE

L’âge d’or de la diplomatie culturelle

Le Minstre des affaires étrangères A. AGBÉNONCI

Une nouvelle ère pour la diplomatie culturelle. Sous l’aiguillon
du régime de la rupture, le Bénin accumule les succès à l’Unesco
et valide sa visibilité. Le temps de l’apathie a cédé à des percées
diplomatiques majeures. Le rayonnement escompté n’est plus une
pure vue de l’esprit. Le Bénin brille à l’Unesco.

le Bénin et l’Unesco. Un « accord unique qui réunit cinq ministères
distincts autour d’une quinzaine de projets opérationnels »,
s’est félicité Aurélien Agbénonci. Le Bénin est ainsi au cœur d’un
partenariat innovant avec l’Unesco.

Sur le terreau de la rupture, la diplomatie produit des résultats
historiques. Le ministre des affaires étrangères Aurélien Agbénonci,
réputé pour son pragmatisme et sa rationalité, est d’une inspiration
fructueuse. L’Ambassadeur Délégué Permanent, Irenée Zèvounou,
fait admirablement bouger les lignes. Et les effets de la forte
synergie d’action donnent de l’éclat à la diplomatie culturelle.

La reconnaissance de la réserve de biosphère du Mono par MABUnesco est l’une des manifestations de la belle dynamique. Les
espèces emblématiques de la biodiversité dans cette zone sont
désormais protégées par l’Unesco. Les écosystèmes marins
terrestres et côtiers devraient apporter des solutions durables.
L’inscription du Complexe W-Arly-Pendjari sur la liste du patrimoine
mondial de l’Unesco est l’un des évènements de l’année.

Le printemps des ratifications est l’une des évidences qui étayent
la rupture avec un passé aride. Trois instruments de ratifications ont
été transmis à l’Unesco. Le premier concerne le Protocole instituant
une commission de conciliation et de bons offices chargée de
rechercher la solution des différends qui naitraient entre Etats
Parties à la Convention sur la lutte contre la discrimination dans le
domaine de l’enseignement (Paris, 10 décembre 1962)

La visite des ambassadeurs Auguste Alavo et Irenée Zèvounou à la
galerie Vallois illustre la nouvelle dynamique de l’efficacité et de la
promotion de la culture béninoise. L’art béninois était à l’honneur
sur» la route des mondes», une exposition à grande audience.
Les masques gèlèdè de Kifouli Dossou et les œuvres d’Edwige
Akplogan et Charly d’Almeida trônaient à la galerie au 35 rue de
Seine.

La deuxième ratification est celle de la Convention de 1970
concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher
l’importation, l’exportation et le transfert de propriétés illicites
des biens culturels. Enfin, la ratification de la Convention sur
l’enseignement technique et professionnel (Paris, 10 novembre
1989) complète la série.

L’élection du Bénin dans six organes subsidiaires de l’UNESCO reste
la preuve ultime de la fulgurante ascension dans la sphère d’une
visibilité retrouvée.

La diplomatie a mis à son actif, l’accord-cadre de coopération entre

Sulpice Oscar Gbaguidi

De toute évidence, le coup d’accélérateur du Nouveau départ,
donne du rythme à la diplomatie.

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

9

10

DIPLOMATIE
Conventions et accords de l’UNESCO :

Un bilan encourageant pour le Bénin
En franchissant la passerelle de l’Education pour s’intéresser
aux Sciences Humaines et Sociales (SHS), on note que dans
ce secteur, il n’y a qu’une seule convention. Il s’agit de la
Convention internationale contre le dopage dans le sport (2005).
Quantitativement, l’action normative de l’UNESCO dans ce champ
paraît peu prolifique. Mais l’essentiel ici tient dans la qualité, celle
du texte normatif existant. Parfois dans certaine situation, il faut
l’admettre, la quantité reste un paramètre d’appréciation très peu
déterminant.
En poursuivant le décompte dans le secteur des Sciences Exactes
et Naturelles (SC), le constat est quasi-identique. Deux (02)
conventions peuvent être signalées dans ce domaine. Pour ne pas
les nommer, il s’agit de la Convention relative aux zones humides
d’importance internationale particulièrement comme habitats de
la sauvagine (1971) et de son Protocole (1982).
L’année 2017 aura été marquée par le dépôt auprès de la
Directrice générale de l’UNESCO à Paris et du Secrétaire général
des Nations Unies à New York, en leur qualité de dépositaire, de
huit (08) instruments de ratification des conventions et accords
de l’UNESCO par le Bénin.
Cette action diplomatique fort remarquable s’inscrit dans la
politique extérieure du Gouvernement béninois dont l’une
des priorités est d’assurer le respect et la promotion du droit
international. Elle offre l’occasion de lever aussi un coin de voile
sur la situation du Bénin au regard de l’action normative de
l’UNESCO.

Une trentaine de conventions et accords
A ce jour, une trentaine de conventions et accords ont été adoptés
par l’UNESCO ou sous ses auspices. Ces instruments juridiques
couvrent la quasi-totalité des champs sectoriels dans lesquels
l’Organisation intervient.
Un bref regard sur le répertoire desdits instruments permet de
noter que dans le domaine de l’Education (ED), il existe douze
(12) conventions. Les plus importantes étant notamment : la
Convention concernant la lutte contre la discrimination dans
le domaine de l’enseignement (1960) et son Protocole (1962)
; la Convention sur l’enseignement technique et professionnel
(1989) et les Conventions régionales sur la reconnaissance des
études, des diplômes et des grades de l’enseignement supérieur
dont celle concernant les Etats d’Afrique (1981) et sa version
révisée (2014).

LE BÉNIN À L’UNESCO

Quant au domaine de la Culture (CLT), la liste des conventions
est relativement longue et dénote de la féconde et laborieuse
action normative de l’UNESCO dans le secteur. Au nombre des
vingt-deux (22) conventions existant dans ce secteur, les plus
importantes sont : la Convention sur la protection des biens
culturels en cas de conflit armé (1954) ; la Convention concernant
les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation,
l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels
(1970) ; la Convention pour la protection du patrimoine mondial,
culturel et naturel (1972) ; la Convention sur la protection du
patrimoine culturel subaquatique (2001) ; la Convention pour
la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) et la
Convention sur la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles (2005).
En dernier point de cette énumération sectorielle, figure le
domaine de la Communication et de l’Information (CI). On y
dénombre deux (02) conventions. La plus en vue semble être la
Convention concernant la distribution de signaux porteurs de
programmes transmis par satellite (1974).
Au-delà de l’adoption de ces conventions, le plus important reste
leur mise en œuvre. Il est, en réalité, du devoir de tout Etat Partie à
une convention de la mettre en œuvre de bonne foi. C’est le sens
du principe véhiculé dans la locution latine Pacta sunt servanda,
les accords doivent être respectés. Gravé en lettres d’or dans le
droit des traités, ce principe en constitue, sans conteste, l’une des
pierres angulaires de l’édifice.
Franck Armel Afoukou

DIPLOMATIE
L’Organisation Internationale de la Francophonie (O.I.F.)

Les grands défis pour le Bénin et le
Programme d’Action du Gouvernement

Le Président Patrice Talon et Benoît ILLASSA, Ambassadeur, Délégué Permanent du Bénin
auprès de l’OIF à Paris

L’OIF a succédé à l’ACCT (Agence de Coopération Culturelle
et Technique). L’ACCT dont le Bénin est l’un des 23 pays et
gouvernements membres fondateurs est née à Niamey (NIGER),
le 20 mars 1970. Depuis, cette Institution de grande influence
diplomatique et de développement planétaire a pris son envol et
compte aujourd’hui 84 pays et gouvernements.

Permanente auprès d’elle et d’y nommer un Ambassadeur en la

L’OIF, contrairement à ce que certains croient, n’est plus un
instrument au service de la langue française uniquement. Elle
intervient dans tous les domaines du développement. Le plan
quadriennal qui s’achève en 2018 a mis son champ de vision sur
l’économie numérique et l’emploi des jeunes et des femmes, les
couches les plus vulnérables.

Masters spécialisés sur les questions du développement durable.

Depuis de nombreuses années, cette Institution exhorte
fortement à la diversité culturelle, l’égalité Homme/Femme et au
respect des droits humains.

dont 27 viennent de créer leurs entreprises.

C’est donc pour bénéficier des expertises de l’OIF, de ses
instruments de développement, de son appui multisectoriel
que le Président Patrice TALON a décidé de créer une Délégation

Leaders de la Francophonie » (IJLF) qui à l’horizon 2022 mettra

personne de SEM Benoît ILLASSA.
L’OIF soutient le Bénin dans plusieurs domaines
L’université Senghor d’Alexandrie a signé un accord avec le Bénin
et vient d’ouvrir ses portes à Cotonou avec la création de cinq (05)

L’accord-cadre signé à Antanarivo lors du XVIème Sommet de la
Francophonie dans le cadre de « La promotion de l’emploi par
l’entreprenariat des jeunes et des femmes en Afrique de l’Ouest
» qui, a commencé par avoir des retombées. L’appui financier de
l’OIF en 2017 a permis de former 140 jeunes étudiants incubés,

La sélection du Bénin sur la liste des quatre pays dont trois de
l’Afrique de l’Ouest dans le cadre du programme « Initiative Jeunes
sur le marché 2000 jeunes leaders entrepreneurs et créateurs
d’emplois durables.

(Suite page 12)

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

11

12

DIPLOMATIE
Les grands défis pour le Bénin et le
Programme d’Action du Gouvernement
(Suite)

Michaëlle Jean, Sécrétaire Générale de la Francophonie

L’adoption depuis le 13 juin 2017 de la loi sur le code numérique
par l’Assemblée Nationale grâce à l’appui technique et financier
de l’OIF. Notre pays fait partie ainsi des tous premiers en Afrique
francophone à disposer de cet instrument qui fait de lui « le
quartier numérique de l’Afrique ».
Lors de la Conférence Ministérielle de la Francophonie (CMF) qui
vient de tirer les rideaux à Paris, le Ministre des Affaires Etrangères
et de la Coopération n’a pas manqué de dire combien le peuple
béninois se réjoui d’accueillir au Bénin, du 13 au 16 décembre,
Madame Michaëlle JEAN, Secrétaire Générale de l’Organisation
Internationale de la Francophonie (OIF).
Le Bénin se réjouit de l’hommage mérité qui a été rendu par les

Le Bénin a mené une activité diplomatique active et discrète
auprès des 84 pays et gouvernements membres de l’OIF pour
obtenir leur soutien en faveur de l’élection de Madame Reine
ALAPINI-GANSOU à la Cour Pénale Internationale (CPI).
Le Président Patrice TALON a soutenu activement la candidature
de notre compatriote Eric ADJA au poste de DIRECTEUR OIF du
Bureau Régional de l’Afrique de l’Ouest (BRAO) basé à Lomé
(TOGO).
Le Bénin préside le Groupe de Travail sur le français dans la vie
internationale à travers son Ambassadeur, SEM Benoît ILLASSA.
Dans les prochains numéros, nous reviendrons sur le programme
quadriennal de l’OIF dans ce secteur pour la période 2019-2022
qui aura le budget le plus important de l’OIF.

de l’environnement. Un hommage mérité lui a été rendu par les

Enfin, le XVIIème Sommet de la Francophonie à Erevan (Arménie)
en 2018 sera une très grande opportunité pour les entreprises
béninoises. Elles pourraient rentrer en contact avec leurs
homologues de la francophonie pour discuter des enjeux et des
perspectives de développement conformément à la stratégie
économique de l’OIF.

participants. Il a reçu une subvention de 10 mille euros.

Benoît ILLASSA

participants de la 34ème session de la CMF à Monsieur Gildas
ZODOME, jeune béninois, lauréat de la 1ère édition du prix « jeune
entrepreneur francophone » avec un projet de promotion d’engrais
et de pesticides biologiques respectueux de la santé publique et

LE BÉNIN À L’UNESCO

INVITÉ

« 2017 est riche en évènements pour
notre pays à l’UNESCO »
Entretien avec Mme Adélaide Fassinou Allagbada,
Secrétaire Générale de la Commission Nationale
Béninoise pour l’Unesco (CNBU)

Enseignante et écrivain, Mme Fassinou,
actuelle Secrétaire Générale de la CNBU
présente cette structure et parle de la
39ème Conférence Générale de l’Unesco

Pouvez-vous nous présenter la CNBU ?
Adélaïde Fassinou : La Commission Nationale Béninoise
pour l’Unesco est un service public sous tutelle du ministère des
enseignements maternel et primaire. C’est une direction qui compte
un peu plus d’une douzaine de personnes, tous des fonctionnaires,
agents permanents de l’Etat. Quelquefois, on reçoit des stagiaires
des universités privées de la place pour une durée de 2 ou 3 mois.
Le Ministre des enseignements maternel et primaire est le
président de la Commission. En tant que Secrétaire Générale
j’ai le devoir de répondre à toutes les sollicitations des différents
ministères dont les compétences entrent dans le champ de
l’Unesco.
Mme Fassinou vous venez de participer à la 39ème
Conférence générale de l’Unesco qui s’est tenue du
30 octobre au 14 novembre 2017 ; Quel bilan faitesvous pour le Bénin ?
A F : Une bonne participation malgré le nombre réduit de
délégué venus du Bénin. Heureusement que l’Ambassadeur
Délégué permanent Bienvenu Irénée Zèvounou et son équipe ont
fait un travail appréciable du point de vue organisationnel. Ils se
sont joints aux membres venus du Bénin pour faire une répartition
judicieuse dans toutes les commissions de manière à ce que le
compte-rendu soit le plus étendu possible.

Le MEMP a également prononcé une allocution appréciable dans
le cadre du débat de politique générale le vendredi 3 novembre
2017.
Et puis, ce que je retiens c’est surtout l’élection du Bénin dans six
organes de l’Unesco.
Le Bénin a accumulé des succès diplomatiques à l’Unesco
cette année
A.F : Effectivement 2017 est riche en évènement pour notre pays
à l’Unesco. Le complexe W-Arly Pendjari est inscrit cette année sur
la liste du patrimoine mondial. La Biosphère du Mono intègre la
liste des Réserves de biosphère du Programme MAB de l’Unesco.
De même la ville de Porto-Novo a été désignée pour faire partir du
réseau des villes créatives de l’UNESCO.
Au-delà de tous ces acquis, le plus important est la signature de
l’Accord-Cadre de coopération avec l’Unesco qui comporte 15
projets de cinq ministères.
Un dernier message ?
A.F : Je suis très contente de revenir une fois encore à la
Conférence Générale. J’y étais déjà en 2005. Je n’ai pas vu un grand
changement du point de vue protocolaire mais les problèmes
budgétaires de l’Unesco sont perceptibles.
Réalisé par la rédaction

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

13

14

EVENEMENT
39ème Conférence Générale de l’UNESCO

Pari réussi pour le Bénin

Karimou Salimane, Ministre des enseignements maternel et primaire à la tribune de l’UNESCO

Le Bénin de l’ère Talon a marqué les esprits lors de la 39ème
session de la Conférence générale de l’UNESCO qui s’est tenue à
Paris du 30 octobre au 14 novembre 2017. Retour sur les temps
forts d’une participation béninoise bien remplie et féconde.

cet accord qui est l’un des évènements de l’année 2017 à l’UNESCO.
Mme Bokova a tenu à dresser la couronne de lauriers au Bénin dans
l’une de ses ultimes interventions à la tribune de l’UNESCO.

L’Ambassadeur Délégué Permanent, Bienvenu Irenée Zèvounou
a initié une répartition rationnelle des délégués béninois dans
les différentes commissions. La bonne couverture est soutenue
par une équipe mobile qui fait le suivi des travaux dans toutes
les commissions. A noter que Franck Afoukou assurait aussi
la présence du Bénin dans le comité juridique (LEG) en tant
qu’observateur et veillait au grain dans la précieuse commission
des candidatures.

La capitale du Bénin est désormais dans le réseau des villes
créatives de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education la
Science et la Culture (Unesco). Parmi les 64 villes désignées par la
Directrice générale de l’Unesco pour rejoindre ce grand ensemble,
Porto-Novo prend une nouvelle dimension.

L’ancienne Dg Irina Bokov rend hommage au Bénin
Dans son introduction au débat de politique générale, Irina Bokova
alors Directrice générale sortante de l’UNESCO est revenue sur
l’accord-cadre de coopération signé entre le Bénin et l’Unesco
pour rendre hommage au Bénin qui pionnier de cette nouvelle
forme de coopération. Il s’agit d’un accord historique « un exemple
puissant de l’engagement du pays à mettre en œuvre l’agenda
2030 ». Accompagné par son collègue des sports Oswald Homeky,
le ministre des affaires étrangères Aurélien Agbénonci avait signé

LE BÉNIN À L’UNESCO

Porto-Novo désignée Ville créative de l’Unesco

Le réseau couvre sept domaines créatifs : artisanat et arts
populaires, arts numériques, cinéma, design, gastronomie,
littérature et musique. Il s’agira donc pour Porto-Novo de « placer
la créativité et les industries culturelles au cœur de son plan
de développement au niveau local et de coopérer au niveau
international… »
Créé en 2004, le réseau des villes créatives de l’Unesco (Rvcu)
vise la promotion de la coopération entre villes qui ont fait de la
créativité le pilier du développement durable. En rejoignant
cet important réseau, Porto-Novo s’engage à renforcer la création,
la production, la distribution et la diffusion des activités, des biens
et des services culturels.

ÉVENEMENT

Après l’accord-cadre de coopération avec l’Unesco, l’inscription
du Complexe Complexe W-Arly- Pendjari sur la liste du patrimoine
mondial de l’Unesco et la reconnaissance de la réserve de
biosphère transfrontalière du Mono par MAB-Unesco, le Bénin
est fier d’enregistrer la nomination de Porto-Novo comme Ville du
réseau des Villes créatives de l’UNESCO.

Le discours du MEMP
Dans une déclaration solennelle, le Ministre des Enseignements
Maternel et Primaire, Karimou Salimane a impressionné les délégués
lors du débat de politique générale. Quatre points sont à retenir
dans l’intervention du ministre. D’abord, les remerciements à la
Directrice Générale Bokova à qui, il a transmis « toute la satisfaction
et la gratitude du gouvernement et du peuple béninois, pour les
contributions de l’UNESCO dont notre pays bénéficie depuis son
élection ». Ensuite, Karimou Salimane a salué le travail de l’Unesco
« pour promouvoir l’essor du savoir et de la science à travers le
monde, pour semer dans les esprits et les cœurs, les germes de
la tolérance et de la paix, pour bâtir un monde sans turbulence et
sans conflit armé dans la différence des pensées et la diversité des
cultures ». Puis, il évoque les réformes du gouvernement dans le
secteur de l’éducation notamment la réforme phare de la création
de la Cité Internationale de l’Innovation du Savoir (CIIS). Enfin, le

ministre égrène les succès du Bénin à l’UNESCO en mettant l’accent
sur l’accord cadre qu’il considère comme « le plus important
programme qui unit l’UNESCO à notre pays depuis avril 2017 »

Le Bénin élu dans 6 organes subsidiaires de l’UNESCO
Le Bénin a réalisé l’exploit de se faire élire dans 6 organes
subsidiaires de l’UNESCO et devra désormais siéger au Comité
juridique, au Comité du siège, au Conseil intergouvernemental
du programme « Gestion des transformations sociales », au
Comité intergouvernemental pour la promotion du retour de
biens culturels à leur pays d’origine ou de leur restitution en cas
d’appropriation illégale (PRBC), au Conseil Intergouvernemental
du Programme international pour le développement de la
communication (PIDC) et à la Commission de conciliation et de
bons offices chargée de rechercher la solution des différends qui
naitraient entre Etats Parties à la Convention concernant la lutte
contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement..
Absent de tous les organes électifs de l’UNESCO depuis ses
dernières candidatures en 2011, le Bénin signe son grand retour
dans ces organes et opère son positionnement stratégique au
sein de l’institution.
La rédaction

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

15

16

EVENEMENT
41e session du Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco

Les coulisses de Cracovie
Le Bénin a participé à la 41ème session du Comité du patrimoine
mondial qui a eu lieu à Cracovie en Pologne du 02 au 14 Juillet
2017. La plupart des Etats Parties à la Convention de 1972
étaient représentés à cet important rendez-vous. Les principales
phases de cette session sont relatives à l’étude des dossiers, aux
assemblées plénières et aux événements parallèles.
Le règlement du problème des dossiers a été facilité par la
sensibilisation des Etats parties avec la coopération entre les trois
pays concernés par le Complexe W – Arly – Pendjari. Le Bénin, le
Burkina faso et le Niger. Le lobbyng auprès du groupe africain a
également contribué à l’obtention du soutien de plusieurs Etats
parties. De même, les réunions de concertation quotidienne
avant les assemblées plénières ont, non seulement renforcé la
cohésion au sein du groupe, mais aussi harmonisé les positions à
tous les niveaux y compris avec les autres pays africains.
Le 06 Juillet 2017, la délégation du Bénin,assistée des experts
du Burkina Faso et du Niger,a organisé une rencontre avec les
autorités de l’Unesco pour échanger sur des préoccupations
communes.
Lors des assemblées plénières, le rapport sur les Palais royaux
d’Abomey a été adopté sans discussion. Avec le soutien et les
félicitations de onze membres du Comité du patrimoine mondial
et l’adhésion de l’Union Internationale pour la Conservation de la
Nature (UICN) à la demande du Bénin pour la transmission de la
carte topographique à 1 /50e en Décembre 2019, le dossier du

41e session du Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco

LE BÉNIN À L’UNESCO

Complexe W - ARLY - Pendjari (W A P), est validé et adopté le 07
Juillet 2017.
S’agissant justement des événements parallèles (Side Events),
le Centre du Patrimoine mondial et le Fonds pour le patrimoine
mondial africain en partenariat avec le Centre International
d’Etudes pour la Conservation et la Restauration des biens
culturels (ICCROM) et le Conseil International des Monuments
et des Sites (ICOMOS), a organisé une rencontre sur le projet «la
Route de l’esclave» le 07 Juillet 2017. A cette occasion, le Bénin
a annoncé son intention d’accueillir une réunion internationale
sur la Route de l’esclave à Cotonou au cours de l’année 2018 avec
l’accompagnement du professeur Olabiyi YAI, Ce que les autorités
de l’Unesco ont approuvé.
L’Unesco s’est engagée à accompagner aussi bien l’expertise
dans l’élaboration des dossiers à inscrire que les formations
professionnelles du secteur du patrimoine culturel. A la demande
du Bénin, le Centre du Patrimoine Africain (EPA) de Porto-Novo
pourrait être érigé en catégorie II.
En clair, l’année 2017 a révélé comment l’émergence du Bénin
sera une réalité grâce à une dynamique de lobbying et de suivi
des dossiers de projets à tous les niveaux. Le même élan doit être
observé pour que l’année 2O18 soit également porteuse de bons
résultats.
Moïse SAGBOHAN
Délégué Permanent Adjoint du Bénin, Unesco. Paris.

ÉVENEMENT

Présentation du Complexe
W-Arly-Pendjari

La quarante-et-unième (41ème) session du Comité du patrimoine
mondial qui s’est tenue du 2 au 12 juillet 2017 à Cracovie (Pologne)
a été un rendez-vous décisif pour notre pays. Conjointement avec
le Burkina Faso et avec l’accord et le soutien du Niger, les deux
pays de la sous-région ouest-africaine ont défendu avec succès,
à l’occasion, leur dossier commun d’inscription du Complexe
W-Arly-Pendjari sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cette inscription est réalisée en extension du Parc National du W
du Niger, bien du patrimoine mondial depuis décembre 1996.
Le Complexe W-Arly-Pendjari est une réserve transfrontalière
partagée entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Il s’étend sur
une superficie non négligeable de 2.620.739 ha. Son principal
atout réside tout d’abord dans cette généreuse superficie.
Comparativement aux biens du patrimoine mondial situés dans
la région, le Complexe W-Arly-Pendjari présente les attributs d’un
site suffisamment vaste. Il supplante dans sa dimension spatiale
le Parc national du Manovo Gounda St Floris (1 740 000 ha) en
République Centrafricaine ; le Parc national de la Comoé (1 150
000 ha) en Côte d’Ivoire ; le Parc National du Niokolo-Koba (913
000 ha) au Sénégal et la Réserve naturelle intégrale du Mont
Nimba (18 000 ha), entre la Guinée et la Côte d’Ivoire.

Des atouts exceptionnels
Un second atout significatif du Complexe réside dans la richesse
et la diversité de ce qu’il regorge en faune et en flore. Pour s’en
tenir à la faune, on y découvre des espèces emblématiques à
l’instar de l’éléphant, du lion, du guépard, du léopard, du buffle,
de l’antilope et de l’hippopotame pour ne citer que celles-là. Il
s’y trouve également environ 460 espèces d’oiseaux sédentaires,
115 espèces de poissons dont six endémiques de même que de
nombreuses espèces de reptiles et d’amphibiens.
Mais c’est surtout à l’égard des espèces en péril que le Complexe
W-Arly-Pendjari offre enfin un atout particulier en raison de ses

vastes territoires significatifs pour la conservation de la grande
faune africaine appartenant à la région soudano-sahélienne. On
y retrouve, au titre de ces espèces, l’outarde de Denham, le calao
à casque jaune, le lycaon, la gazelle à front roux, le damalisque
et le lamantin. A n’en point douter, le Complexe constitue
actuellement pour ces espèces, le refuge naturel le plus viable et
disponible dans la région. C’est également là que réside sa valeur
universelle exceptionnelle.
La décision souveraine du Bénin et du Burkina Faso de faire
inscrire ce Complexe sur la liste du patrimoine mondial vise à faire
reconnaître la valeur exceptionnelle de ce patrimoine naturel,
suivant deux critères.
Pour son examen de passage, la proposition d’inscription du
Complexe W-Arly-Pendjari a été passée au crible des critères
(ix) et (x). Au regard du critère (ix), le Comité du patrimoine
mondial a reconnu que le Complexe W-Arly-Pendjari est un
continuum d’écosystèmes où divers processus écologiques et
biologiques se déroulent, favorisant l’existence d’un système
dont la biologie et l’écologie sont dynamiques. Quant au critère
(x), les experts ont admis que le Complexe joue un rôle important
dans la conservation des dernières populations de mammifères
de la région. La diversité spécifique et l’abondance des habitats,
la présence d’espèces rares ou menacées et enfin la présence
d’espèces endémiques sont les principales caractéristiques qui
justifient ce critère (x).
Au demeurant, le Bénin a réalisé l’exploit de faire inscrire ce site sur
la liste du patrimoine. Cette inscription porte à deux le nombre de
biens que notre pays a réussi à faire figurer sur cette liste après les
Palais royaux d’Abomey en 1985.
Franck Armel Afoukou

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

17

18

INTERVIEW

« Le patrimoine culturel du Bénin est
tellement riche et diversifié… » 
Historien de l’art, enseignant au département d’histoire et d’archéologie d’AbomeyCalavi, Didier Houénoudé, Directeur du patrimoine culturel (Dpc) du Bénin parle
entre autres de la richesse culturelle du Bénin et de l’inscription du Complexe W-Arly
Pendjari sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco
Quel état des lieux pouvons-nous faire de nos jours du
patrimoine culturel du Bénin ?
DPC : Le patrimoine culturel du Bénin est assez riche et
extrêmement diversifié, mais peut-être méconnu par beaucoup
de béninois et même nos communes. Au niveau du patrimoine
culturel béninois, nous avons des biens matériels et immatériels.
Certaines communes ont compris les enjeux de faire l’inventaire
de leurs patrimoines et de les sauvegarder. C’est le cas d’une
ville comme Porto-Novo, la capitale de notre pays, qui a fait
réaliser l’inventaire de son patrimoine entre 2001 et 2002. C’est
également le cas de la ville de Ouidah ainsi que plusieurs autres
villes dont Nikki et Abomey qui ont commencé par s’intéresser à
leur patrimoine. L’état des lieux du patrimoine culturel béninois
a commencé donc par aller mieux, vu que les communautaires
eux-mêmes mesurent finalement l’utilité du patrimoine et ses
enjeux pour le développement
Le Complexe W-Arly Pendjari est récemment inscrit sur
la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Dites-nous
! Comment a été mené le processus qui a conduit à cette
inscription ?
DPC : Le processus d’inscription d’un bien est souvent long et
ardu, parce que l’UNESCO demande beaucoup d’éléments avant
d’inscrire un bien. Il y a dix critères qui touchent à la fois les biens
culturels et naturels et il faut satisfaire à au moins deux des critères.
L’un des plus importants critères s’appelle VUE, Valeur Universelle
Exceptionnelle. Le processus commence lorsque le bien a été
identifié. Il est ensuite inventorié et soumis à une liste nationale
puis envoyé sur la liste indicative à l’UNESCO qui est la liste sur
laquelle se trouvent des biens susceptibles d’être inscrits. Une
fois versé sur la liste indicative, le bien doit y passer au moins une
année avant d’être éligible au patrimoine mondial. Et suite à son
éligibilité, il faut satisfaire les différents critères, remplir les différents
formulaires et ainsi réaliser tout un dossier sur le bien à savoir
faire sa bibliographie, qui contient même des visuels. Souvent
on demande également, s’agissant du patrimoine physique, la
cartographie qui est un critère extrêmement important. Il faut
également fournir un plan de gestion qui consiste à indiquer
comment et par qui le bien sera géré une fois inscrit en vue

LE BÉNIN À L’UNESCO

d’éviter qu’après l’inscription le bien soit laissé pour compte.
Donc il faut associer le plan de gestion des communautaires.
De même, il faut mettre en place les moyens de cette gestion
et tout cela prend beaucoup de temps. Il faut alors dire que le
Parc W a suivi toutes ces étapes et ça a logiquement duré. Il faut
souligner également que le Parc W est une extension, parce que
le bien a été déjà inscrit par la Partie nigérienne. Le Niger avait
déjà inscrit sa partie et lorsque le Bénin a voulu inscrire la sienne,
l’UNESCO a notifié qu’elle privilégie les biens transfrontaliers, car
cela facilite la gestion que les pays inscrivent des biens qu’ils ont
en commun. C’est ainsi que le Bénin et le Burkina-Faso se sont mis
d’accord pour demander l’extension avec le concours du Niger
puisqu’il faut que l’Etat qui avait déjà inscrit sa part donne son
accord, ce que le Niger a fait. Ensuite, les experts des trois pays, le
Bénin, le Burkina-Faso et le Niger, ont travaillé pour faire aboutir
le dossier. Ici au Bénin, la partie qui a beaucoup plus travaillé sur le
dossier, c’est le Centre national de gestion des réserves de faune
(Cenagref ).
Et après ?
Toujours dans le processus, une fois que le dossier est soumis à
l’UNESCO, un organe consultatif est dépêché sur place. Comme
organe consultatif, il y a l’UICN, l’Union internationale pour la
conservation de la nature qui est pour le patrimoine naturel et
ICOMOS, le Conseil international des monuments et des sites
qui est pour le patrimoine cultrel. Et comme la Pendjari est un
patrimoine naturel, ce sont les experts de l’UICN qui ont procédé
à une évaluation. Ces experts viennent vérifier la conformité du
bien avec le dossier et donnent leur avis consultatif qui peut être
favorable comme défavorable. Lesdits experts ont effectué le
déplacement plusieurs fois et nous avons travaillé ensemble. Ils
ont même fait des recommandations que nous avons observées
et au terme, leur avis a été positif. Ainsi, le dossier est passé sans
problème sauf que l’UNESCO nous a demandé la cartographie au
50/1000ème de la Pendjari ce qui veut dire qu’il faut cartographier
toute la zone. Or les Burkinabés ont demandé à leur organisme
qui s’occupe de la cartographie de faire leur devis et cela tourne
autour de 800 millions de Francs Cfa. Alors qu’on sait qu’au niveau
du Parc W, la partie béninoise est plus grande que celle du Burkina-

INTERVIEW
« Le patrimoine culturel du Bénin est
tellement riche et diversifié… » 

Didier Houenoudé, Directeur du Patrimoine Culturel

Faso, ce qui induit que le coût ira au-delà de celui du Burkina-Faso.
Cela demande donc de très grands moyens. L’Etat béninois a de
ce fait demandé à l’UNESCO d’accepter l’inscription sous réserve
de la réalisation de la cartographie et s’est engagé à le faire d’ici
à décembre 2019. Heureusement, nous avons bénéficié de la
clémence de l’UNESCO qui a accédé à cette requête du Bénin.
Le Bénin dispose-t-il d’autres biens à inscrire ?
DPC : Effectivement. Le Bénin dispose encore énormément de
biens à inscrire. Il y a par exemple le Kutamanku c’est-à-dire les Tata.
Le Togo a déjà inscrit sa partie et il ne reste que l’extension à faire.
Il y a également la Cité lacustre de Ganvié qui est une merveille et
que nous avons inscrite sur notre liste de sites. Il y a possibilité de
l’inscrire. Nous en avons parlé avec nos collègues et partenaires du
fonds africain pour le patrimoine mondial basé en Afrique du Sud
qui sont d’accord pour nous accompagner sur ce dossier.
Nous avons aussi la Gaani sur le patrimoine immatériel autour
de laquelle nous menons des réflexions quant au projet de
l’inscription. Il y a également la mosquée centrale de Porto-Novo
qui est un modèle rare.
Quels sont les projets de l’Etat pour la culture béninoise ?
DPC : Je dirais que nous nous battons aujourd’hui pour sortir
certains textes de loi qui vont permettre de mieux gérer le
patrimoine et les musées. Je préfère aborder un peu plus les
questions de musées, car ils ne se portent pas bien pour faute de
moyens. Il faut rappeler que les musées sont des organismes à but

non lucratif et l’Etat a le devoir d’assurer la culture à la population,
raison pour laquelle il doit mettre des moyens suffisants à la
disposition des musées ;car il y a des professionnels qui se battent
mais manquent de moyens étant donné que les musées ne
génèrent pas de ressources ; car tout ce qui sort d’un musée est
issu des fonds que procurent les visites. Il existe des musées dont
le personnel est juste composé du conservateur et du gardien, ce
qui n’est pas bien et exige de recruter davantage d’agents.
S’il y a des mécènes, il faut qu’ils aident les musées. Il faut que
les associations en fassent autant à travers des nettoyages
périodiques qu’elles peuvent organiser à la faveur des musées ou
à travers l’organisation des manifestations nécessitant des visites
dans les musées. Si des citoyens découvrent un problème donné,
qu’ils nous le signalent.
Votre mot de fin
DPC : La culture, c’est la base réelle du développement. Un peuple
cultivé sait où il va et peut facilement appréhender son destin. Je
voudrais encourager les Béninois à se cultiver. La culture n’est pas
devant la télévision, mais elle se trouve dans la réalité. Il faut que
les compatriotes partent vers nos sites et musées pour les visiter
et s’approprier la culture. C’est par ce moyen qu’on peut mieux
connaitre son pays, mieux se comprendre et mieux construire une
Nation, car je suis convaincu qu’il existe des citoyens qui ne sont
jamais sortis de chez eux pour aller découvrir d’autres localités.
Réalisé par la redaction

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

19

20

SCIENCES

Le Benin se revèle a travers
le programme sur l’homme et
la Biosphere de l’UNESCO (MAB)
Le Conseil international de coordination du Programme sur
l’Homme et la Biosphère (MAB-CIC) de l’UNESCO a ajouté 23
nouveaux sites au Réseau mondial de la biosphère lors de sa
29ème session tenue du 12 au 15 juin à Paris,
PROG

RAMM

Les réserves de biosphère sont des lieux d’apprentissage pour
un développement durable dont l’objectif est de concilier
la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable des
ressources naturelles. De nouveaux sites sont désignés chaque
année par le Conseil du MAB.

D’une part la réserve de biosphère du Mono (Bénin) : situé dans le
sud-ouest du pays, c’est un site de 9 462 ha avec des écosystèmes
comprenant des mangroves, des zones humides, des savanes et
des forêts. Il abrite d’importantes espèces phares de la biodiversité
comme le dugong, les vaches de mer, les hippopotames et deux
espèces de singes. Près de 180 000 habitants vivent dans la
réserve, principalement du bétail et de la petite agriculture d’huile
de palme et de noix de coco, ainsi que de la pêche.
D’autre part la réserve Transfrontalière de Biosphère du Mono
(Bénin / Togo) : Situé dans le sud du Bénin et du Togo avec une
superficie de 346 285 ha, le site s’étend sur la plaine alluviale, le
delta et la côte du fleuve Mono. Il regroupe les réserves nationales
de biosphère du Bénin et du Togo du même nom et présente
une mosaïque de paysages et écosystèmes, de mangroves,
de savanes, de lagunes et de plaines inondables ainsi que de
forêts dont certaines sont sacrées. La réserve de biosphère abrite
environ deux millions de personnes, dont l’activité principale est
l’agriculture à petite échelle (huile de palme et noix de coco), le
pâturage du bétail, la foresterie et la pêche.
Pour rappel, le rôle du MAB-Cic est, entre autres d’orienter et
superviser le Programme MAB; examiner les progrès accomplis
dans la mise en œuvre du programme ; de recommander
des projets de recherche aux États et faire des propositions sur
l’organisation de la coopération régionale ou internationale.
Le Conseil est composé de trente-quatre (34) Etats membres
de l’UNESCO, élus par la Conférence générale à ses sessions
ordinaires en tenant compte d’une répartition géographique
équitable, de la nécessité d’assurer une rotation appropriée, de

LE BÉNIN À L’UNESCO

Progra
sur l’H mme
om
et la bi me
osphèr
e

E SUR
L’HOM
ME ET
LA BIO
Le Con
se
SPHER
du Progr il internation
E
al de co
amme su
ordinat
r l’Hom
ion
me et la
a décidé
biosphèr
de désign
e
er

Mono

pour in

Le Bénin s’est particulièrement illustré au cours de la 29ème
session en se révélant à travers deux réserves de biosphère qui
ont rejoint le réseau mondial.

O
des Na rganisation
tio
pour l’é ns Unies
nce et ducation,
la cultu
re

la scie

Bénin

clusion
da
de réserv ns le Réseau m
es de bi
on
Les prin
osphère. dial
ci
sont repr paux types d’
écosystè
ésentés
de la di
m
da
es et de
ns ce ré
versit
pa
se
ainsi qu é biologique, à au qui est con ysages de la pl
’à la dé
anète
sacré à
finition la recherche et
la
à la surv conservation
des mod
èles
eill
au serv
ice de l’h de développem ance continue,
La part
ent dura
umanit
icipat
é.
ble
et les éc ion à ce réseau
hanges
aux niv mondial faci
lite la co
eaux ré
gional et
op
internat ération
ional.
DATE
D’I
NSCR

IPTIO

14 juin 2
017

N

DIREC

TRICE

GENER

ALE D

E L’UN

ESCO

la représentativité de ces Etats du point de vue écologique dans
les divers continents et de l’importance de leur participation
scientifique au programme international.
Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule …
Le Conseil international de coordination du Programme sur
l’homme et la biosphère (MAB) de l’UNESCO, en la même session,
a nommé le 13 juin 2017 les récipiendaires des Prix des jeunes
scientifiques de 2017 pour la gestion des réserves de la biosphère.
Au nombre des sept jeunes scientifiques distingués, figure
Stella Marlène B. F.Sokpon, une ressortissante du Bénin… pour
sa recherche sur la participation des communautés locales aux
activités d’écotourisme nommée et sur les attitudes à l’égard de
la conservation de la biosphère de Pendjari.
Les six autres jeunes scientifiques récipiendaires viennent de
l’Algérie, du Cameroun, de la Hongrie, du Kazakhstan, du Mexique
et de la Malaisie.
Le programme MAB a, depuis 1989, accordé jusqu’à cinq millions
de dollars pour encourager les jeunes chercheurs à entreprendre
des travaux sur les écosystèmes, les ressources naturelles et la
biodiversité.
ADP/BIZ

CULTURE
A la découverte du masque Gèlèdè :

la force du cultuel et la beauté
du culturel béninois
Exécutée par les ethnies nago et yoruba, la danse du Gèlèdè est
dirigée au plus haut niveau par une femme appelée «Iya-Lashè».
Le Gèlèdè implique donc une société secrète mixte dans laquelle
la femme a un rôle important tant sur les grandes décisions que sur
les menus détails. Les femmes se placent en dessous des hommes
dans la chaine dirigeante mais sont souvent en harmonie avec
ces derniers. Le titre le plus élevé que porte la femme dans la
hiérarchie de cette société est Iya-Lashè; elle accompagne son
égal mâle Babalashè en haut de la hiérarchie. « Iya-Lashè a pour
responsabilité de veiller sur les masques, pour que leur sortie ne
soit pas anarchique et de protéger les danseurs contre les mauvais
sorts qui pourraient leur être jetés au cours de la danse. Elle fait
aussi régner l’ordre à l’intérieur de la communauté et sélectionne
les masques en fonction de la circonstance », précise Balogoun
Djima, enseignant et membre de la communauté Gèlèdè.
Ayant les traits d’une femme, symbole de la beauté féminine, ces
masques sont portés par des hommes dans un accoutrement
particulier et sortent de jour comme de nuit, soit pour des
cérémonies de réjouissance ou pour implorer les ancêtres afin
de conjurer un mauvais sort. « Le masque sort pour résoudre
les problèmes individuels, familiaux (stérilité, maladie, décès,
malédictions...) ou d’ordre collectif comme les calamités naturelles.

Des traits d’origine
Des balafres horizontales ou verticales sur les joues, le masque
Gèlèdè, sculpté aux traits physiques des Yoruba, porte des
statuettes fixes ou en mouvement véhiculant un message précis.
« Sur les masques, il y a des cicatrices sur les joues comme on
le voit chez les Yoruba. Les trois cicatrices symbolisent les traits
faits par leur animal totem qui est la panthère. Les animaux ou
les scènes représentées sur les masques varient selon le message
véhiculé par le masque à sa sortie. Dans un accoutrement à
dominance rouge brillant avec des anneaux en fer aux pieds,
le porteur du masque draine la foule selon son titre. A en croire
certains initiés, ne porte pas le masque Guèlèdè qui veut, mais
celui qui est désigné par le «Fâ» (l’oracle). A cet effet, à chaque
sortie des masques Gèlèdè, une consultation du Fâ est faite afin
de savoir ceux sur qui le choix sera porté. « Après le choix des
porteurs de masques, on implore le dieu de la terre car, c’est sur
la terre que les masques vont danser. Puis le dieu «Ogou» (dieu
du fer) puisque, c’est avec des outils en fer que tous les masques
ont été taillés. Après avoir reçu l’autorisation de tous ces dieux,
on procède encore à certaines cérémonies. Après avoir fait tout
cela, le masque «Tétédé» (masque féminin) sort. La danse de ce
masque féminin prépare le terrain au grand masque appelé «Efè»
qui est un masque masculin avec des superstructures. C’est le
masque le plus gros et le plus important », a expliqué Marcellin
Ladélé, membre de cette communauté secrète.

Le masque Gèlèdè

Une liaison entre le monde visible et le monde invisible
Les masques Gèlèdè, en bois léger polychrome, se portent avec
le visage du danseur dissimulé sous des pans de l’accoutrement.
Le sommet du masque portant les statuettes représente ainsi un
ancêtre assurant la liaison entre les mondes visible et invisible. «
Cette face rendue d’une manière assez conventionnelle, n’est pas
exempte de vie. «La force vitale” qui anime l’ancêtre, est suggérée
par une légère déviance de son axe de symétrie, ce procédé
stylistique évite que la partie sculptée du masque ait le caractère
figé d’un visage idéalisé.
Les superstructures, parfois très complexes, font appel à une foison
d’images, où l’artiste peut donner libre cours à son imagination,
surtout lorsqu’il s’agit de masques masculins. Ces derniers sont en
effet surmontés de figures empruntées à la vie quotidienne et ont
généralement une connotation caricaturale ou ironique, alors que
les masques féminins, couronnés de motifs zoomorphes (oiseaux,
serpents…) ou, plus simplement d’une coiffure élaborée, font
référence au sacré. Qu’il soit féminin ou masculin, le masque
Gèlèdè conjugue le cultuel et le culturel pour célébrer la puissance
et la beauté de la femme.
Isaac Yaï (Journaliste collaborateur)

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

21

22

CULTURE
Exposition d’arts beninois a Paris

Les ambassadeurs ALAVO et
ZEVOUNOU à la Galerie VALLOIS

Auguste ALAVO ambassadeur du Bénin en France et Irénée
ZEVOUNOU ambassadeur délégué permanent auprès de l’Unesco
étaient vendredi 15 septembre 2017 à la galerie VALLOIS au 35
rue de seine où se tient une exposition d’arts béninois. Cet arrêt
à l’une des étapes importantes de la « route des mondes », nom
donné à l’ensemble des expositions en cette année, témoigne
l’intérêt évident de notre diplomatie au rayonnement culturel du
Bénin à l’ère de la rupture.

Une visite historique
Dans un décor modulé par les peintures et masques des artistes
béninois, la présence des ambassadeurs a fait de l’exposition
une véritable fête de la culture. Robert VALLOIS, fondateur de la
Galerie et promoteur de plusieurs centres et ateliers de création
et de production à Cotonou et à Covè, n’a pas tari d’éloges pour
les artistes et artisans du « quartier latin de l’Afrique » rebaptisé
pour la circonstance « les Beaux-Arts de l’Afrique ». Le mécène
s’est particulièrement félicité de la disponibilité de ses hôtes
et de leur intérêt et attachement à la promotion de la culture
béninoise confiant : « Jamais avant vous, nous n’avions reçu de
visite d’autorités béninoises à notre exposition à Paris».
Dans une visite guidée, Edwige APLOGAN a fait faire aux illustres
hôtes un parcours initiatique à travers des œuvres colorées et riches
de symboles de « Lègba » à «Maman Africa, haute résistance» en
passant par «Fusion...confusion», «La femme et l’ange», « Couchés

LE BÉNIN À L’UNESCO

dans la savane», «Au fil de l’eau», «In memoriam Ablodè», «Âmes
qui vivent », jusqu’ «A la poursuite de mes rêves »…
une production qui respire toute la richesse culturelle du Bénin
avec des tableaux réalisés de tissu, de plâtre, d›acrylique, de pastel,
de collages, de fils de fer, de plexiglas, de moustiquaire, de papiers
d›emballage de ciment, autant de matériaux sortis d’un génie
exceptionnel. Le triomphe modeste, l’artiste se réjouit devant les
hôtes : « Avec votre visite, nous ne nous sentons plus seuls ».
La route des mondes a fait ensuite marquer des pauses devant
des œuvres aussi impressionnantes que magnifiques de l’artiste
Charly D’ALMEIDA, reparti quelques heures plus tôt au pays natal.
L’étape ultime est une exposition remarquable de masques «
glèdè » dont la luminosité, les couleurs le réalisme et la respiration
renvoient aux réalités culturelles du Bénin à travers les âges. Le
principal auteur en est l’artiste Kifouli DOSSOU d’Agonlin-Covè,
lauréat en 2014 du prix Orisha pour l’art contemporain africain.
En se rendant à la galerie VALLOIS, les ambassadeurs ALAVO et
ZEVOUNOU ont mis la diplomatie au service de l’art béninois. Les
temps ont vraiment changé.
S.O.G

23

Le Bénin, acteur majeur de
la semaine africaine
L’édition 2017 de la semaine africaine, manifestation annuelle
organisée par les délégations permanentes africaines auprès de
l’Unesco, s’est déroulée du 22 au 24 mai au siège de l’institution à
Paris. L’Afrique a célébré sa culture dans une ambiance festive, et
un décor qui fait mouvoir l’Histoire.
Expositions, défilés de modes, ventes d’objets d’arts, masques,
peinture de visages, décorations, danses africaines, percussions,
projection de film…et diverses animations ont mis le continent
au-devant de la scène. La table ronde sur le rôle et les perspectives
de la jeunesse africaine fut éloquente. Fer de lance de la société
et relève d’une Afrique culturelle féconde, la jeunesse était au
cœur des débats. Le cocktail déjeûnatoire a donné la visibilité à
la gastronomie africaine et dévoilé une impressionnante diversité
culinaire.

Une gastronomie très appréciée
Dans les nombreuses spécialités culinaires africaines qui
envahissent les plats au cocktail déjeunatoire, la gastronomie
béninoise a provoqué la gourmandise.
Le «Gboman», viande, poisson fumé, de l’Akassa, du «monyo « au
poisson frit, du «Ablo», de la sauce «Dja» et du piment ont dilaté
l’appétit et prouvé le savoir- faire culinaire du peuple béninois et
l’étendue de sa culture. (Suite page 24)

Cheville ouvrière d’une organisation réussie
Notre pays a apporté une touche particulière dans l’organisation
de cette 15ème édition de la semaine africaine et justifié sa
bonne réputation dans la gestion évènementielle de la culture.
Au sein du Comité d’organisation, le Bénin a en effet présidé avec
succès la commission «communication et protocole» et signé
une présence efficace dans la commission «réception et cocktail».

L’art béninois, la grande attraction
Le riche patrimoine artistique du Bénin a été révélé par
les expositions de Mme Kossou né Attindébakou Victorine
coordonnatrice de l’Association « Espace Tissage plus du Bénin »
et Mme Sica Christelle Yaovi, artiste franco-béninoise.
Mme Kossou s’est illustrée dans les pagnes tissés qui datent du
17ème siècle dans la dynastie Fon du Danxomè, actuel Bénin. Des
tissages d’apparat étaient en exposition. Il s’agit de «Akluzunon»,
«Awlan», «Ounon «, «Alianon «, «Tchanlin» et «Siguinon». Ces
pagnes de type ancestral étaient à l’époque utilisés pour
confectionner la toge du roi. Mais ils sont de nos jours en voie de
disparition. Ces pagnes d’une esthétique rare et d’une incroyable
charge historique ont marqué les esprits.
La reine Hangbé était à l’honneur avec l’exposition de Mme Sika
Christelle Yaovi. Fille de Houegbadja et sœur jumelle d’Akaba,
l’histoire de Hangbé a été effacée. Et pourtant, elle occupa une
place importante dans la famille royale. Elle apparait dans le
chef-d’œuvre de l’artiste béninoise comme celle qui montre le
chemin à la jeunesse. Les photos de la reine ont drainé une foule
de curieux, d’historiens et d’hommes de culture.

Exposition de pagnes tissés

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

24

CULTURE
(Suite)

Le Bénin, acteur majeur de la semaine africaine

Dans l’esprit et le reflet du PAG
La participation béninoise à la semaine africaine répond à la
logique du Programme d’action du Gouvernement (PAG). Le
président Talon fait de la culture le levier de développement. La
culture est mise au service du tourisme qui sera érigé en filière de
développement économique créatrice de richesses et d’emplois.
L’exposition de pagne tissé de type ancestral et celle de la reine
Hangbé, la promotion de nos variétés culinaires illustrent bien la
politique culturelle du Gouvernement.

Les Artistes béninois se prononcent….
Mme Sica Christelle Yaovi, artiste franco-béninoise : « Ma vidéo
interpelle, mes photos parlent. »
On a été très bien accueilli, on s’est partagé les espaces du mieux
que possible. Cette année, le thème, c’est la jeunesse africaine,
donc j’ai rapporté avec moi de Cotonou, la main de la reine Hangbé
que je mets à l’honneur dans mon installation avec une vidéo et
des photos d’un petit garçon qui est justement l’espoir et la reine
lui «donne» la route. Le petit vient lui demander la route et elle
la lui «donne». Et donc c’est l’espoir de toute la jeunesse  africaine.
Dans cette installation que j’ai appelée justement « Na mi ali »,
c’est déjà pour faire la passation de l’histoire et parlé de la reine

LE BÉNIN À L’UNESCO

qui a été effacée, la faire connaitre aux enfants et dire justement
que grâce à elle aujourd’hui nous sommes ce que nous sommes,
et que ces enfants puissent le savoir et que c’est eux maintenant
l’espoir de notre pays et de notre continent.
Mme Kossou née Attindébakou Victorine coordonnatrice de
l’Association « Espace Tissage plus du Bénin » : « Nous sommes
venus exposer sept toiles »
Nous avons exposé des pagnes tissés de type ancestral. La plupart
de ces pagnes datent du XVIIème siècle. Il s’agit de pagnes qui
étaient tissés pour le roi et étaient portés par le roi. Des pagnes
d’une beauté rare.
Nous sommes venus exposer sept (07) toiles dont six de la cour
royale d’Abomey et une originaire de la royauté de Kétou mais
qui a transité par la royauté d’Abomey qu’on appelle le pagne «
guévo », et ce pagne nous a fait déjà gagner un prix à la foire
de l’Uemoa en décembre 2015 à Lomé. C’est pour vous dire qu’il
y a des choses intéressantes dans notre culture. Il faut juste les
valoriser, leur donner une nouvelle chance.

ACTIVITÉ

Mme Botbol reçue en audience par
l’ambassadeur Zèvounou

Le couple Botbol en visite au palais du roi Dedjalagni Agoli Agbo à Abomey

L’Ambassadeur Délégué Permanent du Bénin auprès de l’UNESCO,
Irénée Bienvenu Zèvounou a reçu
en audience le mardi 4 juillet
2017 Mme Christiane Botbol,
ancienne fonctionnaire du Quay
D’Orsay et veuve d’Albert Botbol.
En présence du Premier Secrétaire
et de l’Attaché Culturel, les deux
personnalités ont abordé divers
sujets culturels. Au cours de
cette audience, Mme Botbol
a notamment fait don à Mme
Victorine Kossou d’une tapisserie
royale que le roi Dedjalagni Agoli
Agbo avait offerte à son époux
lors du challenge au Festival du
Théâtre des Nations à Paris en
1962. Elle a placé son geste sous
le signe d’un hommage rendu à la
« grande amitié qui liait ces deux
serviteurs de la culture africaine »

La tapisserie royale offerte par
Mme Botbol à la fondation Kossou.
Un exemple de retour
de bien culturel

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

25

26

ACTIVITÉ
Hommage à l’Ancêtre : 

Hymne au professeur Gilbert Rouget
Je ne l’avais jamais vu auparavant.
Je dois cependant avouer que l’Ancêtre,
Penché sur son déambulateur du haut de ses cent ans
En imposait par la démarche et tout son être.
L’œil vif, et au détour malicieux, semblait beaucoup raconter
Des pratiques et savoirs antiques ou secrets de palais d’été
Qu’une fréquentation intime et assidue de son ami le roi
A fini en lui par installer sans le moindre émoi.
Du « gan keke », il savait encore jouer sans faiblir
Le rythme alerte et serein mais non sans plus esquisser les pas
Dont le mouvement de la tête prenant la relève
Sur des sons exhumés de couvents vodun rappelait le souvenir
L’homme, à cheval sur deux siècles, était pétri d’humilité et d’humour
Malgré à ses pieds tout le trésor sorti de son esprit et de ses mains
Gracieusement offert à l’humanité et d’abord à une terre d’adoption
LE BENIN .
Et, haut perché sur son île de France, voici l’Ancêtre qui se prend
Comme au temps des palabres à Hogbonu, distillant des propos de cour
Dont seul le centenaire connaissant la valeur reste dépositaire
L’Ancêtre s’en est allé ce matin, avec une Légion d’honneur du Bénin
Laissant derrière lui et pour la postérité nombreuse
Des fruits inestimables de la richesse et de la diversité de la culture et de la danse vodun.
L’Ancêtre repose en paix parmi les mânes.
Bienvenu Zèvounou
ADP

LE BÉNIN À L’UNESCO

professeur Rouget disparu le 10/11/2017

TOURISME

Promotion de la destination touristique
« Bénin » en France
Marina dans l’arrondissement de Djègbadji ,la création du Musée
des Arts, Cultures et Civilisations Vaudou/Orisha à Porto-Novo,
l’aménagement d’un site balnéaire d’exception à Avlékété sur la
Route des pêches.

Auguste Alavo
Ambassadeur du Bénin en France

Dans le cadre de la mise en œuvre des projets phares du
Programme d’actions du Gouvernement (PAG) dans le domaine
du tourisme, une délégation de l’Agence Nationale de protection
des Patrimoines et de développement du Tourisme (ANPT) de la
Présidence de la République, conduite par son Directeur général,
Monsieur José PLIYA, a séjourné à Paris, en France, du 20 au 23
novembre 2017.
Organisé avec l’appui de l’Ambassade du Bénin à Paris, le séjour de
la délégation béninoise a été marqué plusieurs activités.
La délégation de l’ANPT a rencontré des responsables de plusieurs
PME françaises opérant dans divers secteurs du tourisme en
rapport avec les projets touristiques phares du Gouvernement. Les
principales entreprises visitées sont : Histovery, Welcome City Lab,
Creocean, Elegancia, « Voyageurs du Monde »,Fédération française
des ports de plaisance, Huttopia, Aqualodge, BRL Ingénierie

Déjeuner de travail
Ce déjeuner de travail avec les responsables en charge de la
promotion du tourisme au Ministère de l’Europe et des Affaires
étrangères français a eu pour cadre le restaurant d’expérimentation
de l’école FERRANDI à Paris. Créée en 1920, FERRANDI est l’une des
plus prestigieuses écoles françaises préparant aux métiers de la
gastronomie et du management hôtelier. La rencontre a permis au
Directeur général de l’ANPT de présenter aux diplomates français
les grands axes de la nouvelle politique de développement
touristique du Bénin, à travers les six (06) projets touristiques
phares du PAG, à savoir : la construction du Musée de l’épopée des
Rois et arène Vaudou à Abomey ,la construction du Musée des
esclavages et de ses résistances « Toussaint Louverture » à Allada
,le projet « Réinventer la Cité lacustre de Ganvié »,le projet de
restauration de la cité historique de Ouidah et de création d’une

Ces différents projets ont suscité un réel intérêt de la partie
française, qui a réitéré sa disponibilité à accompagner leur mise en
œuvre. Les responsables du Quai d’Orsay ont rappelé l’engagement
de la France à soutenir la formation des professionnels de la
préservation et de la conservation des patrimoines au Bénin,
ainsi que l’inscription de sites béninois (notamment la Route
des Esclaves à Ouidah) sur la liste du patrimoine mondial de
l’UNESCO. La France participera, par ailleurs, au financement du
projet « Réinventer la Cité lacustre de Ganvié », à travers un prêt
concessionnel de l’Agence française de Développement (AFD) à
hauteur de 40 millions d’euros, soit environ 26,2 milliards de francs
CFA.

Séance de travail avec les tour-opérateurs français
Cette séance de travail s’est tenue le mercredi 22 novembre 2017 à
l’Ambassade du Bénin à Paris. Elle a connu la participation effective
des tour-opérateurs ci-après : Réseau « Agir pour un Tourisme
Responsable » (ATR), Nomade Aventure, Terres d’Aventure, Double
Sens, A TIBO TIMON, La Balaguère, Bastina, Association pour le
Tourisme Equitable et Solidaire (ATES)
Le Directeur général de l’ANPT a présenté aux participants l’état
d’avancement des projets touristiques phares du Gouvernement,
en mettant en avant l’orientation du Bénin vers la promotion
d’un tourisme de créatifs culturels dans une gamme ouverte
et intégrée associant le mémoriel, le culturel et l’historique, le
balnéaire, le safari, etc. Il a invité les tour-opérateurs français à
assurer la promotion de la destination touristique Bénin auprès
de leur clientèle.
La mission de l’ANPT a permis de susciter l’intérêt des différents
interlocuteurs français rencontrés aux projets phares du
Gouvernement dans le domaine touristique. La décision
du célèbre groupe français « Club Med » de s’implanter
prochainement au Bénin (son deuxième pays d’implantation en
Afrique subsaharienne après le Sénégal), à travers l’ouverture de
villages de vacances sur le site balnéaire d’Avlékété (Route des
pêches), a constitué à cet égard un argument de poids.
Afin de donner une suite concrète à cette mission, il a été retenu,
de concert avec les responsables du Ministère de l’Europe et des
Affaires étrangères français, d’organiser courant 2018 une mission
de prospection des opérateurs touristiques français au Bénin.

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

27

28

OPINION

L’UNESCO, quel intérêt aujourd’hui pour le
Bénin et comment accroitre la coopération ?

Dr Toussaint Yaovi Tchitchi
Professeur titulaire des Universités
Président de l’assemblée générale
de la Commission nationale béninoise
pour l’UNESCO

L’intérêt que la République du Bénin pourrait tirer de
l’UNESCO aujourd’hui se situerait au double plan de l’offensive
diplomatique et de la gouvernance transparente en termes de
retombées économiques.
L’Unesco apporte son appui au développement du secteur
de l’éducation pour la formation des ressources humaines de
qualité dans les secteurs de son ressort de compétences : la
mise en œuvre des objectifs de l’éducation pour tous (EPT),
l’élaboration du programme de développement du secteur de
l’éducation (PDDSE), la mise en application des ODD…etc.
La formation des ressources humaines dans les structures
comme l’IIPE ou l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage
tout au long de la vie (UIL) permet de fournir au Bénin des
cadres de haut niveau ; ceux-ci, de par leur cursus constituent
déjà une garantie pour la qualité éducative. Le rôle éminent
que jouent les cadres de l’IIPE et ceux du Pôle de Dakar d’abord
dans la conception et l’élaboration du PDDSE et ensuite dans
l’élaboration du nouveau document de politique éducative
dénommée ‘plan sectoriel de l’éducation’ (PSE post-2015)
crédibilise les actions entreprises et manifeste la présence
massive de l’UNESCO en République du Bénin dans tous
les secteurs relevant de ses domaines de compétences :
l’éducation, la science, la culture et la communication.
Le maintien de ces acquis nécessite la mise en œuvre d’une
diplomatie offensive en mettant l’homme qu’il faut à la place

LE BÉNIN À L’UNESCO

qu’il faut au niveau des structures qui servent d’interface entre
le Bénin et les instances de l’UNESCO ; des femmes et des
hommes de qualité qui savent conduire les autres femmes et
les autres hommes pour (i) implanter les idéaux de paix et de
progrès au sein de nos communautés à la base, (ii) conduire
les plaidoyers nécessaires pour faire connaitre les besoins du
Bénin dans les organes de décision.
Le maintien de ces acquis nécessite également que la
République du Bénin s’acquitte régulièrement de ses
cotisations pour éviter qu’au niveau des délibérations
elle ne soit privée du droit de vote ; ceci suppose une
veille permanente au niveau du Secrétariat général de la
Commission nationale béninoise pour l’UNESCO (CNBU) et de
la Délégation permanente à Paris ; il ne faut pas occulter à cet
effet la gestion transparente des projets retenus au titre du
Programme de participation, car la mal gouvernance pourrait
ralentir l’élan de ceux qui traitent nos dossiers, par exemples,
les différentes inscriptions sur la liste du Patrimoine mondial,
du Patrimoine matériel et immatériel. Les responsables du
Bénin se doivent de veiller à freiner la mobilité instantanée
des cadres quand leurs compétences l’exigent, à moins qu’ils
soient appelés dans le cadre d’autres fonctions en rapport
avec leur mérite. Cet aspect de la gestion des ressources
humaines peut augurer d’une coopération agissante entre le
Bénin et l’UNESCO.

29

Vœux à la Nation
Le 31 décembre 2017, le chef de l’Etat a présenté ses vœux à la nation
Patrice TALON : « 2018, une année de grande espérance »
Mes chers compatriotes,

Je me consacre pleinement à cette mission
jour et nuit, avec le discernement qui sied à
la fonction, et dans l’intérêt général du peuple
béninois.

La fin d’une année, quelles que soient
l’époque et la communauté humaine,
est un événement majeur aux plans
personnel, familial et national.
Au-delà de ce que l’année qui s’achève
aura représenté pour chacun de nous en
termes d’épreuves, de défis ou d’enjeux,
de peines ou de joies, l’entrée dans
une nouvelle année reste un moment
de  grâce.
Un moment de grâce car, quelles que
soient nos difficultés du moment, le temps à venir est toujours
un temps d’espérance. C’est à la fois une évidence et un principe
de base de la vie, car tout reste possible tant que l’on reste vivant
et déterminé.
Soyons donc confiants, et vivons sereinement ce moment
de réjouissances et de festivités, qui est aussi un moment de
recueillement, voire de méditation profonde sur notre vie, notre
environnement, notre travail, nos communautés, notre cher pays.
Mes chers compatriotes,
Dans la fonction qui est la mienne, c’est également un moment où
l’on s’arrête pour faire un bilan d’étape, car le rythme de l’activité
gouvernementale est un rythme accéléré et exigeant, où chaque
jour qui passe appelle des décisions majeures qui engagent la vie
de la Nation.
C’est à ce devoir d’explication et de vérité sur l’état de notre
chère Nation que je me suis consacré le 22 décembre dernier
à l’Assemblée Nationale. En m’adressant à la Représentation
nationale, je savais que c’est à chacun d’entre vous que je
m’adressais.
Je sais que vous m’avez écouté.
Je sais aussi que vous m’avez compris.
Ainsi, au-delà des incompréhensions parfois légitimes, rien ne
pourra troubler le dialogue sincère et républicain que j’aurai
toujours avec vous. Je suis ouvert à l’approfondissement de ce
dialogue dans toutes ses dimensions.
Comme je l’ai rappelé à l’Assemblée nationale, vous m’avez élu
pour agir et changer le cours de notre destin commun.

Je le fais, convaincu que notre pays, le Bénin,
mérite le meilleur.
Je le fais, conscient que pour l’atteindre,
nos efforts et sacrifices d’aujourd’hui sont
indispensables.
C’est à ce prix que nous contribuerons, pour
le compte de notre génération, à élever notre
pays, à lui rendre sa dignité, à en faire une
référence dans le concert des nations, et à faire de nous un peuple
fier.
A cet égard, j’apprécie à sa juste valeur la contribution de chacun
de vous, de chacun de nous, à la réalisation de cette grande cause.
Mes chers compatriotes,
Tant que nous sommes en vie, nous sommes capables de mieux.
Mais l’un des préalables à la pleine jouissance de la grâce de vie,
c’est la sécurité, la paix, la quiétude partout où la vie s’exprime.
C’est pourquoi mon Gouvernement a repensé le système
sécuritaire de notre pays, avec le souci d’une plus grande efficacité
et d’une mutualisation optimale des ressources destinées au
secteur de la Défense et de la Sécurité.
L’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi portant
création de la Police Républicaine. C’est elle qui sera désormais la
Force unique de sécurité intérieure.
Il s’agit d’une nouvelle Force issue de la fusion de la Police et de la
Gendarmerie, qui va concourir grandement au renforcement de la
protection des citoyens et de leurs biens, et donc de leur mieuxêtre dans un cadre de vie apaisé et amélioré.
Je forme donc le vœu que l’année 2018 soit, pour chacun de
vous, pour chacun de nous, une année de paix et de sécurité, une
année de bonne santé, de grande espérance, de joie et de réussite
à la fois dans nos projets personnels et au service de notre cher et
beau pays, le Bénin.
Bonne et heureuse année 2018
Je vous remercie.

Magazine d’information et d’analyse/N° 001

30

LOISIRS
Noël à la délégation du Bénin à l’UNESCO

Les enfants du personnel
ont reçu des cadeaux
Les enfants et épouses du personnel ont fêté le 27 décembre 2017 au Cercle des Délégués au siège de l’UNESCO à
MIollis : Séance Vidéo, chants, danse et dîner. Le Père Noël a distribué des cadeaux et il a offert d’intenses moments
de joie aux tout-petits. La visite du ministre des affaires étrangères Aurelien Agbénonci et de son épouse a donné de
l’éclat à la fête.

LE BÉNIN À L’UNESCO

Tata Somba

Cascades de Tanougou


Aperçu du document Benin Complet_corrige.pdf - page 1/32
 
Benin Complet_corrige.pdf - page 3/32
Benin Complet_corrige.pdf - page 4/32
Benin Complet_corrige.pdf - page 5/32
Benin Complet_corrige.pdf - page 6/32
 




Télécharger le fichier (PDF)


Benin Complet_corrige.pdf (PDF, 2.8 Mo)

Télécharger
Formats alternatifs: ZIP



Documents similaires


benin complet corrige
1539290712443bulletin2numeriquedpbu
bulletin 3numeriquedpbu
entreprises calavi 2013
patrimoine et tourisme un couple de la mondialisation
patrimoine elandora

Sur le même sujet..