P CRASSET SJ La douce et sainte mort .pdf



Nom original: P CRASSET SJ La douce et sainte mort.pdfTitre: La douce et sainte mort. Par le p. I. Crasset, de la compagnie de IesusAuteur: Jean Crasset

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LA DOUCE
£ T

SAINTE

MORT

Parle P. 1. CHAS S Et y de
Compagnie de I ES V S..

iQ
<

«»

A PARIS,
Chez EsTIENNE MlCHALXÏT,
rue Sjacques,àrimagc S.Paul,
prés la Fontaine S. Severin.

M. DC. LXXXI.
APEC PRIVILEGE DV -ROT.

-

!



*

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1

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4

*

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I

J

.

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J

«

».

AU

GLORIEUX PATRIARCHE

SAINT JOSEPH
E P O V
E

LA

X
-s

VIERGE MARIE,
ET PERE DE N, SEIGNEtfR

.



JE SUS- CHRISTE firois

le plus injuste

te plits ingrat

hommes ,

fi connotjjktit le

rang que vous tenez, dans la Tamille
les obligations qite vous
de Dieu ,
à toute CÈgtift y
ne vourdânnois
dans mes ouvrages quelque marque
de mes reconnoifi
de mes reffetts
fances ,
fi je ne aifol s fervir à

&

'

de tous les

'

p
&

&

f

â

ij

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WS

louanges la plume que fay congloire de
conficrée à

Marie

U

voftre Epoufe.

Quand je

cenfidere 1er emplois

honorables que vous

Jùr la

terre , de Pere

de tuteur

*

ave\ exerce^
,

de Panrain ,

& de Sauveur ^Jésus-

Christ. Quand je fonge

à ces

éminentes qualité** que vous poffedie\^ d'Epoux de 'la flus pure des
Vierges > d\^4nge tutelaire de la.

U

Reine du Ciel $ Je péfenfeurde
de la fureté
vie , de Chômeur

&

de la Mere de Dieu, Qttknd je
vous vois dans le Temple racheter

Rédempteur du monde des dcniets
que vous avie^gagné par le travail
le

Je vos mains

,

&

acquérir far cet

achat un domaine légitime Jùr un
Enfant qui vous afpartenoit déjà,
droit d'éducation , par le lien
facfé du Mariage , par Tauthorité
que vous aviez, fur vofire Epoufe ,

par

le

é- par les fervues que vous l*y
avie^rendus. Quand , dis -je , je

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• -

4

EP

.

me

I S

TRE
yeux

propofe devant les

le ta-

bleau de vos Vertus qui vous
rendu digne d'eftre le fere

&

m

Ptecepeur

le

&

iïun Dieu y V Époux
Cexpreffion parfaite de la plus fian-

te

& de U flus noble de

tontes les

créatures i /entre dans un raviffcment defprtt , qui m'ofte Vufage de

la faroie

>

& qui ne me

laiffe

de dire de vous

liberté

que la

que

ce

Saint K^îmbroife dit de la Vierge

Marie

voftre Bpoufe

q-.ïtw

Dieu qui vous

Jj*t?U n'y a.

:

connoijfe

&

qui vous puijje louer félon voïire

mérite.



liais fi voftre vie fait- l'admiration de tous les Bfprtts , voftre
itiort fait le deftr de tous les Cœurs.

.

& la plus faime

C'eft la plus douce
de toutes les morts
avez, eu la

>

puifque

vous

cmfolation de mourir

&

de
entre les bras de J E s u s
qu'on peut dire trèse,

Mari

&

jttftment de Fous , ce qu'on dit
du Legi/lateur Moyfe , que vous estes
ï

».
*

â

îïj
*



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epistre:
mort dans

le fein

de la grâce

,

&

dans le baifer du Seigneur.

O

que mon ame meure de la mort

& que ma fofoitJèm-

des luîtes ,

blable à la leur.

<feJk&*J qui

eftes

far excellence , fui/que^
Dieu vous a honoré de cette qualité
que vous en
dans l'Evangile ,
avez, remfit tout les devoirs far
la faimété de vofire vie. Obtenez,
moy ( grand Saint ) la grâce de

le

lufie

&

mourir comme vous entre
de

Je su s dr de
cét

beniffJ^

M a kj E &
,

Ouvrage

,

afin

rende la mort de ceux qui le

&

douce

Cefi la

fainte

fin

comme

que jt

bras

les

me

quil

hronu

la vofire

frofofe

&

,

la grâce que je me promets de vofire crédit

& de voïire bonté\ qui

ne manquera jamais d'exaucer ceux
dont tous les
reclament ,
qui

U

&

Chrefiiens qui vous honorent reffente

m

'

continuellement les effets.

'

K^iinft fiit-il.

TABLE

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T.Ui B L Ë

M ATI ERES.

D ES

PREMIERE PARTIE,
£4 douceur de U Mort.

(^^U ne faut fM

Chapitre h

X^trop appréhender

U

mort* page 3
Seftion I, Que la mort ri eft pas un mal>
mais un bien.
p. 4
Sc&ion IL
Que les fuittes de la
"
mort ne nous la doix

:

y

-

.

^

"vent,pointfairefifort

-

.

Sedkion

IIL

appréhender.

p. 19

Exemples de ceux ejui
#
Mkf apprehendèlamort. j- \ p.?9

.

.

,

;

QvLKV.\\.Qj(ilfautdefirèrlamon. 47
Se&ion L
irtarr, procure de la
gloire a Dieu, y. 49
Se&ioft II.
Azarf fatisfa.it à la
luflice de Dieu, p- j 5
Se&ion III. La mort efl une marque d'a->
mour
de reconnoiffance envers Dieu^p.61
La mort met fin a nos
Se&ion IV.
.

:

&

miferes.

Seftion

V.



.

p. 65

La mort délivre nn
Chrétien du danger
9

^

E P
mort dans

I

S

TR

le fein

de

E;

la grâce

,

&

du Seigneur.
O que mon ame meure de la mort
des luîtes , .& quemajfj^fiàtjenp-

dans

le baifer

blable à la leur.

C\H&o*s

qui

ejtes.

mfie far excellence , fm/que
Dieu vous a honoré de cette qualité
que vous en
dans VEvangile ,
le

&

.avez,

rempli tons les

devoirs par

faimété de vojtre vie. Obtenez,
•moy ( grand Saint ) la grâce de
mourir comme vous entre les bras
la

de

& de Marie, &

Jésus

%

beniffl\ cet

Ouvrage

,

afin qu'il

rende la mort de ceux qui le Itronf,
douce

&

•Cefl la

comme la voftre*
que je me propofe ,

fainte

fin

la grâce que je
ftre crédit

&

me

promets de vo-

& de voftre bonté

,

qui

ne manquera jamais d'exaucer ceux
qui la reclament\,

& dont

tous les

Chrefiiens qui vous honorent rejjènT
'

tent continuellement les effets.

^yiinfi Joit-il.

TABLE
ê

*

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Google

T^Ui B L E

MATIERES,

D*ES"

PREMIERE PARTIE.
La

douceur de la Mort.

Chapitre

m
Q

ï.

ne faut

pM

trop appréhender

page 3
Seftion I. Que la mort nefl pas un mal,
mais un bien.
P. 4
T.
la
de
Se&ion II.
fuïttes
la mort*

.

mort ne nous

Setticm II
,

>

vent pointfaireJifort
appréhender.
p. 19
Exemples de ceux qui
nom point appréhen-

de la mort.

1



«

la doi-

p*?9

j->

Ch AP.II. QtCilfaut defirer la mort. 47
Section

L

Section II.

:

La

mort procure de la
gloire a Dieu- P« 49
La mort fatisfa.it à la
lufiice

de Dieu, p»

j

5

Se&ion III* La mort tftune marque d a~
"r mour
de reconnoif*

&

fan ce envers Dieu p A 1
La mort met fin h nos
.

ScÔl i on TV.

miferes.

Seftion V.

p. 65

La

mort délivre nn
Chrétien du danger

Google

T A

B h t.
de
fe perdrt. # p. 7
^
j
Se&ion VI. La mort nous faitpajfer k
une meilleure vie, p. Sfr
Se&ion VIΫ -Exemple des Saints gui
ùntdefiré la mort. p.

96

_

SECONDE PARTIE/

^

La faintetè de la Mort.

Chapitre L {^P'ilfautJe préparer
a la mort pour

1

U

rendre fain te. p. 118

Se&iott

I.
'

Vimportance

de cetie

préparation.

p»U4

Se&ion

II.

Seâkm

IÏI. Nccejfîté

Vtilité de cette prcparation.

P-

de

ration.

Ch ap.

Comment

II.

I

3

I

bette prepa*-

p. 145
il fe font

prc-

* /<* mort. p. iyi
Pratiques de dévotion
pofir le temps de la ma-

,

Chap.

Hl.
h

ladie.



Ce gnil faut faire au

Article ï«

commencement de la


Se&io n
Se&ion

î.

II.

.

maladie.
P« 158
£>e la ÇonfeJJion. p. I59
1>* Tettametit.
p. 163

Formule (tunTeftament Chrétien. \>.iyo
Se&ion 111. Intentions efu on doit avoir
en mourant.
p.iSo

KJby

DES MATIERES,

-

Article

Cè qu

IL

il fautfaire au

grez. de>la

<

maladie^. iocT
p.ioi

L Pe la Communion.

Scftion

Se&ion IL

Des tentations
aux malades.

HL

Se&ion

~

.

!

p

1o

«

Motifs dtefperance contre
Ja tentation de defef-"

.

.

ordinaires

poir.

Article

pro-

HL

p. il

6

Ce gu il faut faire a la fin
de la maladie.
p 13 1
Paroles de Jesus-Christ
.

Seftioii

~ïr

Section I

^

L

mourant.
fient les

Se&ion II L
•~

P*133

Avis pour ceux guiajfî-

~7
.

De

malades .p .156

quelle manière

le

Prefirefe doit comporter envers tantes fir-

;

tes

.

Seftion

I

V,

De

de malades, ip.ifî

quelle manière

U [c

doit comporter envers

Impiesy
p. 166
De quelle manière il Je
doit comporter envers
les

Section

V.

,

des Fidèles.

Settion VI.

De

p.
quelle manière

170
il fc

doit comporter envers

de bien- p. 273.
Prières que doit faire le
malade ou celuy qui
Vaffifle. Paraphrafe fur
les gens

Seftion

VIL

ïOralfonDom*

p.

177

sd by

Google

LA DOUCE
£ T

SAINTE MORTParle P. X*

CZASSET

C/fmpdgnie de

,

de I4

I E.SV &»

)

.

A PARIS,
Chez Estienne Michalxit,
rue

S. Jacques,à

l'Image S.Paul,

prés la Fontaine S. Severin.

M. DC. LXXXI.
APEC TRiriLEGE DV ROT>

0/

/t^wt
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'

f

t

» •

'i

AU

t-

GLORIEUX PATRIARCHE

JOSEPH

.

EPOUX
»• «

> ;

»

P EL A
VIERGE MARIE,



t

ET PERE DE N. SEIGNEUR

JESUS-CHRIST.
E ferois

le

plus injuste

ie pfas ingrat

^hommes ,

&

de tous les

fi connot fiant le

rangque vous tenez, dans la Famille
les obligations qite vous
de Dieu ,
"
a toute l'Êgfife y jé ne vous dhmis
dans mes ouvrages epuelque marque
de mes refpetfs
de mes reconnoifi
fances ,
fi je ne aifoi s fervir à.
â ij

&

'

&

&

f

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EP

I

STR E %

vos Louanges la plume que fa} conconfierce h

U gloire

de

vûftre Epoufe.

guand je

Marie

-

c$nfidere les emplois

honorables que vous

>

ave^ exerce^

,for la terre y de Pere , de Parrain ,
de Sauveur de J E s u s«r
-

j

&

Christ, ^uand je jongea

ces

éminentes qualttez. que vous poffedie^ Epoux de la plus pure des

J

Vierges

;

d\^inge

tutelaire de

la.

Reine du Ciel § Je Défenfeurde la
de la pureté
vie 9 de C honneur

&

de la Mere de Dieu.

Jgtfond je

Temple racheter
le Rédempteur dit monde des deniers
que vous avie%jgagné par le travail
acquérir par cet
Je vos mains ,
achat un domaine légitime far un
vous vois dans

le

-

&

Enfant* qui

par

le

vous appartenoit déjà

droit d'éducation , par le lien

Mariage , par l'authorité
que vous aviez fur yoftre Epoufe ,

facré

d*t

fervkes que vous luy
avie^rendus, guand , dis -je , je
rjr

par

les

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EPIS TK Er
me propofe devant les yeux le ta*
bleau de vos Vertus qui vous ont

&

rendu digne d'efire le Pere
Précepteur fiun Dieu , V Époux
Cexpreffion parfaite de la plus

& de

le

&

foin-

de toutes les
créatures t /entre dans un raviffement (tejprtt , qui m'ofte Vufage de
la parole ,
qui ne me laijfe que la
liberté
de dire de vous te que
Saint ^dmbroife dit de la Vierge
Marie voflre JBpoufè ; ^uil n'y a
qnun "Dieu qui vous connoiffe
qui vous puijje louer filon voflre
te

la plus noble

&

&

mérite*


Mais fi vojlre vie fait l'admiration de tous les Efprits , voflre
itiort

fait le deftr de tous les Coeurs.

C'efi la

plus douce

& la plus faime

de toutes les morts
avez,

eu

entre

les

la

,

puifque

vous

confolation de

mourir

Jésus

ér de

bras de

Mari e, & qu'on peut dire trèsjn/lement de Vous

,

ce

qu'on dit

du Legijlateur Moyfi ,que vous estes


0*

* • •

a

iij

E PTS.TR.Ei
.

.

&

mort dans le fein de la grâce ,
dans le baifer du Seigneur.
O que mon ame meure de la mort
des luîtes ,

& que ma fin feit fem-

hlable à la leur.

C'eBéous qui

efies

par excellence , puifqut
Dieu vous a honoré de cette qualité
dans l'Evangile ,
que vous en
avez, rempli tout les devoirs par
le

Ittfte

&

de voftre vie. Obtenez,
moy ( grand Saint ) la grâce de
mourir comme vous entre les bras
la faintett

de

Jésus

beniff.7^
,

dr de

cet

Marie

Ouvrage

,

é:

,

afin qu'il

rende la mort de ceux qui le liront,

^ douce

Cefi

& feinte

comme

la fin que je

la grâce que je
ftre crédit

&

me

me

la voftre.

propofe

ér

,

promets de vo-

de voftre bonté 9 qui

ne manquera jamais d'exaucer ceux
qui la re clament i é" dont tous les
Chreftiens qui vous honorent

rej/e/t-

tent continuellement les effets.

'

'

^yiinft feit -il.

TABLE
i

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«

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TA

B L È

d*eV Matières.

PREMIERE PARTIE*
La

douée ht de la Mort.

Chapitjrb

h

f\V*il ne

faut pas

page 3
Se&ion I. Que la mort ri eft pas un mal>
mais un bien.
p, 4
Se&ion IL
Que les frittes de
mort ne nous la doivent pointfairefifort
v
la mort*

U

appréhender.

Sedtion II

L

p. 19

Exemples de ceux qui
.

ri ont point apprehen-

Jeta mort.

,<

.

p.J9

ÇMKV.ll.QtCllfautdefirerlamort. 47
La mort procure de la
Se&ion L
gloire à Dieu. y. 49
Se&ion I L
mort fatisfait à la
luftice de Dieu, p» ) 5
Se&ion IIL La mort eft une marcjue d'a->
mour
de reconnoiffance envers Dieu < p. i
La mort met fin h nos
Seâion TV*
-

*

-

&

rnlferes.

Se&ion V*

p. 65

La mort délivre nn
Chrétien du danger

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TABLE.
de fe perdre:

>

m

p. 7;

La mort n ou s fait pafer à

Seftion VI.

une meilleure vie.

Se&ion VII. Exemple
.



p. S<£
des Saints qui

ont defirè la morf. p.

96

SECONDE PARTIE,
Lafainteti.de la Mort.

Chapitre

ilfautfe préparer

I.

à

la mort pour la

rendre faintc.ç.uS

Seâiott

I.

V importance

de cette

préparation,

p. 124

Sedion

II,

Se&km

IÏI. Nccefjiu

Vtilité de cette préparation,

de cette prepa>-

ration.

p. 145
II. Cornment ilfe faut pre>

ChAP.

p. 131

;


fdter a lamofa. flijt
Pratiques de dévotion

>

ChAP.HI.
t

potur le temps de

lad*.
Article I.

Se&ion L
Se&ion II.

lamap. 158

faut faire au
commencement de la
maladie.
15S

£?# ^»'j7

la Çonfeffion. p. 159

Du

Tettamenh

p. 163

Formule tPunTtftament Chrétien, p. 170

Se&ion

III. Intentions tjuon doit avoir

en mourant.

p.iSo

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Goog

-

DES MATIERES,
Ce

qu'il fautfaire au pra.
grez.de la maUdic.lp.ioo

Article II.

Seftion

Delà Communion.

I.

p.iai

Sedion IL Des tentations ordinaires
aux malades.
p. 208
Se&ion III. Motifs defperance contre
foin

* »
Article III,
«

tentation de

la

.

.

Ce qu

defef^
p.iatf

il faut faire

4 la fin

de la maladie.

p. 232
Paroles /fc Jesus-Christ

Se&iori Ir

Se&ion

mourant.
p»^3
Avis pour ceux qui ajfî-

I I>

fient les malades .p . 25 6

Se&ion III. De
.

quelle manière

le

Preftrefe doit comporter envers toutes for}

de mal ades. p.258
De quelle manière îl fe
doit comporter envers
tes

S edî o n I V.
:

les

De

Sc<$ion V.
%

Impies,

166

quelle manière il fe

doit comporter envers

.

les Fidèles.

Seftion VI.

p.



De

p.

270

quelle manière ilfc

doit comporter envers

de Uen. p. 272.
Prières que doit faire le
malade ou celuy qui
Vaffifle. Paraphrafe fur
rOraifon Dorn. p. 177
les gens

Sc&ion VII.

.

<$4â? <$«fâ$

tiî^'vfefâP

LA DOUCE
.ET

SAINTE MORTm

'Est le fentiment de tous les
Sages , qu'il faut délibérer

long-temps fur les affaires
de grande importance , dont
d'événement eft douteux , les fuites funeftes

,

& les fautes irréparables.

y a des gens qui fe font des affaires de tout i il y en a d'autres qui ne
s'en font de rien» Ces deux extrémités
font à craindre. C-eft une foiblefTe d'e£
Il

&

de donner tcfusfes foins
toute
fon étude à des bagatelles
mais c*eft
une grande imprudence de négliger
1 affaire du monde la plus importante,
prit

;

On fe doit
des menues occupations de la vie;
mais on doit p enfer avec route l'appliqui eft celle de «fon fahît.

.joUer

cation

de fon

efprit

aux moyens d'af-

2

/.

Partie..

feurer Ton éternité

;

Magna nego fia in**

^nis negotiationibus egent.

Et c'eft cependant à quoy
le
le

Ton jp&nfe

moins ; car ceft la mort qui terme
temps
qui ouvre l'éternité ,
la

&

&

tommes éloignent tant
us
peuvent
de leur efprit le fouvenir

de la mort j les uns parce qu'ils Pap prétendent trop , les autres parce qu'ils ne
plufpart des

l'appréhendent pas aflèz , fe perfuadaat
qu'ils auront toujours atfèz de temps

pour y penfer.
Voilà ce qui damne

pan

des Chrefticns

:

grande
Foy nous

la plus

<car la

que cetuy qui ne fonge point à
mourir , fera furpris de la mort Se la
.mort impreveuë a toujours paffé pour
une marque certaine de réprobation.
aflèure

.

:

ce qui rrfafait refbudre

à don-

ner ces Inftruâions au PubKc, qui auront, comme j'efper e, deux effets. L'un
•eft de rendre h mort douce
agréable
à<eux qui l'apprdfcndent trop. L'aiu
tre de la rendre fainte*& heureufe à
oe:ix qui ne l'appréhendent pas aflez..
Pour la rendre douce, j'apporte tous les
motifs qui nous la peuvent faire aimer.
Pour la rendre fàinte , jeprôpofe toutes les raifbns qui nous obligent à nous

&

fc>

y préparer,
*

& j«enfeigne les

pratiques

».

Digitized by

rçu'ii

La douceur de U Mort.
$
faut garder au commencement^

progrez

& à la fin de la maladie.

ta

PREMIERE PARTIE.
La

douceur de la Mort.

rendre
POur
agréable
doux

de la mort
en faut cor-

le calice

ôc

,

il

&

riger l'amertume ,
y faire entrer
quelques confiderations qui le rendent

délicieux aux ames les plus attachées à
dans les Dis, îa vie. Ceft ce que je fais

cours

fiiivans.

CHAPITRE



QmU

U

ne faut pas trop appréhender

U

Mort.

f E ne prêcens

pas faire le Sophifte

ny

1« mal eft
J le Stoïcien. Je fçay que
V objet de la crainte , & qu'il eft aufli

à l'homme d'appréhender la
biea
mort , que d'aimer la vie. Je fçay
Saints ont
encore, que les plus grands
naturel

a

ij

Di

4

fartie.

/•

efté faifis

de frayeur à

& que le Fils de Dieu

,

(es

approches^

qui n'avoit

riejx

à craindre pour fon ame , a fué le fang
à la veiie de la fienne , & des tourmervs
0

qui luy

eft oient

"

préparez.
"

Je ne condamne donc point une crainte modérée , mais feulement celle qui
palfedans l'excès. Je veux affermir un
efprit timide corître les trop grandes
apprehenlïons de la mort 3 en luy montrant qu'elle n'eft pas fi redoutable
pour y téiiflîr ,
qu on fe l'imagine :
je la confidere fous deux regards , ou

&



comme un mal naturel , ou comme un
.mal moral : je veux dire , dans fa nature ou dansfes fuites. De quelque c&cé

qu'on

regarde

je dis qu'elle n'eft pas
,
qu'on la fait. Cette proportion femble paradoxe ,
choque en
apparence .tonales principes delà raidu bon fens mais on la trouvera
fon
tres-veritable 5 fi l'on
donne la peine
d'en examiner les preuves.
le

ftterrible

&

.

&





Que

:

Section

première.

ét mort: neft pas

un

un mal

,

mais

bien.
I.

Saint

Ambroife a compofé un

tres-beau livre qu'il a intitulé ,du bien
4

Digitized by

Google

La

*
douceur dtHd MortMort \ où il fait triompher fon e£
fon éloquence. Il fe propofe

U
prit &
de

d'abord toutes les raifons qui perfuadent que la mort eft un mal , entr'au-

deux

tres

;

dont la première eft , que la
quainfi la mort qui luy
;

vie eft un bien

contraire

eft

5

doit neceflairement eftre Hoc ca

v

i

ta

bonis

,

un mal. Car
morsconcra,
y
cl
cl
J
delà nature: mourir ceit en eitre de- boniscxul
#
poiiïllé ; Gomment pourroit-on appelvivre, c eft jouir des biens

.

,

*

:

i

.

bien ce qui nous prive de tous les

1er

biens?'

Dieu

,

poùrfuit-il

>

appelle la vie un

car il dit à fon
, Se la mort un mal
peuple. Voilà que je vous ayjpropofé

bien

:

la vie

& la mort

,

le

bien

& le mal

vi-

;

tam howtrn appellans , mortem malumIl n'y à donc pas deraifôn , conclut-il,
de foûtenir que la mort eft un bien.
Et puis n'eft-ce pas le péché qui a
-

y

mort au monde ? Le bien
du mal ? Puifque
bmort eft la peine du péché ^il n'eft
pas raisonnable de dire que la- mort eft prc tio damun bien. Ceft la féconde raifon de ce gS**'
faint Do&eur , que fon difciple Saint
Auguftin appuyé en plufieurs endroits
de tes Ouvrages , principalement au
fait

entrer la

peut-il eftre la peine

dtfcours qu'il a fait fur les paroles de

TApoftre 3 où

il

dit

,

entr'autres choies,
f

a

iij



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%

li

Partie.

«pela mort du corps a fuivi la mort dfc
ame^ que Tame , pour avoir quitte
librement Dieu , eft condamnée a quit1

ter neceflairement fbn corps
la

Sentence portoit

:

t

comme

Recejfifti

6*

ab eo

quod
que tu<

<juem diligere debmfti : recédé ab eo

Tu* t*es retiré de celuy
devois aimer % retire^toy de ce corpsque tu aimes.
Mottem^iîp*
Ce Saint Doékeur conclut , que la
dilexifti.

non opiniô
ità oatwa.

crainte de la

mort nous

eft naturelle,

dautant , dit-il } que ce n'eft point l'opinion qui nous en donne de l'horreur y
mais la nature. Ce qu'il confirme par la.
comparaifon des autres animaux qui la
craignent , quoy qulls foient nez pour
,

mourir j à plus forte raifbn l'homme
que
né pour vivre éternellement,
la mort dépouille de tous fes biens: ca»
c'eft une privation générale de toutes
les douceurs & de toutes les commodi"
tezdelavie.
La pauvreté ne nous enlevé que nos
#ichefTes-, la médifënce que noftre honneur j l'exil que noftre patrie • la maladie que noftre fânté Mais la mort nous
enlevé tout ce que nous pofïedons rc'eft
un mal univerfel ,
une privation de
tous les biens de la nature. Quelle apparence y a-t-il après cek, qu'on puifc

&

eft

:

&

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r

La ctoHcenr de la Mort7
perfuader à un homme raifonnable
qui a tant de paflion pour la vie , que la
more n'eft pàs un mal qui foit à crairçu
dre y mais un bien qui foie à defirer ?
fe

IL
Saint Ambroife s'eftant propofé une
de ces difficulcés,entre en la preuve de fon difeours,
diflingue d'abord

partie

&

efpecesde mores. La première eft
celle du péché qui tue Famé. In fécon-

Crois

de

celle des paflïpns qu'il appelle
myftique , qui la fait mourir au péchés
eft

& vivre à Dieu., La

troifiéme eft celle

&

ti termine le cours de cette.vie,
qui
ja#C noftreame de fon corps. La pre-

miers mort , dit-il , eft ttes-mauvaife*La féconde eft tres-bonne. La tf oiiïé*
me eftx en partie bonne, & en parti
mauvaife Elle eft bonne aux Juftes , &
mauvaifeaux pécheurs.
:

1

vray, pourfuit-il, qu'elle fait
horreur a beaucoup de gens , mais cela
vient de noftre infirmité ,
de latache
ttop grande que npus avons à la vie ,
non pas de la condition de la mortqui
eftifîfiuiînent agréable au gens de bien r
car il & y a rien de phts doux que de fe
voir ea liberté
affrancky de toas
maux. Ceft ce que fait la mort, elle
ùre Tarne de fa pri£>n,& réduit le corpsIl eft

&

&

&

a.

iiijj

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»
k
en potïdte ;

/•

'*

Partie.

ainfi elle

rend I'ame libre,
impaflible. Elle procure à<
efprit le plus grand de rous les
biens,
délivre la chair de routes fortes de

& le corps
1

&

maux ce n'eft donc pas un mal, comme
on fe l'imagine Qiu abfofoithr; gaudéi ;
:

:

'

fteod refohitur in terrant

,

nihilfentit.

EncfRt, fi la mort eftun mal d*oiV
s
vient que les jeunes gens ne craignent
point de devenir vieux , & défirent tou-

.

jours avancer en âge? car la vieillefleeft l'extrémité de la vie qui
touche,

pour ainfi parler, les frontières de lamore. Si la mort eft à craindre , il faut
fuir tout ce qui nous

dant tout

le

& parvenir

i

y conduit

:

Cepen-

;

mondé veut avancer en â<*e,

à. une extrême vaeilfeflè;^/
mors malum , ejHomodo jm>enes non ti*
ment fieri fenes , me finitmant morti
verentur &tatem?
ailleurs l'objet de la crainteeft un v
mal qu'on efpere éviter
quand il n'y
a^ plus defpcrance de s'en garentir
, il
n'y. a plus de crainte , comme prouve
tres-bien Saint.Thomas en (à Somme.

-

D

&

-,

«. i.<j.4*-

*

On

-

craint les chofés .douteufes

on attend
inévitable

les certaines.

Or

la

,

eft



un tribut qutffaati»»ceflairement payer: il ne falloit pasuaiftre 9 fi nous ne voirions pas mourir,




mais

mort

, **eft

.-"'•**

.

'



:

'

0



%



m
m

*

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La
puifque la

doHciur de là

Mort 4

mort eft une fuite

9

neceflaire

de la vie.Celuydonc qui ne craint point

ne doit point craindre la mort,
Saint Auguftin demande en plufïeurs
endroits de fes Ouvragé, fi la mort eft.
la vie,

,



à Thomme^ou fit elle eft conà fa nature» irëft certain qu'elle

naturelle
traire

,

neft pas naturelle

à l'homme confideré;;

&

de grâce
de jufticé originel-,
le où Dieu l à crée,parce qu'il étoit immortel
Mais fi on le confidere dépouillé de la grâce Se compofé de parties contraires^! eft certain que la mort,
en letat

:

lyy eft naturel le 5 &ipar-cofequent qu'il

ny a pas lieu de la craindre^mais plutôt
delà defiref: car

tout cè-qui eft cSforme

à la nature eft doux Se agreahle, Se c'efir

conformité r que confifte le
pasdupiaifïr à dormir ? cependant le fommeileft une efr

dans cette
plaifir.

N'ya-wl

mort bien loin de lè craindre
on le defire v Se on le recherche comme

pecede
un

;

remède à:tous fes maux,&un rafnû-

chiffemenrà toutes fes peines.

Il faut-

retourner au travail après avoir dormy,.

mais la

mort nous

fait entrer

dans un

-

repos éternel.

Quoy
fité

rir

qu'il

en

foit

fatale à .tous les

,

c'éft

une necef-

hommes de mou-

\SUtHtHrn tfi > dit Saint Paul

i

cefo.

to

%

Partie.-

t'

donc aller au devant
de la more , au lieu de nous y faire traîner ; il faut faire de neceffité vertu ; &C
d'une dette neceffaire en faire un pre-

eftarrefté. Il faut

feht volontaire!
C'eft le fàge avis

m««
ntwr*

murù$
j<fin

Œu^

que nous donne
s. Chrvfoftbme,en ees termes. La mort
la> nature do it payer
eft un mbut que
elle a eM corromfui far l*
àefMU

f

Rendons

quod ftiturum péché.

«fi™ 0f™
feÊ..
ce que
mu» Deo pro

S

qm cjt ne*

volontaire* e*

*

***

j"'

«*

nous fommes
une dette.
comme
ÎTàaÏ?^ 1*7 V*y**
ncirurtedde*
A la Venté c eft une gtande

obligez, de.

prefèni,

*

.

£

M&

C

folie

de

«sraindre toute fa vie ce qui n'arrivera
qu au dernier moment de la vie : ht

voilà cependant ce que font la plufpart
des hommes . Ils fè rendent miterables}
parce qu'ils s'imaginent le devoir eftre
avancent la mort pour trop
un jour ,
appréhender fa venue. Pourquoy s'affliger avant le temps ? Véritablement
.

&

ditSeneque, c'eit s'affliger fans fujet,
que de s'affliger avant que d'en avoir
flijet

WPfd.

.

o:

:

Me plus dolet quam necefêeft^jti'

ante dolet qttam neceffe fit.
Saint Auguftin dit mieux que ce Phi-

&

lofophe : Il eft neceffaire de mourir ,
perfonne ne veqp ce qui eft neceflàire.chacun s'en
iTfautpayerice tribut ,

&

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La douceur delà

il*
on diffère,
mais on demande
fifort.

veut exempter. On
en avoue la dette ,
dudelay. Ce fera dans dix ans, dans
trois ans , dàhs un an. Je ne puis me refoudre àla mort, dit cette Dame malade Durancceffittos , nolle fuod non po-

difpute

,

:

ttsvitare


,

!

O dure & fâcheufe necefli-

de ne vouloir point ce que vous ne-

pouvez éviter

!'

Seneque exhortant fbn
fer la .vie ,

dit tres-bien

amy à mépri—
Ce n'eft pas-

:

de vivre , vos 1erviteurs vivent comme vous y les mouches, les fourmis^
généralement tous
lès animaux viventaufli bien que vous::
v
mais c eftune grande ohofe que mourir
en homme d'honneur , en homme d'e£
prit
en -homme de cœur : Magnum?
tft honefiè mort , pru denter , fortiten.
Et moy je dis de la mort ce que ce Philofophe dîrdelâ vie.. Ce n'eft pas une
grande affaire que de mourir/, tout:
le monde meurtries Rois meurent , lesfûjets meurent yles vieillards meurent,
une grande chofe que

&

Tes

enfans meurent

,

tous les animaux

meurent auflT bien que les hommes..
Quoy, ne pouvez -vous pas faire ce
que fait

une ntfouche ,

& un fourmy

que fait le plus lâche dè tous les
mes.,

-,

ce

*

hom

&l la pUis timide dè toutes

iè*.

L
femmes Quis

Partie:

hômp qui vlvet 5
non videbit mortem ? Où eft l'homme
vivant ^uipuiïTe s exempttr delà mort,
après que Dieu n'en a pasliifpenfé font
Fils &fa fainte Mere.? L/Ecclefïaftique fefert de cette ccHfîderatiôn pour^
nous ofter cette appreheniïon* trop*
:

eft

*

4

*

grande.

Ne craignez

lentence de la mort

point,

dit-il

&

-

.

,1a'

fouvenez-vous
de ce
de ce- qui a efté devant vous y
qui fetâ après vous.' Hoc judicium à*
Domino omni curnu Dieu- err* a ordonne ainfï pour tous les corps qui ont>*
;

vie.'

Les chofes ordinaires ne font pôint
d'împrefîîon fur nos efprits. Y a-t-il
de plus ordi-'
rien de plus commun
naire que h mortîNotis entendons to^s
106 jours le brait des cloches qui nous
avertit qu'elle a fait quelque conque-

&

r

fte

-,

qu'elle eft

'

entrée dans

quelque,

ÔC: qu'elle a enlevé quelque,
perfonne de cemonde. Pourquoy donc

niaifbn

nous effrayer à la veuë de celle qui
nous eft aufïï naturelle que la vie?,
Qt/eft-ce que commencer à vivre , finon commencer à mourir ? Qu'eft-ce
qu'avancer dans la vie , fthon s'approcher de la mort} En vérité il eft bien
étrange qu cm craigne la meilleure amie-

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La douceur de là Mort .
,i§
qu'on ait au monde , avec laquelle on
on mange , on fe repofe , on traon joue,,,on fe promené,
£
qui on facrifie tous les plus .précieux
momens de la vie ? Eft-il pomble que
nous ne puiflions pas apprendre un mé-

vit

,

&

vaille,

qu'un enfant d'un jour fçait
bien qu'un vieillard de cent ans ?
tier

,

aufji

Nous

le gavons tien, jpé dira quelmais
cela n'empefche pas qp'il
j
n'y ait de la peine à inourir ,
que la
mort ne foit unjufte fujet de crainte,
puifqu au fentiment d'Ariftote ,c*eft de
de tous les maux le plus terrible.
que

qu'un

&

O

,cesconvulfïons

me font peur Qui pei^t
!

voir fans horreur une perfonne à l'a-

gonie ? Donnez à la mort telle figure
il vous plaira, il n'y a rien , à mon
fens ,.de plus affreux ny de plus terrible.
J avoue que le vifkge de la mort n'eft
.pas agréable à ceux qui aiment paiïlonque naturellement
.nément la vie 9
de
peine
a
la
à mourir. Mais
vj^lantil y
cette peine n'eft pas confidqtf blc, puif-

xju

;

&

que,

comme jay

jouent.

Encore

dit, les enfans s'en
n'eft-ce pas la

mort

qui nous caufe ces grandes douleurs,

mais la maladie. La mort de foy

na

1

£

*4

Partie.

point de fentiment, c eft la vie qui fait
noftre fupplice,au contraire en mourant nous trouvons la fin de tous nos
maux. Combien de ^ens s'imaginent

y a plus de peine a vi vre, qu il n'y
cherchent dans la
en a a mourir,
mort le remède à tous leurs chagrins
S. Auguftin dans ces Livres admiraa fait de la Cicé de Dieu ré W€s
pondant aux reproches que luy fai•qu'il

&

jiug. Uh.

x.

v

Dei~
1

qu'une infinité de
Ghreftiens avoient efté mis à mort par

foient les Infidèles

3

que fi c'eft
un mal de mourir,il eft commun à tous
ceux qui font envie; que nul des Chrêy y tiens n*eft mort qui ne dût mourir um
& jour ; qu'il importe peu de quelle mayy niere on meure , quand celuy qui meurt
eft plus obligé dé vivre , & de mourir
^,
que parmi tant d'ac
yy une féconde fois
nous
fommes menacez
de
vîe
,
cidens
la
y*
chaque moment cfune infinité de
yy à
que ne fçachantpas celle qui
morts
}
^
il vaut bien mieu^ten.
y y nous emportera ,
mourant
une
que defes
fouffrir
en
yy
,
>y craindre^putes en vivant, Qu&ro Htrnm
les

Barbares

,

dît tres-bien

,

y

&



fat lus fit unarn perpeti

mon en do

,

quant

yy

tmere vlvendof C'eft ce que diJ'aime mieux mourir
une fois,que de craindre tant de fois de

yy

mourir.

^

om?ie$

3>

foitjules Cefar

:

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1>A douceur de la Mort.

l

j

y a

<€

de peine à mourir une fois , qu'à
dans la crainte de tant de morts,
£c que Caton a fait une aétion lâche

cC

Doâeur

conclut

,

qu'il

•ut>ins

^vivre

donné lamert^ par la raifon
qu'il avoit moins de peine à mourir y
qu à vivre. Ce qu'il prouve par le commandement qu il fit à fon £Is de demeurer au monde ,
de fe foumet*re à Cefars car fi ceftoif une chofe

,de s'eftre

&

c*f m ty

<c
c*

a
*

u
<c

a
<c

honteufe de foufftir fa domination , a
ct
<pourquoy n'a- t-il point exhorté fon fils
€*
a. mourir comme luy ? Pourquoy luy
ce
d'efperer
a-t-il ordonné de <vivre ,
cc
-que Cefar luy feroit grâce ? Il n'a donc
cc
jpzs crû qu'il y euft du deshonneur à
cc
^vivre, Cefar eftant vainqueur Autrement il eut tué fon fils avant que de fe cc
ce
tuer foy -mefme : par confequent fa
mort n'eft pas un effet de courage 5 mais ce
cc
de foiblelfe , au jugement des Sçavans
mefme de fes amis t Arnlci ejm <c
cc
etiarn doBi quidam vîri 3 cjnl hoc fi cri
cc
f ru den tins diffu ad eban t im becillioris cc
cjukrn fortiori* animi facinus ejfe etncc
fnerunt. Ce Sage fuperbe , ajoute Saint
cc
Auguftin, qui a fait efperer à fon fils
cc
que Cefar luy pardonneroit a envié à
cc
Cefar la gloire de luy pardonner à luyci
nicfine , comme il dit ayant appris fa

&

:

&

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*6

'

-

'„ ïïiort:ou



.

doux

,

,

t

pQur mefervir de termes

il a eUj honted'en

plusr

recevoir fa gra.

c&: Glofi&ipfturG&faris.ne #k ilh etûtm
>y
parceretur , Ht ipfe C&far dixiffefer> y foi
fJ ,

oy

tur y invidits aut > ut aliquid nos mitius
dicamys 3 erubuit.

Or s'il eft plus doux à un miferaMe
de mourir que de yixre., quelle raiion
avons nous d'apprçhender le mal qu'on
nous qui en/fentons
fent .en mourant
infiniment de plus grands en vivant?
Pourquoy craindre ce qui nous délivre
de toute crainte? dit tres-bien Tertultib.de tcpi*. Iien # Non
eft tirnendum quod nos libérât
anm.cap. 4
t men
p our q U oy craindre
fi long-temps ce qui ne nous doit affliger qu'un moment;?
Seneque fe reprefentoit quelquefois
* a mort avec l a
PPare ^ ^ es bourreaux
m ihi
des
tourmehs
qui
la rendent fi redougiad^s
isnei ofttn ta kj e
p U jfq Ue fe moquant de cettevaiC eft en
ne
oftentation
, il luy diloit.
carnificum
circa te frc
^ain que tH me montres ces feux , -ces ci>,

-

.

1

^

&

.

r

meterres

dUm

toile

r

l^Um

î$

It^to^teVritas

i

mors

es

fervus meus,

quam anciiu
contcroplït.

«évec

**i

,

&

de bourreaux

cette troupe

frémit autour de toy

;

ofte-moy cette
tu te caches,

pompe funefte fom laquelle

£ont tH
no$s bien

,

épouvantes

les

fuux* Je te con-

tu es la ?nort que

mon Jerviteur

& mafcr\<meontm*pri[ée
7

f

J

il

Jy a ipeu de

jours.

avoue

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La, douceur de

U Mort.

ly



J*âvouc que c'eft faire l'efprit fort,
qM plûtoft le fanfaron, que de parles

Bien loin de croire ce que
ditcePayen, .qu'il n'y -a que les foux
de

la forte.

mortarméede tous fts
fupplices i il n'y a point d'homme raifonnable qui ne condamne ce Pkilofo-

qui craignent la

, de ne l'avoir pas apprene fçachant ce qui luy arriverait après £a mort. C'eft aux Chreûiens
feuls qu'ils appartient d'infùiter à la
mon , quelque formidable* qu'elle paroife
de luy dire : C'eft en vain que
tu prétens m'épouvanter par cette mui _
titudede douleurs
de maladies qui
t accompagnent
par cette armée de
,

phe.de folie

hendée

;

,

&

5

&

fourreaux qui t'environnent

,

par

ce
ce

ce
ce

ce

fcét

de tourmens que tu produis;
connois bien 5 ofte ce malque qui
te cache lë vifage
cette pompe imaginaire di douleurs qui te fuit. Tu es la
Mort , que J ssusa furmontée , que
de petits enfans ont méprifée , que dix
millions de Martyrs ont foulée aux

appareil

Je te

&

Tu

pieds.

&

les

Mm

es la

femmes

Mort, dont

les filles

mocquent.

Tu es la

fe

dont les fept enfans Machabées
ont fi ^lorieufement triomphé 3 ayant
en présence de leur mere prefenté tous
les

ce
ce

ce

ce
ce
ce

ce
ce
ce

,

4
<c

membres de leurs corps les uns apré&
b
1

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L
>y

les autres

rôtis

&

,

brûlez

^

^
^

coupez

Hachez^
lans s'étonner de tes

es la

trée de la vie :tu es

y

;

un fommeil myfte-

&

un port tranquille , ou je (eray
defotmais à couvert des tempeftes

rieux

&

des orages.
3J>

3>

,

Partie.
eftre

Mort non , je me
trompe , tu es la porte du Ciel, & Feu-

Tu

menaces.
**

pour

point

:

O

mort ,

ne te crains
t aime , je te^
Voilà comme

je

au contraire je

&

je te defire.
cherche ,
parler
un Chreftien..
doit
luy
>y
Quelqu uh me dira , fans doute , que
ce n'eft pas la mort qu'il craint , mais
les fuites de la mort que les jugemens
>9

-,

r

font terribles ^ que l'éternité e(t

de Dieu
qu'il*
quelque chofe d'épouv en table j
impie
ou infenfé,je veux dire,
faut eftre

&

1

un mal de
Tout ce que nous avons

cette nature.

dit jufques à.

prefênt peut fortifier un efprit foible
de la douleur
l appr<
contre îapprehenfion
ofte
pas à un homme fage la
ipais il n
'

Crainte raifonnable de paroiftre devant

Dieu. Qu^on m'afïùre de mon falut
un,& je ne craindray point
de mourir Mais qui en peut avoir des-

dira quelqu
:

aflurances

î

C'eft icy qu'il nous faut combattre

avec toutes

les

armes de la raifon

&

de

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ta douceur

de la $fon\

la Fôy les juftes (îijets de crainte

&

que

en apparenque paroiffe
le Jugement qui fuit la Mort , je maintiens encofC y que nous noyons pas ïaw
ion delà* dErindrc: dîns l'excez Y
de
cherchée, comme nous foifîbns* tous les;
moyens imaginables dè la retarder.*

l'une

l'autre fournifTent

ce: car quelque effroyable

&

S

ÊC T I Q N* SEC ON DE.
;

f%ue les faites 4e ?4

m ort ne

doivent f oint faire
appréhender.

nous

la'

fi fort

Sa^int

Auguftin aa Livre 9. de \&^\£:tfT
Cne de Dieu rapporte une hiftoire
agtéabie qu'il a tiré d'Âulu- Gelle, ^«/.
lequel! raconte queftarit

un jour

mer avec un Philofophe

Stoïcien de

fur

grande réputation , voicy une furieufe
ttmpefte qui s'élève, &qui les penfa
faire périr. Comme la maxime de ces
Philosophes eftôit , qu'un homme fige
qu'il ne fane fè troubloit de rien ,
loit point copter pour mal ni la mort ni
fouies les douleurs du corps nous eufmes la curiofité , dit cet Autheur , tout
prefts que nous eftions de faire naufra%
ge, d'étudier la contenance de noftre
Philofophe,& de voir s'il ntftoit point.
*

&

;

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so

Partie.

1.

faifi

de quelque frayeur.

déguifer

>

Il

eut beau 'Te

l'emporta
Philofophie. On le*

la crainte enfin

&

triompha de -fa
voyoit tantôt pâlir , tantoft trembler ;
les coups de flots qui donrioient contre
le vaiflèau ébranloient fa vertu

foient chanceler fa confiance.
pefte eftant appaifée,

&

fai-

La tem-:

& chacun

s'étanf
remis de fâ crainte j un riche débauché
qui eftoit dans le vaiffeàu , commença
àforailler du Stoïcien , en luy difaajc
qu'il avoir eu peur > tout Philofophe
qu'il eftoit

Feftoit point

dé.

& que

*,

,

il

pour luy, qui ne
n'avoit rien appréhen-

Le Stoïcien , qui neftoit pas

beftè,

réponfe que fit auà un homme qui luy
faifoit un reproche -femblable : Je ne
me mettrois pas , luy dit-il , beaucoup
en peine de la vie d'un frippon ; mais je
dois craindre paur celle d' Ariftippe :
Refpondit illum pro anima nequijfimi
luy

fit

auffi-toft la

trefois Ariftippe

nebnlonis merito natifitijfe folicitum

>

«

fit

antem pro Ariftippi anima timere dcbkijfe.

Cette réponfe ferma la bouche à ce
Mais Aulu-Gelle qui defiroit
pénétrer dans les fentimens de ce Philofophe, J uy ayant demandé quel eftoit ïe ditjet de fà crainte;, celuyrC y qni relibertin.

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Ua douceur dé la Mort.
ir
cormuc auffi-toft qu'il avoir affaire à
qui defiroit apun homme fçavant ,
prendre les principes de fa morale, luy
rira le livre d'Epicure 3 &. luy fit voir
queconfoïmement à la do&rine de Zelion,
de Chryfîppe 5 ils ne tenoient
pas 1 homme fage impaflible ;,qu'Is reconnoïflbient dans luy des images terribles qui prevenoient la raifbn
qui
excitoient de la crainte : mais que le
fages'élevoit aufli-toft au deiFus de la-

&

.

&

&

pafïïonj&quil
tout ce qui

n'appelloit point

mai

ne dépendoit pas de fa

li-

bercé.-.

n
à - fait vray ny
vray que l'homme fage n'cAteçint exempt de pat
qu^H| relent les premiers
fions ,
mais c'eft une vanité
mouvemens
s'eftimer plus que
de
infupportable
de ne voule relie des hommes ,
ce qui démal
appeller
loir pas
,

Cela

n'eft pas tout -

tout-à-fait faux.

Il eft

&

:

&

truit le plus
qu'il

grand de tous biens.

enfoit,nous pouvons

un fens très - Chreftien

,

Quoy

dire dans

qu'un hon&~

me fage doit craindre la mort , parce
qu il eft en danger de perdre fon ame
qui eft

d un prix

infini:

pi<anima timcre

Se pro Ariftip-

debuijfe.

Mais -je ne

m

Partie.

ï.

ttouve pâs que ce Philofophe eût raifon dédire , que ce libertin ne devoir
rien craindre

:

car ce font les

méchans

&

qui doivent appréhender la mort,
lion pas les gens de bien. Ain fi quand je

que la mort n'eft pas à craindre , je
nentens pas la mort 'des pécheurs, mais
celle des juftes. Vôicy comme en parle
dis

le Sage.
Sifi

lnflorum animât in manu Dei furit,
Mo s t arment um mortis. Les

3*

non tanget

ames des
Dieu,

juftes font-

en la main de

& elles ne feront points tourmen-

tées des frayeurs de la mort.

-

nier

»

moment, ne

ihquiete point

,

les

trouble

Ce der-

& ne

les

parce qu'elles font en'

main de Dieu au lieu que celles des>
méchans eftàntdans lcsjmnns & dans
la puiflànce du démon wcft împofïï-ble qu elles ne tremblent à fes appro*


:

5

'

ebes.
.

Vous me

direz que ceft là juftement

4

ce qui vous fait craindre , parce que
vous eftes un grand pécheur ,
que
vous n'avez pas lieu de croire que vous

&

lUidêbcno
"' or!t

*'

fcyezdu nombre des juftes. Je répons"
avec Saint Ambroife , que ce n'eft pas
la mort qu'il faut craindre , mais le péché qui eft l'aiguillon de la mort.- Les
infenfez, dit ce Saint De deur , craû

\

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L* douceur dé l*
.

*


!

Âfott:

23'

gnenc la mort pour deux rarfons.. La
premiere,parce qu'ils eftiment que c'eft
i aneantiflement de leur eftre. L'autre^
pour les peines donc les Poètes les me-

ff^iiacent après cette vie..
T

Av C'eft une erreur de croire que l'hom—
"/me fbit entièrement détruit par la
»ortm car fon ame fubfïfle,ôé fon corps
t'

y** doit reflafeitep un jour.
Je ne nie pas
qu'il n'y ait des peines à fouffirir après

f^- cette vie r mais pourquoy attribuer à la
ce qui n'arrive qu après la mort l

^mon

^4%uidad mortem quod pofl mortem ejl?
3 Si ce qui fuit la mort appartient à la

mort , ce quiXuit la vie doit appartenir,
à la vie ainfi la vie doit eftre aufli reV- doutable que la mort..
Vous dites que la mort eft tresu
:

mauvaife.

Oui bien celle

.% Répond ce Saint
:

:

dès pécheurs,.

mais pour celle des

David l'appelle précieufe devant
les yeux de Dieu. Il eft donc évident,,
conclut-il 5 que la mort de foy n eft pas
jules,

àcraindre

, mais que c'eft le péché leul
nous la doit faire appréhender :
Vnde liquet acerbitatem , n$n mortis

qui

'

P

Nous

n'avons rien à
craindre à: la fin der la vie , fi nous n'avons rien fait pendant la vie qui foit à

e

>

fid

craindre.

cnlfdt.

C eft la belle

fentence de ce

«

'

4

/•

i3f*

Partie.

.

.

habemus quod in morte
fi nihil qnod metuendum fit

.Pére. JSlon

tuanius

,

yita noftra commifitJ

•MM 0

-*

Gefage



Baflus

de Seneque,

vieillard
,

difoit la

nom*

même chofe, quoy

qu'en termes diflèrens. S'il y a , difoitde-reil , quelque chofe de#fâcheux
doutable en la mort , il ne s'en faut pas
prendre à elle , mais à celuy qui meurt:
La mort de fa nature eft innocente :
c^eft le vice de l'homme qui la rend

&

&

terrible: Si qmà incommodi
mauvaife
mit metns in morte eft , mt>rientis vitium
dicebat effe , non rnortis r*
Ce difcours, dira quelqu'un /a^gmen*
te ma crainte au lieu de la diminuer :
car fçachant que j'ay péché , je regarde

la mort

comme

moment

le

fuhefte



Dieu , pour
mes crimes
démons mes accu-

jeferay cité au Tribunal de
recevoir le chaftiment de

Je me reprefente les
fa teurs

,

qui paroiftront alors avec des

&

formes terribles ,
qui ouvrant le Livre de ma côn&ience , diront à Dieu de
moy , ce que Saint Auguftin dit de foy-*
melme. Voilà l'homme &c<e qu il a
opérâtjus. Peut-on
fait:' Ecce homo
croire un Jugement {ans le craindre ? Et
peut-on ne le pas craindre 9 fe fentanc
coupable d'une infinité dépêchez*J'avoue

&

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La

douceur de la Mort.
15
J'avoue qu'il îvy a rien de plus terrible

que le jugement de Dieu à ceux

font point appréhendé pendant
la vie
Mais s'il ne trouve rien en vous
qui foit mauvais qu'avez vous à craindre ? Or il ne tient qu'à votis de vdus
décharger de vos péchez, & de faire en
forte que Dieu ne trouve rien à punir.
qui ne

:

La Pénitence, dit Tertullien, fait fur la

fondions de la JufticedeDieu:
nous purrit en cette vie , lajuftice ri aura point d'a&ion contre nous en
l'autre , Dieu nepunilîant jamais deux
terre les

fi

elle

mefme péché.

fois le

Voicy

comme

il

s'en

déclare par la

SiTim-

bouche du Prophète Ezechiel.

un

si

îit
.

p 1ui

f

homme

tres-me- nitemiamab
fie (ceft a
s
é&nt)fitit fcmnnte de tins [es péchez,
dire

& s il garde
il

&

ft

e

point

Commandemens ,

J^"

fcî

ne mourra fpoint ( de la dlCm CHfl °om «^
%
1
*i
r
éternelle ) je ne me Jouviendray pr^cepta
1*
de tontes les iniquités qu'il aura

vivra

niort

tous mes



^g ™
1

CQmmifes*

rnorietizr.

™™

j

par un autre Prophète qu'il 9 m
jettera les péchez dans le tond de la ejti quas ©.
mer. Quel fiijet avons nous après cela
^Ticcordai
de craindre la mort
le Jngement de feor.
Dieu , puifque nous pouvons efïàcer E * ih -< i8 - lK
tous nos péchez parla Penitence,& faireen forte que Dieu n'ait rien à nous
Il

afleure

&

reprocher

î

,

ç

.

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