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La Lettre de mars 2018 - n° 94

L’envol des pages

L’ardeur poétique

C’est peut-être le temps que l’on tient dans sa main
Ou le code secret d’un magique voyage
Qui peut s’envisager libre de tout bagage
Nous portant aisément d’autrefois à demain

L’ardeur ne s’invente pas, elle naît,
L’ardeur ne se mesure pas, elle est
Dans le rythme vif du langage,
Dans l’exaltation qui s’engage.
Avec lui je m’en vais sur un autre chemin
Les mots prolongent la bravoure,
Découvrant maintes fois, un nouveau paysage
Litanies du Bien qu’elle savoure.
Je vis le quotidien désormais d’un autre âge
L’enthousiasme fait voler la plume,
J’y trouve entre deux mots, un enchanteur refrain Dénonce le monde qui se consume.
Lorsque le soir revient fermer sans bruit la rose Le ton fait crisser le crayon
Courbé par son labeur, l’être humain se repose Qui noircit l’enfant en haillons,
Ecrase la misère sur l’enclume,
Alors le bel écrit offre l’évasion
Voit dans l’œil l’espoir qui s’allume.
L’oeuvre qui peut avoir divers formats de pages Le vocabulaire voit l’instant,
Déroule des récits vécus, cocasses, sages,
Exhorte au cœur le résistant,
C’est parfois le parrain de l’information
Pétrit, distille la vérité
Portant jusqu’à chez nous le bruit sourd d’une guerre Révélant ses disparités.
Il transmet chaque instant, la joie ou la misère, Les vers vibrent comme des armes :
Procurant au rimeur, son inspiration !
Un cri devant le sang, les larmes,
Un cri devant les nègres soumis,
Patrice Pialat
Un cri devant les Droits omis…
La langue efface le mirage
Eux dans l’eau
Compose avec fougue, avec rage
Les artistes peintres font des peintures pour
Les sons du rêve, le propre de l’Homme,
que les murs des maisons, les murs des musées
Un défi, une promesse en somme…
s’ennuient moins… car les murs comme les
jours s’ennuient, s’ennuient comme les jours
Marie-Claude Turlier
sans nuit, cent jours sans nuit qui n’est somme toute qu’un grand jour sans mur sans toit,
sans toi mon amour ce jour s’ennuie… grand
Haïku plaisir des mots
jour de cette petite nuit, au petit jour je serai
parti… moitié d’un jour qui caresse la glace
Le plaisir des mots
de l’ours blanc abandonné sur la banquise…
Univers si singuliers
au petit jour qui fera trêve, la nuit harponnera
C’est une vraie pluie !
l’aube… au pied du lit un étrange rêve gelé de
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ce jour inachevé s’épand sans pudeur tandis
qu’un bras qui a glissé du bord du lit pend sans
Le verbe se pose
vie, caresse le sol froid qui rejoint le mur où le
Nuances poétiques
peintre a étranglé avec talent l’esquisse d’un
Vol du Colibri…
bonheur passé…le tableau est joli…c’est une
nature morte…

Pierre Sureau

Michèle Hubert

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