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Vie des Entreprises
I 3 I Info-éco Mars 2018
BÂTIMENT — LA ROCHELLE / 17

Janet Guinandeau, la papesse
de la rénovation de standing
Tout sourire, comme toujours, la dirigeante d’Espace Investissement a reçu le 8 février dernier le trophée
Emergence de l'entreprise de l'année de la Chambre de commerce et d’industrie de La Rochelle.

J

anet Guinaudeau a
créé Espace Investissement en 2000
pour mener des opérations de rénovation de
bâtiments historiques. Les
hôtels particuliers de la
Villemarais et Babut à
La Rochelle ou l'ancien
couvent des Carmels à
Niort ont été transformés
en habitations de standing
par ses soins, pour son
plus grand plaisir. « On tire
l'individu vers le haut quand
on lui permet d'accéder à un
beau logement », estime-telle.

Les contraintes ?
« Hyper marrant »
C'est devenu sa passion.
« J'aime qu'un bâtiment
classé aux Monuments historiques change de destination,
qu'un ancien centre des
impôts, une clinique ou l'ex

Janet Guinaudeau sur la scène de l'Espace Encan, le 8 février dernier,
à l'occasion des trophées Emergence de la CCI de La Rochelle.

école normale de La Rochelle
deviennent des lieux de vie.
Mais je suis très exigeante.
J'ai la notion de l'excellence,
du beau et du qualitatif. J'ai
des valeurs aussi. » A ce
titre, les entreprises qui
ont recours aux ouvriers
détachés c'est non, celles
qui emploient des compa-

gnons du devoir, c'est oui.
Histoire « de participer au
maintien du savoir-faire en
France ». Pourtant les
contraintes sont nombreuses. Mais pour la quinquagénaire, « mon cadre, ce sont
les contraintes. Elles rendent
créatif. Atteindre son objectif
avec des moyens limités, je

trouve ça hyper marrant. »
Que de chemin parcouru pour l'ancienne
coiffeuse des Herbiers
(Vendée), mère de deux
enfants. « J'adorais la coiffure mais je m'ennuyais intellectuellement. J'avais la sensation physique que mon
cerveau s'atrophiait. » Alors
tout en continuant, elle
intègre un réseau de vente
à domicile de produits
ménagers. Elle y rencontre
des gens qui louent sa
faculté relationnelle et la
pousse vers l'immobilier,
à l'époque des lois Méhaignerie (1986) sur la défiscalisation. Recruté deux
fois pour cela, avec son
mari banquier, par des
entreprises qui périclitent,
le couple crée Espace
Finance en 1992, dédié à la
gestion de patrimoine.
Leur première opération

immobilière se déroule
aux Sables-d'Olonnes, puis
en 1997, ils achètent un
premier hôtel particulier à
Montpellier. Trois ans
après, Janet crée Espace
Investissement pour
conduire les rénovations.

Objectifs élevés
Mais en 2005, divorce.
Janet continue seule, avec
succès.
L'entreprise
rayonne de Bordeaux à
Nantes. En 2008, elle se
fixe deux ambitions : dans
5 ans être la référence
régionale de la réhabilitation de l'ancien et être
numéro 1 en France en
terme de qualité de réhabilitation. « Les deux ont été
réalisées, assure-t-elle. C'est
mesurable. Les bâtisseurs
nationaux comme Bouygues
ou Eiffage collaborent avec
nous et Espace investisse-

ment est la seule société citée
dans les magazines de décoration. »
Désormais, l'objectif est
d'être « le référentiel de tout
le grand ouest, de Bayonne à
Rennes et Tours d'ici 5 ans. »
Et même à Paris, où elle
vient de racheter l'ancien
hôtel particulier qui servait de studio d'enregistrement à Loulou Gasté, le
mari de Line Renaud.
Aujourd'hui, Janet Guinaudeau le concède : « Il
m'a fallu un certain stade de
réussite pour assumer mon
parcours. J'ai fait HEC, plaisante-t-elle, Haute école de
coiffure ! » Elle a conservé
la même exigence. Quand
elle exerçait, il ne fallait
pas qu'un cheveu dépasse.
C'est toujours pareil
aujourd'hui. ◆
OLIVIER GUÉRIN

SERVICES — AYTRÉ / 17

La liberté gagnée
de Catherine Pamart
Cette quinquagénaire a repris EMO International, PME spécialisée dans l'appareillage médical en 2015.
Un changement professionnel radical pour cette ancienne cadre de La Poste.

L

a regarder venir à vous
traduit son caractère. Sa
haute taille et son regard
clair donnent l'impression d'une
femme forte, assurée. On la
devine calme et déterminée. Son
pas affirmé renforce cette
image. C'est bien cela. Catherine
Pamart a les épaules solides et
prend « tout comme un sport »
dans sa nouvelle vie de présidente d'EMO International. Cette
PME de 6 salariés est spécialisée
dans la vente, l'installation et la
maintenance d'appareils de diagnostic médical externe non
invasif. Les médecins spécialistes qui forment sa clientèle sont
cardiologues, allergologues, mais
surtout pneumologues, l'entreprise basée à Aytré étant en
pointe sur l'équipement pour les
tests pulmonaires ou d'effort.

Goût pour la technique
« J'ai toujours eu de l'appétence
pour la technique, la production et

Catherine Pamart le confesse : « Je ne travaille pas beaucoup en vacances. En
même temps, je ne prends pas beaucoup de vacances ... »

la construction », raconte cette
quinquagénaire aux cheveux
courts, conviviale. Elle a cédé à
ce penchant en consacrant
25 ans de carrière à l'industrie
postale. Après une licence en
économie et Sciences Po à
Nancy, l'Alsacienne est entrée à
La Poste. Responsable de produc-

tion au centre de tri de Paris,
direcrtrice des ressources
humaines à Nantes, directrice
financière à Bordeaux, elle multiplie les mutations jusqu'à devenir directrice de la plateforme de
tri de La Rochelle en 2010.
Et puis, « j'ai fait ma crise de la
cinquantaine », plaisante-t-elle.

Malgré un statut de fonctionnaire cadre supérieur, elle cherche une autre voie, dans le privé.
Il en faut du courage pour lâcher
cette situation et aller se mettre
en danger en reprenant une
PME. « Il ne m'aurait pas fallu moins
de courage pour rester à un poste
qui ne me stimulait plus, expliquet-elle. J'avais moins de motivation
et puis je voulais gagner en liberté
d'action, en liberté tout court. J'avais
envie de racheter une entreprise de
service, avec de la technologie. J'ai
éliminé les secteurs du transport et
du bâtiment, qui demandent une
importante mise de fonds et qui
étaient frappés par la crise. »

« Ça m'a motivé »
A Aytré, le dirigeant d'EMO
International vient de décéder,
la structure est en difficulté.
Catherine Pamart la reprend et
conserve le personnel, qu'elle
qualifie de « vraie valeur de la
société ». Les débuts sont compli-

qués, mais la nouvelle patronne
a l'expérience du pilotage. Et surtout « je n'ai pas eu peur. Ça m'a
motivé. »
Objectif : gagner 10 points de
chiffre d'affaires par an pendant
3 ans. Depuis 2 ans, la TPE est
dans les clous. Ensuite, trouver
un(e) technicien(ne) de maintenance d'appareil médical. C'est
en cours. Enfin, préparer sa succession, sa fille unique ayant
d'autres projets, tout en rêvant
de produire sur place au lieu de
tout importer ou presque, cette
industrie ayant quasiment
disparu en France.
Mais la dame a encore un
autre but, dans une autre fonction. Elle veut « amener de l'équité,
au moment de la conciliation notamment » dans son rôle de
conseillère prud’homale au tribunal de La Rochelle, comme elle
le faisait déjà à Nantes. ◆
O. G.