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Vie des Entreprises
I 4 I Info-éco Mars 2018
LIBRAIRIE — VIVONNE / 86

Vivonne accueille les Jolis Mots
de Séverine Bordeaux
Ouvrir une librairie était son rêve, Séverine Bordeaux a tout mis en œuvre pour réussir. La voilà maintenant
à la tête d'une librairie dans le sud Vienne.

C

ela fait tout juste
trois mois que
Séverine Bordeaux a ouvert sa librairie
indépendante à Vivonne.
Cette maman de deux jeunes enfants s'est lancée
dans l'aventure sans vraiment savoir ce qui l'attendait. Après avoir été éducatrice spécialisée dans la
protection de l'enfance
pendant 10 ans, elle a
décidé de tout plaquer
pour réaliser un rêve, celui
de devenir libraire. L'idée
lui trottait dans la tête
depuis un petit moment. Il
faut dire qu'avec un oncle
et un cousin libraire, en
plus d'un frère dans l'édition, elle était bien entourée. Mais avant de pouvoir
réaliser son rêve, il a fallu
monter le projet. Elle suit
une formation à Montreuil
et réalise une étude de
marché. Elle effectue également deux stages (à la
Bruyère Vagabonde à Poitiers et au Matoulu à Melle)

Séverine Bordeaux sélectionne chaque semaine ses coups de cœur.

L’espace est agréable, lumineux et coloré.

pour se professionnaliser.

accueil des habitants de
Vivonne, mais aussi des communes alentour allant même
jusqu’à Poitiers. C'est un métier
qui reste difficile, il faut être
hyper mobile intellectuellement. J'ai dû apprendre la
comptabilité, la gestion, l'informatique …, mais il faut aussi
se faire confiance et avoir un
minimum d'humilité », confiet-elle.

S'installer à Vivonne
Le choix de s'implanter à
Vivonne n'est pas un
hasard. « J'habite ici depuis
huit ans, mes enfants sont scolarisés dans cette ville. J'ai
choisi de vivre à la campagne,
mais cela ne devait pas se faire
au détriment de l'ouverture
d'esprit, de la culture. C'est
aussi ça que je veux apporter
en étant la seule libraire indépendante du Sud Vienne. » Et
Vivonne n'est pas dénuée

d'atouts : un collège, des
infrastructures et le marché
qui apportent son lot de
clients potentiels. Le projet
était en place, il a fallu
convaincre les banquiers : «
Je pensais que cela allait être
dur. Au final, ils m'ont tout de
suite suivie surtout grâce au
fait que je vends, à côté, des livres d'occasion sur internet. Cela
m'assure la trésorerie nécessaire. » C'est après 13 mois
et un local « tombé du ciel »,
que « Les Jolis mots » ont pu
ouvrir : « J'ai eu un super

S'imposer en tant que
femme
Ainsi dans sa boutique

elle propose des livres jeunesse, des loisirs créatifs
pour enfants, des BD pour
adolescents et adultes,
mais aussi des romans
pour les plus grands. Séverine Bordeaux les a tous lu,
elle peut ainsi prodiguer
les meilleurs conseils. « J'étoffe mon offre petit à petit. »
La Vivonnoise se diversifie
peu à peu, avec notamment des animations : la
Nuit de la lecture, les 48h
de la BD, des Racontes
Tapis pour les touts-petits,

des
ateliers
d'artthérapie ... Elle accueille
par exemple bientôt une
jeune poitevine, Elsa Boumedine, qui a écrit son
premier roman à 14 ans,
pour une séance d'échanges et de dédicaces. « Il faut
aussi mettre en avant les
talents locaux. »
Malgré ce métier-passion, la vente reste difficile.
« Le plus dur, c'est la réalité
économique et les aspects
financiers du projet. Je l'ai
monté seule. Il faut faire
confiance et faire sa place en
tant que femme. » Une légitimité qui n'est pas toujours simple. « Nous les femmes, nous n'avons pas de
costume auquel nous identifier. Si nous sommes trop
habillée cela fait soirée, mais
trop décontractée, nous ne
sommes pas prises au
sérieux. Une femme doit faire
davantage attention à l'image
qu'elle renvoie qu'un homme,
être plus subtile. » ◆
CHLOÉ CROCHU

COMMERCE – MIGNÉ-AUXANCES / 86

Carine Souriau, épicière d’objets artistiques
A 46 ans, Carine Souriau est à la tête de l’articerie, une épicerie d’objets artistiques et artisanaux et autres
jolis articles, située au 45, rue de Saumur à Migné-Auxances, route de Saumur, rencontre avec cette épicière.

S

ituée dans le bourg de
Migné-Auxances, on
remarque facilement la
devanture de l’articerie. Pour
Carine Souriau, la gérante de
cette épicerie proposant des
objets artistiques et artisanaux,
la seule solution, pour ne pas se
ruiner dans un bail commercial,
était de trouver une bâtisse aménageable en commerce et où elle
pouvait vivre avec son mari et
ses deux enfants.
Au rez-de-chaussée de cette
ancienne ferme, Carine a pu
installer l’épicerie ouverte du
mardi au samedi. Les objets sont
exposés sur des meubles anciens
souvent repris en home staging.
Il y a même un salon de thé. Au
mur, des oeuvres de créateurs. Sa
boutique est remplie d’objets. « Je
la définirais comme une épicerie
d’objets. » À la fois des objets artisanaux, artistiques, des pièces
uniques réalisées par des créateurs et des articles coup de
coeur qu’elle prend auprès de
fournisseur. « J’ai voulu vraiment

Carine Souriau au milieu de ces objets originaux et uniques, dont sa balance d’époque.

développer l’idée d’une épicerie d’objets autour de quatre univers : un
décalé, un coloré, un rétro-vintage,
un poétique. »
Ce projet d’épicerie originale
trottait dans la tête de Carine
depuis une quinzaine d’années
au moins. « J’ai toujours aimé les
boutiques de créateurs, de pièces
uniques. Je voulais ouvrir la
mienne. » Peut-être une envie qui
lui vient de ses grands-parents
qui tenaient une épicerie dans

un village de Vendée. D’ailleurs,
l’emblème de sa boutique, c’est
leur balance d’époque. Elle y est
exposée.

Des objets uniques et
originaux
Hormis la gérance de son articerie, Carine Souriau a conservé
à mi-temps son travail de
psychomotricienne à l’hôpital
Henri Laborit de Poitiers pour
garder une certaine sécurité

financière. « Je n’imaginais pas que
le travail souterrain prendrait tant
de place. Je n’ai plus le temps de créer
concrètement mes propres objets
mais en ayant sa boutique on est
amenés à créer des événements, des
aménagements … » Des événements, elle en organise fréquemment le week-end sous forme
d’ateliers payants (pour payer les
matières premières et les cassescroûtes) où six personnes peuvent apprendre à réaliser des
objets. « On passe souvent de bons
moments. Les ateliers sont de vrais
échanges. Ils durent une ou plusieurs
heures, une demi-journée, voire une
journée … »
Après un peu plus d’un an
d’exercice — l’articerie a ouvert
en novembre 2016 — Carine Souriau ne se verse aucun salaire
mais elle a atteint un premier
objectif. « Mes bénéfices ont équilibré
toutes mes dépenses (achats de fournitures, l’aménagement, le stock de
marchandises). » Pour sa deuxième
année, elle espère toucher un
salaire. « Je ne vais pas pouvoir faire

ça toute ma vie sans tirer de bénéfices. » Mais si elle a pu ouvrir c’est
aussi parce qu’elle fait partie
d’une coopérative. L’Acéascop,
une coopérative d’activité et
d’emploi située à Châtellerault
l’accompagne pour développer
son projet économique. « Mine de
rien cela rassure. On peut demander
conseil. Malgré tout, je fais ma comptabilité et la coopérative valide les
comptes. C’est elle aussi qui redistribue l’argent aux créateurs. Cela les
met en confiance », explique Carine
Souriau.
Au fur et à mesure, Carine a su
se trouver une clientèle fidèle
essentiellement féminine.
« Même si les hommes viennent souvent ici pour offrir des petits cadeaux
à leur femme », sourit-elle. En tout
cas à l’articerie, l’épicière prendra
à chaque fois du plaisir à expliquer la provenance des produits,
comment ils ont été confectionnés. « Les gens ont besoin de mettre
du sens à leur achat, à moi de leur
en donner. » ◆
J. P.