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PROLOGUE

LA FIN D’UN RÈGNE

En cette matinée de septembre 2002, le sol meuble recouvert de feuilles mortes
et les arbres pris d’assaut par les plantes grimpantes baignaient dans l’humidité
ambiante de la jungle tandis que la canopée bruissait au gré du vent.
Ses anneaux enroulés autour d’une branche de kapokier à plus d’une quinzaine de
mètres au-dessus du sol, un boa constricteur se tenait inerte. Attendant l’arrivée des
rayons du Soleil sur son corps froid, le reptile était en train de digérer une grenouille
arboricole, qu’il avait attrapé durant sa nuit de chasse.
Le boa n’avait pas encore atteint sa taille adulte : il ne faisait qu’un mètre vingt là où
les plus grands membres de son espèce pouvaient atteindre plus de quatre mètres.
Il aurait pu atteindre cette taille si la mort ne l’avait pas frappée si tôt.
Il sentit les serres d’un oiseau énorme se ficher dans sa chair et avant même qu’il eut
le temps de répliquer, un puissant coup de bec lui perfora le crâne.
Le corps du serpent fut soulevé avant d’être déposé au sommet de la cime d’un
arbre plus grand qui dominait les autres de par sa taille.
L’animal qui avait tué le boa était un rapace à tête grise arborant un plumage noir sur
le dos et blanc sur le dessous : Une harpie féroce, l’un des plus grands prédateurs des
forêts tropicales du nouveau monde.
Avant de commencer son repas, le rapace regarda autour de lui alors qu’en contrebas,
maints cris et chants résonnaient à l’ombre des arbres. Le jour s’était levé depuis trois
heures et les animaux diurnes vivants dans les sous-bois avaient déjà entamés leurs
activités de la journée, y compris chasser. Mais la harpie était le maître incontesté des
cieux de cette jungle et nul n’aurait osé lui chaparder son repas sans prendre le risque
de subir la furie du rapace et de devenir à son tour une proie potentielle.
Insouciante, la harpie commença à se repaitre de la chair du serpent mais pendant son
repas, la jungle devint silencieuse.
Une nuée d’oiseaux blancs s’envola de l’un des arbres plus bas en poussant des cris et
passa à côté de celui où était perché l’oiseau de proie sans prêter attention à celui-ci
alors qu’un bruit sourd et répété se rapprochait.
Alertée, la harpie releva la tête et referma son emprise autour de la dépouille du reptile.
Il regarda en direction du bruit mais il ne vit rien au-delà de la brume qui était
tellement épaisse que même les yeux aiguisés de la harpie n’arrivaient guère à
distinguer quoi que ce soit au-delà d’une douzaine de mètres.
Le bruit se rapprochait et devenait de plus en plus fort, jusqu’à être presque
assourdissant pour la harpie.
Soudain, une gigantesque créature fuselée et vert kaki perça la brume en rasant de près
la canopée, secouant les branches sous elle. Ses yeux étaient énormes, sa queue longue,
sa peau avait un aspect dur et lisse tandis que ses ailes tournaient si vite que le rapace
ne put en observer les contours précis.
Effrayée par ce monstre inconnu qui venait de faire irruption sur son territoire en
effrayant tous les animaux de la canopée sur son sillage, la harpie s’envola avec le corps
du boa entre ses serres et prit la fuite.
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