JW reimaginé, Acte I.pdf


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Quand l’hélicoptère AgustaWestland AW101 de couleur vert kaki émergea du
nuage de brume couvrant un gros pan de la jungle, la porte de l’habitacle fut coulissée
et un homme sortit la tête de l’intérieur de l’appareil.
Vêtu d’un treillis, casque sur les oreilles et micro devant la bouche, il scruta la jungle
autour tout en mâchonnant son chewing-gum.
Lorsqu’il vit des arbres bouger à deux cent mètres de leur position, il se retourna pour
s’adresser au pilote :
— Il y a du mouvement à onze heures !
Le pilote lui répondit par un hochement de tête et l’hélicoptère prit la direction
des arbres en mouvement tandis que l’homme en treillis parlait dans son micro :
— Equipe au sol, j’ai repéré la cible. Elle se trouve au pied des contreforts et tente
de regagner la montagne.
Il parlait d’une montagne au sommet nu et aux arêtes déchiquetées située
derrière lui, à l’est.
— Entendu, on se dirige vers sa position. Lui répondit-on dans le casque.
Au sol, les plantes basses recouvrant le sol forestier étaient écrasées sur le
passage d’un petit groupe de véhicules tout-terrain fonçant à toute vitesse, tous de
couleur kaki et arborant le logo gris d’InGen sur leurs portières. Il y avait plusieurs
Hummer H1 et Jeep Wrangler ainsi qu’une Mercedes-Benz U1300 surmonté d’une
cage dans laquelle se trouvait deux hommes, vêtus de treillis eux aussi comme
l’intégralité de ceux participant à l’opération qui était en cours.
En plus d’un tireur équipé d’un fusil Lindstradt, il y avait également celui qui menait
l’opération en donnant des ordres aux travers de son micro et en faisant de grands
gestes bien distincts avec ses mains.
Victor Hoskins ou Vic comme il se faisait surnommé, était un costaud d’une
quarantaine d’années et aux cheveux bruns coupés courts à la militaire. Comme sa
coupe et son aisance à commander le suggéraient, Hoskins était un ancien membre des
forces spéciales de l’armée américaine.
En s’y engageant dès ses dix-sept ans, il voulut suivre l’exemple de son père GI tombé
dans une embuscade au Vietnam. Vic avait participé à plusieurs conflits, dont
l’invasion du Panama en 1989, la guerre du Golfe ainsi qu’aux deux opérations de
maintien de la paix des Nations Unies en Somalie ayant eu lieu de 1992 à 1993. Ce fut
au Panama qu’il rencontra son ex-femme, faisant elle aussi partie de l’armée et ils
eurent ensemble une fille, née en 1991. Cependant, il quitta l’armée après avoir été
grièvement blessé lors de la bataille de Mogadiscio et enchaîna les malheurs, traversant
une période de chômage au milieu de laquelle il y eut le divorce avec sa femme, un an
après Mogadiscio. Ce qui fut une sombre période pour lui prit fin début 1995 lorsqu’il
fut engagé par InGen pour occuper le poste d’un cadre de la division sécurité de la
compagnie décédé quelques mois plus tôt lors d’une expédition que la société avait
envoyée sur une île à cent quatre-vingt-treize kilomètres au large de la côte Pacifique
du Costa Rica, Isla Nublar, la même où Hoskins et ses hommes étaient affairés depuis
plus de sept mois.
Quand on le mit au parfum de ce qu’InGen avait laissé derrière elle sur cette île ainsi
que sur Isla Sorna, Hoskins n’en crut pas ses oreilles. La société pour laquelle il
travaillait avait cloné des dinosaures et ceux-ci s’étaient échappés lors d’un ouragan et
avaient proliféré contre toute attente mais il se passa plusieurs années avant
qu’Hoskins ne puisse avoir un animal préhistorique en chair et en os devant ses yeux.
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