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Titre: «La question du maintien des classes prépa militaires se pose» - Libération
Auteur: BRULON

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«La question du maintien des classes prépa militaires se pose» - Libération

22/03/2018 21:50

INTERVIEW

«La question du
maintien des classes
prépa militaires se
pose»
Par Guillaume Lecaplain(http://www.liberation.fr/auteur/15417guillaume-lecaplain) et Anaïs
Moran(http://www.liberation.fr/auteur/17663-anais-moran) — 22 mars
2018 à 20:26

Pour le sociologue Claude Weber, enseignant détaché
aux Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan,
l’existence même de ces lycées noyautés par les
«tradis» peut être remise en question.
Claude Weber est maître de conférences en sociologie à l’université
Rennes-II, détaché aux Ecoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan
(Morbihan). Il a publié aux Presse universitaires de Rennes A genoux les
hommes, debout les officiers (2012) et dirigé les Femmes
militaires (2015). Il explique à Libération le phénomène des «tradis» au
lycée militaire de Saint-Cyr (à Saint-Cyr-l’Ecole, dans les Yvelines).
A LIRE AUSSI
Lycée Saint-Cyr : une machine à broyer les
femmes(http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/une-machine-a-broyer-lesfemmes_1638211)

http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/la-question-du-maintien-des-classes-prepa-militaires-se-pose_1638208

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«La question du maintien des classes prépa militaires se pose» - Libération

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Qui sont ces «tradis» ?

Il est difficile de dresser une typologie détaillée des profils. Mais vous
avez des tendances - que relèvent d’ailleurs les élèves eux-mêmes : des
noms à particule avec des lignées familiales d’officiers ; la pratique
religieuse ; le scoutisme ; on parle de familles très conservatrices avec
des valeurs associées. Ce qui les caractérise également, ce sont des
parcours scolaires avec des cursus très uniformes : école privée, lycée
militaire, classes préparatoires militaires, Saint-Cyr. On parle souvent
d’individus élevés au pied du drapeau.

En quoi sont-ils traditionalistes ?

Il y a cette idée qui leur est chère de faire partie d’une communauté qui
défend des valeurs que la plupart des gens considèrent comme
appartenant au passé. Mais ils y sont attachés, et c’est ce qui entretient
en partie leur volonté farouche de distinction. Tout cela a du sens pour
eux : la France, les lignées, la religion, la place de la famille, le rôle de la
femme, le royalisme pour certains… Tout ce qui pour eux permettrait de
constituer ce «dernier rempart quand tout s’effondrera». Tout cela fait
partie d’une rhétorique bien huilée, parfois d’un jeu provocateur.
Malheureusement, qu’ils en soient intimement persuadés ou non, les
conséquences sont les mêmes pour celles et ceux qui en subissent les
propos et attitudes.

http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/la-question-du-maintien-des-classes-prepa-militaires-se-pose_1638208

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Pourquoi ce phénomène des tradis se perpétue-t-il ?

Ils ne sont pas forcément majoritaires en termes d’effectifs, mais ces
élèves donnent le ton. C’est ce que j’ai montré à Saint-Cyr quand j’ai
étudié une promotion pendant trois ans. On voit bien que ces individus
se connaissent avant, parfois leurs familles se côtoient. En prépa, ils ont
déjà un réseau, ils sont au premier plan pour prendre l’ascendant sur les
autres. Si le père et/ou le grand-père ont été officiers, qui plus est
«saint-cyriens», ils ont une sorte de légitimité que leur attribuent les
autres. Ils évoluent comme des poissons dans l’eau. Je vous laisse
imaginer la différence d’adaptation avec ceux qui viennent sans aucune
connaissance du milieu militaire.

Mais tous les tradis ne viennent pas de familles à
particule…
Non, mais quand on se rend compte qu’il y a une minorité qui détient
tous les codes et qui est leader, on a envie de lui ressembler. Des jeunes
vont donc essayer d’adopter les mêmes comportements, quitte parfois à
«surjouer» les choses. Ils sont souvent plus royalistes que le roi, plus
pratiquants ou plus misogynes que les tradis.

Les tradis ont-ils le même poids dans les autres lycées
militaires ?

http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/la-question-du-maintien-des-classes-prepa-militaires-se-pose_1638208

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Les lieux ont de l’importance. Saint-Cyr-l’Ecole et le Prytanée national
militaire (à La Flèche, dans la Sarthe) sont les prépas les plus radicales
dans les postures. Y transiter, c’est comme retrouver une sorte de pureté
originelle. Saint-Cyr, c’est là où tout a commencé : l’école était d’abord
là avant de déménager dans le Morbihan. Forcément, faire sa prépa
dans l’ancien «bahut», «ça a de la gueule». A Aix, l’ambiance est tout
autre et plus sereine pour les jeunes femmes. L’importance des lieux,
je m’en suis rendu compte à Coëtquidan où le phénomène d’entre-soi est
puissant.

Le phénomène des tradis s’observe-t-il à l’Ecole
spéciale militaire de Saint-Cyr ?
Les cadres sont beaucoup plus attentifs aujourd’hui aux comportements
déviants à l’égard des filles. Il y a encore une dizaine d’années, certains
élèves tentaient de faire craquer celles qui arrivaient, pour essayer de
faire intégrer leurs copains restés sur la liste complémentaire. Ces
choses-là ont disparu. Les filles vivent beaucoup mieux leur formation,
même si ce n’est pas facile tous les jours. Trois ans de formation et une
plus grande maturité liée à l’âge participent du processus.

Comment expliquez-vous qu’en prépa, le phénomène
tradi soit si présent ?
Tout est affaire d’encadrement, de commandement et de sensibilisation.
Il faudrait être encore plus vigilant et ne rien laisser passer. On dispose
depuis 2015 de lois bien claires sur le sexisme [la loi Rebsamen, ndlr], il
faudrait que les faits et actes prohibés soient relevés, nommés et qu’il y
ait une réaction appropriée. On ne veut pas voir, on minimise, on met
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cela sur le compte de l’humour, on entend «il faut bien que jeunesse se
passe». Or le sexisme, qui casse le rapport d’égalité, commence par des
choses jugées anodines.
Les cadres, issus pour certains des mêmes parcours, voient cela d’un œil
parfois nostalgique et ne font rien pour changer les choses. Certains
estiment encore que les filles n’ont pas leur place, alors imaginez
lorsqu’ils les commandent ou les évaluent. Juger quelqu’un d’illégitime
ou de plus faible, c’est appliquer en permanence une grille de lecture en
conséquence. Quand ils voient pleurer une fille, ils disent : «Regardezmoi ça, et ça veut être officier !» Quand un garçon issu du sérail verse
des larmes, ils évoqueront sa hargne, sa ténacité : «Il en veut !» De tels
processus, souvent inconscients, sont dévastateurs pour les filles. Elles
finissent par être moins bonnes dans tous les domaines et par
intérioriser qu’elles ne sont pas à leur place.
Autre élément de taille : le fait que des «activités de tradition» n’ont rien
d’officiel. Elles se déroulent sous le manteau et parfois en dehors des
établissements. Cette absence de contrôle de l’encadrement, et
l’hypocrisie régnante, occasionnent inévitablement des dérapages.

Quelles seraient les solutions ?

La question de savoir si les classes prépa militaires doivent être
maintenues se pose réellement. Certains, parmi les soldats et officiers
rencontrés lors de mes recherches, disent que ces prépas «finiront
par fermer, mais que ça prendra encore quelques années». Il faut
s’attendre à une grande résistance. La plupart des responsables
militaires y sont attachés, ne serait-ce que parce qu’ils y ont transité.
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A mon sens, recruter les futurs officiers dans l’ensemble des autres
prépas favoriserait une diversité et une ouverture plus importantes (70
% des «saint-cyriens» actuels sont issus des prépas militaires),
ne nuirait nullement au niveau académique des individus et permettrait
une mixité sociale et de genre plus grande qui atténuerait les
comportements dont on parle.

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Guillaume Lecaplain (http://www.liberation.fr/auteur/15417-guillaume-lecaplain) , Anaïs
Moran (http://www.liberation.fr/auteur/17663-anais-moran)

http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/la-question-du-maintien-des-classes-prepa-militaires-se-pose_1638208

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