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Nom original: Un verre d'eau au Verdon.pdfAuteur: Craig Lightfoot

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1

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Pascal Di Cesare
Coralie Couturier

Valter Di Cesare
Coralie Kilburg

Dessins : Gregory Canet

Un verre d’eau
au Verdon.

Huit jours pour huit huîtres

3

4

Préface
Bim bam boom! Bon ben…
Toujours opé, nouvel opus, encore une mise au point.
La vie défile et les rencontres que l'on y fait, au
rythme que l’on lui donne, pressés ou pas, nous on aime la
vivre habités par la passion, on avance, perpétuellement
dans nos têtes en vacances, à la poursuite de l'aventure,
dans ce qui est presque devenu une habitude sur le
parcours de la beauté du monde !
Vous l’avez compris !
La dream team est de retour comme les trois doigts
de la main.
Salut à tous ! Re-bienvenue dans la ronde !
L'année dernière nous traversions la France*.
Celle d'avant, jusqu’en Italie, nous avait mis en transe**.
Nous ne pouvions que continuer, tu penses … Et puis dit
donc, respecter le dicton quoi ! 1,2, OK c'est bon 3 !
En parlant de ça, en fait je vous ai bluffé car
nouveauté, cette fois nous serons 4 ! Nouveau personnage.
Bienvenue à Coralie la copine de Coco, dans notre folie.
Ah bah ça va bien arranger mes affaires cette
histoire, pour vous la raconter, deux Cocos dans le même
panier (on se croirait à Pâques).
* Huit jours pour huit huitres
** 868 bornes pour un plat d’pâtes

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Non, c'est simple. Coco … ça reste « Coco » et
Coralie, « Coralie », voilà. No problemo !
Ce qui va être intéressant c'est de voir comment elle
va vivre le truc, puisqu' apparemment ce qui lui fait peur et
la fait hésiter, c'est de ne pas avoir tout le confort
"nécessaire" auquel on est habitué.
En plus de ça, il y a seulement deux semaines qu'elle
s'est acheté sa moto, une Charly 110 cm³ qui se fond
parfaitement dans notre moule. Elle qui auparavant n'avait
jamais conduit de 2 roues motorisées.
Nous serons là pour l'escorter sur tout. Je suis
impatient de voir ce que ça va donner.
En tout cas, bravo pour ton courage. C'est avec un
grand plaisir que nous t'accueillons dans notre délire, sans
aucun souci.
Si vous avez lu les livres précédents, vous vous
souviendrez sûrement que nous avons eu à faire à
quelques
petits
antécédents,
quelques
petits
désagréments liés à une certaine Coco déshydratée ...

Donc, objectif de cette année anti déshydratation, joindre
la rime utile à l'agréable : un verre d'eau au Verdon.
Les gorges du Verdon, c'est vers où ? Vous verrez !!!
6

Après l'est, l'ouest, cette fois nous partons au sud
(par rapport à chez nous bien sûr, Valence 26 représente).
À ce qu'il paraît c'est très beau. Allons voir ça de plus
près.
Toujours en se laissant planer, sans vraiment savoir
où l'on atterrira, laisser venir ce qui vient, ce que le chemin
nous offrira.

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14 AOUT 2017
H-9

Traditionnelle réunion préparatoire chez Valter qui
enclenche le starter dans nos cœurs.
Réservoirs OK, caisses OK, guitares ampli OK, sacs,
visière casquette boutonnée sur le casque pour essayer
d'éviter le nez pelé, j'ai pris mes précautions.
Cette année c'est le grand luxe. On emmène des
matelas autogonflants et même des assiettes en carton.
Ouais, je sais, on déconne … mais qu'est-ce que tu
veux, je crois qu'on se fait vieux.
Petite coupe à la Godefroy de Montmirail.
À demain matin chez « lo zio » vers 6h.

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15 AOUT 2017
152 km

Nous étions rentrés le 14 août de nos huit jours pour
huit huîtres. Donc, là, c'est le lendemain ...
5h15 réveil. 6h17 chez Valter. Il n'a dormi qu'une
heure, les filles aussi ont cogité, moi ça va j'ai pioncé.
Ça commence bien : café, restes de pizza d'hier soir. On
recale deux trois affaires, « Coco, bois de l'eau ! » À ouais,
on n’a pas fini de te saouler avec ça !
« T'as bien pris ton protège seins ? » (J't'expliquerais).
7h15 top départ ! Ré-enclenchement des méninges,
réactivation du cerveau, parce qu’à chaque fois ce que je
vais vous décrire là, ce que je ressens, ce que je vois, il faut
que je le retienne et que je me le répète jusqu’à ce que
l’on s’arrête.
Seulement 100 m, Coralie me fait remarquer qu'avec
le chargement ce n'est pas la même conduite. Elle n’a pas
l’habitude, pour elle c’est déjà de la découverte, on va y
aller doucement.
Sortie de la ville. Valter, Coco, Coralie et moi avec
nos dégaines, allons dans le bon sens.
Il fait beau, le soleil se lève sur nos plaines, nous
nous arrêtons deux secondes pour faire le point. Tout va
bien ! J'inspire un bol d'air frais et leurs gaz
d'échappement… ça y est, c'est les vacances !
10

Nous zigzaguons entre les arrosages des champs de
maïs qui débordent sur la route.
Arrivés à Montoison et déjà les monts se font voir.
Passage par Crest et sa tour qui nous domine de sa
hauteur, plus haut donjon de France, 52 mètres juste pour
l’Histoire…
Amusant, ça me rappelle quelque chose tout ça*.
Changement de cap, direction Rémuzat.
8h03 nous croisons notre premier cycliste, un chien
errant renifle une piste, des chevaux noirs et blancs, des
moutons marron marrants. Coco chargée comme une mule
galère déjà en montée.
8h35 nous nous posons à côté d'une table en pierre
et elle transfère une partie de son chargement dans celui
de Coralie pour que ce soit moins la misère.
« C'est bon ? Allez. Bois, bois, bois ! Go! »
Les lavandes sont coupées. Vous n'aurez pas le droit
à une belle photo de paysage violet.
La Forêt de Saoû, ce sera peut-être pour une autre
fois. Nous sommes dans le pays de Bourdeaux où le cours
d'eau semble bien sec. Attention mamie avec ta brouette !
Et allez, la moto de Coco qui part en miettes ! Nous
nous arrêtons pour réparer, ce n'est pas long, ça va, pas de
mal.

* 868 bornes pour un plat d’pâtes

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Site médiéval, le village est fermé pour le festival.
Nous allons tenter de forcer le passage pour prendre le
petit dèj.
La femme qui se réveille rigole quand elle nous voit
en sortant de son camping-car. On repart, elle se marre
quand j'installe mon coussin sous les fesses. Un mec nous
dit : « ça c'est des vacances ! » On se gare, deux vieilles
viennent et nous virent. Ok on se barre.
Démarrage en côte, un type cool me pousse. À peine
2 km, nous tombons sur un beau petit coin, petite roue à
eau sur le ruisseau, sous une tonnelle au bord d'une
piscine : baguette, beurre, confiture. Et voilà ! On ne
demandait pas mieux !
10h30 il commence à faire chaud. Crème solaire sur
le pif on redécolle, petit col de la chaudière.
Des motards sur le bord nous font signe de la main.
Salut ! Toujours sympa les copains. Contrairement aux
têtes de cons en voiture qui roulent comme des bourrins et
nous ont déjà gonflés.
Un papy aussi heureux que nous sur son vieux quad
de l'armée passe en face, je le klaxonne, il éclate de rire.
Nous traversons un village. Dans le regard des gens, nous
sentons qu'il y en a qui aimeraient être à notre place.
Pas à pas, nous nous engouffrons dans « Les gorges
des 30 pas ». Entrée de ce que l'on appelle « la Drôme
provençale ».
Méhari jaune, nous doublons un groupe équestre à
bonne distance esquivant le coup de sabot.
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Virages, prudence dans le pays nyonsais ! Les
oliviers, gorges de May, les sédiments (dommage c'est pas
dimanche)*, un fil d'eau vert argile qui n'en mène pas large
(l'Oule), les falaises orangées, Rémuzat. Un détour pour les
vautours réimplantés en 1995. Nous restons là et on
s'installe au restaurant.
Les écureuils sautent d'arbre en arbre, Coco raconte
des blagues. De toute façon c’est comme ça, presqu’à
chaque pause on rigole.
Prenons Nyons ! Allons trouver un coin pour nous
baigner !
Les vautours sont super grands, je vous conseille
d'aller dans les hauteurs du vieux village de Saint May. Ici,
les photographes viennent régler leurs appareils et tenter
le cliché parfait de ces volatiles que vous verrez de près.
Un peu de poussière dans l'œil en passant près des
carrières, sur une route assez grande au milieu des collines
de pierres.
Nyons, « Droumo Provençalo » et la rivière !
Allons d’abord faire un petit tour à la brocante !
Le hasard fait que nous recroisons les motards de
tout à l'heure. Ils nous ont reconnus, on papote, nous
emprunterons le même trajet. Nous repartons donc
ensemble en faisant un concours de ronronnement de
moteur. Mise à l'amende qui nous fait tous rire. Et nous
arrivons au camping, emplacement 70, pleins de pierres
mais avec un peu d'herbe, entre les sanitaires et la rivière :
le paradis !
* Huit jours pour huit huitres

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Malheureusement celle-ci est asséchée. Il n'y a pas
de fond. Mais heureusement il y a une piscine, et ouais !
Calé sur le transat, allez, je me déconnecte, on se
retrouve tout à l'heure…
Quatre heures plus tard… Je suis con, parce que
« tout à l'heure » pour vous c’est maintenant, quoi !
On a bien kiffé, on s'est baigné, joué au ping-pong,
rien branlé… les vacances quoi !
Petite douche, on sent bon, le campement est
installé, matelas auto gonflants qu'il faut gonfler avec la
bouche, nos affaires bien posées au sol.
Coco et Valter dégainent les guitares, classique ... On
chante, on est bien, nous irons faire un tour au centre-ville
ce soir.
Nous y voici, passage sur le pont à grande voute, on
se promène tranquillement et on s'installe à une table pour
manger dehors. Oh ! J’ai reçu quelques gouttes !
Dans le village un feu d'artifice est tiré seulement
entre celles-ci car la pluie tombe de plus en plus.
Ça s'arrête, ça repart, puis là ça dure et pas qu'un
peu. C'est le déluge ! Putain nos affaires par terre !
Petit répit. Vite on file, ça doit être carnage au
camping !
Arrivés, c'est la désolation. Dans la nuit noire, tout
est trempé, des flaques, de la boue. C'est la première fois
que ça nous arrive, on est foutu, qu'est-ce qu'on va faire ?
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Il aurait fallu un miracle pour nous sauver ! Et bien il
y en a eu un, ça s'appelle les voisins.
Ils nous ont tout bâché, tout protégé. Les amplis et
guitares dans leur voiture, tout bien rangé au sec, pas une
goutte sur nos duvets. On n'en revient pas.
Ce sont des belges. Nous ne savons pas comment
les remercier et ils nous disent que ce sont eux qui nous
remercient pour le concert de tout à l'heure. Quelle
gentillesse ! C’est formidable !
Nous nous déplaçons et dormirons sous la terrasse
couverte du snack, entre les tables, à côté de la piscine.
Quelle journée, quel final ! Pour un début ça
promet !
Bercé par la pluie qui tape sur les bâches, en pensant
que demain nous graviront un col mythique, prêt à
affronter tous les vents.
Bonne nuit.

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16 AOUT 2017
149 km

6h le coq chante, bien dormi. Valter et moi nous
levons et commençons à remballer nos affaires. Les
cocottes dorment toujours. A les voir, je pense que leur
nuit se passe bien aussi.
Il y a du vent mais plus un seul nuage. Nous allons
prendre un café et chercher des croissants pour elles et les
voisins. Sans eux comment on aurait fait ? On serait où là ?
Comment ? Dans quel état ? En échange ils nous donnent
un pot de confiture maison : « Mais non ! -Mais si ! -Mais
non ! Merci ! »
9h30 nous repartons frais comme des gardons. C'est
un bon jour, on se promène, bonjour Vaison-la-Romaine.
Grosse pensée pour ma belle au travail qui n'est pas
loin de nous.
Happé par le P de la région PACA, nos sens se
réveillent. Les vignes, ça sent la résine de pin.
Calés sur la place de Bedoin, en face de nous, le
Mont Ventoux. 1909 m d'altitude, rien que ça, vous savez
comme on aime ça… Allons d'abord acheter de quoi faire
un pique-nique. Coco en panique appréhende l'ascension
de 22 km.

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Il y a des cyclistes dans tous les sens, ils
m'impressionnent. Un petit monte à fond, il double tout le
monde, il est trop fort. Froome n'a qu'à bien se tenir.
Les motards au top, les parapentes font des
acrobaties au-dessus de nos têtes et toujours des abrutis
d'automobilistes qui n'ont pas grand-chose dans les leurs.
Les cerisiers ici c'est la spécialité. La forêt en petits
virages serrés, les chênes, les sapins.
Coco fume comme un pompier. Les pauvres vélos
déjà à bout de souffle, ça les étouffe. Faut qu'on s'arrête,
un peu de repos pour sa bécane. Même celle de Valter sent
le cramé, elle n'a plus de liquide de refroidissement. Faut
mettre de l'eau. Tu nous verrais, une vraie équipe de bras
cassés et on est encore loin du sommet.
Le temps se couvre, ça se refroidit. Nous arrivons sur
la cime en mode ultra pimpé !
Il y en a même qui l'on fait à pied. Le vent, la pluie
on les oublie. Heureux, nous ne sommes pas loin de chez
nous mais nous n’y étions jamais allés.
La vue est magique. Les montagnes à perte de vue.
On ne voit pas ça tous les jours. T'avais raison mon amour.
Le désert de gravier. Rien ne pousse dans les
hauteurs de ce relief exposé au soleil et à tous vents
(Ventoux).
La descente se fait la peur au ventre pour Coralie. Ne
t'en fais pas, rien ne presse.
14h15 la pression redescend, c'est l'heure de
manger. Photo ! Dites pique-niiiiique !
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Pain, fromage, jambon, caillettes, tomates,
brugnons, à côté des chalets, d'une superbe araignée jaune
et des crottes de biche. Valter cherche un coin à cèpes.
Coco cherche un coin pour sèp.
La pluie est derrière nous, espérons qu'elle ne nous
rattrapera pas. Les batteries rechargées. Andiamo !
Nous bondissons dans le comté de Sault, la route est
tranquille. Les pédaleurs qui l'empruntent pour accéder au
col le font de façon plus touristique, ce qui n'enlève rien à
leur mérite.
Les champs de lavande à perte de vue. Après récolte,
l'odeur reste présente même si de leurs fleurs il n'y en a
plus.
Nous avons traversé la montagne laissant le pic
derrière nous, quittant le Vaucluse pour les Alpes-deHaute-Provence. Je trouve que la sensation se rapproche
étrangement de celle vécue quand nous entrions dans les
Landes l’an dernier. Un gosse sur le côté fait coucou à
notre guirlande.
Banon, petit village touristique au fond de la vallée.
Est-ce qu'on s'y est arrêté ? Bah non !
Nous pointons nos truffes, fiers, au milieu des
truffières, des grottes creusées dans les falaises, un beau
lac vert en contrebas.
18h allez Forcalquier, nous resterons ici.
Un bébé, transporté par son père, secoue sa main vers
Valter.
On papote avec des vacanciers. Il pleuviote.
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Au camping il y a de la place… Quoi ? On cherche les
emmerdes ? Vous croyez ? Mais non !
Quelques minutes après, le ciel est bleu. Encore une
piscine !
Ce soir nous restons sur place, c'est la grosse
ambiance, il y a même un quiz. Nous sommes sur le
podium ! Troisième (merci Coralie) et gagnons une
bouteille de blanc bio du coin, yeah !
Allons-nous coucher. Protégés par nos bonnes
étoiles, ce soir elles seront filantes.
D’ailleurs les filles et moi en voyons une. Valter est
dégouté parce qu’il l’a ratée. Du coup il nous dit : « Je vous
crois pas, je suis sûr que vous avez rien vu ».
Alors bien-sûr on en rajoute : « Si si j’te jure, en plus
elle était magnifique !
– C’est clair, j’en avais jamais vu une comme ça !
– Ouais grave, elle était super grosse ! » On est tout
content. Il nous explique qu’en fait une étoile filante c’est
un fragment qui entre dans l’atmosphère d’à peine la taille
d’un grain de riz, mais que des fois il y en a des plus
grosses, on appelle ça un bolide, ça peut faire la taille d’un
melon.
« Ouais ben nous ce qu’on a vu c’était une pastèque
alors ! » Mort de rire ! Elle est trop forte cette Coco !

Nous nous endormons avec le sourire en regardant
le ciel, dans un bien être paisible, impossible à nous sortir.
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301 bornes pour ce plat d’pâtes

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17 AOUT 2017
136 km

6h45 debout, ne rêvons pas d'une grasse mat. Sous
les montgolfières, petit coup d'œil à la carte. Allons-nous
caféiner. Pleins, pipis, 9h20 c'est reparti.
Les travailleurs aux champs, des oies qui marchent
en ligne. Un village perché, à l'horizon une ville, Oraison.
Retour à la raison, de superbes maisons, en cette
belle saison propice aux floraisons.
« Prenons à gauche le chemin des quatre chemins !
- Hein ? - Peut-être qu'on pourra en prendre un chacun !
- Hein ? - Rien, laisse tomber ».
Plateau de lavande, on s'y est presque habitué.
Oliviers, tournesols, Valensole.
FIN…
Voilà, c'était un beau voyage !
Merci à tous !

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Pfff désolé… Fallait que je la fasse…
Vallée ensoleillée, remettons-nous de la crème. Joli
village provençal, rien à voir avec Valensole le quartier de
Valence (qui n'est pas moche pour autant). Une vieille
fontaine, un beau lavoir, nous en profitons pour faire le
plein de bouffe locale.
Retour sur les bécanes. Moustiers Sainte-Marie, cité
de la faïence, il y a un dinosaure dans un jardin. Si, si, j’te
jure ! Réserve naturelle géologique Unesco, doit y avoir du
fossile à gogo ! En face, la falaise est immense, une nacelle
passe dans le vide.
12.30 L’heure de sortir du sac notre repas de roi au
lac de Sainte-Croix.
Pâté de foie gras aux morilles.
Tête de cochon en persillade.
Tomate sublime.
Fromage coulant.
Jambon rosé.
Melon vert à la peau de crapaud (piel de sapo).
Les parapentistes atterrissent sous nos yeux. Valter
et Coco ont la foi d'aller se baigner. Coralie et moi avons la
flemme de nous changer.
Honnêtement je n'aime pas l'ambiance, il y a trop de
monde, on se croirait à La Grande Motte. Au sol : plastoc,
papiers, déchets dégueulasses. Les gens stressés, pressés
comme sur la route, je suis content quand on se casse.
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Gorges du Verdon nous y voilà. Le panorama est
immense. En bas les canoës sur l'eau turquoise, c'est super
beau, bonne première impression… Mais il fait tellement
chaud et beaucoup de circulation, nous ne pouvons pas en
profiter pleinement. Donc nouveau plan. Ce qu'on va faire,
on trace, on reste concentrés. Demain nous repasserons
dans l’autre sens, à la fraîche, c'est comme cela que l'on
appréciera.
Il y a des petits coins de baignade à foison. Et tout au
bout, Castellane, village encastré. Camping, nous restons
calés là.
Il n'y a pas de piscine cette fois. Mais 4 km plus haut, le
lac de Castillon où l'on se bac.
Shorts, T-shirts, claquettes, au ras de l'eau, sous les
branches d'un sol pleureur, guitares, ricochets. Un grand
corbeau passe, on entend le bruit de ses ailes.
J'ai retrouvé une vieille cravate dans le coffre de ma
vespa datant du premier voyage*. Valter la met pour se
baigner. Après cette journée éreintante, ça fait du bien la
détente.
Retour au centre, petit repas. C'est la fête au village !
Le feu d'artifice résonne contre les parois.
Sans se faire prier nous allons nous coucher. Le ciel est
magnifique.
« Qu'est-ce qu'ils croyaient que c'était les étoiles, les
hommes préhistoriques ? »
29

*898 bornes pour un plat d’pâtes

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18 AOUT 2017
136 km

7h30 toujours la même qu'on attend ...
Une tourterelle et un chat viennent nous dire
bonjour. Nous partons tôt ce matin. Et l’on entame le
chemin du demi-tour.
Bien mieux qu'hier sur cette route, nous sommes
seuls, détendus, comme ce que l'on espérait. Nous
apprécions l'image que nous offre la nature. Ses formes
géologiques, c'est grandiose.
Un petit écureuil nous regarde passer tranquille, les
oiseaux chantent, les hirondelles volent sous les demi
tunnels et une pauvre femme gerbe.
Les premiers rayons de soleil frappent au visage, on
en prend plein la gueule. Les randonneurs matinaux
matent la brochette. Ils vont kiffer, ils se préparent.
Le sillon d'un camping-car nous conduit à La Palud
sur Verdon, route des crêtes, comme celle que j'avais au
réveil sur la tête. Tombons la veste. Un paysan porte un
énorme fagot sur le dos à l'ancienne.

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Et ça monte fort ! La hauteur fait peur, c'est un truc
de fou ! Au fond, le fil d'eau semble minuscule. Il y en a qui
font de l'aqua-rando, ça doit être trop bien.
715 m à-pic, tu te penches, tu flippe, plus haut que
les vautours. Vraiment, si vous allez dans le coin, ça vaut
sérieusement le détour.
La descente me fait tourner la tête, l'horizon est
impressionnant. Les crêtes, les falaises, les gorges, les
plateaux immenses, les sommets, les vallées !
Je crois qu'une vue comme celle-ci on ne l'a jamais
eue, même lors de nos autres voyages. Quelle matinée !
Une boucle panoramique de 24 km qui nous ramène à La
Palud.
Petite boisson pour se remettre de nos émotions.

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34

La vue sur le lac de Sainte-Croix lui confère une
image bien plus positive cette fois. Regardez ça !

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Moustiers Sainte Marie. Poulet rôti, sur un banc à
l'ombre, à côté de la fontaine, ando i meleun s stenn a
rnfrscà* (où les melons raffraichissent).

La marchande d'à côté vient discuter et prendre une
tranche. Puis nous sortons des gorges du Verdon.

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*Extrait en dialecte de 17 Vico del tiglio chanson écrite par Valter et moi il y a longtemps.

Et le verre d'eau ! Mince ! On l’a complètement
oublié quel dommage !!!

Mais non pardi ! Bien sûr qu'il était de la partie !
Il en a vu du paysage. Regardez !

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Mission accomplie ! Nous l'avions chipé sur une
table, nous le laisserons sur une autre. Merci l'ami.
38

Maintenant, allez cadeau ! Pour vous donner une
idée de comment c'est, vous y avez le droit à votre paysage
de lavandes (même s’il n’est pas trop violet).

Nous repassons par Valensole. Vol de pigeons,
séparation en ramières, bifurcation, pas de manière,
nouveau trajet. Petite pointe contre le vent, grand pont sur
la Durance. Manosque centre-ville. Arrivés avec assurance.
Camping, piscine, des nuages gris et du vent. Aïe,
aïe, aïe ! Nous serrons les dents.
Le soleil brille. Ha !… Il tombe des gouttes, ah !
Allons mettre les affaires à l'abri, on ne déballe rien
cette fois. Nous allons rester sur place, ne pas refaire le
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coup de ceux qui traînent en ville. En plus il y a barbecue
géant à l’américaine!
Enfin... Vu la tête du truc, on a laissé tomber. Valter
et moi allons chercher des kebabs à emporter.
La soirée se passe, on joue, on discute. Il n'y a pas eu
de pluie. Quelle journée encore !
Bonne nuit. A demain les amis.
« Et les étoiles filantes, ils croyaient que c'était quoi ? »

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41

19 AOUT 2017
125 km

6h30 nous nous réveillons sans que Valter n'ait à le
faire. Pas de rosée, nous avons tous très bien dormi. Il fait
déjà bon.
9h nous avons bien traîné, le vent se lève. Hissez la
grand-voile, larguer les amarres ou l'inverse, je ne sais pas
comment ça marche.
Un cycliste me lève son pouce. Un autre discute avec
un berger.
Petit coup de flippe sous un tunnel de platanes, on a
perdu les filles ! Pourtant elles étaient juste derrière.
Marche arrière. C'est bon ! Entre deux champs Coralie est
tombé en panne d'essence et elle n'a pas de réserve. Coco
était avec elle. Heureusement nous avons les bidons, tout
va bien. 100 m plus loin il y a une station, prenons toutes
nos précautions et repartons.
Moment suspendu, les champs fauchés, mes trois
compères devant en ligne et l'horizon pour seul but. Petit
chemin bucolique pour éviter la grosse route. Nous voici à
Apt, on est apte (merci Coco).
Nous nous ressourçons au pied d'une vieille tour
d'enceinte, discutant avec le gérant. C’est un musicien qui,
lui aussi, aime faire claquer les cordes. Reprenons la
partition.
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Wow ! Attention le vent ! Un mistral puissant qui fait
battre les oreilles et tanguer les chargements.
En face de nous, Gordes, l'un des plus beaux villages
de France, quelle vision. Nous y allons.

De belles peintures dans les ruelles où résonne la
musique que Valter joue sur la place. Casse-dalle, le
boucher fait du pâté camarguais au taureau, un régal.
Bonne ambiance et nous voici repartis.
Les bories en pierres grises me font souvenir que je
suis déjà venu ici dans mon enfance.
Dans les failles on se faufile, le vide, la végétation
n'est pas dense, sur le bas-côté des cactus poussent, audessus de la Nesc jusqu'à Venasque.
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Ah ! Nous retrouvons un copain… Le Mont Ventoux.
Pas du tout ce que l'on avait prévu. Pas grave, il y a des
erreurs qui se rattrapent, demi-tour.
Fontaine de Vaucluse. Je suis épuisé. Petit camping
de campagne avec des chèvres, des poules et des canards,
sur un grand emplacement.
A côté du moulin à eau Coco marche dans la boue,
Valter lui lave les pieds. Tout va bien. Allons-nous balader.
Ah ! Marcher, être à pied, ça fait trop du bien.
Waouh ! La source de la fontaine c'est quelque chose, faut
que je vous explique plus en détails. Déjà t’arrive, tu
regardes en haut, ça te fout le vertige, 230 m de falaise. En
bas, y’a un gros trou… Ben c’est elle. En cette période de
l’année elle est à sec, mais le reste du temps, c’est d’ici que
surgit d’un immense réseau souterrain atteignant 308 m
de profondeur la Sorgue. C’est l’une des plus grande du
monde par son débit. Là où l’on se trouve aujourd’hui, en
une autre saison nous serions sous l’eau. Merci à Michelle
pour les photos. J’y retournerai pour voir.
En contrebas, suivant le cour en direction du village,
il y a le moulin à papier. Sa roue fait taper d’immenses
marteaux, qui broient du chiffon, tout ça est mis dans une
mixture, qui fait une sorte de pâte liquide et avec ça du
papier. C’est une technique ancestrale. A voir.
Retour au centre, Valter nous invite au resto pour le
dernier soir. Un coin serein, accompagnés du son de l'eau
où l'on mange bien. Nous le remercions. On se sent
tellement bien. Nous nous remercions tous de nous avoir
44

fait vivre cette histoire commune. On se remémore les
souvenirs, toutes les choses qui nous ont fait rire, nous
sommes déjà un peu nostalgiques, c'est passé vite, c'est
presque fini. Nous reparlons même des voyages d'avant, ce
que tout ça a changé dans nos vies, notre façon de voir les
choses, ce que ça nous a appris. C'est sûr que dans le fond
ça participe à une petite métamorphose.
Retour au camping. Il y a plein de gens sur des
grandes tables. L'occasion de partager avec eux un concert
improvisé. Ça sera un remerciement général pour toutes
les bonnes personnes que nous avons croisées. La gérante
nous paye en boissons.
Au final, je ne sais pas quelle heure il est, mais on ne
s’était jamais couché aussi tard.
Les chauves-souris nous débarrasserons des
moustiques.
« N'empêche, il dormait toujours par terre les hommes
préhistoriques ? »

45

46

20 AOUT 2017
180 km

7h du mat, réveillés par Valter qui chante avec sa
gratte, Coco a trop les nerfs. Moi ça me fait rire. Ça
réchauffe, c'est vrai que cette nuit on a eu un peu froid.
Dernier rangement. On déballera tout chez nous ce
soir, mais on n'est pas encore arrivé. Aujourd'hui il va
falloir beaucoup rouler.
9h09 nous avons du mal à partiiiiiir*, mais il le faut
avé lou mistralou. Ce vent fort qui rend fou, de face et ce
n'est que le début. Nous le subirons toute la journée en
remontant la vallée du Rhône.
J'ai encore le goût des navettes à la fleur d'oranger
du petit dèj dans la bouche, restons détendus. Nous y
avons laissé le verre. Bonne route mon gars !

47

* Partir – Blacko ♪

Nous tournons en rond dans Carpentras, encore une
fois on se trompera et reverrons le grand Mont rhaaa.
Pas grave, prenons le sens de Crillon le brave. Bedoin
on reconnaît bien. Malaucène, Vaison-la-Romaine, Buisson,
Visan, Grillons, Grignan.
Pour nos copines ce n'est pas facile. Coralie perd les
boulons. Un coup de pince sous sa caisse et ça ne bouge
plus.
Le combat contre Éole est rude. Des bourrasques à
80 km heures. Difficile de ne pas plier comme les vignes et
les peupliers. Coco n'y arrive plus.

Tout ça plus le chargement, l'épuisement, elle ne
peut plus avancer. Et puis sa moto, sur laquelle tant de
gens s'arrête, qu'elle tient par la force de ses bras, c'est
quand même à la base du gros matos pour les militaires.
48

Nous sommes à Grignan. Elle préfère donc la laisser
ici chez un gentil vendeur de motoculteur à côté. Elle
reviendra la récupérer dans les prochains jours. Le beaufrère et la sœur de Coralie n'habitent pas loin, ils viennent
prendre les affaires des filles. Une aide précieuse, merci.
Valter va charrier Coco pour rentrer. Nous arriverons
plus tard mais nous n'avons pas perdu de temps puisque
nous ne le comptions pas. Ça fait partie du truc. Tout
simplement, ça devait se passer comme ça. La sécurité
avant tout. Et comme elle nous a dit : « dans les cimetières
qu'on a vu, des mecs pressés y en a plein ».

Montélimar et les bouchons. La nationale 7, on
connaît la chanson. Nous ne rendons pas les armes,
dépassant l'Homme d'Armes. Cruas et sa belle centrale
nucléaire, avec son beau dessin d'enfant dessus, pour nous
faire oublier 2 secondes, ce qu'il se passe derrière*. Loriol.
Livron pays natal de ma mère. Salut taties et tontons.
* Douce France – Madjao ♪

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Portes-lès-Valence ! Ouais Ouais Ouais !
Dernière ligne droite. Fin de semaine en apothéose.
Nous avons commencé à quatre, nous avons fini à
quatre comme les Mousquetaires.
Tape dans la main ! Quelle semaine, quel final à
l'affront des éléments.
19h30 ouverture du garage, extinction des moteurs.
Quelle aventure avec Coco, Coralie et Valtur !
870 bornes, anti déshydratation et le nez pelé pour
personne !
Un verre d'eau au Verdon.

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