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Extrait Bonus .pdf



Nom original: Extrait Bonus.pdf
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Extrait Bonus
Chapitre 6

Aide à la compréhension de l’extrait.
Clervie, Aurèle, Jehan et Sven sont de sortie dans la marée. Ils
portent donc un équipement, très proche de ceux que portaient
les médecins de la peste, destiné à les protéger des miasmes des
brumes. Voilà un peu l’idée :

[...]
« Clervie ? »
Je levai les yeux vers Aurèle.
« Peux-tu m’aider avec la corde ? »
Il essayait de la fixer à la sangle de son baudrier, mais la blouse cirée, à cause de la largeur de
ses manches, le gênait dans ses mouvements. Alors que je le soulageai de ses peines, Aurèle se
baissa à ma hauteur, tout en penchant la tête sur le côté pour éviter de me donner un coup de
bec : « Alors, Clervie jolie, t’as réfléchi à ma proposition ?
— Clervie jolie ? D’où le tiens-tu, ce surnom idiot ?
— T’es jolie comme tout, Clervie. Si tu sortais plus du Guet, tu t’en rendrais compte. »
J’imaginai son sourire enjôleur sous son masque de corbeau, et je me félicitai d’en porter un
également. Au moins, Aurèle ne pouvait voir le coup de sang qui me faisait monter le rouge
aux joues. « Arrête tes plaisanteries, tu veux ? Je n’arrive pas à fermer la sangle. » Je tirai sur
la lanière en cuire avec plus de force que nécessaire avant de fermer la boucle métallique.
« Voilà, c’est fait » dis-je en tapant sur le baudrier. Aurèle se saisit de mon poignet et m’attira
contre lui. « J’attends une réponse, Clervie. Je sais que tu es occupée, et tu le seras toujours
dans ce Guet, mais pense à moi quand tu le peux... Je pense à toi, moi, tout le temps... » Ses
derniers mots furent prononcés dans un murmure, comme un aveu qu’il osait à peine dévoiler.
J’eus alors envie de lui retirer son masque, de lire dans son regard et de jauger ainsi de sa
sincérité de cœur, mais le bois sec d’une brindille craqua, droit devant nous.
« Vous avez entendu ? » chuchota Sven alors qu’il reculait de deux pas, afin de se cacher
derrière Jehan. Aurèle se redressa subitement, me lâcha le poignet pour mieux m’attraper
l’épaule, me tira aussitôt en arrière, contre son flanc gauche, tandis que, de sa main libre, il se

saisit d’une de ses javelines. « Ça ne peut pas être une chimère, Jehan ? Pas si près d’une tourlanterne ? » Le vétéran ne répondit pas, mais il eut le même réflexe défensif qu’Aurèle ; sa main
chercha le manche d’une javeline, et il se tint près, les jambes fléchis, le bras tendu, les sens à
l’affût de ce que lui dissimilaient les ombres. J’attendis éperdument, collée contre le bras
d’Aurèle, l’oreille à l’écoute du Rivage, jusqu’à ce que j’entende ma propre respiration résonner
dans le bec de corbeau, effrayée de la trouver si rauque, surprise de ne pas sentir exploser mon
cœur à chaque pulsation. J’attendis sans mot dire, un temps qui me parût si long, qu’une pensée
me vint alors ; celle que ce craquement de branche puisse n’être qu’une rêverie, une illusion
auditive née de la paranoïa commune, et que nous n’avions aucune raison de nous sentir ainsi
en péril. Cette pensée creusa si bien son chemin, que mes muscles se relâchèrent, que mes sens
s’ouatèrent, et ce fut à cet instant précis où ma garde s’étiola qu’un nouveau craquement retenti
et que la chimère se dévoila sous la lueur de nos lanternes. Un reptile théropode, dressé sur ses
longs et musculeux postérieurs, balança frénétiquement sa queue effilée, ce parfait contrepoids
qui lui permettait de porter toute sa puissance vers son cou flexible, sa tête ornée de deux crêtes
d’un rouge écarlate et surtout sa gueule puissante. Entre ses dents, acérées, hautes comme mon
pouce, la chimère roucoula des grognements sourds, étouffés par l’épaisseur des mâchoires,
mais les vibrations se propageaient du sol jusqu’à mes pieds. Elles remontèrent le long de mes
os, résonnèrent dans mon bassin et me vrillèrent les intestins. Sur le Rivage, nous rencontrions
principalement des chimères de nature insectoïde, de tailles diverses, mais des chimères
reptiliennes, hormis des serpents ou des lézards bicéphales, je n’en n’eus jamais croisé de
semblable. « Reste derrière moi. » me chuchota Aurèle. J’hochai la tête. Simple formalité, car
je ne comptais pas m’éloigner. Aucun risque. La chimère avança une patte, dévoilant trois
doigts de pied griffus, puis une deuxième, aussi bien armée, et la première encore ... Le reptile
avançait vers la tour-lanterne 27. Il marchait vers notre groupe, d’une démarche chaloupée mais
sûr des appuis solides, sans redouter le halo de clarté dans lequel nous nous protégeâmes. Jehan
brandit sa javeline à l’horizontal, leva son bras gauche pour une meilleure visée, et jeta son
arme de jet en direction du reptile. Je suivis la trajectoire parabolique du trait acéré, qui monta
aussi surement qu’il plongea vers sa cible, gagna ainsi en vitesse, avant de se planter, à plus
d’un tiers de sa longueur, dans le flanc de la chimère. La chimère trébucha, se rattrapa, ouvrit
sa gueule, large comme mon bras, et cracha sa douleur dans un cri strident, durant lequel ses
deux crêtes frémirent, puis elle s’élança sur notre groupe, rapide malgré sa blessure, aveuglée
par la tour-lanterne 27. « Jehan ! » hurlais-je, mais le vieux Guetteur tint sa position, une
nouvelle javeline à la main, à attendre le face à face avec le reptile. J’abaissai les paupières,
juste un battement à peine plus long que d’ordinaire. Un battement pour éviter que l’issue de la

confrontation ne s’imprimât sur ma rétine puis j’entendis le râle de la bête. J’osai ouvrir un œil.
Jehan avait perforé le cou de la chimère. Sa javeline la transperçait de part en part. Le reptile
secoua sa tête, afin d’y déloger le corps étranger, mais Jehan tenait fermement le manche. D’un
coup d’épaule, il exerça une pression qui déstabilisa la chimère ; elle tomba sur le côté, à la
merci du Guetteur qui, déjà, tirait son épée au clair. La lame s’enfonça dans le poitrail,
transperça un cœur encore palpitant de l’animal, et lorsqu’elle en ressortit, l’animal, dans un
râle à peine audible, rendit son dernier souffle. Nous attendîmes en silence, autant de temps
qu’il fallut à Jehan pour relâcher la tension accumulée, puis Sven osa alors briser son mutisme.
« C’est... Cette chimère... Jehan... C’était incroyable... Formidable ! » Bien sûr, Jehan était
formidable ! Il n’était pas le vétéran du Guet de More pour rien. Alors que Sven, encore
tremblant sur jambes, s’avançait vers le vieux Guetteur, j’entendis un son saccadé, comme une
gorge que l’on gratte par à-coups d’air. Au-dessus de nous, le corps rassemblé sur ses membres
postérieurs, déjà en position de saut, une autre chimère suivait les mouvements de Sven depuis
son promontoire rocheux. J’eus pris une décision, avant même d’y avoir réfléchi, un réflexe, je
crois. Une folie, sans doute, mais je m’élançai vers Sven. L’attrapai par la blouse. Le tirai en
arrière. De toutes mes forces. De tout mon poids. Je le tirai si fortement et si brusquement que
nous tombâmes tous deux à la renverse. Juste à temps. Juste assez. La chimère retomba à une
main devant nous, sur le sentier où ses griffes ne trouvèrent qu’un sol meuble où se planter.
Elle n’en perdit pas pour autant sa cible de vue. Elle se redressa aussitôt nous eut-elle
localisés. Nous, qui empêtrés l’un dans l’autre, tentâmes vainement de nous relever. La chimère
lança, de toute sa puissance, sa gueule vers nous. Nous fûmes couverts par son ombre, et je ne
pus détourner le regard, cette fois, des crocs et de la langue rose, humide, qui les couvrait. Je le
vis alors, dans un furtif mouvement. Je vis Aurèle se porter à notre secours. Il se glissa devant
nous, son corps comme bouclier, sa javeline fermement tenue. Il verrouilla ses appuis, une
jambe en arrière, l’autre devant, puis la tension musculaire se propagea du bas de ses reins
jusqu’au bout des doigts. Il pointa son arme vers la chimère qui, prise de court, enlisée dans son
propre élan, s’embrocha contre la pointe acérée. Le heurt obligea le Guetteur à reculer d’un pas,
un seul, car Aurèle s’engageait déjà, de toute sa masse, à contrer la poussée de la chimère. Des
gerbes de salives spumeuses, rougies de sang, écumèrent de la gueule ouverte, énorme à mes
yeux qui la jaugeaient de trop près. Cette gueule qui, sans faiblir, cherchait à planter ses crocs
dans la chair du combattant. Aurèle enfonça d’un coup sec sa javeline dans la plaie, et j’entendis
craquer les os de la cage thoracique du reptile sous la pression excédentaire. La chimère, comme
vidée de sa furie, s’immobilisa. Ses mâchoires se refermèrent, sa lourde tête tomba ensuite,
entraîna le reste du corps de sa chute. Aurèle donna un coup de pied dans la gueule du reptile.

Il ne bougea pas. Alors, en bloquant le cou du cadavre sous sa chausse, il retira sa javeline, et
de la plaie béante nous vîmes sourdre le sang. J’en reçus une gerbe sur mes besicles que
j’essuyai aussitôt dans la manche de la blouse. Aurèle, les nerfs à vif, planta sa javeline d’un
geste échaudé dans le sol puis se retourna vers Sven et moi, toujours emmêlés l’un et l’autre. Il
attrapa Sven par le col, le décala d’un cran puis, se calant à ma hauteur, laissa libre cours à ses
humeurs :
« Qu’est-ce que tu foutais là, Clervie ? Je t’ai dit de rester en arrière !
— Mais Sven...
— Sven... Et quoi ? Sven, c’est un Guetteur. Il a des javelines, il a une épée, alors il fait comme
nous autres, et il s’en sert. T’avais quoi, toi, pour te sortir de là ? Et si... » A la place des mots,
Aurèle posa ses deux mains sur ma nuque, juste en dessous de mes oreilles, et il me transmit,
par ce simple contacte, les tremblements qui l’agitaient. Ce n’était pas de la colère qu’Aurèle
exprimait à mon égard, mais bien les réminiscences d’une peur subite, celle qu’il l’avait
transpercé de part en part lorsque je m’étais élancée au secours de Sven, et dont il peinait à s’en
remettre. Je lui tapotai l’avant-bras tout en lui murmurant : « Tout va bien, Aurèle. Je vais bien
grâce à toi. » Il sembla se détendre mais Aurèle, qui ne décolérait jamais facilement, se retourna
vers Sven. « Et toi ? T’as entendu ? T’es un Guetteur maintenant, alors ta peau, tu vas la risquer
à chaque sortie hors du Guet ! Et, crois-moi, compte pas à ce que je me jette à nouveau dans la
gueule d’une chimère pour sauver tes miches. Va falloir te réveiller. Et vite... » Sven baissa la
tête. J’eus toutefois le temps d’apercevoir ses larmes. Aurèle, tout à sa colère, voulut enchaîner
sur une autre remontrance, mais je lui agrippai le bras pour l’en dissuader. « Il a compris. » lui
murmurai-je, et mon ami se ravisa.


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