Histoire de la Sainte Chapelle .pdf



Nom original: Histoire de la Sainte Chapelle.pdfTitre: Histoire de la Ste.-Chapelle Royale du palais : enrichie de planchesAuteur: Morand, Sauveur-Jérôme

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HISTOIRE
Ai/

'>

DE LA

L

S

-CHAPELLE ROYALE
DU PA L A I S,
TE

ENRICHIE DE PLANCHES;
PAR

M.

SAUVEUR- JÉRÔME MORAND,

CHANOINE DE LADITE ÉGLISE,

PRÉSENTÉE
à l'Auemblée-Nationale, par l'Auteur

le i Juillet

1790.

PARIS,

A
CtousiE

r

>

Prau

,

Libraire

l t

,

Imprimeur du
,

Cour

ROI,

rue de Sorbonne.
,

Hôtel de

Privilèg*

du Roi.

d>» Palais

la Tréforerie.

M. DCC. XC.
Avec Approbation

,

&

Digitized by

Google



........
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••î

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AVERTISSEMENT.
IjArrêt
le

n

du Confeil du

Mars lySy ,

a plongé

Collège de la Sainte-Chapelle * dans un état de léthargie

&

qui accroît de jour en jour*
la "France

Rois

fur

le

tant à raifon de fon Antiquité

*

vénération pour fon Fondateur,
qu'il

y

A

de toute

&

,

que par refpeâ

les précieufes

&

Reliques

a dépofées.

cette

MM,

les

Arrêt

j

époque ayant été Affbcié aux travaux de

Commiffaires du Roi chargés
de la

cette Eglife ,
les

yeux

a fixé les

fort de ce principal Oratoire de nos

en vertu dudit

faipuifé dans fes Archives* j'ai confulté

Dépôts publics*

hommes de

*

de l'inventaire des titres de

confeâion

& j'ai profité des lumières

de plufieurs

Lettres * qui ayant bien voulu fe diftraire

de leurs occupations

,

pour féconder mes recherches fur

quelques objets d'Antiquité

,

ont droit à

ma

reconnoif-

fance.

Je dois des remerciemens particuliers à
Préfident de la
Confeiller du

&

Chambre des Comptes *

Roi

,

&

M» le premier
M. Lourdet,

à

Maître ordinaire en

ladite

Cour ,

Commifjaire de la Sainte - Chapelle * de m*avoir aidé,

en tous tems* des

Mémoriaux* Journaux*

de la Chambre *

&

&

Plumitifs

notamment du précieux Manufcrit

de l'an 1742, par feu

M Jcan-Baptijlc-Réné
4

le

Long,

AVERTISSEMENT.

iv

Confeiller du

Roi

»

Maître des Comptes

*

&

Commiffaire

de ladite Eglife,

L'Epigraphe que fai choifi

eft

une Prière particulière

que ton fait à

la Sainte-Chapelle , tous les

Vendredis

avant la Mejfe ,

& qui à la tète de cet

s'adreffe

&

Dieu y au Roi

glorieux trophées

empruntant

le

on remarque

les

Ouvrage

au Leâeur j pour leur recommander
j

dont j'ai décoré

fceau de

le

Front ifpice

la Sainte-Chapelle j

Lys fous

*

à

les

en

dans lequel

les étendarts de notre Seigneur.

HISTOIRE

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Google

HISTOIRE
DE LA
S TE

CHAPELLE ROYALE

DU PALAISLIVRE PREMIER.
LoUIS

IX

révéré

des Rois de fon fiècle
foi éclairée

fous le

&

nom

de St Louis fut

ne fut point cette crédulité fuperftitieufe

qui fubftitue des pratiques de fantaifie aux devoirs.
févères d'un Anachorète

,

il

le

modèle

mérita d'en lërvir à la poftérité. Sa

unit

les talens

les

grands Rois. Politique profond

fit

point de la fcience de

régner

,

&

les

&

vertus qui font

mais fans duplicité

l'art

du menfonge

chicane. Prudent &: ferme dans le confèil

,

bornée

Aux mœurs
,

&

il

de

ne
la

fécond en projets,

A

Précisait,
fur St Louis,

HISTOIRE

*

plus fécond encore en
témérité,

il

moyens de

exécuter

les

intrépide fans

,

fut quelquefois trahi par la fortune;

des pertes à réparer

mais

s'il

eut

point de fautes à fe reprocher.

n'eut

il

,

que

s'il

eût éprouvé la misère

cru inutile fur la terre

s'il

n'y eût point eu de malheureux à

Aufli compatilîant

foulager. Affable &: populaire
alloit fe réfugier;

,

(on Trône étoit

maxime que

avoit pour

Rois étoit

le plus lès
les

il

le

plus digne de

afyle

1

il

,



le leroit

le foible

peuple qui aime

le

approcher. Tels font

les

qui carattérifent l'immortel Fondateur de la Sainte-

traits

Chapelle.

Louis parvenu à l'âge de vingt ans fut attaqué d'une maladie

Quoique

qui allarma toute la nation.
regarder fa dernière heure
il

de

regrettoit

bonheur

étoit

comme

pour jamais féparé d'un peuple dont

fe voir

fon ouvrage.

C

s'afflige

du

Touché de ce fèntiment

à

,

la vie

fort de là famille délaiiTée

&: pour l'obtenir

Jérufalem

&

Dès que

fes

Sarrazins.

les

il

fait

il

le

fes fujets étoient

;

voeu de palTer

courroux des vents 6V des

fon zèle religieux

Le

quêtes.
la fleur.

mais

il

un

flots

libérateur.

lès

,

11
il

,

La

il

mers pour

le

joug des

épuifa fon tré-

mit à

la voile

Se

aborda dans

la

vidoire couronna

conarmée &r en moiflbnna

fut arrêté dans le cours de lès

fléau de la pefte frappa fon

Soutenu alors par Ion courage

fortune d'un

&

;

les

Chrétiens accablés lous

forces furent rétablies

Paleftine qui foupiroit après

combat ou accablé par

,

le

il

ofe encore tenter la

nombre

il

eft

vaincu

fait prifonnier.

Le

fpettacle le plus touchant eft celui

la fortune.

Louis au milieu de

environné de
dans
vertis

les fers

fes
,

il

efclaves
fait

ou

lès

dès qu'il

captivité

fortifiées

;

du Sage

luttant contre

vainqueurs paroît un Roi

commande

des conquêtes à la

annobliflent fa

font reconftruites

j

,

le

demande à Dieu fon retour

for pour afiurer le fuccès de fon entreprile.

bravant

fît

etoit un père qui prêt d'expirer

enfans.

délivrer

brûlante lui

fa foi

l'aurore d'une vie nouvelle

foi.

il

eft obéi.

Libre

Les Infidèles con-

des Villes &: des Fortereflès

pour

fervir d'afyle

aux Chrétiens.

DE LA SAINTE-CHAPELLE.
Dès que

de

les portes

France avec

fa prii'on furent ouvertes

débris de Ion

les

armée

alors

;

il

,

,

revint en

il

partagea

mo-

lés

du Trône &: ceux de la Religion après
avoir rempli les devoirs de l'homme public
fa piété agiflante
rempliflbit ceux de l'homme privé. Ses largefles renaiflantes ne
s'épiufoient jamais. Cent vingt pauvres étoient nourris chaque
mens

entre

foins

les

;

,

jour à fes dépens

&: (è croyant afiez grand par fa foi

,

fouvent la dignité pour

pofoit

les

ièrvir

à

Ce

table.

il

,

dé-

cortège le

fuivoit par-tout.

Le

culte public fut ennobli par de pieux érablifTemens.

Villes &: les déferts furent peuplés

Les Cordeliers
les

Dominicains

les

,

Blancs -Manteaux

,

Chartreux

les

,

les

Carmes

Auguitins furent appelles dans la

les

,

Les

par des Colonies de Saints.

L'afyle des Quinze-Vingts fut ouvert aux Aveugles.

Capitale.

Des Monaftères de Vierges furent

monumens de

fa piété furent

conftruits &: dotés

;

&: ces

une école d'ApoftoIat qui entretint

la pureté des fources publiques.

Au

milieu de tant d'œuvres de charité, St Louis ne

pas d'être magnifique

&:

,

libéralité

fa

Iaifla

ne déroba rien à une

fage économie.

Quant à

fa rançon

on ne peut

,

pour un Roi, &: pour toute

fa

dire

qu'elle

fut exceflïve

Chevalerie; Joinville nous

apprend qu'elle ne fut que de huit mille Bezants d'or farrazinois,
qui font 400,000
tournois; &:
pareille

liv.

tournois, chaque bezant valant 50

du Breul

fomme

lorfqu'il

,

aînée de France;

M.

le

Monnoies de fon temps
trois millions

neuf

&

de fon

le

étoit queftion

Blanc, dans
,

fols

récit

fix

l'on

de marier une

Fille

Traité hiftorique des

trouve que cette

&

liv.

d'ufage de donner

étoit

qu'il

huit cent foixante

livres fept

Suivant

affûte

fomme montoit

à

dix neuf mille trois cents

deniers.

de fon Confefleur

,

Geoffroy de Beaulieu

Chapelain Guillaume de Chartres, tous deux de

l'Ordre des Frères Prêcheurs

,

St Louis vouloir entendre tous

A

x

HISTOIRE

4

tout l'Office Canonial

les jours

la Ste

-

même

Chapelle.

aux Fêtes

plus folemnelles;

les

aimoit

Sermons ,

les

,

les retenoit

il

de

& de Sermons,

les répétoit

à

fois autant de temps à jouer j ou

il

Vierge , à

Morts,

ne manquoit guère à

&: fouvent trois

&:

la

l'Office des

ou quatre

aux autres

murmuroient de ce

fur ce que quelques Seigneurs
doit tant de Méfies

l'Office

chaque jour

entendre deux Méfies par jour
il

même

,

Il difoic auffi

qu'il

:

&c

enten-

leur dit xfi je pajjbis

courrir les bois 3

;

deux

pour m'occuper

de la chajfe j perfonne n'en parleroit.

Dans

vie de St Louis

la

par Geoflfroi de Beaulieu

écrite

,

que St Louis avoir coutume
de fe lever à minuit , pour afiifter aux Matines dans la Sainte
Chapelle
mais que s'étant vu attaqué de maux de tête ,
fur ce qu'on lui repréfenta que l'interruption du fommeil pouvoit beaucoup l'incommoder , il prit le parti de les faire dire le
matin avant l'heure deftinée pour l'Office de Prime &: c'eft de-là
qu'efl: venu , à la Ste-Chapelle , la coutume de ne point dire
fon Confefleur,

rapporté

eft

il

&

-,

;

Matines

la nuit,

contre la pratique générale des Chapitres &:

Églifes Collégiales,
fiècle

obfèrvée jufque vers

le

milieu du

XIV e

à l'exemple de la Cathédrale de Paris qui a toujours

,

confervé cet ancien ufage.

Jamais Prince ne fut plus digne que St Louis de tous
éloges,

de

fes

dont

œuvres de

de

6c

piété

des volumes entiers; la vertu
le

refped

,

la

n'afFoiblirent

cœur avec

vénération

lelquelles
,

d'une armée avec
il

on
la

il

le

fes

vertus chrétiennes

&

la fainteté qui

,

lui

les

détail

a fourni
attirèrent

tk l'admiration de tous fes fujets

,

aucune

en

pieds des Autels

Le

Hiftoriens ont honoré fa mémoire.

les

manière
étoit

voyoit


,

les
:

qualités d'efprit

modefte

&

un moment après , à

contenance d'un héros;

&

recueilli

la prière

la tête

à laquelle

confacroit plulieurs heures du jour, ne diminuoit en rien

loin qu'il devoit à fon état

:

il

de
aux

du

tenoit exactement fes confeils;

&: plufieurs Ordonnances qui nous reftent de ce Prince fur diverfes matières importantes

,

&

pour

le

règlement de la Juftice

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
une efpèce de Code
Etablijfements

Paris

St Louis Roi

de

d'Orléans

,

&

,

M. du Cange

publié par

,

de

de

France

,

l'ufage

félon

j

Cour de Baronie , font

la

5

intitulé les

de

monu-

des

qui nous marquent l'application qu'il avoit au règlement de fon Royaume quelque auftère qu'il fût pour lui-même

ciens

j

fa vertu ne fut jamais chagrine,

&

fes feules

aimer de ceux qui l'approchoient. Enfin
la

France
Il

eft

redevable de polTédcr

de

inftruments

de

d

n'eft plus néceflàire

la Capitale

la

manières

les principales

Paifion de Jéfus - Chrift

armcyyous

Jean Chryfoftôme;

dit St.

&

ils

;

dans un fuperbe édifice conftruit à grand

,

au milieu du Palais de nos Rois. Fene\ donc
approche^ }

Reliques de N. S.

pour adorer les
font au fein

en Palelline

aller

le faifoient

à St Louis que

c'eft

du

frais

tous avec confiance,

Bouclier de

la foi;

vous en fere\ plus forts. Ces Reliques font pour vous

&

un port affuré y

une confolation dans vos maux.

l'hiftoire , parce que ce font elles qui ont
donné naiflance à la Ste Chapelle , j'emprunterai fcrupuleufement le langage des SS. Pères 6c des Auteurs eccléfiaftiques

Obligé d'en tracer

qui en ont établi la

tradition.

L'an 316, Ste Hélène, mère de l'Empereur Conftantin, âgée
De la
de 84 ans , alla vifiter les Lieux Saints. Étant arrivée à Jérufa- Croù.

lem,

commença

elle

Vénus

par faire abattre

le

temple

qui profanoient le Lieu de la Croix

,

redion de N.

S.

On

ôta

vrit le Saint Sépulchre

on ne

,

terres

les

&

,

pour

femme de
l'extrémité

s'en éclaicir

&

des prières,

on

&

lui

l'idole

de

en creufant

la

,

fit

de

Réfur-

on décou-

,

Comme

du Sauveur, l'Evêque Saint
porter les trois Croix chez une

qualité, malade depuis long-temps,
:

&

&

à côté trois Croix enterrées.

favoit laquelle étoit celle

Macaire

,

,

vraie

réduite

&:

à

appliqua chacune des trois Croix en faifant

fi-tôt qu'elle

eut touché la dernière, elle fut

entièrement guérie.

Avec
Clous

,

Croix on trouva aufii le titre , mais féparé , &: les
que Ste Hélène envoya à l'empereur avec une partie

la

confidérable de la Croix

j

laillant l'autre

à Jéruialem

,

elle la fit

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HISTOIRE



mettre dans une Chaflè d'argent, &:

la donna en garde àl'Evéque
pour la conferver à la poftérité. En effet , dans le fiècle fuivant on
ne la montroit qu'une fois l'année à la fblemnité de Pâques

Vendredi-Saint. L'Evêque après l'avoir adorée

c'eft-à-dire le

premier


,

pour

l'expofoit

venue dans toutes

fans doute, eft

,

de tout

être adorée

cérémonie annuelle de l'adoration de

La cinquième année du règne
féconde, au mois de Juin,

conquirent
fieurs

On

brûla

emporta tout ce
làns

nombre

peuple

le

&: de-

cette pieufè

F.glifes

les

,

la Croix.

d'Héraclius, l'an 614, indiclion
Perfes paflerent le Jourdain

On

de Jérufalem.

la Ville

tua

,

&:

plu-

de Clercs, de Moines, de Religieuiès, &: de

milliers

Vierges.

&

la Palelline

les

le

nume

Eglifes, &c

les

qu'il

&c entre autres Reliques

;

St Sépulchre.

le

y avoit de précieux

;

le

,

On

vafes facrés

des

de

bois

la vraie

Croix.

L'an 618
fit

la

mort de Cofroes Roi de Perfe, Siroës

après la

;

paix avec l'Empereur Heraclius, &: lui rendit tous

les

Chrétiens qui étoient Captifs en Perfe, entre autres, Zacharie
Patriache de Jérufalem; avec

la vraie

Croix que Sarbazara en

avoit enlevée, quand la Ville fut prilè quatorze ans auparavant.
Elle fut d'abord apportée à Conllantinople

mais l'année fui-

,

vante 619, au commencement du Printemps, l'Empereur He-

s'embarqua pour

raclius

la

reporter

Jérufalem

à

grâces à Dieu de fès victoires. Etant arrivé

che Zacharie

,

comme

,

che avec fon Clergé

,

difent

elle

la

toujours au

l'aman

les

1

:

le

Patriar-

beaux entiers, l'ouvrit

montra au peuple. Les Auteurs
plurier

T* sJx«

;

pièces.

L'Eglife latine célèbre la

les

de la Croix

bois

ce qui fait connoître qu'elle étoit partagée en plufkurs

rapportée par Héraclius

,

le

mémoire de

les

uns

&

la

Ste.

quatorzième de Septembre

Grecs n'y font mémoire que de l'apparition

quoique

&: rendre

,

établit le

avoit été emportée

en -reconnut

la clef, l'adora, &•

originaux

il

&c remit la Croix à fa place. Elle étoit demeu-

rée dans fon étui

avec

,

les autres

nomment

faite

;

Croix
mais

;

les

à Conllantin,

cette Fête l'Exaltation

1

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
de

Croix

la

même

&r

;

que

eft certain

il

7

l'on célébroit cette Fête

au

jour, long-temps avant Héraclius.

La quatorzième année de l'hégire 635 de J. C. les Mufulmans s'érant établis dans la Phénicie, après avoir pris Damas,
l'Empereur Héraclius abandonna
tantinoplc

&" y

,

porter

fit

Jérufalem leroit bientôt prife

bout de deux

Syrie, &r

la

fe retira

bois de la Croix

le

comme

,

«à

Conf-

voyant que

,

elle le fut

en

effet

au

ans.

Nous/avons > dit Anfelme, {*) parles livresdes Grecs 6* des Syriens
que la Croix de
Pilate mit

a été compofée de quatre fortes de bois

J. C.

le titre }

une autre où fes bras furent étendus

&

clouées y une troifième où fon corps jut fufpendu 3

>

,

,

dont une où

& fes

mains

une quatrième où fa

& fanilifiée du fang qui forcit
Mais parce que j'ai fouvent vu des perfonnes

Croixfut fichée; laquelle fut teinte > arrofe
de fon côté

&

de fes pieds.

étonnées du grand nombre de morceaux de la vraie Croix répandus dans

monde ,

j'ai cru devoir ajouter ce qui fuit

qu'il cjt en moi.

Nous

&

de belles aclions

font point

écrites.

lifons

}

La

ni

dans l'Evangile

dtfiribution

par

mais nous apprenons

N.

Croix de
tinople

&

3

Cofroés

:

remit fur
chrétien.

S.

;

ejl

y

&

,

mont Calvaire

Mais Héraclius

de J.

C, &

Ce fut dans

,

,



étant

il

C.

fit

fier en deux
fi: s

:

la

à Conflan-

qui fut enlevée en Pcrfc jrar
>

&

la

l'expofa à l'adoration du peuple

mort

,

les

infidèles

opprimèrent de

qu'ils s'efforcèrent d'éteindre entièrement le

d'effacer la

mémoire de fa Croix

une partie du St Sépulchre

l'Eg'.tlc

J.

grand événement

&

de fin Sépale kre.

ce dcfjein qu'ayant apporté quantité de

d'Anfclmc i

qui ne

par une

annoncée ni par

une partie à fin

à Jérufalem

,

arrivée

que l'Empereur Héraclius la reporta à Jérufalem
le

nom

Lettre

ne nous

que Stc Hélène

qu'elle en envoy a

laijfa l'autre

fin te les Chrétiens

(•)

que J. C. a fait beaucoup

,

du bois de la Croix
3

le

eclaircir le fujet autant

fes sipvtres témoins de ce

d'ailleurs

telle

lèrent

pour

de miracles 3 en préfence de fes dijaples

permijjlon fpéciale du Toutpuiffant

avant fa mort

,

«le

,

&

Paru, anu.

bois

,

ils

brû-

voulurent auffi brider la vraie

ttC y.

HISTOIRE.

8

Mais

Croix.

Chrétiens la

les

cachèrent

ce qui fut

3

qu'Us

caufe

en tuèrent un grand nombre. Enfin les Chrétiens ayant tenu conficil
la coupèrent en plufieurs parties

la divisèrent

,

&

plu-

diflribuèrent en

fleurs Eglifes des fidèles j afin que fi une partie leur étoit prife j le

par

refie

moyen

ce

leur fût confie rvé j

&

c'ejl

nous fiivons qu'outre la Croix de l'Empereur

à Conflantinople

(t envoyées

trois

d.ms

de Crète

l'Ifie

deux dans

;

y

il

en eut encore

de Chypre

l'IJle

dans la Fille d'Antioche

trois

;

de Jérufalem; une donnée

St Sahas

Fille

&

aux Suriens ; une aux Grecs du Monajlere de

;

mort de David j

fon royaume

par

faintetè que

&

cette Croix

la

j

de Jérufalem

&

une à David

gouvernement de

le

,

accompagnée de peu de perfionnes

diflribua

,

aux couvens de

la

S te

quantité a" or qu'elle avoit apportée

&

aux pauvres

tion de religieufes Géorgiennes

Gibbelin'u

même ,

Peu de temps après

elle prit le

dijlribué

&

avec

elle prit la

route

:

arriva dans

elle

&

tance

,

&

:

aumônes confidérables

des

entra dans une Congréga-

elle

F autorité du

la prière de fies fizurs

gouvernement de la maifion

la

Congrégation commifie à

difette de vivres accablant le

fubfifler fia

elle fit

établies fous

,

à

,

l'oraifion

Cité , une partie de la grande

;

&

Patriarche

du Patriarche

mais ayant

enfuit

dépenfé tout ce qu'elle avoit defliné pour fiubvenir aux

néceffités de

reffentir la

:

aux étrangers. Depuis

fia

&

naijfance ^ prit l'habit de Religieufie t

la réfiolution d'y finir fies jours dans le repos j le filence
elle

par

encore plus recommandable

t

beaucoup d'or qu'elle avoit amaffé
,

que nous appre-

Roi des Géorgiens.

,

ayant pris

fion fils

Reine mère

fia

,

demie dt longueur fur un pouce en quarré ; une

au Patriche des Géorgiens
la

dans la Fille

quatre

;

une aux Moines de la Falléc de Jofitphat

;

nons avoir eu une palme

Après

Damas

une dans la Fille de

une

;

une dans la

;

Fille d'Edeffe; une dans la Fille d'Alexandrie; une dans la

d'AJlalon ;

que

en confcquencc

y

pauvreté ;

pays ,

& parce

beaucoup emprunté

Communauté ;

pour foutenir

fia

elle

fies

foins

,

la

commença avec fies

famine

qu'elle avoit déjà beaucoup reçu

&

,

,

la

à

d'affifi-

qu'elle n' avoit plus de quoi faire

pénétrée d'une pieufie affeelion ,

Congrégation

&

Religieufes

d'engager

&

elle réfiolut,

mettre à prix ce Bois

inefiimable que j'ai le bonheur de vous envoyer.

A

la

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
A

la journée

de Tibériade de

un

horrible carnage des Chrétiens.

les

armes à

main

la

1187,

l'an

Tous ceux que
Arnaud de

Nobleflè Françoife furent

&

La

Chaftillon

de

fleur

la

la

Roi Lufignan.
vraie Croix portée par

prifonniers avec le

faits

perte la plus lenfible rut celle de la

l'Evêque d'Acre qui fut madacré. Les Grecs &:
tagèrent cette anMidion; &:

firent

l'on trouva

périrent par l'épée.

Maître du Temple, celui des Hofpitaliers

le

9

Mufulmans

les

Muf ulmans en

les

Latins par-

les

firent

l'ornement

de leur triomphe.

En

11

91

Philippe-Augufte Roi de France, &: Richard Roi

,

d'Angleterre

ouvrit

s "étant

cipaux articles de la capitulation

nom

devant Acre qui leur

croifés fe rendirent

, &r par un des prinEmirs s'obligèrent au

portes après treize jours de fiége

les

de leur Maître à rendre

,

les

la vraie

Croix

prife

à la journée

de Tibériade.

En 1104

les

par efcalade.

François &:

les

Vénitiens prirent Conftantinople

Les richefles de cette Ville furent

conquérans qui en partagèrent

çois fut eftimée quatre cents mille

vils

gneur fut répandu par

terre

les

Reliquaires

pierreries
qu'ils

,

tandis

,

pour

pieds

;

& de

la dé-

Reliques

les

immondes

;

les

vafes facrés turent

&: profanes

;

le

Sang de notre Sei-

furent jettées dans des lieux

&

de l'avarice

Les Images furent foulées aux

employés à des ulages

la proie des

part des Fran-

marcs d'argent. Les vainqueurs

facriléges fe livrèrent à tous les excès

bauche.

La

les dépouilles.

j

les foldats

rompoient

s'en approprier

que des ames pieu fes

l'or

,

les

Châfles,

l'argent

&

les

recueilloient les Reliques

dédaignoient &C qui fe répandirent depuis dans

les

Eglifes

d'Occident. Toutes ces abominations font rapportées par Nicetas

,

qui en

richefles le

vraie Croix

fut le trifte témoin.

Duc de

Du nombre

de ces pieufes

Venife obtint une portion du bois de la

enchâflee en

or

,

qu'on croyoit
avec une

être

celle

que

du Sang de notre
Seigneur , un bras de Saint George &: une partie du Chef de
Saint Jean-Baptifte. Le Duc Henri envoya ces Reliques à VeConftantin portoit à la guerre

,

fiole

B

HISTOIRE

io
nife



,

furent placées dans fa Chapelle. L'Empereur Bau-

elles

douin s'appropria
dres

une

petite

Couronne d'épines , &: envoya en Flandu Sang miraculeux. Le Roi de France

la

fiole

ne fut point oublié dans cette pieufè distribution.

En

Raoul Patriarche

12.17

portant avec

lui la Ste

alors perfuadé

que

une au combat

En

1

On

partie.

,

étoit

qu'ils

en portèrent

perdue.

Mélic-Camel voyant la Ville de Damiete
, offrit
pour en faire lever le

preflee par les Chrétiens

de rendre

fiége

elle fut

&

en deux

partagée



1 1 9 le Sultan

vivement
qu'on

,

partit d'Acre

,

Chrétiens avant de livrer la bataille de

les

Tibériade l'avoient

de Jérufalem

Croix ou plutôt une

la vraie

Croix , mais

ne fut point écouté

il

favoit qu'après la prife d'Acre

,

,

parce

Saladin l'avoit fait inu-

tilement chercher pour l'échanger contre les prifonniers.

mi

En

le

même

Sultan voulant retirer Damiete de la domi-

nation des Chrétiens leur

fit

les offres les

plus éblouiflantes

»

les

François dépourvus de vivres , &f prêts d'être engloutis par l'inon-

dation des eaux du Nil

que

la

,

ne confentirent à rien qu'à condition

portion de la vraie Croix emportée de Jérufalem par

Saladin leur feroit rendue. Cet Hiftorique
noître le

prix

que

fuffit

pour

faire

con-

Chrétiens attachoient à cette précieufe

les

Relique.

Les opinions font encore partagées fur l'efpèce du bois de la
vraie Croix. Jufte-Lipfe
le

ces

de

bois furent

l'opinion des

Saints

(1) Cenftmus i

employées

eft

de chêne

,

contre

ludsÀ olim

aptum

latUTâ.

ligni

in

curioiï

:

cruct

&

qutreu ; 1°.
,

quia viri

ilta

dominki agnofeunt

magu diBum

arbor ;

fuptrioris aliquot
,

digni

fide

fptcitm rtftrrt

nunc quoqut

quod

à fa conftru&ion

&

,

contre

Pères qui ont aifuré que le pied étoit de

hujus ligni qui hodït txtant
in

penfe qu'il

( 1 )

fentiment de ceux qui ont avancé que trois ou quatre efpè-

i°.

;

0
.

j

ajferunt frufia facratifflmi

tùm quia creSra

Ctdrum

,

&

quia rokuftum lignum

t*vi feriptores tria

Palmam

,

frtqutns

& fixioni

aut quatuor genira

Cyprtjfum

,

Olivam

,

quant v<ri %

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cèdre

DE LA SAINTE-CHAPELLE.
& le refte de chêne. Je demande qu'un jour

,

ralises foient

compofe

En

la

même

mis à

n
natu-

les

de déterminer l'efpece de bois qui

grande croix de

la Sainte- Chapelle.

1239 Baudouin de Courtenai prefle par

les

Bulgares

,

&

entouré de Grecs fchifmatiqu.es qui auroient mieux aimé fléchir

fans

Turban, que devant la Thiare , étoit fans reflburce &c
argent pour repoulfer cette invafion. Il vint en France

pour

folliciter la piété

devant

les

le

de Saint Louis auquel

il

repréfenta

La Sainte
n
a

pp^%

f

Paris,

que

Seigneurs enfermés dans Conitantinople alloient être réduits

à une

extrémité

telle

,

de vendre

qu'ils feraient obligés

ronne d'épines à des Barbares
dans des mains profanes

:

,

ou du moins de

pourquoi

t

lui dit-il

,

de vous faire pajfer cette précieufe Relique à vous

Seigneur

& mon

3

bienfaiteur

,

&

la

Cou-

la

mettre en gage

je dcjire ardemment
,

mon

Coujîn

au royaume de France

ma

mon

,

patrie,

qu'il ambitionnoit plus que tous les
les ordres furent donnés pour en accéTrônes du monde ,
lérer l'exécution. André &: Jacques , tous deux Frères Prêcheurs
accompagnèrent l'Envoyé de Baudouin à Conftantinoplc , ou

Louis accepta cette offre

&

le

premier avoit été Gardien du Couvent de fon Ordre.

fouvent contemplé

la

Ste-Couronne,

&

avoit

Il

l'on ne pouvoir lui

en

impofer.

Les Barons de l'Empire avoient effectivement engagé
faintes Reliques

les

à diverfes perfonnes de diftinâion pour treize

,

mille foixante-quinze (1) Hyperpéres, avec la faculté de rem-

(l) Hyperperum

ex auro eximii

Non

,

rutilo

omittenius

montta Imptratorum Byçantinorum aurea

& reco&o conféra effet. Du

nummut hyptrperon

imperii. Is fuit aureus

Francico

,

confiituunt

,

&

fuam libram

apptllata

uàimorum temporum

,

quafi

Conftantinopolitani

argenteus pondère drachme.. Jtaque equalis fuit solato

in argent o drachme..

Scaliger. Jul.

,

, fie

Cang. Gloffar.

.

.

.

tibra

Trancha font

vicenis. Vibra etiam hodie

Cxf. F. de re nummariâ diflertauo

,

viginti folidi.

&

. .

.

Tranci

Francus vocatur. Jofeph.

liber

Pofthumus. Ex officinà

Plantinianâ. Raphelengii. an. 1616.

D'après ce texte, on reconnoît qu'en 1116, l'agnel valoit douze
fols d'alors;

ce qui

fait

14

livres a&uelles , parce

que

le

fol

& demi-

valoit

un peu

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HISTOIRE

il

La

Couronne avoit été mife en dépôt entre les
mains de Pancrace Gaverfon , Camérier commun des Vénitiens

bourfer.

Ste -

ÔV placée dans leur Eglife de Panto-Crator à Conftantinople

où elle étoit encore lorlque
Dès que les Barons furent
tre

ils

,

les

Députés arrivèrent.
volontés de leur Maî-

inftruits des

convinrent avec Gaverfon que la Relique ferait portée

à Venife par
de l'Empire

,

les

Députés de Saint Louis &:

AmbaflTadeurs

les

accompagnés des plus nobles d'entre

les Vénitiens.

Le convoi mit à la voile dans le tems de Noël faifon où la
mer eft le plus orageufe. La confiance des Députés éleva leur
,

ame

de la crainte des

au-defliis

périls

&

,

elle fut juftifiée

arrivèrent à Venife fans avoir elTuyé de tempêtes. Vatace ,

;

ils

Em-

pereur Grec, avoit détaché plufieurs galères qui croifoient aux
differens détroits



les

François dévoient paflèr, pour leur en-

lever ce précieux butin.

Sa vigilance

trompée i Dieu

rut

veilloic

fur eux.

Arrivée à Venife la Relique fut mife en dépôt dans
for de la Chapelle de Saint-Marc.

de

la négociation

de

fes

Le Roi

Députés envoya,

inftruit

ainfi

le

Tré-

du fuccès

que Baudouin

,

des Ambafladeurs avec l'argent néceflaire pour fè l'approprier.

De

leur côté les

Marchands François

encore des dons de
leur bourfe

la foi

pour payer

établis à Venife, plus riches

qu'avantagés de la fortune, ouvrirent
la

fomme

(lipulée.

raient bien defiré garder cette Relique

du

traité

ils

la reftituèrent

quoique à

,

Les Vénitiens au-

mais retenus par la foi

regret.

plus d'une livre aftuelle. Mats Ja proportion de l'or à l'argent étant en 1159

d'environ douze à

un, en

multipliant le fol d'alors par la pour avoir le fol

d'or, on trouve qu'en lijo le fol d'or

eft

égal à

un peu plus de iz

livres

actuelles.

La drachme d'argent égale au denier d'argent des Empereurs Romains
valoir fous Néron un peu plus de dix huit de nos fols actuels ,
probablement elle avoit encore la même valeur en izjq. Donc ij,07f hyperpéres dor
vaudraient aujourd'hui ij^ooo liv. , 8c pareille quantité d'hyperpéres d'argent
vaudroient un peu moins que 15,07; livres.

&

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DE LA SAINTE - CHAPELLE.
Les Ambafiadeurs après avoir reconnu

en route

&: quoique la faifon fut pluvieufe

,

pas une goutte

pour

auffi-tôt

les joindre.

Il

,

de l'Archevêque de Sens

des Seigneurs les plus diltingués de la Cour.

fette.

La première

;

On

de bois.

l'ouvrit

fceaux des Seigneurs François &: du

dans laquelle

la calfette d'argent

tous

Alfiftans

les

,

Duc

&

,

vérifia les

de Venife appolës fur

trouva un vafe d'or

fe

caf-

triple

on

L'ayant découverte on

Ste Couronne.

tenant la

rencontra la

11

enfermée dans une

elle étoit

étoit

,

partit

Reine,

la

de l'Evêque du Puy

fes Frères

&

Relique près de Sens

Roi

le

accompagné de

étoit

de

,

n'efluyèrent

ils

Champagne,

Arrivés en

d'eau.

ij

fceaux fe mirent

les

qui fondirent en larmes

la

,

con-

voir à

fit

s'imaginant voir

réellement Jélus-Chrilt, couronné d'épines. Puis
fcellé

fur la caflette.

le Roi mit fon
Tant de précautions écartent aflurément

tout foupcon d'infidélité.

Le lendemain
tendu
le

toutes

Comte

épaules

la

Relique fut portée à Sens dont on avoit

A

rues.

de

l'entrée

la

Ville

Roi

le

,

&

d'Artois, l'aîné de fes Frères, la portèrent fur leurs
les

,

les

Le Clergé

pieds nuds.

alla

au-devant

,

&:

les

prin-

cipaux Seigneurs chargés à leur tour de ce fardeau honorable

dans l'Eglife Métropolitaine de Saint Etienne.

la placèrent

mit enfuite en route pour Paris
fe

fit

avec

la plus

convoqué à

Denis dès

la

la

fut

de Saint-

;

tous ceux qui

On

,

avoit

repofoir près de l'Abbaye Saint- Antoine,

expolëe aux yeux du peuple. Guillaume, Chan-

l'Abbé eut place

Archevêques

fe

Clergé régulier &c

cette cérémonie. Les Religieux

de Saint-Denis , entonna tout ce qui

&

On

Relique

pointe du jour fe rendirent à l'endroit qui avoit

un magnifique

marche

le

de

à cette Procelfion marchèrent nuds pieds.

où laChâffe
tre

la réception

hors de Paris du côté de Vincennes

été indiqué

drefTé



grande folemnité. Tout

féculier fut

affilièrent

,

Evêques &:

pontificaux. Enfin le

18

e

les

à la

fut chanté

droite de l'Autel

autres

Abbés

,

pendant la
,

avec

tous en

jour d'Août la Relique arriva

placée au Palais dans la Chapelle de Saint-Nicolas.

les

habits
,

& fut

HISTOIRE

14

Une

Médaille fut frappée pour confacrer la mémoire de cette

fur le champ de cette Médaille on voit la
Couronne d'épines polee fur un Autel portatif, au pied duquel
eit la Couronne de Saint Louis
le Roi & la Reine font à
genoux adorant ce gage làcré
Sacra Pïgnora , félon le texte
de l'Exergue
Htc Régis Regûm toto
la légende
porte
prctiqfior auro , c'eft-à-dire , que cette Couronne eit plus

augufte cérémonie

;

>

,

:

;

précieufe que toutes les richefles de la terre. {Pl.)

On
Louis

ne peut dire autre choie de cette Relique donnée à Saint
finon que Clément Alexandrin

,

,

cV quelques perfonnes

après lui ont prétendu qu'elle étoit ex rubo

nomme

efpèce d'arbriflèau que l'on
c'eft-à-dire

nerprun,

vraie

Croix

t
;

c'eft-à-dire,

prunier fauvage

>

de jonc marin.

vide occafionné dans fon tréfor par

plir le

trifte

de

Croix &:

la vraie

riale.

nomme

d'autres d'épines blanches j d'au-

L'Empereur Baudouin de retour à Conftantinople

la

d'une

d'autres ex rhamno ,

d'une autre efpèce d'arbriflèau que l'on

,

ou

tres enfin

Portion de

buiflon

Louis

inftruit

les

néceflité

le

,

pour rem-

fléau

des guer-

d'engager une grande partie

autres Reliques de la Chapelle

de cette réfolution

lui

Impé-

députa des perfon-

nes de confiance avec l'argent nécefTaire pour s'approprier ces

précieux objets. Ces Reliques

nommé Guy

,

lui

fuient apportées par

même

&: furent reçues avec la

avoir été oblervée trois ans avant, à la réception de la
d'épines

de

l'an

En

,

auprès de laquelle

on

les

plaça

le

un foldac

folemnité qui

Couronne

14 de Septembre

1141.

149Z

,

des

Maçons qui

travailloient à

de l'Eglife de Sainte-Croix découvrirent
notre Seigneur.

On

Tolède à

le titre

la

de

réparation

la

Croix de

prétend que Sainte Hélène, mere de Conftan-

envoyé à Rome; qu'on le tint caché dans les voûtes
de l'Eglife de Sainte-Croix de Jerufalem au-deflus du chœur.
Burchard affiire l'avoir vu
touché lorfque le Pape accompagné
tin l'avoit

&

de Cardinaux

fe tranfporta

folemnellement dans cette Eglife

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
le

i

i

e

Mars qui

jour de

expofer à

étoit

le

ce

titre

étoit

en

trois endroits fur lefquels

enfermé dans un

Cardinahs fartât cruels

de bois

bout

,

&

,

la

;

lifoit

m

étant

,

ufées.

féconde en grec

Lorfqu'on

vifita

de forte que

le

que

,

qu'il

milieu

en

coffre

il

demie

,

y avoit un

ais

tout ufé par un

de nouveau ce

nom

de

titre

en 1564

du côté ou

qui contient

,

la

on

trouva

le

mot

judtor

;

côté droit étoit auflî emporté}

le

il n'en relie donc
deux mots Na\arenus Rex. Quoi-

les

;

dans ces derniers

écrit

Saint Hélène avoit envoyé le

,

étoit le

Je/us n'y paroît plus

ceux qui ont

fuit

deux dernières Lettres «,

ligne étoit écrite en latin

&: la troiiième en hébreu.

,

1648 on remarqua que

le

cacheté
Geraldua

&

les

3

La première

encore rongé &: diminué

& en

,

:

fur lequel ces paroles étoient gravées en lettres rou-

ges; Je/us Na\arenus rcx judtor
&c

,

ajoute que

de plomb

que dans ce

long d'environ une palme

11

encore ces mots

petit coffre

on

i,

Fête de St Grégoire

,

vénération des Fidèles.

&c qu'il

fit

un lundi

de

titre

la

Croix à

fiècles

Rome

,

que
l'ont

avancé (ans aucune autorité , puilque les HiAoriens n'ont point
ditl'ufage que cette pieufe Princefle en fit. L'Eglife de Touloufe
prétend l'avoir dans un Monaftère de Bénédictins de
grégation de Saint-Maur

découverte
l'autre

faite à

quoiqu'il

,

Home
ne

n'ont point empêché

le

d'alfurer l'authenticité

du

19

e

de

Juillet

pour ceux qui
intention

,

le

\

,

&:

pofleder long tems

le

celui-ci eft

foit

pas

titre

entier.

qui

Conla

beaucoup plus grand que
Toutes ces incertitudes

Pape Alexandre VI

du

la

avant

elt

à

,

quatre ans après

Rome

,

par une Bulle

de l'an 1496, &: d'y attacher des indulgences

viiitercnt

dernier

l'Eglife

de Sainte Croix dans cette

Dimanche de Janvier, jour de

la dernière

invention de cette Relique.

Quant au fang de N. S. on
Baudouin à Saint Louis item
i

&

plus bas

>

lit

dans

les

de fanguine

Lettres de

Domini

1

Empereur

Nojlri

J.C. S

fanguinem qui de quidam imagine Domini ab

injideli

>

Sang

^s

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1

HISTOIRE

t6

petcujfâ Jlupendo miracuh dijlillavit

donné de

;

&

Saint Athanafe

dans

(i)

image crucifiée par les Juifs dans
la Ville de Beryte en Syrie , die que l'Evêque du lieu fit remplir de l'eau
du fang qui en fortit une fi grande quantité
de fioles , dont il fit préfent à toutes les Eglifes de la Chréqu'il a

l'hiftoire

cette

&

tienté

&

,

fans doute

En
de fon

que tout le Sang qu'on
venu de la forte.

de Jéfus-Chrift

dit être

eft

1147, Henry Roi d'Angleterre, écrivit à tous les Seigneurs
Royaume de fe trouver à Londres, le jour de la tranfta-

Edouard treizième jour d'Oclobre

tion de St

leur accorder

;

s'aflemblèrenr

ils

qué; &c l'on déclara que

,

pour apprendre

que Dieu venoit,

l'agréable nouvelle d'une faveur

à Weftminfter

,

,

maître des Templiers

le

difoit-il,

de

au jour mar-

&

celui des

envoyé par un Templier une portion du
fang de N. S. dans un valê de cryftal très ancien , avec l'atteftation du Patriarche de Jerufalem
des Evêques , des Abbés
&: des Seigneurs de la Terre Ste. Le Roi Henri voulut imiter
Hofpitaliers avoient

,

en cette occafion

pour honorer
de

la veille

ceflion

la

la

ce que St Louis fon beau-frere avoit fait

,

vraie Croix

&:

la fête,

Relique

le

:

jour

jeûna au pain &:

il
il

de l'Eglife de Saint Paul à

,

à l'eau

porta folemnellement en pro-

de Saint

celle

où il la dépofa. L'Evêque de Norvic y
fit un lèrmon, dans lequel il dit que cette

Pierre de Weftminfter

célébra la meilè,

&

même de celle

de toutes , au-defTus

Relique étoit

la plus précieufe

de

qui n'eft eftimable que par le fang de

la

elle

Croix

,

a été arrofée

-,

&: l'on crut qu'il

gleterre ne fe glorifiât pas

de

celle

de

la Croix.

cette Relique

moins de

le difoit

cette Relique

L'Evêque ajouta, que

en Angleterre

,

afin

,

qu'elle

y

que

,

fut plus

Domim

Koftri

les

,

dont

que l'Anla

l'on avoit

qu'en Syrie, qui étoit prefque abandonnée par

(1) Vide Atkanifii libcU. dt pajpone imaginis

C.

J.

afin

France

envoyé

en fureté

Chrétiens.

hfu

Chrijli.

Enfin

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DE LA SAINTE-CHAPELLE
Enfin

déclara

il

nom

au

,

de tous

les prélats

17

qui étoient pré-

fens, qu'ils accordoient, fix ans &: cent quarante jours d'in-

dulgence, à tous ceux qui viendraient honorer

précieux

ce

fang.

Toutes

de

tant

fois

quelques uns des

du

la vérité

reflufcité tout entier

A

cette queftion

afliftans

murmuroient

demandoient comment

fait,

&: dou-

,

C.

J.

pouvoit avoir laide de Ton Sang fur

,

étant

,

la terre.

l'Evêque de Lincolne , Robert de Grofle-tête

,

répondit par un difcours, où fe fondant fur une relation tirée

comme il en convenoit lui-même, il
que Jofeph d'Arimathie ayant détaché de la Croix le
corps de J. C, recueillit foigneulement le Sang de les plaies,
d'un livre apocryphe,

difoit

du côté &: l'eau même dont il avoit lavé
Nicodeme qui lui avoit aidé a enfe-

particulièrement celles
le

corps

velir

:

N.

qu'il
S.

,

en

fit

,

part à

,

&r qu'ainfi ce tréfor s'étoit confervé de pere en

jufqu'à venir en la poûeflion
le fiege

de Jérufalem. Mais

du Patriarche Robert, qui

c'étoit cette

longue tradition &: cette

confervation du précieux Sang pendant douze cents ans
eût fallu prouver.

fils

tenoit alors

L'Evêque de Lincolne ajoutoit, que

,

qu'il

le

Roi

d'Angleterre avoit acquis cette Relique par pure libéralité

d'une manière bien plus noble que
acquis

fiennes, achetées à

les

répondoit

que

:

comme

eft

ment

,

prix d'argent quelques

Quant à l'obje&ion

auparavant.

le

la

de

tirée

la

perte

ne

nuit point

&r

les laignées

à

années

réfurre&ion,

Sang que Jéfus-Chrift a laide fur
que nous perdons par

celui

dont

,

Roi de France n'avoit

le

l'intégrité

il

la terre,

ou autredu corps

vivant.

En

1 3

s'émut une queftion , entre

5 1

Frères Prêcheurs

,

touchant

le

dredi-Saint quinzième d'Avril

Mineurs à Barcelonne,
Monaftere

,

que

le

dit

Sang de

paré de la Divinité

;

&

,

les

Frères Mineurs

Sang de N.

S.

&

les

Le jour du Ven-

François Baïle Gardien des Frères

publiquement en chaire dans fon
J.

C. répandu à fa Paffion fut fé-

par conféquent qu'il n'étoit point

C

HISTOIRE

i8

adorable du culte

de

dans

latrie

trois jours

les

Nicolas Rofel de l'ordre des Frères Prêcheurs

au Royaume d'Aragon

,

de fa mort.

alors Inquifiteur

en écrivit à Jean du Moulin aupa-

,

ravant Général de l'Ordre , cV alors Cardinal du titre de Ste
Sabine, qui en avertit le Pape Clément. Le Pape, après une
aflemblée

manda par

folemnelle

quifiteur de

faire

&

erroné cV Tentant l'héréfie,

Ce que*

l'Jnquifiteur exécuta

celonne. St Pierre

pu

lettres

fes

à

patentes

&

le

condamner folemnellemenr.

dans l'Eglife Cathédrale de Bar-

St Jean allant au Sépulchre

agiter cette queftion,

,

auroient

n'euflènt été occupés de penfées

s'ils

plus férieufes ; mais je n'en vois plus l'ufage

depuis la réfurreclion de N. S.

,

ce

fi

comme

quelque prétendue Relique,

l'In-

comme

révoquer publiquement cet article,

,

dit

n'eft

celle

à

M. de

Fleury

de

l'occafion

que Henri

III

Roi

d'Angleterre reçut en 1147.

Sur

de 1461

la fin

,

il

s'éleva de

nouveau une célèbre difpute
, à l'occafion du Sang

entre les Cordeliers cV les Dominicains

qui avoit été féparé

On

tombeau.
fijr

ce

du corps de

difputoit

que Jacques de

la

s'il

le

,

C. pendant qu'il fut au

Marche Cordelier ,

de St Bernadin de Sienne

mons

J.

avoit aufli été féparé de la Divinité

jour de Pâques

,

,

autrefois

compagnon

avoit avancé dans un de
qu'il

ne

falloit

fes fer-

pas adorer ce Sang

parce qu'il étoit féparé de la Divinité. L'Inquifiteur de la foi

en ayant

été informé,

qu'il avoit dit,

prêcher

parmi

le

&

le contraire.

fît

ordonna au Prédicateur de retrader ce
monter en chaire un Dominicain pour

Ce

différend excita

avoit pour l'Ordre de St François

que

;

& comme on craignoit que

l'affaire

beaucoup de divifion

peuple, &: forma divers partis, félon l'inclination qu'il

fut

ou pour

les fuites

xenvoyée au St Siège pour y

celui de St

Domini-

n'en fuffent fâcheufès
être

examinée

&

,

dé-

cidée.

Le Pape
plus

fit

venir à

Rome

habiles Théologiens

,

vers les fêtes de

Noël , tous

les

de ces deux ordres religieux, qui

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.

19

en préfènee de Sa Sainteté

di fautèrent fur cette queftion

des

,

Cardinaux, des Evêques, &: d'un grand nombre de Docteurs
&r quoique ce fut au milieu de l'hiver
qu'à force de parler

nicains tenoient l'affirmative


toutefois

Corps

pour

,

que ce

&

,

que

du Sauveur,

la Pallion

un fentiment

foutenir qu'il étoit refté fur la terre

que

la difpute eut

avec

timent

duré

Cardinaux

les

trois jours

dont

,

Dominicains

des

,

du
le

vrai

Sang de

Pape en conféra fouvent

&

publier en

lîe

de dire que

ou non

mort, que

& Vafquez
dans

,

,

difputer

que

,

c'étoit

,

jufqu'à ce

que

le

,

enfeigner

une héré-

St Siège l'eût

en traitant cette queftion

que

Diocèfe de Saintes

le

:

fi

fur la terre quelque partie

refté

avoit répandu fur

de Mai

,

,

ne parlent

dès l'an

1

408

de Théologie de Paris confultée fur une fcmblable

mue

fut

de prêcher

M. Dupin remarque que

point de cette Bulle.

queftion

le

tendoit à entretenir

précieux Sang du Sauveur eût été lëparé

le

leparé de la divinité

la Faculté

,

public &c en particulier

Suarez

la

Cordeliers,

deux Ordres, défendant aux uns &: aux autres

fur peine d'excommunication

qu'il

les

la Croilàde contre les Turcs.

Souverain Pontife publia une Bulle qui
les

au fen-

étoit favorable

fut qu'en 1464, &: quinze jours avant fa

la paix entre

de

,

C. Après

J.

toutefois vouloir décider

fans

dont on avoit befoin pour prêcher

défini.

qui avoit écrit

,

contraire à la religion

la plupart

,

Ceux-

eût été réuni à fon

queftion, dans la vue de ne point mécontenter

Ce ne

Domi-

fang qui avoit

le

oppofés au Pape Pie

n'être point

n'étoit point

tout

fort,

fi

Cordeliers la négative.

les

point

n'afluroient

répandu dans

été

échauffèrent

ils s

,

fuoient à greffes gouttes. Les

ils

la

Croix

,

l'on pouvoit croire

du Sang que

cette opinion n'étoit point contraire

Le Pape Pafchal
découverte de

écrivant aux Chrétiens

la fainte

Pape vivoit fur

le

Lance

C.

J.

répondit le vingt-huitième jour

&

les

à la

piété.

félicite

de

d'une partie de l'Eponge.

la

De

Ia

&
Ce j.™"

C

Saint Siège en 817 julqu'en 814.

La cinquième année du règne
féconde , au mois de Juin ,

d'Héraclius l'an 614, indiâion

les Perfes

pafsèrent le Jourdain

C

,

àc

1

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HISTOIRE

zo

conquirent la Paleftine cV

même

de Jérufalem.

la ville

On

brûla les

on emporta tout ce qu'il
y avoit de précieux des vafes facrés fans nombre &: plufieurs
Reliques. Le Patriarche Nicetas trouva moyen de fauver deux
précieufes Reliques, par un des amis de Sarbazara Chef des
les envoya
Perles lavoir l'Eponge
la Lance de la Palîion
à Conftantinople. La fainte Eponge y fut expofée à la vue du
Eglilès

,

&:

Saint-Sépulchre

le

;

,

;

&

;

peuple dans

grande Eglife

la

à la Fête de l'Exaltation

me

La

année.

,

,

,

étant attachée à la fainte Croix

quatorze de Septembre de la mê-

le

Lance

fainte

apportée

fut

fixième d'Odobre; ce qui fut publié
Eglife

,

&

elle fut

adorée

&

le

le

famedi vingt-

le

lendemain dans

mercredi par

les

grande

la

hommes

,

le

jeudi

&: le vendredi par les femmes.

Henri furnommé l'Oifeleur, avoit une grande confiance en une

Lance que

l'on dilbit avoir été celle

du Grand Conftantin ornée
,

en forme de croix des clous qui lervirent à

de notre

la Pallion

, Roi
donna en place en 936 de grands pré-

Seigneur. Cette Lance étoit en la pofleflîon de Rodolphe II

de Bourgoge
lèns en or

En

à qui

,

il

en argent

fte

1098,

les

,

&

au bout de fept mois de
Pierre

une partie de

la

Suabe.

Croifés fongeant à prendre la fuite à Antioche
fiége

,

nommé

un Clerc Provençal

Barthelemi alla trouver l'Evêque du Pui

&

& leur dit que l'Apôtre làint André
fonge, & lui avoit commandé par trois

Comte

le

de Touloufej

lui étoit

paru en

fois

aux Seigneurs
côté percé
avoit

,

que

la

Lance dont notre Seigneur avoit eu

étoit enterrée

,

marqué

dans l'Eglifè de Saint-Pierre

où on

le lieu

ap-

dédire

la trouveroit.

Il

;

le

&: lui

ajouta qu'ayant

faint Anmenacé de mort s'il n'obéiflbit. L'Evêque & le
Comte ayant communiqué fecrètement la choie aux autres

voulu plufieurs

fois

s'exculer de cette commiflion

,

dré l'avoit

Seigneurs, leur préfenterent Pierre qui leur
les

fait

la

perfuada
fcuiller

Lance.

fi

fit

fon rapport, Se

bien qu'ils fe rendirent dans l'Eglifè

bien avant au lieu qu'il marqua

Le peuple

des

Croilés

,

;

& ayant

on y trouva

regarda cette découverte

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
comme

envoyée du

une confolation

courage

&

mis en

fuite

firent

de

(i

grands

&: prirent leur

,

mirent

efforts qu'ils

camp

,

Tous

Ciel.



ils

n
reprirent

enne-

les

un butin

firent

immenfe.

Quelque tems après , on révoqua en doute la vérité de la
Lance que l'on prétendoit avoir été trouvée à Antiochej

fainte

,

comme l'on difputoit beaucoup fur ce fujet Pierre Barthekmi qui prétendoit avoir eu la révélation, demanda à lé jus6c

,

par

tifier

du

l'épreuve

feu

;

&:

le

Vendredi-Saint huitième

d'Avril 1099, après avoir fait fa prière,

en préfence de tout

qu'on avoit
forti fain

fut inutile

allumer

&: fauf. Mais

pour décider

qu'auparavant

même
En
fils

peuple

lé portât très-bien

qu'il

tain

fait

le

dont

le

,

fi

il

,

,

&:

Lance

prit la fainte

il

fk pa(Ti au travers d'un bûcher

d'où

le

peuple crut qu'il étoit

mourut peu de

jours après

,

quoi-

avant cette épreuve. Ainfi cette épreuve

&

il demeura
plus incerLance trouvée à Antioche étoit la

la queftion
la

:

côté de Jéfus-Chrift fut percé.

354, le Roi Charles ayant
de l'Empereur Louis de Bavière

fait

1

,

la

louis

paix avec les deux
Marquis de Brande-

bourg , &: Albert Duc de Bavière ; louis rendit au Roi Charles
ce que l'on appelloit les Enfeignes de l'Empire ; favoir,la fainte
Lance , les Clous , une partie de la vraie Croix , &: quelques
autres Reliques. Cette Lance devoir être la même que le Roi
Henri l'Oifeletir avoit retirée des mains de Rodolphe II Roi
l'an s>jo , &: que l'on prétendoit être la
; vers
Lance du Grand Conftantin > mais alors on croyoit que c 'étoit
celle dont le côté du Sauveur avoit été percé. Le Roi Charles

de Bourgogne

avoit promis de remettre dans trois jours ces Reliques à

Nu-

remberg ou à Francfort; mais

réfi-

dence

,

de quoi

la

Bohême

il

les

fit

porter à Prague la

eut grande joie

,

& où

il

en raflèm-

bla quantité d'autres.

La même année

Charles pria le Pape Innocent

VI

,

d'infti-

tuer une Fête en l'honneur des inftrumens de la Paflîon

que

le

Pape

lui

:

ce

accorda par une Bulle du treizième de Février,

HISTOIRE

ii



il

me

nous a

dit en fubftance

Lance

la laintc
les

Charles

:

,

Empereurs

& un des

Clous de

prédéceflèurs

(es

grande dévotion à ces Reliques ,
cours de peuple

;

Roi des Romains &: de Bohèqu'il a en fa garde

,

une Requête portant

fait préfenter

c'eft

la

&

pourquoi

Croix

comme

les

ont eus

qu'en ces quartiers-là on a

:

un grand con-

qu'il s'y fait

il

nous a fupplié d'ordonner

une Fête en leur honneur pour l'Allemagne tk

la

Bohême.

A

quoi ayant égard nous ordonnons que l'on célèbre folemnelle-

ment

tous

ans dans ces deux

les

Royaumes

nom

le

Vendredi d'après

avec un
par d'autres
compofé par des Prélats
Do&eurs au choix du Roi cV nous accordons à ceux qui le
jour de la Fête vifiteront l'Eglife où feront ces Reliques , trois
ans &: trois quarantaines d'indulgences ; &c cent jours pour la
Meflc &: chacune des heures de l'Office.
Le vingt-neuvième de Mai de l'an 1491 arriva à Rome un
Amlxiifadeur de Bajazet Empereur des Turcs portant , difoit-il
le fcr de la Lance dont on avoit percé le côté de Jéfus-Chrift.
Ce fer étoit auparavant dans le Trélbr des Reliques que Mahomet II avoit raflèmblées après la prife de Conftantinople. Il étoit
enfermé dans une Châife magnifique enrichie d'or avec un
cryftal monté fur un pied. Tout le Clergé l'alla recevoir en

l'Odave de Pâques une Fête au
,

de ces Reliques

,

&

Office propre qui fera

;

,

,

proceiiion depuis l'Eglife de Sainte-Marie-du-Peuple
Saint-Pierre

que
cet

le

,

&: le Pape

St Pere porta

événement

dit-il

,

,

y

affilia.

lui-même

croit avoir la

la Relique.

comme

la regarde

même

,

même

Quelques-uns

jufqu'à
affurent

Burchard qui rapporte

fort douteufe

à Nuremberg , &:

;

l'Empereur

,

Roi de France
favoir au Pape par
le

Sponde ajoute que Bajazet fit
que la pointe de ce fer étoit en France. Si l'on
en croit M. Baillet , le fer de la Lance étant demeuré à Conftantinople jufqu'à fa prife, &: étant tombé entre les mains de

à Paris

>

aufli

fon AmbaflTadeur

Mahomet II

,

Rhodes pour
prifonnier

;

,

fon
le

fils

Bajazet en

gratifier

de ce

fit

préfent au Grand-Maître de

qu'il retenoit

&: de Rhodes cette Relique paflà à

fon frère Zizim

Rome

l'an

1491 È

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.

i,

du Pape Innocent VIII qui en fit une Tranflation très-folemnelle dans l'Eglife du Vatican , où elle a toujours été gardée depuis. Mais cet Auteur ne donne pas cela

entre les mains

comme

certain;

fort

cette Relique

Lance

vraie

,

que pendant qu'on honoroit
on afluroit en Occident que la

ajoute

il

à Conftantinople

,

étoit toujours à Jérufalem.

De

de l'Empereur Baudouin un morceau de
dans la Sainte

fée

l'on afllire

On

que

Chapelle

-

,



elle

plus St Louis reçut

Lance qui

6c

;

à la féconde prife de Conftantiple, la

Croix que l'on dit que Conftantin portoit à
Palais

dépo-

eft

encore honorée

eft

à Rome.

l'autre eft

a vu qu'en 1104

,

la

de Conftantinople en

la

guerre pafla

du

pe

la

Croix

de Viaoite.

du Duc de Venife.

la pofleflion

L'origine de cette Croix vient de ce que fainte Hélène, en

mémoire du Signe de

la

Croix qui apparut dans

tantin pendant qu'il étoit en guerre avec

une

petite

Croix

(

que

l'on appella

Croix qui avoit touché

les

le

Ciel à Conf-

Maxence

de Victoire) de

avoit fait

,

la partie

épaules de notre Seigneur

,

de

la

& que les

Empereurs dans l'efpérance de la victoire avoient coutume de
porter avec eux à l'armée : Quia ipfam in fpem viclor'u Confueverant imperatorcs ad bclla defferre , comme le dit Baudouin , dernier

dans

que

Empereur de Conftantinople de
le titre

authentique par lequel

Maifon de Courtenay
fit don à St Louis ,

la

il

,

&

en

l'on conferve à la Sainte-Chapelle.

A Mofcou
Robe de

on prétend

qu'il

y a dans

l'Eglife

de Saboor

la

Jéfus-Chrift fur laquelle les Soldats jettèrent au fort,

De
m,

ja

Rol)e

s.

Les Mofcovites difent que cette Robe échut en partage à un
foldat Géorgien qui la porta dans fon pays, où il en fit préfent

que celle-ci qui en faifoit grand cas fouhaita en
fa Soeur
mourant qu'on l'enterrât avec elle &r qu'on les couvrît ce qui
ayant été tait , il fortit aufli-tôt de fon tombeau un grand arbre

à

;

,

:

:

que

les

Perfans s'étant enfuite emparés de la Géorgie

tendit parler de ce

tombeau, le

l'emporta en Perfè

:

fade en Mofcovie

,

fit

ouvrir

,

en

,

tira cette

le

Roi en-

Robe

,

&

envoya quelque tems après une ambafen fit préfent au Grand-Duc, parce qu'il

qu'il

&

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HISTOIRE

z4

étoit Chrétien

même Robe

que

:

les

Mofcovites voulant s'aûurer

firent aflembler tous les

,

autres personnes

,

fi

,

&

c'étoit celle

ne procurât leur guéril'on

elle

,

avoient fuivi leur efpérance

effets

c'étoitia

fi

boiteux

les

incommodées ne doutant pas que

qu'avoit porté notre Seigneur

que les

aveugles,

qu'on

:

:

l'avoit toujours

gardée depuis pour s'en lervir en pareil cas, &r qu'elle n'avoit

manqué de répondre

jamais
cela

comme

cette

à leur attente.

une vérité confiante

Robe dans un

lieu fcellé

Ils

affirment tout

&: gardent précieufement

,

du fceau du Czar ,

fans ordre

exprès duquel on ne peut la voir.

que fous le Pape Agaon prouva par le feu qu'un linge
le Linceuil , ou le Suaire dont 011

L'Hilloire Eccléliaftique nous apprend

Du
Saint-Suaire,

thon

environ l'an 678

,

,

qui avoit éré trouvé étoit

avoit enveloppé la tête de notre Seigneur dans

&

que fous

épreuve du feu
de

le linge

Apôtres

fes

En

1

mière

349

à

fois

C

le

,

,

le

nom

,

le

la

la

la Paflîon

ma

Véronique;

Ce

préfence.

par lefquelles

de Véronique à

on montra pour

& alors

la

font

une femme

Véronique

effective

fi

fignifie

l'Image

femme que

paroles de Henri

les

la

Suaire tous

(1)

Vide

conlolation

même

III.

les

Dimanches &c

Jo.

Jac.

fait

Mathieu Villani ajoute

on montroit

le

Saint-

toutes les Fêtes folemnelles

de

en-

que le nom de
Face , ainli nom-

lieu

de la fainte

des Pèlerins

Ckifflttii

moine

Peintres repréfentoient

une Sainte ; au

mée du tems du Pape Innocent
que pour

grande

perfonnes furent

femble montrer qu'on attribuoit

il

&

la pre-

c'eft-à-dire

la prefle fut

plufieurs
les

,

portant la fainte Face de notre Seigneur, &: dont on a
fuite

même

efliiyer les pieds

Suaire de notre Seigneur

de Saint-Pierre que

en

de Rebdorg

pour

s'étoit fervi

il

1).

Rome

l'Eglife

étouffées

dont

Dimanche de

l'Image portée par

dans

Sépulchre

le

Pape Benoît VIII, on avoit connu par

le

Linttu Stpulthralibus

Çkrifii

,

8c

Crifim

fiifioric,

qu'il

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.

ij

jufqu'à douze perfonnes écrafées dans

y eut quelquefois

qu'il

h preflè.
On

prétend que Jéfus-Chrift a

Vifage fur deux linges

,

dont

Abgarc Roi d*EdefTe

fent à

Véronique

appellée

;

première fut envoyée en pré-

femme
mené au Calvaire lui

féconde donnée à une

la

qui lorfqu'il

,

deux empreintes de fon

laiffé

la

fut

avoit prêté fon mouchoir pour s'efTuyer

Rome

religieufement à

fécond dans

Urbain

par

bâti

infcription

de Saint-Pierre

celle

VIII

,

&

morcum Jignum

Mais après une

,



ahare addidït

,

&

,

gardé

eft

&: le

;

un Autel

Veronict fttdario exceptant mar~

&

conditorium 3 extruxit

poflèflion de plufieurs fiècles

anciens appelloient l'empreinte du

icon

premier

l'on voit fur

dégrader cette Sainte du premier ordre
les

le

une ftatue de Véronique avec cette

Sa/vaeoris imaginent

:

;

dans l'Eglife de Saint-Silveftre

on

s'eft

ornayit.

avilé de

&: de faire voir que

,

vifage

du Sauveur

que quelques ignorans ont fabriqué delà

le

vera

nom

de

Véronique.
le morceau du Saint-Suaire qui eft à la Sainte-Chaon en montre à la Sainte-Chapelle de Vincennes à Argenteuil
à Saint-Corneille de Compiegne , à Chartres , à Befançon
à Milan à Aix-la-Chapelle , à Mayence à Saintà Turin

Outre

pelle

,

,

,

,

Gretfer

,

,

,

Jean-de-Latran
il

,

& à Sainte-Marie majeure, cVc. Sur quoi dit(i)

n'eft pas

étonnant de voir

le

Suaire ou

le

Linceuil

de notre Seigneur en plufieurs endroits y en ayant eu plufieurs
d'imités.

(t)Nba mirum
fuerint.

.

.

fi pluribut in loeis plura inveniri dicantur

Hujus modi facra

Pignora &

prototypo Sarpiùj expreffa

,

verum exemplar

cùm non

pojftdere ;

effigiatam kaberent

:

,

Lipfana

,

nifi

chm

rêvera plura
,

&

ex

imaginent ex primo Sudario vel Sindone

qui error omni culpâ caret

,

ckm

his qui. ad imitationem illorum adumbrata funt, tutus
honorttur»

,

ex imitatione auBa

occafionem dediffe pofterit , ut ftbi perfuadtrent fe

&

in primis

Dcus

,

Mis

,

Rcdemptor

&

in

nofler

HISTOIRE
Je ne dirai rien des

grande Châflè de
qui ne

Sninte-Cha-

le

dépôt.

Y avoit anciennement au

Louis-le-Gros vers

un Oratoire fous
Louis

le

jeune

,

joio

le

titre

,

Palais

Par

la

,

Chapelle pour en

de

Vierge

la

qui renouvella en

1

160 la

fix

par

&

,

fondée en 1154 par
dotation de la Chapelle
,

fait bâtir.
,

Louis

deux muids de froment de rente

Titulaire

être

une Chapelle fondée

fondation de la Chapelle de la Vierge

donna au
nefle

-

fous le titre de Saint-Nicolas

de Saint-Nicolas que fon père avoit
Preuv.

jeune

le

fur

muids de vin du Hautban du cru du Roi dans

Go-

l'Ifle-

aux-Treilles derrière le Palais, trente fols parif. de cens pour

&

luminaire

la

rendu pofleûeur des faintes Reliques,

s'occupa à faire conftruire la Sainte

Origine de
la

Te fut

il

11

font partie de

ne voulant rien avancer

,

revêtu d'autorités.

foit

Lorfque Se Louis

pelle.

autres Reliques qui

la Sainte-Chapelle

le

fervice de ladite Chapelle, &: toutes les Offrandes,

quand le Roi &: le Reine étoient enfemble, les
la Cour, le Chapelain de ladite Chapelle, & le
Chapelain de la Reine en avoient un tiers quand le Roi ou
ce n'eft que

li

Chapelains luivant

>

Reine y entendoit la Mefle fëparément , le Chapelain du Roi
ou de la Reine avoit moitié , &: le Chapelain de ladite Chala

De

pelle l'autre moitié.

ou

pintes

lelon

chandelles

Par

même

la

&

,

ledit

Roi

,

la

Reine

Chapelain avoit

,

mefure décimale, une

nouvelle dotation de la Chapelle de Saint-Nicolas

la

,

le

Prince donna au Chapelain deux muids de froment de
fix muids de vin fur la Treille derrière
ou à fon défaut fur le Hautban du Roi , dix fols
au jour de Noël de reditu Commenfalium } autres dix

rente fur Villeneuve
le Palais

parif.

Palais à Paris

un demi-lèxtier de vin qui valoit trois
toifè ou fix pieds de
deux deniers par jour pour fa cuifme.

en outre quatre pains

Prtuv.

plus, toutes les fois que le

au

leur lignée étoient

,

,

fpls parif. à

Pâques

nant que quand

le

,

&: dix

Roi

,

la

lois parif. à la

Reine

,

la

Pentecôte; ordon-

Reine mere, ou

les

Enfans

V.»

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2f

PLAN DE L'EGLISE HE LA SAINTE CHAPELLE HAUTE

-i
m

m

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I

DE LA SAINTE-CHAPELLE.
de France feroient à Paris

ledit

,

domo y un demi-fextier de vin
toife

de chandelles

i

&

deux deniers pour

,

17

Chapelain eût quatre pains de
fa Cuiline

>

une

toutes les Offrandes dans la proportion

convenable.

Voilà vraifembkblement l'origine des deux Eglifes qui cornpofent aujourd'hui
juger par

Bafie Sainte-Chapelle, a en

Haute &:

la

propres termes des Lettres de Fondation de ladite

les

Sainte-Chapelle de

l'an

&

1145

principaux Chapelains de

(0> q u '

JI 4^

de l'ancienne Chapelle de Saint-Nicolas 6V de
Vierge

la

dont

,

il

au

lieu

la

Chapelle de

la

mention depuis. Mais on ne voit
Reliques furent dépofées pendant

les

de tems qui s'écoula pour conftruire

de

aux

n'eft plus fait

point dans quel Oratoire
l'intervalle

affectent

Sainte-Chapelle tous les revenus

la

la Sainte-Chapelle

1x48, que

Chapelle de Saint - Nicolas jufqu'ert

lefdites Reliques furent dépofées à la Sainte-Chapelle.

L'Eglife de la Ste. Chapelle

étendue

régularité

&

gothique

la plus

correcle &r la

que fur de

ait

y

(i )

De

dune

parties

fes

,

,

qnoique

le

,

n'étant

confinfu quoque
,

cejjit

:

htteris

clart

nojiri pltniùs-

rum

,

&

contint tur

,

etdat in

&

exhauffé,

&

,

qui prtdiftt veterif Cape'ld noflr*

renuntfavit

exprefse

volamus

,

atavi nojtri

,

,

&

,

émoluments

& Régis

&

oblationi,

peut in

Ludovici proavi

augmtntum quinque Cape liant arum pudiâa-

ut inter prtdiàos principales Capellanos aqualittr dividantur.

(1) Brantôme rapporte avec admiration

monté

font

foutenùes d'aucun pilier

Presbyterorum in mijps venientibus

memorU Rrgis Ludovici

femble

elle

toncedimus quod totum illud beneficium cum omnibus tjus proventibus

bus ad manus

Sainte-

lautre. (2) (Pl.)

Matfuù Presbyteri

cui Jpontaneus

la

Chapelle,
a toute la

voûtes en

les

Defcriptîon
<*e

l'Architecture

vauTeau en foit àflèz

deux Eglifes l'une fur

bénéficiant obtinebat

>

des

grande

fort

elle

demander
mieux entendue

fbibles colortnés

d'une hardiefle furprènante

dans œuvre

eft vrai,

toute l'élégance, que peut

n'être fondée

qu'il

.

il

mais à confidérer toutes

,

&

une dés plus hardies

ert

plus admirables; elle n'eft point,

fur

un Rouflin qui

fe

nommoit

comment

le Réal

,

le

Duc dé Nemotir*

defeendoit au grand galop

D

x

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HISTOIRE

*8

La

charpente

hardies de Paris.
faits

depuis

le

pour une des plus

paflè

Le clocher

&

la

grand embrafèment de

quarante pieds de haut. Le clocher
Paris.

La

11

le

&: des

plus

La couverture

1630.

a

un des plus haut de

eft

&

remarquable par fa ftru&ure

eft

Cuvette avec

belles

couverture font des ouvrages

par fa délicatefle.

deflbus a quinze pieds ; de la Cuvette à la

la grande CouCouronne à la
boule quatorze. La boule peut contenir un muid d'eau &: la
Croix a neuf pieds. On a ménagé* fur les voûtes un réfervoir
d'environ quatre- vingt muids qui fe remplit des eaux du Ciel ,
lorfqu'il eft plein fe vuide à volonté par un robinet qui les
laillè couler par un tuyau de plomb, d'où elles vont fe perdre
dans la Cour du Palais. Le Clocher panche, il eft vrai} mais
ce défaut vient de l'exécution du travail
non du deflîn j
c'eft une charpente pendante en cul de lampe, qui porte à faux

grande Couronne

ronne à

il

petite

la

y a vingt-fepc

vingt-quatre

;

de

pieds

de

;

petite

la

,

,

&

&

,

fur fes abouts

& enrayures &

du comble de

l'Eglife

dans

les

autres Eglifès.

maintiennent

eft

,

au

le

placée fur

lieu d'être

U

les

maitreflès fermes

po/ée fur des tirans

,

comme

entouré de huit chandeliers qui

eft

comble , lui fervent daflemblage ,
que de fervice.

&

lui

appor-

tent plus d'ornement

Le Clocher renferme cinq

&

tons

notes de Sol, Fa,

cloches qui furent fondues fur les

&

Mi, Re, Ut,

bénites en

1738

au mois d'Odobre.

La

première

pelé 764

nommée Marie -Louife

La féconde Louife

me

les

la

- Elifabeth,

Dauphine, pefe 537

degrés de

Tournois,

par

le

Roi

& la Reine,

1.

la Sainte-Chapelle.

les

Joûtes

& les

par

M.

le

Dauphin &c Mada-

1.

On

fait

que

les

Combats

Tours de force étoient

les

à la Barrière , les

amufcmens

ordinaires

de ce tems-là.

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
La

troifieme Anne-Henriette-Louife

de France
pefe jSi

&

,

M.

d'Orléans

Henriette

premier Prince du Sang

,

1.

La quatrième

Marie-Adélaïde-Louife-Philippe

Adélaïde de France,

164

tres,

Duc

le

i9

Madame

par

,

Madame

par

,

& Louis Philippe d'Orléans, Duc de Char-

1.

La cinquième Anne Aymard par M. de Nicolaï
Préfident de la Chambre des Comptes 6V Madame la
,

,

,

de Fleury, pefe 145
On remarque les
fbnne

l'on

remuent

temps qu'elle

vement

du

&

fembloit

ne

la

ne

je

faire

renverlat

,

cela eft

on peut

,

d'après quoi Rouil,

dans

les

que
au point que
craindre

la

premiers

en

mou-

moindre

injure

continuellement

ouvriers

les

,

qui

furent contraints de s'ab-

,

pour un temps du pays , dans

fenter

que lorfque

j

pointe du Clocher

la

fçais

étoit

,

avoient travaillé à fa conftru&ion

fi

&

Sainte - Chapelle

la

&r

,

Ciel

,

grandes Fêtes

Croix

la

,

bâtie

fut

de

jours

fenfiblement

a avancé que

lard

1.

Cloches

les

premier

Ducheflè

la crainte d'être punis

dire qu'elle a pris

:

une confiftance bien

merveilleufe.

Quoiqu'il en

d'un grand nombre de Monumens de piété

foit

n'en

de

la Sainte-Chapelle

dit

eft

que

& de

point de plus beau

il

de

Paris.

la Sainte-Chapelle eft le

que Saint Louis

ait fait bâtir, le

plus fuperbe

Ce bon Roi ayant

les

monts.

fini

&

une dépenfe coniidérable ,
les

que

celui

Chef-d'œuvre de tous les Temples

deçà

de Notre Seigneur,

plus magnifique

M. Ogier, dans fes panégyriques,

recherché

voulut ériger un trophée digne de

le

plus magnifique

avec un foin in-

&

de fon triomphe j

combats

& des glorieufès

victoire j

les

,

inftrumens de la Paflion

les

armes de fa

&

dépouilles remportées fur les ennemis.

En

tout

il

faut

avouer

,

que

la

piété

de Saint Louis a été

heureufement fécondée par Pinduftrie des Archite&es; on peut

même

dire qu'ils ont furpafle la portée de leur fiècle

,

puifque cet

HISTOIRE

*o

ouvrage
femble

fait

encore l'admiration des connoifïètirs du prêtent.

même que quelque main plus qu'humaine

ait travaillé à

II

ce

fuperbe monument.
Saint Louis employa pour la bâtiflè Pierre de Montreau,
ou de Montreuil , fameux Architecte de fbn temps dont
on a encore d'autres ouvrages recommandantes par la délicateflè
Se la folidité tels que le Réfectoire &: la grande Chapelle de
,

,

la Vierge de

beaucoup

l'Abbaye de SaintGermain-des-Prés

en étendue 3c en beauté à

inférieure

,

la

qui n'eft pas

Sainte-Cha-

pelle.

Le Nécrologe de cette Abbaye nous apprend qu'il mourut le
de Mars de l'an 1166. 11 eft inhumé avec Agnès fon époufe
dans le chœur de ladite Chapelle , où l'on voit encore fa Tombe
fur laquelle il eft repréfenté avec une Règle &: un Compas à
la main avec cette Epitaphe
17

e

:

F/os plenus

morum ,

vivens doSor latomorum

Mufierolo natus jacet hic

Quem Rex Cœlorum
Chrifti tniîltno

Cum

,

centeno duodeno

bis

quinquageno quarto

L'Enquête de

la

decejjît in

mille

liv.

forte

qu'avec près de cent mille

d'aujourd'hui

retirer les Reliques

narque

,

;

&:

vement à

elle

bâtir des maifons

Après avoir parcouru
Chofes

la

valant plus de huit cents

,

à faire bâtir la Sainte-Chapelle

,

liv. qu'il

que pour orner

trois millions

fit

anno.

Canonifation de St Louis porte qu'il dépenfa

plus de quarante mille Hv. tournois

a près de

,

Parus tumulatus

perducat in alla Polorum

les Chattes.

Le tout

l'édifice

la

commodité

de

partie de l'Architeâure

de

revient

porte en outre , que ce Saint

pour

;

en coûta tant pour

Mo-

des Chanoines.

la Sainte-Chapelle relati,

tout curieux Obfèrvateur

fur les figures du Portail , que les Hermétiques
> mettent au nombre de ceux fur lefquels après de profondes

remarquables, s'arrêtera

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
réflexions

,

&c de ldngues recherches;

perfuader avoir trouvé ce Qu'ils

cherchoient.

y

félon eux, chargé d'Hiéroglyphes; &r

Il eft-,

un grand rondement fur deux Anges, dont
dans une nuée
l'autre dans un pot.

On y

Font fur-tout

met

a repréfenté le Jugement dernier; &r furie

gneur béniftant de

.-•» à

Cette Statue

la

main

l'inftar

eft

que

différence

main

fa

celle-ci

droite,

de

tient

de

livre

la

au

Cathédrale

,

avec cette

de globe. Les Pro-

lieu

Dans le bas on
Armes de Caftille, par

phètes font fculptés dans le fupport.
fleur-de-lys entremêlée

avec

les

qui

& tenant un globe de la gauche.

celle

un

pilier

une Statue de notre Sei-

deux" battans de la porte, eft

les



ils

l'un

&

,

fépare

jr

font venus à bout de fe

ils

voit la
allufion

à Blanche mere du Fondateur.

Le dedans de

l'Eglife n'eft pas

moins curieux.

(Pl.)

On

voit

quatre arcades qui en occupent toute la largeur jufqu'au rond-

en a

point qui.

fk dont
les

les

beaut*

,

Elle eft éclairée de vitraux féparés par

lacis variés

trois

ou quatre

font fort beaux

d'un ton clair-oblcujr

vitres

comme

fept.

ou jambages de

des trumeaux

&

,

pieds feulement,

quoique gothiques ;

peintes de toutes couleurs

dans toutes nos anciennes Eglifes , (ont d'une excellente
de la variété
à caufe de leur prodigieufe hauteur,

&

des couleurs amalgamées, &c

fi

vives qu'elles

tout récemment des mains de l'ouvrier
.

fembknt

fortir

delà l'ancien proverbe

»

vin de la couleur des vitres de la Sainte-Chapelle

:

on y a repréfenté

dans des efpèces de cartouches en cbaflîs de différentes formes
du Nouveau Teitament
le^
des traits d'hiftoire de l'Ancien

&

verre'

que

l'on

jufqu'à prêtent

a employé

aux injures de

»

d'une

eft

telle

force qu'il a

pluiieurs fiècles. Au-deftus de la

porte d'entrée efL une grande croifée en forme de rofe
remplit

toute

rcpréfentées

On

les

la

largeur

vilions

du

&

réfîfté

vaifTeau

,

,

qui

&c fur laquelle font'

de l'Apocalypfe.

voit à gauçhe dans la nef

un morceau de

fculpture très-

J

HISTOIRE

3t

eftimé
C'eft

&

,

qui paflè pour

un modèle en

chef-d'œuvre de Germain Pilon.

le

terre cuite

de

la

Notre-Dame de Pitié que
du Roi cette Vierge

l'on conlèrve dans le magafin des marbres
eft aflife

la tête voilée

,

&

,

On

particulièrement admirable.

en étoient trop
trop longs

les

,

belles

mains

les

La

,

,

les

en

tête

a cru remarquer que

&: trop délicates

,

pieds trop grêles

;

croifées.

les

doigts des mains

trop fimple

la coëffure

eft

mains

&

,

la,

robe trop ample.

La

voir

fait

l'Eglife

,

qu'il

fur les trumeaux autour de
du tems de la conftru&ion de

Apôtres placés

des

figure

l'Eglife

,

font

s'ils

y avoit dans ce tems-là quelque goût de

deflin

;

quoique anciennement on ne voyoit dans nos Eglifes aucune
ftatue de Saints

tenté

de

mais feulement au Portail

,

que

croire

un ornement

c'eft

d'où on feroic

:

plus

moderne que

l'édifice.

La nef eft entourée d'un banc de pierre faifant partie de
même. Jadis on ne mettoit point de fiéges dans les
,

l'édifice

Eglifes

,

foit

que nos pères

foit qu'ils n'aient point

que ceux que

l'on

que nous

fuflent plus mortifiés

imaginé de ne

rançonne pour

laiu*èr prier

être difpenfés

de

à leur

,

aife

fe mettre

à

Il y a lieu de croire que les perfonnes âgées ou infirmes fe faifoient apporter leurs fiéges on pourroit même préfumer que c'eft pour ces fortes de perfonnes que l'on avoit
formé les bancs de pierre que l'on voit autour de quelques

genoux.

:

anciennes Eglifes,

de

la

Boucherie

magne

,



,

comme

à la Sainte-Chapelle , à Saint-Jacques

&c. &c prefque dans

toutes les Eglifes d'Alle-

l'ufage des fiéges n'eft point encore introduit.

Rien de plus indécent que de vendre ou de louer des places

à

l'Eglife.

En

&

Angleterre

Temples fans aucun

frais

,

en Hollande on

eft affis

dians , par des Quêteurs , ni par des Loueurs de chaifes

non-Catholiques nous donnent un bel exemple à
étions a(Tez raifonnables

dans

&: fans être interrompu par des

&

aflez défintérefles

;

en quoi

fui vre

pour

, fi

les

Manles

nous

cela.

Ceux

-

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
Ceux qui ont quelque connoiflance de

l'Hiftoire

n'ignorent pas que l'ufage des bancs dans

que par

introduit

diôerens tems

comme

,

monumens de

venue du Meffie ,

&

,

&

bancs font

les

depuis cette époque

Chrétiens

les

Il

eft

avant la

foit Juifs

,

cherché leurs commodités dans nos Temples

jamais

reliés

l'avarice des Fabriques.

peuples foit idolâtres

les

n'a été

a voulu réformer cet abus en

nuis l'ufage a prévalu

autant de

que tous

certain

On

cupidité.

de l'Eglife

les Paroifles

n'ont

,

ou dans

,

aux idoles > les lièges , les oreilnon pour
pour y pofer les idoles
fervir aux Aflïftans dans les Temples. Quand il fut permis de
bâtir des Eglifes &: des Autels à Jéfus-Chrift , on y étoit debout*

ces édifices fuperbes confacrés
lers

s'il

trouvoit quelques lièges

s'y

qués contre

pu fient

les

murs,

s'y repofer.

que

afin

un célèbre Auteur de nos

voir tous

étoient de pierre, prati-

ils

,

infirmes &c les convalelcens

les

Voilà quels étoient

& l'intérêt ont écarté

molleflè
dit

&

les tapis étoient faits

,

les

les

premiers ufages.

bienféances

jours, ce qui

me

j

La

ce n'eft pas tout

feandalife

c'eft

,

de

jours des perfbnnes de tout fexe, de tout âge , de tout

les

rang prendre une chailè pour entendre non pas uneGrand'Meflè

commence,

mais une baflè-Meflèj on

la

trou ; cet inllant pafle

font

toujours
le

il

,

ils

non mais

?

s'agenouillent àl'I«-

ils

julqu'à la Préface, ôc prefque

faut qu'une fonnette les avertiflè que l'on

Corps de Jéfus-Chrift

terre

aflis

fur le

moment

à genoux

mettent

bord de leur chaife où

font tant foit peu appuyés
ces jufqu'au

le

ils

i

de

y

après cela

quart d'heure qu'a duré cette Meflè

,

:

parler de nouvelles

,

ce qui
n'eft
les

ou

,

s'entretenir

Comme

au culte Eccléfiaftique

eft

par permis d'affermer

Egbfes

ou

fort indifférentes.

,

puifque

c'eft

,

le droit

comme

fi

Pendant

font-ils fortis

voit debout pendant, des heures entières dans

inutiles

à

genoux
le

n'ont fouvent fait autre

chofe que caufer ou prendre du tabac

ques

eft-ce

reprennent leurs pla-

ils

ils

;

leurs

bénédi&ion.

la dernière

va élever

il

les

,

on

les

places publi-

au moins de chofes

eft

défendu d'affermer

on peut en conclure

qu'il

de louer des chaifes dans

on afièrmoit

le terrein

E

de

f

HISTOIRE

i

Chambre

des Comptes

verfo , on voit que dès ce terns*
, fol. 5
y avoir des Orgues à la Sainte- Chapelle. Voyez l'Ordonnance de ladite Chambre au 18 Août 15 14
31 Janvier 1666 ,



il

&

gages de

concernant

les

Mai

regiftrées

15 61

nant

,

le détail

à

&

l'OrganiUe

la

du logement

Chambre
aflfèclé

Lettres-Patentes

du 6

11 Juillet 15^3, concer-

le

à l'Organifte dans la

Cour du

Palais.

Quelques perfonnes ont prétendu que
Chapelle n'étoit point propre à

pour raifon

qu'il

eft

la

vaiffèau de la Sainte-

le

Mufique

,

&

en donnoient

trop ouvert &: trop garni de vîtres, qui

Cependant on y a louvent entendu une Mufil'on y ait eu de meilleurs Muficiens
, (oit que
teins que dans d'autres , foit que cela vint du

caftent la voix.

que

bonne

aflTez

dans certains

momentanée

de l'exécution

talent &:
l'habileté

des Muficiens

foit

,

de

&: de la compofition des Maîtres de Mufique tout

,

enfcmble , qui favoient s'accommoder à l'incommodité du vaiffeau.

L'on

& Platel
On

,

Fanton

,

plailir

du Chœur;

Nef que deux

fur

de notre Seigneur &: dont

ovale &r

Dans

,

Lacroix

petits Autels féparés

par

difFérens repréfentans la

du milieu

celui

,

de forme

principal, a 18 pouces fur 11.

le

le

&: l'on citera tou-

chacun de ces Autels, on remarque un

Tableau d'émail formé de cartouches
Paflion

,

Syonnet, Doriot, Malines

&rc.

ne voit dans la

la porte

encore avec

fe rappelle

jours le tems des

Tableau qui

eft

à droite, on voit

le

Roi Henri II,

cV la Reine Catherine de Medicis, tous deux en habits royaux;

&

dans celui qui eft à gauche , le Roi François I &r la Reine
Eleonor fon epoufe, fœur de l'Empereur Charles Quint.
Ces deux morceaux de Léonard Limofin, Emailleur, Pein,

tre ordinaire



de

la

l'on travailloit

étoient excellents

;

Chapelle du Roi

,

furent faits en 1553

,

temps

&

beaucoup à ces fortes d'ouvrages ,
où ils
ce qui fait que les pièces de ce temps-là font

encore fort recherchées des Curieux. Si
d'une correction parfaite, &c

tel

le deflin

qu'on pourrait

n'en
le

eft

pas

délirer au-

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DE LA SAINTE-CHAPELLE.
jourd'hui

coloris en

le

,

& de plus vif en

de plus beau

ce genre de travail, &: ces pièces

font d'autant plus précieu fes, qu'il ne s'en

pour

grandeur ,

la

Autour de
&T

dre, dit

&

qu'il prit

\

Ravaliere

la

,

devint

avoit pris avant lui

que pour ce qui

eft

on

lit

la

la

Salaman-

commun

au temps



étoit ordinaire

nudrifco il buono

t

& fon
& lui

punir

e

Comte d'Angoulême,
fymbole de

le

il

au

elle étoit

fpengo

il

reo ,

en

il

il

,

&

avoit vu une

de cette manière:

Italien

par où

pere de Fran-

Salamandre

la

de l'ame de cette devife,

médaille de bronze, où

marquoit

fa -bonté

équité qui le rendoient libéral envers les gens de bien
fai (oient

les

méchants.

D'autres difent, que la Reine

Anne ayant

quelques femmes à la Cour, François

mière

II

bâtie.

Paradin croit que Charles ,

pour

&: dont

,

ou fymbole de

une preuve que ce fymbole

temps qu'elle fut

,

de Henri

des Croiflants,

,

&r plufieurs médaillons de la Ste-Chapelle

fe trouve, eft

çois I

H D

les

pour fymbole

extingo. L'allégorie

M. l'Evéque de

de St Louis

plus de pareilles

fait

composition générale qui s'y trouve.

de François I, avec des Arcs

Salamandre

la

devife nutrifco

la

Tableaux, on apperçoit

ces

LF

à côté de

&

j?

revanche a tout ce que l'on peut voir

les

attirer.

y

Jufque-Ià

elles

y

introduit la preI

n'épargna rien

alloient rarement;

on ne

les

encore y étoient-elles en petit
changea cet ufage , remplit la Cour de fem-

y voyoit qu'aux

grandes Fêtes

,

nombre; François I
mes &: prit pour fymbole une Salamandre qu'on dépeint au
milieu des flammes, comme ne pouvant vivre autrement,
De-là on paflè dans le Chœur , où l'on voit encore des Henri,

Diane,

c'eft -à-dire les

HD

au-deffus des hautes ftalles

,

ceux de

de. Poitiers,

Anet

la

,

I la fit

Du-

&

Gouvernante de Henri II , qui lui fit enmtla au Château de Madrid fes chiffres avec

&
&

Reine

la boiferie

monuments de la
femme de Louis

grand Sénéchal de Normandie. François

cheffe de Valentinois
fuite bâtir

avec des Croiflants fur
ce font autant de

pour Diane

paffioa de Henri II

de Brezé

;

les fiens

:

au Louvre

même

il

entrelaça fei

HISTOIRE

j?

H

avec

Cors

D

les

de

des Chiens

,

Diane

fa

prefque

;

C roi liants

des

,

partout

y fema des

il

des Cornes d'abondance.

,

en ufa de même dans toutes les médailles qu'il fit frapper au
Moulin» toujours des Croiflancs avec des H, &: cette devife:
doncc totum impleat Orbem > en attendant le rond parfait.

Il

La fameufe Diane mourut en 1566,

de 66

-âgée

ans. Elle eft

femmes de fon eipèce pour qui on ait frappé des médailles; l'Etoile dit avoir vu la médaille en cuivre

peut-être la feule des

M. de Trudaine a eu

de cette Duchefle, &c
en argent

la pareille

qui

,

nom

de Diane de Poitiers avec fon

Vakntïnorum

fous la figure de Diane

de chafle

,

le

omnium

,

avoit fçu le défendre de

bufte

Dux

elle

Dieu de l'Amonr

viciorcm vici

fes traits.

eft

repréfentée

eft

charte des Dceflès

plus

la

foulant au pieds

pour exergue

les

,

le

&: fa qualité: Diana

fur le revers,

&c

clariffima;

dans fon cabinet

D'un côté

eft très rare.

;

,

en habits

,

avec ces paro-

pour marque qu'elle

On nefçait trop à quelle occafion

cette médaille fut frappée.

A

la

Ste-Chapelle de Vincennes

avoit transféré
fe tenoient

encore

le



que dans

à

la

l'on

la

Chafle

,

de Paris
peints

milieu

les

dont
eft

&c fur

les

,

la

les ftalles

II

qui

,

mer , on

lorfqu'il

,

voit

recevoit

du Chœur

des anciens Chevaliers

,

on trouve comme
les CroifTants que

,

HD&

en grand fur

la

voûte

,

portoit le

marqué du

fervoit

M.

donneut à

Peintres &: les Poètes

elle

du Chœur, fous

d'Orgues donné par

& qui

que Henri

&: entre-

en plufieurs endroits avec des Flèches &c des Carquois

ancien Calice qui

Au

,

dépôt des Archives

le

aullî

tous ornements que

de

Trône

d'aflemblée

falle

Sainte-Chapelle
apperçoit

lacés

l'on fçait

ce Prince

fervoit à

fur ce

;

la

aujourd'hui

eft



dans l'origine au mont St Michel de

Trône qui

quelque Chevalier
ainfi

,

aflèmblées des Chevaliers de St Michel

les

Fleuriau

nom.

On y

la

Déeflè

voit aufli

un

CroifTant.
le Pupitre,
,

eft

un

petit buffet

Tréforier de la Ste-Chapelle

anciennement à accompagner

les

voix

,

les

jours

de muftque.

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