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Nom original: mondeprimitifana03cour.pdfTitre: Monde primitif : analysé et comparé avec le monde moderne ...Auteur: Court de Gébelin, Antoine, 1725-1784

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John ^VîraniB
IN

THE CUSTODY OF THE
BOSTON PUBLIC LIBRARY.

SHELF N°

'adams

MONDE

PRIMITIF,

A'NALYSÈ ET COMPARÉ
L

AVEC

3LE

MONDE MODERNE,
CONSIDÉRÉ

NATURELLE
DE LA PAROLE;

DANS

L'HISTOIRE
o

u

ORIGINE DU LANGAGE
ET DE L'ECRITURE.
Si quid novifli reclius his

Candidus impertï

:jl

non

,

his utere

,

mecum.

» Si vous connoiflez quelque chofe de mieux, daignez nous en

m

foire part

:

(mon confentez de

faire ufoge

de ceci avec nous.

Ho RAT.
U.

I

1
,

t^

j

^b

n

rr-M- ^sa.-

,

r

mr-

Epijl.

VI.
I

>

MERCURE CONDUIT PAR

1/

.AMOUR

T:.ajnt..: »r

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R-;

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enricÂit,

J..v FctM

./•

/<i

Terres.

/'Mi/n-it tt ,/•

/'/«l.'ar

.

MONDE

PRIMITIF,

ANALYSÉ ET COMPARÉ

AVEC LE MONDE MODERNE,
CONSIDÉRÉ
DANS L'HISTOIRE NATURELLE-

DE LA PAROLE;
u

o

DU' LANGAGE
ET DE L'ÉCRITURE;

ORIGINE

AVEC UNE REPONSE A UNE CRITIQUE ANONYME^
ET DES FIGURES EN TAILLE-DOUCE.

PAR

M--

COURT DE GEBELIN,

De la Société Economique de Berne &
,

A

de l'Acad.

Royale

de la Rochelle,-

PARIS,

L'Auteur, rue Poupée, maifon de M. Boucher, Secrétaire du Roi.
Boudetj Imprimeur-Libraire, rue Saint Jacques.
^,

J

Vaileyre l'aîné, Imprimeur-Libraire, rue de la vieille BoucleriezVeuve Duchesne, Libraire rue Saint Jacques.
Saugrain, Libraire quai des Auguftins,
Ru au lt, Libraire, rue de la Harpe.,

,

PU-

D C C- L X X

V,

AVEC APPROBATION ET PRIVILÈGE DU

RC

<

AOAMS 10-

I

PRÉLIMINAIRE."

iïj

que ce dérangement, donc nous avons déjà expcfé les caufês,
puifque ces Volumes n'étant pas
n'en eft pas un dans le fait
de tel ordre qu'on voudra leur
fufceptibles
numérotés, ils font
,

donner. Ajoutons que

le fuccès

&

des premiers

pendans, nous préparaient plus de fecours
'

&

des plus indé-

de

facilités

pour

ceux qui étoient plus difpendieux &; qui tiennent plus étroitement, comme celui-ci , aux grandes malles de notre Plan.

A

cet égard

,

nous n'avons qu'à nous louer du fiécle dans
les deux premiers Volu*

lequel nous avons l'avantage de vivre

mes ont
rager

manière

été accueillis de la

les Savants les plus diftingués

:

;

la plus
,

propre à nous encou-

pleins d'indulgence pour'

que nous pouvons dire d'heureux &
d'utile, qu'à des erreurs inévitables, nous animent à perfévérer
dans notre entreprife plus de Nations y prennent part.

nous.

Se plus attentifs à ce

;

Un Ministre
îume

,

pour

,

Sciences

& pour les Arts que par les Dignités

veut bien devenir

tré dès avantages
s'il

'

que tous

étoit bien exécuté

une

amour

un Miniftre plus connu par fes vertus &c par fon

les

revêtu

auquel nous defirions pouvoir dédier ce vo--

, il

le

ies

dont

eft

Peuples retireraient de nôtre Plan-

&

par

ne tient pas à

lui

vient lui-même à notre fecours

foufeription généreufe

il

Protecteur de cet Ouvrage. Péné-

&

inattendue,

il

;

'

que nous n'avancions avec autant de confiance que de fuccès
dans une route que la Providence femble nous avoir tracée elle--

même*- Ainfi ce que nous
rîous

publiâmes notre Plan

n'ofions qu'efpérer dans
,

M. Bertiiï

tems

le

^AAi~ *^
/

l'exécute.

Liés plus que jamais à notre travail, nous redoublerons nos efforts:

nous reclamons en conféquence plus instamment encore

lumières des Savans
aidés pour conduire

,

les

convaincus que nous ne faurions être trop

aune heureufe

fin,

une entreprife

L-empreiTement avec lequel nous avons

profité-

auflî vafte,

dans ce
a:

'i

Vo-

D

tv

UR

O

I S C

S

lume des fecours que nous avons trouvés dans
dans

les

les

Ouvrages

Bc

lumières des Savans du premier ordre, fera pour eux

nous ofons du moins nous en

un motif

flatter,

pour

efficace

,

les

difpofer à nous mettre en état de fournir notre carrière avec plus

de fuccès que nous n'avons pu

faire jufques à préfent

rons avec autant de reconnoifîance que de

nombre de nos Correfpondans
.cueillir

avec de

pareilles

-

y

&;

ils

plaifir

nous ver-

:

augmenter

le

nous verront toujours ac-

voudront

difpofitions, tout ce qu'ils

bien nous communiquer. PuiiTent-ils y être portés avec.plus de
zèle encore par l'intérêt qu'ils trouveront dans ce

me,

qui

fait

une partie

auflî

nouveau Volu-

considérable que curieufe de fHiftoire

.Naturelle de la Parole.

Le

détail

dans lequel nous fommes entrés fur

Hiftoire Naturelle, à la tête de la

Grammaire Univerfelle

Comparative, nous difpenfe d'en parler actuellement
reite

donc qu'à tracer

Volume

,

ici l'efquiflè

&c

ne nous

il

:

légère de ce que renferme ce

Nos

en cinq Livres.

divifé

de cette

l'utilité

Le.&eurs pourront juger par

cette Analyfe des avantages qu'on en peut retirer, des difficultés

que nous avions à vaincre

,

des fecours que nous avons eus

pour y parvenir.

ANALYSE DE CE VOLUME.
Premier Livre.

>•

•*H*\

0^

L'ART ETYMOLOGIQUE
peu connu

,

6c

fondamentales de nos recherches

;

car

mier Livre

:

cet

Art

fi

du pre~

eft l'objet

cependant une

-des bafes

n'exifre point

s'il

d'Art

Etymologique v fi les recherches de cette nature Jont des chimères ou h* elles ne peuvent être alïujetties à des principes certains,
,

tout notre travail à cet égard
fallu

avant tout

,

fixer les idées

afin d'éclairer par ce

moyen

efl

abfolument

qu'on doit

notre marche

inutile

:

il

a donc

fe

former de cet Art

,

de ralTurerceux qui



P

L

I

MINA IR

deHrent que nous ayons raifon
le

mieux combien

difions

de confiance
faufTes idées

,& de

;

convaincre ceux qui fiivent

de s'égarer dans une route où

& de

environné d'écueils

efl fans ceffe

Nous

eft aifë

il

v

E.

en quoiconfiile cet Art

-,

pourquoi on y a

quelles caulés avoient nui à fa perfection

on en

avoit.

Venant

en-fuite à ce

nom

nous donnons l'Etymologie de Ton
avantages qui réfultent de cet Art

qui

le

-,

peu

fi

quelles

conflitue

nous indiquons

;

nous en expofons

;

l'on

ténèbres.

les

prin-

les

cipes; nous traçons la route qu'on doit tenir dans fa recherche
les régies

qu'on doit

on

à laquelle
gies
II.

s'y

prefcrirej 6c nous faifons voir

s'élève par le

moyen de

ces principes

&

,

certitude

la

de ces ré-

qui excluent tout arbitraire.

,

Liv.

A L'Art Etymologique fuccede l'Analyfe de I'Instru-

Vocal

MF.NT

cet Infiniment, organe de la parole &z dans le*

:

quel elle puife fes
des idées nettes

&

Elémens

,

dont

il

faut par

nes dans leurs caufes, dans leurs effets

On

voit

l'homme

ici

que

la

,

dans leurs divers raports.

parole vient d'une origine célefte

en foient phyfiques ou naturelles

les caufes
;

conféquent avoir

exactes, afin d'en pouvoir fuivre les Phénomè-

que tous

les

j

quoique

,

qu'elle naquit

Elémens en font contenus dans

avec

l'Infini*

ment Vocal.
la conno'nTance de ces Elémens, on confîMéchanifme de cet Inflrument, le jeu des Poumons
de la Trachée- Artère, du Larynx de la Glotte de la Langue ,
des Lèvres on dit un mot des fyflèmes inventés pour rendre

Afin de parvenir à

dere

le

,

,

,

:

raifon de ce
Il

falloir

Méchanifme.

ne fufhToit pas d'avoir expofé
fur- tout rendre raifon des

avoit aperçu ,qu

il

le

pouvoir peindre

i'Inflrument Vocal

$

&C

comment

Phyfique de

moyens par

il

Cqs

la parole

lefquels

;

il

l'homme

idées par le fecours de

étoit

parvenu à

lier

toutes

&

D

vj

ces

choks: mais ceci

UR

O

I S C

S

intelligence qui fait qu'il peint des idées

maux ne peuvent exprimer que
dans l'homme

qu'il exifte

qui
eft

-,

& que

-,

néceffaire &c

,

trois fortes cîe vies

commune avec les plantes
commune avec les animaux la vie

la

j

On

immédiat de catte

intelligente

intelligence

voit alors

végétale

la vie

-,

de

,

la

,

lui

lui

eft

eft l'effet

,

même

l'effet néceflaire 6c

,

qui

qui

,

ani-

les

vie animale

l'Art de peindre les idées par la parole

eue toutes nos fenfations iont

à cette

,

tandis que

des fenfations.

lui eft

propre

l'homme

tient à l'intelligence de

manière

immédiat des

o ganes du Corps.

Comme

nous n'avions trouvé dans aucun Ouvrage

dift'nction

lTentielle &c

déterminer

la

fondamentale

,

fans laquelle

différence précife qui règne entre

cette

,

on ne peut

l'homme &l'a-

n'mrd, nous ajoutâmes qu'on avoit trop négligé ces obfervat'ons, toutes

l'sme,

&

les fois

qu'on avoit voulu déterminer

animaux. Mais depuis

lors

&

fectionner notre travail, nous avons trouvé

dans un Ouvrage trop peu connu malgré

nous aurions

cité

avec empreffement

4

du Do&eur QuesNAY, cet

:

vient d enlever aux connoiflànces humaines

Amis; en
&: p'ein

de

celles

d'une

&

,

que

autoriré pro-

l'Economie Ani-

homme
,

principes

que

à la fociété

la

mort

,

à fts

qui nous regretterons toujours un Philofophe profond

d'aménité

noiffance

célébrité

c'efl

excellent

pour per-

mêmes

les

fa

faire

comme une

pre à donner un grand poids à ces vues
,

nature de

par une fuite des dépouilîemens

de Livres en tout genre que nous ne ceflbns de

male

la

chercher en quoi l'homme différoit à cet égard des

-,

,

un

avec quel

Ami

plailir

zélé 6c digne

d'une perfonne dont

fo's

fembloient

les

converfations nous ont plus

affermi dans nos recherches,
les

de toute nctre recon-

n'aurions-nous pas apuyé nos vues

moins analogues à

{qs

même

fur.des objets qui

études ordinaires

,

tels

que

LIMINAIRE.

PRÉ.

Elémens de l'Initrument Vocal

les

Théorie

hommes

vie d'intelligence

ils

,

,

outre

wtf

avoit bien aperçu la

ont donc en eux non-feulement

& les fecours néceflaires pour

me

les

animaux mais encore

les

5

peindre leurs fenfations

moyens

,

com-

néceflaires pour peindre

La peinture des idées étant ainfl
de Pexiftence humaine , elle

prefqu'inutile.

une

partie effentielle 6: néceffaire

dut

fe

déveloper fans peine &fins effort,

naturel à

les orga-?

de cette intelligence, fans lefquels cette faculté

leurs idées, effets

un don

des fenfations, pofledent la

la vie

nés

qu'il

il

!

Puifcjue les

feroit

dont

,

l'homme

;

ce qui

fe

comme tout

ce qui eft

les reflburces

confirme encore par

trouve en lui-même pour fupléer aux vices phydques qui

dérangent quelquefois l'harmonie avec laquelle nos idées doi-

vent

manifefler.

fe

Dans
divers

la

féconde Partie de ce fécond Livre

Elémens de

on en examine

.

Liv.

&

Mais

,

les effets

telle eft la

le

le

ils

,

,

croire

dent à toutes

deux Langues

les

,

,

on expofe

les

Intonations j
le

méchanifme j

deux extrémités

fes

peut

fe

6c

%

dans fon

prononcer différem-

fuivant la partie de l'Inflrument
,

Vo-

des variétés dans

que chaque Nation parle une Langue

même Langue

en divers Dialecles.

agiffent fur la maffe entière

,

dans

tandis qu'elles parlent la

divifée par cette raifon

mots

l'étendue

,

apuient de préférence: de-li

Langage qui font

différente

en

nature de I'Inftrument Vocal

même mot

ment chez chaque Peuple
cal fur laquelle

6c

peu connus.

qu'il eft fufceptîble d'efforts

centre, enforte que

Sons

voix, divifés en

nature

la

objets importans
III e

la

Nations,

du Langage

&

fans connoltre

,

que

mais fubces caufes

leurs effets s'éten

qu'il eft impofîible
les

,

Comme

de comparer

altérations qu'éprouvent les

nous avons confacré notre troifiéme Livre à l'expofition

D

viy

de ces variations

If

R

S

font diflribuées en VI. Tableaux

elles

:

manière dont

l'on voit la

O

I S C

le

même

Ton s'altère chez tous

où.

,

Peu-

les

comment on peut ramener toutes les Langues à une
Langue dont elles ne font que des nuances.
Ces Tableaux fubdivifés eux-mêmes en un grand nombre de

ples, &:
feule

Tableaux

Volume

particuliers

occupent une partie considérable de ce

,

offrent fur

vils

chaque altération de Son, ou plutôt

fur

même mot

chaque fubflitution d'un Son à un autre dans un

f

un grand nombre d'exemples empruntés de divcrfes Langues
ami qu'on voye qu'il- n'en eft aucune qui ne fubilîe les mêmes
Ioix

ne rentre dans

&c qui

,

Langue Primitive

la

commune,

&;

objet de nos recherches. Cette multiplicité d'exemples

lement à prouver que ces raports ne font point
mais

les fuites néceilàires

On

de

donc regarder

doit

Langues

travail fur les

les pièces jultiricatives

ces

même

,

Se

Tableaux

nous-même dans

dire, que ceux qui voudront aprendre

tions des fons entr'eux
l'étude des

Langues

méthode de

de mots

communs

On

bafe de notre

le

aprendre en

feul fecours

raprochement

Nous

ofons'

Langues

fans'

leur efprit à ces fubftitu-'

,

fe

feront rendus habiles dans

les

comparant

entr'ejles

de ce Livre,reconnoître une

&

,

&

du raport de

nombre d'exemples

:

,

lors

même

on-

foule'

de'

s'afîurer ainfi

ces Langues.-

frapans de mots

à plufieurs Peuples 2c qui offrent des raports dont

n'avoir aucune idée

1

1

à diverfes Langues

auiïï

les

&c

,

On ne

auront infiniment plus de peine dans

de notre Méthode

y trouvei a

communs

,

que ceux qui

,

les

pourra'même, par le

l'excellence

la

de nos recherches

dans nos Familles Etymologiques.

avoir formé leur oreille, leurs yeux

cette

comme

le réfultat

des raports que nous établiiïons.

fauroit, fans eux, nous fuivre

des Langues

du hazardy

nature du Langage Primitif.-

la

comme

,

l'effet

éga-

fert

qu'on favoit tous ces mots

:

,

on
ces

J

exemples

PRELIMINAIRE.
exemples ouvrent un chemin nouveau pour

Langues

:

leur connoiflance fait

Langues,tlre

&

le

hc

comparaifon dts

mur

qui féparoit ces

voile qui en déroboit les raportsaux plus habiles:

le

on

jufques à préfent

fi

reils

tomber

la

Tableaux,

c'eft

pu

n'avoit

réuflîr à

compofer de pa-

qu'on ne connoifîbit pas aflezles objets qui

dévoient y entrer, qu'on ignoroit une multitude de Métamorles mots ont efTuyé dans la plupart des Langues Se

phofes que

fans la connoiffance defquelles

étoit

il

impoffible d'apercevoir

leurs raports.

Enfin, pour

dont

il

rales qui

à nos Lecteurs l'enfemble des Tableaux

faciliter

s'agit ici

nous

,

les

terminons par

les

conféquences géné-

en réfultent &. qui font autant de

Loix que

fuivent

nécefTairement les mots dans leurs altérations en pafTant de Lan-*

gue en Langue
génération à

,

en

IV-. Liv. Mais
quelle
à

fe

tranfmettant de Peuple à Peuple

fi

les

mots ne furent pas

Idée attacha-t-on

chaque Son

,

à

à

chaque Intonation

ce qu'ils'agitde déterminer; ôctel

?

d'unç

;

du Lazard
parole

,

,

que toute autre? C'eft

fa raifon

du quatrième Livre.
;

<jue cette raifon fut

que ces raports des mots avec

procluifent l'énergie qu'on

la

& comment fut-on conduit:

eft le fujet

démontre que chaque mot eut

puiiée dans la Nature

l'effet

chacun des Elémens de

à leur attacher telle &: telle idée, plutôt

On

,

l'autre.

admire dans

le

la

Nature

difeours ordinaire, dans

l'éloquence fublime, dans la Poëfie pleine d'harmonie &: de grace^

Mais tout mot exprime des fenfations ou des idées; les premières fe peignirent donc nécefTairement pas les fons ou voyelles;
&l les dernières

,

non moins nécefTairement

pas les Intonations

ou Confonnes.

Examinant alors la valeur phyfique de chaque Voyelle 5: de
chaque Confonne , on voit que les mots formés de ces Voyelles
b

DISCOURS

x

ou de cesConfonnes dans
tes

Langues

&

qu'il

en

font parfaitement affortis a cette valeur phyfiquej

,

même

de

eft

qu'on apelle Onomatopées

&

rés

des mots négatifs

&

que

la

Livre

les bruits

,

&

des mots figu-

,

enforte que tout confirme cette grande

eft

Langue Primitive Mère de
,

terminé par

Langue Chinoise
aucun raport avec

même

des mots compofés

toutes les autres,

Nature même.

fut puifée dans la

Ce

;

des mots qui peignent
,

connue, mais inconteftable , que tout mot eue

vérité trop peu
fa raifon,

& répandus dans

Langue Primitive,

la

,

les

preuves qui établirent que

qu'on a toujours regardée
nôtres,

les

eft:

comme

la

n'ayant

parfaitement conforme elle-

aux principes que nous établirons

mots dans cette Langue Primitive qui

&

;

qu'elle puifa Ces

fut la baie

de toutes

les

autres

V

e

,

n'avoit
cipes

Liv,

pu

problême de

Si le

la

nahTance du Langage qu'on

éclaircir jufques ici, fe réfout facilement par les prin-

dont nous venons de tracer

l'efquifle

nos recherches

,

celui qui a

il

,

en

eft

de

même

& également à
l'Origine de

d'un autre problême non moins incéreffant

pour objet

lié

,

l'Ecriture.
Ce problême

eft

f!

compliqué, qu'on peut dire

qu'il réunit

un

grand nombre de queftions différentes car il ne s'agit pas feulement de déterminer l'Origine de l'Ecriture , mais auffi d'affigner les caufes de Ces diverfes efpéces d'examiner fi ces efpéces
-,

;

différentes

font indépendantes

des autres

quelle idée

;

glyphique, de
les

caufes

&

le

la

on doit

Chinoife

,

,

ou

fe

Ci

elles

de l'Alphabétique

modèle de notre Alphabet
ou

dérivèrent

-,

Ci

5

tous les Alphabets

premiers Peuples inventèrent cha-

feul

cun

l'Alphabet Oriental a des Voyelles

leur

;

Ci

,

Ci

les

unes

quelles furent

viennent d'un
le

les

former de l'Ecriture Hiéro-

,

ou

s'il

n'eft

PRÉLIMINAIRE
eompoféque de Confonnes, &c. Queftions

&

fource

la

des Sciences 8f des Arts.

Un grand

'

impofant,

ma-

préjugé s'opofoit à ce qu'on prononçât d'une

nière pofitive fur ces objets

mune

fans la folution def-

haute antiquité

queiles on ne peut éclaircir cette

commune

xj

qu'il confiftoit

en

,

&

faits.

ce préjugé étoit d'autant plus

& ne

L'Ecriture n'eft

qu'à une partie des Nations qui ont peuplé

fur

Terre

la

com;

elle

ne paroît donc qu'une invention postérieure aux établiflemens

de ces Nations
fantailie

,

& chaque Peuple

dut

fe faire

une Ecriture à

comparaifon

qui anéantie toute

ce

;

fa

toute caufe

Se

néceftaire.
Il

a

donc

commencer par

fallu

difîiper

&

ce préjugé,

faire

voir que l'Ecriture,quoiquinventée antérieurement à laféparation

des Peuples
Agricoles

&

,

pu

n'a

,

6c n'a



maintenir que dans

fe

qui feuls ont une propriété

& jouifTent

feuls

les

Etats

des Arts

des Sciences, parce qu'eux feuls en ont befoin pour main-

tenir èc perfectionner leurs propriétés, pour en aflurer les revenus,

pour profpérer par
l'Ecriture eft
pies

le

Commerce

absolument

Sauvages,

inutile

,

par

les

Loix

,

dénués de toute propriété.

&.c.

Cette grande queftion de l'Origine de l'Ecriture
à cette queftion

a toujours

faite

Tandis que

£:c.

aux Peuples ChaiTeurs, aux Peu-

eft

fera toujours dès qu'il s'agira

de connoif-

fur

-tout de connoifîances nouvelles. Ceci

que dans

les

Contrées

eft

liée

ordinaire, à quoi cela fert- il ? Queftion qu'on

Ci

& qu'on

&

Tances

donc

même où

l'on cultive les

eft

C\

vrai,

Arts, l'Ecriture

abfolument négligée par ceux qui n'en ont pas befoin. Les

Serfs, par

Pologne

,

exemple
ni

dans

crivoient pas

Grèce

£<:

à

,

non

Rome

ni en Amérique, ni en
Montagnes delà Franche-Comté ils n'é-

n'écrivent nulle part

les

3

plus dans les
}

,

fi

anciennes Républiques de

renommées cependant par

leur

hij

la

amour

DISCOURS

xii

pour

un

peut-être plus de chofesenun jour dans

les Lettres. Il s'écrit

feul Village

de

SuifTe

la

dont tous

les

Habitans font

où tout enfant fait écrire, qu'en un an dans tous
de la Pologne où l'on ne compte que des Serfs. De

les Villages

quoi ferviroit l'Ecriture à gens qui n'onc rien

eux-mêmes

dent pas

libres

&

&: Citoyens,

,

qui ne

ie poffé-

qui peuvent bien moins difpofer

,

de

leur tems?

Nous ajoutons que, puifque
amènent

sonnelle

prouve

qu'il

Agriculture

,

,

On

un Etat

ou du Monde

une Propriété

,

fe

former de

le

& relatives

quefKons intéreffàntes
,

elle

:

juftes idées des

même moyen

d'une

Peuples an-

réfoudre des

,

notre ancienne Nobleffe dédaigna prefque toujours

plus excellent ufage

Mais

?

commence

d'en faire

le

nous biffons ces réflexions à la faga-

de nos Lecteurs.

Nous

faifons voir enfulte

gage, qu'une peinture
Ecriture arbitraire

;

objets défignés par

tive
que

ainfi

à notre tems: pourquoi, par

l'Ecriture, tandis que celle de nos jours

cité

devient

Primitif.

pourroit également, par

exemple

per-

à fon tour

par-tout où on en rencontre des traces, une

première pour

utilité

ciens

exiffca

les propriétés territoriale &:

fuite l'Ecriture, L Ecriture

à leur

fut

5

que l'Ecriture ne

qu'on repréfenta dans
la

fur,

comme

le

Lan-

qu'aucune autorité n'auroit pu établir une

Langue

parlée

;

la

Langue

écrite les

qu'ainfî l'Ecriture

Primi-

néceffàirement Hiéroglyphique ou Peinture d'objets

l'Ecriture

Chinoise

roglyphique altérée

;

n'eft

;

elle-même qu'une Ecriture Hié-

que l'Ecriture Alphabétique,

efr

éga-

lement compofée de caractères Hiéroglyphiques;' qu'elle n'eft
que l'Ecriture Hiéroglyphique Primitive bornée à un petit nombre

de caractères radicaux ou de Clés.

On

montre en

même tems

furent les objets peints par chacune de ces Clés,

ou par

PRÉLIMINAIRE.
XVI

les

On

XVI
taux

Cara&éres donc

compofé I'Alphabet Primitif.

examine après cela pourquoi cet Alphabet

Lettres
,

fut

xiij

&

,

pourquoi

& à XXVIII par les

XXII

fut porté à

il

borné à

fut

par

les

Orien-

Arabes.

De-là on paflè aux Voyelles Hébraïques

:

on

répondent aux nôtres dans l'Alphabet Hébreu
eft arrivé que preique toujours

on a cru que

fait

6c

,

cet

voir qu'elles

comment

il

Alphabet en

étoit privé.

Enfin
le

on montre

,

Primitif
Ce me

V

plication

peut

les

cienne

,

&

,

qu'ils

Livre,

.

de toutes

conformité de tous

la

Alphabets avec

les

en tirent tous leur Origine.

que

ainfî
les

le

Volume

,

fe

termina par

l'ex-

On

Planches que contient ce Volume.

confidérer

comme

& comme

les

labafe d'une

ÏDipl

ok at ique an-

pièces justificatives de nos Vues fur l'Origine

de l'Ecriture. Elles offrent,outre trois
latives à l'inflrument vocal

,

PlancWs Anaîomiques

des comparaisons d'alphabets

;

re-

des

monumens Grecs &i Hébreux qui orjt deux ou trois mille ans ;
des Monumens Phéniciens & Palmyreniens
des Infcriptions
Ofques& Romaines, antérieures à l'Ere Chrétienne des Mo;

5

numens Runiques de

divers âges. Enfin,

dans une Ifk Grecque

,

6c

dont

les

une Infcription trouvée

cara&ères contiennent plus de

raports avec l'ancien alphabet Oriental que l'alphabet
naire

:

c'eft i'infcription

Grec ordi-

qui fert de vignette à ce Difcours Préli-

minaire.

Cette Diplomatique primitive auroit pu être beaucoup plus
tonfidérable

,

&

offrir

des

Monumens

nois, &c. Et un plus grand

&

Grecs

Errufques, Indiens

,

Chi-

nombre de Monumens Phéniciens

mais d'un côté

nous nous proposions feulement de
,
donner une idée de ce qu'on pourroit faire à cet égard d'un
:

;

autre côté

,

nous ne voulions

faire entrer ici

que des JVÎonumens

DISCOURS

xiv

déjà expliqués &. dont

que ce

la

valeur des caraclères fut conftatée

que de ceux-là que nous pouvions

n'eft

quences en faveur du raporc

commun

puîA

,

des confé-

cirer

des alphabets.

Telle eft l'analyfe rapide des objets contenus dans ce

Volume.

Sans prétendre avoir rempli toute leur étendue, nous ofons ce-

pendant nous

flatter

que ceux de nos Lecteurs qui

le

donneront

peine de comparer cette portion de l'Hiftoire Naturelle de

la

Parole avec ce que nous en avons die dans notre Plan Général

&

Raifonné

&

la

de

l'

en

au premier Article

,

Ecriture

, (

arrière de ce

,

que nous avions promis

compofent

-objets qui le

intitulé

Principes du Langage

pag. 9-14,) trouveront que nous n'avons rien

,

,

malgré

le

laiiîé

nombre de?

& malgré les difficultés dont leur difeuf-

ilon eft hérifleç.

N'omettons pas que

Réponse
«l'a été

c'eft à

ce

Volume que

doit

fe

réunir

à la Critique inférée dans le Journal des Savans

détachée que pour

fatisfaire

aux

défirs

-,

ô:

la.

qui

de nos Soufcrip-

•teurs.

!0bfei valions particulières,

ï.

Comme

nous fommes continuellement obligés de rendre en
Romains des mots de toutes les Langues, Scque l'Alpha-

caraclères

bet

Romain

étrangers

,

eft

quelquefois infuffifant pour rendre

les

caraclères

un équiva-

nous ferons fouvent forcés de recourir à

Nous nous fommes déjà trouvés dans ce cas à l'égard de deux
Hébreux , le n ffeth ou Khtth êc le V Aïn
ou Gain. De ces deux voyelles , l'une répond à l'Eta des Grecs ou
à l'ZHong-, & l'autre à O. Mais pour défignerl'afpiration de ces

lent.

voyelles. afpîrées des

,

,

lettres, quelques

première

,

&

pour

la

féconde. D'autres rendent

h

Savans écrivent deux h de

trois

,

hlih,

pour

la

fuite

,

hh

,

RE

P

IM1NVIR

L

xv

E.

première par un h avec une ligne tranfverfale dans
périeure,

& Ja féconde par un y. Quant

portion fu-

fa

à nous, afin de fuivre

l'a-

nalogie des Langues Tans embarrafler l'Ecriture de caractères inu-

nous avons cru devoir noter

tiles,

première de ces afpirations,

la

fuivant la manière des Grecs, par ce fimple accent

conde par

c

cet efprit nafal

,

chacun peut apliquer à ces
lui

O. L'orthographe

ou accents

efprits

efi;

la plus familière.

II.

Depuis long-tems on propofe de

l'orthographe Françoife

&

,

jours la plus grande difficulté

motifs fufiïfans pour

les

ces

égard quelque principe certain

,

qu'ils

ou

fi

nous pourrions

fions.,

graphe Françoife
teurs.

,

Il

changemens

fans qu'on fût

dans

efi;

on

exifte à cet
le

cas d'y

doit s'en aperce-

nécefiaires à l'orthotraiter

de Nova-

& qu'on ne fau-

quelques Lecteurs, écrire un

mot d'une ma-

noître, nous ne ferons jamais de

annoncé

,

s'il

être refpeclé

nière différente de celle fous laquelle

l'avoir

changemens à

Mais

fondé à nous

Cependant comme l'ufage doit

roit, /ans offufquer

&

moins certain que dans ces occa°

n'eit pas

faire les

ôc la fé-

ne font pas apuyés de

l'on

aporter quelque changement indiipenfable
voir dans cet Ouvrage.

-,

prononciation qui

la

faire des

embrafler.

faire

û

changemens éprouvent tou-

parce

,

%

fe fimplifie ainfi,

on

efi:

accoutumé

changement à

& après avoir prefienti le

n'en propoferons jamais que lorfque

le

à le

recon-

cet égard qu'après

goût du Public

-,

&;

nous

changement nousparoitra

indi/penfable.
C'eft ainfi

que dans ce Volume

par un feul caractère notre fon ch
nouvelle
fimple

,

& que

nous avons

C renverfé,

dit

fe

prononcent pas

:

elles

nous avons propofé d'écrire

qu'on pourroit

de cette manière

Nous avons propofé suffi de
ne

,

,

ce qui n'eft pas

même

le

une idée

rendre par un

(*).-

fuprimer toutes

les //initiales

ne font qu'embarrafîer

l'écriture,

qui

que

DISCOURS

xvj
fatiguer fans raifon la

& l'attention

mémoire

mots où elles fe prononcent de ceux où
D'ailleurs notre propre

elles

,

ne

pour diflinguer

les

prononcent pas.

fe

Nation nous en a déjà donne l'exemple

puifque nous avons apris de nos Ancêtres à n'écrire qu 'Avoir
çai'/a, au lieu de l'ancienne orthographe havoir

venant du Latin habere
tiquent
III.

même

la

En

&c hic.

(

pag. 177.

hici

,

ces

mots

Ajoutons que diverses Nations pra-

choie dans tous

parlant

&

,

&

les cas

& fuiv.

)

femblables.

de l'énergie dont la Poéfie

& l'Eloquence font redevables au raport des mots avec la Nature,
nous n'avons pas craint de dire que

le

Génie qui créa

•immortels des Grecs, &c. n'ell pas encore épuifé

voir parokre qui feront dignes de ceux-là, puifque

qu'on en trouve

eft pas péri-,

par

la

peut

comparaifon des

fe

le

modèle dans

Monumens anciens

mettre en état de

les furpaflër.

la

les

ouvrages

qu'on peut en

:

le

germe n'en

Nature, &; que

avec ce modèle

,

on

Cette idée nous paraît trop

.confolante pour craindre qu'elle foit rejettée, quoiqu'une Savante

célèbre ait avancé que

les

Nations Européennes ne pourront ja-

mais briller que par l'imitation des Grecs
jufqu'à l'efpérance d'imaginer ,

;

& quoiqu'elle leur

d'inventer d'elles-mêmes

ôte

& d'arriver à

la perfection (1).

Nous ne doutons pas qu'on ne préfère le fe.ntiment du Cavalier Bernin Sculpteur renommé du dernier fiécle il (butine que
:

,

la

Nature

viennent

fait
,

&

donner
que

à toutes fes Parties les beautés qui leur

con-

&

à les

l'art

confifte

Amplement

à les trouver

exprimer il difputa aux Grecs leur fupériorké dans l'imitation de
il fe vanta
la belle Nature & dans l'emploi des beautés idéales
:

:

même

(

1

)

d'avoir détruit le préjugé de cette Supériorité, dans lequel

Mad. Dacier, Caufcs de

la corruption

du goût.

la

PRÉLIMINAIRE.
labeauté de

la

que

Il eft vrai

Venus de Médicisl'avoit retenu pendant Iong-tems.

Winckelmann

en conclut (i) que

beautés font plus aifées à découvrir dans

dans

la

Nature

qu

;

elles

les ftatues

font plus réunies

cqs copies que dans l'original

mène

même &

,

les véritables

Grecques que

plus touchantes dans

que l'étude de

,

par un chemin plus pénible Se plus long à

la véritable

xvi)

la

la

Nature

connoifTance de

beauté, que l'étude des Antiques.

Nous accorderons volontiers

Winckelmann

a

conclurions

Tes

qu'elles

ne

tous

avantages dont on jouit

les

ges de

&

lignifient autre

ce n'eu:

qu'il faut profirer

fentir toute la
les

de

beauté des ouvra-

ouvrages de

Nature

la

,

aprendre par l'imitation de ceux-ci à furpa0èr ceux-là.
nos Lecteurs en ajoutant que

faire plaifir à

fyflème dont nous parlons (pag. 79

relativement aux efprits animaux

du

fi

,

parleur comparaifon avec

l'arc

IV. Nous croyons
le

chofe

,

&

parce qu'elles ne détruifent point ce que nous avons avancé

le

célèbre

Cat

porta en 1753.

V. Dans

le

le

,

eft

ici

,

fur le fluide des nerfs

fur le principe de l'action des

prix propofé par l'Académie

la

compofé par M.

le

relatif

ou

Diflertafion

Mufcks

qui rem-

,

Royale de Berlin.

tems que nous terminions ce Volume

communiqué un ouvrage Anglois
traitons

)

confirmé par

on nous a

,

aux objets dont nous

Chevalier de Saufeuil

imprimé

5:

en 1771. C'eft une analyfe de l'ortographe Francoife ou les vrais
principes de la prononciation Francoife, &. dédié à l'Académie
Francoife. L'Auteur y traite principalement des Loix que fuivent

Iesfons,dans les
-dant fur la

( 1 )

changemens que

Terre

&

les

mots éprouvent en

qui fontlefujet de notre III. Livre.

Penfée fur l'imitation des Grecs dans

inférées dans la r.ouv. Bibl.

les

Gcrm. Tom. XVII.

Ouvrages de Peinture

&

&

fe
Il

répaiv

raperte

de Sculpture

imprimées dans d'autres Recueils.

v

DISCOURS

xvlij

tous ces changemens à
difcuffion

efl:

XXIV.

clafTes qu'il appelle

Canons. Leur

remplie de recherches curieufes &c de très- beaux

aperçus, l'Auteur ayant très-bien fentique fans ces comparaifons,
tout travail furies
à

la tête,

parer
les

Langues
que

ces principes

Langues

les

Se

que

eft

nécefTairement défectueux.

les voyelles

ne peuvent

l'afpiration fe

confonnes. C'eft donc encore

ici

refpectifs.

fans avoir eu au-

,

Nous

ferions
$

des

donc

nous préfe-

rons d'inviter ceux qui aiment à approfondir ces objets

a lire eux-

,

Corrections que nous devons en

deMM

partie à quelques-uns

place

change en prefque toutes

fufpeds dans ce que nous en pourrions dire de bien

mêmes cet ouvrage.
Nous finifTons par

Il

pour com-

un de ces chercheurs du vrai

avec lefquels nous nous fommes rencontrés

cune connoiflance de nos travaux

fervir

nos Soufcripteurs

;

&

nous efpérons

que l'emprefTement avec lequel nous profitons de leurs obfervations
déterminera fans peine ceux qui s'intéreifent à la perfection de notre

ouvrage

,

à nous en faire toujours part.

allégories Orientales.

La note (i) de

la

page 41 doit être portée à

la

page

fui-

vante.

La première

ligne des notes, pag.

qui termine

la

pag.

5

7. eft la fuite

de

& qui a été interrompue

5.6.

la

note

mal-à-

propos.

Relativement au
tient le vin

&

fait

avancé pag. 93. qu'un vafe de

laide pafler l'eau

,

Royale de Rouen nous écrit que
n'ont filtré à travers un vafe de
-pour conftatter cette expérience

l'Acad.

ni l'une ni l'autre

de ces liqueurs

mince

qu'il avoit fait

lierre fort
:

lierre re-

M. Chefdhostel de

nous parlions cependant d'après

P R È L
gens qui difoient

MI NA I R

I

mx

E.

.-heureufementen casque cefoit une

l'avoir faite

erreur, c'eit un fait particulier qui ne tire à aucune conféquence,

même

pour

l'article

A la pag.
au

1

lieu d'

où nous en avons

1. lig.

14.

&

ufage.

fait

14. // faut

nœud d'Hercule,

lire le

Hercule.

Pag. 88. du Génie Allégorique

hiftorique,

lig. 7.

,

lif.

allé-

gorique.

Grammaire
Pag.
le

XXIV.

Univerjelle.

lig. 10. êc 11.

à quel génie

Le

desfa
ces

le

in

lif.

,

s'in.

troifèmt vers ne doit commencer qu'à in ogni,

— 97. Dans
,

les vers

que

Languedociens

los ten.

mots une qui

fujet des diminutifs
les

à quel point

quo.

lif.

lif.cofa.

,

pofe de

lif.

génie.

— XLV. au fxième vers Lat. equo,
— 64. vers Italiens cofe,
Se

Au

,

diftinguer en

Fa

commence

ainfi,

claffes

,

les

lif.

donc nous parlons

deux

faut

il

,

à la ligne qui

une où

ici,

huroufe

lire

précède

,

au

,

lieu ds

l'on dit.

un Savant pro-

dont l'une contiendroit,fous

nom de péjoratifs ou tel autre mot femblable,ceux

qui emportent

avec eux une idée de mépris.
Pag. 144.

lig.
lig.

15. ceux-ci,
1

6. effacés

la lig.





3

,

lif.

zoS. lig

11. l'action

15. d'un nobil,

ainfi

que

les

4 mots de

,

lif. l'acte.
lif.

di nobil.

25. PlufieursPerfonnes ont reclamé contre l'EtymoIogie

que nous donnons

ici

des adverbes en ment

nous avonsrejettée :l'und'euxobferve
ait

là.

;

19.

180.

lig.

ceux

& de très

mis dans fon Diction. Italienne

:

ils

préfèrent celle que

même que quoiqu'ALBERTi

mot Ta-manto

,

ce

mot ne peut
cij

DISCOURS

XX

cependant pas être regardé
l'auront fans doute

donc

comme

Italien

,

Se

que

les

Piedmontoh

emprunté des Provençaux. Nous abandonnons

cette étymologie malgré l'idée

que nous en avions nous
:

foumettrons toujours fans peine notre avis à des lumières fupérieures.

Pag. 348.

lig.

437.

Planche

7.

Mai

lif.

,

14. Jludendi
II.

&

difeendi.

page 571. Le chiffre

cara&ère Chinois qui
Pag. 578.

,

Ma.
lif.

fuiv.

55- 5 6 >57>

Au

&; 8

«

eft

50. doit être vis-à-vis le

au-defïous.

lieu des n°. 56, 57. 58. 59. ///

n°.

'—

—?M£

TABLE
Des

&

Objets contenus dans l'Origine du Langage

de l'Écriture*

LIVRE PREMIER..
Di
%^j h A p.

I.

l'

Art Étymologique.

Excellence de la Parole

:

importance de fon HiÏÏoire

II.

Pourquoi

C h A p.

III.

Moyens par

Chap.
Chap.

IV.

Dt l'Art

Chap.

VI. Enumération des principaux Auteurs Etymologiques

cette Hijîoire nexifloit

lejquels

nous

Etymologique

,

pas encore

tionné

6

,

y fommes parvenus
généralement décrie

V. Caufes qui jufques-ici avoient empêché que

i

,

Chap.

,

cet.

y

,

£•

pourquoi

Art

9

,

eut été perfec-

,

j

\

1

Chap. VII. Faujfes idées qu'on fe formoit de cet Art ,
I
+
Chap. VIII. Caufes de ces erreurs ,
x (,
Chap. IX. On ne doit pas confondre ces erreurs avec l'Art Etymologique
,
18

Chap.
Chap.

X. Origine

&

définition

du mot Etymologie

XI. Sentimens de quelques Savans fur

!

,

l'utilité

de l'Art

Chap. XII. Utilités de l'Art Etymologique ,
Chap. XIII. Examen de quelques objeclions ,
Chap. XIV. Principes fur lefquels repofe l'Art Etymologique
,
Chap. XV. Régies à fuivre & précautions à prendre dans la
Etymologies

Chap. XVI.

,

Certitude de l'Art Etymologique y



Etymclo^ ,
.

.

»

8

recherche des
ç

t

É t

TABLE DES OBJETS,
LIVRE II.

jjxjî

De

Origine du Langage*

l"

Première Parti
&

Vues générales
role

&c.

f.

Analyfe de f infiniment vocal , fiège de

III.

Les caufes du Langage font naturelles ou phyjiques

Chai*.

IV.

La

Cette Origine

VI. Analyfe de

la Parole

I

§.

z.

.

§.

j.

§.

4.

§.

5.

§.

6.

De

la voix

Du

jeu des

homme



vocal, §t

7Z
i°. de fçn mèchanifme pour pro-

74

,

fa définition

:

68

,

,

Poumons

De la Trachée artère
De l'os hyoïde ,
De la Glotte

7S

,

'*•
,

°°

,

81
ib.

,

Du

Syfiême de

M.

bue à la vois

Ferrein , fur la manière dont la Glotte contriP

y

Modifications que la voix reçoit dans la Glotte

7.

§.

l'

6(*
,

,

l' infiniment

duire la voix
§.

Divine

efi

Parole naquit avec

V. Elémens de

Chap.
Chap.

Chap. VIL Mèchanifme

de

ou de parole

t infiniment vocal pour produire

mime

,

la voix parlante,

&

f.

1.

Z?« /Vd/j

5.

5.

_D t\$ Lèvres

5.

4.

De la Langue,

§.

5

Z>£ j Mufcles qui fervent à cette portion de Vinfirument vocal ,

la Luette ,

1

°.

'^«

,

:i -

Mufcles de la Langue

Mufcles de la lèvre inférieure

&

9

,

Mufcles communs aux lèvres

VIII.

2

S>

,

94

,

Mufcles de la lèvre fupérieure

Chap.

l

9

,

De

.

$

86

1 .

§.

î

&•

Chap.
ChAP.
Chap.

IL

Pa6

Obfcurité de l'Origine du Langage

I.

la

,

95

,

ib.

,

Comment (homme fut conduit à

l'ufage de

t infruinent

vocal

,

97
§.

1.

Trois fortes de vies dans

Thomme,

ib.

TABLE DES OBJETS,
1.

§.

Chacune de ces vies

eji

Sec.

xxii

accompagnée des organes qui luifont

né-*

affaires,
3.

§.

Ch AP.

59

Conséquences qui en réfultent pour la parole,

IX. Autres preuves que la manifejîation des idées

me &

GESTE

à cefujet du

ib.

eji effentislle

lot

,

§.

1.

Divers moyens par lefquels l'homme peint fies idées,

§.

2.

Energie du Gejîe

§.

5.

Son

§.

4.

§.

5

§.

6.

.

utilité

&

pour je faire comprendre des fourds
ce fujet

des muets, 104

iof

,

Livres qu'on pour r oit faire pour
le

ib.

icj

,

Méthodes inventées à

Remarques fur

à l'hom-

le

Langage des

gefies

,

106

choix d'une méthode pour l'étude des Langues

,

107

PARTIE SECONDE.
Des Modifications de la voix.
ChAP.

I.

Cha p.

1 1.

De

IO9

ces Modifications en général

Des fons ou

de la voix modifiée par l'ouverture de la bouche ;

de t'infiniment vocal confidéré

comme

effets

l'infirument à vent,
1 1

§.

t.

formation des fons

§.

1.

Ils

ib.

,

compofent une oclave

ib.

,

§.

}.

Méprijes dans

§.

4.

Les Egyptiens ont connu

$.

5.

Sons appelles

§.

6.

Caractères

ESPRITS ,& pourquoi,
difiinclifs des fons ;& leurs diverfes

§.

7.

Nature de

l'afpiration

$.

8.

Diverfes fuites de fons qu'on pourroit peindre

§.

9.

Comment

o.

Diphtongues

§.

Chap.

1

III.

le quelle s

f

1.

§.

1.

$,

3.

tombé à

cet

égard

des fons vocaux

bouche

,

115

,

114

,

ilj
efpéces,

ib.

117
118

,

,

1

ip

110

,

effets

ment a touches
$.

étoit

l' oclave

l'afpiration je modifie elle-même

Des INTONATIONS
la

on

,

ou de

la

voix modifiée par

les

de l'infirument vocal confidéré

organes de

comme infini-

ni

,

Source des intonations

Tableau des Intonations,
Caractères dijiinciifs des fons & des intonations

ib.

123
,

1

14

TABLE DES OBJET5,&.

xxiv
§.

Si le

4.

nombre des Intonations Jimples

Intonations compofées
§.
§,

De

plus confïdérabU

;

&

ÇhAP.

fons
Vabfence de quelques-unes de ces intonations che^ quelques Peu-

5.
6.

7.

Intonations compofées

aux Intonations

Intonations Chinoises

Intonations Arabes

Remarques fur

,

131
i&>
,

'A

,

ï 3 3

,

Tableaux d'Intonations

ces

V. Manière dontfe prononcent
de parcourir

De

les fons

&

ib.

,

les Intonations qu'on vient
J

t

LIVRE
divers

caufes

L

&

Modes

dont

leurs effets

ejl

III.
ftfceptible

3

.

ces diverfités

;

4*

143

>

14+
I45
1^6

defituation,

Les mœurs

vocal; leurs
1

\

,

&c

l'envie de fe difiinguer

ment qu'on trouve à certains Jons
.-Chap.

ÙInfiniment

ib,

IL Caufes générales de
1% Le Climat ,

Autres caufes

,

,

la légèreté _,

&c.

/?/*« d'agrtib.

Néceffué de connoitre ces différences pour l'étude des Langues

III.

8

J

14©

s

-D^ /«"" étendue

i°. Diverjité

î^
ib,

î

quelques Intonations compofées

Des

z

1 3

,

Méchanifme des Sons ,
Méchanifme des Intonations,

Cha.p.

l

1

,

Intonations Hébraïques

Chap.

8

2

1

ou pafjages

9
IV. Etendue de l'Injirument vocal che^ divers Peuples relativement

Intonations Françaises

Chap.

15

n*»

des intonations, en fept,

ples ne prouve rien contf'elles.
§.

4*f
1

&

la divifîon des

eft

,

,

14S
§•

§.

1

.

2.

Point de connoiffar.ee s fans comparaison,

ib.

Plufieurs Savans ont dejafenti l'ut Ht te e comparer les Langues,

149
§.

J.

Fondement de nos Tableaux comparatifpour

l'infirument vocal,

IJO

TABLE DES OBJETS,
§

.

Wr.

Sec

4. Divijîon des Tableaux comparatifs des fons

&

;

des intonations

Premier Tableau Comparatif,
Voyelles fubfti tuées les unes

Art.

I.

Art.

II.

Art.

III.

A
/

V.

*^«

aux autres ,

ib.
f *«

changé en d'autres voyelles

y

changé en d'autres voyelles

changé en d'autres voyelles

,

O
V

Art. IV.
Art.

,

£,

**•
,

,

,

changé dans les autres voyelles

TaBL. Confonnes

Chap.

180

,

1-89
1

9+

1

9 (»

,

fubjlituées les unes

aux

autres

15)8

,

*%•

Intonations Labiales changées avec d'autres .,

2 °8

Touche Dentale

"<*

"*

Touche Nafale.,

* 1

Touche Linguale

2

Touche Gutturale
Touche Siflan te

,

2-1°

*?4

,

*$•$

Lettres ajoutées en tttCj


•/,

,

A

«*«•

,

«.jouté en tête

2
,

6-^,

^43

Lettres ajoutées à la fin

,

6*

244
246

,

la tète des

mots

,

z±S

intercales,

quelques-unes

réunis pour en former de nouveaux

-Lettres

4y

.*+*•

ajouté en tète t

Mots

*-3

,

Touche cliuintante

Voyelle

r

,

Autres intonations ajoutées à

2;

,

fuprimées,

Tranfpojîtions

Chap.

7*

]

-Confonnes ajoutées à la du des mots

TABL.

7*-

Touche Labiale

I.

Cha*.
II.
Chap. III.
Chap. IV.
Chap.
V.
Chap. VI.
Chap. VIL
A'.
TaBL.
Chap.
I.
Chap.
IL
Chap. III.
Chap. IV.

J7.

^9

l

y

TaBL. Afpiratbons & confonnes fubjlituée s les unes aux autres
///.
TaBL. Voyelles & confonnes fuèjluuées les unes aux autres ,
Siction.IL Voyelles Mouillées y
//.

IV.

J
,

changé en d'autres voyelles.

Voyelles Nafalées

t

*59

,

IV. Avantages de ces
I.

Utilité de ces

§.

1.

Souvent tentés

§.

3.

Pourquoi

ils

T'aBLEAVX

,&

,

160
262

,

n'avaient pas

Loix qui en réfultent

161

Tableaux

§.

$

i-S-i-

réuffi.

il:

TABLE DES OBJETS,

xxvi
§.

4.

Choix qu'on peut faire à

LOIX

que fuivent

les

cet

égard

1^4

y

changemens des mots

d'une Langue à une autre
en je fubdivifant

&c

,

&

,

en fe tranfmeltant

que fuivit la Langue primitive
16J

,

LIVRE

IV.

Dévelopemens du Langage four ce des mots bafe du Diclionnair e
16 8
Primitif,
:

Chap.

I.

Le Langage

n'efl

:

qu'une peinture

:

idées des anciens à ce fujet

,

;*.

Chap.
C«AP.
Chap.
Chap.

IL le dévelopement du Langage défend de fes premiers Elcmens
III.

Tout mot eut fa raifon

IV. Preuves qui

,

l 7î

l'etalliffeuty

V. Les raports des mots avec

Difcours

le

,

Nature font la four ce de

la

l'énergie

Chap.
Chat.

X.

XL

2.77
tS »

Qualités de la Parole

Objets que la Parole avoit à peindre

Sons ou Voyelles
Intonations

,

Peinture

ou confonnes

Effets de la réunion

&

,

& Langage des fenfations
Peinture & Langage des
,

,

du mélange de

Valeur de chaque fon ou voyelle

A

,

ces

deux Langages

,

1S3
184
idées

,

185
1S7

aux fenfations ,
zSS

relativement

premiers des fons fes difjérentes acceptions
:

,

du

fondement de la Poefie , de l'Eloquence , de l'Har-

monie,

Chap. VI.
Chap. VIL
Chap. VIII.
Chap. IX.

,

170
*7i

& leurs caufes
2.90

HÊ HE
,

ou

KHÉ

cation propre

E
i

troijiéme

,

,

,

fes altérations

fon ou voyelle

quatrième voyelle

O

,

U

,

fécond desjons

,

,

& fes

,

&

des voyeller

fes dérivés

&c.

;fes diverfes Jignifications

valeurs

,

506

} 1 J
1

311

,

Chap.

500

3

,

OZ7 feptiéme voyelle & fa valeur ,
XII. Des intonations .ou confonnes , Langue

fafignifi-

311

,

cinquième voyelle ; fes diverfes acceptions

jixiéme voyelle fi valeur
\

,

:

des idées ,

518

TABLE DES OBJETS,
&

xxv*

&c.

§.

i.

Les fons

§.

z.

Secours mutuels quelles je prêtent

§.

3.

§.

4.

Valeur des conjonnes

§.

5.

Propriétés de chaque intonation ou de chaque confonne

§.

6.

Valeurs des Intonations de la Touche Laliale

§.

7.

Valeur des Intonations de la Touche Dentale

§.

8.

Valeur de l'intonation Linguale

9.

Valeur des intonations de la Touche Gutturale

les

& des valeurs

§.

De

la

intonations ont eu néctfjairement des fonctions
différentes

voyelle four de qui

ib,

,

330

,

accompagne

§.

10. Valeur des Intonations Sijlantes

§,

11.

Origine des noms donnes

R

les

conjonnes

331

,

,

332
333
335

,

,

,

3

3

4

p

346
249

,

,

aux Organes même

z

des intonations

,

ib.

Chat. XIII. Mots formés par imitation des
topée

Chap. XIV.

la

,

ou par onoma-

Langue parlée des Chinois,

LIVRE
& fur-tout

3651

V.

Du Langage peint aux yeux

,

ou de l'ECRITVRE

de l'Ecriture alphabétique

SECTION
De

des cris

350

VUES fur

gine

&

bruits

,

l'Ecriture en général

,

&

;

de fon Ori^

374

,

I.

des Hiéroglyphes en particulier

t

it>.

Chap.

L Avantage

de

r Art

de.

peindre fes idées aux

yeux , ou de

l'Ecri-

'

ture

Chat.

ilm

,

IL Timbres répendues fur fon Origine

,

& moyens

de les dijfiper^

37

Chap.

III.

Chap.

IV. L'Ecriture n'a pu

Caufes de ces ténèbres

Agricoles

CHAr.

V.

L Ecriture

être inventée

& fe maintenir

que dans des Etats



,

nejl qu'une imitation

blage d'Hiéroglyphes

Chap.

5

377

,

,

& par

,

VI. Procèdes de l'Ecriture Hiéroglyphique

3

conféquent

tin

effem2 -7 ~
3

S

,

TABLE DES OBJETS,

«v$

SECTION
Origine

'Chap..

IL

& Nature de l'Ecriture

Hiéroglyphique

91

5

&

où na-

I.

Notice des principaux fyftémes relatifs au tems

IL

Syjtèmes fur la manière dont naquit lEcriture Alphabétique

quit cette Ecriture

Çiiap.

&c.

au

lieu

ib,

,

,

39^
Chai\
Chap.
Chap.
Chap.

III.

Véritable état de la Queflion

Toute Ecriture

IV.

Que C Ecriture

V.

Des

VI.

efl

Alphabétique

objets peints

368

,

hiéroglyphique

aux yeux

eji

403

,

hiéroglyphique

403

,

40^

voyelles

ÇnAr.

aux

par. les car acier es correfponâans

VIT. .Objets que repréfentaient les caractères correfpondans aux con-

409

fonnes

Chap. VIII. Nombre de

caractères fitnples qui entrent

dans

cette Ecriture

,

411
Chap.

IX. Preuves qui établiffent que
bord que de feiqe

Chap.
Chap.

X. Pourquoi
XI.

cet

le

nombre de

& explication

ces caractères ne fut d'a~

VI

de la Planche

Alphabet ne fut que de jei^e caractères

Moment du partage
-comment

,

celle-ci

des Ecritures Çhinoife

&

nir alphabétiques

"Chat XV.

Alphabétique

De

419
,

& deve411
413

ces vues fur [antiquité de [Ecriture,

quelle manière [alphabet s'augmenta

Du nom

qu on donna dans

ta

,

,4;

Grèce à [Alphabet primitif ,

"Chap. XVII. Explications des Planches Kll & VIII.
'Section

III.

Rapport des Alphabets entr'eux
Raport des Alphabets François

&

& le

2..+

417
4

2.

4

3

f
1'

Primitif,

Latin avec [Alphabet Grec

Chap.

I.

Chap.
Chap.

II.

III.

Chap.

IV. Raport des principaux Alphabets avec ceux-là

Raport.de [Alphabet Grec & de [Alphabet Hébreu

De

&

;

418

,

Avantages qui réfutent de

Chap. XVI.

411»

acquit cette qualité

Chap. XII. Olfervation particulière fur [Ecriture Çhinoife
Chat. XIII. Les caractères Chinois peuvent fe lire , ou fe prononcer
•Chap." XT'V.

513

,

,

,

,

ib.

455

[Alphabet Hébreu ou defes raportsavec [Alphabet Primitif',
4.3 8

Explication des Planches

,

,

457
464
O41.GÎNE

£

R.-n,.,„.-,

/.-„./-

HISTOIRE NATURELLE
DE LA PAROLE.
o

u

ORIGINE DU LANGAGE
ET DE L'ÉCRITURE.

LIVRE

————

Ri—

I.

DE L'ART ÈTYMO LOG1 QUE.

M^——— a—



CHAPITRE PREMIER.

Excellence
Jj_j'Hi
elle le

dans

sToiRE

Naturelle de

prend au berceau

les

diipernons

d'autres bornes

de la Parole; importance, de fou Hijloire,

,

que

Orig. du Lang.

&

,

&

la

Parole

da.is le fein

commence avec
de

la

dans l'accroilfemenr de

le

genre humain;

première Famille
Tes

connoiifances

-,

j

elle le fuie

elle

les Tiennes.
A.

n'aura

,

ORIGINE DU LANGAGE

a

Plus importante que la plupart des objets qui font renfermés fous
général d'Hiftoire

de parler

l'Art

même

,

en quoi confifte cet

;

n'a jamais

il

pu

nom

le

comment fe dcvelopa dans l'homme
Art
comment puifé dans la Nature

nous apprend

celle-ci

,

dénaturer

fe

}

,

,

malgré

la

flexibilité

de

fes

organes

,

&

Langues modernes nous repré-

l'inconftance des Peuples; à quel point nos

fentent les Langues anciennes, & comment celles- ci furent la Langue même
de nos premiers Pères, de qui nous la tenons comme un héritage inaliénable
que nous ferons pafler à nos derniers neveux par quels moyens , étendant
;

comme

&

à

l'infini les

bornes de cet héritage, l'homme

par des fignes matériels

la

peindre aux yeux

parole,

fut repréfenter la

même

;

comment

ces fîgnes

qui femblent n'avoir aucun raport chez chaque Peuple, viennent cependant
tous d'une fource

commune

donnée également par

la

,

&

ne forment qu'un Alphabet, qu'une écriture

Nature.

Elle fait connoître encore par

tes ces écritures

&

anciennes
n'y

ait plus

me

6c toutes ces

quelle route aifee

modernes n'en formeront qu'une

de fociétés étrangères 6c barbares

mur énorme

franchifle ce

&

facile ,

feule, au

les

qui fëparoit tous

moyen

les

hommes,

fuir l'ignorance

la

,

Se

dont

ils fe

barbarie

,

,

les

Peuples

,

la

amour

tous

;

&

Divinité a établie
qu'ils

de l'ignorance

exclufif, effet

il

& l'hom-

les ifoloit

reprochent toujours plus à mefure

6c cet

Langues

les

de laquelle

unes pourles autres,

revienne en quelque forte à cette unité primitive que

parmi

ramenant tou-

Langues à une mefure commune

,

font

qui

a produit tant de maux.
Si

fures

jamais

les

hommes

communes,

fentirent avec force la néceflîté

d'un droit

commun

à tous

cipes 6c de cultes, ne fentiroient-ils pas avec

unité de Langage, au

d'une

même

Famille,

moyen de

laquelle

les
la

ils

même

Langues

l'eiprit

me-

les

enfans

puffènt profiter des connoilîances de tous, tranf-

ils

humain

de

&c

force l'importance d'une

ne panifient tous que

mettre leurs idées à tous, atteindre, parla réunion de tous,
reculées de

de poids

Peuples, d'une unité de prin-

,

prévenir ainli

les funefl.es effets

les

de

bornes

les

la diveriîté

plus

des

?

Combien de Mor.umcns perdus parce que cette diverfité les avoit rendus
Combien de connoilîances anéanties, parce qu'elle les avoit
empêché àele propager! Combien de Nations font dans l'enfance & dans l'en,

inintelligibles!

gourdiflement, parce que
les délivrèrent,

Cette Hifloircefl
ii

les infiructions

dont tant d'autres jouaient,

d'un pareil état, font perdues pour

même

elles

de première néceiïité pour

leur elt impofliblc d'acquérir la

6c qui

!

les

moindre connoiflance

Européens:

fans celle des

comme

Langues

ET DE L'ÉCRITURE.
clans lefquclîes ces connoilfances font dépofêes,

leurs études par celle-là

ainfî les

:

ils

Langues entrent dans

publique Se particulière d'un Européen, quel que
vouer.Celui qui

fe

confacre au fèrvice

f
commencer

font obliges de

bafe de l'éducation

la

auquel

fôit l'état

& à la défenfê

de

la

veuille fe

il

Religion,

eft:

oblige

d'étudier les Langues favantes, le Latin, le Grec, l'Hébreu, &e fes dialectes.

Celui qui
forte

dans

voue au Commerce , à ce commerce qui le rend en quelque
eft obligé d'apprendre. les Langues qu'on parle



Citoyen de l'Univers,



les lieux

il

étend fon commerce ,

Langues du Midi

les

ou de l'Occident.

l'Orient

Les Militaires eux-mêmes font obliges d'étudier
cjuelles

on a

Ouvrages précieux

écrit des

avec lefquelles

ils

font

du Nord , de

Se

i

fur leur

Langues dans

les

Art

,

&

en guerre , ou au fêcours defquelles

ils

lef-

des Nations

celles

font obligés

d'aller.

Les Minières d'Etat

& les Politiques

Langues des Peuples avec
ménager.
Il n'eft

même

fe difpenfêr

le plus

a de les marier dans des

difpenfêr d'étudier les

ont intérêt de

qu'ils

élevé, qui ne (oient danC

,

ne veulent que

ne cultiver que l'Eloquence ou

de coimoltre

les

les

Cours,

Cours Etrangères.

qui, dégagés de. toute ambition

l'étude des Beaux-Arts, Se

vent

fe

&

négocient

:

Langues modernes parlées dans toutes

coutume qu'on

Enfin , ceux

à

ne peuvent

,

ils

du rang

pas jufqu'aux PrincefTes

le cas d'étudier diverfes

Se par la

lefquels

la

fe livret

Pocûe, ne peu-

Langues qui leur fourhiffent

les

modèles les

plus parfaits en tout genre.

Ainfi,perfonne

n'eft

légère connoiflance
fulte-t-il pas;

:

exempt de

mais que de

Quoi déplus

cette étude

que d'employer

trifïe d'ailleurs

jours à vaincre une hydre toujours renaifTante
les

morts

fublimes

&

les

Par fon objet

de

;

la gloire

la

Parole.

communs

tous

les

gent, boivent, dorment

à

la

fe

partager fans ceffe entre

donc, pour ceux qui veulent

La Parole

de l'homme

des Êtres animés avec lefquels
lui font

à

n'en ré-

beaux de fes

les

& confolantes vérités qu'on devroit connoître!

L'Hiftoire Naturelle de la Parole eft

&

;

veilles

les plus

mots un tems déjà trop court pour

vivans; à confumer en

des plus intéreffantes par fon objet Se par

fence

des qu'il veut acquérir la plu£

,

que de peine , que de

travail,

il

;

fait

une

partie

fondamentale de

elle conftitue fa dignité

partage les fruits de

phénomènes de

comme

la

,

-,

également

l'ef-

elle le diftingue

Terre,

la

vie animale

lui,. qui font

douleur, aux révolutions du tems

s'inftruire,

fes effets.

&

avec qui

qui naiflent
fenfibles

au

,

man-

plaifir ,

J

;

qui veulent auffi

comme
Aij

lui s'entrete-

ORIGINE DU LANGAGE

%

nir avec leurs fembkbles

dans

que dans

fes effets

mais qui n'exhalent qu'un

;

nature

fa

qui ne

,

cri inarticulé

que pour

ferr

l'inftant

tribue en rien à accroître la mafle de leurs connoiflànces

voyent

qu'ils

Comme
de

faifir

,

&

diviûons de la main

objets matériels

la parole articulée

nous fourniflent

,

d'en peindre toute

vafle

;

à

l'infini

la
;

profondeur

d'en faire

la

,

la

peinture des penfées

Si jufques ici

on

n'a

mais on n'en a tenu

le

bafe de linftru&ion

:

yeux

la

toutes nos idées

la plus utile

de ne rien

-,

dans

celle

de

laifler

la

de

,

plus

la

échap-

Nature.
,

fi

ja-

leur. origine

•>

fi

de

,

la

rétablir cet ordre

,

;

ce n'étoit point

Parole manquoit
lier

îî

la-

elle

:

toutes les Langues

& nous donnant la raifon

,

;

l'étude de l'une n'en:

de tout, nous

marcher à grands pas dans l'étude des Langues.

Tels font
Inaniere

la

les effets

plus fimple

élcmens que

lui

l'Hifloire Naturelle

de

& la plus énergique

,

de

la

Parole

;

elle

cette

montre de

comment l'homme,

fournit la Divinité à cet égard,

eft

;

de

k

profitant des

venu à bout de former

Langues harmonieufes qui nous charment en nous inuruifant
à

&

Langues

l'étude des

connoiflance d'une autre

ramener à une mefure commune

faire

&

l'Hifloire Naturelle

feule pouvoit diffiper cette obfèurité
les

partage

d'acquérir l'intelligence de celles qui exiftenr

que

c'eft

de de-

Ce

connoiflance des plus anciennes n'a pas été re-

Ci l'a

d'aucun fecours pour acquérir
faute des Langues

les richeffès

les plus déliées

nuit la plus obfcure dérobe à nos

la

,

expofer fous toutes leurs faces

marché qu'au hazard dans
fil;

comme un moyen

gardée

moyens de rendre

les

moyens

les

formes

les

Ions divers entre lefquels

les

les

de

d'en augmenter continuellement

per dans

à rendre utile ce

,

des doigts nous donnent

d'en appercevoir toutes

,

venir en quelque forte eux-mêmes, ainlî

les varier

aufîî borné-

qui ne con-

à établir une inftruétion.

les.

les

,

,

ces.

les aflujettir

marché cadencée qui force nos paroles à fuivre nos mouvemens de
l'expre'ffîon â de plus mblime & de plus flatteur , des
;

peindre avec tout ce que
objets qui ne tombèrent

même

jamais fous

les Cens.

Donnant ainfi la raifon de tous les mots, elle fatisfait l'efprit qu'elle éclaire;
elle le met àfon aife il n'erre plus dans le dédale obfcur des Langues où il ne.
;

voyoit rien qui fût

l'effet

de

la raifon

il

^empreinte d'une

fagefle

&

ment

,

dont

il

ne pouvoit découvrir

la

Nature dont

il

lui fa raifon

dérive

,

&

,

,

qu'il étoit

auparavant froid

& Ce liant

à laquelle

n'exige plus d'effort pénible pour le retenir

& auffi énergique

l'origine,

d'une intelligence fuperieure.

Chaque mot ponant dcs-lorsavec
entière prife dans

,

n'apercevoir aucun de ces admirables caractères qui font

éc dans lefquelles

;

il

il

avec une famille
tient eflentielle-

devient auûl intcreflànc

& infipide.

ET DE L'ÉCRITURE.

$
Ces immenfes Dictionnaires qui effrayent l'homme le plus actif, le plus avide
de connoiflances , qu'on n'oie confidérer que par lambeaux , jamais dans leur
enfemble , qui n'offrent qu'un amas confus & indigeffe de mots entaffcs fans
ordre, inventés par hazard, étrangers

les

uns aux autres

,

lâns autre énergie

que

celle

fort

dénués d'une valeur propre qu'on eût pu leur en donner une foule d'autres

dont

les révêtit

ces Dictionnaires

Naturelle de

la

avec l'homme
qui

fe

,

,

dis-je

Parole

,

ils

,

avec peine

caprice

ou une aveugle

changent dcs-lors totalement de face
n'offrent plus

qui eurent des

font tranfmis de

le

que

les

mêmes mots

;

néceffîté

,

main en main à tous

les

Peuples

& qui

,

;

par l'Hiftoire

qui naquirent

premiers inftans une valeur déterminée

les

fi

,

n'ont éprouvé

«me des altérations déterminées , dont les Dictionnaires de tous les Peuples
ne font que les dépofitaires. Avant de les ouvrir, on fait déjà, au moyen de cette
qu'on y trouvera il ne refte,pour les aprendre,qu'à reconnoître
forme fous laquelle chaque mot s'y elt déguifé.

Hiftoire, tout ce
la

:

Par-là difparoît enfin cette immenfité de

gues

:

ils

fe

mots qui forment la maffe des Lan-

fondent en un petit nombre d'élémens primitifs, déjà tous connus.

Les Langues les plus riches n'offrent plus que des commencemens fifoibles,qu'on
tft étonné de leur pauvreté & qu'on ne conçoit pas comment on a pu exaltée
leurs richefTes.

Nos Langues modernes,fans en

excepter

la

de mots qui leur apartiennent en propre, aucun qu'on

Langues

plus anciennes

nération à l'autre

-,

,

d'où

ils

leur font venus

enforte qu'on les

fait

en

fe

Françoïfe,n'ont point

n'ait déjà

vu dans des

tranfmettant d'une vé-

toutes avant de ksavoir étudiées.

On

n'y aperçoit d'autre différence que celle qu'a occafionné la diverfité du ^énie des
Peuples ; ainfi, la même liqueur prend une teinte
une faveur différente, fui-

&

vant les vafes dans lefquels on

la

met.

Avec beaucoup moins d'efforts & beaucoup moins de tems on fauroît infiplus on pourroit fe livrer à la connoilïance des chofes qui ne feroir
plus
interrompue par l'étude des mots on jouiroit du fruit de fes travaux,
,

niment

;

;

uiq

ORIGINE DU LANGAGE

CHAPITRE
Pourquoi

C

cette Hifloire

IL

n'ëxiftoit

pas

encore.

es avantages quiréfùltent de l'Hiftoire Naturelle de la Parole

fibles, qu'il n'eft

perlbnne qui

s'y refufe.

Chacun conviendra

il eft

intereuant de ne marcher jamais au hazard dans l'étude

voir

les fâifdns

facilité

que de

mot

de chaque
plaifir

,

,

d'en acquérir

de pouvoir

lier

la

,

font

fèn-



combien
des Langues , de

(ans peine

connoiflance avec autant de

tqutês les Langues entr'elles

& d'en

,

ramener tous les mots à des Familles communes enfôrte que le cahos informe
rebutant des Langues falle place à l'harmonie la plus luinineufe.
,

&

Plus ces avantages font grands,

à préfènt on

n'ait

cru qu'elle ctoit impoiïible

pu

&plus on aura

lieu d'être furpris

point eu d'Hiftoire Naturelle de

&

;

que

les

la

que jufques

Parole, qu'on

ait

même

Savans qui s'en font occupés n'ayenc

porter leurs travaux au degré d'évidence néceflàire pour la conviction de

leurs Lecteurs.

Rien de

plus aifé cependant à concilier.

L'Hiftoire delaParole

fe

celle des révo'utions qu'il

vain on cherche à

le

perd avec

éprouva

renouer

;

:

celle

des origines

le

en

fil

eft

du genre-humain &aveo

rompu en

mille endroits

on ne trouve par-tout que des ténèbres

;

en

qu'il

paroît impoffible de diffiper. Par-tout des lôns divers qui femblent faire de cha-

que Nation, autant de fociétés qui n'eurent jamais rien de commun ici, des
tons agréables & doux forment la malfe du Langage là , des tons rudes &
:

:

groiliers fe

choquent avec
entre

la différence

d'Inde.

le

Aucune Langue qui

aucune autre

;

art lent

Par-tout

,

&

frapent délâgréablement l'oreille

n'offre

facilite

;

difficulté

les

Monumens

nombre de Langues dont
que

;

fans raport

extrême

qui offre rien de naturel, rien qui ne

telle

du Coq-

^

avec

qu'on

ioit l'effet,

& pénible.
fe dérobent aux recherches

qui voudroient remonter à l'origine des Langues.
Les Dictionnaires pourroient fupléer à ce défaut

inertie

le cri glapiflànt

une multitude de mots

aucune qu'on n'aprenne avec une

n'oublie avec plus de

d'un

effort

chant délicieux du Rofïïgnôl &:

le

nom

i

il

n'exifte

-,

mais

aucun Dictionnaire

& rualheureufement ce font les

ou à

,

il

l'ana'yfè

eft

de ceux

un très-grand

dont on ne connoît

plus anciennes

,

les

pre-

ET DE L'ECRITURE.
Tniefes de routes qui font dans ce cas. Enforte
plus anciens

au

,

ques

ficelés

ment de

l'on

fit

,

les

qui avoient bien aperçu

traité

7
même les

ce qu'elles étoient

,

& non ce qu'elles avoient

de ces objets

entre leiquels

,

route qu'il

la

été quel-

8c qui

,

en

il

eft

ont voulu tracer

qui font

falloit tenir

,

&

,

qu'ils n'ont

de très-belles théories ; mais

il

l'Hif-

allés très-loin

,

&

auxquels nous nous

toujours emprefles à rendre les juues éloges qui leur étoient dus

plutôt dit ce qu'elle devoit être
tait

,

'

Savans qui ont

toire Naturelle de la Parole

fommes

,

Dictionnaires

Langues

état poftérieur des

ces Dictionnaires

les

auparavant, bien loin de nous apprendre ce qu'elles étoient au mo-

leur origine.

Enfin

qu'un

n'offrent

moment où

que

démontré ce

qu'elle étoit

;

,

ont

ils

ont

en pratique dans

leur reftoit à les mettre

toute leur étendue.
Il n'eft

donc pas étonnant que

l'on ait fans cefle effayé

de tracer cette Hil-

& qu'elle ait été fans cefle manquée que tant de Savans s'y foient apliqués & qu'elle foit encore à faire qu'on n'ait encore pu éclaircir l'origine du

toire,

;

;

Langage

&c

de l'Ecriture

raporc des Langues

le

,

,

la raiion

CHAPITRE
Mo YENS

C

E

avoit

fi

qu'il étoit

fort

fi

louvent effayé de

à défirer qu'on

II h

y fommes

par hfquels nous

de chaque mot.

parvenus.

à l'égard des Langues

fît

avec plus ou moins de fucecs

faire

,

ce qu'on

ce que nous

c'eft

,

entreprenons de mettre

ici fous les yeux du Public.
Demandera-t-on par quels moyens nous avons pu parvenir à des découvertes qui fembloient défcfpérées , qui avoient réfifté aux efforts des hommes les

plus diftingues par leurs connoiifances

difparu depuis

fi

long-rems

Ces moyens font
peuvent qu'infpirer

tels qu'ils

la plus

&

,

dont une partie des matériaux ont

J

nous ont

fait

avancer à grands pas

&

qu'ils

ne

grande confiance pour tout ce que nous avons à pro-

pofer.
C'eft l'analyfè des

Langues

voient nous faire connoître
des Langues,

fubfifte

encore en

Par cette analyfe

,

& leurs

raports avec la

les liailons

elles

,

fi

Nature

qui régnent entr'elles
elles

nous avons trouvé

:

,

elles feules

&

fi

la

pou-»

première

en font une dépendance ou non-

qu'elles

ne

diffèrent

que par des

ORIGINE DU LANGAGE

8

variétés acceffoires

&

,

par leurs mots radicaux

& qui

font

fixer

fe

,

l'effet

vocal

un

exa&emem

que les

,

parce qu'ils naifleut de

ne peuvent s'anéantir

raports aufli conftans

,

auffî

,

par leur efTence

,'

même qu'on y aperçoit

la

toujours

mêmes

les

nature de l'inftrument

étoient néceuairement

,

l'effet

Théorie entière du Langage

de

il

ne

Loix du Langage , obligatoires pour tous

les

la

:

que de trouver ces Loix.

s'agiffoit plus

Mais où pouvoient

hommes

,

même &

dans

fi

mêmes

& qu'ils ont lieu dans toute Langue.

foutenus

Loix fondamentales, dont devoit réfulter

.

les

différences

nombre de Phénomènes,

certain

ne peut altérer

qu'ils

,

Des

;

de l'inconftance perpétuelle des Langues que rien ne peut

réduifent à

& que rien

qu'elles font

& primitifs

rélider ces

ce n'eft dans les organes de
fes

raports avec la Nature

voix ou dans l'inftrument vocal lui-

la

tels

,

que

hommes ne purent jamais

les

& qu'on put y ramener toutes les Langues & tous leurs Phénomènes;
que le Langage naquit avec l'homme & s'eft tranlmis de génération

s'en écarter

enfôrte

en génération par un ufage dont rien ne pouvoit anéantir
fond primitif des Langues ;
Ainiî, en analyfant l'inurument vocal,

toutes

fes

propriétés

de ces fons

,

,

La réunion de ces fons forme

la

En

ou

,

tous

raprochant de ces mots primitifs

primitifs

légèrement

même

diverfifiés

la valeur

peignant des

racines de toutes les Langues,

propre de chacun

,

ceux de toutes

pour défigner

objets phyfiques

;

& dont aucune n'a pu s'éloigner.

a toujours vu defcendre d'une manière funple

tranches d'un

,

qu'on a à peindre.

maffe des mots primitifs , tous monofyllabes

tous pris dans l'inftrument vocal
tous.fource

raports avec le

on découvre toute fon étendue,

tous les fons qui en réfultent

leurs raports avec les objets

les

;

ils

les

Langues, on

les

en

ont toujours été ces mots

les idées accelfoires

& les diverfes

objet.

L'examen des procédés que chaque Peuple fuit dans l'emploi de ces mots
, a toujours donné la caufe de ces procédés, Se de tous ceux qui en

primitifs

étoient la fuite, de ceux

même qui fembloient le plus fèrefulèr à

à toute comparaifon.
On a en même tems vu
des Langues

les plus

Verbes, tous

les

la

fe réduire

abondantes

,

au plus

petit

nombre

en ramenant à ces mots

Adjectifs, tous les Adverbes, tous les

mots

toute analyfe,

poflïble les

mots

primitifs tous les

figurés qui

forment

malfe prefqu'entiere des Langues.

& confiante on a vu naître les régies de la Science
& l'on a pu les tracer d'une manière qui entraîne avec elle la

Par cette marche fimple

Étymologique
convi&ion

,

,

& ne laiffe aucun lieu à l'arbitraire.
CHAP.

IV.

ET DE L'ÉCRITURE.

CHAPITRE
De
oj!

E

l'Art Etymologique

,

généralement décrié,

n'ignore pas dans quel diferédit

regarde

comme un

Art trompeur

IV-

e(t

tombé

l'Art

& illufoire &
,

& pourquoi.

Etymologique

ceux qui

;

qu'on

s'y livrent

des perfonnes que féduit un défir abfurde de connoître des chofes
connoiîlàncc defquelles

il

cft

logies ctoient jeux d'enfans

impoffible de parvenir qu'on a dit
-,

,

&

qu'on y voit,

comme

dans

les

le

comme
à

la

que les Etymonuages, tout ce

qu'on veut.
Je n'ignore pas

non

plus

de tenir un

pareil

logiues

avoient entre

:

ils

que

l'on n'a

malheureufement que trop de ration

langage Se d'être exceflivement prévenu contre
les

les

Étymo-

mains une arme à deux tranchans qui a

prefque tous ceux qui ont voulu s'en fervir

:

rien de plus faftidieux

quarts des Etymologies qui ont paru jufques-ici
critique, ni régies ni procédés conftans;

-,

on n'y

que

bleflc

les trois

voit, ni principes

on y marche toujours à l'aventure;

,

ni

leurs

Auteurs fans ce(Te balottés par

les

lorfqu'on ne

nagent dans une mer immenfe fans boufiole,

lait

fans gouvernail

contrent çà
elles leur

&

,

pas s'en fervir
fans guide

là; Se

comme

Audi, malgré
,

on

ils

lueurs trompeufes qu'offre l'Etymologie

ne doivent qu'au hazard

n'a

véritable Art

les

la

aucun enfemble
bon chemin, Se elles ionr

multitude d'erreurs dont

que des matériaux épars

Orig. du Long.

le

travaux en ce genre d'un grand

Etymologique

les vérités qu'ils ren-»

ces vérités ne tiennent chez eux à

font inutiles pour les remettre dans

étouffées elles-mêmes par

gués

;

,

étoit

,

dont

il

elles

font envelopécs.

nombre de Savans

ne réfulte aucun enfemble

encore à créer.

$

dtftin;

Se le

ORIGINE DU LANGAGE

\o

CHAPITRE

V-

Caufcs quijufques-ici ar oient empêché que cet Art eût

été perfectionne'.

L n'efi: pas difficile d'indiquer les caufes qui ont empêché Jufques-ici que
nous euflions de bonnes Étymolcgies nous ne aurions les palier lous filence
y
on enverra mieux comment nous avons pu aller plus loin que perfonne en ce

Ji,

:

genre

que

-,

célèbres

nous allons relever

h*

ce n'eft point pour

perionnel

efc

',

&

qu'on

apercevoir. Leur gloire
trer,

c'efl:

travailler

efi

les

méprifes d'un grand

nombre d'Hommes

mémoire ou pour

affaiblir leur 'gloire
,

leur

flétrir

au-deflus de ces méprifes

elle eft

leur

,

mais afin qu'on diftingue

;

puiife voir

en

effet

même

:

Grèce, aux teins de tous ceux qui

la

ces objets

eue

& elles fe font perpétuées

;

,

Ori

fit

1

leurs excellens

,

en

ils

lailferent

ou à

les

perdre tous

Platon, à

la

la

vérité, convint

ne chercha ni

foutiurent

peut-être

Ce que

les
les

les caufes

remontent aux beaux
les

Auteurs

recherche de

& livrés aux fpéculations les plus

Monumens

les

;

;

devenus Maîtres de
ils ne cherchèrent

jamais

le

Grec

étoit rempli de

mots barbares mais
;

fe livrer

à ce

travail.

ieuls entre tous les Philofophes s'occupèrent

le



caufe

prouv oient-ils mal

connoiffances dont

ils

,

;

travaux en ce genre.

Varrok.

les

On

le

d'étymclogies

:

mais on ne crut pas à leur fyflême;

ou ne

s'en mirent-ils pas

en peine

,

auroient eu befôin.

Grecs ne firent pas. les Latins auroient pu

rendez-vous de toutes

,

la

opinions anciennes

de ces râpons, ni quelle en pouvoir être l'étendue ;

devenus Maîtres de prefque tout

d'entr'eux

en

leur propre.

que

que tout mot avoit

même

n'ayant pas



par Tinfiuence que

vues n'engagèrent aucun Grec à

Les Stoïciens
ils

elles

il,

conferver; encore moins à découvrir, par l'étude des

autres Langues, l'origine de

&i fês

:

font livrés à

mépriferent ibuverainement l'étude des Langues

È les raflembler

il

,

fe

,

!

tems modernes.

fur les

Les rjrecs,vains de
futiles

;

quel mérite auroient-ils

Les caules de leurs méprifes font anciennes

or.t

commencé à
la démon-

aux Etymologies,ils s'éroient occupés d'un Art chimérique

fe livrant

tems de

vérité,de ce oui

une nouvelle rouce

d'avoir foupçonné

pour cette gloire

la

ce qu'ils avoient

Monde connu

,

le ffire, îorfqu'ils

8c

que leur

Ville

furent
fut le

Langues. Rien de plus inupide cependant que leurs

en peut juger par ce qui nous

refte

du

plus lavant

ET DE L'ECRITURE;
ïl

à

rechercha l'origine de

Langue Latine

la

Etymologies font

cet égard, Tes

;

On

pitié.

n

mais dépourvu de tour principe

fouftre

pour cet

Romain

illuffxe

en voyant l'imperfection de Ion travail, & combien il dut lui coûter il eft, en
effet, bien plus difficile de marcher dans des routes efearpees & cù il faut fans
:

cette chercher

tout

une

fait lorfqu'il

que de

iffiie,

pouvoir

fui-vre

des routes unies. Varroncroyoit avoir

un met Latin avec des mots Grecs

lier

;

&

il

ne voyoic

pas qu'il n'en étoic pas plus avancé, puifque ces râpons ne prouvoient pas

gine de ces mots

Quelquefois
gues de

Quelle
d'Italie
les

&
il

qu'ils n'étoient

le

Phénicien

celles des Iffes

fes factions

Aucun Savant dans
génie
fallu

les

Langues

-,

le

,

aucun

fait tirer

Sicanien ou Sicilien
,

l'Égyptien

Haure-Afie, fur-tout

,

,

le

celle

frapans qu'on diroit que les

Ces

avec

la

Rome

tumulte de

le

murs

,

les affaires

,

,

mul-

féjour d'une

meilleure volonté âv

ou par

,_

,

le plus

grand

que Varron il auroic
des Dictionnaires , des Grammaires
ni Dictionnaires , ni Grammaires ;

mieux que Platon

Monumens

n'étoit pas l'ouvrage

anciennes Lan-

à ces recherches profondes.

,

faire

l'on croit prefqu'auill pauvre en

Ce

la

Ci

enceinte de

5: l'on n'avoir

avoir fous les yeux des

de toutes

ne

de Malrhe

toujours entraînés par

,

le livrer

pu

Latin font

la vafte

ce tems-là

n'auroit peut-être

,

&

Langues de

le

titude de Citoyens toujours agités

qu'on pouvoit

l'Éolien

,

de Crète

mais ce n'étoit pas dans

:

dans

,

les

il

offroient cependant pas ces anciennes Langues

Pcrfes furent frères des Latins

les plaints,

&
;

lui

Perfe dont les raports avec

au milieu de

par hazard

biffent dans les ténèbres les plus profondes.

Si toutes les

,

l'ori-

d'y arriver plus aifément.

le

Samnite, l'Ecrufque

le

Langues Celtiques,

la

moyen

ils

;

mineimmenfe ne

comme

que

n'eft

brillans aperçus

,

qu'un

aperçoit des raports entre le Latin

mais ce

5

l'Ofque

!

Syrien,

de

aufïi

l'Italie

de ces

parti

,

£c

;

Monumens.
un feul homme n'auroic pu
pu montrer que l'exemple; & cet exemple

d'une feule perfonne

;

rafTembler tous ces objets;

il

n'eût

auroit été en pure perce

le

corps des gens de Lettres n'y eût attaché quelque

mérite, £< une

utilité

,

Ci

prenante.

&

les
Lors du renouvellement des Sciences en Europe , on prit les Latins
l'on crut avec eux que leurs Langues n'avoient aucun
;

Grecs pour modèle

raport avec d'autres
«rue n'avoit

&

:

l'on alla

même

plus loin;

Cependant

,

on

aUoir infiniment plus loin qu'eux, d'abord par

enfuite par les divers avantages

qu'on

eux ;
par raffembler tout ce qui pouvoit encore
ditions

,

on fe perluada qu'aucune Lan-

aucun raport à aucune autre.

Monumens

,

Livres

,

Médailles

vit

exifter
,

amour pour

on commença
de relatif aux Anciens Tra-

qui en réfultoient

Statues

;

:

,

Infcriptions

Bij

,

Edifices

,

ORIGINE DU LANGAGE

la
Tableaux

ne

Sec. rien

,

de tout ce qui pourrait répandre quelque

fut oublié

On connut mieux l'Orient

jour fur l'Antiquité.

berceau des

,

Hommes &

des

Sciences.

Mais aux conneiflances des Grecs

Se des

devenues absolument néceflàires par une

Langues Sacrées

l'étude des

l'étude de toutes les

Livres Sacrés

:

fuite

Latins

de

la

,

au Théologien

néceflàires

Langues anciennes dans

s'en joignirent d'autres

Religion Chrétienne

& au Philologue

lefquelles

on avoir

;

ce fut

:

ce fut

traduit les

ce fut celle de toutes les Langues modernes des Contrées dans

lefquelles s'établifloient des Millions.

L'étude des Langues devenue indilpenfable dans ces derniers tems, occasionna des travaux immenfes abfolument inconnus à l'Antiquité
Dictionnaires

,

toute Langue

:

entr'elles

des Vocabulaires
bientôt

bientôt

:

on

on

Grammaires

des

,

que toutes

fentit

ces

,

Langues avoient des raports

chercha, quelle pouvoit être leur origine

cherches étymologiques auxquelles on

livré

s'efl:

on eut des
, &c. de

:

des Gloflaires

;

de-là les re-

avec tant d'ardeur dans

les

derniers iiécles.

CHAPITRE

VI-

Enumèration des principaux Auteurs Etymologiques.
_J_

elle

étoit l'idée avantageufe

tel étoit l'éclat

on

étoit

envclopé à fon égard

de touces

les

Communions

comparer

les

Langues

tipliés

par-tout

qu'on

des traits de lumière qu'il

:

pu

l'on a

échaper à travers

;

Se

que

refroidir

,

les

la

vu des Savans de tous

Chrétiennes de l'Europe

entr'elles

rien n'a

que

,

formoit de l'Art Etymologique}

fe

laifloit

fe livrer

à cet égard
les

,

îè (ont

l'ardeur des Savans

autres

;

Pays Se

à cette étude

Ouvrages en ce genre

de (ùcecs des uns n'a fervt qu'à enflammer

nuit dont
les

-,

,

Se

mul-

le

peu

les chutes n'étoienc

comptées pour rien; une bonne Etymologie confoloit de cent mauvaifes ; la
plupart ont eu pour Auteurs des Savans du premier mérite. L'on peut même
^flairer

pit

que ceux qui en ont dit

le plus

de tres-diftingués ne
propofer

:

ainfi fur le

les plus refpectables

eipcrok.

cefler

de mal

,

n'étoient animés

que par

le

dé-

;

on en a vu

de dire du mal des Etymologie;:, 6c ne

cefier d'en

de ne pouvoir percer à travers

le

nuage qui envelopoit cet Art

Monde

on ne blâme Jouvent des perlonnes
que parce qu'on n'en a pu obtenir les faveurs qu'on en
Théâtre du

,


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