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Nom original: mondeprimitifana05cour.pdfTitre: Monde primitif : analys et compar avec le monde moderne ...Auteur: Court de Gbelin, Antoine, 1725-1784

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ft

MONDE

^~

PRIMITIF,

ANALYSÉ ET COMPARÉ

AVEC LE MONDE MODERNE,
CONSIDÉRÉ
DANS LES ORIGINES FRANÇOISES;
o u

DÏCTÏONNAIEE
ETYM O LO

DE

'LA

QU E
LANGUE FRANÇOISEG

I

Pourquoi errerions- nous à Taventure dans

<

!

l'ctude des

mots

;

>

'CINQ.UIEME LirRAISOJi,

PU Y

'AMOUR

13
Pour courvivttcr le nieUUur Poète Prançoù
F/^nltJz>t^e

\mm

Jiûffiét int>-

<wrf

OrvgimJ

J^ru/ii^oufeà-

wmmmssmmat0smuumÊm

-K Hc/noéiel


i^tt^.

,.11.

Xéi i)nc

i,-"

MONDE

;

PRIMITIF^

ANALYSE ET COMPARÉ

AVEC

MONDE MODERNE,

L.E

CONSIDÈRE
DANS LES ORIGINES FRANÇOISES;
u

o

DICTIONNAIRE
ÉTY MO LO GIQ,U E

DE EA EAMGVE FRAMÇOÎSE»
Avec

des Figures en Taille-douce.

PAR
J}c

la.

Société

M.

COURT DE GEBELIN,

Econom. de Berne y des Académies Royales de

Dijon

(?

&

la Rochelle'

Rouen,

A PARIS,

rae Poupée, Maifon de M. Boucher, Secrétaire du Roù
Ç L'Auteur,
l B o u D E T , Imprimeur-Libraire , rue Saint Jacques,
-,,

JValleyre l'aîné, Imprimeur-Libraire, rue de la vieille Bouderie*
Veuve DucHESNE, Libraire rue Saint' Jacques,
j
f Saugrain, Libraire quai des Auguftins,
(^ RuAutT, Libraire, rue de la Harpe,
"
y
<^V.
M. D C C L X X V II I.
,

,

O

-

=

'

jLVEC

APPROBATION ET PRIVILÈGE DU RO£^

^5"

DISCOURS
E É L ïM

P

N A

ï

ï

M

E,

ARTICLE PREMIER.
'Objet de

cet

Ouvrage fur

les

Origines Françoîfes

y

quon

&

,

Méthode

Juit.

I.

J.

DES ETY MOLOGIES EN GÉNÈRAX.
^La'ES mots
'des "Sciences

'voir, de

•moyen



font

,

les

des lumières

liea desTociétés, le vctiicule

le

Nation

d'une
dépofitairès des découvertes

de !« idées:

politefïè,

indifpenfable pour acquérir

appelles Di£lionnaires

,

la

connoiffance des mots

celle

des

cliofes

Vocabulaires ou Gloflaires

,

;

,

la

bafe

de fen

fâ-

eft

de-Ià ces

,

O'Jii »<*«(«;

donc un

Ouvrages

qui ofKcnt l'étendue de^

connoifTances de chaque Peuple.

Mais dans ces Dictionnaires, nulle
rangés par ordre alphabétique,
-l'un eft nulle

&

pour

ils

l'intelligence [des

liaifbn,

nul rapport entre les mots:

font tous ifolés

autres

:

,

6c la

connoiOance de

chacun d'eux femble tombé

mieux pourquoi on attacha telle idée à tel
fbn, quel rapport fecrct , quel charme ies enchaîna l'un à l'autre; fbuvenFc
on ne peut diftinguer s'ils font fimplcs ou compofcs : prefqne toujours on

du

Ciel

,

on ne

voit pas

ils ont
éprouvées, quel Peuple ei» fut l'inventeur,
ignore quelles révolutions
comment ils fe tranfmirent jufqu'à nous; fi, voués à une ftérilitc éter-

ne produifirent point de dcfcendans-, ou fi renfermant une idée
féconde en développemens, ils produifirent des familles auflî nombreufes que
nelle,

ils

DiS. Etynu

^

t(

'
j

DISCOURS

ij

ces développemens

un même mot
nuances de

les

:

s'il

au

fervit,

commencement y que
mot pour chaque

moyen

root pour chaque idée
particulière , ou fl
de légers acceflbires , à
exprimer toutes,

&

plus vafte

l'idée la

de toute efpéce.
On ne tarda pas à

un

fallut

la

de modifications

plus fiifceptible

n'en devoir pas avoir été ainfi dés le
durent pas avoir inventé un nou-

fentir qu'il

hommes ne

les

idée; mais qu'à mefure que les idées s'ctendoient,
de
nouvelles
nuances au mot qui dès l'origine avoir défigncajoûtoit
cette idée principale. On fe convainquit encore que lorlqu'un mot avoir

veau

on

été affigné de la manière la plus convenable à
mettoit à travers toutes les générations avec cette

devoit avoir hérité des mots
, on n'eft quufufruitier.
Les mots parurent "ainfi

,

comme on

une idée

même

il

,

idée

hérite d'une Terre

;

,

fe

tranf-

&

qu'on

qu'en tout

cela

f

^rifnitiu»-»

'^s

mots

primitifs qui

dans leur fens
:

^

fi

-IJ

3 Ctm\>6HÙ\iLi

d'analyfe
a°. Les

tels

le

divifes

en deux ou
les

exprimoient

mots

trois

grandes

générales

,

les

étendu, au-delà duquel

plus vafte, le plus

font les

idées

Grand, Fort, Beau, Mer,

clàfles

idées

:

i*»

prifès

a plus
Terre, Air..
il

n'y

mots dérives qui expriment les nuances de ces idées , tels que:
Grandeur i Fortereffe^ Beauté, Maritime, Terrejlre , aéré, &c.
5°. Les mots compofés de plufieurs autres, tels que Grand-Pere , Ren/on. Embellir i Outre-Mer, Baffe-Terre, Bel- Air.
On chercha donc à reconnoître dans chaque Langue quels éroient ces

mots

compofés; & en les raffemon en formoit des familles nombreufes , qui offioicnt des Tai-

primitifs, quels

blant ainfi

,

fes

dérives,

bleaux auffi intéreflàns que variés
C'eft cette diftribution des mots

quels

&
,

fès

à parcourir.
cette connoiflance de leurs rapports,.
faciles

Grecs appellerent Etymologie , mot qui fignifie Connoissance de.
que
on l'a cru,,
la VÉRITÉ,
ils vouloient dire
par-la, non fiinplement comme
les

a

t^11fV6L0«i|

&

que l'Etymologie
entr'eux
tr'eux

,.

&

n'étoit

que

la

connoifTance de

la

vraie filiation des mots-,

&

du rapport des mots enmais qu'elle étoit la connoifïànçe
de leur rapport avec la nature même des chofes. En efièt, cette.-

fublime.
elpéce d'Etymologie eft auflî froide que l'autre cft
des
mots les;
la
idée
comioifîànce
haute
Telle étoit
qu'attachoient à la

première

Grecs,, ce Peuple qui, au milieu d'une multitude de Nations barbares , avoic
les Connoiflances à un
point de perfcdion qui fit penporté les Arts
dant fi long-tems le défe^oir des hommes ; enforte qu'on fe croyoit par-

&

.^cnu au plus haut période des talens, aux bornes

les

plus reculées

de. Tei^

PRELIMINAIRE.
iprit

Cependant

compare

lorfqu'on

,

formoient de l'Etymologie
tombée au milieu de nous

ou

pèrent,

pu entrer en concurrence avec eux.

lorfqu'on avoir

humain,

,

avec

,

iij

on

cette

l'état

idée étonnante que

informe dans lequel cette (cience eft
de croire que les Grecs fe trom-

feroit tenté

ceux qui ont ufurpé ce nom, ou auxquels on
font un cahos effroyable de lumière & d'obfcurité
on n'y

que de doutes
vérité, elle

d'incertitudes

,

toujours ifolée

eft

&
,

d'erreurs

;

&

on n'en peut

la

,

Ouvrages

aucune conféquence,
de toutes parts. Les Au-

tirer

lorfqu'ils

Langue Latine

comme

4oient

qui l'inveftiffènt
croyoient avoir rempli leur tâche avec

avoient pu
,

les

au

lier les

de

la

le

plus grand
mots de nos Langues modernes avec

mots Latins avec ceux des Grecs;

faîte

attribue,

environne

eft

on y entrevoit quelque

fi

elle refte étouffée par les erreurs

ces

l'a

:

-,

fucccs

(e

à cet égard d'une mafle de lumières donc
totalement privés. Nous n'avons point de livres vraiment

étymologiques

de

Grecs

qu'ils jouifToient

nous fommes

teurs

les

gloire

étymologique,

&

ils

lorfqu'ils

fe

regaravoient pu

aufll
parvenir à les lier en tout ou en partie avec la Langue Hébraïque ;
à
re«toit-on parvenu à n'avoir que du dégoût pour les
Etymologies ,

&

garder cet Art
exifté.

jamais

comme

ou conTme impoQîble à retrouver , s'il avoir
an fi malheureux fucccs
conmie érudits, comme les Héros du favoir, & plus on
illufoire

Plus ceux qui l'avoient cultivé avec

•étoient

regardés
^toit prévenu contre des recherches auflî infiruéhieufes.
Telle étoit à cet
égard l'idée des Savans de toutes les Nations
<jue
\ine

dans
fuite

notre

Plan Générai

d'ouvrages

relatifs

da

Monde

Primitif nous

à l'Art Etymologique

;

le

,

lorC-

annonçâmes

Didionnaire de

Langue Primitive; le Didionnaire Comparatif des Langues; le Dictionnaire Etymologique des Noms propres de Lieux, Montagnes, Fleuves,
la

&

de l'ASC; les Didionnaires EtymoVilles, Bourgs, &c. de l'Europe
des
Latine,
logiques
Langues Grecque,
Françoifê 4 même celui de l'Héde
cette
avoit
treu,
toujours regardé comme le non plus
Langue qu'on
ultra de l'Etymologifte , comme un compofô d'élémens au-delà duquel
ne pouvoir rien trouver de plus fimple.

Ce

fut ainfi

<e Plan

que nous nous exprimâmes

fiir

la

oa

Langue Françoifê dans

Général.

admirable avec lequel les Langues fe formèrent , ne fe fait
M plus fentir dans la Langue Franc oiiè. Quoiqu'elle (bit au fond la Lan» gue
primitive, elle a fouffèrt tant de révolutions pour arriver jufqu'à
i>

»

L'Art

i«3us

,

elle

a été

fi

prodigieufâmenc altérée par

les diverfités

de pronoii-



D

ÎW

» ciànon& d orthograpJie
» mains de même que
jj

,

mots

S
empruntes de toutes
de Nations qui le difpua.

qu'elle

,
par le choc de tant
terent eo divers tems l'Empire des Gaules , qu'elle

»>

de fon origine;

&

qu'au

»

être,

&

a

apauvrie,

«Langue
»

U R

T s C
& par les

cilité

lieu

perdu

primitive favoic

dont

les

Grecs,

fe

prêter

Arabes

les

M ayantages.
aç Jl nous feroit. cependant
» notre Langue.
,

a perdu toute idée
de devenir plus abondante, elle s'eft peutcette merveilleufe facilité avec laquelle la

j

à tous

les

&:

Chinois tirèrent

les

bcfoins

fort utile de. connoître
-

dés

les

hommes;
de

fi

fâ-

grands

Etymologies et:

p.

;..>

i"^ Pour débrouiller l'ori^e de îa Nation Françoilc.
f»tt".. Pour mieux connaître la fource de nos Coutumes, de nos
a»,

raœur?,'

»

nos anciens monumens,, &C.élaftidté
- »
3,> Afin de pouvoir rétablir l'énergie de notre Langue , Ton
* en quelque façon; de manière qu'elle pût, d'un côté, nous fervir d'enprêter plus
Langues; & d'mi autre,,
w. aifèment aux connoiflânccs
nous
ne
ceflbns d'acquérir.
que
ont donc cherché avec foin l'origine de cette
î if» Nombre de Savans
«Langue; nous avons. même de gros Diftiomiaircs où l'on nous promet

•> trée à^la connoiflance des autres.

fe

&

nous n'en fommes pas plus avancés.
«.res^Etyraoi.ogies,
» Deux choies s'pppofoicnt à ce que. cet Ouvrage fiît bien fait.
:,»i«.:L'idée'où l'on étoit que le François dérivoit uniquement de

la-'

celle-là avoir:
Langue Latiiie avec quelque mélange de la Grecque, & que
Gaules..
les
dans
»M;owtement anéanti celle qu'on parloit auparavant
on hè?
.;j»'i^. Lorfqu'on étoit arrivé, à une origine Grecque &. Latine",

3k

M iâveic plus- où aller; ceux qui ont voulu remonter plus haut, s'ctanf
>i
la.
Langue Latine comme fille unique-égarés eux-mêmes. Ils. regardèrent
ornent de l'Hcbraïque & ne la comparèrent jamais avec la Langue des.
.

» Celtes, premiers
» gue primitive ;,
» Mais au

habitans de l'Europe,
auffi

moyen

n'ont^ils

.Là,.du n^ot François

quëS'

y avoient apporté

la

Lan^

.rc;i^flîr,

;

,

c'eft le

VI^ objet de

on ren%onre au

M-Ljingdes Se roussies Peuples, par lefquels
Mt

qui

des racines primitiTCS .& du Diftionnaire compara-on eft.cn.état de reconnoître l'origine de tous le?.

»:ùf des Langues,
» mots de notre Langue
jjj;*»

pu

&

cet

Ouvrage,

primitif ,
il

ett

à

toutes

les-

pour venir

jufi-

travers

pallc

à iK>u$<.

f-Cettc pouioa. du- grand

Quywge que nous

oSr'ons

au Public, doi^i

P RÈ L

T

M I N A I R E.

y

qui a quelqu' attachement pour &
« Langue , qu'on y trouver* (ans doute des reflburces pour fuppléer à tout
»• ce que nous avons perdu à cet égard , par une fuite des terribles rétout

»»îintcreiTer d'autant plus

ii\

que nous arons

volutions

François

les
premiers
eiruyées depuis

changemens que

U

dans nos Contrées.
«Langue primitive éprouva
» Ajoutons, qu'on pourra par ce moyen former un alphabet plus abonj^dant, plus conforme' à nos befeins , mieux aflbrti à nos mots,
§. II.>

Motifs qui ont déterminé à faire paroîtte , avant tous

les autres

Is-

y

Dictionnaire Etymologique de la Langue Françoife,

Après avoir donné dans deux Volumes préccdens lesÉlémens du Lan-'»
gage ou la Grammaire Univerfelle , l'Origine du Langage & de l'Ecriture ,
loix

les

d'après

lerquelles

3nême mot éprouve en

fe

on reconnoît làns peine les altérations qu'un
tranfmettant d'un Peuple à un autre; il ne nous-

qu'à faire paroître les Didionnaires Etymologiques des Langues'
nous
avons
annoncés dans ce Plan Général.
Que
Mais dans l'impcfllbiliré où nous étions de les faire paroître tous àceftoit plus

la

fois,

Les

il

a

fallu

nécellàirement

les

plus
Origines
, ont dû avoir

Leûeurs

faire-

un choix;

iinéiedàntes pour
le

pas

:

le

a-t-il été

plus

nous publions donc aujourd'hui

CINES Erançoises ou le Didtionnaire Etymologique
Nous croyons faire en cela un choix agréable
çoife.
fi;nt

les

difficile

Origines de leur propre Langue

,

à faire?

grand nombre de
de

la

nos-

Ori»

les

Langue Fran-"

à nos Ledeurs.

ou d'une Langue

Ce

qu'ils

enten-

dent, d'une Langue qui s'eft enrichie des dépouilles déroutes les Langues-lavantes y maniée elle-même par des Savaiis diftingués, dépositaire d'une
multitude de connoilîànces , riche en chef-d'œuvres de toute elpcce
fiere
;

de fes Orateurs, de fes Poètes, de fês Hiftoriens, de lès Philofophes , de(ès Ecrivains en tout
genre; & qui entendue de prefque tous les Peuplesiie la

&

terre,

les

a

pxefqu'atteint la gloire> des

les

Langues que parlèrent

Grecs

Romains.

Décrire

fes.

Origines,

c'eft

donc en quelque

forte travailler

pour tous'

tous
, pour
Peuples ;
l'Origine même
lavantes
dont
c'eft
le François a tant emprunté
Langues
répandre de
dans
cette
faire
.nouvelles beautés fur les ouvraggs çcrits
Langue,

nos Contemporains
des.



les

c'eft

cclaircir
:

&

m-

DISCOURS

v}
de

fortir l'art

les

Auteurs

;

en

c'eft

faciliter la

&

conuoiflànce

la

rendre pluf

recommandable.
D'ailleurs,

de nos

Ce

quelles

principes,

ia

Etymologies pouvoienc mieux faire fèntir la fûretc
rapidité de notre marche, l'utilité de nos recherches»

&

point fur des mots inconnus ou étrangers
peu intéreflans que
nous promenons les regards de nos Lefteurs ; nous confidérons avec eux
n'eft

des mots

dont

connoiflcnt,

qu'ils

ils

Tentent toute

la

force,

fur

le

fens

defqucls on ne peut leur faire illufion; ce font des origines qu'ils défirent
eux-mêmes, & dsnt ils fentent toute l'utilité. Ce font leurs propres lu-

mières que nous prenons pour Juges ; c'eft la bonté de leur logique que
nous invoquons; la force de leur fentiment, leur convidlion ple^e
entière que nous voulons enchaîner.

&

Que nous
que Langue
jfurprendre

commencé

Langue primitive , ou par quel,
pu fôupçonner que nous cherchions à
de nos Ledeurs, à leur faire illufion par des rapfuffrage
euffions

on

fâvanre

le

effets

prochemens trompeurs,

&

voir ce qu'elle défire

elle-même

qui ne

on

par

la

auroit

d'une imagination vive

manque

&

ardente qui croit

jamais de prétextes fpccieux pout

que , conduâeurs aveugles , nous
pu
d
autres
dans
des
fentiers inconnus à tous.
aveugles
promenions
Mais en nous occupant d'Origines Françoifes, ces craintes s'cvanouif-

Te fcduire

:

auroit

croire

chacun peut voir fi nous ne nous trompons pas dans les rapports
que nous appercevons eiitre divers mots , dans la manière dont nous les
.claflons, dans les altérations que nous leur attribuons. Sans fàvoir les Lanfent

:

gues, chacun peut

s'alTurer

par foi-même

HWJts qui appartiennent à une
dii

Ter.

mot

primitif

Ver,

fi

nous avons

rapproché

des

même

famille; en diiânt, par exemple, que
qui défignoit l'Eau, nom refté dans les fleuves ap-

Vero , FiR, Fire,
pelles aujourd'hui Var, Varmo, Varka, VtRESis,
que de ce mot, dis-je, dériva le mot Vérité, parce que l'eau érant par
fà clarté

VÉRITÉ

&
eft

U

le miroir des
êtres
phyfiques,
par fa limpidité
corps ou des
le miroir des idées oti des êtres intelleéluels,
leur
également

&

repréfentation d'une manière auflî fidclle, aufli nette, auffi claire
que c'eft par cette railôn
repréfentation des corps par l'eau ;

&

Latin

Férus

figniiioit

fincere,

Chacun peut également

net,

que

la.

que

le

nous avons trouvé

le

réel.

juger par {bi-racmc

,

fi

vrai, en difànc que la plupart des noms, de nos inftrumens de mufique
font formés par onomatopée ou par l'imitation du fon qu'ils font enten-

dre

:

que

les

noms

,

par exemple

,

du Tamtour , du Tympanon ^ de

la Tim-i

PRÉLIMINAIRE,
taie

ds

imitent

,

Ton rendu par un corps iônore fur lequel on frappe : que celui
le Ton d'un corps qu'on fait réfonner
par le fôufflc ; tan-

Trompette imite

la

dis

le

vîj

les

que

noms du Violon, du

Fioloncel, de la Bajfe de Viols

&

,

tous inftru-

,
que rend une corde fous le corps
à
celui
de la voyelle I , qui a lui-même un
la
cjui
pince , fon très-analogue
eâradere fi différent de celui des voyelles nafales am , im , om, dont eft

imitent

meiîs à cordes

compofè
Il eft

le

nom

vrai

Ton aigu

le

Tambours , des Tympanons des Timbales.
qu'en commençant par la Langue Françoife nous rendions nodes

,

,

tre travail infiniment plus épineux

cherches pour retrouver l'origine
térations , en padânt à travers les

commencemens

foibles

,

&

dont

&

plus long
beaucoup plus de rede nos mots qui ont éprouvé nombre d'alfiécles , dont le tems a fait
difparoître les

mafTe entière

difiScultés,

qu'elle étoitk plus aifee

,

faut

il

:

eft

dénaturée.

& à la critique la

plus fevcre

nous avons cru être plus

utiles

,

eiv

à nos

nous avons efpéré qu'entraînés par un intérêt toujours préfenr,
voyant par eux-mêmes que la Langue Françoife defcend réellement de
Langue primitive , 5i fes rapports avec les Langues Savantes , le Latin , le

Ledeurs
la

&

la

Mais en nous expofànt à ces

même tems

afiilc

Grec

;

l'Hébreu ou l'Arabe

,

, ils

ne douteroient plus que

les diverfès

Langues

ne font que des branches cparfes d'une feule qu'il
,
qu'on
n'eft
plus impofllble de les comparer entr'elles , de les ramener à une fburce
commune; que cette entreprifè même ne peut qu'être infiniment utile pour
parle fur la terre

fijciliter

l'étude des

des Peuples

&

:

Langues en

la

fimplifiant, &r

des Sociétés qui ont

fleuri

pour

fur la

éclaircir l'Hiftoirc

terre

:

même

nous avons cru en

même

tems que ces avantages infpireroient une nouvelle ardeur pour nous
fiiivre dans le refte de nos recherches , ôc
augmenteroient la confiance qu'oa
elles.
avor
en
peut
irr.
§.
Diverfes Clajfes des

mots dans

ces

Originesv

Afin qu'on apperçoive d'avance ce qu'on
peut efpérer de nos Origines Fran, nous allons
expofèr le plan que nous avons fuivi. Nous avons diftribué fous quatre ClaiTes les mots renfermes fous chaque Lettre de
l'Aphabet :
dans la première, nous avons mis les mots François dçfcendus de la
Langue

^oifes

Celtique ; dans la féconde, ceux que nous devons aux Latins; dans la troifiéme,
ceux qui font emptuntés du Grec ; dans b quatrième , ceux qui font venus de
rOrient.

Comme

les

mois

qjii

conftituenc ces trois dernières ClafTes, doivent stH

'.a

D

vlîj

venir dans

I s C

UR

O

S

Didîonnaires Etymologiques Latin, Grec Si Hébreu, nous nous
les mettre ici
par ordre Alphabcnque , en faifànt pré-

les

foinmes contentés de
céder

ils
.

le

& Raccompagnant du mot Latin

mot François

,

Grec ou Oriental dont

dérivé.

eft

il

Par rapport aux mots François defcendus de
conftituent le fond même de notre Langue ,

la

Langue Celtique

&

qu'ils

comme

,

forment des familles

méthode abfblument difïc,
obligés de (îiivre une
rente mais la même que nous obferyerons s. l'égard des Langues dont nous
aurons occalion de nous occuper.
nous avons

jmmenfes

été

,

Sous un monofyllable Celtique , mot primitif

&

radical, nous avons rapFrançois qui en font dérivés.

ordre Alphabétique tous les mots
porté par

Lorfque le nombre de cçux-ci a été confidérable 5c qu'ils ont pu fe divifêr
en diverfes branches (éparées par une idée particulière fubordonnée à la
avons divifé ces_ familles en pluiîeurs branches diftinguécs chagénérale, nous
cune
un numéro & à la tête de ciiaque divifion , nous avons répété le
par

;

•mot radical avec

la

idée plus
ple donnera une
;j:ions

dont

nuance

particulière
exaéte de cette

il

venoit defè charger. Un exemtout ce que nous pour»;

méthode que

dire.

M-xemph des grandes Familles qui en

mot Bal

'Parvenus au

,

j)û\

OMH-

^ille

«
a

,

nous l'avons

écrit

le
primitif qui défigna

Se brillant

comme le

,

monofyllabe Celtique & Chef d'une immenfè f*-'
tête
nous avons dit: «le mot Bal fut un mot

&
Soleil, & pat

en

refultem.

Soleil

:

confequent

i*. tout ce qui

eft:

,

i**.

élevé

tout ce qui

comme

eft

lui : j ?.

beau

tout ce

rond. Sous chacun de ces points de vue , ce mot cft devenu la
» fourcc d'unemuîtitude 4e Familles dans la Langue Françoife , en Ce prononavecl'éiifion de la voyelle Bl4^
.» cant fuivant les Peuples, Bal, Bel,Jîol,
j3

qui

eft

&

^z£, &c. »De-là

réfultent dix branches dérivées

de cette

feule

racine,

Se

cinquantaine de divihons.
1°. Les noms de quelques Plantes &: Animaux.

d'où réfulte une

a°.

Bel, dcfignant

3 o.

Ba-l

,

la

devenu Bl a

Beauté.
,

nom

de diverfes couleurs, des mots

l>/anc,

bleu ,'

blonà, blason. Sec.
4®. Bail,
jfo,

Cal

,

nom

relatif

à

la

puifïànce

relatif à l'élévation ,

,

à la confervation

d'où .Balcon

,

"

&

protedion.

Balujlrade,
'

<°.Bai.;

PRÉLIMINAIRE.
'^. Bal

,

relatif

ix

à l'adion de garantir en enveloppant

d'où

,

l

Baline, Baldaquin, &c.
s'élever en s'éiançant
Bal
, relatif à l'adion phyfique de
7*.
f &c.
Balitj Balade , B-aladoire ,

-

Z°,

BaU

d'où

;

,

Bal y

BaliJIe

Bal

d'où Baleine , Bloc.
dcfîgnant la grofleur ;
d'où
Baie , Balon , Balote
défignant la rondeur

,

ç°. Bal,
io°. Quelques mots compofés de
-,

^.

Cette méthode de ramener tous

mombre
plication

étymologique

,

nombre d'avantages
pour ceux qui

(bit

D'un côté

,

elle

<bit

pour

,

Sec.

à d'autres-

V.

les

mots de

la

Langue Trançoifè au

petît-

l'ex, en abrège fingulierement
fcrt pour une multitude de mots.,

dérivèrent

ils

même
même famille. Elle xéunic en même tems
ceux même dont elle eft la Langue naturelle.,

puifque

pour tous ceux qui tiennent à

joints

Boule

de cette Méthode.

Utilité

de mots radicaux dont

Bal,

,

la

la

défirent l'&pprendre.

foulage extrêmement

mémoire , en ne

la

préfentant qu'un

nombre de mots généraux auxquels on rapporte la malfe entière
-des mots de la Langue qu'on étudie. D'un autre côté , en fixant le fen$
propre de chaque mot radical , on en voit naître d'une manière auffi fimplc
que fatisfaiûnte , les divers fcns phyfiques & moraux ou figurés qui en dé<ertain

rivcrcnt.Il n'en eft pas ainfi des autres Didionnaîrcs.

la jamais

les

mots dans

diverfes fignifications
'faire

fignifier

à un

,

leur

& de

enfemble

, il

.des

on n'en confide-

étoit impoffible d'en graduer les

faire voir par quelles

même mot

Comme

nuances on étoit parvenu à

chofes qui paroifTent (buvent n'avoir au-

cun rapport & trcs-fbuvcnt encore , il en rélliltoit le grand inconvénient
de brouiller tous les fens ; & de faire regarder comme propres les fens
;

figurcsj&

comme

bles &: auffi

dégoût

fur

les fens

propres.

Des renverfemens

auffi

inconceva-

;

plus

grand

les retînt.

perfonne qui ayant eu occafion d'ouvrir des Didionnaires en
quelque Langue que ce foit, n'ait (ans cédé été étonné du cahos qu'oftroient
les diverses fignifications d'un même mot. C'eft ce défbrdré qui, paroiflant in-

.11

n'cft

en

figurés,

nombreux, répandoient la plus grande incertitude & le
l'étude des mots il étoit un grand obftade à ce qu'on
cflFet

hérent aux Langues, avoir perfuadé fur-tout que les mots n'ctoient que l'effet
du liazard, qu'on ne pouvoir les ramener à des Etynrologies même «vraiiemblables.

Ces Familles auront encore cet avantage iméreflant
m^. Etymt

,

de

faire

^

voir

com-

D

*'

ca

r s

È/

R

S"

les mots
ptinrlcife , non-feulement pour cn for-^mais fur-tour pour rendre ces dérivés harmonieux
fonores , plus conforme» au génie de la Langae , plus diverfifiés. Ces altérations deviendront autant d«e preuves fcnfibles de la érité- des
principes-

ment on altéra
mer des dérivés

ceflè

fâiis

à

l'infini

,

&

&

du Larvgage
de l'Ecriture elles
l'Origine
(ûr leftjnelles nous avons dit qu'étoient fon-

que nous avons développés dans
conftateronr ces Loix immuables
dés

les

En

efièt,

l'ait

&

&

la

Sel.

aucua mot primitif qui

n'eft

il

n'ait été altéré en François ,
quît
d'une
manière parÉiitement contoujours
ce dont on s'afTurera à chaque page. Par-tout on

été de plufieurs façons

forme à ces Loix
verra

les mots ne ceffent d'éprouver en le tranfmettant de
de génération en génération.

changemens que

peuple en peuple

ne

:

voyelle

c*eft

:

changée en

forte

La confonne

&

foible.

forte adoucie

Ami

& Aimer

-,

& Mer

Marin

;

Salé

; Ca^
par exemple, devenu (ans cefte Cha.},
Chute, Chambre & Camerîer, Camelot

& Chevalier, Cadence &
& Chameau, Campagne ôc Champêtre.

Cheval

Ces


cité

,

même

variétés, Je rencontrer dans la

forment des mots en Ckap

Chef y Cep

,

Cip

,

De Cap, tête, capacité,,
comme chef, cagas;,

Cav

récipient , cavité , &c.
alTurance , ceux de Fidélité, Féal, Fier,

chapeau , recevoir

Du mot FiD

,

femiHe.

,

,

Fou.

De Leg Lcgifte Lire Loi lu.
D^Oper, travail. Opérer Ouvrage , Œuvre.
D'Oc, Œil , Yeux Oculaire.
De Matutus Mûr & Matiurité..
De Securus ,- Sûr & Sécurité.
De Sat alTez, Satiété, Satisfaction.
De ViD vifion, vue,, voir, évidence..
,

,

,

,

,

,

,

,

,

R

eft iàns cefle inféré

dans des mots où

il

eft

étranger.

De LonJon

noxts'

de ieuvag*,,
de funda y fronde; de vtlous ^ velours
d'autres
lettres j ainC;
dans d'autres , il prend la place
abreuvoir
breuvage
nons difons Borne au lieu de l'ancien Bonne.

avons

Londres

fait

;

;

&

Souvent encore

nous di/bns Tercer

:

nous faifons difparoure la voyelle du mot radical. Ainfii
Trois j B^e pour Bel ; Cra pour Car.

,

&

§.

VI,

Conflquences qui en rijulunt relMiytnunt

En

confidérant de cette manière,

idàns notre

Langue

,

les

k

la.

Langue Françoife,

altérations qu'éprouvent les motff;

& en felcs rendant. ûwiEcres.,

on fe forme une

idée ia»-

PRÉLIMINAIRE,
Sniment

de

plus jufte

la

mot

iq

on

nature de cette

voit les qualités qu'un
Langue ;
on fe rend habile dans l'art de décou-

doit poffeder pour s'y naturalifer
des mots. Car ces alrcratioîis fe trouvent dans toutes les
vrir
l'étymologie
il
n'en
exifte
même aucune où les mots éprouvent autant de chanLangues ;
-,

gemens & des changemeris auffi confidcrables
nul rapport entre des mots de la même famille,

:

au point qu'on ne voyoit

& qu'on regardoit les chancomme des corruptions bifarres & dont on

gemens qu'ils avotent éprouvés,
ne pouvoit rendre raifon ainfî on

étoit fans cefle étranger

;

Laugue

&

un« routine aveugle préfidoit

:

celui qui les tranfmettoit

,

dans



propre

feule à la connoiflance de fes

n'en lâvoit pas plus que celui à qui

il

en

mots

\

feifoic

\

.

'^^^^'^part.

Mais

fi

un mot, pour

être adopté par

une Nation, doit éprouver une altéra-

.

ii^

iè»n >t

<C

tion propre à cette Nation, ileft doncvraiquele génie de chaque Langue influe
fur la mafle entière de les mots ,
que les caules de ces altérations font les

&

mêmes que
mat où

celles qui

l'on

vit

,

déterminent

Pair

le

qu'on relpire

&

,

génie de
le

plus

la

Nation

,

ou moins de

telles

que

liberté

le cli-

dont on

que pat conféquent on peut , en combinant toutes ces chofes , découvrir les altérations que les mots primitifs oik éprouvées chez chaque Peuple,
Si en rendre des raifons morales & phyfiques. C'eft ainh que les François
vivant dans un climat tempéré, doivent avoir une prononciation très - tem-

"jouit

;

pérée, haïr

les

alpirations

Tous -les mots

,

les

conlbnnes dures,

les

tons élevés

ou trop mar-

&

en pafadoptèrent durent prendre cette teinte ;
ils durent même
leur afperité
jfK.i^ ti.j r/i
acquérir
la
admifes
à
Cour
de
douceur
dès
fexe
furcitt
les
du
,*««i«-(
,
plus
que
perfonnes
i^vu^^t
dans toutes les Sociétés ; les mots devinrent encore plus flatteurs fur leurs le^*„
t^^m^i
les Chevaliers
à l'unifloa.
9{£s,
Frant^ois iureuc bientôt
qués.

qu'ils

(ânt par cette filière, perdre toute

:

&

&

^

D

xîj

I S

COU R

ART CL
I

Ves

Langues

E

S

II.

qui ont. été parlées Ja/is

les

Gaules

y

ou dans laz

France.
'

§:

De.

la

Langue

Franç«ife..

mots- François
par. une marche abfolument nouvelle, tous les
du
Celte font clafTés par bandes inmienfes fous des racines Celtidefcendus
on demandera fans doute comment on
être afiurc que les mots
j

-/yU't-C'

*l If d^j^

,:[

Langue Celtique, fource de

«(iAisfi,

/

CaiU

la

r.

'

peut
font réellement

<jues

*

;

:

on doic
quelle idée
que nous donnons pour Celtiques, le
nous regardonsfe former de la Langue Celtique, &
d'après quelles données
cette Langue comme la fource du François , tandis que jufques à prcfenc
toujours été dans l'idée que

oai a

le

:

forte qu'un».
François n'étoic en quelque

Latin corrompu.

moment

Arrêtons-nous donc un

bonté de notre

nouveau mérite
çoifes,

elles

travail,
,

&

fiir

ces queftions

^

A

^>

J-iifc-Uit

à répandre du

jour fur

font difcutées devant des
François.
dans
fon
fens

étendu
Celtique
pliis

,

les

etVla

&

de

la

ttionale le

/g|t»«
.

**'-^

,


!•.'/»•

Fran-

Langueque

par--

en Irlande.'
Troie jufques au Cap de Finiftere en
Portugal , ou jufques
Cette Langue, s'appella Celtique , parce qu'on donna à l'Europe fepten-

nom

de Celtie

,

&

à

fes

Habitans celui de Celtes

,

à caufe

du

y régnoit, eflfet de fes vaQes Marais & de
nous l'avons prouvé dans notre Plan
général.
celle Cette Langue primitive de
'W
l'Europe, la même dans fon origine que
à
mefure
des Orientaux , fe divifa bientôt en divtrfes
Langues collatérales ,
fe canen
forma
de
qu'ilfe
Europe
grandes Peuplades ; & que ces Peuplades ,
de
devinrent
comma-î
tonnant,
n'eurent pointou peu
{cdeutaircs, agricoles
rêts

,

Origines

premiers Habitans de l'Europe , depuis les rives de l'Hellefponc
Mer Egée jufques à celle de l'Océan : depuis le Cap Si<gce aux por-

fes antiques Fo-^-

froid exceflîf qui

<?r/

la',

*^^ '^^

IttMM

<^tUÙL

pour

letent les

CÛVv^UAjt

ikcVuvK

décifives

uiv
qui intéreffantes par elles-mêmes acquièrent

lorfque deftinées

La Langue

7Kt

,

,

comme

,

-

&



nication entr'elles.
'Ti

^

Iki» lUA.Teia9t>i-

u^i^r

).

iu»;.4

^

De-là naquirent l'ancienne
Langue Cr^cj-ttc ou
à
à
Homère
Héfiode
; l'ancienne
beaucoup

&

celle

des Pèlafges antérieurs:.

Langue des Latins

,

ou

cdl<?2

PRÉLIMINAIRE.

xiij

dans laquelle furent écrits ces Vers Salicns qu'oh n'entendoit JUu(/ri forUs
de quelques fiédes, au tems de Cicéron Se de Varron
la f-^u^ria^
plus au bout
l'Italie ; \a
dans
de
une
trcs-coniîdérable
Etrusque,
partie
parlée
Langue

Nùma



,

:

Mer

Adriatique,

Midi du Danube depuis le Pont-Euxin julques à la J nrroLCLWn
même que la Phrygienne ou celle des Habicansde Troie:
u-n^ ^o i un^

parlée au

Langue Thrace,

& la

TliYuqi

Langue Theutone ou Germanique , parlée depuis la Viftule Julques au
Rhin la Langue Gauloife, parlée dans tontes les Alpts, dans l'Italie , en-ds-ça du Pô, & depuis le Rhin julques à l'Océan, ou dans ces contrées qu'on
la

:

&

qui renfermoient la France , les Pays Bas
appelloit les Gaules
tout ce qui fait partie de
en-deça du Rhin ;

&

l'Allemagne

les

qui compofe
:
enfin
E/J5agJiols

deux Bretagnes

:

La langue Cantabre
parlée dans

la

,

ou

TARQUE

,

de tous

les

Druides
.

les^

qui

,birans
;

tandis

&

(euntM,l*rian

^ UHtC

comme

la

*5fct

,

comme fynonymes

fans doute parce qu'au moyen de la réunion
,
Gaulois en un feul
corps de Peuple fous le Gouvernement des ,
à la faveur de leur pofition aux extrémités de l'ancien Continent i2)vuxÉ/i.

ordinaires aux autres Peuples , les Hades Gaules avoient confervé la Langue Celte dans toute la pureté,,

mettoit à

que

les

l'abri

des révolutions

fi

autres Nations Celtiques l'avoient déjà altérée
pat leur

Mère de

la

la

mê--

Françoi(êî>yAx A(afkc/t *f /rmci»

,

'

§v

IL
'

Révolutions qu iprouvifejitrceuic qui la parlaient dans- lés Gaides.
^
.

.,

11 eft vrai

que cette Langue paroît avoir été anéantie fous

révolutio-ns qui accablèrent ceux
qui la

fondèrent Marfeillé

&

parlolènt.

D'un

côté

^

le

les

poids déS'
Gî-écs qui

delà Méditerranée, qui s'é-Paris oiiils venoient commercer ,

plufieurs Villes le long

à Bordeaux, & jufqu'à
avec
eux
un grand nombr£ de mots Grecs, Les Phéniciens qui
,mtroduilurent
çommerçoicnt dans lés Provinces Méridionales, durent également y in^tioduire nombre de leurs mots , tous ceux relatifs à la
navigation , aux deti.tablirent à

^rées
_
.

été

Lyon,

Orientales

que

tiuiln_}priyt.ùfM^

Langue des Gaules. Polybe j Diodore, Plu- 'J'aUblui'^
SxRABON , &c. femblent regarder le nom de Celte &

binge avec divers autres Peuples.
Etc'eft cette
Langue que nous régaEdons comme
fervi de baie à nos
a
qui
Origines Françoifcs.

&

la SuilTà

Pays du Nord.

les

citit,

c'étoit la

,

Ptûlémée

de Gaulois

^

ajoutons-y tout ce
celle des anciens

Langue Runique ,
Mais de toutes ces Langues , celle qu'on regarde proprement

Langue. Celtique

y

'^cu.k^-n*!.

locales

,

,

aux Arts

lorfque les

qu'ils profeffbient

Romains ,

;

mais ces révolutions n'avo'wnc

•'

& de la Gaole

-

déjà maîtres de la Provence

Saxbonnoilê, dominèrent à Jules-Cclât Je Gouvernement des Gaulés, Ce Romain-»

DISCOURS

iW

par fonlseau génie

&

mais qui dcvoré d'amlâtton , tfouvok qu'il valoiimieox être le premier dans un
Village que le dcrlïier à Ronie , Ccfàr , dis-jc , ne iordt
des
Gaules
de les avoir réavant
plus
illtiftre

duites (bus la domination des

Mpy**^ Colonies Romaines.
•<*
La beauté du climat
'

par

fcs rares
qaalirës

Romains

,

& làns y

,

avoir établi de

nombreuf^

de ces Provinces, la fociabilitc de leurs Habirans, y attirèrent une multitude de Familles Romaines^ & dès le tems d'Au-

-

,1a

ifcrtîliré

Gaules méridionales ctoieitt Latines,
gufte ,les
tines.

'

& l'on

vit

des Gaulois accou-

&

Rome

à

rir

ponr y donner des leçons de Grammaire
d'Eloquence Laen fot bientôt de même des Gaules plus ièptentrionales ;
lorf-

&

Il

que quelques Empereurs d'Occident «urent établi leur rélîdence dans les Gau
les
fur-tout à Paris, on parla Latin for les rives de la Seine, comme fur


-

&

*'

du Tibre. Qu'étoit donc devenue

«elles

liberté

,

di^arn avec

avoit-ellc

elle

,

la

Langue des Gaulois ?

& put-elle

rcfifter

Faite

au long

pour

la

e(cla%'age

Romains tinrent ces Peuples pendant refpace de cinq oa
fix fiéclesî Du moins fi au bout de ce tems, les Gaulois avoient pu brilêr
5eurs fers & être du nombre de ceux qui renverferent cet Empire deftrudeur
idans lequel les

,& inhumain

mais

;

ils

ne

(ôrtirent d'un

efclavage que pour

retomber dans

& pour devenir

la
proie d'un grand nombre de Peuples barbares ,
des Bourguignons , des Aliemans , des AlaJns,des Normans,
iics Francs qui , plus heureux, firent diiparoître tous les autres,
refterent feuli
jnaîtres des Gaules.

nn

autre

,

rdes Wifigoths

,

&

,

'

'

Ces

on

révolutions font connues:

Royaume

dans

les

Gaules méridiosales

fait
,

que

les

Wifigoths fondèrent

qui fut détruit par

les

un

Enfans de

&

du
que
Bourguignons en fondèrent un le long de la Saône
&
fe
ils
donnèrent
leur
nom
fondit
infenfible"Rhône , auquel
qui
les Francs , formes
de la
jnent dans la Monarchie Françoife
que
Clovis

les

:

:

ftéunion de plufieurs Peuples de la Germanie , après avoir occupé pendant long-tcms les deux rives du Rhin , depuis Francfort jufqués à la mer ,

&

arraclierent enfin
Pays-Bas, mais divifés en plufieurs Royaumes ,
s'établirent
dans
Gaules aux Romains: que les Aliemans
l'Hélvétie, dans

xous

les

les
les

dans la Lorraine & l'Alûce; & qu'avant
pays abandonnés j)ar les Francs,
un
de
leurs
avoir
Clovis , Crocus,
Rois,
ravagé les Gaules jufques dans la Pro-

vence

:

que dans

cette expédition

il

Helviens ou Habitans du Vivarais,

im coteau une
gne.

On

iâic

^psy Capitale des
des
de
ruines
près
laquelle on bâtit fin
de
yïlle-Neuve
Berg ou de la Monta-

brûla entt'autres Villes

&

Ville qu'on appeBa
encore que les Rois de Trance furent forcés

d'àbandonnd;

PRÉLIMINAIRE.
aux Normans

,

XV

cette belle Province qui porte encore aujourd'hui leur

Nom.

Quant aux Alains, on connoîc beaucoup moins gcoér>ilemen:!a part qu'ils eu-*
mais comoie ce point d'Hiftoire éciairciç
rent aux révolutions des Gaules
;

à nos recherches, noua ne pouvons nous diipcufei
quelques
d*en parler un peu pUis au long. Les Alains étoîenr dit nombre de ces effàiii^
de (on fein,
qui
épouvantables que la Haute -Afie vonùSbic faiis cefle
objets relatifs

&

en vaftes Déferts les plus belles Contrées de l'Empire Romain,
changeoient
Ceux-ci Joints aux Taifàliensaufli féroces qu'eux » pénéxrerent dans, les Gaules,
au

Commencement du cinquième

fiéc!e».rous la conduite

de leur Roi Goar.

iis fe
partagèrent en diverfes bandes. Les ans,'apris ayoir ravagé lej'
Provinces méridionales des Gaules, pénétrèrent jufquesdans l'Efpagne ; d'au-»

Bientôt

bords du

très s'arrêtèrent fur les

fiémes

,

descendant le

Rhône dans

long de

Loire

ïa

,

de.YaleiKe

le territoire

formereat

des-

•>

des

troi-j-

cEabljflemens fup

bords de ee fleuve depuis Tours jufques à la Mec. Là», iiî ôeyrirent ua^
mais s'étant réunis aux Wifigoths pour faite le fiégc d'Orléans,)
demi-fiéele
jh furent taillés tn pièces par Childéric <&: par Egidius Géncr^. des Romains»-

Ifes

;

Pes Alains forent

les

ccne portion de



bitable

;

&

alprs réduits à l'état le plus

cantonner datis

endtoits les plus déierts de

forcés de fe
déplorable,
la baiTedanS'
Bretagne

&

Saintonge , que
ravages de
ce canton en prie le nom de Pays, des- Alains
les

la

Mer- rendoient inha--

oji

Aluni ^ qui

fe

çhan-f-

gea infcnfiblemenE- en- P(*yj d'Auhdx. L'indigeiice &: la nécefficc 6rent que*
ces Gantons incultes devinrent entre leurs mains de fertiles Contrées; ils=

&

la
les marais , ils les mettoieat en valeur*,
pêche devenoicde
un
fois
(ubfîftance
tout
à
la
de
commerce.
eux
objet
pour
Nous trouvons donc id dans ces Peuples barbares, défarmés, St tombes»
dans le plus profond aviliflement, la vraie origine des Gahets ou CAtsoTs de

en ddtcchoienr

&

&

&

&

h petite Bretagne, de la Guyenne de Bordeaux fur lefquels on a tant fiinutilement écrit , dont- nous avons parlé dans le corps de nos Origines Franfeoifes,& que nous avons dit devoir être néccirairementks re (les d'un
Peuple-

&

vu arracha: la poflêffion.
Nous en trouvons les preuves dans un Ouvrage que nous ne connoiP
fions alors que de nom , l'Hiftoire de la Rochelle & du Pays d'Aunix , par M,
qui habitoit ces Contrées

Arcere ,de
ia

Rochelle.

» Poitou

&

l'Oratoire,
«•

de

Il

y

& de

avoir

l'Aulnis

qui s'en ctoit

,

,

&des

l'Acadéraie Royale des Sciences.

dit -

il

,

(

une branche

p.

au

XF

jo )
de Teifaliens

6éele,



Arts de

fiur la; lifiere

du

NaiioD Scythe : ces
conduite de Goar , Roi des
,

» Peuples étoient entrés dans les Gaules , fous la
»Alain$%Ces hommes féroces, vivoient au n^ilieu des aaauis

& des hallie»B'>

Dl se O aR

'

srj

S

w impénétrables de l'Ifle de Maiilezais. Ils n'auroient
pas choifi un fcjour aufTi
•I
fi
une loi fupérieure ou les malheurs de la guerre ne les y avoicnt
(àuvage ,


contraints

"
»»
»»
••

»>

»

comme on

,

eft

Puilqu'il

Gaules

,

fubfiftoit

encore au

XP.

ces Peuples qui inondèrent les.
bords de la Sevré , il faut lup-^.

fiéele fur les

&

Une

dans

traite

» ment

«

»>

.

&

retraite

M d'alentour; mais

•*

ddeflus.

dit

:
i°.
pofèr, 1°. que c'étoit-là un refte de ces Peuples pcofcrits
que
fugitifs
ces Barbares ne fe tinrent
dans
un
auffi relTerré que
cantonnes
tcrrein
pas
rifle de Maiilezais ;
par une conféquence naturelle , il s'enfuit qu'ils cher-

ïïthcrent-

«

l'a

certain qu'une branche de

les

plus, fpacieufc

dans

les

a'avoient qu'à travcrfèr

ils

champs

incultes

& inhabités

bois
la

&

au milieu des marais

Sevré pour trouver cette re-

que nous appelions préfente-

'

le

On

lant les

Pays d'Aulnis.
il
y a quelques années , ^ajoute le mâme Auteur , en fouilterres près de Maiilezais , dans la Paroifle de Saint-Sigirmond , des

découvrit

&

fquelettes d'une'longueur extraordinaire. Les crânes étoient fort gros,
os des bras
des jambes extrêmement allongés. Cette découverte prouve

&

«* les

que ce Pays a été habité par des hommes beaucoup plus grands de taille
ces hommes étoient 6ns doute les Alains, à qui Ammien
que les Gaulois;
»> Marcellin
donne une taille trcs-avantageiife. Ces Peuples reflèmbloient
« afïèz aux Bourguignons, Iclquels, au rapport de Sidonius Apollinaris ,
»»

&

«j


oj

avoient fept pieds de Jiaut; .& que c£t Auteur pour cette raifon compare à
des Géants ».

M.
dans

la

&

de fagacité , que
Arcere obferve enfuite avec beaucoup d'exaftitude
de
©u
Table
Carte géographique
l'Empire Romain , dreirée, non au

tcms de Théodofe

Grand

le

& de fon

fils

Honorius ,

comme

l'a

cru

M. Arcere

avpc tous lesSavans, mais antérieurement,, comme l'a fpct bien prouvé M. le
-Comte de Buat dans fbn Hiftoire des anciens Peuples de l'Europe, que dans
-cette

Table

,

,

publiée par

:que dans le
Terre-Neuve, &
-la ParoifTe de Notre-Dame de
-fert

lî'y

les
!

Peutinger

, le pays d'Aulnis n'eft qu'un déde
ce pays eft appellce Terra-Nova.,
X=. lîccle , une portion
^
encore de nos iours T^rre nouvelle ^ canton enclavé dans

dis-je

trouve aucun

nom

de

la

étonnant qu'on
quelque rapport .avec Jes mots ou avec

Rochelle;

lieu qui ait

&.<iu'il n'efVpoint

noms de lieux qui reftent de la Langue CtlteNous trouvons encore :daris cet Auteur des faits

Ti\êmes Peuples

îrahçoifès,

<ro/.

& au

mot Colibert j dont iwus

intéreflàns relatifs à ces

parlons dans nos Origines

i6p.

.La Ville de ÇhateUiUon, première Capitale du pays d'Aulnis^ dépériflâni

chaque

PRÉLIMINAIRE.

xvij

&

des flots de la mer qui fi«chaque jour par les ravages réitérés de la guerre
nirent par engloutir cette Ville infortunée , quoique bâtie fiir un roc, il s'en
éleva une autre fur ces
la
celle de
gloire furpafla de
parages dont

beaucoup

La Rochelle, quin'étoit d'abord qu'un amas de mauvai(ès cabanes de Pécheurs, lortit alors en quelque fone du fein des eaux. Les
privi-

l'ancienne.

que

lèges

célèbre Eléonore, DucheiTe d'Aquitaine., accorda à cette Ville

la

de toutes parts une foule d'habitans. Les Coliberts ,
de l'Ifle de Maillezais, ces defces habitans à demi-fàuvages du Bas-Poitou
cendans des Alains & des Taifales , don: la pêche. faifbit la
occuuaifTante

,

attirèrent

y

&

principale

,

pation

accoururent dans cette Ville nailTante au

commencement du XII*.

aggrandir la Ville fondée par des gens de mer, elle devint en
de temps une Ville maritime dont les vai(reaux allcient chercher au
'peu
•loin ce qui manquoit à une Contrée aride ,
cnrichifloient fes habitans
fiécle. Il fallut

:

&

par

commerce

le

le

plus

PiERiΠDE Maillezais
tables

:

ni

ferfs

itondiiionaUs

,

Ces Coliberts

qui devoir bien

,

les

,

dit

connoître

ferfs, ni tout-à-£ait libres; mais

entièrement

,

ils

un ancien Auteur,
étoient main-mortenoîent

un milieu

&

leurs enfans n'appartenoient pas au Patron , comme
,
à leur maître. Auffi ces gens - là étoient
appelles Hominc4

entre ces deux états

ceux des

florifiânt.

Hommes

de condition.

IIL

î.

Ce que derlnrent

les

Gaulois au milieu de ces rèvolutiont.

&

leur
Mais revenons aux Gaulois qui paroiflTent anéantis eux
Langue^
au milieu de tanr de fecoulTes. & de révolutions. Un très-grand nombre restèrent dans le (ol qui les avolt vu naître ik y formerenf un peuple de feris,
;

infenfiblement route trace de leur origine , &: qui ne commenqui perdirent
•cerent à rcfpirer que lorfque les Rois de la troifiéme race permirent aux Com-

munes de fe racheter \
un Empire redoutable.

ce gui

donna

lieu

au Tiers-JÉtac qui

fit

de

la

France

Gaulois qui (è maintinrent en liberté furent , i". ceux qui (è
dans le fond de la petite Bretagne , à l'extrémité de cette vafie
jéfugicrent
elle - même la
i».
-portion la plus reculée des Gaules ;
Prefqu'ifle , qui cft
ceux qui habitoient la Bretagne ou le pays que leur enleva enfuite la Nation
dans les montagnes des Wallcs , ou des Galles,
qui fe réfugièrent
Angloi(e ,

Les

feuls

&

&

& dans la

Province de Cornouaille

£es derniers

fe

vis-à-vis la petite
Bretagne.

réunit aux Bas- Bretons, Habitans de

Dict, Etynu

la

Une

partie

Bretagne Françoiic,

c

de

DISCOURS

xviij

Ces Peuples cantonnes dans
ftériles ,

leurs

montagnes efcarpces

n'y furent jamais entièrement vaincus

,

,

ou

fur leurs

& s'y conferverent

fans

coter

mé-

leurs fiers

vainqueurs ayant dédaigné de partager avec eux un folauflî
ingrat. Séparés ainfi du reftc de l'Univers , ces débris des anciens Celtes ont
confervé leurs anciens ufages ,
parlent une Langue qui n'a aucun rapport
à celles des Peuples qui les ont
fubjugués , 5c qui s'eft partagée en trois
Dialeftes , le Gallois , le Cornouaillien
le Bas-Breton ; Dialcûes
qui onc
entr'eux le plus
grand rapport,
qui font inconteftnblement les précieux
reftes de l'ancienne
des Celtes ou des Gaulois.
lange

;

&

&

&

tante,

& qu'il

Langue

faut mettre au-delTus

grandes bafes de notre

de tout doute

,

Propofuion imporpuifqu'elle fait une des.

travail,

§.

IV.

Preuves que la Langue

Celtique ful>jîjle encorci.

&

des Bas-Bretons à parler fâfe
avec
le François ,
n'a
nul
,
rapport
Langue qui
l'Anglois „
le Danois
ou
le Latin, avec ces
a
encore:
parlées
qu'on
parle
qu'on
Langues
dans les pays qui
à leurs ancêtres Gaulois; cet accord

L'accord des Gallois

,

des Gornouai'liens

même Langue

&

appartenoient
prouve
manifeftemenr que cette Langue eft celle des anciens Gaulois , celle qu'on par-^
loit au moment de leur ruine. Par quel charme ces trois
Peuples vaincus

&

la

mer

à abandonner

le-ur

pour eux tous ?

Ce

réparés par

,

&

par des dominations différentes

, fe feroient-ils

ancienne Langue pour en adopter une nouvelle
n'eft point. une

,

&

accordés;
la

même

c'eft celle

Langue «ju'ilsayent adoptée,
qu'ils;
confervée chacun de leur côté.
qu'ils ont
parloicnt lors de leur infortune,
Cette Langue n'a gicme pu changer eflentiellement; en effet, ce qui
change
lés
leur,
Langues , ce font les révolutions qu'éprouvent ceux qui les parlent ,

&

&

&

mais depuis la retraite des Bas-Bretons
des Gallois (ùr leurs côtes déferres & dans leurs montagnes, ils n*ont éprouve
nulle révolution , nul
mélange : aufli le Bas-Breton & le Gallois s'accordent:

mélange avec d'auties Peuples

encore,

de

&

rtprélentcnt par-là

l'invafion

à^ Romains &

;

même
de

l'état

de

la

Langue Celtique, au moment:

celle des Francs.

ne

Il

eft

glifTé que des;
Chrétienne
qu'ils avoient em-Religion
&
ont
termes
d'arts
braffée,
qu'ils
empruntés de leurs voifins;;
par quelques
à leurs autres;
mais ces additions ne changent rien au fond de leur Langue

additions de mots occafionnés par

s'y

la

&

mots

:

ce font des reftcs: de l'ancien Celte.

Ces Dialeûes offrent; une prodigiculè quantité de monofyllabes , dont,'.
de radicaux dérivent leurs autres mots c'eft donc une Langue:

Comme autant

Ittimitive, qu'ils parlent

:

,

,

puifque

tel eft le

grand .cara.6lcre difiinâif des Lan?-

PRÉLIMINAIRE.
gues premières

,

dés Langucs-meres

:

cette

xix

Langue ne peut donc

être

que

l'ancien Celte.

Ces Dialeftes renferment encore une multitude de mors radicaux qui
d'un grand nombre de mots Grecs, de mots Latins, & des
l'origine

donnent

diverfes Langues d'Europe
tandis que ces mots radicaux n'exiftcnc
à la Langue
dans
ces Langues
inconteftable
preiive
qu'ils appartenoient
pas
de
&c
l'Europe,
qu'elle s'eft tranfmife avec le plu? de pureté ou de fim-primitive
dans
le Gallois
le Bas-Breton
enforte que ces Dialeftes nous repréplicité

mots de

;

:

&

:

fentcnt l'ancien Celtique , dont fans cela on ne pourroit que regretter la perte.
Ajoutons une dernière preuve auffi intcreflànte que conforme aux prin-

du Monde

cipes

Primitif. D'après ces principes

,

tout

nom

de lieu a une

fi-

: lors donc
dans la Langue
qu'il ne préfente aucun fçns
gnification déterminée
il
feut
le confidcrer comme des reftes d'une
,
vulgaire
Langue plus an-cienne
parlée par les Fondateurs de ces,!ieux : enforte que pour déter-

&

n'a
qu'à coniîdérer (es
plus ou le moins d'antiquité d'un lieu , on
ceux
avec
la
du
Tous
qui font fîgnificatift
rapports
Langue vulgaire
Pays.
dans cette Langue vulgaire font poftérieurs à fon établi iTement tous ceux qui

rniner

le

;

ne prcfentent aucun

fêns dans cette

-polTeiïèurs plus anciens

•rapprochant ces

de

noms de

Langue , peuvent être cen'és l'ouvrage des
la contrée ;
la chofe refce lâns réplique , fi en

&

la

Langue des premiers poîTèfTcurs, on en retrouve

clémens d'une manière parfaitement aftôrtie à leur nature.
Si
ces principes nous jettons les
d'après
yeux fur une carte détaillée des en•virons de Paris ou de l'Ifle-de-France , nous
y appercevrons au moins deux
les

fortes de noms : les uns qui font fignificatift dans la Langue Françoifè; les
autres qui n'ont aucune figniiication dans cette Langue.
Voici des noms de lieux de Tlfle-de-France de la première clafle,
qui ont

&

nété

par conféquent impofés depuis

L'Abîme.

L'Etang.
Les Enclares.

La Barre.
Le Buiflbn.
Le BuifToncf,

Xes

Les

L'EfTart.

BuifTotis.

La Bute.
La Chenaye;
Le Château.
La Chauffée.
Le Coudiay.

L'Epine.

La

Epinettes.

Votèt.

Les Fontaines.

Le Gâteau,
La Garenne.
Le gros Taillis,

la

formation de

la

Langue

Françoifè.

La Villeneuve;
La haiite-VilIe.
L-c Vergcrdcs champs.
Le Hameau.
Le Tertre,
La Mala/fife.
La Mare aux Boeufs. Beaulieu,
Grand Champ,
L'Orme.
Haute
Le Prenbîr,
Bruyère.
Hauterive.
Le PafToir,
Montfort,
La Roche.
La Ronce,
La Tourncuvcf

DISCOURS

XX
Noms

qui fcnt tous pris dans la portion Sud-Oueft de la Carte de !'Ifle-de>Francc par M. Dilisle. En voici tirés des environs de Paris.

La Montagne,

LesBons- Hommes..

Conflans.

Belleville.

La Chapelle^

ATontrouge.

LeBouquef.,

Maifon»,

Menil-montant;

Mais

on en rencontre à chaque
auroient-ils été donnés en

un nom à quelque
l'auront

noms

ils

pas

fait

;

également

fans valeur, tandis

On

>

Mais ce que font

5

les

que
,

leur

à chaque

Langue leur ofiroit tout ce qu'il falloic.
fite , un nom
qui en fût la peinture par-

noms

d'un grand nombre dt
a(5i:uellement fans fignification , avec les mots Cel-

tiques qui leur correfpondent , on verra revivre ces
Carte de rifle-de-France abfolument neuve , qui fera

Celtique

:

François en impo(ànt
mêmes Contrées ne

Auront- ils inventé avec une peine extrême des

peut être afluré qu'en comparanrles

de l'Ifle-de-France

lieux

connu i»

fignitîcation

l'air

lieu, leurs prcdécefleurs dans les

pour impofer à chaque lieu
faite

La Vilettc.
La SauKayc.

cette Carte quelques lieux dont le nom fbit
inftaut dont les noms n'offrent aucune

on trouve dans

fi

Les Moulîneaux.

noms

;

&

on aura une

comme un Diûionnaire

& dont chaque nom peindra le lieu qui le porte. Afin qu'on fe forme
d'un travail de ce genre & des avantages d*une Carte pareille,
rap^

,

une idée

prochons de la Langue Celtique , quelques noms de l'Ifle-de-France pris auhazard. Les ctymologies que nous en donnerons, ne feront pas aufîî amufimtes

dont

celles

que
les

noms

que

les

Grecs donnoient de leurs Villes ou de leurs Fleuves

,.

ou de quelque belle Nymqu'HAMirroN donne des en-

étoient toujours ceux d'un Héros

: elles
ne feront pas aufïï gaies que celles
virons de S. Gèrmairi, de Noify,des Moulineaux, de Pont-d'aHe; mais du moins>

phe

feront. plus inflruâives.

elles

r.

Noms dé divers

lieux de rijle- de-France

Nous trouvons d'abord
d'étendue

,

tale. Il n'efl

que

Me

cette

S<

V.

les

Averhes

&

,

,

expliqués par la Langue Celtique,

Campagne de

très belle

;

Campagne

pain dans

la

ait

été appellée les Avernes.

Langue Celtique.

C'efl de ce

Ver>Var, Bar,
mot que

& que nous avons Î3\t Farine.
AuTîuiL & AuTiLLE font dcux "Villages fitués fur les

EJ.R

,

blé

trois lieues-

GonefTe cfl à fon extrémité Occidenqu'on féme en froment
donc pas ctonnantque Gonefïè fbit renommé pour (on pain , Se
les

fignifîa

Latins firent

,

l'autre plus loin

près de Paris

,

venir. d'^j7,

Eau,

&

en defc€ndant

Tfii, élévation,

auffi

colljivç,.

:

bords de

ces

là vSeine , tlin;

noms peuvent doncc



PRÉLIMINAIRE.
Au Midi

xx)

un Canton en bois qu'on appelle Aunay. C'eft
là portion Occidentale de la Forêt dcBondi. Là on voittousces lieux, Aunay,
au Nord, la Villette aux Aulnes :
I,iVB.Y eiï Aunay , Clichy en Aunay
Tout
ces noms viennent doncdu Celte ALNy
au Sud, Villeneuve aux Aulnes.
des Avernes

cft

:

d'Aune^

Eois

Ar, Her Hert

Ard,

font des mots Celtiques qui dcfignent des Fcç
il n'eft donc
rets
plus étonnant de trouver dans l'Ifle-de-France ,
Canton dans le Vexin près la
Artle , Forêt
,

,

:

&

La
La

Roche-Guyom

Forêt d'HERi-Vxux, au

Nord de Luzarchc.

Forêt de Senars

bords de

mot-à-mot \a.¥oTèt

fiir

,

fur les

Mont-l*Hery, mot-k-mot

On

même

voit en

Seine, en-deçà de Corbeil. Ceft

la

Seine.

Montagne de

,

la Forêt.

tems que tous ces noms font de

Ardbnnes.
un Pont , un
fignifioit

la

même

famille

qu«

celui de la célèbre Forêt des

BRIGA

,

BRI VA

,

Briche près S. Denis.
Boulogne, compofé de Bon, tête,
au coude ou à la tête d'une rivière. La

Pont jde-là,

lîeu fur

une

rivière Se près d'un»

la

&

eau, défigne un fieu' pracc
y formoit anciennement un
defcendue plus au Midi. D'ailleurs tous-

On,

rivière

coude , peut-être avant qu'elle fût
ks' endroits appeHés ^oa/o^ne font fur des eaux

Boneuil,

fîir

un coude de

la

:

de-là encore

Marne; mot formé de £«j/

àtBoif', tête^coudciBRE , défigne en Celte des lieux marécageux

:

,



habitation , &-'

de-li,-

BKiEjfumommc Comte-Roberr.
Brevone, ruilTeau qui vient du côté de Dammartin , pafîe à Claye , & (cjette dans la Marne après avoir traverfé des Cantons marécageux.
Breticky , mot-à-mot lieu fitué dans un fond marécageux , bourbeux.
Beau vais, en Celte Bellovac, Ville fuuée fur une montagne au bord dix'
Terain. Ileft donc compofé des mots Ac , habitation , Lo, Rivière, Fal, Bal,,
,

élevé. Habitation éltvée fur l'eau.

Bt£Au

,.fignifie

d'une fource

,

&

eau bleue.

On

en

duquel en y ajoutant

fit

le

le

mot

nom

Celte d'un lieu (îtuc près-

François

Fontaine

,

on

a fàic

Fontainebleau.

Yi&BRÉUiL , Brol
nomsr
Le Breuil

,;

,

qui fignific un lieu plein de buiflbns, font venus

««t-^

au Sud de Mantes.

LeBREuiL, au Sud de Longjumeao;'
.••<

À

DISCOURS

xxîj

Le Breuil & Breuilx-et, près Châtres.
Le haut & le bas Breuil , au Sud de Koudan.
'

BvR Beur BoR,
,

défignoicnt une maifon de

,

Campagne

:

de-Ià

BuRï, au Sud de Meulan.

Bure, gros Village entre Chevreufê & Palaifeau.
Beuron , à rOuefl: de Mantes & nombre de lieux
Borde , la Borhe les Bordes.
:

appelles

,

,

Cad

Cat

,

en

altéré

,

JLangue Celtique, bois

Chat, Chav^ Cuoi/fScc.

,

forêt

de-là

:

fignifia

même

dans cette

,

--CHATOU-lûr-Seine, à l'entrée d'un grand bois.
Chatou, près la Grange aux bois , fur la rivière d'Etampes.
Chatenay, Chavile , Chatillon, aux bords des forets de

Meudon

&

-de Verrières.

Chatenay

,

entre

Ghaumont ,
CoucY,

fîir

Ecouan

&

Luzarche

une Montagne

dans une forêt dont

près

le

au bord d'un

,

bois.

d'un bois.

nom

Celtique

Coed

a été dénaturé lui-

,fnême en Cuisse.

Choisy, mot-à-mot f Bois
pour défigncr

la fituation

Cata-locum

nom

,

CoND

CONDAT

,
:

de-là

,

rivière

fi

,

ce n'eft pas

un

nom

François

lieu.

Celte de

bord d'un

fur des rivières au

itivieres

fur la

de ce

la Ville

de

S.

Denis; mot-à-mot,

lieu

fitué

bois.

lieux fitués au confluent de
quelques
défignoient des

,

CoNDÉ,Ville au-deflous de Mcaux, au confluent de

la

Marne

& d'une petite

ïiviere.

CoNDÉ , au confluent de TAifne &
CondÉ, au Sud-Eft d'Houdan, au
Courbevoix , en Celte Corbaviou
bitation

j

Creil

Cor, Montagne,
,

Creteil

,

de

la

Vefle.

confluent de deux ruiflèaux.

compofé de lou , Eau ;

, éfl:

élévation.

font fur des élévations

,

un lieu où on
, défignoit une rivière ,
un grand nombre de noms en Dour

VoUR.
ide-là

fiic

des Crets.

pafloit

une

rivière,

une

porte:

:

DouRDAN
Deuil
Jieu bas

BàU ^ ha-

,

&

;

Dan

de

,

habitation

,

au Sud de Montmorency

Foret,

&

& Dour

dans

la

,

plaine

Riviere.
:

c'eft le

Celte

Dol

,

fertile.

Epinayj au Midi de Luzarche
pointe , Montagne

:

d'où,

,

&fur une

colline;

du Celte P«ir , fonunct^

PRÈLIMINAIR

E.

xxiij

Epinav

Sud-Eft de Long)umeau , entre deux ruiffeaux^
, au
PiNCOuRT, ou l'habitation élevée. Les Monts Apennin.

Le Fay , près Linas du Celte Fay Fag ,
Le Gastinois, Province de l'Ifle-de-France ,
,

;

/bn

nom à

(es vaftes Forêts.

On en

trouve

la

hêtre.

entre

la

preuve dans

Seine
le

&

la

Loire, doit

Préfidcnt

Fauchet;

Antiquités Françoifes(i), que fous la première Race de nos
Rois, on appdloit Gaudine le pays qui eft entre la Seine &: la Loire, parce ,
ajoute-t-il , qu'en Gaulois les Forêts fe noramoient Gaule. Il n'y a donc point
il

rapporte dans

Tes

nom

de doute que ce

n'ait été altéré

en celui de Gaudinois

tant plus qu'on appelloit également

Vastines,

abattu les forêts pour les mettre en culture
convention paflee entre le Duc de Brabant,

109,

1

& rapportée par Auben le

Omnts Fastinm

&

,

&

àMônSyl'an

les

&

Gatinois

d'au-

les

Forêts

même. Dans

la

Chapitre de Sainte Vaudru,
Mire, dans (à Diplomatique Bel» toutes les
duuntur
le

:
quce terne- fylvejlres
terres à Forêts ou
champêtres ».
Gajlines qu'on appelle
donné le
de Gastine à un
Poitou , on a

gique, 011 dit:

;

Cantons dont on avoit

M Vaftinesou

Dans

le

adèz conCdérable qui

eft

également
plein de coteaux

nom

de ruifleaux

,

,

Canton*

& de
d'étangsf

boca-;

ges..

GouRNAY

Marne-, de

fur

Gekberoy,

fur

pafle cnfuite à Beauvais

Haqueville
près de

la

Forêt

de Gar

:

fur la Seine

H^G

de

;

Gor,

fur.

une Montagne élevée qui domine

,

,

& Ber,

rapide
à l'Ouell de
Poiffy
,

;

fur le

Terain,
mont.

, fignifie

rivière quï^

lieu fur l'eau

,

oa

Forêt.

LesHAYEs& les Layes à l'Oueft & à l'Efl de la Foret de S. Léger, auSud de Montfort-l'Amaury du même mot Hag, Hay, Forêt, d'où Haye, &c,'
S. GERMAIN-en-LAYE.
Luzarche, au Nord de Paris, fur une hauteur: du Celte ^kc, habitation:
,

:

élevée

tcau

;

,

qui forma

& de Luc

Med',

le

Latin

Lus

,

défignoit

,

ARCe

,

iViot,

,

&

peut-être

Mel^

MoNTi-MELiAN

;

1°. Eau.

fut

dans une ForterefTe

fur

Seine

:

&

les

,

noms en Mediolanum,

tel

coUine

montagne ; de-là,
UHC colUnc pxès Dammartiu , nom qu'on retrouve'
de la Savoye (îir une coUine élevée.
,

'•*»

,^,._
'

.i;.)

que

Melun.

fignifioit
,

habitation fur un lieu haut, Fortercfle,
Châ-^

un Pays de pâturages: dc-là

Mèdunta ou Mantes
Milan

,

1°. élévation

LiViV.çhkXVII,.

••

DISCOURS

xxW
Meudon ,

MoL-DVNum , montagne élevée.
un coteau, un morne; de-là ^
fitué fîir Un coteau , nom
auquel par un double em«

en Celte

JWofi, défignoit

MoNT-MORENCY

,

k nom

on â réuni

ploi

,

auflî

Mont zstc

François

comme on

n'entendoit plus,

a

Celte

le

MoK

à l'égard de Fontainebleau

fait

qu'oa

&

de

tant d'autres lieux.

M.AVR

défignoit

c'eft ainfi

au contraire des

que

près

&

nous avons déjà parlé,

|dont

marécageux , des lieux inonde» ;
ou formés par la Brevonc,

lieux

marais

des

traverfcs

par un autre ruilTeaUjon trouve

MoRY & Mauripas.
Maurepas, au Sud de
^fitué

à la fôurce d'une rivière

lement

,

même

la

Cla-mab.
dans un

Nant

Pontchartrain

&

dans des pays de bois

Momfort,
,

étant

doit avoir
éga-

lieu

marécageux

&

jcnfermé

dans un fond,

clos,

fignifie

jiviere,

VerMles

entre

origine.

Meudon,

fous

&

,



efl:

en Celte un vallon

un

lac, ôcc.

TJANTtRRt, moi-à-mot,
1^JAN•IOUII,I,ET

,

foret

la

un

,

De-là

lieu "bas

xui

,

fond où coule une

,

du

vallon.

près la Brevone.

Nanteuil, au-delà de Dammartiiu
NANTEUit , près Meaux.
//£Z7,

Noue, Nou,

défignoient

des lieux arrofés

;

tels,

NEuiLLY-fur-Seine , NEUiLLY-fur-Marne;.de Neu^ prairie; «m//,
i

fy

,

.Les

«y

,

habitatîoiç"

eau.

Noues

,

au couciiant de Corbcil

KouE, &c.
FjIC , Pec , Pic ,

,

&

nombre de

lieux appelles

Noui,

la

défigna conftanament une

montagne

,

un coteau poin-

tu, une colline; de-là,

Pacy mot-k-mot, le coteau de la rivière.
Le Pec , au bas de la montagne de S. Germain.
,

jLe Plessis-piquet près de Sceaux

,

{ùr .un

coteau pointu.

de Pur», Podj autre nom
PiQUE-ptjcs près
il eft
puifCeltique des coteaux, qui fornu la &miUe Latine JPoT-ejl^
Paris.

,iànt,

;Le

il

PuCB

eft

une

altération

peut.

Plessis^ nom

fi

commun

en France,

On

s'eft

formé du Celte

Plec ,

plî,'

&

Heux cultives
qu'oa
défignoit par-là des
dan«
les
unes
donc
entrelacées
les
de
branches
jfinferiQoic
haies,
//^V» ,
qui forma

le

Latin Plexus,

Us

PRÉLIMINAIRE,

xxT

On

les rendoient
en fit le vieux François Plefler,
,
impcnérrables.
arbres pour les encrelafler,
des
plier
HoVy nom des chênes en Celre , forma le Latin iJo^^wr, chêne; de-là.

les autres

Rouvres, (bus Dammanin.
Rouvres, près la forêt de Senars.
Xe Gros-Rouvres, à l'Oueft de Montfort-l'Amaury} Taot-à-moCy\Q

Gros-

Chêne.
SuRESNE-fur- la-Seine, au bas d'un coteau appelle le T<,T;r<; dans la carte de
deLifle
aujourd'hui le Mont- Valcrien , paroît tirer Ton nom des

,&

mots Celtiques
entre

Eau,

St/it, 5ot//i,

&

la rivière

& -<^ZSA^, coteau,

mot-à-mot ^ habkatiou

Var, Ver,

dcfignoient des rivières, des lieux bas arroges par des
des arbres qui aiment l'eau; de-là,

Verneuil

Meulan; Vernouillet ou

près

,

l*!^*^

coteau.

le

le

rivières,

^

'

Verneuil

La terminaifon

des

iijij:''

:

l'AlIenraud

ff>'yi

La terminaiion des noms de lieux en Tré, Trv, comme dans Vitré,
ViTRY , eft le mot Celte Tre , Tri habitation , joint à l/Yy Eau.
,

Omettrons-nous
TECE

;

Tec

Nous avons

.

la

&

nom

nom

de Lules Eaux , les rivières.
Lu
Lo
,
dcfignoit
que
comme en Latin &: en Grec abri cacliettc ,

Seine

,

l'ancien

déjà vu

en Celte
figniBoit

de Paris

le

,

,

,

,

donc mot-à-mot ^ lieu défendu par les eaux. Pouvoit-x)n mieux dcfigner une Ville bâtie dans une IlTe qu'on avoit choifie
inviolable de la Déefle des Eaux
qu'hopour le landuaire pour l'afyle
couvert.

LuTECE

étoit

*

,

noroient

les

Celtes?

La Seine, dont les eaux

coulent avec une

fi

grande lenteur

,

-& font

tant de détours qu'on diroit qu'elles ont peine à quitter l'Ifle-de-France,
les Latins Sequan, mot
fut bien nommée Sehen, Sehan ,

qui

fignifîoit /rn/,

Segnis ,
Tous

pa.rtjjiux.

Les

prononcé par
Gallois en firent

Sejïj,

lent

;&

les

Latins

lent.

pareflèux ,
ces noms fi bien aflortis aux Dialeftes Gallois

& en même tems communs

&

Bas- Bretons

,

&

à une grande partie
ces
Dialeftes
font des rcftes prcprouvent également que
au relie des Gaules

de l'Europe ,
deux de l'ancien Celte,
Dici.

x

Verneuil, au midi de

petit

lieux qui portent le même nom.
, & nombre d'autres
noms de lieux en Euil,[Î commuiîe dans l'Ifle-de- France
& dans le Perche , eft elle-même un mot Celtique c'eft le mot dont nous
avons fait f'/Z/ê , dont les Launs av oient fait ViJLLAy&c qui fubfifte dans

même

ce

.

iUti\

Etym.

.;

d

;]

DISCOURS

xxvj

§.VI.
Savans qui avaient déjà ejfayé d'expliquer divers noms de lieux
par la Langue Celtique.
Sarans

retirer des Dialec, frappés de
Quelques
l'avantage qu'on pouvoîc
tes Celtiques pour rendre raifon des noms de lieux dans les Contrées habitées anciennement par les Gaulois,avoient déjà
de faire ulâge de cette
eflayc
méthode relativement à leur Patrie. Ainfi Baxter expliqua dans (es Anti-

Tbaxliï

quités Britanniques

les

noms

des lieux de l'Angleterre

par

le Gallois

&

le

Bas-Breton.

à
'^

t

,

*

J^ûckaL

AsTRuc, ceux du Languedoc, dans

BocHAT
«n

3'

ceux de

,

la

Suifle

1

75«

>

Vol. in-4®.

BuLLET, prenant un champ
fiudlct

en

Mémoires fur cette Province.
dans fes Mémoires fur la Suiflè,

(es

plus

vafte,

appliqua

cette

méthode dans

premier Volume de (on Diftionnaire Celtique , à la France , à la
Grande-Bretagne, à l'Efpagne, à l'Italie, à la Suiffe, aux Pays-Bas, à
une partie de l'Allemagne.
le

Ces Savans ont fait voir des refies intéreflàns de la Langue Celte dans
«ne multitude de noms qui s'expliquent parfaitement par cette méthode,
du moins le plus grand nombre, car on ne fàuroit fè flatter d'appliquer
toujours d'une manière exafte les mots Celtes mais dans des objets de
;

cette nature, le fort

Ces
leurs

ger

emporte

le foible.

cependant n'ont été jufques ici d'aucune milité ; du moins
ne font point fenfîbles
& les Savans ont continué de négli-

efïâis

efïèts

-,

& même

Dialeûes

de regarder la Langue des Celtes
Celtiques,
entièrement perdue.
Cependant ces mêmes Savans rafTemblent avec foin les refies d'anles

comme

ciennes Langues qui n'ont pas des

titres

plus

authentiques

de leur con-

les reftes de l'ancien Egyptien fondu
du
Theuton
les
épars dans tous fès Dialeftes
Copte
débris de la Langue des anciens Goths confèrvés dans la petite Tartatie:
ne feroit-on injufle qu'à l'égard de la Langue de nos Ancêtres î
Avouons que fi on n'a pas retiré des travaux 'de- ces (àvans Auteurs

fèrvation

dans

:

on

le

tout le

a recueilli
;

fruit

les

avec foin

reftes

qui devoit en

;

réfîilter, la

nature

même

de ces travaux en a

fouvent été caufe. Abforbés par de menus détails, ils n'ont pu s'élever
ils fè livroient à ces détails. Si.
aux grands
plus ils roulciplus
principes

:

PRÉLIMINAIRE,
plioient

Souvent

erreurs.

les

à leur caufe

inutiles

de

l'eflentiel

,

ce qui

encore

,

xxvîj
à

s'actachoient

ils

&

des fyftêmes

qui leur nuifôient infinimenr , parce qu'on faifoit
n'croit qu'un vain accefloire. C'eft ainfi
que Bochat,

noms de

&

de criplein de goût
s'étoit cru en état de
prouver que
tique, vit Ion travail perdu, parce qu'il
l'Helvctie avoit été peuplée par des Gaulois venus des Provinces méridioqui dans

nales de

fès

la

des

explications

France ou des Gaules,

&

lieux

,

eft

qui a voient fuivi les bords

du Rhône:

perdre de rue la principale.
queftion qui
de
Ton
BuLLET
côté, à qui on a l'obligation d'avoir réuni en un corps
les divers Dialeûes Celtiques , adopta une méthode qui ne pouvoit que
fit

&

nuire à fon ouvrage ,
Savans. Pour expliquer

qui

lui

a

fait

beaucoup de

tort

,

dans

l'elprit

des

les iMjms de lieux , it les
prend toujours un à un }
confidérant ainfi jamais en malTe , il tombe dans des longueurs qui
entraîné lui-même par des diflferences qui ne méritent nulle
rebutent ;

ne

les

&

attention

,

donne fouvent aux mêmes noms des

il

ment

diflfcrentes

iblidc

,

&

être

enlbrte

-,

que fon ouvrage

ne

interprétations ablôlu-

paroît

avoir aucune bafc

entiétement arbitraire.

n'a pas été plus heureux dans l'arrangement des mors de fon Diftionil les
naîre il ne les arrange point par familles ,
répète autant de fois
enferre
leur
qu'ils paroilTcnt multipliés à l'infini, &c
change,
Il

&

:

que

orthographe
^u'on ne voit qu'un eahos inexplicable.
Ce n'eft pas tout abulânt de ce principe certain que la Langue Celtique
donna un grand nombre de mots à la Langue Latine, il ne voit que des
:

racines Celtiques dans les mots même que les Celtes ont empruntés des
aux Latins, c'eft, (èlon
Latins: dès qu'un mot eft commun aux Celtes
Celte
kii , le mot Latin qui dérive du
;
conféquence fàufle
qui eft deve-

&

&

nue

funefte parce qu'on a cru qu'il concluoit toujours auflî

étoit impoffible de diftinguer

les vrais

mal

,

ou

qu'il

mots Celtiques de ceux qui avoienc

été empruntés d'autres Langues.

La

diflfcrence

Comme

tous

les

cependant ne peut être plus grande. Les mots Celtiques^
mots Nationaux , forment de grandes familles , (è rappor-

à des racines très-fimples, ont varié prodigieufcment dans la pronon-<
dans l'orthographe. Les mots empruntés ne tiennent à aucune fedation
tent

&

inille,

n'ont point

toujours

un

fait

louche, n'ont pu varier dans l'orthographe}

air étranger

qui

les décelé.

dtj

ils

ont

D

xxviij

§.

Mois

Celtiques cités

VR

I S C
VII.

par Us Anciens

Pour démontrer rexcinflion

S

totale

de

l.i

&

encore-.

qui ful)(ljhnt

Langue Celtique

, (

car l'incrér

dé cette Langue a mis tout en ulage pour fe (outeiïir, ) on faiic extrêmejnent valoir certains mots cités par lès Anciens comme
Gaulois & qu'on ne trouvé
point, dft-on y- dans les Langues qu'on prétend'
dulité

fur l'exiftence

Celtiques. Mais cette objedlion ne prouve rien, parce qu'elle prouve-

être

avance que la Langue Celtique (ubfifte encore , on ne
prétend pas qu'elle n'ait fait aucune perte rien ne (èroit plus abfurde onconçoit très-bien que des mots relatifs à des ulâges, à des modes , à des^
roit

trop. Lor(qu'on

:

:

arts qui

cefTenc d'exifter

s'éteignent

,

d'eux-nllrnes dès ce momcitt.

que ces mots cites comme
commeGaulois ne iùbfiflenc plus dans les
Langues que nous confidcrons
cette.hautement
en
voici de très-remarquables qui contredifent
Celtiques ;,
Mais,

c'è/l

très-gratuitement qu'on fuppofe

Iiippofîtion.
.

Ala^jda

étoit

chez ks Gaulois

le

nom

Marcçllus Empiricus dans un ouvrage

qu'eft

Médecine

cité

rapporte:
par Bullet ;-

nom

n'eft»

de

là-

î

Eestus, étoit une efpcce de Voiture Gauloilè. Benne eft un;
de voiture en Suifle, en Allemagne, dans les
Contrées oûF
Pays-Bas,
félon

parloir

vent.

:

,

venu notre mot Spadassin

Bfsna,

on

la

le

le

,

.

fur

comme

nom de I'Alouetteî
Spath A étoit le nom de l'épée Gauloifè diient les Anciens
pas le Languedocien E/pa^e & notre mot Epia & n'eft-ce pas

Ecut-on y niéconnoître
ce

d'un oifeau,

Celte :nos anciens Chroniqueurs,

En Franche-Comté on

dit

Monstrelet lui-même,

s'en fer-

Benne de Charton, pour défigner une

vodi'

ture de Charbon.

&

un mot Gaulois qui
que les Romains
défignoit les chars,
^optèrent, for- tout -depuis Jutes-Ccûr; mais ce mot fubfîfte encore dans
il a
tous les Dialedes Gaulois & dans notre
produit une
propre Langue où

Carr,

famille

étoit

nombreufe depuis

le

char du modefle habitant des campagnes

,

jul-^

qu'au carro^e. doré des riches Citadins.

Ararennis

étoit, félon

CôtyMELiE, un mot

Gaulois qui défignoit unsr

mefure de terre correfpondante au dcnii-jugere Romain. Qui n'y reconnoîp
notre

mot Arpent î

Galba, nom

d'an des XII Céiàrs^ étoit,. dit

Suétone

,

un mot Gaai-

PRÉLIMINAIRE.
lois,

qui

gros

&

Un

gras.

fignifioic

Gaib, CAiB,en Bas-Breton,

xxîx.

un

llgnifîc

homme

gras.

Empereur Romain dut un de

autre

Tes

noms

à

un habillement Gau-

on voit que c eft de Caracalla , fils de Severe, que nous voulons'
an habillementparler. On lui donna ce furnom , parce qu'il avoit adopte
en capuchon dont fe fervoient les Gaulois &: auquel ils avoient donné ce

lois

:

nom. Si ce mot n'exifte plus dans les Dialectes Celtes, on y en trouve du'
moins les racines. Car fignifie Tcte;& Cal ^couvrir;. & ces racines ont
Jonné des mots aux Grecs & aux Latins.
BoDiNcws, telétoit, fclon Pline, le nom Gaulois du Pô, le plus granddes Fleuves de

l'Italie

fond. C'eft donc

:

root

le

il

mot fignifioit profond ou
encore exiftant dans divers Dialedes,

ajoute que ce

Bob

,

fans

&



même femille que Pot , élévatioir, dont nous avons déjà parlé.
Le premier Magiftrat des Eduens , puilTante Nation Gauloife dont la;
Capitale étoit Autun, s'appelloit, fclon les Romains, Vergobret. Le premier

la

Ce

Magiftrat de cette Ville s'appelle encore aujourd'hui Vierg.
être
pas le feul refte qu'on y couferve des anciens Gaulois.

n'eft

peut-

Quant au mot

c'était, comme nous l'apprend Servius (ùr le VIII= livre de l'Enéide»
nom Gaulois de la Pourpre, habillement des Princes, & digne pac-l»
même du Chef des Eduens.

de Vergt,
le

Gesom
fer

étoit

Gelâtes

axijourd'hui

r

;

javelot Gaulois; ce JavePot redoutable qui les

Gesi tn

un dard y un

Matara
tion

le

mais

Ealque, & G ai H

en Itlandois,

fit

appel"

fignifient encoret^

Javelot,

une efpéce de lance Gauloife. Jules-César en feit men-^
ce mot fubfiftoit encore dans le fiécle dernier, ou Matras fignifioiP

un Trait

Un

croit

& Matraîser,

d'arbaltte;

nets des Gaules

fut appelle

percer d'outre en outre.
Galli^b Braccat^ à caufe

de leurâ

grandes culottes; elles fubfiftent encore chez quelques reftes des anciens Cel-(
on en a formé notre vieux François BRAYE;en Bas-Breton, Braghes.tes,

&

Brasseur, Brasser. Par
fait

de

la

bière

& par

le

le
premier de ces mots, nous défignons celui
(êcond , l'adion de faire cette boiflbn. Ce (ont-

;
qui
des reftes très-bien confervés dé l'aticien Celte. Pline, dans fon Hift. Nat,-

nous apprend que les Gaulois appelloient BRACit leur plus beau froment,.
& qu'ils en faifbient une boiflbn qui eft notre bière. Le mot de Brais fignifie

dans

la

Flandre tout grain deftiné a foire de

mieux conlervé chez

nv^ 'du mot Bar,

les

Gallois

le

la

bière

prononcent Brac.

:

Ce

il

eft

encore-

font des dé--

qui
froment,, dont nous avons déjà parlé. Quant au mot^

DISCOURS

XXX-

formé du Celte J5£ii, chaleur, cuiflbn

BiERE ,

il s'efl:

cuire

fermenter.

,

Gaunacum
mot

n'eft

habit long, de laine

pas perdu,
avoir omis le

comme

il

dans

Ganache

la

un

étoit

quoique

mot Hery,

tunique longue

,

BuUet

&

forêt.

de

,

e(jicce

fermentation

;

Birvi,

de tunique; mais ce
Diûionnaire

omis dans fon

l'ait

On

laine

,

retrouve celui dont

en ulàge dans

le

il

s'agit

Languedoc,

province Celtique.
Fiiiilfons cette lifte par un mot d'autant plus remarquable qu'il exifte dans
notre Langue fans tenir à aucune famille qui en fefle connoître la raifon;
c'eft le mot Maréchal
ce mot défigne la plus grande Dignité MiUtaire
exifte
dans
le
en même tems la profeffion de celui qui
qui
Royaume ,
:

&

ferre les chevaux

:

mais par quelle bizarrerie a-t-on revêtu ce mot de deux
où a-t-on même puifé ce mot? Rien de lî

fignificâtions aufïï éloignées.'

Langue Celtique. \îar, March , y dcfignoit cet
animal fier & rapide que nous appelions Cheval. Ce mot remonte à une
haute Antiquité. Pausanias parlant de l'expédition des Gaulois dans la Grèce
fcns la conduire de Brennus , dit que Trimarkis fîgnifioit chez eux une
bande de trois Cavaliers: Marck, cheval, fe réuniftànt enfuite au mot Theuton ScALc qui fignifia Fils & Serviteur , deux idées qui font réunies dans
Cmple en remontant

à la

Langues , forma le mot Mare/cal , & puis Maréchal , dont on
rapport avec celui qui ferre les chevaux , & qui en avoir aufli un
très-étroit avec la
Dignité Militaire qu'il défigne , puifqu'anciennement les
toutes

voit

les

le

armées n'étoient compofées que de Cavalerie. Un Maréchal de France étoit,
wof-à-nzo/, un Général de Cavalerie ; de même que Conêtable fignifioic

Comte de

, de l'Ecurie. Ajoutons que dans le nioyen
âge les
Couronne s'appelloient Scalcs , Domeftiques à l'inftar de
Cour des Empereurs Romains , dont le Grand Général lui-même s'appelloit

Officiers
la
]&

la

de

Cavalerie

la

Grand Domeftique

:

y

on eue

die

U

Grand

Scalt.

m'^^m

PRÉLIMINAIRE.

ARTICLE

xxx)

III.

u^%»ii nA»î>.iii

De hA Lakgve Françoise.
I.

§.

Rapport de

Langue Frarçoife avec

la

la Celtique

&

,

opiniens des Savans

Y

fur fon origine.

5ri/iSQ0E

la

Langue Celtique

exifte dans
pas perdue, puirqu'elle

n'eft

**^''^

S'*'*"'

J**^'*^

V<»*»^»*<4

Bas-Breton, le Cornouaillien , le Gallois ; puifque nous avons dans ces j^i,T.n«iiiV^-jt,^
Dialedes , dans les noms propres Celtiques confervés en France , dans les
mots de cette Langue tranfois par les Anciens , autant de points de compale

raifon

nous pouvons donc nous alTurer des rapports qui exiftent entre

,

Langue Françoifè &

Ce

n'eft

même

^

la

la

Celtique.
qu'après avoir

ftiit cette
comparaifon qu'on peut prononcer
de
la
devient abfolument néceflàire ,
Francoife
&
elle
Torigine
Langue
lorfqu'on veut remonter à l'Origine des Langues ; comment prononcer fur
rOrigine du Latin & des autres Langues de l'Europe , fi on ne les compare

(îir

-,

pas avec ces

une

de

reftes

la

Langue Celtique

,

tels

font

qu'ils

,

ils

offrenc

foule intéreflante de racines très-bien confcrvées qui conduiient à l'O-

ces diverfes
rigine de
Langues
ils

Si

?

font

les

débris

fut

,

n'en réfultera -

pas que

t'il

Mère des Langues anciennes

la

la

&

"

..

;

Langue donc
modernes de

l'Europe ?

Malheureufèment

,

ce

n'eft

pas ainfi

que



font conduits ceux qui ont

cherché l'Origine de la Langue Françoifè. Ils n'ont vu que du Latin dans
la
le François. Sourds à la voix de ceux
Langue
qui vouloient les ramener à
Celtique , ils ont préféré les ctymologies les plus étranges, les plus abfurdes,

&

aux ctymologies fimples
lumineufes que leur auroit fourni la Langue Celils
fait
ont
un cahos des Origines de la Lang'ue Francoife.
tique , &

Ce

qui leur

l'époque où

faifoit illufion

les

Gaulois

,

ce oui

celTercnt

les

égaroit

d'être

avoient habitées de tems immémorial,
la

conquête,

il

s'écoula environ

fix

&

alors à

du Latin dans

l'ulàge

&

fiédes

maintinrent leur autorité

donner à

les

leur propre

le

c'eft
qu'entre
étrangement ,
maîtres des Contrées qu'ils
en firent
fiécle où les Francs
fi

pendant

Langue
les

c'eft

:

Gaules

lefquels

,

la

les

Romains y

que tout concourut

plus grande étendue;

^.

j^

DISCOURS

XXX4J
Colonies briflantes

les

ceflîrc


.

la

ç,

,

\_nXi\UAf^

&

nombreuses que

Romains y

les

vaincus de convcrfer avec leurs Maîtres

les

pour
Religion Chrétienne

,

dont

établirent

;

rétabliflcment de

Minières ne s'énonçoient que dans

les

la nc-

;

la

Lan-

&

t

Jf^ gyg jgg Maîtres de k Terre,
ignoroient ou dédaignoient d'écrire dans
celle des vaincus. Quel rang pouvait tenir en effet la Langue des Gaulois ,
quand ils eurent perdu tout ce qui conftitue une Nation , qu'ils n'eurent

à eux ni Tribunaux , ni Loix , ni
plus
Religion ; qu'ils eurent vu leurs
écoles détruites par la
que leurs Druides , tout à la
tyrannie Romaine ;

&

C^<-U

'Jfuiài
,

,

.

ij

«i

.

Atâ«|W» ^*^«^
w

jAnui\iftùiUt *
^

Chefs de

^^^^

de

la

Religion ,
intéreflcs à fecouer le
joug des
farouches vainqueurs;

la

de la Magiftrature , fi fort
eurent été rais à mort pat ces

Noblefle

Romains

tous nos Savans n'ont vu dans

,

,

François qu'un Latin corrompu.
Quelques-uns , à la vérité, ont avancé qu'il déjrivoit du Grec & de l'Hébreu ;
mais on n'y a point cru. Deux ou trois perfonnes ont voulu ramener le
François à la Langue Celtique^ mais on ne fit pas même l'honneur à deux
'^liffi

de

d'entr'ellcs
fiéflie

,

qu'on

réfuter

les
eft

&: la

-,

le

difpute s'anima tellement

demeuré convaincu que

le

nul rapport. Mais tout ceci exige quelque
Charles BoviLLE , Chanoine de Noyon

&

Celte

contre

la

troi-

François n'avoienc

le

détail.

&

de Saint-Quentîn , paroît
s'être occupé le premier des
Origines Fraaçoifes , dans un Ouvrage Latia
Robert
Etienne
in-^°. que
imprima en 1535^ Il en rapportoit plufieurs à

Langue Grecque il fut bientôt imité par une foule d'Érudits.
Joachim Perion , Religieux Bénédiélin , trcs-verfé danr les Langues GrecFran<jue & Latine , fit imprimer en
j 5 4 la Conformité de la Langue
çoife avec la Grecque.
la

'

j

iitli **•

:

.1

Jean Picard

de

Bardis

,

•également
fiécle

de

en
le

i

&

,

Henri Etienne

^80 y

M. D'H&reinot

la
,

Langue Grecque.
Conièiller au

&

jnalheur d'en perdre la tête,
vivre que de racines Grecques

de



,

.

.

D'autres

fk Frfinct

le

iè laifler

y

Trippault

164^,
fut

;

de

&c.

même

,

fieuf

tiroient

dans ce

mais celui-ci eut

le

mourir de .faim, ne voulant

leurs

Racines Grecques un

Re-

mots François venus du Grec.

dérivoient de l'Allemand.

pauloife

en
en

Chatelet

Scaliger, au contraire, (e moquojt de tous
dans le François que du Latin corrompu.
..

Il

;

& Hébraïques.

MAI. dePoRT-RoYAL donnèrent avec

/

1556

Ju/es- Cé^ar àe Bernieties

François de

cueil confidérablc de

en

rapporte,

ces Helleniftes,

Ottius

^Ç^çpis, à

,

&

ne voyoit

Savant de Zurich

,

dans

l^lU^iand à çaufe des mots

communs

PRÉLIMINAIRE.
communs

à

ces

deux Langues

;

tandis

^xxîî)

1760, M. de Barbasak

qu'en

voulut prouver que ces deux Langues n'étoient qu'une altération du Latin,
le P. Thomassjn enfiiice , dérivoienc
Etienne Guichard en 1610,

&

au contraire

le Fran<j.ois

En 175?,

de l'Hébreu

comme

,

{kvans Auteurs de

les

de

Langue Latine.
Ces opinions ne produifbient que peu ou point de

Virent qu'une

Langue Françoife

&

pour

M.

;

la

Francp n'y

la

Membres de l'Académie

fieurs

}a

altération

de

l'Hifloire Littéraire

fenfârîon, Isrfque

des Infcriptions s'occupèrent de

alors s'éleva

une guerre

littéraire



1

l'on

foutiut

le

contre

&

1740 un Mémoire
l'Origine

plil-

Origine de

mais avec autant de modération que de {âgacité.
,
DucLOs ouvrit, à ce qu'il paroît , le champ de bataille. Il
le

}\tiry(.iLaM,S

du monde.

toutes les Langues

à l'Académie des Infcriptions
les Révolutions des Langues Celtique

&

&

lut

en

Belles-Lettres (i) fur

Françoife.

y établit
Gaules deIl

Langue Celtique ne dut pas fubfifter long-tems dans les
qu'il fe forma , tapt à la Ville
puis qu'elles furent (bumilcs aux Romains
mtlé
de Celtique & de Latin 5 que
que dans les Campagnes, un jargon

que

la

;

vraifêmblablement ceux qui vivoient dans
que rang , cherchèrent à fê défaire de ce
«'inftruire

mots

&

qu'ils

parfaitement du Latin ; mais qu'il
de tours de leur Langue naturelle

&

qui y tenoicnt quelavoient de Celtique pour

les Villes

leur refta toujours
,

qui cependant

beaucoup de

alloit

toujcur»

commerce des Romains. Tandis que les Romains
par le
durent voir leur Langue s'altérer de jour en jour
perdre fa pureté
les Habitans des
à rr.efurc qu'ils étendoient leurs conquêtes ;
que
campa-

eu

s'afïojbliflànt

&

.

&

gnes , plus greffiers que ceux des villes, altcroient ces deux Langues
d'une autre façon , enforte qu'il dut (ê former dans les Gaules une infinité

de jargons

rurent

:

Langues

il

,

;

exiftoit
la

&

que tel ctoit
donc alors dans

Celtique,

la

Latine,

du langage lorfque les Francs
paGaules , félon cet Académicien , trois

l'état

les

& la Romane

,

mélange informe des deux

premières.
Langue des Francs , ajoute t-il , qu'on appelloit auflî Tliioife
des
Germains
& des Allemands, elle
la
celle
même que
&Théotifque,
ne fe maintint que dans les extréfit
diiparoître celle des Gaulois , qui

Quant à

la

&

entendue que des
, qui ne for plus
;
deux Langues , la Romane
U
Ecdéfiaftiques : il n'exifta donc plus que
de
feules
en
,
Tudefque
ufàge jufqu'au régne
Chailemagne.

mités des Gaules

celle des Latins

&

(i)

Tome XV.

Z?j5, Etynu

;-

DISCOURS

xxxiv

parut enfuite deux Difcours de M. Falconnet f i ), l'un fur fes Prmde FEtymclogie par rapport à la
Langue Fravçoifcy Se l'autre fur le

Il

vijres

mot

Dans

premier, ce Savant regarde comme inipoffîble de remonrcr à
de
la
l'Origine
Langue Celtique , quoiqu'il lui paroifiè vraifemblable qu'elle
^jj j^ même que celle des Scythes que Tancien Grec
l'ancien Latin e«

'

iL'
f
LtUCU.

.

Dunum.

Celtique

,

le

&

-,

furent des

&

dans

dialeâ:es

,

&:

que

Langue Celtique

dans

fubfifte

le

Bas-Breton

deux Langues , puifqu'il ajoute
«ju'un fàvant Breton lui expliqua par l'ancien Breton la plupart des mots
Gaulois qui fe trouvent dans Jules - Cefâr & ailleurs. Il n'avoir de même
le

Gallois

aucune idée de

comme

mais

la

:

ignoroit ces

il

nature des n.ots radicaux Celtiques

la

radicaux

qui lignifièrent
n'avoit par -là même que

"il

,

Cependant

Difiertation

-fâ

très - étendues,

mots

&

de

particulier

un

lieu

,

poifqo'il rcgardoic

de n'avoir qu'un petit nombre de mots
par conféquent nombre de choies dififercntes ,

une propriété de l'Orient

,

les

&

eft

fuivre

;

z».

un

&

des idées .vagues (ut
le

la

la

Dunum

mot

lieu fortifié

} .}°.

des recherches

manière d'analylêr

dans leurs diverfes acceptions

au

Langue Celtiques

mot Dunum renferme

un modelé de

relativement

élevé

fur

,

un

ou

il

:

Dvn

,

la

valeur àcs

fâilôit

qu'il

voir en

fignifioît

»",

lieu profond.

qui n'avoit en apparence pour objet qu'un
occafionna
cependant de vifs débats. M. l'Abbé
Langue Celtique,
fut un des tenans pout M. Falconnet : le Savant Freret lutta

Cette dernière Difiertation

mot de
Fenel

la

contre eux.

M.

Falconnet retoucha

la Differtation

,

&

fit

voir par le té-

moignage des anciens Auteurs Latins, par laverfion que fit Ulphilas d«
Nouveau -Teftament dans la Langue des Goths,
par l'Anglo-Saxon ,
conftarament
élévation
ce
mot
,
montagne. Mais lorfqu il vouque
fignifia

&

à des argumens
prouver par la Langue Grecque , il eut recours
côté la belle famille
il laiffà de
peu convaincans , ou difficiles à (àifir ,
chef
force
Dunt fignifie
, puiflànce , fupérioritc. Cette
Grecque dont le

lut le

&

omiffion lùiprenante ne prouve que trop que , mJgré lès grandes recherches en fait d'ctyraologies , ce Savant n'avoit que des idées très - imparfàires

&

de la vafte étendue des mots radicaux.
de l'analogie des mots ,
raffembk
fou côté une multitude de preuves
de
, qui

L'Abbé Fenel


pour conftarer que

i 1 1 VCEm. des loTu.

Dunum

étoit

un mot Celtique

& Bell. Let. Tom. X&

q^ui

défignoit

la

hauteur,

PRÊLIMINAIR
l'clcvation ,

négligea également la

mot Donjon

apperçat «jue norre

même
étoit

famille Grecque.
Cependant , il
un des dérivés du mpt en litige,

DB LA RAVAtl ERS,

M.
Tel

xxxr

E.

de cette queflion lorfque M. Lïvesque db laRavalierb^
B. L. defcendant dans l'arène , fit prendre à la diijjutc
donna dans les
fort différente
beaucoup plus animée. On

étoit l'état

de l'Acad. des
nne tournure

^

&

Infcr.

&

page 14+ & fuiv. de l'Hift. un Précis
4c fbn fyftême , en l'annonçant de cette manière.
» M. Levesque de laRAVAHERE ne veut
ait aaJ
point que notre Langue
» cune
à
la
comme
Latine.
Jaloux
fon
de
,
obligation
indépendance
Langue
» nos Rois le font de celle de leur coutonne il craint cette
Origine comme
•» un
titre de
de
le
&
redevance.
Il
langage Celtique des
vaflèlage
prétend que

Mém.

Tom. XXIII.

de cette Acad,

,


••

anciens Gaulois

Celtique

&

confctvé jufqu'à nous , que nous parlons aujourd'huî
Langue Latine n'a rien à redemander à la nôtre. Voici

s'eft

la

que

•(es preuves ». Perfonne ne conteftera , dit-il, que la Langue vulgaire dit
règne de Philippe Augufte ne fût la même que celle d'aujourd'hui. Il fufiît donc
d£ prouver que U Langue Celtique qui fubfiftoit dans la Gaule q^uand Ccen

iâr

»»

fit

la

conquête

,

fut

en ufâge jufqu'à Philippe Augufte.

" Ce fut
depuis Céfàr & fous les premiers Empereurs , que la partie de II
Gaule qui efl; comprifè entre la Loire
le Rhin commença à connoître deux

&

Langues. Les ProfefTeurs Latins vinrent occuper dans les Collèges de Char" très & d'Autun les Chaires
que les Druides y avoient remplies îufqu'alors. La



•»

n
«•

Langue fàvante de la Gaule, mais la vulgaire fè
Romains même empruntèrent alors plufîeurs
.
toujours.
mots de la Langue Gauloifê , tels que ceux de urus , rheia , petorritum.
« Tacite dit ( i ) que les Gothiniens, Peuple de Germanie, parloient k
Langue Latine devint

foutint

. .

M Langue Gauloifê

;

il

la

Les

donne à

la

même Langue les mots

hardi

,

bracca.

,

cru-

pellarlus. Cafnar , félon Quintilien, étoit un mot Gaulois. Pline en vingt
M endfbits de fonHiftoire, diftihgue des termes de la Langue Gauloifê, & Sue« TONE cite le mot éec (i) dans le même fens que nous le prenons encore
ti

A comme étant
n

{

I

S.

]

IrenÉe

De

en ufâge à Touloufè
Evêque de Lyon , écrivoitàun de

alors
,

Morib. Genn,

(») VitelUc. II.

'-

.

4
(es

amis

» cnlui envoyant jYCYlClLi

xxxvj
» fes Livres contre

M

DISCOURS
les hércfies:

depuis que je vis parmi

Us Gaulois , fai

ét^

ot/igé d'apprendre leur Langue.

» Une Devmercfre Gauloife

Akxandre Separle en (à Langue à l'Empereur
Suipice Sèvere, Auteur du V<= Siècle, dans fes D'alogues fur la
» vie de S, Martin j introduit un Gaulois qui fe défend pei>dant quelque tems

5>

vere.

.

&

» de
j)

»
»
*

»
»>

lui dit;
parler La^n. Pofthumien , qui eft l'autre interlocuteur, le prclTc
Si vous
de
C'tft
la
Gaulois.
parler Latin , parle^
que
Langue Latine
craigne^

étoit la

Langue

polie, celle des Ecrivains

j

auffi méprifoient-ils la

appelloient ruftique, barbare, laïque, parce

qu'ils

que

Celtique,

c'ctoit la

Langue

vulçraire.

» Ces noms , Langues Celtique, Gauloife, Rofnane , Françoife , ctoient devenus fynonymes; & fous la troifîeme race, on voit tncore une Langue
vulgaire autre

« Gaulois
Il

le

que

la

conclut ainfi

(

pag.

&

Aimoin, Evêquede Verdun

Latine.

Concile aflemblé à

149

:

)

,

harangue ea

Mouzon en Tannée 995.
» C'eft

donc dans

la

Langue Celtique que

auroient dû chercher l'Origine de la
Etymologiftes
Voca.à
la
tant
Langue Françoife,
par rapport
Syntaxe, que pat rapport au

s» les Grammairiens

^

>

les

bulaire dont elle eft
compofée.

Don Rivet.
Don RrvET

,

Bénédiâin

,

qui

'IHiJloire Littéraire des Gaules
valiere,

&

,

fît

la

la

Langue Grecque

bientôt après

attaqua vivement

entreprit de prouver

à

paroître

que

la

le

le

Voluma ic
M- de la Ra-

VII^.

fyftênie de

Langue Romance dut fon Origine

Langue Latine , qui étoit la Langue dominante dans les Gaules, Il eft
vrai que Don Rivet avoit déjà
fon premier Volume (i) : c'eftpris parti dans
là que décrivant l'état des Lettres dans les Gaules avant J. C. il fait voir qi^e
fut parlée

pendant plufieurs Cèdes dans

les

Gaules, où elle

avoit été portée
Latine devint
par les fondateurs de Marfeille; que la Langue
Gauloile ou
enfuite celle des Gaules. « Pour ce
qui cfl , dit-il , de k Langue
» Celtique, nous en dirons
en
a
peu de {àtisfaipeu de ciioiè , parce qu'il y

»

&

Une

ce (oit le Bas-Brepeur concevoir non plus que
«
dit
ne
1°.
Tacite
car
point que la Lanprétendit Pezron;
»
les
celle des Bretoiis fuflent entièrement
mêmes, mais feugue des Gaulois
» lemcnt peu différentes,
z". les anciens mots Cehcs confêrvcs par les
fàntes

de certaines ».

ton, conmie

le

&

&

»

anciens Autcuts ne font
point entendus par

jli^ iBjpr.

en 1733,

les

Bas-Bretons (pag. 64. ^5.}»

PRÉLIMINAIRE.

xxxHj

de M. Falconncc.
Aflertion , comme on voit,
conclut cependant que de cette Langue Gaulôife jointe à la Grecque > à
Latine & au Franc, fe forma le François.

direûement oppofée à

>5

ne

fut jamais la

Langue

vulgaire

des Gaules

,

mais Langue (àvante

en avoit une autre qui étoit maternelle & populaire
qu'il y
« gue fut la Celtique ou Gaulois pur, fur lequel les Romains

:

&

commencé

,

&

i<»<

Lan-

que

cette

les

Francs

eri-

leur». Il^attacha enfuite à prouver
que le François
à être ufité dans les écrits qu'au milieu du XII«. ficcle.

terent infenfiblement

n'a

la

la

»

y>

il

Ravaliere ayant enfuite publié fes vues fur 1 Origine du François*
Rivet mit à la tête de fon Vile. Vol. un Avertiflementd'cnvifon 80 pages,
d'un Savant qui prétendit, !=>. que lé Latin
réponfe à deux reproches

M. de

Don
«en

celle

la

Dans la vue de prouver au contraire que la Langue populaire des Gaules dvt
rems des Romains n'étoit point la Celtique , cet Auteur s'attache à montrer
1°. que les Romains remplirent de leurs Colonies les Gaules méridionales

&

à l'exception de
quelques motsGracsy
que «le Patois de celui-ci eftpur Latin,
font
Francs
» Celtiques
gliflcg.
qui s'y
» 1°. Que le Latin ne fe corrompit dans les Gaules que pafce qu'il en étoie

&

»Ia Langue vulgaire: 5°. que la Langue Romance étoit déjà formée aa
» VIII*. fiécle; & que des le XII«, on diftingue en France les Dialeéies
"Vallon, Ficard, Gafcon
3)

peut-

,

Provençal, Bourguignon, Normand,. Parifien &'

être d'autres»

M. de b
(en 1741

)

Ravaliere ne

fe tînt
pas pour battu ; donnant dans ce tems-là
une Edition des Pocfies du Roi de Navarre avec des notes & un'

Gloflaire François,

il

précéder d'une DilTertation fur les différentes révolu-

la fit

tions de la

Langue Françoife, depuis
magne. Là, il voulut prouver contre
1 ".

que Jamais

ne

le Lati-n

fut ni la

le

les

commencement du régne de CharleAuteurs de

Langue

l'Hift. Littér.

naturelle ni la

de

la

France,

Langue vulgaire

des François: que le gros de la Nation refta toujours attaché à la Langue de'
ordinaire de la vie. 1°. Que cette
fes
Langue appellée
pères, dans Tufage

Romance ou

Rujlique,

fubiifta

féroit prefqu'enticrement

de

de

&

féconde race;
qu'elle difà
mais
écrire
rarement
qu'on commença
y
ne
peut trouver aucun rapport entre
pnifqu'on
jufqu'àla

fin

la

celle

fous le règne de Louis Vil ,
celle qu'on parla alors
cette aïKienne Langue

&

,

Mère du

François aâtuel

:

tandis que rancienne exifte , febn l'Abbé de Loncue«.ue , dans le Catalan; &rHiftotien du Languedoc, dans le Provençal. H ajoute que la^
félon HuET

&

Normandie

fut

en

particulier l'afyle

qu'elle fut le plus négligée

&

le

&

le

réAige de notre Langue au

glus délaiflce.

vçm^

DISCOURS

-xxxvilj

M. de la Ravaliere inféra quelque tems après une lettre dans le Journal
des Savans
pour (outenir qu'il cxifta dans tous les tems une Langue vulgaire
indépendante de la Latine il y annonçoit une Hiftoire de la Langue Françoife
depuis l'entrée des Francs dans les Gaules jusqu'à rétablifTement de l'Acadcmie
:

Françoifè.
Il

paroît par l'AvertifTcment

du VIII Vol. de

l'Hiftoire Littcr.

de

la

France,

que cette difcuffion dégénéra 'entre ces deux Auteurs en plaintes réciproques
d'avoir
de ne s'être pas entenperdu de vue le véritable état de la queftion

&

dus

,

comme

n'arrive

il

que

trop fouvcnt.

M. B
M.

de

la

Ravaliere ne

fiit

« pant

entreprit
,

dic-il

,

de

la

« procher>5.C'e{i;
la

des

y,

-,

&

concilier ces diverfes opinions. « Peut-être qu'en dévelop-

penfée du (avant Bcnédiélin , les fentimens pourront (c rap-*
dans ion Mémoire fur l'introdadion de
qu'il s'exprimoit

ainfi

Langue Latine dans

XXIV

M

pas fcul Antagonifte des Bénédidins leur fentila
difpute devint plus animée. M. Bo-

«lent trouva d'auttes contradideurs

NAMY

G N A

Mém.

les

Gaules

des Inicr.

&

,

lu

en Dec. 175

1

,

& qui fait partie du Tom.

Belles-Lettres.

Ce

Savant Académicien s'attachant à prouver que « la Langue Latine , a
• donné l'Origine au plus grand nombre de nos mots François pour ne pas dire
n'entendoit pas par là un Latin tel qu'on parloir è
Rome, mais la Langue Latine tombée dans le plus grand état de barbarie,
dénuée de cas, chargée de vieux mots que n'adopta jamais la belle Latînitt^
»»

à tous », obferva

remplie

façon

ici

&

de tours vraiment François , en un mot un vrai jargon.
voir que le François eft venu du Latin , il démontre en quelque

d'articles

Ainfi pour faire

qu'il

& dans

le

Mémoire

fuivant intitulé Réjlexions fur la

Langue Latim

, que ce Latin eft du François.
Mais pour conlèrver (on rôle de conciliateur, il apporte à (on (yftême de$
reftridlions dignes de remarque. « Il ne faut cependant pas croire , dit-il,

vulgaire

(i)

que Tufàge de

la

Langue Celtique s'abolit tout d'un coup dans

les

Gaules. Sî

«ceux qui avoient
»
M
«1

l'ambition de parvenir aux grades de la République s'emeut un
pre(îèrent de donner à leurs enfàns une éducation Romaine , il y en
fur-tout dans les campagnes , qui continuèrent de
plus grand nombre

&

parler leur ancienne Langue.

Il

"

(OPag.

$««,

Il fallut

iiii

plu(ieurs fiécles
T

J

I

11

1

I

I

I

I

i

Mi

pour rendre
,

commune
_

.11»

PRÉLIMINAIRE.
» dans

Ganfes

les

M. de

»

la

Langue Latine

;

aufïï

3ixx«

un endroit du Digefte ( déjà

cité

par

Ravalierc) fuppofe-t-il qu'on ne la parloit pas encore par-tout (ous
» le
d'Alexandre
Severc vers l'an 1 3 o de J. C. Il y eft die que les fideirègne
la

n commis feroient admis en quelque
Langue qu'ils fuflent écrits , non-feule» ment en Latin & en Grec , mais encore dans les
Langues Gauloilè &Puni>»
il ne feroit
.
En
effet
extraordinaire
j ajoute-t-il,
que.
pas plus
que l'on eût
» encore alors
le
dans
lieux
de
la Gaule, que de voir
parlé
Celtique
quelques
» la
Langue Punique en ulàge dans l'Afrique deux cens ans après Alexandre Sé.

Dans

Gaules, l'ufâge de la Langue Latine ne s'eft établi que peuà-peu
plus tard dans les Provinces du Nord , qui n'avoicnt pas autant de
communication avec les Romains que les peuples fitués au Midi de la Loire.
vere.

»»

, .

les

&

>•

•»

» Ces derniers ont toujours palTé pour avoir un
Langage plus poli que les Gaun lois de la Celtique. . Je oe crois pas même qu'à l'exception des parties
.

méridionales de la Belgique,

»»

« ges comme

elle le fut

dans

la

Langue Latine

la

Gaule Celtique

en ufage chez les Beldans la Gaule Aquitanique.

ait été

&

« Leur éloignement de la Province Romaine , & le peu de commerce qu'ils
• avoient eu avec les Romains , les faifoit regarder du tcms de Jules-Célâr


>•

des Barbares en comparaii'on des Celtes & des Aquitains. . ,
» Ceux de Trêves, qui, au
rapport de Tacite , affèdoient une Origine Gerencore
oublié leur ancienne Langue , lorfque S. Jémanique , n'avoicnt pas

comme

»

rôme y

n

latie ,

»

1er

alla

demeurer vers

l'an j

60. Car dix ans après

,

en traverfant

la

G»«

reconnut parmi les Galates la même Langue qu'il avoit entendu parà Trêves. Cette Ville cependant étoit la demeure des Préfets du Prétoire
il

« te fouvent

même

des Empereurs ».

obferve encore par rapport aux Gaules méridionales où de très-bonnelieure on adopta la Langue Latine , que les Gaulois en altérèrent nécellàircmenc
11

j

Je

génie

,

&

y mêlèrent quantité de mots de leur ancienne Langue,
Etat du Langage dans

Tel

en

étoit, félon ces

firent la

conquête

Savans,
;

alors

l'état

les

de

Gaules au tems des Francs^
la

Langue des Gaules, lorfque

on y parla une Langue de plus,

la

Francs

les

Thioife

ou Tu-

&

qui fe parloit encore à la
ielquc qu'on appella la Langue des François
les
tandis
du
X.
Cour au milieu
fiécle,
que
Monarques François régnoientfur
une partie de l'AUemagnermais du moment que fous la troifiéme race des Roi»
,

les

Peuples de

leur Nation

,

la

Germanie eurent

on ne

la
parla plus

choilî

pour

les

commander

Largue Tudefque en France;

exdufiYement à toute autre ja
gaire ou Romance devenant

des Princes de

& la Langue vul-

Langue de

la

0»mv

OlîlJ^

DISCOURS

xl
*

entraves dans lefquelles

elle brila les

elle

avoir été reflêrrce Jufques alors

perfeûionna de jour en jour.
Voilà donc où aboutirent dans les Gaules

èc

,

elle fe

mains

;

ils

en dégradèrent

la

Langue

fement , s'ancanrit elle-mcnie
dans

On

barbarie.

la

teurs de

Rome

:

deflus les

&

&

Virgile

fi

parchemins

vantés allèrent

oi\

ils

beuriere

la

,

ou

furent effacés

tranfcrirs

jargon barbare &: que

la

,

pour y

France elle-

ne peut fupporter depuis long-tems. Douze fiécles ont à peine fuffi
humain de ce cahos effroyable; douze ficelés î perdus pour

retirer l'efprit

pour

IX ^^VtliiTÎti

à

avoient été autrefois

fubftituec des ouvrages écrits en un

même

Ro-

gagner à ce boulevcrvaincus , tous retombèrent

&

vainqueurs

:

exploits merveilleux des

les

leur, loin de

n'entendit plus les Ouvrages des Poètes
OraTibulle
Ciceron
Céfàr
,
Oride,
,
Horace,
,
,

tous ces autres Ouvrages

de

& la

5

Sciences, pour l'humanité, pour le bonheur des Etats. On commence
à rcfpirer: déjà nos Ecrivains les plus illuftres ont prefqu'atteint la gloire
de Rome; déjà nos ccnnoifTances furpalTent à un
de ceux d'Athènes

ttit", les

&

grand nombre d'égards

humain

celles

des

fiécles

plus éclairés

les

de

l'antiquité

;

avidité fur les objets les plus intéreffâns,
dcja l'efprit
porte avec
Princes
en
aucune
PuilTent nos
encourager de plus en plus les efforts,
Pullfent de nouvelles
révolution n'éteindre cette maffè de lumières
généfe

&

!

rations, à l'ombre d'une paix profonde,
ca. être plus heurepfes i
§.

Comment fe forma

la

la

voir

s'augmentçr

uns

ceflè

^

1 1.

Langue Trangoife ; ù à
Langue Romance.

cette cecajîon

,

de Ut

En comparant



les dîverfês
opinions de ces Savans , il en réfùlte plus
ofé
n'eût
lumière
4^
qu'on
efpérer : on voit la Langue Françoife fe former
la
total
l'oubli
de
non par
Langue Gauloifè j mais par fon mélange avec

la

Latine.

Ainfî deux

s'akérant chacune

aucune des deux

,

couleurs

en

mutuellement,
tient de chacune.
il



en

mêlant ne
réfulte

Ce

détruifent

pas

,

maïs

une troificme qui fans ctro

Auteurs, même les plus prévenus contre la Langue Celtique,
de convenir que la Langue Gauloi(e ne fut pas abolie tout d'ua
coup; qu'elle étoit encore entendue dans les III 5i IVe fiécles de l'Ere Chrétienne, peu de tems avant que les Romains fuflent troublés dans la poP*

Tous

ces

font forcés

feflipn des Gaules

,

& trcs-lon^-teni?

en eurent feit la conquête,
après qu'ils
11^


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