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16

R E N C O N T R E

Jeudi 17 mai 2018
LA SEMAINE DU MINERVOIS

ART
Henri Darasse, peintre
sétois installé à Pépieux,
travaille derrière ses
murs à théoriser son art
tout en expérimentant
sur d'innombrables
toiles sa rouleaugraphie.
Il expose à
Labastide-Rouairoux.

e Minervois est un atelier
d'artistes à pierres ouvertes.
Henri Darasse, peintre sétois
discret mais non moins
renommé, a établi son atelier à
Pépieux pour y créer et installer ses
grandes toiles. Dans la paix d'une
ancienne cave et d'une maison de
vignerons, rue du Moulin à huile,
Henri Darasse poursuit son œuvre
picturale et théorique singulière, et
pose de nouvelles pierres à l'édifice
d'un mouvement artistique à
l'avant-garde de la réflexion sur la
peinture moderne abstraite.

L

Henri Darasse dans son atelier, ses peintures et un très grand rouleau qu’il a fabriqué lui-même

Henri Darasse fait de l’effet
Méditerranée, des dessins de
contes pour enfants ou une calligraphie secrète… Pourtant résolument non figuratives, ses toiles
sont le fait d'une technique au rouleau travaillée sur supports variés,
choisis et pensés par le peintre.

© N.Faure

En entrant dans sa maison-galerieatelier, la profusion de couleurs
vives et les grands formats sautent
aux yeux fournissant sans répit des
flots d'émotions et d'intenses sensations. Sans détour, son ordre et
désordre picturaux procurent une
énergie positive. Sa peinture met le
corps en mouvement et provoque
pour le regardeur un déplacement.
Du graphisme aux imprimés, des
traits aux formes en répétition,
chaque toile fournit une ambiance
et une histoire. Les grands formats
évoquent autant l'Afrique qu'une
écume océanique, des villages de

© N.Faure

Donner du sens à l'art abstrait

Rouleaugraphie

Henri Darrasse peint de très
grandes toiles sans cadre et en
parle aussi bien qu'elles sont claires
et lisibles. Pas d'énigme ni d'obscures significations à démêler chez
cet
artiste.
Justement,
sa
peinture est l'instance matérialisée
d'une réflexion philosophique plutôt concrète. Car Henri Darasse
n'est pas de ceux qui se laissent
baratiner par ses propres techniques leur attribuant des concepts
hasardeux. "J'ai entendu tellement de
philosophies rapides dans le milieu artistique que j'ai souhaité m'y coller vraiment". Formé aux Beaux arts de Toulouse, sa peinture s'inspire du
mouvement Support-Surface très
en vogue dès les années 70, notamment autour de Montpellier autour
du peintre Viallat. L'idée centrale au
mouvement est que le sens de la
peinture est la peinture elle-même,
bloquant toute interprétation à l'art
et incluant le support dans la peinture. Sa peinture, à l'instar de sa
famille d'artistes, s'apparente aux
décorations, aux tissus, aux
"choses". Mais cela ne lui suffira
pas, Henri Darasse cherche à donner un sens à sa peinture abstraite,
sur le plan poétique et esthétique
et à bousculer la méthode. Pour
s'armer et comprendre ce qu'il veut
explorer, il démarre des études
philosophiques universitaires "pour
ne pas contaminer mes peintures". Il
cherchera la pertinence à définir
cette peinture de la forme et du
support. Il s'appuie d'abord sur le
travail du peintre Pierre Soulages,
fondé sur l'accidentologie. Où les
effets de l'outrenoir dans ses
monochromes sont le fait d'un
imprévisible accidentel. Soulages

ne cherche pas l'accident dans sa
peinture, mais fait quelque chose
de ce qui lui arrive. C'est le "potentiel
de la structure". Ici le projet de peinture n'est pas un idéal à réaliser et
pensé au préalable, empreint d'une
finalité. C'est la base réelle qui produit son effet. Henri Darasse poursuit ses recherches autour du travail du philosophe François Julien,
qui dans "son traité de l'efficacité"
propose la notion de "biais",
comme geste ou adaptabilité. Avec
ce biais, l'artiste doit ruser en permanence et varier sa technique
"chemin faisant".

dent ou "aventures" et en tirer une
des plus belles choses à vivre et à
faire. Dans son propre sillage, Henri
Darasse peint plusieurs toiles en
même temps, y revient, écrit et
réfléchit. Professeur de philosophie
à Sète, il a aussi les deux pieds dans
la transmission. Il avance dans son
art, résolument en avance d'une
théorie sur la peinture abstraite.
Son effectologie est à lire ou à
regarder, et offre, sans forcer, du
beau, du bon, du vif. Au final, il crée
un art qui tient seul debout et qui
sait se faire comprendre.

Catherine Jauffred

De l'effectologie
Darasse revient toujours à ses toiles
et crée des supports, "c'est en peignant que j'expérimente mes recherches".
Il fabrique des rouleaux de toutes
sortes, à reliefs et à effets, qu'ils
passent et repassent en changeant
de couleurs, explorant les supports.
Il "imprime" les toiles sur des ferronneries de balcons ou d'autres
surfaces. Par ces contraintes, il dit
"lutter entre la maîtrise et l'accident" et
travaille l'effet que lui imposent les
structures et les matériaux. L'effet,
de sa peinture devient le processus
même. Il peint et prend en compte
le détail qu'il voit advenir, imprévisible, et veut gérer le global. Ses
toiles jouent de ces écritures aléatoires tout en donnant à voir une
globalité sereine et équilibrée. Et
pour l'effet qu'elles produisent, on
aurait tendance à lui donner raison.
Du côté philosophique pour un
essai de sagesse appliquée, et pour
ce "résultat" qu'il offre aux yeux.
Prendre ce que le support et le
contexte nous offre comme acci-

“Ça peint : ça tisse”
Exposition, Henri Darasse, Alain Fabreal
et Alain Guarrigue, Labastide-Rouairoux, Musée départemental du textile.
Jusqu'au 16 septembre 2018.

QUELQUES DATES
1960 : naissance.
1983 : diplômé école des Beauxarts de Toulouse, il participe au
groupe toulousain Peinture
Immédiate
2002 : fonde le groupe Décoractif avec Amédée Poujol.
2004 : agrégation de philosophie
1995 : pratique du rouleau et une
abstraction “décorative” dans la
lignée de Matisse, Hantaï et Viallat.
A lire : Henri Darasse, "Soulages la
penture, poétique de l'accident",
Lucie éditions.


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