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Faculté des sciences sociales et politiques
Institut des sciences du sport
Session d’automne 2017


Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type
« course de trail ou de montagne » sur un territoire à vocation
touristique

Mémoire en Sciences du sport
Orientation : Gestion du sport et des loisirs


Présenté par: Valentin Genoud

Directeur : Bayle Emmanuel
Expert interne : Langenbach Marc
Expert externe : Jaccard Emilie



Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Résumé et mots clés
Dans un contexte d’expansion de la pratique du trail et de la course à pied en montagne,
Sierre-Zinal suscite un engouement toujours plus grand. Parallèlement, les stations
touristiques de montagne se trouvent face à des évolutions conjoncturelles comme des
évolutions climatiques, une augmentation de la concurrence, des évolutions socioculturelles
ou encore une fragmentation des séjours touristiques. La diversification touristique autour
des sports de nature s’offre à elles comme un moyen de réorientation touristique
stratégique. L’événement sportif est considéré alors comme un moteur touristique non
négligeable pour un territoire. L’étude cherche à démontrer le développement touristique
lié à une course de montagne ou une course de trail pour un territoire de montagne. À
travers une étude de cas destinée au développement touristique du Val d’Anniviers amenée
par la course Sierre-Zinal, nous montrons que la course y joue un rôle majeur.
Par l’intermédiaire d’un questionnaire destiné aux participants à Sierre-Zinal 2016, nous
relevons :
-

que la course amène des retombées financières telles qu’une augmentation des
nuitées sur le territoire,

-

qu’elle s’adresse à un nouveau public grâce à son image positive et à sa renommée
incontestée,

-

qu’elle permet une réorientation stratégique touristique, avec l’événement sportif
comme outil de promotion de la région.


Mots clés : Sierre-Zinal, activité touristique, événementiel sportif, territoire de montagne,
course de montagne, trail running.








i

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Avant-propos et remerciements
Mettre en lien la course Sierre-Zinal avec un travail de fin d’études m’a semblé être
l’aboutissement logique quant aux objectifs de ma formation universitaire. Intégré
pleinement dans l’organisation de la course, je me destine à œuvrer dans l’événementiel
sportif. Depuis toujours, je sillonne les chemins et les montagnes du Val d’Anniviers, ma
vallée d’origine. Stupéfié par les paysages, l’ambiance et l’intérêt sportif de la course à pied,
je me rends compte des enjeux touristiques qu’amène un événement tel que la « Course des
Cinq 4000 ». Par cette étude, je souhaitais démontrer le rôle de Sierre-Zinal quant au
développement de sa région. Au-delà de l’impact économique, une atmosphère de
convivialité et de partage règne dans l’esprit de l’événement. Il me semblait logique de
mettre en relation ces éléments qui se destinent à la promotion touristique de la vallée.

Pour la réalisation de ce travail, je tiens à remercier Simon Wiget pour son entretien
concernant le positionnement de l’office du tourisme d’Anniviers face à l’événementiel
sportif. Merci à Vincent Theytaz pour sa confiance et son soutien quant à la réalisation de ce
projet lié en grande partie à Sierre-Zinal. Je remercie Émilie Jaccard pour son regard critique
tout au long du projet, ainsi que Marc Langenbach pour ses conseils avisés.
Je remercie également Philippe Theytaz pour la relecture du travail dans sa totalité, ainsi que
Jean-Claude Pont pour ses corrections amenées sur la partie qui traite de l’évolution de
Sierre-Zinal et de sa collaboration avec l’office du tourisme.
Pour finir, je tiens à remercier infiniment tous les participants qui ont consacré leur temps
pour répondre au questionnaire destiné aux participants à Sierre-Zinal 2016.







ii

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Table des matières
INTRODUCTION ............................................................................................................................... 1
PARTIE 1 .......................................................................................................................................... 6
CONTEXTE ET CADRE THEORIQUE .................................................................................................... 6
1 PREMIER AXE: L’ESSOR DE LA PRATIQUE DU TRAIL ................................................................................... 6
1.1 État des lieux du sport suisse ................................................................................................ 6
1.2 La course à pied: les motivations ........................................................................................ 10
1.3 Le trail et son expansion ...................................................................................................... 11
1.4 Le profil du « traileur » ........................................................................................................ 15
1.5 Trail vs course de montagnes .............................................................................................. 21
1.6 Le trail: un marché touristique exponentiel ........................................................................ 25
2 DEUXIEME AXE: LE CONTEXTE TOURISTIQUE LIE AUX STATIONS DE MONTAGNE ........................................... 28
2.1 L’état des lieux du tourisme d’été en Suisse ........................................................................ 28
2.2 L’économie des sports de nature régionale ......................................................................... 31
2.3 Les sites touristiques sportifs et les acteurs concernés ....................................................... 32
2.4 La diversification touristique autour des sports de nature .................................................. 35
2.5 L’événement sportif : une portée touristique ...................................................................... 38
2.6 La « station » de trail .......................................................................................................... 40
3 TROISIEME AXE: LE DEVELOPPEMENT DU TERRITOIRE TOURISTIQUE A TRAVERS L’EVENEMENTIEL SPORTIF ........ 43
3.1 Le capital touristique ........................................................................................................... 44
3.2 L’événementiel sportif en théorie ........................................................................................ 47
3.3 Les enjeux des sports de nature générés par un événement ............................................... 49
3.4 L’Ultra-Trail du Mont-Blanc, un événement qui illustre une ressource territoriale
considérable ................................................................................................................................. 54
4 QUATRIEME AXE: SIERRE-ZINAL, UN EVENEMENT EN ANNIVIERS ............................................................. 57
4.1 Sierre-Zinal et son évolution ................................................................................................ 57
4.1.1
4.1.2
4.1.3
4.1.4
4.1.5
4.1.6

La course Sierre-Zinal et son histoire ........................................................................................................... 57
La course Sierre-Zinal vue par la presse valaisanne ..................................................................................... 61
La course Sierre-Zinal vue par la presse romande ....................................................................................... 64
La course Sierre-Zinal vue par la presse internationale ............................................................................... 64
La course Sierre-Zinal vue par les participants ............................................................................................ 66
La course Sierre-Zinal en quelques chiffres ................................................................................................. 68

4.2 L’implication d’Anniviers Tourisme dans l’événementiel sportif ......................................... 69
4.3 Trail Running Station Val d’Anniviers by Salomon .............................................................. 73
PARTIE 2 ........................................................................................................................................ 76
METHODOLOGIE ........................................................................................................................... 76
PARTIE 3 ........................................................................................................................................ 79



iii

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

ANALYSE DE L’ETUDE DE CAS ......................................................................................................... 79
5 RESULTATS .................................................................................................................................... 79
5.1 Représentativité des répondants ........................................................................................ 79
5.2 Le profil du participant Sierre-Zinal ..................................................................................... 80
5.3 Les nuitées ........................................................................................................................... 87
5.3.1
5.3.2
5.3.3

Avant la course ............................................................................................................................................ 87
Pendant la course ........................................................................................................................................ 91
Après la course ............................................................................................................................................ 95

5.4 L’image ................................................................................................................................ 97
5.5 L’outil .................................................................................................................................. 99
6 DISCUSSION ................................................................................................................................. 102
6.1 Le profil du participant ...................................................................................................... 102
6.2 Les nuitées ......................................................................................................................... 103
6.3 L’image .............................................................................................................................. 104
6.4 L’outil ................................................................................................................................ 106
CONCLUSION ............................................................................................................................... 108
BIBLIOGRAPHIE ........................................................................................................................... 112
7 LITTERATURES ET ARTICLES SCIENTIFIQUES ......................................................................................... 112
8 SITES INTERNET ............................................................................................................................ 114
ANNEXES .......................................................................................................................................... I
Annexe I ........................................................................................................................................... I
Annexe II ........................................................................................................................................ III
Annexe III ........................................................................................................................................ V
Annexe IV ....................................................................................................................................... VI
Annexe V ........................................................................................................................................ VI
Annexe VI ...................................................................................................................................... VII
Annexe VII .................................................................................................................................... VIII
Annexe VIII ................................................................................................................................... VIII
Annexe IX questionnaire ................................................................................................................. X







iv

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Listes des tableaux
Tableau 1 - Les raisons de courir, en Europe

p. 11

Tableau 2 - Différentes épreuves selon la FFA

p. 12

Tableau 3 - Différentes épreuves selon l’ITRA

p. 12

Tableau 4 - Le profil des sondés

p. 15

Tableau 5 - L’activité physique du traileur

p. 16

Tableau 6 - Le nombre d’éditions des Courses de montagnes (CM) et


des Trails en Suisse















p. 22

Tableau 7 - Tarifs des circuits proposés par Allibert-trail







p. 27

Tableau 8 - Forces et faiblesses du tourisme d’été suisse







p. 30



p. 32

Tableau 9 - Les formes de rapport à la nature des sites touristiques sportifs
Tableau 10 - Participation d’acteurs de la filière dans la gestion de secteurs
du loisir sportif















p. 34







p. 48

Tableau 12 - UTMB, le développement d’une nouvelle dynamique économique

p. 55

Tableau 13 - Évolution du nombre de participants à Sierre-Zinal





p. 60

Tableau 14 - Statistique du questionnaire à Sierre-Zinal 2016





p. 77

Tableau 11 - Formalisation par modèles d’orientation possibles
d’un événement sportif









Tableau 15 - La représentativité des répondants au questionnaire Sierre-Zinal 2016

p. 80

Tableau 16 - La tranche salariale des répondants à Sierre-Zinal





p. 82





p. 85

Tableau 17 - Tableau croisé entre la catégorie et
l’objectif de faire SZ une fois et du classement final
Tableau 18 - La motivation des répondants à Sierre-Zinal







p. 86

Tableau 19 - Résumé du profil du participant à Sierre-Zinal







p. 86







p. 89

Tableau 21 - Total de nuitées consommées lors de la course Sierre-Zinal 2016

p. 92

Tableau 22 - Total de dépenses générées par Sierre-Zinal en 2016

Tableau 20 - Total de nuitées consommées
lors de la reconnaissance à Sierre-Zinal 2016





p. 95





p. 98

Tableau 23 - Les caractéristiques de la course attribuées
par les répondants à Sierre-Zinal



v







Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Tableau 24 - Le taux d’occupation de l’hôtel « Europe » à Zinal et



p. 104

de l’hôtel « Alpina » à Grimentz avant et après Sierre-Zinal en 2016
Tableau 25 - Le genre des répondants à Sierre-Zinal









p. III

Tableau 26 - La classe d’âge des répondants à Sierre-Zinal







p. IV

Tableau 27 - La branche professionnelle des répondants à Sierre-Zinal



p. IV

Tableau 28 - Le pays des répondants à Sierre-Zinal









p. IV

Tableau 29 - Les nuitées avant Sierre-Zinal









p. VIII

Tableau 30 - Les nuitées pendant Sierre-Zinal









p. VIII

Tableau 31 - Les nuitées pendant Sierre-Zinal


















vi

p. X

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Listes des graphes
Graphique 1 - L’évolution du nombre de trails en France

p. 14

Graphique 2 - Les principaux espaces de trails

p. 17

Graphique 3 - Les principales motivations pour réaliser un trail

p. 18

Graphique 4 - Les qualités nécessaires pour exceller dans ce sport

p. 19

Graphique 5 - Les valeurs que véhicule le trail

p. 20

Graphique 6 - La proportion de Courses de montagnes selon le nombre




d’éditions des courses alpines suisses









p. 23









p. 24









p. 45

Graphique 9 - Les caractéristiques des sous-capitaux touristiques





p. 45

Graphique 10 - Le genre des répondants à Sierre-Zinal





p. 80

Graphique 7 - La proportion de Trails selon le nombre d’éditions
des courses alpines suisses



Graphique 8 - La composition du capital touristique





Graphique 11 - La classe d’âge des répondants à Sierre-Zinal en fonction du genre

p. 81

Graphique 12 - L’âge des répondants à Sierre-Zinal en fonction du genre



p. 81

Graphique 13 - La branche professionnelle des répondants à Sierre-Zinal



p. 81

Graphique 14 - Le temps de trajet des répondants à Sierre-Zinal





p. 83

Graphique 15 - Le type de trajet des répondants à Sierre-Zinal







p. 83

Graphique 16 - L’objectif des répondants à Sierre-Zinal







p. 84

Graphique 17 - Le nombre de nuitées lors de la reconnaissance





p. 87

Graphique 18 - Le nombre de nuitées lors de la reconnaissance par pays



p. 90



Graphique 19 - Le nombre de nuitées lors de la reconnaissance
selon le temps de trajet des participants







p. 90







p. 92

Graphique 21 – Le nombre de nuitées lors de la course par pays





p. 93

Graphique 20 - La proportion de nuitées pendant l’événement
en fonction du temps de trajet





Graphique 22 - Le nombre de nuitées lors de la course
selon le temps de trajet des participants







p. 93

Graphique 23 - La saison idéale pour revenir en Anniviers







p. 95

Graphique 24 - Le type d’hébergement qui inciterait à revenir en Anniviers



vii

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

en fonction du salaire













p. 96

Graphique 25 - La satisfaction générale des répondants à Sierre-Zinal





p. 97

Graphique 26 - L’inscription en 2017 des répondants à Sierre-Zinal





p. 98

selon la fréquence de visite du Val d’Anniviers avant la course

p. 99

Graphique 27 - L’envie de revenir sur le territoire
Graphique 28 - La fidélité des répondants à Sierre-Zinal

p. 100

Graphique 29 - Le suivi de l’événement par les répondants à Sierre-Zinal

p. 100

Graphique 30 - Les offres qui inciteraient à revenir en Anniviers



p. 101

Graphique 31 - Comparaison réalité et sondage selon les catégories





p. I

Graphique 32 - Comparaison réalité et sondage selon les pays







p. I

Graphique 33 - Comparaison réalité et sondage selon les cantons





p. II

Graphique 34 - Comparaison réalité et sondage selon les classes d’âge



p. II

Graphique 35 - Comparaison réalité et sondage selon le genre







p. III

Graphique 36 - Comparaison réalité et sondage selon la fidélité





p. III

Graphique 37 - Le canton des répondants suisses à Sierre-Zinal





p. V

Graphique 38 - La catégorie des répondants à Sierre-Zinal





p. VI

Graphique 39- Les motivations principales des répondants à Sierre-Zinal



p. VI

Graphique 40 - Les motivations négligeables des répondants à Sierre-Zinal



p. VII








viii



Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Liste des figures
Figure 1 - Fonds du Val d’Anniviers

p. 2

Figure 2 - Évolution de l’activité sportive en Suisse entre 1978 et 2014, en %

p. 6

Figure 3 - Activité sportive en fonction du sexe

p. 7

Figure 4 - Faible importance des différentes motivations du sport, en % des sportifs

p. 8

Figure 5 - Importance des différentes motivations du sport, en % des sportifs

p. 8

Figure 6 - Pratique des différents sports en Suisse

p. 9

Figure 7 - Le trail, un engouement populaire

p. 16

Figure 8 - Jouer entre plaisir et dépassement de soi

p. 19

Figure 9 - Dénombrement géographique des Trails et
des Courses de montagnes en Suisse











p. 21

Figure 10 - Répartition des Trails et des Courses de montagnes en Valais et
dans la région lémanique vaudois











p. 25













p. 27













p. 30

Figure 13 - Mêler sport de nature et tourisme











p. 38

Figure 14 - How to trail run by Salomon













p. 41

Figure 15 - Le village de Zinal













p. 44





p. 50

Figure 17 - Les enjeux socioculturels des loisirs et du tourisme sportif de nature

p. 52

Figure 18 - La course à pied, une activité qui dépasse les âges



p. 52

Figure 19 - Les enjeux territoriaux des loisirs et du tourisme sportif de nature

p. 54

Figure 20 - Un vaste territoire

Figure 11 - La foule au départ



Figure 12 - La beauté du paysage alpin



Figure 16 - Retombées économiques directes et indirectes des loisirs et
du tourisme sportif de nature




















p. 53

Figure 21 - Trajectoires de développement











p. 59

Figure 22 - Raclette des coureurs invités











p. 66

Figure 23 - Un esprit convivial et traditionnel











p. 67

Figure 24 - Profil de la course Sierre-Zinal











p. 68

Figure 25 -Logo de trail running station Anniviers









p. 73

Figure 26 -Logo de trail running station by Salomon









p. 75









ix

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Figure 27 - Le pays des répondants à Sierre-Zinal









p. 82

Figure 28 - Un « coureur » qui dépasse un « touriste »









p. 85

Figure 29 – Une activité familiale

p. 88



Figure 30 - L’affiche Sierre-Zinal 2017























p. 101






x

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Introduction
De nos jours, le nombre d’adeptes d’activités physiques est en nette augmentation, plus
précisément presque un quart de la population pratique le jogging ou la course à pied et une
augmentation de 5,7% est à relever entre 2008 et 2014 selon une brochure de l’office
fédéral du sport (Lamprecht, M. et al., 2014). Cet essor est particulièrement remarqué dans
les courses de montagnes, discipline nommée aussi « trail running » (Observation Valaisan
du Tourisme) ou simplement « trail » dans sa dénomination moderne.
Cette discipline est récente, mais connaît déjà beaucoup de succès. En Suisse, pas moins de
quatre-vingt-dix trails sont organisés entre mai et octobre, avec des longueurs et des
difficultés variables. Les plus accessibles ont une longueur d’une quinzaine de kilomètres
pour environ un petit millier de mètres de dénivelé. Or, il en existe certains beaucoup plus
exigeants, appelés « ultra-trails », dès quatre-vingts kilomètres de course. Le plus connu est
l’Ultra-Trail du Mont-Blanc avec cent septante kilomètres et quelque dix mille mètres de
dénivellation positive. Cette course rassemble deux mille trois cents coureurs qui doivent
patienter jusqu’à trois ans pour être tirés au sort et pouvoir y participer. Selon un article du
journal, Le Temps (2015), le trail séduit, car il serait « plus fun, plus dur et plus varié que le
marathon ». Dans ce même article, Olivier Bessy fait ressortir l’aspect social et non élitiste de
la discipline, en notant que l’une des raisons du succès du trail est que « les gens y cherchent
leurs propres limites, sans tenir compte de leur temps ou de leur classement. Dans un trail,
nous courons avec, et non pas contre les autres. » Il met également en exergue que le milieu
naturel ajoute de l’incertitude et donc de la diversité et de l’attrait par rapport à la course à
pied classique.
Cet engouement demande aux organisateurs de trouver des solutions pour accueillir plus de
participants à leur course. Il n’est pas toujours aisé de pouvoir augmenter le nombre de
coureurs, surtout lors des courses de montagne où le terrain ne permet pas d’avoir des
passages plus larges ou d’autres chemins.
Parmi celles-ci, la course Sierre-Zinal est une course mythique et très populaire, d’année en
année elle gagne en popularité. Comme le dit le recordman actuel de l’épreuve Jonathan
Wyatt (Sierre-Zinal) : « Cette course de tradition avec son histoire, comme coureur de
montagne tu dois simplement l’avoir vécue ! ». Le nombre croissant de coureurs désirant


1

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

participer à cette expérience oblige les organisateurs à refuser des inscriptions, et ce, depuis
plusieurs années. Actuellement, l’organisation accepte 4'350 concurrents répartis dans une
catégorie « Touriste » et une « Coureur».
Une simulation de la course a été menée en 2015 dans le cadre d’un master en sport à
l’université de Fribourg. Cette étude avait pour objectif de déterminer la meilleure
configuration du départ en blocs pour diminuer l’effet du problème des bouchons et
optimiser le nombre de participants. Depuis l’édition 2016, l’organisation a opté pour un
départ en quatre blocs de participants qui s’élancent à cinq minutes d’intervalle pour la
catégorie touriste, ce qui a permis d’augmenter de 4'000 à 4'350 participants. Pour la 43e
édition en 2016, les inscriptions se sont écoulées en un mois, alors que pour la 44e édition
en 2017, les inscriptions se sont écoulées en six jours. C’est dire l’engouement que suscite
cet événement historique.
En parallèle, le rendement du tourisme d’été est faible en Suisse si nous le concevons dans
un contexte de crise de croissance de la saison d’été dans les Alpes. Les stations de sports
d’hiver de montagne se trouvent confrontées, ou se trouveront sous doute confrontées à
des évolutions conjoncturelles comme le manque d’enneigement, à une concurrence
touristique toujours plus accrue, à une modification socioculturelle de la demande de la
clientèle, à une fragmentation des séjours touristiques ou encore au développement de
nouvelles formes de « résidentialités » (Perrin-Malterre, 2015). Ces différents phénomènes
peuvent inciter les acteurs d’un territoire touristique à réorienter les espaces concernés
« vers un développement touristico-sportif plus ou moins diffus » à la recherche
systématique de « diversification saisonnière de l’offre touristique sportive » (Mao et
Langenbach, 2006). Le Val d’Anniviers est une station touristique d’hiver, mais qui tend à se
développer en été. Avec Sierre-Zinal qui se déroule sur son territoire chaque année depuis
quarante-quatre ans, il est judicieux de s’interroger sur la capacité de développement du
tourisme à travers cet événement.





Figure 1 - Fonds du Val d’Anniviers (Sierre-Zinal)



2

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Sur la base de ces constats, l’étude tentera de répondre à la question de recherche suivante,
énoncée ici sous la forme d’une problématique :

Quel peut être le développement touristique lié à une course de
montagne ou une course de trail pour un territoire de montagne ?


Trois hypothèses nous permettront de répondre à la problématique :


1) Dans le domaine de l’économie, le développement touristique lié à une
course de montagne ou une course de trail pour un territoire de
montagne amène des retombées financières telles qu’une augmentation
des nuitées sur le territoire.

2) Dans le domaine de la communication, le développement touristique lié
à une course de montagne ou une course de trail pour un territoire de
montagne s’adresse à un nouveau public grâce à son image positive et à
sa renommée incontestée.

3) Dans le domaine politique, le développement touristique lié à une course
de montagne ou une course de trail pour un territoire de montagne
permet une réorientation stratégique touristique, avec l’événement
sportif comme outil de promotion.







3

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Pour tenter d’y répondre, ce travail sera composé de quatre axes à caractère théorique de
manière à justifier la problématique qui suivra :

! Premier axe : l’essor de la pratique du trail
Nous préciserons l’état des lieux du sport en Suisse et en Europe actuellement, puis nous
évoquerons la place primordiale qu’occupent les sports de nature dans la pratique sportive,
spécialement la pratique du trail. Le profil du « traileur » sera établit et son expansion
démontrée. Nous confronterons le trail avec la course de montagnes pour finalement
découvrir un marché touristique exponentiel lié à cette pratique moderne.

! Deuxième axe : le contexte touristique lié aux stations de montagne
Nous commencerons, dans cet axe, par faire brièvement l’état des lieux du tourisme d’été
suisse. Les sports de nature, plus précisément les sports « outdoors » dans notre situation,
sont actuellement en phase de mutation et de croissance. Dans un contexte touristique lié
aux stations de montagne, nous les décrirons comme outils de diversification touristique
autour d’une réorientation touristique stratégique vers les sports de nature. Pour terminer
cette partie, nous décrirons l’importance de l’événementiel sportif en tant que moteur
touristique sur un territoire, en tant que leader de la pratique du trail en station.

! Troisième axe : le développement du territoire touristique à travers l’événementiel
sportif
Dans l’optique de demeurer touristique dans le moyen et le long terme pour une station de
montagne, nous évoquerons dans cette partie les points importants pour développer un
territoire touristique à travers l’événementiel sportif. La notion de capital touristique, en
tant que mesure de l’activité touristique, y sera décrite pour nous amener à la théorisation
de l’événementiel sportif. Le rôle des sports de nature, portés par un événement, sera
évoqué de manière à considérer leurs enjeux économiques, socioculturels et territoriaux.
Pour terminer, nous illustrons l’Ultra-Trail du Mont-Blanc comme une ressource territoriale
considérable selon le rapport de Olivier Bessy.






4

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

! Quatrième axe : Sierre-Zinal, un événement en Anniviers
Ce quatrième et dernier axe nous permettra de lier concrètement notre cadre théorique à
notre cas concret. Il consiste en la description de l’évolution de la course Sierre-Zinal sur le
territoire du Val d’Anniviers. Nous présenterons la course qui persiste depuis plus de
quarante ans dans un contexte local à la portée internationale et nous signalerons une
collaboration existante entre la direction de la course et l’office du tourisme d’Anniviers
selon les dires de Simon Wiget, directeur d’Anniviers Tourisme. Il existe sous doute une
réelle opportunité de développement touristique à travers la course Sierre-Zinal pour le Val
d’Anniviers, à l’image de la mise en place d’un espace de trail comme justification sur ce
territoire.

Pour répondre à la problématique, nous avons transmis un questionnaire destiné aux
participants de Sierre-Zinal 2016. Les éléments que nous avons intégrés dans le
questionnaire ont été pensés selon une démarche empirique, orientée hypothéticoinductive. En effet, un entretien avec le directeur de l’office du tourisme, Simon Wiget, et un
entretien avec le directeur de course Sierre-Zinal, Vincent Theytaz, nous ont permis de
constituer les questions de manière à réfuter ou à accepter les trois hypothèses liées à notre
problématique. Le questionnaire comporte la structure suivante :

A) Questions sur l’événement et son image.
B) Questions sur la satisfaction organisationnelle.
C) Questions sur l’intérêt touristique avant, pendant et après l’événement.
D) Questions sur le participant.

Suite à l’analyse des résultats, nous constituerons une partie discussion qui aura pour
objectif de conclure cette étude et d’y amener les visions futures.






5

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Partie 1
Contexte et cadre théorique
1 Premier axe: l’essor de la pratique du trail
Le premier axe permettra de préciser l’état des lieux du sport en Suisse et en Europe de nos
jours. Les sports de nature ont une place importante dans la pratique sportive. Nous nous
focaliserons alors distinctement sur la course à pied et sur les motivations qui en découlent
pour finalement s’attarder sur la pratique du trail. Nous traiterons de l’expansion du trail et
du profil des pratiquants appelés « traileurs ». Nous confronterons le trail avec la course de
montagnes pour finalement détecter un marché touristique exponentiel lié à cette pratique
moderne.


1.1 État des lieux du sport suisse
Selon la brochure Sport Suisse 2014 sur l’activité et consommation sportive de la population
suisse effectuée par l’Office fédéral du sport OFSPO en 2014, l’activité sportive de la
population suisse a progressé depuis l’an 2000. La fréquence de la pratique sportive a
augmenté de 36% à 44% entre l’année 2000 et 2014 pour les sportifs très actifs. Avec le
boom du sport des années nonante et l’élargissement de la définition du sport, la population
sportive s’agrandit (Figure 2).



Figure 2 - Évolution de l’activité sportive en Suisse entre 1978 et 2014, en % (Lamprecht, M. et al., 2014)





6

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Le champ des consommateurs sportifs s’élargit par l’apparition de nouveaux sports et de
nouvelles offres sportives. De manière générale, la proportion de femmes et de séniors a
considérablement augmenté ces dernières années. Le sport n’est plus exclusivement réservé
aux hommes, comme ça l’a été auparavant (Lamprecht et al., 2014). En effet, le statut social
de la femme en Suisse a nettement évolué au 21e siècle. Ce n’est plus la femme qui reste à
la maison, chargée d’entretenir le foyer familial pendant que l’homme travaille et se
dépense physiquement. Les obligations familiales sont généralement partagées. Le sport
reste ainsi accessible pour les deux genres (Figure 3).
L’augmentation des sportifs très actifs est considérablement marquée chez les séniors (entre
65 et 74 ans). L’espérance de vie ayant augmenté et l’âge de la retraite n’ayant pas évolué,
les séniors jouissent d’un meilleur état de forme qu’autrefois au début de leur retraite.
L’activité sportive leur permet de maintenir un bon état de santé et d’occuper leur esprit.



Figure 3 - Activité sportive en fonction du sexe (Lamprecht, M. et al., 2014)


Comme nous l’avons spécifié plus haut, l’apparition de nouveaux sports et de nouveaux
besoins sportifs a élargi la demande des consommateurs. Leurs besoins ont changé,
essentiellement les sources de motivations et la conception du sport.
La recherche de compétition et la réalisation de performance ont diminué fortement
(Figure 4).




7

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique


Figure 4 - Faible importance des différentes motivations du sport, en % des sportifs (Lamprecht, M. et al., 2014)


De nos jours, la motivation du sport demeure dans le contact avec la nature, dans le
maintien de la santé physique et dans la notion de plaisir (Figure 5).


Figure 5 - Importance des différentes motivations du sport, en % des sportifs (Lamprecht, M. et al., 2014)





8

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Ces nouvelles valeurs idéologiques du sport demandent la mise en place de structures
adaptées et innovantes. En effet, le mode de vie actuel dans les régions occidentales accepte
un niveau de technologie élevé et de stress intense. Faire du sport permet alors de se
déconnecter du quotidien en se rapprochant de la nature.

En moyenne, les Suisses interrogés pratiquent 3.8 sports, ce qui montre une polyvalence
dans les activités sportives. Les sports les plus populaires sont la randonnée pédestre, le
cyclisme et la natation. En quatrième position figure la pratique du ski, un sport qui
caractérise la pratique du sport suisse1.
Si nous analysons les activités principales pratiquées chez les sportifs, le fitness, l’aérobic, le
jogging et la course à pied sont en pole position (Figure 6).


Figure 6 - Pratique des différents sports en Suisse (Lamprecht, M. et al., 2014)


23.3% de la population cite le jogging et la course à pied pour 38.3% pour le cyclisme par
exemple. En revanche, 8.7% de la population affirme pratiquer le jogging ou la course à pied
comme activité principale (50 jours par année en moyenne) tandis que 7% pratiquent
régulièrement le cyclisme (20 jours par année en moyenne). Nous concluons que la course à
pied fait partie des activités sportives principales des Suisses derrière le fitness et l’aérobic.
En Europe, la tendance est la même. La brochure Sport and physical activity, écrite par

1

Il est important de différencier une activité « citée » (randonnée pédestre, le cyclisme et la natation en tête)
d’une activité « principale » (le fitness, l’aérobic, le jogging et la course à pied en tête) pour la personne
interrogée. Nous n’avons pas d’indication sur la fréquence de l’activité. Peut-être que le ski est pratiqué une à
deux fois par année pour une majorité d’interrogés alors que le jogging est pratiqué de manière hebdomadaire
pour une population plus restreinte.




9

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

l’European Commission en 2014, expose une enquête, nommée « Eurobaromètres », gérée
dans vingt-huit pays membres de l’Union européenne pour la promotion et le
développement du sport en Europe. Le taux de non-sportifs a augmenté de 39% à 42% entre
2009 et 2011. La motivation de la pratique sportive est générée par le bien-être à 62%,
idéologie du fitness à 40%, la relaxation à 36% et l’amusement à 30%. Le jogging est aussi
populaire en Europe (European Commission 2014).

Pour résumer la tendance du sport en Suisse comme en Europe :
Le taux de sportifs augmente. Ces sportifs se dépensent pour leur bien-être, majoritairement
en extérieur et proche de la nature.
Globalement, « l’espace de nature reste libre (…) : la mer, les lacs, les canyons, les chemins
de randonnée, les voies vertes, les falaises d’escalade ». La majorité des activités de loisirs
sportifs de nature concerne des activités pratiquées en nature en dehors de toute
prestation, comme « les différentes formes de randonnées estivales et hivernales, les
activités aquatiques (baignade, planche à voile, surf, etc.), la spéléologie, l’alpinisme, le
parapente, les cyclopratiques, les pratiques de courses à pied (trail, cross, jogging, les
activités motorisées … » (Corneloup, 2006, p.33).

La course à pied, comme le jogging, est un sport de nature pratiqué régulièrement lorsqu’un
adepte se prête à cette activité, une activité qui devient toujours plus populaire.


1.2 La course à pied: les motivations
L’édition Espaces numéro 286 traite du marché en plein essor du jogging, du marathon et du
trail. La brochure évoque premièrement une enquête européenne menée par
l’équipementier Asics sur l’analyse des motivations et des comportements des coureurs
européens. « Les résultats reflètent le comportement des quelque 80 millions de coureurs
du Royaume-Uni, de France, d’Italie, d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique et d’Allemagne »
(Desvignes, 2010, p. 10).





10

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique



1) Principale raison

TOUS

2) Deuxième raison

3) Troisième raison COURIR

LA FORME PHYSIQUE

LA PERTE DE POIDS

POUR LE PLAISIR

54%

40%

22%


Tableau 1 - Les raisons de courir, en Europe (European Commission, 2014). Réalisation Genoud 2017


Comme nous le montre le Tableau 1 les principales motivations de la course à pied sont liées
aux motivations de la pratique du sport en général. La forme physique et le plaisir de courir
en milieu extérieur sont les principaux atouts de la course à pied.
La simplicité et la flexibilité de ce sport privilégient la course à pied au détriment de la
pratique d’autres sports. Il existe plusieurs types de lieux pour courir : dedans ou dehors, en
ville ou en nature, sur goudron ou sur sentiers. Dans la pratique de la course à pied en plein
air, le trail s’est imposé en un peu plus de dix ans. « On compte désormais plus de 1000
compétitions de trail en France » (Desvignes, 2010, p. 26).


1.3 Le trail et son expansion
En 2004, la FFA (Fédération française d’athlétisme) cherche à donner une définition du trail :

« Une compétition de trail est une épreuve de 40 à 80 km de long, tracée
principalement sur des chemins et sentiers. Les ultra-trails sont des
épreuves supérieures à 80 km » (Desvignes, 2010, p. 26).

La classification du trail a été affinée par la FFA au fil des années pour différencier quatre
types de parcours, catégorisés en fonction de leur distance (Tableau 2) :



11



Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

NOM

DISTANCES

CARACTÉRISTIQUE

< 21 km

Pas de dénivellation

Course de nature

imposée
Trail court

de 21 à 42 km

Idem

Trail

> 42 km

Environ 2000 mètres
de dénivellation

Ultra trail

> 80 km

Heures de passages
éliminatoires


Tableau 2 - Différentes épreuves selon la FFA (Dechaume, 2011). Réalisation Genoud 2017


Pour l’ITRA (International Trail-Running Association), la pratique du trail s’étend sur des
distances encore plus longues. C’est pourquoi elle s’est consacrée à l’élaboration d’une
nouvelle définition officielle des différentes épreuves de trail, qui se structure ainsi
(Tableau 3) :

NOM

DISTANCES

Trail

< 42 km

Ultra Trail (M)

de 42 à 69 km

Trail Ultra Long (L)

de 70 à 99 km

Trail Ultra XLong (XL)

> 100 km


Tableau 3 - Différentes épreuves selon l’ITRA (Dechaume, 2013). Réalisation Genoud 2017


L’ITRA représente l’instance directe de la pratique du trail. À l’image de l’IAAF (Fédération
Internationale d’Athlétisme), l’ITRA réglemente la pratique du trail et définit le sport qui lui
est propre. Pour l’ITRA, il faut donc parler du trail :

« Comme d’une course à pied, ouverte à tous, dans un
environnement nature (montagne, désert, forêt, plaine, etc.).
Idéalement, mais pas nécessairement, elle se déroule sur un
minimum de routes goudronnées (20% de la course maximum) et en
semi ou auto-suffisance.



12

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Elle doit être correctement balisée et organisée en respect des règles
sportives : éthique, loyauté, solidarité et préservation de
l’environnement » (Dechaume, 2013).

Catherine Poletti, directrice des Trailers du Mont-Blanc, entreprise organisatrice des
épreuves The North Face Ultra-trail du Mont-Blanc, nous expose sa vision du trail dans la
brochure Espace:

« Faire du trail, c’est avant tout être capable de courir en semi-autonomie
sur un chemin naturel, de s’adapter aux spécificités du territoire, quel qu’il
soit (montagne, bord de mer ou désert) » (Poletti, dans Revue Espace 286,
2010, p.31).

Nous remarquons alors que la pratique du trail n’est pas définie de manière normative. En
effet, des épreuves sont catégorisées selon leur distance, mais cette pratique s’apparente à
une conception nouvelle de la course à pied qui met en avant la découverte avant le
chronomètre. Dans la pratique du trail, il est possible de courir, de marcher, d’alterner les
cadences. Même si le participant choisit de courir, il ne courra généralement pas tout le
temps, tant la distance de parcours est élevée. Chacun avance à son rythme sur les chemins
pédestres. La notion de temps est relative à chaque pratiquant, car l’essentiel, que ce soit
lors d’une course officielle ou non, s’apparente à la découverte d’un territoire et de sa
population. Les valeurs d’humilité sont mises en valeur dans ce sport lorsque l’ITRA affirme :
« si le trail-running draine une économie de plus en plus importante, il défend un état
d’esprit d’humilité, de fraternité et d’équité, une éthique loin des dérives rencontrées dans
certains sports, qu’il faut préserver » (Dechaume, 2013).

Le graphique 1 nous montre une augmentation linéaire du nombre de trails en France entre
2000 et 2010. Le développement rapide est expliqué par un attrait considérable des
pratiquants de jogging en compétition des années 1970.
En effet, c’est une nouvelle source de motivation pour ces coureurs vétérans qui ciblent des
contraintes chronométriques moindres (Desvignes, 2010, p. 26). Contrairement aux autres



13

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

activités de running, le trail se pratique individuellement, avec des contraintes
réglementaires minces.


Nbre trails

Evolueon du nombre de trails en
France
1200
1000
800
600
400
200
0

Nombre trails

Année
2000

Année
2005

Année
2010

50

500

1000

Nombre trails

Années


Graphique 1 - L’évolution du nombre de trails en France (Desvignes, 2010). Réalisation Genoud 2017


Comme nous le lisons dans la brochure Espace écrite par Claudine Desvignes (2010, p.27),
l’augmentation du nombre de trails en France s’explique également par l’évolution de la
perception du trail. Au début, le trail est une compétition pédestre qui se déroule
particulièrement sur « des sentiers et chemins dans des régions montagneuses, avec pour
conséquence un ratio dénivelé/distance relativement important ».
Rapidement, l’espace géographique s'agrandit, ainsi que les distances de parcours. Il existe
des parcours de plus de 100km (l’Ultra Trail du Mont-Blanc par exemple), des épreuves
hivernales (le Trail blanc de Serre-Chevalier par exemple), des compétitions par étapes (la
TransAq’ par exemple) et même du trail urbain (l’Ecotrail de Paris par exemple).
L’attrait et la découverte d’extraordinaires paysages coïncident avec l’évolution de la
demande, en rupture avec « les extrêmes des premières années en matière de difficulté des
épreuves ». Liés aux motivations de la pratique sportive en général, les indicateurs de
motivations pour la pratique du trail sont liés « à la convivialité, à la nature et à la santé »,
qui priment sur la compétition en elle-même.



14



Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

1.4 Le profil du « traileur2 »
Avec le développement effréné du trail, il est difficile d’évaluer le profil du traileur.
Effectivement, ce terme qui vient de la langue anglaise est devenu à la mode, ce qui
implique qu’il reste encore vague pour beaucoup de coureurs. Claudine Desvignes affirme
que « certains coureurs se disent traileurs mais n’ont fait que changer de vocabulaire. Avant
ils faisaient du jogging, maintenant ils font du trail » (2010, p.32). De plus, un « vrai traileur »
est qualifié d’individualiste, donc il n’est pas facile de distinguer les vrais traileurs, « ceux qui
pratiquent la course dans la nature, seuls ou en groupe ».
Il est intéressant d’établir le profil du traileur afin de cibler ses motivations, ses
caractéristiques et son mode de vie.
Le groupe TTT (Think Tank Trail) a mené une enquête dans le courant 2013 auprès de cinq
mille traileurs amateurs et compétiteurs pour le Gouvernement de France. Ce groupe de
travail est composé de Bruno Chevallet (consultant en économie), de Julien Chorier
(traileur), de Thierry Suchet (mécène dans le trail) et d’Anne Valero (traileuse). L’étude
amène des réponses concrètes sur la réalité socio-économique du trail. Les tableaux cidessous résument les éléments essentiels de l’étude concernant le profil des sondés ainsi
que l’activité physique du traileur (Tableau 4 et 5).

Répondants

5000 interrogés

2003 réponses qualifiées

Sexe

85% hommes

15% femmes

Âge

82% : entre 25 et 49 ans

Profession

51% : CSP +3

Revenus annuels

22% : > 50'000 €

37% : entre 30'000 et 50'000 €


Tableau 4 - Le profil des sondés (Sport et nature – Gouvernement de France, 2013). Réalisation Genoud 2017






2

Le traileur est celui qui pratique le trail.
Le statut CSP+ pour une profession concerne les dirigeants, les cadres supérieur et moyen, les professions
libérales (Sport de nature – Gouvernement de France, 2013)
3



15

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Années de pratique

49 %

20 %

19%

12%

plus de 3 ans

entre 1 et 2 ans

entre 2 et 3 ans

moins d’un an

50%

31%

12%

7%

autres raisons

adepte de la course

par un ami

pour la nature

56%

21 %

20%

3%

seul

en club

entre amis

en famille

30%

28%

25%

9%

course à pied

vélo

autre

natation

38%

25%

16%

15%

par semaine

3x

4x

1-2 x

5x

Intensité par

35%

35%

18%

10%

entre 3 et 5h

entre 5 et 10h

< 3h

entre 10 et 15h

39%

33%

13%

8%

entre 20 et 40

entre 40 et 60

entre 60 et 80

< 20

48%

30%

17%

4%

entre 500 et

< 500 m

entre 1500 et

> 3000 m

Raisons de trailer

Entraînement

Autres sports

Nbre entraînements

semaine en heures
Distance par
semaine en km
Dénivelé moyen par
semaine

1500 m

3000 m


Tableau 5 - L’activité physique du traileur (Sport et nature – Gouvernement de France, 2013).
Réalisation Genoud 2017














Figure 7 - Le trail, un engouement populaire (Sierre-Zinal)



16

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

La moitié des répondants pratique le trail depuis plus de trois ans, ce qui permet de mieux
cibler les comportements de traileurs authentiques. Les autres raisons de pratiquer du trail
ne sont pas définies dans cette partie. Il est difficile de cibler correctement les raisons
principales qui amènent les répondants à pratiquer le trail. En revanche, 31% des
répondants pratiquaient déjà de la course sur route. Comme nous le disions, le trail est un
sport qui se pratique généralement seul (56%). En revanche, 41% des répondants
s’entraînent en groupe (soit dans un club, soit entre amis). La majorité des traileurs de cette
étude pratique de la course à pied (30%) et du vélo (28%). Les traileurs s’investissent de
manière conséquente dans leur entraînement, avec une majorité (63%) entre 3 (38%) et 4
(25%) entraînements par semaine. L’intensité des entraînements des traileurs se situe entre
trois et dix heures pour le 70% d’entre eux. Le travail de fond que s’imposent les traileurs est
conséquent.
« Les distances parcourues et les dénivelés gravis par semaine confortent là aussi l’intensité
des entraînements avec plus de 33% qui courent entre 40 et 60 km et près de la moitié qui
réalisent entre 500 et 1500 mètres de dénivelé » (Sport et nature – Gouvernement de
France, 2013).


Les principaux espaces de trails
1%
Moyenne montagne

6%

Haute montagne

10%

Li•oral
Campgane
Trail nocturne

42%
22%

Trail urbain

8%

Autres

11%


Graphique 2 - Les principaux espaces de trails (Sport et nature – Gouvernement de France, 2013).
Réalisation Genoud 2017





17

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Avec 42%, la moyenne montagne4 reste le terrain le plus favorable aux répondants, suivie de
la campagne (22%). La haute montagne5 complète le podium avec 11% (Graphique 2).
Si nous additionnons le budget annuel moyen de compétition trail (frais d’inscriptions,
déplacements/transports) et le budget annuel moyen d’équipement, plus de la moitié des
traileurs consacrent environ 1000 euros. Notons que Salomon est la marque de référence
devant Asics, Quechua et Raidlight (Sport et nature – Gouvernement de France, 2013).
« La qualité de l’environnement et le dépassement de soi sont les moteurs de ce sport, qui
demande un fort mental et de l’endurance » (Graphiques 3 et 4).


Principales moevaeons
Difficulté
Compé••on
Es•me de soi
Sen•ment de bien-être
Emo•ons
Performance physique
Défi, challenge
Ambiance et convivialité
Dépassement de soi
Découverte d'espaces naturels
0%

2%

4%

6%

8%

10%

12%

14%

16%

18%

Pourcentages


Graphique 3 - Les principales motivations pour réaliser un trail
(Sport et nature – Gouvernement de France, 2013). Réalisation Genoud 2017




4
La moyenne montagne concerne uniquement une altitude inférieure à 2500m (Sports de nature –

Gouvernement de France, 2013).
5
La haute montagne concerne uniquement une altitude supérieure à 2500m (Sports de nature –
Gouvernement de France, 2013).



18

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Qualités nécessaires
Autres
Polyvalence musculaire
Esprit trail (convivialité)
Envie, volonté
Endurance
Mental
0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

Pourcentages


Graphique 4 - Les qualités nécessaires pour exceller dans ce sport
(Sport et nature – Gouvernement de France, 2013). Réalisation Genoud 2017



Le trail n’est pas une activité sportive à l’état brut. L’univers du trail mêle une activité
physique et des valeurs qui lui sont propres. L’harmonie et le respect de l’homme et de la
nature sont les deux valeurs les plus véhiculées par le trail, selon les répondants de l’étude
(Graphique 5).











Figure 8 - Jouer entre plaisir et dépassement de soi (Sierre-Zinal)




19

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Valeurs véhiculées
Autres
Equité
Grands espaces
Partage et solidarité
Adapta•on aux condi•ons naturelles
Respect de l'homme et de la nature
Harmonie avec la nature
0%

5%

10%

15%

20%

25%

Pourcentages




Graphique 5 - Les valeurs que véhicule le trail
(Sport de nature - Gouvernement de France, 2013). Réalisation Genoud 2017

Pour résumer le profil type du traileur, le traileur est un homme entre 25 et 49 ans. Il
appartient majoritairement au statut professionnel de dirigeant, de cadre supérieur et
moyen ou il fait partie d’une profession libérale. Son statut socioprofessionnel est qualifié
d’aisé. Lorsqu’une personne se met au trail, elle s’y donne régulièrement et de manière
intensive. Le traileur cherchera plus naturellement un espace de moyenne montagne. La
découverte d’espaces naturels, le dépassement de soi et la convivialité lors de la pratique du
trail sont les sources de motivations privilégiées. Pour devenir traileur, il faut développer
une force mentale conséquente pour résister aux difficultés qu’impose un parcours de trail.
Les valeurs du traileur doivent être en corrélation avec les valeurs que représente l’univers
du trail, c’est-à-dire l’harmonie avec la nature, le respect de l’homme et de cette nature et
l’adaptation aux conditions naturelles.





20

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

1.5 Trail vs course de montagnes
Il n’existe pas d’étude qui ne compare les disparités ni les similitudes entre le trail et la
course de montagnes. Emilie Jaccard, assistante diplômée de l’institut des sciences du sport
de l’Université de Lausanne, a constitué une liste des événements de courses à pied alpines
en Suisse (Figure 9). L’inventaire consiste à dénombrer les événements selon leur groupe
d’appartenance (course de montagne ou trail), le nombre d’éditions, le nombre de
participants, la distance de parcours, etc.



Légende : points bleu = Trails ; points rouge = Courses de montagnes

Figure 9 - Dénombrement géographique des Trails et des Courses de montagnes en Suisse (Jaccard, 2016).
Réalisation Genoud 2017



Comme spécifié plus haut, le trail est un terme récent qui s’apparente à la course à pied en
montagne moderne. À l’époque des premières courses de montagnes dans les années
septante, ce terme n’existait pas. En lien avec les données récoltées par Emilie Jaccard, nous
comparons la relation qui existe entre le nombre d’éditions de ces événements et leur
qualification, à savoir trail ou course de montagnes (Tableau 6).



21

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique
1 Courses

Nouvelles (une édition)



CM

3

42.86%



Trail

4

57.14%



Total

7

100.00%

2 Courses

Très récentes (entre 2 et 9 éditions)



CM

10

45.45%



Trail

12

54.55%



Total

22

100.00%

3 Courses

Récentes (entre 5 et 9 éditions)



CM

12

50.00%



Trail

12

50.00%



Total

24

100.00%

4 Courses

Moyennement récentes entre (10 et 20 éditions)



CM

21

80.77%



Trail

5

19.23%



Total

26

100.00%

5 Courses

Relativement anciennes (entre 21 et 29 éditions)



CM

11

91.67%



Trail

1

8.33%



Total

12

100.00%

6 Courses

Anciennes (entre 30 et 39 éditions)



CM

18

94.74%



Trail

1

5.26%



Total

19

100.00%

7 Courses

Doyennes (entre 40 et 51 éditions)



CM

10

90.91%



Trail

1

9.09%



Total

11

100.00%


Tableau 6 - Le nombre d’éditions des Courses de montagnes (CM) et des Trails en Suisse (Jaccard, 2016).
Réalisation Genoud 2017


En mettant en parallèle la proportion de trails et de courses de montagnes selon le nombre
d’éditions de ces événements, nous nous apercevons que plus l’événement comptabilise des
années d’expérience, plus il sera qualifié de « Course de montagnes ».



22

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

En effet, les courses de montagnes représentent le 91% des courses alpines en Suisse
qualifiées de « doyennes6 » pour seulement 9% de trails (Graphique 6).


Pourcentages

Proporeon de Courses de montagnes en
fonceon du nombre d'édieons des courses par
rapport aux courses de trail
1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0

Nombre d'édieons


Graphique 6 - La proportion de Courses de montagnes selon le nombre d’éditions des courses alpines suisses
(Jaccard, 2016). Réalisation Genoud 2017



En revanche, plus les événements sont récents, plus ils seront qualifiés de « trails ». 57% de
nouveaux événements sont des trails, au détriment des courses de montagnes (Graphique
7). Cependant, nous nous apercevons que le 70% des événements est qualifié de « course de
montagnes » (85) alors que le 30% représente des « trails » (35). Nous constatons alors que
lorsqu’un événement est historique, il s’apparentera plus facilement à la course de
montagne. À l’inverse, une course naissante se qualifiera plus facilement en tant que trail.
L’appellation de la course se distingue particulièrement selon le nom qui est donné à
l’événement.
De plus, plus la distance de parcours est longue, plus la course s’apparentera à un trail. En
effet, les premières courses de montagnes ne dépassaient pas la distance du marathon7,
alors que de nos jours, une course qui fait plus de 42 km, selon l’ITRA, est qualifiée de trail.


6
7



Courses à pied alpines entre 40 et 51 éditions.
Le marathon équivaut à 42.195 km

23

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Pourcentage

Proporeon de Trails en fonceon du nombre
d'édieons des courses par rapport aux Courses
de montagnes
1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0

Nombre d'édieons


Graphique 7 - La proportion de Trails selon le nombre d’éditions des courses alpines suisses (Jaccard, 2016).
Réalisation Genoud 2017


En Valais et dans la région lémanique vaudoise (Figure 10), les Trails (en bleu) ont été créés,
pour la plupart, par des stations touristiques telles que la station de Nendaz (Nendaz Trail),
Thyon 2000 (Collontrek), de Verbier (Trail Verbier – St-Bernard), de Crans-Montana (Trail des
Patrouilleurs), de Torgon (Torgon Trail) ou encore de la ville de Montreux (Montreux Trail
Festival). Nous constatons que la création de trails, actuellement tendance chez les sportifs
outdoor, est une option de diversification pour les stations touristiques. La tendance
moderne du trail remplace les « anciennes » courses de montagnes.
L’expérience est recherchée chez le sportif, au détriment du patrimoine. Les nouvelles
courses de montagnes sont automatiquement identifiées comme étant des trails par leur
appellation, comme nous le montrent les exemples ci-dessus.



24



Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique


Légende : points bleu = Trails ; points rouge = Courses de montagnes
Figure 10 - Répartition des Trails et des Courses de montagnes en Valais et dans la région lémanique vaudois
(Jaccard, 2016). Réalisation Genoud 2017


Les différences d’appellations entre la course de montagnes et le trail ne sont pas
significatives, c’est pourquoi nous les mettrons sur un pied d’égalité dans cette étude.


1.6 Le trail: un marché touristique exponentiel
L’intérêt touristique du trail se dessine : il est judicieux de concilier le plaisir de courir et celui
de découvrir la nature et les paysages parcourus. Allibert Trekking, voyagiste spécialisé dans
« la randonnée et le trekking » (Desvignes, 2010, p. 33), a créé un département de trail. À sa
tête, Aurélie Mansiot, responsable d’Allibert-trail, évoque les raisons de la mise en place de
ce département de trail à l’occasion d’une interview menée pour Revue Espaces, 286.
Les clients d’Allibert viennent « pour découvrir des paysages en marchant, il y en a
certainement, parmi eux, qui ont envie de voir ces mêmes paysages en courant », affirme
Aurélie Mansiot (Desvignes, 2010, p. 33). Reconnu dans le monde entier pour l’organisation
des randonnées et de trekkings depuis 35 ans, Allibert a acquis un savoir-faire « tout à fait
transposable pour l’organisation de trails ».
Après plusieurs études de marché, l’agence a constaté que le marché du trail se développe
d’une manière exponentielle.


25

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

« S’il est en expansion, le marché du trail reste difficile à mesurer. Nous (Allibert) l’évaluons
à 300 000 participants en France en croisant les chiffres des organisateurs de trails et ceux
des fabricants de matériel ».
L’agence a repéré deux types de clients : les clients qu’ils connaissaient déjà et les clients
encore inconnus qui se sont intéressés au produit spécialement conçu pour la pratique du
trail. Dans cette nouvelle clientèle, plusieurs catégories de clients ont été établies:

a) les compétiteurs lassés de la compétition, « qui ont envie de courir juste pour le
plaisir de la course et de la découverte des paysages » ;
b) les coureurs qui souhaitent participer aux grands trails mythiques (l’Ultra-trail du
Mont-Blanc et le Grand Raid de la Réunion par exemple), mais qui n’ont pas tout à
fait le niveau pour le faire. C’est pourquoi l’agence propose de traverser ces paysages
de manière adaptée au niveau des clients, sans pour autant participer à ces courses ;
c) les compétiteurs qui désirent se préparer à une course.

Les clients de trail correspondent au profil du traileur que nous avons établi, c’est-à-dire
majoritairement masculins, issus de catégories socioprofessionnelles supérieures, âgés de 30
à 55 ans, plus jeunes que la clientèle de trekking. La simplicité de ce sport donne un accès
direct à la tentation : « C’est facile d’essayer : il suffit d’avoir une paire de chaussures »
(Desvignes, 2010, p. 34).
En règle générale, les clients des produits de trail de l’agence Allibert « partent seuls, parfois
en couple et quelques fois entre amis».
L’agence a développé deux types de produits : « les trails accompagnés et les trails en
liberté ». Les trails « en liberté » correspondent au mieux à la demande du traileur, car ils
répondent directement à l’esprit de celui-ci.
Les accompagnateurs doivent être eux-mêmes des traileurs pour amener des conseils sur le
plan d’entraînement, l’alimentation, le matériel, etc., car les clients cherchent à la fois « la
contemplation et la progression ». La majorité des circuits se déroulent en montagne
(Tableau 7), avec 50% de « compétiteurs » et 50% de « découvreurs ».
Une bonne récupération est privilégiée pour maintenir le plaisir, c’est pourquoi les produits
incluent des hébergements plus confortables que pour la randonnée.



26

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Lieu

Durée

En France

4 à 5 jours

À l’étranger

10 jours

Prix
entre 400 et 600
euros
entre 1400 et 2000
euros

Transport
non inclus

inclus


Tableau 7 - Tarifs des circuits proposés par Allibert-trail (Desvignes, 2010, p. 35).
Réalisation Genoud 2017


Le potentiel du marché du trail réside dans des circuits « découvertes », avec un
positionnement de « voyagiste » selon Aurélie Mansiot.
En 2010, l’offre de voyages « trails » proposée par Allibert-trail « s’adresse à une clientèle de
niche ». En revanche, la progression est régulière d’année en année avec un accroissement
de la demande et de l’offre. La plateforme propose plus de vingt voyages trail à travers la
France, l’Italie, la Suisse, la Corse, la Réunion, le Maroc et le Portugal, à des niveaux adaptés
(Allibert Trekking). Avec l’impact exponentiel du trail dans le sport outdoor, un marché
s’ouvre avec la vente de nouveaux produits. « L’engouement pour le trail est aujourd’hui
observable à l’échelle mondiale et sur l’ensemble des territoires. Ce secteur d’activités
constitue un véritable marché qui se traduit par une demande croissante qui avoisine 1
million de trailers en France, 8 millions en Europe et 6 millions aux États-Unis et une offre
toujours plus étoffée et diversifiée, que ce soit en matière d’entreprises, d’aménagements et
d’événements » (Bessy, 2017). Il est judicieux d’équiper ces nouveaux consommateurs avec
des produits fabriqués exclusivement pour la pratique du trail. Pour cela, la marque Salomon
l’a bien compris.








Figure 11 - La foule au départ (Sierre-Zinal).



27

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

2 Deuxième axe: le contexte touristique lié aux stations de
montagne
La structure du système sportif des sports de nature est liée à la découverte de
l’environnement, au plaisir et au bien-être. Les sports de nature sont actuellement en phase
d’évolution et d’accroissement.
Comme l’affirme Jean Corneloup (2006), « le développement des sports de nature progresse
dans le monde (…). Au niveau de l’offre, l’équipement de la nature est exponentiel, la
création d’associations se multiplie, les distributeurs de matériel sont de plus en plus
nombreux et leurs chiffres d’affaires augmentent». Dans un contexte touristique lié aux
stations de montagne, il est primordial de tenir compte de ce phénomène. En effet, « la
marchandisation forte des sports de nature est bien dans l’air du temps ».
Dans ce deuxième axe, nous ferons l’état des lieux du tourisme d’été en Suisse avec ses
forces et ses faiblesses pour le mettre en perspective avec l’économie des sports de nature
régionale. Nous évoquerons les sports outdoors au sein des sites touristiques sportifs, liés
directement avec les acteurs concernés. La diversification touristique sera évoquée autour
d’une réorientation touristique stratégique vers les sports de nature. Pour clore ce chapitre
nous décrirons l’importance de l’événementiel sportif en tant que booster touristique sur un
territoire, et de moteur de la pratique du trail en station.


2.1 L’état des lieux du tourisme d’été en Suisse
Natalia Held (2013) identifie cinq phases dans l’histoire du tourisme d’été suisse :

1) La « Belle époque » (fin du 19e siècle) : « le tourisme alpin et l’hôtellerie suisse
notamment ont connu leur heure de gloire ».
2) La Première Guerre mondiale (entre 1914 et 1918) : fin brutale de la « Belle
époque ».
3) L’Entre-deux-guerres (entre 1919 et 1938) : c’est à cette période que « les conditions
préalables à un tourisme moderne ont été réunies » avec « la lente progression du
pouvoir d’achat de larges couches de la population, la réduction de la durée du



28

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

travail hebdomadaire, de même que l’introduction des congés payés et du samedi
chômé ».
4) L’après-guerre (entre 1945 et 1969) : c’est le passage au tourisme de masse qui « a
entraîné une mutation fondamentale à la fois quantitative et qualitative ». L’effet de
l’augmentation de la concurrence internationale a permis une forte croissance du
tourisme suisse dans les années cinquante et soixante.
5) Les années septante : le tourisme suisse atteint la phase de maturité.

Le tourisme suisse réagit à l’évolution à travers cinq moteurs : les facteurs économiques,
sociodémographiques et sociétaux, technologiques, écologiques et politiques.
Nous distinguons trois types de clientèles en évolution: la clientèle traditionnelle (Européens
de l’Ouest) est en recul, la clientèle intérieure au pays reste stagnante et les nouveaux
marchés (Europe de l’Est et Asie) sont en forte croissance.
De manière générale, « c’est dans les Alpes suisses que la crise de croissance de la saison
d’été est la plus marquante » avec un rendement du tourisme d’été qui est faible. En
revanche, l’été reste la saison la plus importante en termes de volume, malgré une forte
montée en puissance du tourisme hivernal. Le tableau 8 évoque les forces et les faiblesses
du tourisme d’été en Suisse.


Forces + + +

Faiblesses - - -

Les particularités de son espace naturel

Le rapport qualité-prix (prix trop élevé par

(la nature, le paysage et les montagnes)

rapport au reste de l’Europe)

Les offres résultantes (les chemins de La cherté du marché intérieur qui pénalise
randonnée pédestre et piétonne, les le tourisme d’été par son faible rendement
itinéraires pour les amateurs de VTT et de
vélo)
La facilité d’accès

La taille moyenne des entreprises dans

(bien desservie et au cœur de l’Europe)

l’hôtellerie est modeste ce qui empêche les
économies d’échelle

L’industrie hôtelière avec un niveau de Les investissements sont faibles dans les
qualification explicitement plus élevé que hôtels et les restaurants



29

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

celui des pays voisins
Les conditions-cadres

Les « lits froids »

La sécurité



La propreté



Tableau 8 - Forces et faiblesses du tourisme d’été suisse (Held, 2013, p. 9). Réalisation Genoud 2017


Retenons que « c’est la beauté des sites qui a attiré les touristes en Suisse. La nature,
l’environnement et le paysage ont permis de développer le secteur ; ils sont, du reste, cités
comme le plus important motif de voyage par ceux qui visitent notre pays ». Hormis le
changement climatique qui aura de profondes conséquences, les habitudes de voyage sont
en permanente évolution. « La plupart des changements à cet égard reflètent les
transformations sociétales, technologiques, sociales, économiques, politiques et
écologiques. Les séjours seront plus individuels, spontanés, fréquents, courts, économiques,
confortables, sûrs, exotiques, reposants et riches en expérience » (Held, 2013, p. 11).
Le tourisme d’été suisse doit répondre à ces changements en adaptant son offre, tout en
tenant compte de ses forces et de ses faiblesses.

Figure 12 - La beauté du paysage alpin (Sierre-Zinal)


Nous remarquons que la beauté du paysage et l’accès aux chemins pédestres sont les points
forts du tourisme estival en Suisse. Pour adapter une offre qui suit le cours du tourisme
actuel, il est primordial de proposer une expérience enrichissante pour le touriste. Dirigeonsnous vers le tourisme du sport pour pallier ce tournant du tourisme d’été. En effet, « il existe



30

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

un rapprochement progressif du monde des sports nature et de celui de la sphère
touristique dans les années quatre-vingt-dix. Cette période est marquée par une «
socialisation et une économisation croissante de ces activités ». Le statut de pratiquant
sportif en tant qu’usager et consommateur d’activités, d’espaces et de services sportifs
évoluent en détriment des pratiquants aux « comportements traditionnels d’anticonsommateurs » (Mao et Langenbach, 2006).


2.2 L’économie des sports de nature régionale
L’économie du sport est désormais une discipline à part entière. L’économie des sports de
nature se développe de manière réduite en France par rapport aux pays comme les ÉtatsUnis, le Royaume-Uni ou les pays scandinaves. Hautbois, relevé par Rotillon (2006) définit
quatre axes de recherches concernant le domaine de l’économie des sports de nature:

1) Le tourisme sportif et le développement local.
2) L’économie politique du tourisme et des loisirs sportifs.
3) Le marketing du tourisme et des loisirs sportifs.
4) L’impact économique du tourisme et des loisirs sportifs.

Sur la base de l’approche économique décrite ci-dessus, nous illustrons le développement
des marchés de la montagne. Le marché des équipements et le marché de l’encadrement,
étroitement liés, sont les deux types de marchés de la montagne. Ils apparaissent
notamment dans le développement de sites d’escalade, par exemple.
L’explosion des services touristiques dans le secteur des loisirs et la diversification des
pratiques sportives poussent des régions à vivre « du développement de cette offre multiple
de services liés aux loisirs ». Le développement régional tend à s’appuyer sur « des politiques
d’aménagement du territoire ». De ce fait, la valorisation du territoire par les loisirs sportifs
mène à la création d’emplois et au développement économique régional fixe. La solution
pour un développement touristique adapté à ce marché nécessite la formation de « plans
départementaux ou régionaux d’aménagement des sites d’escalade (par exemple)»
(Rotillon, 2006).




31

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

2.3 Les sites touristiques sportifs et les acteurs concernés
À présent, les logiques territoriales ont tendance à se diriger vers « une forte augmentation
des pratiques de proximité sur les territoires de pratique » (Corneloup, 2006, p. 34).
Courneloup reprend le modèle de Bourdeau qui spatialise la pratique en quatre « cercles
concentriques autour d’un site touristique de nature » : l’indoor, l’aroundoor, l’outdoor et le
wildoor (Tableau 9). Notre étude concerne directement les sports de nature de type outdoor
avec la pratique du trail comme activité principale.

Caractéristiques

Indoor

Aroundoor

Outdoor

Wildoor

À l’intérieur de la À la périphérie de la

Dans les

Dans les grandes

cité

cité (entre ville et

profondeurs de la

profondeurs de la

nature)

nature (loin de la

nature

ville)
Rapport à la
nature

La nature en

La nature domestiquée

La nature sauvage

spectacle

Rapport au temps À l’heure ou à la

La nature
extrasauvage

À la demi-journée

À la journée

Sur plusieurs jours





Peu aménagé





Sécurité active

demi-journée
Aménagement

Fortement
aménagé

Rapport sécurité
/ risque
Exemples de
pratique

Sécurité passive
(niveau 1)
Cirque, formes,

(niveau 6)
VTT station, parc

Alpinisme,

Alpinisme en

sports classiques, aventure, hors-piste,

randonnées à ski,

Himalaya,

piscine …

aventure lointaine,

extrême polaire,

trek, trail, camp

tour du monde à

nature, bivouac …

voile …

canyoning ludique …


Tableau 9 - Les formes de rapport à la nature des sites touristiques sportifs (Corneloup, 2006, p. 35)
Réalisation Genoud 2017


Définition de « sport de nature » selon Revue Espaces (2015) :
« Il n’existe pas de définition précise de “sports de nature”. La notion de
“sports de nature” est introduite par la loi du 16 juillet 1984 qui la définit
essentiellement par les lieux de pratique : “Les sports de nature s’exercent
dans les espaces ou sur des sites et itinéraires qui peuvent comprendre des
voies, des terrains et des souterrains du domaine public ou privé des



32

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

collectivités publiques ou appartenant à des propriétaires privés, ainsi que des
cours d’eau domaniaux ou non domaniaux”. À partir de cette définition
partielle, très ouverte, il est d’usage de classer parmi les sports de nature les
activités sportives nature”, que ce soit sur un sentier ou une paroi rocheuse,
dans l’eau, dans l’air ou sous terre…
La famille des sports de nature est donc composée d’une grande diversité
d’activités, qui vont de la randonnée (pédestre, équestre…) au kitesurf, en
passant par le ski, la voile, le canoë-kayak, la spéléologie ou le parapente,
voire les sports motorisés tout-terrain… »

Le contexte touristique lié aux stations de montagne, plus précisément dans le domaine des
sports de nature, touche plusieurs acteurs selon différents secteurs de pratiques (Tableau
10). Avec l’aménagement de parcours de trail dans notre contexte, le secteur numéro 2
(pratiques libres et gratuites sur un site aménagé) est le secteur le plus approprié pour notre
étude. Les acteurs concernés sont les fabricants et les distributeurs (directement) par
exemple les magasins de sport d’une station, les marques spécialisées dans la pratique du
trail comme Salomon, l’hôtellerie et la restauration (indirectement) et les collectivités
territoriales (indirectement) comme les offices du tourisme, les communes ou le canton.
À noter que dans notre situation, un prestataire d’équipement peut participer au
développement du sport de loisir (présentoir d’essai de chaussures de trail sur le parcours)
ainsi qu’un « enseignant ». Mais du moment qu’un coach propose des prestations
d’entraînement sur un parcours de trail, nous entrons dans le secteur numéro 6.
La collectivité territoriale a ici un rôle important quant à l’entretien des chemins de
randonnée, le balisage ou encore la construction de routes d’accès.
« On peut faire l’hypothèse que les secteurs 1 et 2 sont sûrement les plus fréquentés par le
public ». Chaque secteur possède sa propre autonomie, sa réalité et ses formes de
fonctionnement. La plupart du temps, une organisation globale par secteur n’existe pas, en
revanche, il y a des liens interacteurs (fabricants/distributeurs, hôtellerie/restauration,
prestataires d’équipements, centres intégrés, fédérations…), des syndicats, des partenariats
ou des fédérations qui participent à les structurer. On peut également constater des liens
intrasectoriels entre, par exemple, les fédérations, les opérateurs touristiques et les
fabricants. Il faut savoir que le poids des acteurs n’est pas le même dans chaque secteur.


33

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Des différences doivent être prises en compte afin de relativiser l’importance donnée à
certains acteurs par rapport à d’autres dans la dynamique du plein air et pour évaluer plus
en détail la place des différents acteurs (politiques, territoriaux, fédéraux ou économiques)
dans la gestion de cette filière.
Sect-

Caractéristiques

eur

Fabricants

Hôtellerie

Prestataires

Collectivités

Enseignants

Distributeurs

Restauration

d’équipement

territoriales

Éducateurs
Écoacteurs

1

Pratiques libres et Directe

Indirecte

gratuites dans un
lieu de nature
2

Pratiques libres


Directe

Indirecte





Indirecte

et gratuites sur
un site aménagé
3



Pratiques libres et Directe

Indirecte

Directe


Indirecte

payantes sur un
site faiblement



aménagé
4

Pratiques libres et Directe

Indirecte

Directe

Indirecte

payantes en
station sportive
5

Prestations


Directe

Indirecte

Indirecte

encadrées et
payantes
6

Activités


Directe

Indirecte

Directe

Indirecte

Indirecte


Indirecte

Directe

Indirecte

Directe

encadrées en
club, centre local
et école
7

Produits intégrés
en centres
touristiques

8



Pratiques
compétitives en
club fédéral














Tableau 10 - Participation d’acteurs de la filière dans la gestion de secteurs du loisir sportif (Corneloup, 2006).
Réalisation Genoud 2017

34



Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

Nous voyons qu’il existe une différence entre les acteurs énormément investis dans
« l’aménagement et le développement » et ceux qui sont actifs dans le domaine de
« l’aménagement public, associatif et fédéral réalisé dans un secteur donné » (Corneloup,
2006, p. 38 et 39).
On peut considérer la filière des loisirs sportifs naturels comme étant composée de «
secteurs qui participent à spécifier la relation à la nature, au marché et à l’institution ». On
trouve des variables telles que l’accès libre ou payant, l’encadrement ou non et
l’organisation territoriale faible ou forte. La caractéristique de ces secteurs dépend de la
présence ou non des acteurs du loisir sportif qui oeuvrent à son organisation et à son
développement.


2.4 La diversification touristique autour des sports de nature
« La crise du marché des sports d’hiver subis dans certaines stations de moyenne altitude »,
due au faible enneigement saisonnier, amène à une recherche systématique de
diversification saisonnière de l’offre touristique sportive. « La réorientation volontariste des
espaces concernés vers un développement touristico-sportif plus ou moins diffus apparaît
comme un palliatif incontournable à leur marginalisation progressive » (Mao et Langenbach,
2006).

Les stations de sports d’hiver de moyenne montagne se trouvent confrontées à des
évolutions conjoncturelles :
-

« des évolutions climatiques avec des problèmes d’enneigement qui ne leur
permettent plus de garantir une offre de qualité ;

-

une augmentation de la concurrence qui oblige les destinations de montagne à une
compétition élevée avec une offre arrivée à maturité et un produit ski qui perd de sa
compétitivité;

-

des évolutions socioculturelles qui provoquent des modifications dans la demande de
la clientèle avec une importance accordée aux côtés ludique et émotionnel des
activités;

-

la fragmentation des séjours touristiques avec le développement des courts séjours
et de l’excursionnisme;



35

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

-

le développement de nouvelles formes de « résidentialités » avec la transformation
des résidences touristiques en résidences principales » (Perrin-Malterre, 2015, p.2).


Ces différents éléments poussent les stations de moyenne montagne à réagir, mais, à long
terme, ils touchent également les stations de montagne dans leur ensemble. Cette partie
propose une forme de diversification touristique selon une étude de Clémence PerrinMalterre menée suite à une demande de la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse, liée au
parc naturel régional de Chartreuse et à la communauté de communes de Chartreuses Giers
en France, « dans une réflexion autour de la diversification touristique de son territoire ».

La découverte et l’actualisation de la ressource territoriale dépendent de l’interprétation des
individus qui composent la société. L’intentionnalité des acteurs ainsi que la volonté d’action
définiront la ressource territoriale. Pour ce faire, la coordination entre les acteurs sera
déterminante comme nous l’affirme Dissart dans cette étude : la coordination entre les
acteurs « relève d’une prise de conscience de la nécessité de mise en commun des forces et
des intérêts individuels au profit du bien de la communauté ». « C’est bien l’action d’un
ensemble d’acteurs autour d’une production ou d’un projet qui fonde la construction du
territoire, la révélation et la valorisation des ressources territoriales » (Perrin-Malterre,
2015, p.3). Courneloup soulève également l’importance de la présence « d’une dynamique
collective partagée au sein d’un territoire donné » dans le processus d’innovation.
Les loisirs sportifs estivaux offerts aux touristes concernent généralement la randonnée et
les activités de la base de loisirs comme la piscine, le tennis, le mini-golf, les parcours
« accrobranche », etc. Pour rétorquer face au dérèglement climatique, avec un enneigement
devenu plus aléatoire, et pour répondre aux évolutions des comportements et des pratiques
touristiques suite aux changements socioculturels (en effet, la clientèle évolue : les gens
viennent plus facilement à la journée, certains ne skient pas et cherchent à pratiquer
d’autres activités), la station de St-Pierre-de-Chartreuse a décidé de développer l’activité du
VTT de descente. Cette formule permet de répondre aux vététistes qualifiés de « sauvages »
en aménageant des pistes spécialement conçues à cet effet, de proposer un forfait d’été
pour rentabiliser les remontées mécaniques et de permettre à des pratiquants autonomes
de découvrir la station. Une nouvelle clientèle touristique se développe.



36

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

« Ainsi, au départ du projet, on observe une réelle volonté politique des élus locaux pour
favoriser la création et l’aménagement d’espaces de pratiques sportives. Les acteurs privés
ont accepté de participer au projet, car ils y trouvaient leurs propres intérêts :

Les loueurs et les prestataires sportifs ont pu augmenter leurs chiffres d’affaires et le club de
VTT Chartreuse dispose désormais d’aménagements pour ses adhérents, lui permettant
d’augmenter son nombre de licenciés » (Perrin-Malterre, 2015, p. 7-8). Soulignons que la
majorité des touristes qui pratiquent ces activités sportives ne sont pas des touristes
sportifs. En effet, il s’agit de sports pratiqués en vacances avec un jour de « l’accrobranche »,
l’autre jour du VTT de descente, le lendemain un parcours trail. « Cependant, ces activités
sportives peuvent être considérées comme de nouvelles ressources touristiques élaborées
par les acteurs locaux pour en faire des leviers de développement du territoire » (PerrinMalterre, 2015, p. 8).
Le maire de l’époque de Saint-Pierre-de-Chartreuse évoque « les bénéfices d’une telle
implantation, que ce soit au niveau des retombées économiques directes et indirectes,
d’image, de tourisme… », suite à l’implantation de Raidlight8 et son concept de station de
trail sur ce territoire. Indirectement, le mouvement sportif, avec la promotion d’une
nouvelle activité sportive, bénéficie de cette implantation (Perrin-Malterre, 2015, p. 9).

Mis à part des conflits avec « l’espace rural/montagnard comme espace récréatif » et
« l’espace résidentiel et/ou productif des habitants », soit des tensions entre « ceux qui
dénoncent une marchandisation du territoire » et « ceux qui voient dans le projet de station
de trail une possibilité de développement », la réelle source de conflit provient de la
stratégie touristique du territoire. La vision traditionaliste, centrée sur la station et la saison
hivernale, entre en conflit sur le mode de développement touristique basé sur la
diversification touristique. Dans un esprit de diversification touristique et dans la continuité
du développement du VTT, la commune a donné son accord pour l’implantation de
l’entreprise K-124 sur un terrain favorable à l’aménagement d’un parc de trial et d’une piste
de BMX. « Comme cela a été le cas avec Raidlight, l’implantation de l’entreprise K-124 a été
vue comme une aubaine aussi bien pour le développement économique du territoire que

8



Raidlight est une marque d’un équipementier français spécialisé dans la pratique du trail

37

Mesure de l’activité touristique générée par un événement de type « course de trail ou de montagne » sur un
territoire à vocation touristique

pour la diversification de l’offre touristique » (Perrin-Malterre, 2015, p. 10).
Comme l’affirme Bourdeau, « la préoccupation de diversification liée à l’atténuation des
effets du changement climatique ne repose pas seulement sur une offre de nouvelles
activités récréatives (déjà très étoffée), mais aussi sur l’intérêt porté à de nouveaux espaces,
de nouveaux publics, de nouveaux temps, de nouveaux sens et de nouveaux modes
d’intelligence culturelle et territoriale du tourisme » (Perrin-Malterre, 2015, p. 14).
La qualité de l’expérience vécue par le touriste qualifiera l’impact de la stratégie touristique.
Il est important d’analyser la manière dont le visiteur vit ses expériences touristiques dans
une station. Le rôle central du ski alpin traditionnel, par son historicité et par les décisions de
ses acteurs, peut être un frein à la diversification touristique du territoire.

Figure 13 - Mêler sport de nature et tourisme (Sierre-Zinal).



2.5 L’événement sportif : une portée touristique
Nous décrirons l’importance d’un événement sportif à des fins touristiques à l’aide d’une
étude menée par Getz et McConnell. Ils ont comparé la motivation, la participation, le
portrait et le profil touristique du vététiste et du trailer lors de deux événements
touristiques majeurs : la TransRockies Challenge à Alberta au Canada pour le VTT et la GORETEX TransRockies Run dans le Colorado aux USA.
Selon Getz (2014, p. 70), le touriste sportif amènera des changements sur le mode de voyage
en impliquant particulièrement les événements sportifs. Dans les loisirs et les voyages, les
préférences, les comportements et les satisfactions des personnes sont influencés par leur


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