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Guide de la transition energetique .pdf



Nom original: Guide_de_la_transition_energetique.pdf
Titre: La transition énergétique: connaître et partager pour agir
Auteur: Institut de la Francophonie pour le Développement Durable

Ce document au format PDF 1.6 a été généré par Adobe InDesign CS6 (Macintosh) / Adobe PDF Library 10.0.1, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 11/08/2018 à 12:45, depuis l'adresse IP 156.0.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 335 fois.
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POINTS DE REPÈRE

La transition énergétique
Connaître et partager pour agir

25

Comité de rédaction et comité éditorial

Direction de la publication
Jean-Pierre Ndoutoum, Directeur de l’IFDD
Direction de la rédaction
Stéphane Pouffary, Président d’honneur et fondateur ENERGIES 2050
Auteurs
Stéphane Pouffary, Président d’honneur et fondateur ENERGIES 2050
Guillaume Delaboulaye, chargé de Programmes, Climat, Énergie,
Bâtiments et Territoires durables, ENERGIES 2050
Contributions
Stéphane Quéfelec, chargé de Programmes, Economie, Développement
et Changement climatique, ENERGIES 2050
Gino Baudry, spécialiste biocarburant, ENERGIES 2050
Comité éditorial de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD)
Mamadou Koné, spécialiste de programme Énergie durable
Louis-Noël Jail, chargé de communication, responsable du service Information et Documentation
Romaric Segla, assistant de programme Énergie
Marilyne Laurendeau, assistante de communication
Mise en page et révision linguistique
Marquis Interscript
Illustrations
ENERGIES 2050
Photos de couverture
ENERGIES 2050 (Songhai, Benin)
Ce document a été préparé par ENERGIES 2050 pour le compte de l’Institut
de la Francophonie pour le développement durable (IFDD). Il ne représente
pas nécessairement le point de vue de l’une ou l’autre de ces organisations.
ISBN version imprimée : 978-2-89481-221-1
ISBN version électronique : 978-2-89481-222-8
Vous pouvez consulter ce guide en ligne à :
http://www.ifdd.francophonie.org/ressources/ressources-pub.php?id=8
© Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) 2016
56, rue Saint-Pierre, 3e étage, Québec, Canada G1K 4A1
Téléphone : 418 692-5727
Télécopie : 418 692-5644
ifdd@francophonie.org – www.ifdd.francophonie.org
Cette publication a été imprimée sur du papier contenant 100 % de fibres postconsommation,
procédé sans chlore à partir d’énergie biogaz.recyclé.
IMPRIMÉ AU CANADA – octobre 2016

La transition énergétique
Connaître et partager pour agir

Mot du directeur

d e
P o i n t s

année 2015 a vu l’aboutissement de trois processus de négociations internationales
notamment : (i) le Plan d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement adopté en juillet 2015, (ii) le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et les objectifs de développement durable adoptés en septembre 2015 et
(iii) ­l’Accord de Paris sur le Climat de décembre 2015.
La Francophonie a pris une part active dans l’aboutissement de ces importants
accords, aussi bien dans leur préparation qu’au moment de leur adoption. L’Organisation
s’est particulièrement mobilisée pour l’Accord de Paris sur le Climat en accompagnant
les pays dans les processus de négociations.
Cet accompagnement a pris la forme de sessions de formations pour les négociateurs, de mise à disposition d’outils, comme le Guide des négociations et la Note de
décryptage, ou l’appui à la formulation par les pays de leurs contributions prévues
­déterminées au niveau national (CPDN).
Mais bien avant la mise en place de ces processus, la Francophonie a créé en 1988,
lors du Sommet de Québec, l’Institut de l’Énergie des pays ayant en commun l’usage
du Français (IEPF), avec pour mission d’aider les pays membres en développement
dans la conception, la formulation et la mise en œuvre de leurs politiques énergétiques,
avec un accent particulier sur l’accès à l’énergie, les énergies renouvelables et l’efficacité
énergétique.
L’IEPF, qui deviendra plus tard (2013) l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), sera donc un des précurseurs des programmes « énergie
durable », comme celui des Nations-Unies intitulé SE4ALL (Sustainable Energy for all)
En effet, avec une participation des énergies fossiles de près de 60 % aux émissions
de gaz à effet de serre, le secteur énergétique constitue également l’une des réponses à
cette problématique mondiale. L’augmentation de la part des énergies renouvelables
dans le mix énergétique mondial, l’effort de sobriété énergétique (moins de gaspillages),
l’utilisation de technologies moins consommatrices d’énergie (efficacité énergétique),
alliés à une certaine équité énergétique permettant de favoriser l’accès à des formes
d’énergie modernes, devraient conduire l’humanité à migrer progressivement vers des
formes d’énergie de moins en moins carbonées.

r e p è r e

L’

v

P o i n t s

d e

r e p è r e

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

vi

Cette transition énergétique serait un des vecteurs de la nécessaire transition
é­ cologique, voire de la transition économique qui nous amènerait collectivement vers
des modes de production et de consommation plus propres et plus respectueux de
l’équilibre intra et intergénérationnel.
Ce guide de la transition énergétique, qui approfondit autant cette problématique
dans notre langue en partage, est un outil pour tous les francophones, qu’ils soient au
sein d’organismes internationaux ou régionaux, d’institutions nationales et locales,
d’entreprises privées ou encore au sein de structures de la société civile. Nous sommes
donc heureux de vous en proposer la lecture et espérons que vous y trouverez des
réponses conceptuelles et pratiques aux problématiques auxquelles vous êtes confrontés
face à la transition énergétique.
Au lendemain de la 21ème session de la Conférence des Parties à la Convention-­
cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à Paris et à la veille de sa
22ème session prévue à Marrakech en novembre 2016, cet ouvrage vous apportera,
chère lectrice et cher lecteur, des connaissances spécifiques sur :
• le rôle des instances internationales et des États dans la transition énergétique ;
• l’implication du secteur privé et des citoyens dans la transition ;
• les innovations en cours et à venir au cœur des villes et territoires pour accompagner cette transition ;
• les risques et opportunités dans des secteurs clés comme :
– le bâtiment et la construction ;
– les transports ;
– l’industrie ;
– l’agriculture.
Nous sommes à l’aube d’un nouveau monde plus vivable, dont la réalisation nécessitera un sursaut de la part de tous et de chacun. Dans cette optique, le XVIe Sommet
de la Francophonie qui se tiendra à Antananarivo (Madagascar) les 26 et 27 novembre
2016 autour du thème « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone » lancera un appel fort pour
l’action en faveur d’une transition énergétique équitable et durable.
Où que vous soyez, aujourd’hui ou demain, je souhaite que ce guide éveille ou
ravive en vous la flamme afin d’agir à votre niveau pour une meilleure transition énergétique. C’est cette flamme qui anime toutes les collaboratrices et tous les collaborateurs
qui ont participé à l’élaboration de cet ouvrage. Je les remercie très chaleureusement
pour leur implication et leur dévouement à cette cause commune.
Bonne lecture !

Jean-Pierre NDOUTOUM

Remerciements des auteurs

d e
P o i n t s

C’est avec un immense plaisir que nous partageons avec les lecteurs, que nous espérons
nombreux, ce Guide la Transition énergétique : connaître et partager pour agir. L’urgence
à agir a rendu indispensable une publication avant la 22e session de la Conférence des
Parties de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
(CdP22) qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016.
Loin des débats pour ou contre telle énergie, nous avons voulu dresser un panorama aussi détaillé et factuel que possible pour que chacun puisse se réapproprier la
question énergétique et comprendre les réalités auxquelles nos sociétés sont confrontées
mais aussi les différents chemins qui s’ouvrent à nous individuellement et collectivement.
Nous avons également résolument décidé d’éviter ce qui aurait pu être un catalogue
technologique et technique.
La réalité des atteintes à l’environnement et les conséquences catastrophiques des
changements climatiques engendrées par notre ébriété énergétique sont une réalité que
personne ne peut plus contester. Ici et ailleurs, jour après jour, les conséquences se
multiplient, toujours plus préoccupantes et parfois irréversibles. Nos modes de production et de consommation énergivores et basés massivement sur l’utilisation des énergies
fossiles sont de véritables armes de destruction massive. On rappellera simplement les
études du Groupe ­d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui
nous alertent d’année en année et qui plaident pour une prudence et une sagesse inédites dans notre histoire collective. Pour éviter des conséquences climatiques catastrophiques, nous allons devoir laisser plus des 2/3 des réserves d’énergies fossiles disponibles
à ce jour dans notre sous-sol. Chacun comprendra combien l’enjeu est important quand
nous savons que nos sociétés, que nous soyons dans un pays développés ou en développement, continuent à subventionner massivement directement ou indirectement ces
énergies malgré des engagements répétés d’année en année pour changer de modèle.

r e p è r e

Une contribution pour inviter à l’action et
transformer les défis en opportunités d’action

vii

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

L’heure du choix … une sagesse collective
à réinventer
La transition énergétique est, par nature, transversale et systémique et la réalité de sa
mise en œuvre témoignera, ni plus ni moins, de notre capacité à imaginer et à mettre
en œuvre le monde dans lequel nous voulons vivre.
Exercice de sagesse et de responsabilité collective, nos choix d’aujourd’hui transforment et transformeront radicalement la planète et la capacité de nos sociétés à apporter à chacun un mieux vivre dans le respect des ressources naturelles disponibles.
La transition énergétique est sans aucun doute un des plus grands défis de notre
temps et nous ne pourrons l’atteindre que collectivement. Que nous soyons un représentant du secteur public ou du secteur privé ou encore un acteur de la société civile,
quel que soit notre pays d’origine ou celui dans lequel nous vivons, chacun d’entre nous
a un rôle à jouer et il s’agit, sans plus attendre, que chacun s’engage à modifier ses pratiques personnelles et professionnelles et à regarder l’énergie comme un bien précieux
de l’humanité et non plus comme une simple ressource inépuisable.

P o i n t s

d e

r e p è r e

Connaître, partager et démultiplier
les opportunités d’actions

viii

L’Organisation Internationale de la Francophonie et son organe subsidiaire l’Institut
de la Francophonie pour le Développement Durable sont des acteurs engagés depuis
longtemps sur la question de la transition énergétique.
ENERGIES 2050 travaille sur la Grande Transition, qu’il s’agisse de la transition
énergétique ou de la mise en mouvement d’une société plus humaine, plurielle et solidaire, porteuse de paix et respectueuse des biens communs de l’humanité. L’association
désire notamment replacer une approche énergétique en accord avec les principes de
l’écodéveloppement au cœur de l’action citoyenne en promouvant la maîtrise de la
demande en énergie et les énergies renouvelables.
Partenaires depuis de nombreuses années, l’envie de partager et d’inviter à l’action
sur le sujet de la Transition énergétique était évidente et c’est avec un immense plaisir
que nous nous sommes mobilisés.
Ce Guide s’inscrit résolument dans cette envie de partager et d’inviter à l’action.
Il s’agit également de rappeler que chacun peut être le porte-parole de cette transition et que nous disposons tous d’un trésor d’opportunités pour agir.

Le temps n’est plus au plaidoyer mais à l’action
Nous espérons que ce Guide donnera à chacun une meilleure compréhension du trésor
d’opportunités que représente la transition énergétique et lui donnera envie d’agir dès
aujourd’hui pour préparer ensemble un futur énergétique soutenable et solidaire.

Remerciements des auteurs

P o i n t s

d e

r e p è r e

Chacun d’entre nous peut devenir ou redevenir un magicien porteur d’inno­
vation… L’équipe d’ENERGIES 2050 espère que chacun terminera la lecture de ce
Guide avec un immense appétit à agir selon ses réalités. La mutualisation, le partage et
le collectif sont des préambules indispensables à toute possible construction d’un
monde meilleur et plus résilient.
La perspective d’une nouvelle donne mondiale plus juste est l’affaire de chacun
d’entre nous… et chacun d’entre nous a un rôle central et indispensable à jouer.
Nous ne pouvons ici terminer ces quelques mots sans remercier chaleureusement
l’IFDD pour sa confiance renouvelée et pour nous avoir offert cette nouvelle opportunité de partage. Un merci également à tous ceux, anonymes ou acteurs connus, citoyens,
petite ou grande entreprise ou acteurs publics qui nous ont inspirés et qui, jour après
jour, travaillent inlassablement à la transformation de nos modes de consommation et
de production.

ix

Table des matières

Mot du directeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . v
Remerciements des auteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . vii
Acronymes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xix
Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxiii
1

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Chapitre 1 : Énergie, climat et développement, ou de la nécessité
de revoir notre système énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1 Un système énergétique obsolète . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.1 L’ébriété énergétique ou le constat d’une demande en énergie toujours
plus grande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.1.1 L’Homme et l’énergie : une histoire ancienne, un amour 
devenu schizophrène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.1.2 Une énergie présente dans tous les secteurs d’usage . . . . . . . . . . . 9
1.1.1.3 Une demande énergétique qui ne cesse de croître . . . . . . . . . . . . 10
1.1.2 De la diversité du paysage énergétique aux tensions géopolitiques . . . . . . . 11
1.1.2.1 Une consommation inégale pour des modèles
énergétiques différents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.1.2.2 La demande énergétique mondiale en pleine 
reconfiguration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.1.2.3 Une répartition inégale des ressources et des zones
de production . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.1.2.4 La dépendance énergétique des pays consommateurs . . . . . . . . . 16

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1
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P o i n t s

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Un modèle de développement énergivore et un accès inégal
aux services énergétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Une prise de conscience déjà ancienne sur les limites du modèle actuel . . . . . . . . . . . . .
Une prise de conscience qui reste insuffisante face aux crises récurrentes . . . . . . . . . . . . .
L’énergie au cœur des défis d’aujourd’hui et de demain… . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Un guide sur la transition énergétique : connaître et partager pour agir . . . . . . . . . . . . . .

xi

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

P o i n t s

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1.1.3 Les limites du système énergétique actuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.1.3.1 Une offre majoritairement carbonée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.1.3.2 Une raréfaction programmée des ressources . . . . . . . . . . . . . . . .
1.1.3.3 Un système énergétique très centralisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.2 L’énergie au cœur de la problématique du changement climatique . . . . . . . . . . . .
1.2.1 Une responsabilité sans équivoque dans le réchauffement climatique . . . . .
1.2.1.1 Du principe de l’effet de serre au réchauffement climatique . . . .
1.2.1.2 Des teneurs en CO2 inédites depuis des millénaires . . . . . . . . . .
1.2.1.3 L’origine anthropique du réchauffement climatique
et le rôle majeur des combustibles fossiles . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.2.2 Les conséquences des changements climatiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.2.2.1 Hausse des températures et bouleversements associés . . . . . . . . .
1.2.2.2 Des impacts en cascade sur l’Homme, les écosystèmes
et les sociétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3 L’énergie au service du développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3.1 Des situations énergétiques révélatrices de différences
de développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3.1.1 Un déficit d’accès dans les pays en développement :
la pauvreté énergétique, un fardeau lourd à gérer . . . . . . . . . . . .
1.3.1.2 La précarité énergétique : une réalité grandissante
dans les pays développés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3.2 L’énergie au cœur du développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3.2.1 Énergie, pauvreté et développement économique . . . . . . . . . . . .
1.3.2.2 Énergie, éducation et santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3.2.3 Énergie et égalité des sexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1.3.2.4 Énergie, eau et forêts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Conclusion du chapitre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

xii

Chapitre 2 : La transition énergétique : sobriété, efficacité
et énergies renouvelables, ou la recette d’un triplé gagnant . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1 Agir sur la demande en énergie : sobriété et efficacité énergétique . . . . . . . . . . . . .
2.1.1 La chaîne énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1.2 La sobriété énergétique : un préambule indispensable . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1.2.1 Changer notre rapport à l’énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1.2.2 Des possibilités d’action à de multiples niveaux . . . . . . . . . . . . .
2.1.2.3 Connaître et comprendre pour adopter des comportements
sobres en énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1.3 L’efficacité énergétique : un trésor de possibilités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1.3.1 Optimiser le réseau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1.3.2 Améliorer le rendement des équipements . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.1.3.3 Mettre en place des politiques d’efficacité énergétique . . . . . . . .

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La transition énergétique

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P o i n t s

2.2 Les énergies renouvelables : une incontournable évidence pour la transition
énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.1 Les énergies renouvelables : une réponse à de multiples défis . . . . . . . . . . .
2.2.1.1 Des trésors d’opportunités pour lutter contre le changement
climatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.1.2 Croissance économique et création d’emplois . . . . . . . . . . . . . .
2.2.1.3 La sécurité énergétique : accès, indépendance
et contrôle des prix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.2 Énergies renouvelables et innovation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.2.1 Les différentes sources d’énergies renouvelables . . . . . . . . . . . . .
2.2.2.2 La biomasse moderne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.2.3 La géothermie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.2.4 Les énergies marines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.3 Perspectives de développement des énergies renouvelables . . . . . . . . . . . . .
2.2.3.1 Une croissance soutenue, mais une part qui reste insuffisante
dans le bouquet énergétique mondial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.3.2 De la nécessité d’un soutien politique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.3.3 Des investissements et un marché international
qui se confirment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.2.3.4 Des freins encore trop nombreux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3 L’innovation, un catalyseur indispensable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.1 Repenser les réseaux électriques pour optimiser le système
énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.1.1 Un système énergétique réparti pour conjuguer
les visions sur un territoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.1.2 Les mini-réseaux pour soutenir le développement énergétique
des territoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.1.3 Les réseaux intelligents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.1.4 Des réseaux pour raccorder des États : les super-réseaux . . . . . . .
2.3.2 Le stockage de l’énergie : un maillon stratégique pour améliorer
toute la chaîne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.3.3 La cogénération pour optimiser le processus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.4 Les énergies fossiles : gérer la transition pour accompagner le changement . . . . . .
2.4.1 Une utilisation maîtrisée des ressources fossiles indispensables à court
et moyen terme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2.4.2 La fausse question épineuse des subventions aux énergies fossiles . . . . . . . .
Conclusion du chapitre 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

xiii

P o i n t s

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r e p è r e

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

xiv

Chapitre 3 : Les acteurs de la transition énergétique : de la gouvernance
à la mise en œuvre, une indispensable implication de tous . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.1 Une gouvernance internationale pour des enjeux mondiaux :
le rôle des instances internationales dans la transition énergétique . . . . . . . . . . . . 81
3.1.1 La prise en compte croissante des enjeux du développement durable,
du climat et de l’énergie depuis une quarantaine d’années . . . . . . . . . . . . . 82
3.1.1.1 Une prise de conscience progressive des enjeux 
environnementaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
3.1.1.2 L’enjeu désormais fondamental de la question énergétique
dans le système des Nations Unies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
3.1.2 Le Programme de développement pour l’après-2015 :
un tournant à ne pas manquer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
3.1.2.1 Des OMD aux ODD, la définition d’une nouvelle
vision commune . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
3.1.2.2 La CdP 21 : un accord historique sur le climat . . . . . . . . . . . . . . 94
3.2 Les États et la transition énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.2.1 Des dispositifs accessibles, variés et multidimensionnels . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.2.1.1 Repenser les politiques énergétiques nationales . . . . . . . . . . . . . 97
3.2.1.2 Développer une fiscalité écologique pour orienter 
le changement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
3.2.1.3 Calibrer la réglementation : les normes, un outil puissant . . . . . 101
3.2.1.4 L’investissement public comme outil essentiel
à la transition énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
3.2.2 La nécessaire articulation des mesures dans une perspective élargie . . . . . 103
3.3 Les gouvernements locaux au cœur des enjeux énergétiques et climatiques . . . . . 104
3.3.1 Le rôle crucial joué par l’échelon local . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
3.3.1.1 Les collectivités territoriales, un acteur clé pour la transition
énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
3.3.1.2 Une multitude d’opportunités d’actions concrètes
pour agir sur la demande énergétique au niveau local . . . . . . . . 106
3.3.2 Vers une gouvernance locale de l’énergie : des obstacles à surmonter,
mais une étape indispensable à la transition énergétique . . . . . . . . . . . . . 108
3.3.2.1 Dépasser le fonctionnement sectoriel et cloisonné
des gouvernements locaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
3.3.2.2 Une gouvernance locale énergétique partagée . . . . . . . . . . . . . . 110
3.3.2.3 La question du financement de la transition énergétique
à l’échelle locale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
3.3.2 La coopération décentralisée pour mutualiser et démultiplier
les moyens d’action . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
3.3.2.1 Surmonter les obstacles inhérents aux représentations
pour favoriser un codéveloppement soutenable . . . . . . . . . . . . 113
3.3.2.2 Quels outils de codéveloppement pour faciliter l’échange
des connaissances pour la transition énergétique ? . . . . . . . . . . 114

Des opportunités d’actions dans tous les secteurs

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Chapitre 4 : Des opportunités d’actions dans tous les secteurs . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1 Les villes et territoires : des laboratoires de la transition énergétique . . . . . . . . . .
4.1.1 Les villes au cœur de notre avenir énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.1.1 Les villes et l’énergie : une histoire et un avenir communs . . . .
4.1.1.2 Des villes confrontées à des défis grandissants
exacerbés par la croissance démographique
et le changement climatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.1.3 Une situation contrastée entre villes du Nord et du Sud . . . . . .
4.1.2 Concevoir la ville sobre en énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.2.1 Coordonner l’urbanisme et les transports . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.2.2 Rafraîchir les villes : entre recherche de densité et intégration
d’aménités environnementales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

115

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P o i n t s

3.4 L’indispensable implication du secteur privé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.1 L’importance croissante des démarches de responsabilité sociale
des entreprises . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.1.1 Une démarche volontaire avec des niveaux
d’implication variés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.1.2 L’encadrement progressif de la RSE : une étape 
indispensable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.1.3 Les critiques de la RSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.2 Les opportunités de financements privés de la transition énergétique . . . .
3.4.2.1 Les obligations vertes : moyens de financement
de la transition énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.2.2 Le renouveau prometteur des sociétés de services
énergétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.2.3 Le choix des partenariats public-privé . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.3 Les nouveaux modèles d’économie durable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.3.1 L’émergence controversée de l’économie verte . . . . . . . . . . . . .
3.4.3.2 L’importance majeure mais souterraine de l’économie sociale
et solidaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.4.3.3 Les promesses de l’économie circulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.5 L’implication citoyenne dans la transition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.5.1 La transition citoyenne : comprendre pour agir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.5.1.1 De la nécessité d’une gouvernance énergétique citoyenne . . . . .
3.5.1.2 Favoriser la diffusion de l’information et la compréhension
des enjeux de la transition énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.5.2 L’importance des projets citoyens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.5.2.1 Les avantages des projets citoyens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.5.2.2 Le financement des projets citoyens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
3.5.2.3 La progression de l’implication citoyenne :
quelques exemples européens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Conclusion du chapitre 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

xv

P o i n t s

d e

r e p è r e

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

xvi

4.1.3 Des leviers d’action pour une transition énergétique urbaine inscrite
dans la durée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.3.1 La prise en compte des enjeux de la transition énergétique
dans les documents cadres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.3.2 L’avènement de la ville intelligente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.3.3 Les principes de l’économie verte appliqués à la ville . . . . . . . .
4.1.3.4 Quelles possibilités de financement pour atteindre 
la transition énergétique ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.1.3.5 La nécessaire coopération entre les villes pour démultiplier
les moyens d’agir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2 Le secteur du bâtiment et de la construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2.1 Un secteur majeur pour une transition énergétique réussie . . . . . . . . . . . .
4.2.1.1 Les enjeux de la performance énergétique des bâtiments . . . . .
4.2.1.2 Une situation contrastée à l’échelle mondiale . . . . . . . . . . . . . .
4.2.2 Surmonter les barrières pour exploiter les possibilités d’action . . . . . . . . .
4.2.2.1 Du bâtiment basse consommation au bâtiment
à énergie positive : des solutions passives et actives 
pour la généralisation des bâtiments durables . . . . . . . . . . . . . .
4.2.2.2 Dépasser la question du financement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2.3 La réglementation, un levier incontournable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2.3.1 Une réglementation plus ou moins ambitieuse,
selon le pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2.3.2 À secteur complexe, réponse systémique . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2.3.3 Une multitude d’outils réglementaires à mobiliser . . . . . . . . . .
4.2.4 L’humain au cœur du bâtiment : sensibilisation, éducation
et formation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2.4.1 Le rôle majeur de l’usager dans la transition énergétique
du secteur du bâtiment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.2.4.2 Former les professionnels du secteur du bâtiment
et de la construction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3 Les transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.1 L’évolution du secteur des transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.1.1 Une croissance exponentielle de la mobilité au profit 
du secteur routier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.1.2 L’incidence des émissions du transport sur le climat
et la santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.1.3 La dépendance pétrolière du transport . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.1.4 Un accès inégal à l’énergie et au transport . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.1.5 De nombreuses externalités négatives aux coûts importants . . .

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P o i n t s

4.3.2 Des possibilités d’action à mettre en œuvre par une approche
systémique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.2.1 Les énergies de substitution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.2.2 Agir sur l’organisation économique et spatiale pour limiter
les émissions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.2.3 Le rôle indispensable de l’usager dans le changement 
de paradigme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.2.4 Financer la transition énergétique dans le secteur
des transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.3 La controverse des biocarburants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.3.1 Proposer une source d’énergie propre sans porter atteinte
à la sécurité alimentaire : l’enjeu central des biocarburants . . . .
4.3.3.2 Une projection sur les coûts et les volumes de production 
des biocarburants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.3.3.3 Les effets des biocarburants sur le changement climatique . . . .
4.4 L’industrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.4.1 Les enjeux et les défis de la transition énergétique dans l’industrie . . . . . .
4.4.1.1 L’enjeu central de l’amélioration de l’efficacité énergétique . . .
4.4.1.2 Les obstacles à surmonter pour atteindre la transition 
énergétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.4.1.3 Les transferts de technologie Nord-Sud . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.4.2 Des possibilités d’action à exploiter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.4.2.1 Une grande diversité de technologiques et d’axes 
de développement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.4.2.2 Refondre l’organisation des entreprises pour encourager 
les solutions durables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.4.2.3 Le rôle des consommateurs pour orienter le changement . . . . .
4.4.2.4 Les sources de financement potentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5 L’agriculture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5.1 Les enjeux d’une agriculture durable : entre sécurité alimentaire,
dépendance aux énergies fossiles et réchauffement climatique . . . . . . . . .
4.5.1.1 Les défis actuels de l’agriculture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5.1.2 L’agriculture et l’énergie fossile : des thématiques 
étroitement liées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5.1.3 L’agriculture en tant que producteur d’énergie 
renouvelable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5.1.4 L’agriculture, l’énergie et le climat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5.2 Des possibilités d’action à exploiter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5.2.1 Efficacité énergétique et développement des énergies
renouvelables dans les activités agricoles . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4.5.2.2 La transition énergétique intégrée au sein d’une approche
systémique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

xvii

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

4.5.2.3 La transition énergétique intégrée au sein de politiques
d’atténuation du changement climatique . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
4.5.2.4 L’importance des ressources financières nouvelles 
et innovantes pour l’investissement dans la transition 
énergétique et l’agriculture durable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
Conclusion du chapitre 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
Une conclusion en forme de commencement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La transition énergétique : une exigence de sagesse collective . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La solidarité comme partie intégrante de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L’après-2015 : le tournant qu’il ne faut pas manquer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Un guide pour inspirer le changement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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241
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242
243

Table des figures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
Table des encadrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
Annexe : Historique des négociations climat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 251

P o i n t s

d e

r e p è r e

Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 255

xviii





BMD
BRICS
CCNUCC


CdP

CEA

CEDEAO

CPDN

CPE

EAMAU

EDF

EJ
ENERGIES 2050

EPEE

ESS

FAO


FLAME




FMI
GEF

Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
Agence internationale de l’énergie
Accord de libre-échange nord-américain
Autorité des marchés financiers
Alliance nationale de coordination de la recherche
pour l’énergie
Banques multilatérales de développement
Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques
Conférence des Parties
Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives
Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
Contributions prévues déterminées au niveau national
contrat de performance énergétique
École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme
Électricité de France
exajoule (1018 joules)
Association ENERGIES 2050
Étude de la précarité énergétique en Europe
économie sociale et solidaire
United Nations Food and Agriculture Organization /
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture
Fédération des agences locales de maîtrise de l’énergie
et du climat
Fonds monétaire international
Global Environment Facility

d e

ADEME
AIE
ALENA
AMF
ANCRE

P o i n t s







r e p è r e

Acronymes

xix

La transition énergétique : connaître et partager pour agir




P o i n t s

d e

r e p è r e























xx











GES
GIEC

gaz à effet de serre
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
du climat
GNV gaz naturel véhicule
GPL gaz de pétrole liquéfié
GW gigawatt
ICLEI Conseil international pour les initiatives écologiques locales
ICU îlot de chaleur urbain
IDH indice de développement humain
IEPF Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie
IFDD Institut de la Francophonie pour le développement durable
IFVD Initiative de la Francophonie pour des villes durables
INRA Institut national de la recherche agronomique
InVS Institut de veille sanitaire
IRENA International Renewable Energy Agency
ISR investisseurs socialement responsables
MAAN mesures d’atténuation adaptées au niveau national
MDP Mécanisme pour un développement propre
MNV mesure, notification et vérification
MOC mise en œuvre conjointe
MTD meilleure technique disponible
Mtep million de tonnes équivalent pétrole
NEPAD New Partnership for Africa’s Development
NTIC nouvelles technologies de l’information
et de la communication
OCDE Organisation de coopération et de développement
économiques
ODD Objectifs de développement durable
OIF Organisation internationale de la Francophonie
OMD Objectifs du millénaire pour le développement
OMM Organisation météorologique mondiale
ONG organisation non gouvernementale
ONU Organisation des Nations Unies
ONERC Observatoire national sur les effets du réchauffement
climatique
OPEP Organisation des pays exportateurs de pétrole

SACO
SAU
SE4All
SEAC
SME
SRB
SSE
STEP
tep
TIC
TICPE
UE
UNESCO

d e















offre au public de titres financiers
petites centrales hydrauliques
Plan Climat Énergie territorial
Plan Climat territorial intégré
produit intérieur brut
Programme de développement des infrastructures en Afrique
petites et moyennes entreprises
Programme des Nations Unies pour le développement
Programme des Nations Unies pour l’environnement
partie par million
partenariat public-privé
responsabilité sociale des entreprises
Société africaine des biocarburants et des énergies
renouvelables
substances appauvrissant la couche d’ozone
surface agricole utile
Sustainable Energy for All
stockage d’énergie par air comprimé
système de management de l’énergie
service rapide par bus
société de services énergétiques
station de transfert d’énergie par pompage
tonne équivalent pétrole
technologies de l’information et de la communication
taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
Union européenne
Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science
et la culture

P o i n t s


OPTF

PCH

PCET

PCTI

PIB

PIDA

PME

PNUD

PNUE

ppm

PPP

RSE
SABER-ABREC

r e p è r e

Acronymes

xxi

Résumé

d e
P o i n t s

a refonte de nos modèles énergétiques est un enjeu majeur au cœur des problématiques actuelles de nos sociétés. Nos modes de production et de consommation,
trop énergivores et dépendants des énergies fossiles, engendrent des déséquilibres économiques et sociaux ainsi que des impacts environnementaux qui s’accentuent avec la
croissance de la demande : accès inégal à l’énergie, volatilité des prix, incertitudes quant
aux réserves disponibles, tensions géopolitiques, pollution atmosphérique, terrestre et
hydrique, dégradation des écosystèmes, etc. Ces déséquilibres ne peuvent être soutenus
sur le long terme.
L’exploitation des ressources fossiles à des fins énergétiques est également l’une des
principales sources d’émissions de gaz à effet de serre, à l’origine du changement climatique. Les perturbations engendrées par ce phénomène (réchauffement des températures, montée des eaux, évènements climatiques extrêmes, etc.) ont des répercussions
croissantes sur les populations les plus vulnérables et mettent en péril un certain nombre
de secteurs d’activité. En dépit des négociations intergouvernementales menées dans le
cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
(CCNUCC) depuis plus de vingt ans, et de l’Accord de Paris adopté lors de la
21e Conférence des Parties de la CCNUCC, force est de constater que jusqu’ici, les
avancées n’ont pas été à la hauteur des défis à relever.
Plus qu’une simple réponse à ces problématiques, la transition énergétique s’inscrit
comme une exigence de sagesse collective qui doit être perçue non seulement comme
un coût, mais également comme un ensemble d’opportunités aux avantages multiples :
atténuation des changements climatiques, adaptation à l’évolution du climat, maîtrise
de la pollution, accès aux services énergétiques modernes, règlement des conflits, soutien
à l’éradication de la pauvreté dans les pays du Sud comme du Nord, etc.
Elle doit pour cela s’appuyer sur une réorganisation totale de l’offre, mais également et en premier lieu sur une meilleure gestion de la demande, autour d’une stratégie
axée sur trois volets globaux et complémentaires :
• Sobriété énergétique : réduire la demande en modifiant le rapport de nos
sociétés à l’énergie et à la consommation et en limitant les usages excessifs et le gaspillage.
Le changement de comportement des différents acteurs sera, dans ce cadre, au cœur des
problématiques.

r e p è r e

L

xxiii

P o i n t s

d e

r e p è r e

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

xxiv

• Efficacité énergétique : réduire la quantité d’énergie nécessaire pour fournir
un même niveau de service énergétique au consommateur, notamment par l’optimisation
des systèmes et réseaux et l’amélioration de la performance des équipements.
• Énergies renouvelables : développer l’utilisation des énergies renouvelables
(solaire, éolien, géothermie, hydraulique) pour répondre à la demande « incompressible »
en énergie.
Si les technologies disponibles s’améliorent et sont de plus en plus économiques,
ce changement de paradigme passera nécessairement par la levée de certaines barrières,
aux premiers rangs desquelles figurent les subventions publiques aux énergies fossiles
et la centralisation des marchés de l’énergie. L’innovation technologique, managériale et
organisationnelle, ainsi que la gestion raisonnée de l’énergie, doivent également être
au cœur de la transition.
Par ailleurs, cette transition ne pourra se faire qu’avec l’engagement de tous les
acteurs, un engagement qui nécessitera des politiques de formation, de renforcement
des capacités, de sensibilisation et d’information, mais également l’utilisation d’outils
incitatifs et réglementaires. L’innovation et la recherche ainsi que la mobilisation des
mécanismes innovants de financement joueront des rôles critiques. Les transferts technologique et financier dans le cadre de la coopération Nord-Sud et Sud-Sud devront
être favorisés et jouer son rôle de levier pour susciter un développement sobre en carbone
des pays du Sud.
Cela dit, de nombreuses initiatives existent déjà dans l’ensemble des secteurs
­d’activité, avec des expériences innovantes à tous les échelons (global, étatique, collectivité locale, entreprise et citoyens) qu’il convient d’étendre et de dupliquer. Des projets
concrets ont ainsi été mis en œuvre dans les principaux domaines de consommation
énergétique, notamment dans l’environnement construit (villes, bâtiments, etc.), les
transports, l’industrie et l’agriculture.
Pour autant, il reste nécessaire d’intégrer ces différentes actions au sein d’une
­stratégie globale, qui coordonne les acteurs, crée des complémentarités et des synergies,
et permet d’éviter la duplication des efforts. Une telle stratégie représente à la fois la
clé du succès et le défi le plus important de la transition : les logiques sectorielles
doivent être intégrées dans des stratégies transversales ; les réflexions, décloisonnées ;
les efforts de coordination, démultipliés ; l’information, adaptée et communiquée de
façon pertinente.
La mise en œuvre des solutions reposera en grande partie sur le bon sens. Elle
répondra aux multiples enjeux économiques, environnementaux et sociétaux auxquels
nos sociétés sont aujourd’hui confrontées. La transition énergétique doit se fonder sur
une approche globale et systémique impliquant l’ensemble des acteurs et des secteurs
d’usage de l’énergie. Aux regards des défis sans précédent auxquels nous devons faire
face, elle nécessite la redéfinition des paradigmes de consommation et de production
actuels pour passer rapidement de la prise de conscience aux actes concrets, sans oublier
d’intégrer l’indispensable solidarité à mettre en place en tant que partie intégrante de
la solution.

Introduction

Le modèle économique prédominant a longtemps reposé sur un cycle linéaire en
quatre  phases : extraction des matières premières ; production et transformation ;
consommation ; gestion des déchets. Cela dit, les effets environnementaux et climatiques sont devenus, jour après jour, crise après crise, de plus en plus visibles. Désormais,
personne ne peut ignorer la réalité des conséquences présentes et futures de l’utilisation
des énergies fossiles. Cela fait déjà plus de quarante ans que les premières alertes sur les
conséquences prévisibles de notre modèle énergétique ont été lancées. Dès 1972, le

d e

Une prise de conscience déjà ancienne
sur les limites du modèle actuel

P o i n t s

L’humanité a connu, dans son histoire contemporaine, deux transitions énergétiques
majeures. La première est liée à l’exploitation à grande échelle des énergies fossiles, qui
a débuté au 18e siècle avec la révolution industrielle. En se substituant progressivement
aux combustibles traditionnels (bois et charbon de bois), le charbon, le pétrole et le gaz
naturel ont permis des progrès sans précédent dans des secteurs clés tels que l’industrie
et les transports. La deuxième transition a été liée à l’utilisation de l’électricité qui s’est
accompagnée d’avancées technologiques majeures, notamment dans les domaines de
l’informatique et des technologies de l’information et de la communication.
Si ces évolutions ont permis des progrès importants en ce qui concerne la santé,
l’éducation, l’alimentation, la mobilité et le confort, il convient de garder à l’esprit
qu’une part significative de la population mondiale n’a toujours pas accès aux services
énergétiques dits « modernes » et qu’elle est restée ou s’est enfoncée dans des situations
de précarité ou de pauvreté énergétique. Les avancées technologiques et les progrès
réalisés ont par ailleurs plongé les sociétés modernes dans une illusion d’abondance.
L’énergie s’est progressivement dématérialisée et le consommateur, détaché du processus
de production énergétique, n’est aujourd’hui bien souvent réactif qu’au signal-prix,
au-delà de toute autre considération. Pendant ce temps, le coût de l’énergie (aussi bien
en temps qu’en argent) a diminué significativement, et c’est sur cette énergie abondante,
accessible et bon marché que se sont développées les sociétés modernes.

r e p è r e

Un modèle de développement énergivore
et un accès inégal aux services énergétiques

1

P o i n t s

d e

r e p è r e

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

2

rapport intitulé Halte à la croissance (traduction imparfaite du titre anglais The Limits
to Growth) mettait en évidence les limites d’une croissance économique soutenue face
à des ressources finies. La même année était organisé le premier Sommet de la Terre
à Stockholm.
Pour autant, il faudra attendre vingt ans et le troisième Sommet de la Terre, à Rio
en 1992, pour que l’avenir de la planète soit replacé au cœur des enjeux de notre histoire collective. La notion de développement durable est alors introduite, et un plan
d’action pour le 21e siècle – appelé Action 21 – est élaboré. Ce Sommet de Rio marque
également l’adoption par la communauté internationale de la Convention-cadre des
Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Depuis, les instances et
les plans d’action se sont multipliés et les rencontres se sont succédé : Sommets de la
terre, Conférences Climat1, Sommet des Nations-Unies, etc.
Malgré cette mobilisation de la communauté internationale, force est de constater
que notre modèle de développement a montré ses limites et que nos modes de consommation et de production sont la source d’impacts importants sur les ressources naturelles, l’Homme et la planète, et que notre capacité même de survie est remise en
question. Dans ce contexte, l’année 2015 a constitué une année charnière marquée
par l’organisation de trois évènements majeurs du développement et de la lutte contre
les changements climatiques :
• la conférence sur le financement du développement d’Addis-Abeba (Éthiopie),
en juillet ;
• l’adoption des Objectifs du développement durable (ODD), lors du sommet
spécial des Nations Unies à New York en septembre, qui a permis de fixer une nouvelle
feuille de route (prenant la suite des Objectifs du millénaire pour le développement)
pour la période 2015-2030 ;
• l’organisation de la 21e Conférence des Parties signataires de la CCNUCC
(CdP 21), qui a abouti à un accord international historique sur le climat.
Au-delà des effets d’annonce et des engagements pris, l’ère post-2015 va être une
période critique durant laquelle les États devront revoir leurs politiques en fonction des
objectifs définis lors de ces évènements et des Contributions prévues déterminées au
niveau national (CPDN) présentées à la CdP 21.

Une prise de conscience qui reste insuffisante
face aux crises récurrentes
Si la prise de conscience est réelle, les réalisations concrètes restent, pour le moment,
trop limitées comparées aux défis rencontrés. La mauvaise gestion et l’appauvrissement
des ressources naturelles ont conduit à des situations souvent dramatiques, particulièrement pour les populations déjà vulnérables des pays en développement et des pays
dits « les moins avancés ». Dans ces régions, près d’une personne sur cinq disposait


1. Conférences des Parties sous couvert de la CCNUCC.

Introduction

en 2014 de moins de 1,25 dollar par jour2 pour subvenir à ses besoins, et les tensions
et conflits pour s’accaparer des ressources devenues de plus en plus rares se sont renforcés
au cours des dernières années.
Ces situations sont par ailleurs exacerbées par les conséquences du changement
climatique, qui devraient s’accentuer encore dans les décennies à venir, selon le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(GIEC), publié en 2014. Selon les tendances actuelles, le réchauffement des températures moyennes, comparativement à l’ère préindustrielle, pourrait ainsi atteindre de
3,5 °C à 4,5 °C d’ici la fin du siècle, alors que les États se sont engagés à ne pas dépasser
une augmentation de 2 °C pour éviter toute perturbation potentiellement « catastrophique et irréversible ».

En tant que préalable à des interventions efficaces et appropriées, la connaissance et la
compréhension des enjeux, mais aussi des possibilités d’action, sont indispensables.
C’est avec cet objectif que l’Institut de la Francophonie pour le développement durable
(IFDD), organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF),


2. ONU (2014a)

d e

Un guide sur la transition énergétique :
connaître et partager pour agir

P o i n t s

L’énergie est au cœur de tous les enjeux. Seule une profonde transformation des modèles
énergétiques dominants permettra de relever les multiples défis auxquels nous sommes
tous collectivement confrontés. Cela ne peut se faire qu’en s’engageant sur des trajectoires qui répondent à la fois aux enjeux de durabilité et à ceux d’une accessibilité
universelle et équitable. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la plus grande révolution
à laquelle nos sociétés aient été confrontées, qui relève à la fois d’une responsabilité
inter- et intragénérationnelle. Le défi est d’autant plus important que beaucoup de pays
émergents ou en développement sont confrontés à des besoins en forte augmentation,
sous l’effet d’une importante croissance démographique associée à un développement
économique rapide.
Si la transition énergétique peut sembler être une obligation au regard du contexte
actuel, il convient de souligner qu’elle représente également un trésor d’opportunités
pour des sociétés qui vivent actuellement à crédit aux dépens de la planète. Alors que
les défis sont multiples et que les conséquences désastreuses du modèle présent sont de
plus en plus visibles, rien ne serait pire que de céder à l’apparente fatalité. L’histoire de
l’humanité se réécrit tous les jours et les occasions d’agir existent. Si la communauté
internationale se mobilise largement sur ces sujets, des actions pourront être entreprises
à tous les niveaux, dans tous les secteurs et par chacun des acteurs.

r e p è r e

L’énergie au cœur des défis d’aujourd’hui
et de demain…

3

P o i n t s

d e

r e p è r e

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

4

avec l’appui de l’association ENERGIES 2050, a décidé de publier ce guide sur la
transition énergétique.
Le présent guide s’adresse volontairement à un public pluriel et composite qui
comprend les décideurs politiques, mais aussi, plus globalement, l’ensemble des acteurs,
qu’ils soient publics, privés ou simples citoyens. Il s’efforce de présenter un exposé
factuel, pédagogique et pratique de la situation, tout en insistant sur un certain nombre
de concepts nécessaires à la compréhension de l’indispensable transition à mettre en
œuvre. Il se divise en quatre chapitres complémentaires, qui peuvent toutefois être lus
indépendamment, suivant les intérêts et priorités de chacun.
• Le premier chapitre présente la problématique énergétique dans une perspective globale, en décrivant le système énergétique actuel et en mettant en évidence ses
limites au regard des évolutions à venir (partie 1.1). La responsabilité de ce système dans
le phénomène du réchauffement climatique et ses conséquences prévisibles sont soulignées (partie 1.2). Ce chapitre s’attarde enfin sur la nécessité de revoir nos modèles de
fonctionnement au regard des défis collectifs auxquels nos sociétés sont confrontées
(partie 1.3).
• Le deuxième chapitre présente les grands principes et objectifs de la transition
énergétique. Le lecteur découvrira, dans un premier temps, les moyens d’agir sur la
demande en énergie, à travers les notions de sobriété et d’efficacité énergétique (partie 2.1). En tant que pilier incontournable de la transition, les énergies renouvelables
sont ensuite présentées, avec leurs avantages comparatifs et leurs perspectives d’évolution
(partie 2.2). Il s’agira ensuite d’étudier l’indispensable innovation à mettre en œuvre
comme moyen d’accélérer la transition énergétique (partie 2.3). Certaines des mesures
à prendre quant à la gestion des énergies fossiles seront enfin exposées (partie 2.4).
• Le troisième chapitre s’intéresse aux acteurs de la transition énergétique et à
leurs rôles respectifs dans cette transition. La question de la gouvernance internationale
et du rôle des Nations Unies est tout d’abord analysée (partie 3.1), suivie de la place des
États et de la coopération (partie 3.2). Dans ce chapitre, le rôle primordial des gouvernements locaux face aux défis énergétiques et du changement climatique est ensuite
souligné (partie 3.3). L’implication du secteur privé est développée dans la partie 3.4,
qui précède une analyse du rôle et de la place du citoyen dans ce processus global et
universel (partie 3.5).
• Les enjeux et les possibilités d’action propres à chaque domaine de consommation énergétique sont décrits en détail dans le quatrième et dernier chapitre. La
question des villes et de l’urbanisme (partie 4.1) est primordiale, tout comme les thématiques interdépendantes du bâtiment et de la construction (partie 4.2) et des transports
(partie 4.3). Enfin, les possibilités existantes au sein des secteurs industriel (partie 4.4)
et agricole (partie 4.5) sont analysées.
Le présent guide est inévitablement incomplet, car il paraît impossible de synthétiser en quelques pages les siècles d’histoire qui ont été conditionnés par notre rapport
à l’énergie. Celle-ci a été et reste omniprésente dans notre quotidien, et la raconter
revient à relater notre propre histoire passée et présente, mais aussi nos futurs possibles.

Introduction

P o i n t s

d e

r e p è r e

Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel que chacun se réapproprie ce patrimoine
commun et qu’une véritable réflexion collective se fasse au plus vite pour nous engager
résolument, une bonne fois pour toutes, sur des trajectoires de développement sobres
en carbone, respectueuses des ressources naturelles et d’une indispensable solidarité
inter- et intragénérationnelle. Le temps n’est plus au plaidoyer, mais à l’action. Chacun
d’entre nous peut concourir à cette réalité dans son quotidien. L’histoire reste à écrire…
connaître pour agir, voilà l’indispensable premier pas.
Telle est l’invitation à l’action que se propose de partager ce guide, ici et ailleurs,
pour que chacun se réapproprie la question énergétique et se fasse le porte-parole de la
nécessaire transition à mettre en place.

5

Chapitre 1

Énergie, climat et développement,
ou de la nécessité de revoir
notre système énergétique

L’énergie a joué un rôle majeur dans la construction de notre histoire moderne. Elle est
à l’origine, en grande partie, des rapports de forces entre les pays. Malgré une inégale
répartition des réserves de combustibles, notre histoire énergétique reposait, jusqu’à ces
dernières années, sur une énergie accessible et abondante, favorisant une surconsommation que nous pouvons qualifier d’ébriété énergétique. Cependant, ce système trouve
aujourd’hui ses limites face aux besoins d’une population toujours plus importante, qui
ont des conséquences indéniables sur l’environnement et le climat. Les ressources se
raréfient et sont de plus en plus difficiles à mobiliser ; l’accès à l’énergie est très inégal
dans le monde ; l’évolution et la volatilité des prix sont des vecteurs de difficultés

d e

1.1 Un système énergétique obsolète

P o i n t s

énergie a été un facteur déterminant à l’origine du développement des pays industrialisés, dont les modes de production et de consommation dépendent largement
de l’accès à une énergie abondante et bon marché. Les pays en développement, pour
leur part, restent confrontés à un déficit d’accès à une énergie moderne, propre et
durable. Cela constitue un frein considérable à leur croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Actuellement, le système énergétique mondial dépend majoritairement des énergies fossiles, par essence limitées, alors que la demande énergétique ne fait qu’augmenter, notamment en raison d’une croissance démographique mondiale soutenue. Au-delà
de cette pression croissante, le caractère majoritairement carboné de l’offre énergétique
n’est pas sans conséquence sur l’environnement. Les émissions de gaz à effet de serre
générées par la combustion de ces ressources constituent l’une des principales causes du
réchauffement climatique.
Ce modèle n’est pas soutenable, et la transition énergétique apparaît comme une
exigence. Pour autant, il importe de bien comprendre ces différents enjeux et les limites
du système énergétique actuel afin de mieux appréhender les solutions et perspectives
d’action à mettre en œuvre. Ce premier chapitre s’attachera à présenter les grandes
caractéristiques du système énergétique actuel et ses limites (partie 1.1), puis abordera
la problématique du réchauffement climatique et la responsabilité des combustibles
fossiles dans ce phénomène (partie 1.2). Il traitera enfin du rôle de l’énergie dans les
processus de développement, faisant du service énergétique un préalable indispensable
pour répondre aux défis des pays en développement (partie 1.3).

r e p è r e

L’

7

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

économiques dans de nombreux pays. Face à ces constats, chacun s’accorde à dire qu’un
tel système ne peut que conduire vers une impasse en termes de sécurité, de climat et
d’équité sociale. Un changement radical de paradigme paraît dès lors indispensable.

1.1.1 L’ébriété énergétique ou le constat d’une
demande en énergie toujours plus grande
Depuis l’invention de la machine à vapeur au 18e siècle, la consommation mondiale
d’énergie n’a cessé de croître. Les prévisions pour les décennies à venir indiquent que la
courbe de croissance n’est pas près de s’inverser. Principalement soutenue par le développement des pays industrialisés, la croissance de la demande mondiale en énergie
est aujourd’hui surtout le fait des économies en transition. Sachant que les pays en
développement tendent à suivre les mêmes trajectoires, il est certain que seule une
transformation du modèle actuel et de notre rapport à l’énergie pourra freiner cette
consommation et cette soif d’énergie apparemment illimitée.

Figure 1. Évolution de la consommation en énergie primaire selon la source énergétique, 1850-2008

P o i n t s

d e

r e p è r e

1.1.1.1 L’Homme et l’énergie : une histoire ancienne,
un amour devenu schizophrène
Au fil de l’histoire, la progressive maîtrise de l’accès à l’énergie a des liens étroits avec
les grandes étapes de l’évolution des sociétés humaines. De la découverte du feu, il y
a environ 250 000 ans, à la maîtrise récente de l’énergie nucléaire, en passant par
­l’invention de la machine à vapeur puis de l’électricité, les révolutions énergétiques ont
contribué significativement au développement et à la sophistication des civilisations
humaines.
C’est d’ailleurs l’arrivée de la machine à vapeur, inventée par James Watt en 1769
et permettant pour la première fois de convertir une énergie thermique en énergie
mécanique, qui marque le début de l’ère industrielle. La figure 1 met en évidence la
corrélation entre les différentes avancées technologiques et la croissance de la demande
énergétique depuis 1850.

8

Source : ENERGIES 2050, d’après GEA (2012)

Énergie, climat et développement

Jusqu’au milieu du 19e siècle, la biomasse traditionnelle constitue la principale
source d’énergie, mais elle se voit progressivement remplacée par le charbon, marquant
ainsi l’entrée des énergies fossiles dans le bouquet énergétique mondial. Avec l’avènement des transports (maritime, terrestre et aérien), la consommation de pétrole se développe exponentiellement. L’avènement de l’électricité au 20e siècle révolutionne le
secteur énergétique. Grâce à ses nombreux avantages (transport, distribution et utilisation possible dans de nombreux secteurs), cette forme d’énergie s’impose progressivement dans tous les usages : éclairage, production de chaleur et de froid, transport,
industrie, communications… Avec l’électricité apparaissent également de nouveaux
moyens de production d’énergie, tels que les barrages hydroélectriques ou, plus récemment, l’énergie nucléaire, sans oublier le développement des différentes technologies
utilisant des sources d’énergie renouvelables. L’électricité est également à l’origine de la
révolution numérique, avec le développement des technologies de l’information et de
la communication (TIC).

1.1.1.2 Une énergie présente dans tous les secteurs d’usage
L’usage de l’énergie a connu différents stades d’évolution au fil du temps. Employée
depuis des millions d’années à des fins domestiques (se chauffer, cuisiner…), l’énergie
a ensuite joué un rôle prépondérant en se mettant au service du développement de
l’industrie. Elle occupe maintenant une place croissante dans le secteur des transports et, plus généralement, dans l’ensemble des secteurs d’usage (agriculture, industrie,
­bâtiment et environnement construit).
La figure 2 illustre la répartition de la demande énergétique entre les grands
­secteurs de consommation, qui sont, par ordre d’importance : l’industrie, le transport,
le secteur résidentiel et le secteur commercial.

Source : ENERGIES 2050, d’après la base de données disponible sur le site Internet de la US Energy Information
Administration (EIA), consulté en décembre 2014.

d e

Au niveau des prospectives, selon le rapport Energy Outlook 2035 de pétrolier BP,
l’industrie conservera sa première place parmi les secteurs les plus consommateurs et
sera responsable de plus de la moitié de la croissance de la demande énergétique
jusqu’en 2035. Ces estimations reposent notamment sur le rythme sans précédent de

P o i n t s

r e p è r e

Figure 2. Répartition de la consommation énergétique selon le secteur d’usage, 2014 (%)

9

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

l’industrialisation actuelle du continent asiatique. Le secteur du transport connaîtra
quant à lui une croissance stable et représentera 13 % de l’augmentation de la consommation d’énergie. L’agriculture, le secteur résidentiel et les services (représentés dans la
section « Autre » de la figure 3) auront une croissance soutenue, plus particulièrement
au cours de la décennie 2025-20351.
Figure 3. Prévisions de la consommation énergétique, par secteur, jusqu’en 2035 (milliards de tep)

P o i n t s

d e

r e p è r e

Source : ENERGIES 2050, d’après BP (2014b).

10

1.1.1.3 Une demande énergétique qui ne cesse de croître
La consommation mondiale d’énergie finale2 a presque doublé au cours des quatre
dernières décennies, passant de 4 667 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep)
en 1973 à 9 301 Mtep quatre décennies plus tard, selon l’Agence internationale de
l’énergie (AIE)3.
Cette croissance ininterrompue s’explique par plusieurs facteurs. Il s’agit tout
d’abord de la prépondérance accrue de la consommation d’énergie dans tous les secteurs
économiques et plus particulièrement dans l’industrie, qui accompagne le dévelop­
pement des sociétés industrialisées depuis le milieu du 19e siècle. Il s’agit également de
l’amélioration globale du niveau de vie, illustrée notamment par l’usage croissant
­d’appareils électroménagers, par la démocratisation des transports individuels, par
des dépenses de plus en plus importantes dans les services de confort (chauffage,
1. BP (2014b).
2. La consommation d’énergie dite « primaire » est l’énergie totale mesurée au niveau des
ressources brutes, c’est-à-dire les ressources telles qu’on les trouve dans la nature
(pétrole, charbon, gaz naturel, soleil, etc.). Cette énergie est ensuite transformée pour
être utilisable directement par les consommateurs. On parle alors de l’énergie « finale ».
Les pertes entre l’énergie « finale » et l’énergie « primaire » sont liées aux systèmes de
production, de conversion, de transport et de consommation.
3. AIE (2015a).

Énergie, climat et développement

Figure 4. Évolution de la consommation mondiale d’énergie finale, selon le type d’énergie (Mtep)

Source : AIE (2015a).

4. UN (2013).
5. AIE (2015). Chiffres de 2013.
6. négaWatt (2012).

d e

Alors que, globalement la demande énergétique connaît une croissance continue depuis
le milieu du 19e siècle, tous les pays ne jouissent pas d’un accès égal à une énergie
abondante et bon marché. Si, d’un point de vue historique, les pays industrialisés ont
été les plus gourmands en énergie, depuis la fin du 20e siècle, les pays émergents contribuent de plus en plus à la hausse continue de la consommation. Ces disparités qui
s’observent à l’échelle planétaire concernent également l’offre énergétique, avec une

P o i n t s

1.1.2 De la diversité du paysage énergétique
aux tensions géopolitiques

r e p è r e

climati­sation…) et, plus récemment, par l’explosion des technologies de l’information
et des moyens de communication. Enfin, cela s’explique par la croissance démographique : selon les prévisions des Nations Unies, la population mondiale atteindra les
9 milliards d’habitants d’ici 20404, soit environ 28 % de plus qu’en 2012. Sur cette
base, l’AIE prévoit une augmentation de la consommation mondiale en énergie de 16 %
par an actuellement à 34 % en 2040, suivant les politiques qui seront mises en place5.
Dans un manifeste, l’association négaWatt parle d’« ébriété énergétique6 » pour
caractériser l’ivresse dans laquelle nos sociétés, notamment celles des pays développés,
se sont engouffrées. Face à une énergie peu onéreuse et considérée comme abondante,
voire illimitée, la consommation superflue et le gaspillage se sont démultipliés. Cela dit,
derrière ce constat général, la situation énergétique mondiale se compose en réalité
de modèles énergétiques très variées et se caractérise par des tensions géopolitiques
extrêmement fortes.

11

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

P o i n t s

d e

r e p è r e

répartition inégale des ressources et l’accaparement de la majorité de la production par
une minorité de pays. Ce paysage énergétique mondial est à l’origine d’une diversité de
modèles, mais surtout de rapports de force et de situations d’interdépendance très
contrastées entre les pays.

12

1.1.2.1 Une consommation inégale pour des modèles
énergétiques différents
La croissance de la demande énergétique depuis la révolution industrielle a été globalement très importante, mais marquée par une répartition très inégale entre les différentes
régions du globe et à l’intérieur de chaque région. Si l’énergie permet de répondre à des
besoins très variés (besoins domestiques, production industrielle, transports…), il est
clair que ceux-ci varient d’un pays à l’autre, notamment en fonction du contexte historique, social, économique, géographique et culturel de chaque société. Par exemple, un
habitant des États-Unis consomme environ 7 tonnes équivalent pétrole (tep) par an7,
alors qu’un Bengali ne consomme qu’environ 0,2 tep/an.
Dans son ouvrage L’énergie à découvert 8, Patrick Criqui distingue ainsi plusieurs
modèles énergétiques :
• Le modèle énergétique américain se retrouve notamment en Australie ou au
Canada. Ces pays industrialisés présentent une faible densité de population et un accès
à des ressources énergétiques abondantes. La consommation d’énergie est très importante et se caractérise par une forte demande dans le secteur des transports et des
­équipements (automobiles, équipements ménagers ou industriels). Pour ces pays, la
consommation oscille entre 6 et 8 tep/an par habitant.
• Le modèle partagé par l’Europe ou le Japon se caractérise par des ressources
relativement peu abondantes, mais une densité de population plutôt élevée. La consommation énergétique y est deux fois moindre que dans le modèle américain. À titre
d’exemple, en Allemagne, en France et au Japon, la consommation par habitant était
légèrement inférieure à 4 tep/an9.
• Le modèle des pays émergents (notamment les BRICS – Brésil, Chine, Inde,
Russie et Afrique du Sud), qui ont entamé leur développement énergétique plus tardivement, mais rattrapent et même dépassent parfois les niveaux de consommation des
pays les plus développés, laisse subsister de fortes disparités du fait de leur rythme de
croissance plus ou moins rapide et du poids de leur passé. En 2011, un Chinois et un
Brésilien consommaient respectivement 2 tep/an et 1,4 tep/an. Bien que relativement
peu élevés, ces chiffres témoignent d’une évolution rapide, compte-tenu que leur
consommation avoisinait 1 tep/an par habitant au début de ce siècle10.

7. Chiffres de 2011.
8. Criqui (2013).
9. Criqui (2013). Chiffres de 2011.
10. Site Internet de la Banque mondiale, consulté en décembre 2014. Chiffres de 2011.

Énergie, climat et développement

Les pays en développement, quant à eux, pèsent encore très peu dans la demande
énergétique mondiale. Néanmoins, à l’image des pays émergents, ils aspirent à un
niveau de confort équivalent à celui des pays industrialisés, et la trajectoire qu’ils
emprunteront sera déterminante pour l’avenir du système énergétique mondial.

1.1.2.2 La demande énergétique mondiale
en pleine reconfiguration
Depuis quelques années, les pays développés connaissent une stabilisation (voire une
diminution) de leur consommation en énergie, liée d’une part à la mise en place de
politiques respectueuses de l’environnement et, d’autre part, aux impacts de la crise
économique. Ainsi, la croissance de la demande énergétique mondiale est principalement liée aux pays émergents : à titre d’illustration, la Chine représentait en 1973 7,9 %
de la consommation mondiale d’énergie, contre 21 % quarante ans plus tard, devenant
ainsi le plus important consommateur mondial d’énergie11.
Globalement, le graphique ci-dessous illustre le poids croissant des pays non
membres de l’Organisation de coopération et de développement économique
(OCDE)12, qui représentaient seulement 39,7 % de la demande en énergie en 1973 et
dont la part dépasse désormais les 60 %.

11. AIE (2015a)
12. Les pays de l’OCDE : Allemagne ; Australie ; Autriche ; Belgique ; Canada ; Chili ;
Corée ; Danemark ; Espagne ; Estonie ; États-Unis ; Finlande ; France ; Grèce ;
H
­ ongrie ; Irlande ; Islande ; Israël ; Italie ; Japon ; Luxembourg ; Mexique ; Norvège ;
Nouvelle-Zélande ; Pays-Bas ; Pologne ; Portugal ; République slovaque ;
­République tchèque ; Royaume-Uni ; Slovénie ; Suède ; Suisse ; Turquie.

P o i n t s

d e

Source : AIE (2015a).

r e p è r e

Figure 5. Consommation mondiale d’énergie primaire, selon la région du monde, 1973 et 2013 (Mtep)

13

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

Par ailleurs, selon les prévisions du BP Energy Outlook 2035, la consommation
globale d’énergie augmentera de 41 % d’ici 2035, et 95 % de cette hausse proviendra
des pays émergents13. En termes de projections, la figure 6, tirée du rapport Internatio­
nal Energy Outlook de l’AIE, met en évidence le rôle prépondérant pris par les pays non
membres de l’OCDE dans la demande énergétique globale. L’année 2013 confirme le
changement de répartition qui, depuis, ne s’est pas démenti.
Figure 6. Consommation énergétique mondiale, pays membres
et non membres de l’OCDE (« OECD »), 1990-2010 (données réelles)
et 2010-2040 (prévisions) (1015 Btu)

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Source : AIE (2013b).

14

1.1.2.3 Une répartition inégale des ressources
et des zones de production
La diversité du paysage énergétique mondial ne s’observe pas uniquement au niveau de
la consommation, car il existe également des contrastes importants en termes de ressources et de production. La figure 7 fait ressortir une production d’énergie qui se
concentre principalement au niveau de quelques pays.
Les sources d’énergie primaires sont inégalement réparties sur la planète. Ce fait
s’observe tout particulièrement dans le cas des énergies fossiles, à savoir le pétrole, le
charbon et le gaz naturel :
• Pour ce qui est du pétrole, près de trois quarts des réserves mondiales sont
détenues par les pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP)14, selon
la pétrolière BP. Par ailleurs, fin 2012, le Moyen-Orient détenait 48,4 % des réserves
mondiales de pétrole, l’Amérique du Sud et centrale 19,7 %, l’Amérique du Nord
13,2 %, l’Europe 8,4 %, l’Afrique 7,8 % et l’Asie-Pacifique 2,5 %15.

13. BP (2014b).
14. BP (2013a).
15. BP (2013a).

Énergie, climat et développement

Figure 7. Répartition de la production mondiale d’énergie, 2013 (ktep)

Source : Site Internet de la Banque mondiale, consulté en décembre 2014.

Source : ENERGIES 2050, d’après les données de BP (2013a).

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Figure 8. Une répartition inégale des réserves de combustibles fossiles

15

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

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• En ce qui concerne le gaz naturel, près de la moitié des réserves mondiales
sont détenues par seulement trois pays : l’Iran (18 %), la Russie (17,6 %) et le Qatar
(13,4 %)16.
• Enfin, les réserves de charbon se trouvent principalement aux États-Unis
(26,7 %), en Russie (18,2 %) et en Chine (13,3 %)17.
Cette répartition inégale des réserves et des zones de production influence de
manière significative le bouquet énergétique de chaque pays, c’est-à-dire la répartition
entre les différentes sources d’énergies consommées (charbon, pétrole, gaz naturel,
nucléaire, biomasse, hydraulique ou autres sources d’énergies renouvelables). À titre
d’illustration, la Chine, qui détient l’une des plus grosses parts des réserves de charbon,
en est également le plus important consommateur et représente plus de la moitié de la
consommation globale de charbon18.

16

1.1.2.4 La dépendance énergétique des pays consommateurs
La diversité du paysage énergétique mondial et l’inégale répartition des ressources énergétiques sont déterminantes dans les rapports de force entre les pays. La détention des
réserves par une minorité d’États pose la question de la sécurité d’approvisionnement
des pays importateurs nets d’énergie.
Les politiques énergétiques des pays européens sont particulièrement dépendantes
des importations, notamment en provenance de la Russie pour le gaz et de l’OPEP pour
l’approvisionnement en pétrole. D’après l’office de statistique de l’Union européenne
(Eurostat), la dépendance énergétique – c’est-à-dire le rapport entre les importations nettes et la consommation brute d’énergie primaire – des 27 pays de l’Union
européenne est de 53,2 %19. L’ensemble des pays de l’Union avait, cette même année,
un taux de dépendance énergétique positif, y compris le Danemark, jusqu’alors seul
exportateur net de la zone.
Aux États-Unis, environ 14 % de la fourniture nette d’énergie primaire est liée aux
importations. Le pays était également le principal importateur net de pétrole au monde
la même année, devant la Chine et l’Inde20. Sa dépendance aux importations, qui tend
néanmoins à diminuer avec l’exploitation de nouveaux gisements pétroliers et des
gaz de schiste, pourrait totalement disparaître sur le long terme. Selon les prévisions

16. BP (2013a).
17. BP (2013a).
18. ENERGIES 2050, d’après les données de BP (2013a). Chiffres de 2012.
19. Eurostat, http://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/File:Energy_
dependency_rate,_EU-28,_2003%E2%80%9313_(%25_of_net_imports_in_
gross_inland_consumption_and_bunkers,_based_on_tonnes_of_oil_equivalent)_
YB15-fr.png. Chiffres de 2013.
20. AIE (2015a).

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Source : ENERGIES 2050, d’après GEA (2012).

Figure 9. Principaux flux du commerce mondial de l’énergie

Énergie, climat et développement

17

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

de l’AIE, les États-Unis deviendront ainsi le plus gros producteur de pétrole et
­atteindront une situation d’exportation nette en 203021.
La dépendance énergétique rend vulnérables les économies des pays consommateurs, du fait d’une capacité de contrôle très restreinte de ces pays sur les prix de l’énergie. Cela est d’autant plus vrai que la volatilité des prix risque de se faire ressentir encore
davantage dans les années à venir, du fait des contraintes d’épuisement pesant sur les
ressources fossiles même si les nouvelles découvertes vont probablement changer un peu
la donne à court et moyen terme. Les questions d’indépendance et de sécurité d’approvisionnement, d’accès à l’énergie, de compétitivité ou encore de facture énergétique
sont, plus que jamais, au cœur des préoccupations des pays importateurs et de la
­communauté internationale.

1.1.3 Les limites du système énergétique actuel

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Dans un contexte de demande énergétique en perpétuelle croissance, il paraît indispensable de disposer d’un système mondial qui puisse répondre à des besoins grandissants,
de manière équitable et durable, c’est-à-dire sans compromettre la capacité des géné­
rations futures à subvenir à leurs propres besoins dans des conditions décentes et sans
hypothéquer notre système climatique. Quelle que puisse être la lecture que chacun fera
des chiffres, l’unanimité règne à savoir que le modèle énergétique actuel ne permettra
pas de répondre à ces différents enjeux sans une profonde transformation quant au fond
et à la forme.

18

1.1.3.1 Une offre majoritairement carbonée
L’offre énergétique mondiale se caractérise par une forte dépendance aux combustibles
fossiles. Selon des chiffres récents, ceux-ci représentent 87 % de la demande mondiale
en énergie (figure 10). Les subventions accordées aux énergies fossiles sont plus de
quatre fois supérieures à celles qui sont dédiées aux énergies renouvelables : elles représentaient 490 milliards de dollars en 2014, contre 112 milliards de dollars la même
année pour les énergies renouvelables22.
En raison notamment de sa facilité de stockage et de transport, le pétrole est la
première forme d’énergie consommée dans le monde. Cependant, le charbon pourrait
reprendre la place qu’il occupait pendant la première moitié du 20e siècle et redevenir
la source d’énergie la plus utilisée du 21e siècle. Entre 2000 et 2012, la consommation
de charbon a en effet connu une augmentation de 60 %, d’après les données de l’AIE23.
Cette tendance provient des politiques énergétiques des pays émergents, qui contribuent majoritairement à l’accroissement actuel de la demande et qui recourent massivement au charbon. La Chine, par exemple, aujourd’hui devenue le plus gros

21. AIE (2012b).
22. AIE (2015b).
23. Site Internet de l’Agence internationale de l’énergie, consulté en décembre 2014.

Énergie, climat et développement

Figure 10. Consommation mondiale d’énergie selon la source d’énergie, 2013 (%)

Source : ENERGIES 2050, d’après les données de BP (2014a).

consommateur d’énergie au monde, fait appel au charbon pour couvrir près de 70 %
de ses besoins énergétiques totaux24.
Comme le montre la figure 11, le gaz connaîtra cependant la croissance la plus
importante dans les années à venir au niveau de la demande. Selon l’AIE, la moitié de
cette augmentation (jusqu’en 2035) sera couverte par la production de gaz non conventionnels, venant en majeure partie de la Chine, des États-Unis et de l’Australie. La part
relative du pétrole dans la production mondiale d’énergie déclinera dans le même
temps. Au final, les parts du gaz, du charbon et du pétrole seront équivalentes pour
la première fois depuis la révolution industrielle et avoisineront chacune les 27 %.

Source : ENERGIES 2050, d’après BP (2014b).
24. BP (2013a).

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Figure 11. Part des différentes sources d’énergie dans la production
mondiale d’énergie primaire, 1965-2035 (prévisions)

19

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

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Les énergies fossiles resteront donc largement majoritaires en 2035 et produiront à elles
seules 81 % de l’énergie mondiale. La part des énergies renouvelables (dont les bio­
carburants, hors hydraulique) augmentera rapidement, passant de 2 % en 2014 à 7 %
en 2035, tandis que l’énergie hydraulique et nucléaire restera stable. La part des énergies
renouvelables supplantera la production d’énergie nucléaire en 2025 et coïncidera avec
la part de l’énergie hydraulique en 203525.

20

1.1.3.2 Une raréfaction programmée des ressources
Alors que la demande énergétique, qui ne cesse de croître, est couverte à 80 % par
des ressources fossiles, la question de la disponibilité des ressources sur le long terme
reste posée. Celle-ci dépend principalement de deux facteurs : d’une part, l’évolution de
la consommation énergétique mondiale dans les prochaines décennies ainsi que la
conjonction de conditions économiques ; d’autre part, d’éventuels progrès techniques
pouvant permettre d’accéder à de nouvelles ressources inexploitables jusqu’alors.
Selon les prévisions de BP, les réserves prouvées de pétrole permettraient de couvrir
environ 50 ans de production mondiale et celles de gaz naturel, aux alentours de 55 ans.
Quant aux réserves de charbon, elles se situeraient aux alentours de 110 ans26. Cependant, les énergies fossiles non conventionnelles telles que les sables bitumineux ou les
gaz de schiste repoussent les échéances auxquelles le monde est confronté. Selon l’AIE,
en comptant les réserves de gaz non conventionnel estimées, la disponibilité du gaz
naturel pourrait couvrir 220 ans de consommation, si on se base sur les chiffres actuels
de la demande énergétique.
À ce stade, il est essentiel de rappeler que les chiffres et les stocks disponibles de ces
formes d’énergie sont mentionnés ici au-delà de toute considération environnementale,
sanitaire ou climatique. Ces différents points seront abordés ultérieurement.
Quoi qu’il en soit, la raréfaction des ressources à court et moyen termes est inévitable et le système énergétique actuel risque de conduire à des situations de plus en plus
délicates. Alors que le monde fait l’expérience d’une compétition sans précédent pour
accéder à des ressources devenues rares, il est indéniable que la contrainte de disponibilité des ressources fossiles mènera à de fortes tensions géopolitiques, sauf si les énergies
renouvelables prennent enfin l’envol que chacun d’entre nous attend. De plus, les problèmes d’approvisionnement énergétique auront d’importantes conséquences sur la
situation économique des pays importateurs.
Malgré ce constat inquiétant, les préoccupations actuelles des gouvernements
semblent davantage porter sur les questions d’approvisionnement et d’exploitation de
ressources fossiles que sur la problématique du développement des énergies de substitution, qui constituent pourtant la véritable réponse aux défis énergétiques futurs.

25. BP (2014b).
26. BP (2014a).

27. Labrousse (2006).

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1.1.3.3 Un système énergétique très centralisé
Le système énergétique dominant est caractérisé par un éloignement entre les centres
de production et de transformation de l’énergie et les zones de consommation. Cette
architecture centralisée s’observe aussi bien à l’échelle planétaire, avec la mondialisation
des grandes filières énergétiques et l’appropriation de l’offre énergétique par une minorité de pays, qu’à l’échelle nationale, à l’intérieur des pays. D’une manière générale, une
production importante d’énergie est localisée au niveau de centrales électriques, et
l’électricité est acheminée par un réseau de lignes de transport de différents voltages
permettant la distribution jusqu’au point de consommation. La généralisation de l’électricité, l’urbanisation et l’intérêt des économies d’échelle ont contribué à l’apogée de ce
système vers la fin du 20e siècle, freinant le développement des systèmes locaux de
production et reléguant le client au bout de la chaîne de consommation, sans aucune
emprise sur l’offre énergétique.
Malgré une augmentation des systèmes de production décentralisés et le développement continu des énergies renouvelables, le caractère centralisé de l’approvisionnement énergétique reste dominant au niveau mondial. Pourtant, il présente de nombreux
défauts, qu’il s’agisse des coûts élevés nécessaires à la maintenance de grosses infrastructures, des importantes pertes énergétiques liées à l’acheminement de l’électricité sur
de grandes distances ou encore des risques liés à l’instabilité et à la vulnérabilité des
centrales en cas d’évènements imprévus (météo, terrorisme, approvisionnement). Par
ailleurs, le développement des réseaux de transport et de distribution de l’électricité se
heurte à des obstacles, tant dans les pays développés que dans les émergents :
« Au Nord, les investissements très importants, les contraintes climatiques, l’épui­
sement des ressources fossiles, l’opposition des populations à l’implantation d’infra­
structures de production et de transport d’énergie, rendent de plus en plus difficile
l’extension des systèmes centralisés, par ailleurs mal adaptés à la valorisation des
énergies renouvelables.
Au Sud, tout particulièrement en Afrique subsaharienne, mais aussi dans cer­
taines régions d’Asie et d’Amérique latine, la conjugaison d’un grand retard dans
le développement économique et technologique et une très forte croissance démo­
graphique rendent illusoire la couverture énergétique “conventionnelle” du territoire
national (électricité et gaz en réseaux, carburants) dans un délai raisonnable 27. »
Ceci étant, bien que le déploiement de systèmes énergétiques décentralisés apparaisse comme une nécessité, les centrales électriques de grosse capacité restent pertinentes dans certains contextes, notamment au regard des économies d’échelle qu’elles
permettent et de l’urbanisation qui continue de progresser dans le monde. Il faudra
cependant tendre vers une meilleure intégration entre systèmes décentralisés et centralisés afin de répondre à la diversité des besoins énergétiques d’un territoire donné, dans
une logique de développement soutenable.

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Énergie, climat et développement

21

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

1.2 L’énergie au cœur de la problématique
du changement climatique
Outre les enjeux d’une population grandissante et d’une répartition inégale des ressources, nos sociétés doivent également faire face à la nécessité de limiter l’utilisation
des combustibles fossiles au regard des conséquences pour notre système climatique. En
effet, l’influence de l’Homme sur le climat est clairement établie28. Elle est liée, en grande
partie, aux émissions de gaz à effet de serre générées par notre modèle énergétique.

1.2.1 Une responsabilité sans équivoque
dans le réchauffement climatique

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Cela fait désormais plus de 40 ans que la communauté internationale se mobilise autour
du phénomène du réchauffement climatique avec notamment la mise en place, en 1992,
de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Les avancées n’ont cependant pas été à la hauteur des enjeux. Selon le dernier rapport
du GIEC, la hausse des températures moyennes entre la période 1850-1900 et la
période 2003-2012 a été de 0,85 °C29, une hausse dont l’origine anthropique est « extrêmement probable » (probabilité supérieure à 95 %), toujours selon le même rapport.

22

1.2.1.1 Du principe de l’effet de serre
au réchauffement climatique
L’effet de serre est un phénomène physique naturel qui est nécessaire au développement de la vie sur Terre, faute de quoi les températures sur notre planète seraient
constamment et fortement négatives (aux alentours de –19 °C en moyenne). L’effet de
serre se produit à travers une couche de gaz naturellement présents dans l’atmosphère
terrestre, les gaz à effet de serre (GES), dont les principaux sont la vapeur d’eau, le
dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote. Cette couche retient une partie
de l’énergie solaire qui atteint notre planète en permanence sous la forme de rayonnement ultraviolet (UV) et qui en repart sous la forme de rayonnement infrarouge (IR)
(figure 12).
Lorsque le rayonnement solaire atteint l’atmosphère terrestre, une partie (environ
28 %) est directement réfléchie vers l’espace. Les rayons incidents qui n’ont pas été
réfléchis sont absorbés par l’atmosphère (21 %) ou par la surface terrestre (51 %). La
partie du rayonnement absorbée par la surface lui apporte de la chaleur, autrement dit
de l’énergie thermique, qu’elle restitue à son tour en direction de l’atmosphère sous
forme de rayons infrarouges. Une partie de ces rayons infrarouges traverse l’atmosphère,
mais l’essentiel est absorbé et réémis par les molécules de GES. Ceci a pour effet de
réchauffer l’atmosphère ainsi que la surface de la Terre.

28. GIEC (2013a).
29. GIEC (2013a).

Énergie, climat et développement

Figure 12. Principe de l’effet de serre

Source : Portail CEA, droits CFA/DCOM, disponible sur http://portail.cea.fr/comprendre/Pages/climat-environnement/
questions-sur-l-effet-de-serre.aspx?Type=Chapitre&numero=1.

Si ce phénomène se produit donc naturellement, on relève néanmoins depuis plus
d’un siècle des anomalies et un réchauffement accéléré des températures moyennes à la
surface terrestre, qui ne peut que s’expliquer que par l’augmentation de la concentration
des GES dans l’atmosphère (figure 13).

Source : GIEC (2013a).

P o i n t s

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Figure 13. Anomalies observées de températures moyennes en surface,
combinant les terres émergées et les océans, 1850-2012

23

La transition énergétique : connaître et partager pour agir

1.2.1.2 Des teneurs en CO2 inédites depuis des millénaires
La Terre a toujours connu des variations climatiques importantes, caractérisées par des
cycles de périodes glaciaires (périodes de glaciation) et interglaciaires (périodes de
réchauffement) d’environ 100 000 ans. L’analyse des glaces polaires a permis de relever
une étroite corrélation entre températures et les teneurs en CO2 au cours de ces
­différents cycles (figure 14).
Figure 14. Variations du deutérium (δD) – qui est un indicateur pour la température –
et des concentrations atmosphériques en dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4)
et protoxyde d’azote (N2O) depuis 650 000 ans

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Source : GIEC (2007).

24

Cela dit, même si les variations climatiques naturelles existent depuis des millénaires,
les observations témoignent d’une évolution récente anormale au regard de son intensité
et de sa rapidité. Dans son dernier rapport, le Groupe intergouvernemental d’experts
sur le climat (GIEC, voir l’encadré 1) souligne que « depuis les années 1950, beaucoup
de changements observés sont sans précédent depuis des décennies voire des millénaires30 ».
Selon le GIEC, afin de pouvoir maintenir la hausse des températures en deçà de
2 °C d’ici 2100 (objectif fixé dans le cadre de la CCNUCC), les émissions cumulatives
de carbone émises depuis 1870 ne devraient pas dépasser 2 900 Gt CO2.
Sachant qu’environ 1 900 Gt CO2 ont déjà été émises, il nous resterait donc
autour de 1 000 Gt CO2 de budget carbone. Or, selon les rapports du GIEC, les
réserves prouvées d’énergies fossiles actuelles représenteraient potentiellement des émissions estimées à 3 670 à 7 100 Gt de CO2. Cela signifie qu’au minimum, les deux tiers
des énergies fossiles disponibles doivent rester inexploités dans le sol afin d’éviter des
dérèglements irréversibles.
30. GIEC (2013a).

Énergie, climat et développement

En pratique, les observations actuelles montrent que les concentrations atmosphériques de CO2 se situent largement en dehors de l’intervalle de fluctuation observé
jusqu’alors. Alors que pendant près de 8 000 ans avant l’ère industrielle, les variations
de concentrations atmosphériques de CO2 ne dépassaient pas les 10 parties par million
(ppm), celles-ci sont passées d’une valeur préindustrielle de 280 ppm à 379 ppm en
200531 et à plus de 400 ppm aujourd’hui32. Ces anomalies s’observent également pour
d’autres gaz à effet de serre, comme le méthane et le protoxyde d’azote (figure 15).
Figure 15. Évolution des teneurs en dioxyde de carbone (CO2), en méthane (CH4)
et en protoxyde d’azote (N2O) depuis 2 000 ans

31. GIEC (2007).
32. GIEC (2013a).
33. GIEC (2013a).

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1.2.1.3 L’origine anthropique du réchauffement climatique
et le rôle majeur des combustibles fossiles
Depuis la publication du premier rapport d’évaluation sur le climat par le GIEC
en 1990, les sources et les données scientifiques se sont multipliées et les dispositifs
d’analyses ont gagné en performance. L’origine anthropique des changements climatiques observés est devenue de plus en plus évidente, comme l’indique le GIEC dans
son dernier rapport : « On détecte l’influence des activités humaines dans le réchauffement
de l’atmosphère et de l’océan, dans les changements du cycle global de l’eau, dans le recul des
neiges et des glaces, dans l’élévation du niveau moyen mondial des mers et dans la modifica­
tion de certains extrêmes climatiques. On a gagné en certitude à ce sujet depuis le quatrième
Rapport d’évaluation. Il est extrêmement probable que l’influence de l’homme est la cause
principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle33. »

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Source : GIEC (2007).

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