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Nom original: Le Messieu dans la littérature biblique et rabbinique.pdfTitre: LE MESSIE DANS LA LITTÉRATURE BIBLIQUE ET RABBINIQUEAuteur: Jean-Yves Legouas

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2017

LE MESSIE DANS LA
LITTÉRATURE BIBLIQUE ET
RABBINIQUE
JEAN-YVES LEGOUAS

PRESENTATION.
La notion de Messie, bien que purement juive à l’origine, a connu, et continue à connaitre,
pour parler « moderne », un engouement qui ne se démentit pas.
Le concept Messianique, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, n’est pas universel, même
s’il est présent dans un certain nombre de traditions. Il en est ainsi, par exemple, du
bouddhisme, dans sa forme méga-véhiculaire, où les boddhisattvas, arrivés à leur pénultième
incarnation, en renonçant à bénéficier du salaire que leur vaudraient leurs mérites - à savoir
l’accès à l’illumination suprême – appliquent ceux-ci au profit de l’humanité. L’Islam shiite,
avec son attente du retour en gloire de l’Imam disparu, constitue un autre exemple de
messianisme. Quant au christianisme, il n’est peut-être pas exagéré de dire qu’il a fait du
messianisme le concept central de sa théologie. Remarquons cependant que, dans le cas du
christianisme, et sans doute un peu moins du shiisme, les emprunts au judaïsme sont évidents.
En revanche, les religions de la Grèce classique, pas plus que le brahmanisme, le taoïsme, et
nombre d’autres systèmes religieux très élaborés, ne contiennent aucun élément qui puisse
s’identifier, de près ou de loin, au messianisme.
Il ressort clairement de cette brève et nécessairement trop schématique introduction que le
messianisme, tel que nous l’entendons de nos jours, exprime l’idée de la venue, et/ou du
retour, d’un personnage, pas nécessairement divin, mais toujours exceptionnel, dans un futur
proche ou lointain, qui rétablira l’humanité, dans son intégralité ou pour une partie spécifique
de celle-ci, dans les valeurs idéales qui étaient les siennes avant l’ère actuelle. En d’autres
termes, le concept Messianique recouvre des dimensions eschatologiques et sotériologiques.
Maimonide, dans ses Treize Articles de foi, est à la fois très clair et très émouvant sur ce
sujet : « Je crois, d’une foi totale, en la venue du Messie, et bien qu’il tarde, je l’attends
chaque jour ».
Méthodologie générale. Recherche et présentation des textes.
Le modeste chercheur, vivant loin des grandes bibliothèques, générales ou spécialisées, doit
essayer de pallier ce manque d’accès direct au savoir par d’autres moyens. L’université de Bar
Ilan, à Tel Aviv, publie depuis de nombreuses années (ils en sont aujourd’hui (2017) à la
version no. 24 !) un CD-ROM intitulé Responsa, qui constitue un véritable trésor, avec
littéralement des centaines de textes (en hébreu et araméen seulement) appartenant à la
littérature rabbinique. L’immense majorité des documents ayant été nécessaires à mes travaux
se retrouvent sur le CD, en même temps que nombre d’autres. Des algorithmes puissants
permettent d’effectuer des recherches très facilement.
Les textes offerts par le CD-ROM de Bar Ilan étant en « version originale », il a naturellement
fallu les traduire. Bien que j’aie assumé la totalité de la traduction des extraits présentés ici, je
me suis appuyé, chaque fois que cela était possible, sur des traductions déjà existantes, que je
mentionne en regard de chacun des textes étudiés.
Je signalerai néanmoins, dans le cas qui nous intéresse ici, quelques particularités. La
première est que le mot Messie en hébreu, ‫( משיח‬Mashiaḥ), signifie littéralement oint, marqué
avec l’huile d’onction. Cette introduction ne prétend pas déflorer les fondamentales inférences
que cela peut avoir sur la notion même de ce que nous appelons de nos jours le messianisme,
influencés, - quelquefois innocemment - par le christianisme. Il n’en reste pas moins qu’il
nous faut dès maintenant faire des choix dans les textes présentés plus loin. C’est ainsi que,

1

dans le but de nous limiter à ce qui est déjà un corpus très large, nous avons décidé de ne pas
reproduire les textes faisant allusion au Prêtre (Cohen) oint (‫)הכהן המשיח‬, alors qu’il est bien
connu que les rois et certains prêtres servant au Temple recevaient l’onction au moment de
leur ordination. Par ailleurs, certains homonymes peuvent aisément tromper. Ainsi, le mot
conversation (Siḥah) (‫)שיחָ ה‬,
ִׂ peut donner ‫( משיחין‬Mesiḥin Ils conversent), qui n’est
évidemment pas un pluriel de Messie. Egalement trompeur est le mot ‫( משיחה‬Meshiḥah), qui
signifie une corde ou un bandeau. La seule façon de faire la différence entre ces divers sens
est souvent de traduire tous les extraits proposés par l’algorithme de recherche, et d’éliminer
les sens parasites mentionnés ci-dessus.
En ce qui concerne les lettres gutturales, dans la totalité de cet ouvrage, le H majuscule pointé
(Ḥ) et le h minuscule pointé (ḥ) seront l’équivalent de la gutturale hébraïque Ḥeth (‫)ח‬. Les
lettres KH (ou kh) correspondront au Khaf intermédiaire ou final (‫ כ‬ou ‫ )ך‬et K (ou k) pour Kaf
(‫ )ּכ‬ou Kouf (‫)ק‬. Par ailleurs, Thav (‫ )ת‬et Tet (‫ )ט‬sont uniformément rendus par T (ou t) en
milieu de mot, alors que ‫ ת‬est transcrit Th en fin de mot. J’en demande pardon aux linguistes.
J’ai néanmoins respecté l’orthographe usuelle pour les noms très connus. J’ai ainsi écrit
Kehath au lieu de Kohath, Nathan et non Natan, etc. Quant aux semi-gutturales, Aleph (‫ )א‬est,
en principe, transcrit au moyen d’une simple voyelle, et ‘Ayin (‫ )ע‬par un redoublement de
voyelle, souvent précédé par une apostrophe (‘).
J’ai néanmoins, là aussi, respecté l’orthographe usuelle pour les noms très connus. J’ai, par
exemple, employé Judah pour faire allusion à la tribu éponyme ou à son territoire, et Yehudah
pour le prénom.
Certains mots se terminant par un Hé en hébreu (‫)ה‬, se terminent en ah dans leur transcription.
Cependant, dans leur forme araméenne, concurremment utilisée dans bien des textes, ils se
terminent par un Aleph (‫)א‬, et se terminent donc par a dans leur transcription. Ceci explique
certaines différences d’épellation dans les textes proposés.
Le problème propre à l’hébreu étant qu’il n’existe pas de transcription officielle et universelle
en lettres latines (A la différence, par exemple du Pin Yin pour le Mandarin, adopté par la
Chine continentale, et aujourd’hui accepté par la quasi-totalité des transcripteurs), on trouve
souvent les mêmes mots hébreux transcrits de façons différentes (Par exemple, u en anglais
est souvent transcrit ou en français). J’ai essayé de me tenir à une forme unique de
transcription pour les noms propres, mais je ne puis garantir d’avoir partout réussi. J’en
demande d’avance pardon au lecteur.
Pour la plupart des citations bibliques, j’ai utilisé le CD-ROM Bibleworks (Version 10, 2016),
qui est un monument du genre et contient des traductions de la Bible en de très nombreuses
langues. J’ai employé en priorité, la traduction œcuménique de la Bible disponible sur ce
programme (TOB, 1988) pour la traduction du Tanakh, en apportant çà et là, quelques
variations, notamment en ce qui concerne les noms propres et les noms divins.
J’ai d’ailleurs, tout au long du texte, toujours utilisé le tétragramme YHVH pour rendre le mot
‫ יהוה‬qui a donné naissance au concept Yahviste, mais dont la prononciation n’a jamais été
prouvée. Je l’utilise également pour rendre le '‫ ה‬et le '‫ יי‬des textes en hébreu. Concernant la
traduction des Noms divins, j’ai choisi de traduire le mot ‫( מקום‬Makom) par Omniprésent1. La
signification littérale du mot est Endroit ou Place, mais dans les textes rabbiniques, ce mot
1

Cf. The Sages, E. Uhrbach, Harvard, 1979, pp. 72-77.

2

désigne toujours l’Eternel2. ‫( אדון‬Adon) ou ‫( אדוני‬Adonaï) est rendu par Seigneur. Enfin, ‫אלהים‬
(Elohim) est traduit par D.ieu, qui est une graphie délibérément employée pour ne pas
choquer les lecteurs Juifs pratiquants.
Dans le Talmud et, par extension, dans de nombreux textes rabbiniques, les mots entre
(parenthèses) sont, en général douteux et, suivant certaines sources, devraient être supprimés.
Inversement, les mots entre [crochets] dans le texte hébreu, représentent une addition au texte
originel, suivant certains textes anciens tels que des manuscrits. Nous avons conservé, autant
que possible, ces deux formes dans les traductions. Pour faciliter la compréhension d’un texte,
nous avons quelquefois été amenés à ajouter des mots entre [crochets] dans le texte français.
Ces crochets sont évidemment absents du texte hébreu dans ce cas.
Le choix des textes.
La littérature rabbinique est une immense mine de connaissances, et son exploitation, même
dans un cadre restrictif, deviendrait très vite impossible. Il m’a donc fallu poser quelques
critères relatifs à l’utilité d’un écrit dans le cadre de la présente étude.
Il m’est vite apparu qu’il n’y avait guère d’autre solution que de rechercher pas à pas dans un
choix d’ouvrages appartenant à l’abondante littérature rabbinique, c’est à dire la Bible, la
Mishnah, la Tossefta, le Talmud de Jérusalem, le Talmud de Babylone, les Massekhtoth
Ketanoth, le Midrash Halakhah, et le Midrash Aggadah, les allusions spécifiques au
Messie, de les traduire, et d’en tirer les enseignements permettant d’alimenter notre recherche.
L’utilisation des moyens informatiques modernes s’est avérée, comme expliqué ci-dessus,
indispensable, surtout si l’on pense que l’ensemble des textes faisant mention du Messie
relevés et présentés ci-dessous tient sur plus de 550 pages (avec leur traduction, il est vrai), ce
qui représente plus de 1200 extraits, dont la longueur varie de trois à une vingtaine de lignes
pour le texte hébraïque.
Le critère principal est évidemment l’intérêt que peut présenter le document considéré, pour
notre recherche. Les autres critères sont, en général, la date attribuée au texte, son ou ses
auteurs, et, bien sûr, le lien éventuel entre le Messie et le sujet dont il traite. Rien là que de
très classique !
L’ordre de présentation de ces divers ouvrages dans cette étude ne suit pas leur séquence
chronologique de parution, car cela aurait eu parfois des conséquences un peu déroutantes,
comme, par exemple, de décomposer le Midrash Rabbah, dont les diverses parties ont été
rédigées à des dates très différentes. Nous avons donc ici suivi la prudence, en suivant
simplement l’ordre de présentation des textes du CD-ROM de Bar Ilan et du livre Midreshei
Geullah.
La difficulté réside, comme toujours, dans les détails. Outre le fait que la datation des textes
est parfois vague, et que les véritables auteurs en sont souvent introuvables, cachés par
exemple sous le nom d’un personnage plus prestigieux qu’eux-mêmes3, il faut avouer que
Ce terme a donné naissance à un étrange phénomène. En langage courant, la ville d’Amsterdam est souvent
appelée Mokum par ses habitants. Il s’agit là de la prononciation ashkénaze de Makom. Peu de citoyens de cette
grande ville hollandaise savent qu’elle doit ce nom au parler des anciens habitants de l’ancien quartier juif, pour
la plupart disparus depuis les rafles allemandes de la seconde guerre mondiale.
3
C’est le principe des pseudépigraphes. Dans d’autres cas, un compilateur se chargera de rassembler les paroles
de nombreux contributeurs. C’est le cas bien connu de Rabbi Yehudah HaNassi pour la Mishnah.
2

3

l’éventail des sujets traités peut largement varier dans un même document (C’est notamment,
mais pas seulement, le cas des Traités talmudiques), ce qui entraine, sur un plan pratique, que
la longueur des extraits publiés varie largement d’un texte à l’autre. Il m’a semblé qu’il était
parfois intéressant d’en donner le Sitz im Leben en incluant ce qui précède ou suit la partie du
document purement relative au Messie, et qui en rehausse le sens. Cela ne m’a cependant pas
paru toujours nécessaire. En un mot comme en cent, j’assume pleinement la taille des extraits
proposés.
Note importante : Le travail proposé ici est uniquement basé sur les allusions expresses au
Messie. En d’autres termes, nous ne citerons pas ici les allusions implicites, c’est-à-dire là où
le terme Messie n’est pas directement employé. Il ne s’agit évidemment pas de diminuer
l’importance de ces dernières, mais, étant donnée la longueur du présent travail, il aurait été
difficile de faire autrement.

4

INTRODUCTION GENERALE.
L. Ginsberg a noté, un peu abruptement, que “(Messianism) is a strictly post biblical
concept …One can, therefore, only speak of the biblical pre-history of Messianism”4. Certains
auteurs, Juifs et Chrétiens, font cependant remonter les origines du Messianisme au berceau
de l'histoire du peuple hébreu.
L’emploi rabbinique du terme Messie, considéré comme un successeur légitime de David,
dans un Israël rétabli, est une preuve que la tradition a pris le pas, à cette époque, sur
l’Ecriture, en particulier prophétique, dans la formulation de la doctrine. En effet :
 Pendant et après les guerres romaines, l’attente de l'arrivée du Messie a éclipsé tout
autre aspect de la croyance religieuse.
 En second lieu, les changements favorables espérés dans l'avenir ne sont pas présentés,
chez les Prophètes, comme faisant partie d'un processus lié à la venue du Messie, mais
plutôt comme des événements souhaitables destinés à se produire un jour.
 Troisièmement, le Messie fils de Joseph, sur lequel nous reviendrons, est inconnu des
Prophètes.
 Quatrièmement, la pratique - ou l’interdiction - du calcul de l'année de la délivrance
est une caractéristique propre aux Sages du Talmud et, plus tard, des autorités
médiévales. Elle n’est observée qu’une fois dans l’Ecriture, en Daniel 9:24-265, qui
semble avoir réellement essayé de découvrir la date de l’apocalypse.
La doctrine Messianique dans le Talmud.
Avant de commencer l’étude de cette doctrine, il importe d’avoir à l’esprit l’opinion de G.
Scholem6 sur le Messianisme, dans lequel il distingue un courant restaurateur et un courant
utopique. Ces deux courants se croisent en permanence, prenant tour à tour le dessus dans les
discussions des Sages. Les éléments bibliques de la croyance au Messie ont été revitalisés par
le long et fatidique combat entre la Judée et Rome. La perte du Temple et du Pays, la
dispersion du peuple, ainsi que l’occultation de la légitime lignée de David, ont accentué
l’importance de certaines des croyances préexistantes relatives au Messie et ont facilité
l’éclosion de nouveaux éléments. Selon une tradition largement répandue à l’époque, Rome
était le quatrième et dernier empire à avoir imposé son joug à la Terre d’Israël.
Fort de cette idée, le peuple attendait ardemment l'accession d’Israël à la primauté dans le
monde ou, au moins, à sa vie sans ennemi. Il était convaincu que celui qui avait amené toute
ces calamités sur ce Peuple, lui apporterait finalement tout le bien nécessaire.

Le Messianisme est un concept strictement postbiblique … On ne peut donc parler que de la préhistoire
biblique du Messianisme.
5
24 Il a été fixé soixante-dix septénaires sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser la perversité et
mettre un terme au péché, pour absoudre la faute et amener la justice éternelle, pour sceller vision et prophète et
pour oindre un Saint des Saints.
25 Sache donc et comprends : Depuis le surgissement d'une parole en vue de la reconstruction de Jérusalem,
jusqu'à un Messie-chef, il y aura sept septénaires. Pendant soixante-deux septénaires, places et fossés seront
rebâtis, mais dans la détresse des temps.
26 Et après soixante-deux septénaires, un oint sera retranché, mais non pas pour lui-même. Quant à la ville et
au sanctuaire, le peuple d'un chef à venir les détruira ; mais sa fin viendra dans un déferlement, et jusqu'à la fin
de la guerre seront décrétées des dévastations (Dan. 9:24-26 TOB).
6
“Le Messianisme Juif”, p. 105, Op. Cit.
4

5

Presque à chaque instant de l'histoire d'Israël, quelques âmes justes ont cru discerner la
présence d'un sauveur, d’un Messie. Pour Isaïe, par exemple, Ḥizkiyah (Ezéchias) était celui
que l’Eternel avait désigné. Aggée et Zacharie l'ont vu en la personne de Zorobabel. R.
Yoḥanan b. Zakkaï croyait que la rédemption était imminente, comme le montre la demande
qu’il fit à son élève, au moment de sa mort, « Préparez un trône pour Ḥizkiyah, fils de David,
qui est va venir sous peu »7. On peut de même estimer que les combats des Macchabées ont
eu, à l’époque, une résonance Messianique indéniable.
Certaines décisions halakhiques des Tannaïm reposent sur la ferme conviction que l'ordre
originel disparu se trouverait restauré immédiatement. Le drame de R. Akiva en +135, est
significatif de l'urgence et de la réalité de son attente du rédempteur, lui qui avait fondé tous
ses espoirs sur Bar Kokhba8, le libérateur longtemps attendu, duquel il espérait qu’il
précipiterait la chute de l'empire romain et le retour d’Israël à la souveraineté. Cet épisode
jette une lumière crue sur la position traditionnelle des pharisiens de l’époque, pour qui le
Messie devait être purement humain.
Le Talmud est une source fondamentale d’idées et de débats concernant la venue du Messie.
Il n’en reste pas moins qu’en dépit de la quantité de textes afférents, il apparaît impossible d’y
trouver des doctrines eschatologiques clairement définies. Ceci peut s’expliquer de plusieurs
manières. Tout d'abord, parce que le Talmud est une compilation, réalisée par des disciples de
différents types, à différentes époques, et dont le contenu est, par conséquent varié et
quelquefois contradictoire. En second lieu, parce qu'en projetant un futur idéal, l'imagination
de Sages d’une haute spiritualité, vivant à une époque tourmentée, s’est spontanément
enflammée. Enfin, rappelons que l'histoire du Messie appartient à la partie aggadique du
Talmud, qui, à la différence de la Halakhah, n'a pas à suivre une précision parfaitement
logique, et ne cherche pas à établir une norme quelconque. Une grande partie du Messianisme
rabbinique est dérivée de l’Ecriture à travers la méthode exégétique du derash, qui constitue
en fait une interprétation très libre de celle-ci. Bien que la notion de venue du Messie ait été
incorporée au rituel quotidien et, par conséquent, reconnue comme une croyance bien fondée,
elle n’en fut pas moins traitée comme faisant partie de la Aggadah. Cette liberté relative a
d’ailleurs permis d’exprimer un certain nombre d’affirmations étranges. Les maîtres les plus
rationnels ont cependant perçu la nature illogique de la situation, et se sont élevés contre ces
conceptions eschatologiques fantastiques, en conséquence de quoi, ceux-là même qui se
livraient à ces conjectures se sont rendu compte que la foi dans la rédemption restait la chose
principale, et non pas ses améliorations dérivées.
Les temps et l’âge Messianiques.
Au fil des ans, une douzaine de périodes différentes concernant la durée de l’Age
Messianique, allant de 40 à 7000 ans9, furent évoquées. La question fondamentale pour les
Maîtres restait cependant la datation de la « fin ». « Quand viendra-t-il ? ». Il existait deux
théories concurrentes. D'un côté, la venue était conçue comme dépendant d’Israël, de l'autre
7

TB San. 94a. Le caractère politique de cette espérance apparaît en TB San. 96b, où le Messie est appelé "bar
Nafle" faisant référence à Amos 9:11. R. Pataï (The Messiah texts, Detroit, 1988) suggère un jeu de mots sur le
mot grec "νεφέλη", qui signifie « nuage », et le relie à Daniel, 7:13 : « Je regardais dans les visions de la nuit, et
voici qu'avec les nuées du ciel venait comme un Fils d’Homme ; il arriva jusqu'au Vieillard, et on le fit
approcher en sa présence ». (Egalement cité par J. Sarachek, « The doctrine of the Messiah in Medieval Jewish
Literature »).
8
TJ Taanith 4, 5.
9
TB Sanh. 97a, 99a.

6

comme commandée par l’Eternel. Dans le premier cas, la rédemption viendrait comme
récompense envers les mérites du peuple, et dès qu’Israël se serait dûment repenti, celle-ci se
produirait10. Dans l'autre cas, tout dépend de D.ieu. C’est Lui qui a établi le décompte par
années, et quand l’année de la rédemption viendrait, celle-ci se produirait
immanquablement11 : R. Yossi entra dans une grotte et y trouva un livre qui était coincé dans
une fissure de la roche, au fond de la grotte. Il le rapporta et quand il l'ouvrit, il vit les formes
des soixante-douze lettres qui ont été données à Adam le premier homme, et grâce auxquelles
Adam connaissait toute la sagesse des Etres Saints célestes et de tous ceux qui [sont assis]
derrière les meules qui tournent derrière le Voile des Lumières Célestes. Ils [connaissaient]
toutes les choses qui devaient se passer dans le monde, jusqu'au jour où un nuage qui se
trouve sur le côté de l’Ouest surviendrait et projetterait des ténèbres sur le monde. R. Yossi
appela R. Yehudah, et ils commencèrent à étudier le livre. Mais dès qu'ils eurent étudié deux
ou trois pages de ces lettres, ils se retrouvèrent en train de regarder cette Sagesse Céleste.
Quand ils se furent plongés dans les mystères du livre et commencent à discuter entre eux,
une flamme ardente et une rafale de vent vinrent et frappèrent leurs mains, et le livre
disparut. R. Yossi pleura et dit : Peut-être, D.ieu nous en préserve, sommes-nous coupables
d'un péché, ou est-ce que nous ne devons pas savoir ces choses ? Quand ils allèrent voir R.
Shimon pour lui dire ce qui était arrivé, il leur dit : Peut-être alliez-vous en savoir plus sur la
fin de temps Messianiques grâce à ces lettres ? Ils lui répondirent : Cela nous ne le savons
pas, car nous avons tout oublié. Rabbi Shimon leur dit : Ce n'est pas la volonté du Saint, Béni
soit-il, que trop soit révélé au monde. Mais quand approcheront les jours du Messie, même
les enfants du monde seront en mesure de découvrir les secrets de la sagesse et de savoir à
travers eux les Fins et les Calculs, et en ce temps-là, cela sera révélé à tous.
Un compromis entre les deux vues extrêmes exposées plus haut, suggère la notion de
repentance forcée. Suivant celle-ci, si la fin prédéterminée approchait et trouvait un Israël non
repentant, D.ieu ferait régner alors des tyrans sur le Pays, dont la cruauté forcerait la nation à
se tourner vers le Seigneur avec contrition12. De cette façon la rédemption se produirait à la
période voulue, et trouverait le peuple dans des conditions appropriées.
De manière plus spécifique, il était alors courant de croire que le salut viendrait en même
temps que la chute de Rome 13: R. Ishmaël dit : Les enfants d'Ismaël feront quinze choses
dans le pays à la Fin des Temps. Ce sont : Ils mesureront la terre avec des cordes. Le
cimetière deviendra un pâturage pour les troupeaux. Ils verseront leurs ordures sur le
sommet des montagnes. Les mensonges se multiplieront, et la vérité sera supprimée. La loi
sera supprimée d'Israël, et les péchés se multiplieront en Israël. L’écarlate sera comme la
laine, et le papier et le calame se dessécheront. Le rocher de la royauté sera abattu et ils
reconstruiront les villes désolées. Ils balayeront les routes, et ils planteront des jardins et des
vergers. Ils répareront les brèches dans les murs du Temple, et ils érigeront un bâtiment à la
place du Temple. Et, à la fin, deux frères se lèveront comme princes pour régner sur eux.
C’est à ce moment que se lèvera le Bourgeon, le fils de David... R. Ishmaël ajouta : Les
enfants d'Ismaël se battront dans trois guerres de confusions dans le pays, à la fin des jours...
L'une dans la forêt en Arabie … Une en mer … et une dans la grande cité qui est dans Rome
[Byzance], et cette dernière sera plus terrible que les deux autres … De là surgira le Fils de
David. Il sera témoin de la destruction des idolâtres, et de là viendra en Terre d’Israël.
Comme il était établi que la « fin » était une énigme, cela laissait beaucoup de place aux
TB Sanh. 97b. L’importance fondamentale du repentir est une constant du judaïsme.
Zohar I, 117b, 118a.
12
TB Sanh. 97b.
13
Pirqe R. Eliezer, fin du ch. 30.
10
11

7

conjectures et aux calculs. Nombre de textes indiquent que l'ère Messianique commencerait
au début du cinquième millénaire ou au cours de cette période.
Le thème le plus souvent traité, et généralement admis, était celui des souffrances préalables à
la naissance du Messie14 : R. Berekhia dit au nom de R. Levi : Le dernier Rédempteur [le
Messie] sera comme le premier Rédempteur [Moïse]. Tout comme le premier Rédempteur a
été révélé, puis de nouveau caché des enfants d'Israël... pendant trente jours... ainsi le dernier
Rédempteur sera révélé à eux et ensuite caché ... pendant quarante-cinq jours. R. Yitzhak ben
Kazarta dit au nom de R. Yonah : Ce sont les quarante-cinq jours durant lesquels Israël
cueillera et mangera des salicornes, comme il est écrit : « Ils cueillent l'arroche sur les
buissons, ils ont pour pain la racine des genêts » (Job 30:4 TOB). Quand les mènera-t-il de la
terre [d'Israël] au désert de Judah, au désert de Siḥon et de Og... Et celui qui ne croit pas en
lui ira vers les nations du monde et elles le tueront. R. Yitzhak ben Marion a dit : En fin de
compte le Saint, Béni soit-il, se révèlera à eux et fera descendre la manne pour eux, [car] « Il
n'y a rien de nouveau sous le soleil » (Eccles. 1:9).
Ceci devait constituer un prélude à la dégénérescence et à l’incapacité du monde15 : A la mort
de Rabbi Meir, les compositeurs de fables ont cessé. A la mort de Ben Azzai, les étudiants [de
la Torah] diligents ont cessé. A la mort de Ben Zoma, les interprètes ont cessé. A la mort de
Rabbi Yehoshua, la bonté a disparu du monde. A la mort de Rabban Shimon ben Gamaliel,
les sauterelles sont arrivées et les troubles se sont multipliés. A la mort de Rabbi Eleazar ben
Azariah, les sages ont cessé d'être riches. A la mort de Rabbi Akiva, la gloire de la Torah a
cessé. A la mort de Rabbi Ḥanina ben Dosa, les hommes faisant des merveilles ont disparu. A
la mort de Rabbi Yossi Katnuta, les hommes pieux (Ḥassidim) ont disparu. Pourquoi son nom
était-il Katnuta ? Parce qu'il était le plus jeune des hommes pieux. A la mort de Rabban
Yoḥanan ben Zakkaï, la splendeur de la sagesse a cessé. Quand Rabban Gamaliel l'Ancien est
mort, la gloire de la Torah a cessé, et la pureté et la séparation ont péri. A la mort de Rabbi
Ishmaël ben Fabi, la splendeur de la prêtrise est morte. Quand Rabbi est mort, l'humilité et la
crainte du péché ont cessé d’exister. R. Pinḥas ben Yaïr a dit : Quand le Temple a été détruit,
les savants et les hommes libres ont eu honte et se sont couvert la tête, les hommes capables
d’accomplir des miracles ont été méprisés, et les hommes brutaux et les bavards ont prospéré.
Et personne n’explique [les textes], personne ne recherche et personne ne demande. De qui
allons-nous dépendre ? De notre père qui est aux cieux. Rabbi Eliezer le grand a dit : Du jour
de la destruction du Temple, les sages ont commencé à être comme les scribes, les scribes
comme les préposés à la synagogue, les préposés à la synagogue comme des gens ordinaires,
et les gens du commun sont devenus plus vils. Et personne ne réclame. De qui allons-nous
dépendre ? De notre père qui est aux cieux. Sur les traces du Messie, l’insolence augmentera
et le coût de la vie aussi, considérablement. La vigne produira ses fruits, mais le vin sera
cher. Le gouvernement se tournera vers l'hérésie, et il n’y aura personne pour le
réprimander. Le lieu de rencontre [des érudits] sera utilisé pour le libertinage. La Galilée
sera détruite, le Gablan dévasté, et les habitants de la frontière iront [mendier] d'un endroit à
l'autre sans que personne n’aie de pitié pour eux. La sagesse des savants pourrira, ceux qui
craignent le péché seront méprisés, et la vérité disparaitra. Les jeunes se moqueront des
vieux, et ceux-ci se mettront debout devant les plus jeunes. « Car le fils traite son père de fou,
la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille, contre sa belle-mère. Chacun a pour ennemi les
gens de sa propre maison » (Michée 7:6 TOB). Le visage de la génération sera comme celui
d'un chien, le fils ne ressentira pas de honte devant son père. De qui allons-nous dépendre ?
De notre père qui est aux cieux. R. Pinḥas ben Yaïr a dit : La rapidité mène à la propreté, la
14
15

TB Sanh. 97a, Ruth Rabbah, 5:6.
Mishnah Sotah, 9:15. Cette mishnah est fondamentale, nous la retrouverons souvent dans ce travail.

8

propreté mène à la pureté, la pureté conduit à la séparation, la séparation mène à la sainteté,
la sainteté conduit à l'humilité, l’humilité mène à la crainte du péché, le crainte du péché
mène à la piété, la piété conduit à l’Esprit Saint. Et l'Esprit Saint mène à la ressuscitation des
morts, et la ressuscitation des morts mène à la venue d'Élie, que sa mémoire soit bénie, Amen.
Certains des disciples des Sages, qui ont souvent fait allusion à ces jours terribles, avaient été
témoins de la destruction du Temple en l’an 70, tout comme de la révolution de 135. Leurs
descriptions, évoquant la tyrannie des envahisseurs, traduisent bien leurs expériences. Ces
jours d’affliction pré-Messianiques étaient considérés par le peuple comme une indication de
la proximité de la rédemption, et comme une condition indispensable à leur propre
amélioration morale16 : R. Yehoshua b. Levi dit : Quand je suis venu vers le Messie, il m’a
demandé : Que fait Israël dans le monde d’où tu viens ? Je lui ai répondu : Ils t’attendent
chaque jour. A l’instant, il éleva la voix et se mit à pleurer.
La personnalité du Messie.
Une distinction importante entre les Messianismes prophétique et rabbinique réside dans
l’importance accordée au Messie en tant que tel. Ainsi que nous l’avons vu, le prophétisme
met l’accent sur la rénovation de la nation et sur l’amélioration de la société, plutôt que sur le
rédempteur lui-même. Dans le judaïsme rabbinique, au contraire, tout est centré sur lui.
L'époque elle-même est appelée messianique. C'est lui qui sera à l’origine de tous les grands
changements. Ceci est particulièrement vrai de la période talmudique la plus récente, c'est-àdire amoraïque, saboraïque, et gaonique. L'unanimité règne quant aux fonctions et à la nature
mortelle du rédempteur.
Selon l'opinion juive prédominante, le Messie sera issu de l’antique lignée royale de David. Il
vaincra ses ennemis, libérera Israël, et reconquerra la Terre d’Israël. Il mourra, mais un
descendant direct lui succèdera. Selon une autre tradition, la description donnée en Isaïe
11:217 convient au Messie. Aucune trace de sa préexistence ou de qualités surnaturelles ne se
trouve dans la littérature tannaïtique. Une Baraïtha, prétendant que le nom du Messie, ainsi
que six autres choses, fut créé avant que le monde n’existe, a donné naissance à ce genre de
considérations18. Ce genre de texte se trouve également, par exemple, dans Bereshith Rabbah
1:4 : Au commencement D.ieu créa. Six choses ont précédé la création du monde ; certaines
d'entre elles ont été effectivement créées, tandis que la création des autres était déjà
envisagée. La Torah et le trône de gloire ont été créés. La Torah, car il est écrit : « YHVH
m'a engendrée, prémice de son activité, prélude à ses œuvres anciennes » (Prov. 8:22 TOB).
Le trône de gloire, comme il est écrit : « Depuis lors ton trône est ferme ; depuis toujours tu
es » (Ps. 93:2 TOB). La création des Patriarches fut envisagée, car il est écrit : « C'est
comme des raisins au désert que j'ai trouvé Israël, comme un fruit précoce sur un figuier,
dans sa primeur, que j'ai vu vos pères » (Os. 9:10 TOB). [La création d’] Israël fut envisagée,
comme il est écrit : « Rappelle-toi la communauté que tu acquis dès l'origine » (Ps. 74:2
TOB). [La création du] Temple fut envisagée, car il est écrit : « Un trône glorieux là-haut dès
le commencement, tel est le lieu de notre sanctuaire » (Jer. 17:12 TOB). Le nom du Messie fut
envisagé, car il est écrit : « Qu'il se fasse un nom éternel, qu'il le propage sous le soleil » (Ps.
72:17 TOB). R. Ahabah b. R. Zeira a dit : La repentance également, comme il est écrit :
« Avant que les montagnes naissent et que tu enfantes la terre et le monde » (Ps. 90:2 TOB),
et depuis ce moment, vous tournez l'homme à la contrition et dire : « Tu fais retourner
Ma’aseh di R. Yehoshoua Ben Levi, Beth Hamidrash, 2:50.
Sur lui reposera l'Esprit de YHVH : Esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance,
esprit de connaissance et de crainte de YHVH (Isa. 11:2 TOB).
18
TB Pessaḥim 54a.
16
17

9

l'homme à la poussière, car tu as dit : « Fils d'Adam, retournez-y » (Ps. 90:3 TOB). Je ne sais
toujours pas qui a été [créé] en premier, si la Torah a précédé le Trône de Gloire, ou si le
Trône de Gloire a précédé la Torah. R. Abba b. Kahana a déclaré : La Torah a précédé le
Trône de Gloire, car il est dit : YHVH m'a fait comme le début de sa voie, avant ses œuvres
anciennes, ce qui signifie, avant que quoi que ce soit ait été écrit, ton trône était établi de
longue date. De manière similaire, le livre d’Hénoch (48:3) précise : Avant que soient créés le
soleil et les signes, avant que les astres du Ciel ne soient faits, son nom a été proclamé par le
Seigneur des Esprits.
La légende semble signifier que le Tout-puissant, ayant prévu le déroulement des événements
sur cette terre, désigna un sauveur providentiel pour apparaître en Israël, le moment venu. La
personnalité surnaturelle prêtée au Messie est tirée du dit rabbinique rapportant que le Messie
est l'un de neuf hommes, au nombre desquels des païens19, à être entrés vivants au Paradis.
Neuf, selon notre opinion, sont entrés vivants dans le jardin d’Eden et n’ont pas gouté le gout
de la mort : Benjamin, le fils de Jacob, Caleb le fils de David [le Messie], Saraḥ fille d’Asher,
Bithiah fille de Pharaon, Eliezer, le serviteur d’Abraham, le serviteur du roi de Cush, Elie,
Hiram, et Ya’avets, le fils de R. Yehudah HaNassi. Certains ajoutent R. Yehudah b. Levi. (3)
Neuf choses ont été faites et cachées : La Tente d’Assignation et les ustensiles qui y sont,
l’Arche, les débris des Tables, la cruche de manne, le bâton, la fiole d’huile d’onction, le
bâton d’Aaron, avec ses amandes et ses fleurs, les habits de la prêtrise, les habits du Grand
Prêtre. Mais le mortier de la maison d’Abtinas, la Table, la Menora, le Voile, et le Bandeau,
se trouvent encore à Rome (Otsar Hamidrashim (Eisenstein), Ḥupath Eliahu, page 162 ff).
Remarquons cependant que l’affirmation ci-dessus n'implique ni la divinité ni l'éternité du
rédempteur pas plus, d’ailleurs, que celle des huit autres personnages énumérés avec lui.
10
Cela signifie que la récompense du sauveur est au Paradis, ce qui est le cas pour tous les
hommes droits. Quand le moment sera venu, le Messie sera ressuscité avec beaucoup d'autres.
La littérature rabbinique contient encore d’autres légendes étranges concernant la généalogie
du Messie, considéré comme un être mortel.
La notion de Messie souffrant constitue la pierre angulaire du Messianisme chrétien. Elle n'est
pas courante dans le Talmud, bien que quelques auteurs pensent l'avoir découverte dans
plusieurs passages. On trouve ainsi la description du Messie lépreux, mendiant aux portes de
Rome : Autre chose : [Vous avez vu] les méchants condamnés à la Géhenne, et [vous êtes]
heureux de ne pas être avec eux, comme il est dit : « En sortant, l'on pourra voir les
dépouilles des hommes qui se sont révoltés contre moi » (Isa. 66:24 TOB). A ce moment, vous
avez vu, et vos cœurs se sont réjouis. Autre chose : On peut voir le Messie aux portes de
Rome, et ils se réjouissent, comme Daniel a dit : « Je regardais dans les visions de la nuit, et
voici qu'avec les nuées du ciel venait comme un Fils d’Homme ; il arriva jusqu'au Vieillard,
et on le fit approcher en sa présence » (Dan. 7:13 TOB). A cette heure, vous avez vu et vous
êtes réjouis (Aggadath Bereshith 23 : 1). Sur ce point, Drummond remarque : « Le Messie
devait en effet être mortel comme les autres hommes, mais devait mourir dans la paix à la fin
d'un règne triomphant et glorieux. La possibilité de réconcilier l'idée du Messie avec la vie
modeste et souffrante de Jésus est l'un des obstacles les plus formidables que le christianisme
ait dû rencontrer au cours de ses controverses avec le judaïsme. Nous pouvons avec
confiance dire qu’au cours de la période durant laquelle notre enquête reste confinée (Les
apocryphes, les époques Talmudique et Targumique), en dépit du fait que les Juifs n'aient pas
été sans intégrer la notion suivant laquelle les afflictions de l’homme pieux rachetaient les
19

Hiram roi de Tyr est du nombre.

fautes de la communauté, il n’existait alors aucune espérance concernant la venue d'un
Messie souffrant et rédempteur »20. On remarquera cependant qu’un récent ouvrage21 met en
évidence la possibilité d’envisager un tel Messie, grâce aux écrits Qumrâniens. Mais ceci
dépasse le cadre de la présente étude.
Les noms du Messie.
Dans le premier Livre d’Enoch (46:1-3) le Messie est d’abord appelé « le Principe des
jours » : Là, j'ai vu Celui qui détient le principe des jours. Sa tête était comme de la laine
blanche. Et avec Lui un autre, dont le visage avait une apparence humaine et débordait de
grâce comme l'un des saints anges. J'ai interrogé sur ce Fils d'homme l'un des saints anges
qui m'accompagnait et me montrait tous les secrets : Qui est-il ? D'où vient-il ? Pourquoi
accompagne-t-il le Principe des jours ? Il m'a répondu : C’est le Fils d'homme auquel
appartient la justice. La justice a demeuré avec lui. Il est aussi nommé « Fils de l’Homme »,
expression déjà employée dans le Livre de Daniel, et qui fera quelque peu fortune au cours
des siècles suivants. D’une manière surprenante, quelques textes donnent au Messie le Nom
de l’Eternel22. On trouvera également des allusions symboliques : le Bourgeon23, le
Consolateur (Menaḥem)24, la Lumière25, la Paix26, etc.
Certains élèves des Sages lui donnaient un nom se rapprochant de celui de leur Maître :
Shiloh pour R. Shilla, Ḥanina pour R. Ḥanina, Yinnon pour R. Yannai27, etc. Enfin, ainsi que
le mentionne R. Pataï l’un des noms les plus étranges donnés au Messie est « Le lépreux de la
maison d’étude28 », faisant allusion à Isaïe 53 :4 : « Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a
portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé ; Et nous l'avons considéré comme puni,
frappé de D.ieu, et humilié ».
Elie et le Messie.
En ce qui concerne les deux personnages secondaires du drame Messianique, Elie et le Messie
fils de Joseph, il est clair que le premier d’entre eux y occupe une place prépondérante. Son
aspect apocalyptique est suggéré par Malachie, et figure clairement dans l'eschatologie
traditionnelle. Elie connaît les intentions du Tout-puissant et les secrets du destin d'Israël. Le
moment venu, il redescendra sur la terre afin d’aider le Messie29. Le Seder Olam Rabbah,
20

Drummond, « The Jewish Messiah », p. 359, cité par Sarachek, op.cit. Voir également TB San. 98a.
« The Messiah before Jesus », I. Knohl, Berkeley, 2000.
22
TB Baba Bathra 75b.
23
TJ Berakhoth 2, 4.
24
TB Sanh. 98b.
25
Lamentations Rabbah, 1:51: R. Biba de Sergunieh dit : Son nom est Nehirah, comme il est dit : « Il connaît ce
qu'il y a dans les ténèbres, et avec lui demeure la lumière” (Dan. 2:22 TOB). Le mot employé pour désigner la
lumière est Nehirah ( ‫(נְ הִׂ ָירא‬.
26
Perek Shalom, p. 101 : R. Yossi le Galiléen a dit : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. La
souveraineté est sur ses épaules. On proclame son nom : « Merveilleux - Conseiller, D.ieu - Fort, Père à jamais,
Prince de la paix » (Isa. 9:5 TOB) ... R. Yossi le Galiléen a dit : « Grande est la paix, car à l'heure où le roi
Messie se révèle à Israël, il commence avec la paix, car il est dit : « Comme ils sont les bienvenus, au sommet
des montagnes, les pas du messager qui nous met à l'écoute de la paix » (Isa. 52:7 TOB). Cité par R. Pataï, op.
cit.
27
Midrash Mishlei, Buber, Ch. 8:9 et 19:21: Rav Huna dit : Le Messie est appelé de sept noms [différents], qui
sont: Yinnon, Tzidqenu [Notre justice], Tsemaḥ [Bourgeon], Menaḥem (qui réconforte) David, Shiloh, and Elie.
28
TB Sanh. 98b.
29
Ginzberg, « Eine Unbekannte Sekte », p. 299-373, démontre qu’Elie était quelquefois identifié avec le
Messie. Cité par Sarachek, op. cit.
21

11

ouvrage semi historique de l’époque Talmudique, indique au sujet d’Elie30 : « Pendant la
seconde année du règne d'Aḥaziah, Elie se cacha. Il n’a pas été revu depuis. Quand le Roi
Messie viendra, nous le reverrons. Il se cachera alors une seconde fois et il ne sera pas revu
jusqu'à ce que viennent les temps de Gog et Magog ».
La tâche de relever les morts est assignée à Elie31. Il est le Sage suprême qui révélera les
solutions aux problèmes concernant la Halakha, apaisera les polémiques, et rétablira la pureté
raciale32. R. Yehoshua a dit : J'ai reçu une tradition de Rabban Yoḥanan b. Zakkaï, qui a
entendu de son maître, et son maitre [l’a entendu] de son professeur, comme une halakha
[donnée] à Moïse au Sinaï, qu’Elie ne viendra pas pour prononcer impur ou pur, afin de
rejeter ou de retenir, mais de rejeter ceux qui ont été retenus par la force et de retenir ceux
rejetés par la force. La famille de Beth Tserephah était de l'autre côté du Jourdain. Et Ben
Zion la retint par la force. Cependant, une autre famille était là, et Ben Zion la retint par la
force. Quelqu’un comme Elie viendra pour prononcer impur ou pur. R. Yehudah dit : Pour
retenir, mais pas pour rejeter. R. Siméon dit : Pour procéder à la conciliation des
controverses. Et les Sages ne peuvent ni rejeter, ni retenir, mais faire la paix dans le monde,
car il est dit : « Voici que je vais vous envoyer Elie, le prophète, … Il ramènera le cœur des
pères vers leurs fils, celui des fils vers leurs pères » (Mal. 3:23-24 TOB).
Pessikta Rabbati33 fournit une image forte de son annonce officielle de la bonne nouvelle : À
l'heure où le Saint, Béni soit-il, rachètera Israël, trois jours avant la venue du Messie, Élie
viendra et se tiendra debout sur les montagnes d'Israël et se lamentera sur elles en disant :
Montagnes de la terre d'Israël ! Combien de temps resterez-vous sèches, arides, et désolées ?
Et sa voix sera entendue d'un bout du monde à l'autre. Et il leur dira : La paix est venue au
monde, comme il est dit : « Sur les montagnes accourt un messager ; il annonce la paix »
(Naḥ. 2:1 TOB). Lorsque les méchants entendront cela, ils se réjouiront tous et se diront l’un
à l’autre : La paix nous est parvenue. Le deuxième jour Elie viendra et se tiendra sur les
montagnes d'Israël et dira : « Comme ils sont les bienvenus, au sommet des montagnes, les
pas du messager qui nous met à l'écoute de la paix, qui porte un message de bonté » (Isa.
52:7 TOB). Le troisième jour il viendra et le salut est venu au monde, comme il est dit : « Qui
nous met à l'écoute du salut » (ibid.). Et quand il verra les méchants, qui s’exprimeront ainsi,
il dira : « Qui dit à Sion : « Ton D.ieu règne » (ibid.) pour vous apprendre que le salut vient à
Sion et à ses enfants, mais pas aux méchants. A ce moment, le Saint, béni soit-Il montrera sa
gloire et sa majesté à tous ceux qui parcourent le monde, il fera rédemption à Israël, et se
révélera à leur tête. Yalkut Shimoni sur Is. 52:7, (Remez ‫ (תעה‬s’exprime en des termes
pratiquement identiques : Au premier jour de son retour, il se tiendra sur un des sommets de
la Terre d'Israël, et se lamentera sur la dévastation de la Terre d’Israël. Avec une voix forte il
proclamera la venue du « Bien dans le monde » ; Le deuxième jour il annoncera de même :
« La Paix vient au monde » ; Le troisième jour il s’exclamera : « La rédemption vient dans ce
monde, allez dire à Sion : ton Roi arrive ».
Le Messie fils de Joseph.

30

Seder Olam Rabbah, Ch. 17.
Mishnah Sotah 9:15 et TJ Shekalim 2, 5 : R. Meir a dit : Le surplus de l’argent collecté au bénéfice d’un mort
particulier est laissé jusqu’à ce que vienne Elie.
32
Mishnah Eduyot 8:7.
33
Recueil de prédications pour les fêtes et certains Shabbatoth (9è siècle), p. 161a.
31

12

Le Talmud de Babylone fait référence à lui seulement par deux fois34, mais les Targumim et
le Midrash décrivent son apparition et sa mission avec un certain détail. Les deux Messies, le
fils de Joseph et celui de David, collaboreront à la rédemption finale, comme Moïse et Aaron
l’ont fait au cours de l'Exode d’Egypte : R. Ishmaël dit : Metatron m'a dit : Venez et je vous
montrerai le Rideau du Lieu qui s'étale devant le Saint, Béni soit-il, sur lequel sont gravées
toutes les générations du monde et leurs actes, ce qu'ils ont fait ou feront jusqu'à la fin de
toutes les générations. Et j’y suis allé et il me montra avec les doigts de sa main, comme un
père qui enseigne à son fils les lettres de la Torah... Et j'ai vu le Messie ben Joseph et sa
génération et tous les actes que feront les nations du monde. Et j'ai vu le Messie ben David et
sa génération et toutes les batailles et les guerres et les actes qu'ils feront avec Israël, que ce
soit pour le bien ou le mal. Et j'ai vu toutes les batailles et les guerres que Gog et Magog
feront à l'époque du Messie et tout ce que le Saint, Béni soit-il, fera avec eux dans le futur qui
vient. Et il y avait les chefs de la génération, que ce soit parmi Israël ou parmi les nations du
monde, ce qu’ils ont fait ou feront dans le futur, jusqu’à la fin des générations, et tout ceci
était gravé sur le Rideau du Lieu. Je vis tout cela de mes propres yeux et, à la fin, après avoir
vu, j’ouvris la bouche et me mis à chanter les louanges de la Place35 …
On peut penser que la croyance en un Messie d'Ephraïm36 a résulté de la tentative de séparer
la fonction politique de l'activité spirituelle du libérateur idéal. L'oppression cruelle ressentie à
l’époque n’a fait qu’accentuer le besoin de voir un guerrier sauveur, et la notion d'un Messie
préliminaire, qui conduirait les activités militaires, en a inévitablement surgi.
C’est cet espoir qui a attiré la sympathie de R. Akiva pour Bar Kokhba, alors que celui-ci
n'avait apparemment aucune prétention à la sagesse, à la sainteté, à l’ascendance royale ou à
une quelconque puissance miraculeuse. L’époque exigeait simplement quelqu’un comme lui
pour sauver la nation. En corrélation avec cette théorie, on comprendra qu’après l'échec de
Bar Kokhba, le peuple se soit consolé grâce à l’idée que leur champion déchu ne représentait
qu’une figure secondaire et que le Messie principal et invincible apparaîtrait plus tard.
Il est possible également que le concept d'un rédempteur issu d'Ephraïm ait jailli du
parallélisme développé par les rabbins entre l'Exode et la rédemption finale37. La conquête de
la Palestine fut effectuée par Yehoshua Bin Noun (Josué), un Ephraïmite. Par conséquent, la
délivrance finale pouvait être mise en parallèle avec la première, pour autant qu'un Ephraïmite
en assumât la conduite. Cependant, comme aucun chef de tribu ne pouvait surpasser ou
supplanter le Messie fils de David, l'héritier légitime, l'Ephraïmite fut conçu comme celui qui
ne pourrait atteindre qu’un rang subalterne.
Les deux Messies représentent les deux royaumes, Judah et Israël. Le premier Messie
recueillera le peuple dispersé, et reconquerra la Terre d’Israël. Il engagera le combat contre un
ennemi terrible, un nommé Armilus, fils de Satan et d’une statue de pierre située à Rome38 :
Et après tout cela, Satan descendra et se rendra à Rome à la statue de pierre, et s’unira à elle
à la manière de l'acte sexuel, et la pierre deviendra enceinte et donnera naissance à Armilus.
Il régnera pendant quarante jours. Et sa main sera plus lourde que quarante seahs. Il
34

TB Sukkah, p. 52a, 52b.
Sefer Heikhaloth, Beth Hamidrash, 5:187-188.
36
Ephraïm est l’un des fils de Joseph.
37
Voir Ginzberg article "Anti-Christ" dans Jewish Encyclopedia, Vol. 1 p. 627 ; Voir également J. Klausner,
HaRa’ayon haMeshiḥi pp. 313ff.
38
Midrash Asereth HaShevatim, Otsar Hamidrashim, p. 466. Voir aussi Tefilath R. Shimon Ben Yoḥaï, Beth
Hamidrash, 4:124-126.
35

13

publiera des décrets maléfiques contre Israël, et les hommes de bien disparaitront alors que
les hommes de pillage se multiplieront. Si Israël est digne, le Messie ben David apparaitra en
Haute Galilée et montera à Jérusalem y construire le Temple et offrir des sacrifices. Et un feu
descendra et consommera ses sacrifices, et Israël vivra en sécurité toute sa vie. Un autre texte
donne encore plus de détails : On dit qu'il y a un morceau de marbre à Rome, et qu’il a la
forme d'une belle jeune fille. Elle a été créée durant les six jours de la Création. Et des
hommes sans valeur des nations du monde viennent, ont des relations avec elle, et elle tombe
enceinte. Au bout de neuf mois, elle éclate, et d’elle émerge un enfant de sexe masculin, sous
la forme d'un homme dont la hauteur est de douze coudées et dont la largeur est de deux
coudées. Ses yeux sont rouges et tordus, les cheveux de sa tête sont rouges comme l'or, les
traces de ses pas sont vertes, et il a deux crânes. Ils l'appellent Armilus. Et il se rendra à
Edom [Rome] pour leur dire : Je suis votre Messie, je suis votre D.ieu ! Et il les induira en
erreur et ils croiront instantanément en lui et en feront leur roi. Et tous les enfants d'Esaü
[c'est-à-dire les Romains] se réuniront et viendront à lui. Et il ira annoncer à toutes les villes
en disant aux enfants d'Esaü : Apportez-moi la Torah que je vous ai donné ! Et les nations du
monde viendront lui apporter le livre. Et il leur dira : Ceci est le livre que je vous ai donné. Et
il continuera : Je suis votre D.ieu, votre Messie et votre D.ieu ! À ce moment, il enverra [un
messager] à Néhémie [c.-à-d. au Messie ben Joseph] et à tout Israël et leur dira : « Apportezmoi votre Torah et témoignez que je suis D.ieu. » Instantanément, tout Israël deviendra
confus et effrayé. Et dans cette heure Néhémie se lèvera et trois hommes avec lui parmi les
enfants d'Éphraïm et ils iront avec lui et le rouleau de la Torah sera avec eux, et ils liront
devant lui : « Je suis l'Eternel » et « Tu n'auras pas d'autres dieux » (Exode 20:2 – 3). Et il
dira : Il n'y a rien de tout cela dans votre Torah, et je ne vais pas vous laisser partir, jusqu'à
ce que vous croyiez que je suis D.ieu, de la manière dont les nations du monde croient en moi.
Instantanément, Néhémie se dressera contre lui et lui dira : « Tu n’es pas D.ieu, mais Satan.
» Et il leur dira : « Pourquoi me refusez-vous ? Je vais commander que vous soyez tués ! Et il
dira à ses serviteurs : Saisissez Néhémie ! Instantanément, trente mille guerriers surgiront
d'Israël pour lui faire la guerre, et ils tueront deux cent mille hommes du camp d’Armilus. Et
la colère d’Armilus s’enflammera, et il réunira toutes les armées des nations du monde et fera
la guerre contre les enfants d'Israël, et il tuera mille milliers d'hommes en Israël. Et il tuera
également Néhémie à midi ... Et le reste d'Israël s’enfuira dans le désert des nations et
demeurera là pendant quarante-cinq jours, sans pain ni eau. Seule l'herbe des champs sera
leur nourriture. Et après les quarante-cinq jours, Armilus viendra et mènera une guerre
contre l'Egypte et s’en emparera ... Puis il se tournera face à Jérusalem, pour la détruire une
deuxième fois... À ce moment, Michael le Grand Prince se lèvera et soufflera du shofar trois
fois... Ce shofar est la corne droite du Bélier d'Isaac, et le Saint, Béni soit-il, augmentera sa
longueur de mille coudées. Et il soufflera une Tekiah39, et le Messie ben David et Elie se
révéleront, et tous deux iront en Israël qui se trouve dans le désert. Et Elie leur dira : C'est le
Messie ! Et il fera revivre leurs cœurs et renforcera leurs mains... Et tout Israël connaitra le
son du shofar et saura qu'il a racheté Israël... Et ceux qui sont perdus dans la terre d'Assyrie
reviendront. Et instantanément la crainte du Seigneur tombera sur tous les peuples et toutes
les nations. Et Israël reviendra avec le Messie jusqu'à ce qu'ils atteignent le désert de Judah,
et ils se réuniront avec tous les enfants d'Israël et viendront à Jérusalem. Ils monteront les
marches de la maison de David, qui aura échappé à la destruction. Et le Messie y siègera. Et
Armilus entendra qu'un roi a surgi pour Israël et il rassemblera les armées de toutes les
nations du monde, et ils viendront vers le roi Messie et Israël. Et le Saint, Béni soit-il, se
battra en faveur d’Israël et dira au Messie : Assieds-toi à ma droite. Et le Messie dira à
Israël : Rassemblez-vous, levez-vous, et voyez le salut du Seigneur. » Et instantanément le
39

Un son ininterrompu de plusieurs secondes.

14

Saint, Béni soit-il, avancera et luttera contre eux [les ennemis] ... Puisse cette époque et de
temps est être proche ! Armilus rencontrera ainsi une fin tragique. Après quoi le Messie fils
de David continuera à livrer bataille contre les nombreux ennemis qui se déclareront à cette
époque40 : Il a été enseigné au nom des rabbins : Dans le septénaire durant lequel viendra le
fils de David, dans la première année, l’alimentation sera insuffisante. Dans la seconde, des
flèches de famine seront envoyées. Dans la troisième, il y aura une grande famine. Dans la
quatrième, il n’y aura ni famine, ni abondance. Dans la cinquième, il y aura une grande
abondance et une étoile jaillira de l’Orient. Il s'agit de l'étoile du Messie, et elle demeurera à
l'Orient pour une durée de quinze jours, mais si elle s'attarde plus, ce sera pour le bien
d'Israël. Dans la sixième année, on entendra bruits et rumeurs. Dans la septième, il y aura
des guerres. Le Messie sera attendu à la fin de la septième année, et les enfants de l'Occident
deviendront dominateurs, ils viendront et établiront leur règne avec insolence, et ils
attaqueront l'Egypte et captureront tous les captifs. Et en ce temps-là se lèvera un roi insolent
sur un peuple pauvre et sans ressources ... Et Israël sera exilé au désert, fera paître [ses
troupeaux] avec des herbes salées et les racines des buissons pendant quarante-cinq jours. Et
les nuages de la Gloire les entoureront, et là, Israël se cachera. Et tous ceux qui ont de
mauvaises pensées dans leur cœur au sujet du Saint, Béni soit-il, seront éjectés des nuages, et
les nations du monde les tueront. Et beaucoup parmi Israël iront vers les nations du monde,
ceux-là n'auront aucune part avec Israël dans le monde à venir. Mais ceux qui souffriront
[d’avoir mangé] des herbes salées pendant quarante-cinq jours seront appelés par une voix
Divine disant : Descend à Babylone, car là tu seras sauvé ! Et la voix Divine retentira à
nouveau : Rend-toi à Edom y accomplir ma vengeance ! Et Israël ira à Rome, et la voix
Divine parlera une troisième fois : Fais-lui comme Josué a fait à Jéricho ! Et ils marcheront
autour de la ville et joueront du shofar et, à la septième fois, ils émettront une Terua41 :
Ecoute, Israël, YHVH est notre D.ieu, YHVH est un ! Et les murs de la ville s'écrouleront, et
ils y entreront et trouveront ses jeunes hommes morts dans les rues... Par la suite, ils
récupèreront tous le butin, et Israël cherchera leur D.ieu et David, leur roi. Instantanément,
le roi Messie se révèlera et leur dira : C’est moi, le roi Messie, celui que vous attendiez. Il
vaincra, et régnera sur le nouvel Israël, ainsi que prévu par les Prophètes42 : « Tu es un
lionceau, ô Juda » (Gen. 49:9 TOB), qui n'a peur de rien. « Un lion a rugi, qui ne craindrait »
(Amos 3:8 TOB). C'est le roi Messie... dans le futur à venir. « Voici un peuple qui se lève
comme un fauve, qui se dresse comme un lion » (Nom. 23:24 TOB). A l'époque du Messie les
nations se prosterneront devant lui....
Gog et Magog.
Gog et Magog sont deux noms propres figurant dans le livre d'Ezéchiel, chap. 38 et 39. Un
rôle important dans le drame eschatologique est assigné au combat final d’Israël avec les
forces combinées des nations païennes sous la direction de Gog et Magog, les tribus barbares
du Nord. Assemblés pour une attaque féroce contre Israël dans les montagnes près de
Jérusalem, ils subiront une défaite terrible et écrasante, et la Terre d’Israël restera désormais
toujours le siège du Royaume de Dieu. Si à l’origine identique, ou seulement par la suite
identifiée avec l’interprétation biblique avec la bataille dans la vallée de Josaphat (Joël 4 ;
Zach. 14:2, où il est parlé d’une grande guerre contre les armées des païens).
La guerre contre Gog et Magog a formé le prélude indispensable à l’ère messianique dans
toute vision apocalyptique. (Cf. O. Sibyllins, III. 319 et suiv. 512 et suiv. 632 et suiv.
40

Aggadath Mashiaḥ, Beth Hamidrash, 3:141-143.
Un minimum de neuf sons brefs.
42
Midrash Leqaḥ Tov, Buber, 235.
41

15

Apocalypse 20:8 ; Enoch, 56:5 et suiv. où la place de Gog et Magog est prise par les Parthes
et les Mèdes43 ; II Ez. 13:5. « Une multitude d’hommes sans nombre des quatre vents de la
terre » ; Apoc. Syriaque Baruch, 70:7-10 ; Targ. Yer. XI sur Nom. 11:26, 24:17, Ex. 40:11,
Deut. 32:39 et Isa. 33:25).
R. Eliezer (Mekhilta de Rabbi Ishmaël, Beshalaḥ, Massekhta Vayasa, 4. Mekhilta de Rabbi
Shimon Bar Yoḥaï, 16, 25) mentionne la guerre de Gog et de Magog ainsi que les malheurs
messianiques et le jugement dernier, les trois modes de châtiment divin qui précèdent le
millénaire. R. Akiva attribue à la guerre de Gog et Magog et au dernier jugement une durée de
douze mois ('Eduyot II. 10) ; Lev. R. XIX. donne sept ans au lieu de cela, selon Ézéchiel
39:9 ; Ps. 2:1-9 ferait référence à la guerre de Gog et Magog (Av. Zarah 3 b ; Ber. 7 b ;
Pessaḥ. 118a ; Tanḥ., Noaḥ, 24 ; Midr. Teh. Ps. II.).
La destruction de l'armée de Gog et Magog n’implique pas l’extermination du monde païen à
la fin du règne messianique). C’est plutôt l’annihilation des puissances païennes qui
s’opposent au Royaume de Dieu et à l’établissement du règne messianique (voir Enoch, LVI.LVII., selon lequel les tribus d’Israël sont rassemblées et amenées en Terre Sainte après la
destruction des armées païennes ; Sifre sur Deut. 343 ; et Targ. Yer. XI sur Nombres. 26).
Les Gentils qui se soumettent à la Loi sont censés survivre (Apoc. syriaque de Baruch,
LXXII. 4 ; Apoc. Abraham, XXXI43). Les nations qui n’ont pas subjugué Israël seront
admises par le Messie dans le Royaume de Dieu (Pesiḥ. R. 1, après Isa. 66:23). Le Messie est
appelé « Ḥadrakh » (Zacharie 9:1), comme étant celui qui mène le monde païen au repentir,
bien qu’il soit tendre envers Israël et hostile envers les gentils (Cant. R. VII. 5). La loyauté de
ces derniers va être mis à rude épreuve (A. Zarah 2 b et suiv.), tandis que sous le règne établi
du Messie se sera écoulé le temps de probation des païens (Yeb. 24 b). « Une troisième partie
du monde païen seul survivra » (O. Sibyllins, III. 544 et suiv. v. 10343, après Zach. 13:8 ; dans
Tan. Shofetim, éd. Buber, 10, cette troisième partie est appelée Israël, qui seul, comme les
descendants des trois patriarches, échappera au feu de la Géhenne).
Selon l’Apoc. syriaque de Baruch43, XL. 1, 2, c’est le chef des armées de Gog et Magog qui
survivra seul, afin d’être amené lié devant le Messie sur le Mont Sion et jugé et tué. Selon II
Es. 13:9 et suiv. le feu sortira de la bouche du Messie et consommera toute l’armée. Ceci
indique une identification de Gog et Magog avec « le méchant » d’Isa. 11:4, interprété comme
la personnification de la méchanceté (L’Angro Mainyush des Zoroastriens). Dans le Midrash
Vayosha (Jellinek, Beth Hamidrash I. 56), Gog est le leader des soixante-douze nations du
monde, moins une (Israël) et fait la guerre contre le très-haut. Il est frappé par D.ieu. Armilus
s’élève comme le dernier ennemi de D.ieu et d’Israël.
L’idéal Messianique futur.
Une délimitation très nette est tracée dans le Talmud entre l'état Messianique et le monde
futur44. Cet état représente un interrègne, une ère de transition, de durée inconnue, entre ce
monde imparfait et le monde idéal à venir.
L'état Messianique est un concept humanitaire. C'est la version hébraïque d'une utopie, qui
doit marquer l'amélioration des conditions sociales par rapport à celles existant de nos jours.
Les textes intertestamentaires ne sont mentionnés ici qu’à titre d’information. Ils ne sont pas traduits dans cet
ouvrage.
44
TB Shab. 63a, voir aussi 113b.
43

16

La structure de la civilisation demeurera la même, alors qu’elle atteindra qualitativement un
point culminant d'efficacité, de qualité, et de vertu. On a l'impression que cet âge d'or sera le
point culminant de siècles d'évolution, où l'humanité dépassera sa nature animale et sera
transformée en une entité parfaitement morale. Cette représentation humaniste libérale de l'ère
du Messie est conforme à l’idée populaire d'un futur idéal, aussi idéal que la nature humaine
rectifiée lui permettra de l'être.
À cette époque Israël sera exempt de toute domination étrangère. L’opinion de R. Samuel,
l’un des premiers Amoraïm, selon laquelle il n'y aurait aucune différence entre le présent et
l’âge Messianique, à l’exception de la soumission des nations, reçoit un large écho dans le
Talmud et semble être une vue prédominante45. Israël sera rassemblé de toutes les contrées
vers sa Terre, dont les frontières seront agrandies. Celle-ci sera divisée en treize sections, une
pour chaque tribu, y compris celle de Lévi. Chaque famille sera assurée de son indépendance
et bénéficiera d’un sol riche, divers, et arable46 : La division dans le monde à venir ne sera
pas comme la division dans ce monde. [Dans] ce monde, [si] un homme possède un champ de
maïs, il ne possède pas de verger. [S’il possède] un verger, il ne possède pas de champ de
maïs, [mais] dans le monde à venir il n'y aura aucun individu qui ne possédera pas de [terre]
dans la montagne, la plaine et la vallée. Car il est dit : « Les portes de la ville seront
nommées d'après les tribus d'Israël. Trois portes au nord : la porte de Ruben, la porte de
Juda, la porte de Lévi » (Eze. 48:31 TOB). Le Saint, béni soit-Il, lui-même, [procèdera à la]
répartition entre eux, car il est dit : « Tel est le pays que vous tirerez au sort, sur le
patrimoine des tribus d'Israël, et telles seront leurs parts - oracle de YHVH » (Eze. 48:29
TOB). En tout état de cause, il a été enseigné [ici] que, dans un premier temps, [la terre] était
seulement répartie entre douze tribus. [À partir de là] il peut être déduit que la division était
conforme [au nombre de] tribus. Ceci le prouve. Le Maitre a dit : La terre d'Israël sera, dans
les temps à venir, répartie entre treize tribus.
Quelques disciples pensent néanmoins que la perfection atteinte par Israël, risque de rendre
celui-ci arrogant, et qu’il se rebellera47 : Rabbi Yehudah prêchait pour Israël. Rabbi
Neḥemiah prêchait à l’usage des Nations du monde. Le prêche de R. Yehudah envers Israël
est que ce dernier a perdu les bons conseils qu’il leur a donné. Mais il n’y a d’autre conseil
que la Torah, comme il est dit : « Je détiens conseil et succès ; à moi l'intelligence, à moi la
puissance » (Prov. 8:14 TOB). Personne ne va regarder et dire : Hier encore, les Nations
nous persécutaient et nous violaient, cela durant des milliers d’années et maintenant nous
persécuterons les Nations durant milliers d'années.
Les pauvres ne disparaîtront jamais de la terre, et continueront à poser un problème, même
dans la nouvelle ère. Un des disciples des Sages paraissait même tout à fait certain que des
instruments de guerre ne seront pas abrogés.
Une marque indispensable de l’ère Messianique sera le retour de la Torah et la reconstruction
du Temple en terre d’Israël. Les académies et les synagogues qui furent bannies de Babylone
retourneront à leur pays d’origine. La position admise était alors que la Torah est immuable.
Son intégrité et son autorité sont réitérées dans de nombreux passages. L’opinion un peu
extrême trouvée dans des Midrashim, suivant laquelle la Torah serait abrogée avec la
disparition de l'ordre actuel, pour être remplacée par une loi morale plus élevée, se rapporte au
45

TB Ber. 34b ; TB Sanh. 99a ; TB Shab. 63a et TB Pes. 68a.
TB Baba Bathra, 122a.
47
Sifre Deut, 1:322.
46

17

monde à venir48. Certaines opinions contraires sont cependant clairement exprimées49 : R.
Pinḥas, R. Levi et R. Yoḥanan dirent au nom de R. Menaḥem de Gallia : Dans les temps à
venir tous les sacrifices seront supprimés, sauf celui d'action de grâces. Toutes les prières
seront supprimées, mais [celle d’] action de grâces ne le sera pas. Ceci est [indiqué par] ce
qui est écrit : « Cris d'allégresse et joyeux propos, chant de l'époux et jubilation de la mariée,
et la psalmodie de ceux qui, en apportant des sacrifices de louange dans la Maison de YHVH,
diront : « Célébrez YHVH le tout-puissant, car il est bon et sa fidélité est pour toujours ».
Oui, je restaurerai ce pays, et il redeviendra ce qu'il était autrefois, dit YHVH » (Jer. 33:11
TOB). Il s'agit là d'actions de grâces. Celui qui apporte des offrandes d'action de grâces dans
la maison de l'Éternel se réfère au sacrifice d'actions de grâces. David a dit aussi : D.ieu, je
suis tenu par mes vœux ; j'accomplis pour toi les sacrifices de louange » (Ps. 56:13 TOB). Il
n’est pas écrit ici une action mais des actions de grâces, ce qui veut dire rendre grâce [par la
prière] et par le sacrifice d'actions de grâces. L'âge Messianique constitue une continuation
du présent, et la Torah devra, en conséquence, y être observée encore plus assidûment. Le
statut des Gentils dans la société perfectionnée n'est pas clairement énoncé dans la littérature
Talmudique. La croyance générale semble être qu’à l’époque de la suprématie d’Israël, les
Gentils non repentants, ainsi que les ennemis invétérés du Peuple, seront exclus ; les autres
accepteront le monothéisme. Pour preuve évidente de leur reconnaissance, ils observeront
quelques pratiques juives. Pour ce qui concerne l'admission des prosélytes, les textes nous
informent qu'aucun d’entre eux ne sera reçu au cours de l'ère Messianique, car leur motivation
pourrait être douteuse50. La crainte de la vengeance divine, ou leur volonté d’avoir part aux
nouvelles bénédictions pourrait en effet les inciter à rejoindre les rangs Hébreux51.
18
Le statut des nations dans cet avenir idéal est indiqué dans plusieurs passages aggadiques du
Talmud. Il ne sera pas permis à Rome, le plus méchant des états, de faire amende honorable.
R. Ismaël, un tanna du début du deuxième siècle, indique que l'Egypte viendra offrir un
présent au Messie, qui ne saura trop s’il faut l'accepter ou pas52. L’Eternel le conseillera
alors : « Accepte ce présent, car ils ont permis à mes enfants de résider dans leur pays ». Les
Éthiopiens souhaiteront faire de même et utiliseront le principe du raisonnement a fortiori. Si
les Egyptiens qui ont asservi les Hébreux furent ainsi favorisés, combien meilleure sera notre
position ? D.ieu dira alors au Messie : « Accepte également leur présent ». Sur quoi les
Éthiopiens se joindront à cette fraternité ! Rome la mauvaise raisonnera finalement ainsi : « Si
ceux qui ne sont pas de la même famille qu'Israël ont été si bien accueillis, combien de
meilleur serons-nous reçus, nous qui sommes frères des israélites ? ». Mais D.ieu ordonnera à
Gabriel de rejeter le présent de Rome et de lui reprocher sa férocité envers Israël.
De ceci il appert que seule Rome, de toutes les puissances de la terre, sera totalement
condamnée. Rabbi Simlai, un Amora du troisième siècle, envisage ainsi la scène du jugement.
L’Eternel ouvrira le Livre de la Loi sur sa poitrine et dira : « Quiconque a vécu selon cette
Loi, qu’il vienne ici pour recevoir sa récompense ». A ces mots, toutes les nations se
précipiteront dans une grande confusion, mais le Tout-puissant leur commandera de se
présenter séparément et dans l'ordre. Rome s’approchera du trône céleste. Quand il lui sera
demandé si elle a étudié la Torah. Elle répondra avec vantardise qu'elle a construit des routes,
des ponts, des maisons de bains, et accumulé des trésors d'or et d'argent. « Tout ceci, nous
avons fait pour Israël, afin qu’ils puissent s'occuper exclusivement de la Torah ». Mais
48

Klausner, Die Messianische Vorstellungen, pp. 115 ff. Cité par Sarachek, op.cit.
Vayikra Rabbah, 9:7.
50
TB Nidah 13b.
51
TB Yeb. 24b ; TB Avodah Zarah 3b.
52
TB Pes. 118b.
49

l’Eternel leur rétorquera : « Imbéciles, ce que vous avez construit, c’était pour vous-mêmes
seulement que vous l’avez fait. Y en a-t-il un parmi vous qui puisse dire quelque chose au
sujet de la Loi ? ». À cela, Rome, effrayée, s’enfuira dans une consternation profonde.
Viendra le tour de la Perse. A la question : « Qu’avez-vous fait ? », elle répondra : « Nous
avons construit des ponts, soumis des villes, fait des guerres. Tout ceci nous l’avons fait dans
l'intérêt d'Israël, afin qu’ils puissent étudier la Torah ». Le Tout-puissant les réprimandera
alors, disant : « Vous avez construit des ponts afin de prélever le péage et d’imposer des
taxes ». Ils partiront aussi dans la consternation. Pourquoi la Perse s’est-elle présentée au
jugement après avoir entendu la condamnation de Rome ? Parce qu’elle s’était dit que Rome
avait détruit le Temple, alors qu'elle en avait favorisé la reconstruction. D'autres nations
viendront également volontairement se soumettre à l'épreuve et présenter leur propre défense,
mais en vain.
Toute représentation de l'âge d'or embellit immanquablement celui-ci. Traitant d’un avenir
inconnu, il était facile à certains de magnifier ce qui allait advenir. Ainsi R. Gamaliel II,
successeur de Yoḥanan b. Zakkaï, transporté par son imagination, insista-t-il sur les
merveilles surnaturelles du nouvel état, la fertilité infinie du sol, et la fécondité des femmes,
qui accoucheront d’enfants quotidiennement. Les arbres donneront des fruits mûrs chaque
jour53 : Une autre fois, R. Gamaliel était assis et donnait une instruction : Les arbres sont
destinés à porter des fruits tous les jours, car il est dit, et il poussera des branches qui
porteront des fruits : Tout comme les branches [existent] tous les jours, ainsi y aura-t-il des
fruits tous les jours. Et aussi : Le Saint, béni soit-Il, fera s’écouler un ruisseau depuis le Saint
des Saints, près duquel pousseront toutes sortes de fruits délicieux54. Le sol produira
directement du pain et des vêtements tissés. Les blés auront la taille des palmiers. Le Saint
béni-soit-Il fera souffler un vent au-dessus de ce blé, qui le transformera en farine fine. Toute
personne entrant dans un champ, prendra une poignée de blé, et sera rassasiée, ainsi que sa
famille. Une grappe de raisin rapportera trente mesures de vin. Un simple grain de raisin
remplira un chariot ou un bateau. Le grain sera placé dans un coin de la maison, et l’on en
tirera du vin, comme d'un grand baril55 : 1 Il répondit et me dit : «C'est pour toute la terre que
cela arrivera. 2 Aussi tous ceux qui vivront, connaîtront. Mais, en ce temps-là, je protégerai
seulement ceux qui, en ces jours-là, se trouveront en cette Terre. 3 Et alors, dès que sera
accompli ce qui doit arriver dans ces parties, le Messie commencera de se révéler. 4 Et
Béhémoth se révélera en son lieu, et Léviathan montera de la mer, tous deux monstres
énormes que je créai au cinquième jour de ma création, que j'ai conservés pour ce temps,
pour qu'ils servent alors de nourriture à tous ceux qui resteront. 5 La terre aussi donnera ses
fruits, dix mille pour un, et sur une seule vigne il y aura dix mille rameaux, et un rameau
donnera mille grappes, et une grappe donnera mille raisins, et un raisin donnera un cor de
vin. Et ceux qui ont eu faim seront dans la joie, bien plus, c'est chaque jour qu'ils verront des
prodiges, car des vents sortiront d'auprès de moi pour apporter, chaque matin, l’odeur des
fruits aromatiques, et, à la fin du jour, les nuées qui distillent la rosée de la guérison. 8 En ce
temps, voici que descendra de nouveau le trésor de la manne et ils en mangeront pendant ces
années-là, car ils seront parvenus à la fin des temps. Une telle abondance de nourriture, une
telle facilité de vie, produiront une race de géants

53

TB Shab. 30b.
TB Sanh. 100a.
55
Voir Apocalypse de Baruch, II, chapitre XXIX.
54

19

Le Talmud nous présente une Jérusalem quelque peu extravagante, en parallèle avec les autres
merveilles de l’époque du Messie56. Il décrit un festin qui sera tenu pour les justes à la fin des
jours. Gabriel luttera avec le Léviathan, le monstre marin57, et l'abattra, et on le salera58 : Rav
Yehudah a dit au nom de Rav : Tout que le Saint, Béni soit-il, a créé dans son monde, il le
créa mâle et femelle. Ainsi, le Léviathan, le serpent oblique, et Léviathan le serpent tortueux il
les a créé, mâle et femelle. S’ils s’étaient accouplés, ils auraient détruit le monde entier. Qu’a
[alors] fait le Saint, Béni soit-il ? Il a castré le mâle et tué la femelle, la préservant dans du
sel pour les justes, dans le monde à venir. Car il est écrit : Et il tuera le dragon qui se trouve
dans la mer. Et aussi Béhémoth sur les mille collines a été créé mâle et femelle, et s’ils
s’étaient accouplés, ils auraient détruit le monde entier. Que fit le Saint, Béni soit-il ? Il
castra le mâle et garda par la femelle et la préserva pour les justes, dans le monde à venir.
Car il est écrit : Voyez, maintenant sa force est dans ses reins. Il s'agit du mâle. Sa force est
dans le reste de son corps, il s'agit de la femelle. Là aussi, [dans le cas de Léviathan], il
devrait avoir castré le mâle et gardé la femelle [Pourquoi a-t-il tué la femelle] ? Les poissons
sont des débauchés. Pourquoi n’a-t-il pas inversé le processus ? Si vous voulez, vous pouvez
dire : [c'est parce qu'un poisson] femelle, conservé dans du sel, est plus savoureux. Si vous
préférez, vous pouvez dire qu’il est écrit : Il n'y a que Léviathan que tu aies formé pour jouer
avec, et avec une femme, ce n'est pas correct. Alors ici aussi [dans le cas de Béhémoth] il
aurait dû conserver la femelle dans le sel ? Le poisson salé est agréable au goût, la chair
salée ne l'est pas. On servira le Léviathan à ce festin, durant lequel du vin conservé depuis la
création sera offert aux justes59.
La résurrection.
La résurrection doit être comprise en tant que partie intégrante de l’évènementiel
Messianique. Bien qu'aucun texte n’existe quant à la datation du miracle, il y a de bonnes
raisons de croire que les rabbins ont placé celui-ci au commencement ou à la fin de l'époque
Messianique. Cette présomption est renforcée par la dernière mishnah du traité Sotah, où Elie,
l’une des figures traditionnelles du Messianisme, est mentionné comme étant celui qui
ressuscitera les morts. D’autres textes60 soutiennent que la résurrection en ce monde, qui sera
réalisée par Elie, Elisée, et Ezéchiel, a été décidée afin de montrer la puissance et la majesté
de l’Eternel. En particulier Vayikra Rabbah, ch. 27:4 : Si quelqu’un vous dit que le Saint, Béni
soit-il, nous apportera à l'avenir la résurrection des morts, dites-lui : « Cela s'est déjà produit
par le biais d’Elie, d’Elisée et d’Ézéchiel. R. Aḥa a déclaré au nom de R. Eliezer b. Ḥalafta :
Tout ce que le Saint, Béni soit-il, a l'intention de faire ou de renouveler dans son univers dans
les temps à venir, il l’a déjà en partie réalisé par anticipation dans ce monde, par
l'intermédiaire de ses justes Prophètes. Le Saint, Béni soit-il, a dit : Je suis celui qui
transformera à l'avenir la mer en terre sèche, et j'ai déjà fait une telle chose par
l'intermédiaire de Moïse, comme il est écrit : « Et toi, lève ton bâton, étends la main sur la
mer, fends-la, et que les fils d'Israël pénètrent au milieu de la mer à pied sec » (Exo. 14:16
TOB). Je suis celui qui se souviendra de la femme stérile et ont déjà fait une telle chose ;
comme peut être déduite du texte : « YHVH intervint en faveur de Sara comme il l'avait dit, il
56

TB Baba Bathra 75b.
Targum Onkelos Gen. 1:21, “Le cinquième jour, l’Eternel créa les grands monstres marins”.
58
TB Baba Bathra 74b.
59
TB Sanh. 99a; TB Ber. 34b. En ce qui concerne la littérature sur le Léviathan et autres animaux
eschatologiques, voir Ginzberg, Legends of the Jews V., pp: 42-46; notes 123-127.
60
Cf. Koheleth Rabbah 1:4 : Bar Abba Kappara dit à Rabbi : Si le Saint, Béni soit-il, t’a donné une richesse
généreuse dans ce monde qui ne t’appartient pas, combien plus [vous accordera-t-il] dans le monde à venir, qui
t’appartient entièrement.
57

20

agit envers elle selon sa parole » (Gen. 21:1 TOB). Je suis celui qui fera s'incliner les rois
devant vous, comme il est dit : « Des rois seront tes tuteurs, et leurs princesses, tes nourrices.
Visage contre terre ils se prosterneront devant toi » (Isa. 49:23 TOB), et j'ai déjà accompli
une telle chose par l'intermédiaire de Daniel, car Nabuchodonosor s'inclina devant Daniel,
comme il est dit : « Alors le roi Nabuchodonosor se prosterna sur la face, rendit hommage à
Daniel » (Dan. 2:46 TOB). Je rendrai la vue aux aveugles dans les temps à venir et j’ai déjà
fait une telle chose, comme il est dit : « YHVH ouvrit les yeux du serviteur [d'Elisée] » (2 Rois
6:17 TOB). La Pessikta De Rav Kahana, Piska 9, s’exprime en termes très voisins. Pessikta
Rabbati, Sup. 1, Ch. 1 : Qu'entend-on par les mots qui suivent : « Ce qui est a déjà été, et ce
qui sera a déjà été » (Eccl. 3:15 TOB) ? Ils signifient que le Saint, béni soit-Il, a dit : J'ai
déclaré que dans les temps-à venir je vais relever les morts. Mais les générations successives
ont eu leurs doutes, disant : Peut-on croire qu'un homme mort puisse être ramené à la vie ?
Le Saint, Béni soit-il, a répondu : Pourquoi vous avez des doutes quant à savoir si je serai en
mesure de relever les morts ? N’ai-je pas déjà relevé les morts en ce monde, par la main
d'Élie, par la main d'Elisée et par la main d'Ezéchiel ? Ce qui doit être [dans le temps-àvenir] a déjà été dans ce monde. Étant donné que les sceptiques ne reconnaissent pas la
résurrection des morts, cela signifie-t-il que, dans les temps-à-venir le Saint, Béni soit-il, ne
les relèvera pas, pas plus que les nations païennes, mais qu’il ne relèvera que les justes et
laissera les méchants ? Le Saint, Béni soit-il, a répondu comme suit : Israël reconnaît la
résurrection des morts, mais les nations [païennes] — comme s’il n'était pas suffisant pour
elles de faire ainsi —persécutent également Israël. Ainsi, continuait le Saint, Béni soit-il : Je
ressusciterai donc les nations [païennes] de la Terre, mais aussi Israël, afin de demander
réparation pour Israël [qui est] persécuté. « Et D.ieu va rechercher [réparation pour] ce qui
a disparu [dans la persécution] » (Eccl. 3:15 TOB). Midrash Tanḥuma (Buber), Emor 12, est
assez voisin de ces textes : R. Yehudah et R. Nehemiah eurent une différence d’opinion. R.
Yehudah dit : Si quelqu'un vous dit que, si le premier Adam n'avait pas péché, il serait resté
vivant pour toujours, vous lui direz : Regarde Elie. Etant donné qu’il n’a pas péché, il est
resté en vie pour toujours. Et ce qui doit d'être a déjà eu lieu. Si quelqu'un vous dit que le
Saint [Béni soit-il] ressuscitera les morts, vous lui direz : Regarde, il l'a déjà fait à travers
Elie, Elisée et Ezéchiel. [Mais R. Néhémie dit : Si quelqu'un vous dit que le Saint [Béni soitil] va changer la mer en un sol sec, vous lui direz : Il l'a déjà fait à l'époque de Moïse, comme
il est dit : « Mais les fils d'Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux
formant une muraille à leur droite et à leur gauche » (Exo. 14:29 TOB). Par ailleurs, R. Aḥa
a dit au nom de R. Samuel bar Naḥman : Tout ce que Saint fera dans le monde à venir, il l’a
déjà anticipé et fait en partie aux mains de justes de ce monde. Le Saint [Béni soit-il] a dit :
Je vais ressusciter les morts. Je l'ai déjà fait par les mains d'Elie, d’Elisée et d'Ézéchiel. Le
Saint [Béni soit-il] a dit : Je vais changer la mer en un sol sec. Je l'ai déjà fait : mais les
enfants d’Israël ont traversé mer sur un sol sec. Le Saint [Béni soit-il] a dit : Je vais ouvrir
les yeux des aveugles. C'est déjà arrivé, comme indiqué (II Rois 06:17) : alors : « Elisée pria
en ces termes : YHVH, ouvre-lui les yeux et qu'il voie ! YHVH ouvrit les yeux du serviteur, et
il vit » (2 Rois 6:17 TOB). Le Saint, béni soit-Il a dit : Je visiterai les femmes stériles. Cela est
déjà arrivé, comme il est écrit : « YHVH intervint en faveur de Sara comme il l'avait dit, il
agit envers elle selon sa parole » (Gen. 21:1 TOB). La résurrection à l'ère Messianique
constituera une récompense pour les justes et les craignant-D.ieu, dans le monde à venir.
Le thème de la résurrection fut l’objet d’une controverse bien connue entre les Pharisiens et
les Sadducéens. Il est fréquemment et emphatiquement mentionné dans le Talmud et la
littérature rabbinique. Il constituait un dogme approuvé par le judaïsme dès le premier siècle.
C’est ainsi que le tanna Eléazar HaKappar pouvait déclarer : « ceux qui sont nés doivent

21

mourir, et les morts sont destinés à vivre encore61 ». Cette doctrine est entrée dans la liturgie
juive dans la prière des dix-huit bénédictions, ainsi que dans la prière du matin62 : Aussi
longtemps que mon âme sera en moi, je te remercie, O Eternel mon D.ieu, et D.ieu de mes
pères, souverain de l’univers, Maitre de toutes les âmes. Béni sois-tu, O Eternel, qui restore
l’âme aux corps des morts.
Les certitudes des rabbins concernant la résurrection des morts étaient sans aucun doute
héritées d'un judaïsme plus ancien, basé sur les promesses positives offertes dans l’Ecriture63.
Non satisfaits de ces dernières, cependant, les Sages ajoutèrent de nouvelles « preuves », qui
peuvent quelquefois difficilement être acceptées comme valides, et sont certainement
réfutables. Il s’agit là d’inférences exégétiques fondées sur certaines caractéristiques d'un mot
ou d’une pensée, telle l’utilisation du temps futur dans Ex. 15:1 : « Et Moïse chantera64 » (À
la résurrection). Bien évidemment, la traduction admise est : « Moïse a chanté ».
La grande motivation soutenant cet espoir colossal était d’ordre purement moral. La justice
absolue exigeait le jugement du corps et de l'âme. En ce monde, il n’est point de récompense
parfaite. Il ne serait pas plus juste de récompenser l'âme impérissable uniquement dans l’audelà. Par conséquent, il devra y avoir un jour où la matière et l'esprit seront rassemblés afin de
recevoir le bonheur ou le malheur décrétés par l’Eternel. Dans ce phénomène compensatoire,
le judaïsme diffère essentiellement d'autres théories de l’immortalité. Celles-ci sont fondées
sur la croyance en l’éternité de la matière. En conséquence, le corps, la personnalité,
demeurent immortels. Le Juif, lui, maintient que la matière (corporelle et cosmique) a eu un
commencement et aura une fin. Le Saint béni-soit-il dans sa bonté créée la vie, et peut la
terminer à sa discrétion.
Le jugement final de l’être humain par l’Eternel portera alors sur le corps et l'âme réunis. La
résurrection est donc essentielle à l'exécution du plan divin concernant la récompense et le
destin final de l'individu. Ce principe est illustré par une conversation rapportée dans le
Talmud, entre un empereur romain et R. Yehudah HaNassi65. L'empereur dit au rabbin : « Le
corps et l’âme peuvent s'affranchir du jugement final de la façon suivante : Le corps
déclarera l'âme coupable, en disant « Depuis qu’elle m’a quitté, je gis muet comme une
pierre dans le sépulcre. L'âme, de son côté pourra déclarer : C’est le corps qui est coupable,
car du jour où j'ai été séparée de lui, j’ai pu m’envoler vers les régions supérieures, comme
un oiseau ». À ceci, le rabbin répondit par la parabole d'un roi qui avait un beau jardin rempli
de délectables fruits. Il plaça deux gardes dans le jardin, l’un boiteux et l'autre aveugle. Le
boiteux dit à l'aveugle « Je vois de beaux fruits dans le jardin, porte moi à eux, je les
cueillerai, et nous les mangerons ». Ainsi fut fait et nos gardes recueillirent les fruits et les
mangèrent. Quelque temps plus tard, le propriétaire du jardin les appela et leur demanda,
« Qu’est-il advenu de mes fruits précieux ? » Le garde boiteux dit : « Ai-je des pieds pour
aller les attraper ? ». L’aveugle protesta de même : « Ai-je des yeux pour les voir ? ». Que fit
61

Avoth 4:29.
TB Ber. 60b.
63
Deut. 32:39: « Eh bien ! Maintenant, voyez : c'est moi, rien que moi, sans aucun dieu auprès de moi, c'est
moi qui fais mourir et qui fais vivre, quand j'ai brisé, c'est moi qui guéris, personne ne délivre de ma main ».
Dan. 12:13 : « Toi, va jusqu'à la fin. Tu auras du repos et tu te lèveras pour recevoir ton lot à la fin des jours ».
I Sam. 2:6 : « YHVH fait mourir et fait vivre, descendre aux enfers et remonter ».
Is. 26:19 : « Tes morts revivront, leurs cadavres ressusciteront. Réveillez-vous, criez de joie, vous qui demeurez
dans la poussière ! Car ta rosée est une rosée de lumière, et la terre aux trépassés rendra le jour ».
64
TB Sanh. 91b.
65
TB Sanh. 91a et b.
62

22

le propriétaire ? Il plaça le boiteux sur l'aveugle et les condamna ensemble. C’est ainsi que le
Saint béni-soit-il réunira à nouveau l'âme au corps, afin de les juger ensemble.
La nature du miracle.
La possibilité de résurrection en tant que phénomène physique réel a été étudiée par les
rabbins, qui ont ainsi cherché à renforcer leur foi66. Ils ont argué du fait que si le corps
pourrait revivre après la mort, il était fort possible qu'il en résulte une personne différente de
la première. Ils ont recherché des analogies parmi ces formes de la vie animale qui ne
résultent pas de la reproduction mais de la génération dite « spontanée »67. La probabilité de
la résurrection d’un défunt a paru confortée par les textes scripturaires sur ce sujet, tels qu’on
les trouve chez Elie, Elisée, et Ezéchiel. Une multiplicité d'avis contradictoires, visant à savoir
si la résurrection serait universelle ou partielle, peut être trouvée dans l’exégèse rabbinique.
L’idée que le miracle ne pourra se produire qu’en Terre d’Israël apparaît également. Ceci ne
signifie d’ailleurs pas qu'il sera limité à ceux qui sont morts là-bas. Les défunts enterrés
ailleurs transiteront par des canaux souterrains vers la Terre sainte, où ils surgiront à une
nouvelle vie68.
La résurrection ne se produira pas automatiquement, mais uniquement par le dessein et
l'entremise du Tout-puissant. Selon une autre tradition, le Messie, Elie, ou même un autre élu
de l’Eternel, rappellera les morts69. La « Rosée de la résurrection » (Isaïe 26:19) régénérera et
réveillera les enterrés. Ils sortiront de leurs sépulcres, comme l’herbe surgit de la terre70.
Le problème relatif à la forme suivant laquelle les morts apparaîtront, est discuté par le sagace
tanna R. Meir, dans un dialogue avec la Reine Cléopâtre71. « Je sais » dit la reine, « que les
morts revivront, car il est dit : ils s'épanouiront hors de la ville comme l'herbe de la terre,
mais quand ils se lèveront, seront-ils nus ou vêtus ? ». Le Sage offrit une analogie avec le
grain du blé qui est planté nu, mais jaillit de la terre quand il est mûr, enveloppé de nombreux
habits. « Combien est-il plus probable encore que les justes réapparaissent vêtus ? ».
L'opinion majoritaire à l’époque talmudique semble être que les morts revivront dans l’état
corporel imparfait où ils se trouvaient au moment de leur mort, puis, après qu'ils aient été
ramenés à la vie, seront guéris de leurs imperfections corporelles. Les justes qui ont été
ramenés à la vie ne périront plus jamais, et jouiront pour l’éternité d’une vie sainte à
Jérusalem. Le destin des autres ne sera qu’une seconde (et définitive) mort.
Le monde futur.
Le monde futur est une spéculation théologique qui dépasse notre entendement. Nous ne
pouvons que soupçonner ce qu’il sera. R. Yoḥanan affirme que toutes les bonnes choses
66

TB Sanh. 91a.
Ce concept constituait une vue acceptée durant l’antiquité et même plus tard. Aristote enseignait (Histoire des
animaux, Livre V, 2.) que des animaux peuvent naître de l’air, de la terre, de la chaleur ou de la putréfaction.
Louis Pasteur prouvera l’inanité de cette croyance.
68
TB Kethuboth. 111a.
69
Mishnah Sotah, 9:15, TB Pes. 68a.
70
TB Sanh. 90b. Voir aussi Ps. 72:16: « Qu'il y ait dans le pays, au sommet des montagnes, des champs de blé
dont les épis ondulent comme le Liban, et de la ville, on ne verra qu'un pays de verdure ».
71
Voir M. Wolf, “Mohammedan Eschatology”, p. 120. Aïcha y joue le rôle de Cléopâtre et Mohammed celui
de R. Meir. Cité par Sarachek, op.cit.
67

23

prévues par les Prophètes ne se produiront qu’aux jours de la délivrance, ceux qu’ « aucun œil
n’a jamais vu, à part toi, O Seigneur72 ». La croyance dans un monde futur résulte de la foi
intense de mystiques qui supposent que le monde à venir sera un lieu de bonheur surnaturel et
de joie radieuse, que D.ieu lui-même en sera le souverain, et que seuls ceux qu’Il aura choisi
sur la terre auront le privilège d’y pénétrer.
Dans le monde à venir, il n’y aura pas de nourriture, boisson, procréation, jalousie, haine,
rivalité ou travail. Les justes s’y reposeront, portant des couronnes, et s’épanouiront dans la
gloire divine73 : Un des dictons préférés de Rav était : [Le monde de demain n'est pas comme
ce monde.] Dans le monde à venir, il n'est pas [besoin de] manger ni boire ni de se déplacer
ni d’entreprendre, ni jalousie ni haine ni concurrence, mais les justes sont assis avec leurs
couronnes sur la tête, et se régalent de la lumière de la présence divine, comme il est dit :
« Ils contemplèrent D.ieu, ils mangèrent et ils burent » (Exo. 24:11 TOB). En d'autres termes,
la vie là-bas ne s'exprimera pas sous une forme physique mais seulement comme une entité
spirituelle. Le pur bonheur ne peut être atteint sur cette terre, mais seulement dans le monde à
venir. La vie actuelle n’est que l’antichambre qui mène vers la divine demeure, là-bas. Selon
l'opinion de R. Simon b. Yoḥaï, la vie éternelle dans le monde à venir représente l'un des trois
cadeaux exceptionnels accordés par l’Eternel à Israël, les autres deux étant la Torah et la
Terre d’Israël.

24

72
73

TB Sanh. 99b.
TB Ber. 17a.

LE MESSIE DANS LE TANAKH
Le terme “Messie » est un mot français venant du latin Messias, lui-même emprunté au Grec
μεσσίας, 74 adaptation de l’araméen meshiḥa (Aram.‫)משיחא‬, traduction de l’hébreu (hamelekh) ha-Mashiaḥ (‫)המלך המשיח‬, (le roi) oint. Il désigne, linguistiquement et techniquement,
une personne ayant reçu l’onction indispensable à l’accès à la royauté ou à la prêtrise, et
même, quelquefois, à la prophétie75. On peut imaginer que ce concept ait pris une importance
plus grande aux yeux du peuple après la chute du Premier Temple, en -586, alors que les
Hébreux, émigrés forcés, privés de nation et de liberté, aspiraient fortement à une restauration
du Royaume, où ils pourraient rentrer.
Le mot hébreu Mashiaḥ fut donc tout d’abord appliqué aux rois d’Israël, installés dans leur
fonction royale par un acte rituel d’investiture. Ces antécédents de la figure du Messie dans la
Bible peuvent avoir leur origine dès l’intronisation de David à Jérusalem, qui a régné de 1010
à 970 avant notre ère. À travers l’acte symbolique de l’onction, D.ieu dotait le roi de la
sagesse et de la force nécessaires pour remplir les fonctions leur royal devoir. Les fonctions
rédemptrices de l’oint ont été exprimées par le Prophète Isaïe : « L’Esprit de YHVH D.ieu est
sur moi. YHVH, en effet, a fait de moi un Messie, il m’a envoyé porter joyeux message aux
humiliés, panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l’évasion, aux prisonniers
l’éblouissement » (Isa. 61:1 TOB). Cet acte religieux d’un pouvoir reçu avec le don de l’esprit
de D.ieu fournira un modèle pour les études figures messianiques postbibliques.
Puisque les rois Israélites étaient installés dans leur office par une onction, ils sont donc
littéralement tous des « Messies », c'est-à-dire des oints. C’est ainsi que nous pouvons lire que
les trois premiers rois d’Israël : Saül (1 Sam.10 :1), David (1 Sam.16 :13) et Salomon (1 Rois
1:34-39) ont été oints par des Prophètes. Par conséquent, nous en inférons que le mot
« Messie » peut faire référence à toute personne nommée par ordre divin à une tâche touchant
au destin du peuple juif. Le terme a fini par désigner un roi futur, divinement inspiré, et de
dimensions eschatologiques, c'est-à-dire arrivant à la fin des temps. Ce futur Messie devrait
rétablir le Royaume d’Israël et d’inaugurer une ère de paix. Bien que le désir d’un ordre idéal
sous un roi davidique idéal ait déjà commencé à apparaitre aux temps bibliques, le terme
Mashiaḥ n’est jamais utilisé dans la Bible dans son sens spécifique et eschatologique.
À l’époque des rois et des Prophètes, depuis le VIIIe siècle avant notre ère, jusqu'à la
destruction du premier Temple en -586, l’espérance du Salut a commencé à jouer un rôle
dominant et particulier dans la vie du peuple juif. Ces attentes trouvent leurs origines dans la
promesse dynastique offerte par le Prophète Samuel : « Devant toi, ta maison et ta royauté
seront à jamais stables, ton trône à jamais affermi » (2 Sam. 7:16 TOB). Dans l’imaginaire
juif, l’ère et la personne de David et l’époque sont devenues le modèle de la figure et de
l’époque messianique.
Le couronnement de David, fils de Jessé, à Jérusalem, représente en effet la pierre angulaire,
autant que l’élément le plus romantique, du Messianisme. Le trône d’Israël fut attribué à
David et à ses descendants pour l’éternité. Son règne fut perçu comme l’aboutissement d’une
longue période de formation et de conflits contre de puissantes forces de destruction,
d’origine domestique ou étrangères. David représentait le Sauveur d’Israël par excellence. Cet
Remarquons que ce mot n’apparaît pas dans la LXX, alors que χριστος s’y rencontre 10 fois. On le trouve
deux fois dans la Bible grecque moderne, en Jean 1:41 et 4:25, tandis que χριστος apparaît 580 fois dans ce
même ouvrage.
75
Elie a oint son successeur Elisée.
74

25

état de grâce, cependant, ne dura guère et, comme le temps passait, cet âge d’or apparut de
plus en plus lointain, contrastant avec un présent difficile.
Que nous considérions ou non les anticipations nationales de la période pré-prophétique
comme l’embryon d’un concept Messianique, il est certain que les représentations d'un futur
glorieux, dans le sens habituel donné à l’idée de Messie, ne peuvent être trouvées que dans les
écrits des Prophètes. C’est en effet seulement à l’époque des rois que l'espérance du salut
reçut son impulsion historique et commença à jouer un rôle dominant et conscient dans la vie
du peuple. Les Prophètes ont ainsi trouvé une motivation à leur désir de voir Israël restauré, le
monde débarrassé des malheurs politiques, sociaux et religieux de leur époque, au travers
d’une vision eschatologique héritée des générations précédentes.
Cette aspiration vers un avenir débarrassé des scories du présent représente en elle-même une
“invention” propre aux livres prophétiques, tout comme le monothéisme, l’élection d’Israël,
l’intangibilité de la Thora ou les lois morales, sont d’inspiration purement mosaïque.
Il ne fait aucun doute que les Prophètes n’étaient pas seuls dans leur proclamation d'un monde
idéal. Ils étaient les porte-parole d'une partie non négligeable du peuple, dont ils exprimaient
les convictions. La forme suivant laquelle cet héritage nous est parvenu participe d’un
optimisme des plus riches et des plus justes. Les allusions au Messie apparaissent comme une
lueur réconfortante au milieu des diatribes des Prophètes contre les nations impies, leurs
dénonciations des abus sociaux, la politique à courte vue des dirigeants, l’hypocrisie
religieuse et leurs louanges envers l’Eternel.
Il appert des allusions faites dans Isaïe 11:1-16, et Michée 7:11-15, qui utilisent l'Exode
comme modèle, que la future rédemption sera sûrement d’ordre miraculeux. Les anciens
conflits entre Israël et l'Egypte réapparaîtront sous la forme de guerres plus sanglantes et plus
décisives entre Israël et les nations, à la fin des jours, si crûment décrite dans Zacharie 14:12,
et Ezéchiel 38 et 39. Ezéchiel mentionne plus particulièrement Gog, du pays de Magog, qui
représentera l'ennemi archétypal d'Israël dans tous les récits ultérieurs de la rédemption. Il
apparaît clairement d’Ezéchiel 38 :18 que ce Prophète considérait Gog comme l'ennemi
suprême. Le Messie ne participe cependant pas à ces guerres. C’est l’Eternel seul qui vainc
l'adversaire, par des moyens extraordinaires et surnaturels.
Un des éléments essentiels de la rédemption est la restauration de la maison d’Israël, jusque-là
dispersée. Elle est envisagée avec enthousiasme par les Prophètes. On notera avec intérêt
l'allusion d’Isaïe (27:13) à l’utilisation du shofar, afin de rassembler le peuple. Ce point a
souvent été repris dans les récits Messianiques postérieurs. Le shofar sera de même utilisé
pour appeler les morts au jour de la résurrection.
Une reconstitution complète de l'Etat hébreu sur sa propre Terre présuppose l’abrogation
d'une antique erreur politique, et donc la réunion des deux royaumes de Judah et d’Israël,
éloquemment prêchée par les principaux Prophètes. Leurs exhortations abondent en images
vibrantes au sujet de la luxuriance extraordinaire de la terre d’Israël à cette époque future.
Tout ce qui est nécessaire à la vie courante y sera librement donné. L'affirmation de
l'indestructibilité du peuple hébreu, en tant que concept de base, est admirablement exprimée
en Jérémie 31:35-37.
La prééminence spirituelle d'Israël est illustrée par nombre d'oracles brillants, en particulier
dans Isaïe (2:1-4), qui traduisent un idéalisme et un universalisme des plus purs. Le
désarmement et l’établissement d’un tribunal juridique universel y sont prédits. En revanche,

26

on trouve rarement l’idée que les Juifs exerceront le contrôle politique ou matériel du monde.
L'aspiration nationale, telle qu’exprimée par les Prophètes, se limite à l’espoir que les Juifs
pourront exercer la souveraineté dans leur propre Etat, et seront pour toujours exempts de
toute molestation par les puissances étrangères.
L'Etat hébreu bénéficiera de la stabilité politique intérieure, ainsi que de la perfection
spirituelle. L’Eternel et sa loi seront acceptés intuitivement par tous. L'influence unique
exercée par Israël sur le monde sera d’ordre moral et spirituel. Le Dieu d'Israël sera
universellement adoré. Les Gentils effectueront un pèlerinage annuel à Jérusalem, au cours de
la Fête des Tabernacles, afin d’exprimer leur soumission à l’Eternel76.
Sion, d’où rayonnera toute influence bénéfique, occupe une position centrale dans le paysage
spirituel d'Israël. Isaïe (1:27), entre d'autres, conçoit Sion comme la capitale spirituelle du
monde, haut lieu de vérité et de sainteté. Sion est la pierre angulaire (28:16) d'une fondation
stable, indispensable à l’édification d’une religion universelle. Afin de perdurer dans cette
nouvelle ère, la religion sera inaccessible à la violence et imperméable au déclin moral. Le
destin cruel attribué aux Gentils par Zacharie et Ezéchiel ne s’appliquera en fait qu’aux
méchants parmi ceux-ci, tout comme d’ailleurs aux Hébreux indignes. La fraternité des
nations est attendue avec une vibrante espérance.
L'unicité et l'originalité du message prophétique peuvent être vues ici dans leur double
dimension, nationale ou politique, universelle ou morale. Ces deux aspects sont étroitement
liés. Les Prophètes ont apporté nombre d’éléments humanistes à cette recherche, tout à fait
normale pour une nation, vers une destinée supérieure. Ils ont prêché la paix, la rectitude, la
vérité, le monothéisme, et la fraternité. Leur projection vers l’avenir embrasse non seulement
le bonheur et la sanctification du peuple choisi par l’Eternel mais, au même titre, la perfection
et le bonheur de toute l'humanité.
Les Prophètes offrent l’espoir de la rédemption future face aux iniquités et à l’injustice sociale
à leur propre époque. Si les problèmes ne pouvaient être résolus dans le présent, ils donnaient
au moins l’espoir qu’une solution juste adviendrait à la fin des temps, quand un roi de la plus
haute éthique, de sagesse et de force apporterait enfin un moment de paix et de justice.
Certains érudits ont d’ailleurs établi une distinction entre deux types de Messianisme :
« réparateur », et « utopique, ». Le premier évoque la mémoire historique nationale du « bon
vieux temps » de la royauté davidique. Le second attend avec impatience un personnage
d’importance, qui conduira les habitants de la terre vers un monde idéalisé et parfait.
Les Prophètes ont prédit qu’avant la vision de cet âge parfait, les péchés du peuple
entraîneraient d’abord leur peine, la souffrance et l’exil. Alors seulement, avec un repentir
sincère, ils seraient pardonnés et retourneraient vers la Terre d’Israël. Amos et plusieurs autres
Prophètes ultérieurs décrivent cette période d’affliction et de jugement sévère à venir comme
‫יום יהוה‬, « le jour de YHVH » Ce passage difficile serait suivi par le rassemblement des
populations dispersées et le rétablissement de leur indépendance dans leur Terre, dans une ère
de paix. Cet âge futur serait caractérisé extérieurement par la libération de la domination
étrangère oppressive et, intérieurement, par un éveil et une réforme morale au sein de la
nation. Dans l’écriture poétique des Prophètes plus tardifs, on retrouve diverses descriptions
de cet âge d’or qui suit dans la foulée du « Jour de YHVH ».
Ceci est à rapprocher du fait que nombre de religieux en Israël aujourd’hui voient la construction du Troisième
Temple, sur le Mont Moriah, comme étant possible parce qu’elle se fera en accord avec, et même à la demande,
des autres peuples.
76

27

Les Prophètes ultérieurs, tels que Amos, Isaïe, Michée, Osée, Ezéchiel, Jérémie et d’autres,
ont magnifié et étendu la vision du roi davidique et de l’époque Messianique à venir, bien que
certains aient omis la référence à David lui-même. Ils ont alors décrit l’âge futur comme un
temps de bien-être inégalé et de tranquillité spirituelle (Isaïe 2:1-4 ; 11:1-9).
Il n’en reste pas moins que les mentions explicites du Messie dans le Tanakh sont assez peu
nombreuses. Elles sont essentiellement contenues dans I et II Samuel (respectivement 11 et 5,
sur un total de 33 mentions). Elles font allusion à Saül ou David en tant que rois ayant reçu
l’onction. Par ailleurs, le célèbre verset d’Isaïe, XLV, 1 considère Cyrus comme le Messie,
parce qu’il a redonné la liberté à Israël. On observe 10 mentions du mot dans les Psaumes. Là
encore, même si le ton est souvent douloureux, David reste évidemment la référence
messianique. C’est aussi le cas pour les Chroniques I et II, et pour Lamentations, IV, 20.
Daniel prévoit la durée de l’Exil, et sa fin, liée à un Messie.

28

LE MESSIE DANS LE TANAKH
La traduction utilisée est celle de la TOB
1. ‫שמואל א פרק ב פסוק י‬
:‫ן־עז לְ מַּ לְ ֵּ֔כ ֹו וְ י ֵ ָָ֖רם ֶק ֶרן משיח ֹו‬
ֹ ַ֣ ֶ‫י־א ֶרץ וְ יִׂ ּת‬
ָ֑ ָ ֵ‫יביו עלו ָעלָיו֙ בַּ שָ ַּ ַ֣מיִׂ ם י ְַּר ֵֵ֔עם יְ קֹ וָ ָ֖ק י ִׂ ַָ֣דין אַּ פְ ס‬
ָ ָ֗ ‫יְ קֹ ָ֞ ָוק י ֵַּחַּ֣תּו מריבו ְמ ִׂר‬
I Samuel, II, 10.
YHVH, ses adversaires seront brisés, contre eux, dans le ciel, il tonnera. YHVH jugera la
terre entière. Il donnera la puissance à son roi, il élèvera le front de son Messie.
2. ‫שמואל א פרק ב פסוק לה‬
:‫ִ֤יתי ל ֹו֙ ַּבַ֣יִׂ ת ֶנ ֱא ֵ֔ ָמן וְ ִׂה ְתהַּ ֵלְך לִׂ פְ ֵנֵֽי־משיחי ּכָל־הַּ י ִׂ ֵָֽמים‬
ִׂ ‫ֲשר בִׂ לְ בָ ִׂבי ּובְ נַּפְ ִׂ ָ֖שי ַּיע ֶ ֲָ֑שה ּובָ ִׂנ‬
ֶׁ֛ ֶ ‫ַּוהֲקִׂ ימֹ ִׂתי לִׂ י֙ ּכֹ ֵהַ֣ן ֶנ ֱא ֵ֔ ָמן ַּּכא‬
I Samuel, II, 35.
Puis, je me susciterai un prêtre sûr. Il agira selon mon cœur et mon désir. Je lui bâtirai une
maison stable. Il marchera toujours en présence de mon Messie.
3. ‫שמואל א פרק יב פסוק ג‬
֙‫ַּד־מי‬
ִׂ ‫ּומי‬
ִׂ ‫ ֹותי‬
ִׂ ‫ת־מי ַּר ֵ֔צ‬
ַ֣ ִׂ ֶ‫ָשקְ ִּׂתי֙ א‬
ַּ֙ ‫ת־מי ע‬
ִ֤ ִׂ ֶ‫הִׂ נְ ִׂנַ֣י עֲנַ֣ ּו בִׂ ֩י ֶֶ֨נגֶד יְ קֹ ָ֜ ָוק וְ נֶ ֶַ֣֣גֶד משיח ֹו אֶ ת־ש ֹור׀ ִֶׂ֨מי ל ָ֜ ַָּקחְ ִּׂתי ַּוח ֲ֧מ ֹור ִׂ ַ֣מי ל ָ֗ ַָּקחְ ִּׂתי וְ א‬
:‫ל ַּ ַָ֣קחְ ִּׂתי ֵ֔ ֹכ ֶפר וְ אַּ עְ ִׂלים ֵעינַּ ָ֖י ָ֑ב ֹו וְ אָ ִׂ ָ֖שיב ל ֶ ֵָֽכם‬
29
I Samuel, XII, 3.
Me voici. Déposez à mon sujet devant YHVH et devant son Messie : De qui ai-je pris le bœuf
et de qui ai-je pris l'âne ? Qui ai-je exploité et qui ai-je maltraité ? À qui ai-je extorqué de
l'argent pour fermer les yeux sur son cas ? Je vous le rendrai.
4. ‫שמואל א פרק יב פסוק ה‬
:‫אתם בְ י ִׂ ָָ֖די ְמ ָ֑אּומָ ה ו ַָּ֖י ֹאמֶ ר ֵ ֵֽעד‬
ֶׁ֛ ֶ ָ‫ֵיהם עֵ ֧ד יְ קֹ וָ ַ֣ק בָ ֶָ֗כם וְ עֵ ִ֤ד משיח ֹו֙ הַּ יַ֣ ֹום הַּ ֵֶ֔זה ִׂ ַּ֣כי ֧ל ֹא ְמצ‬
ֶ ָ֜ ‫ַּו ֶ֨י ֹאמֶ ר ֲאל‬
I Samuel, XII, 5.
Il leur dit : « YHVH est témoin contre vous, et son Messie est témoin, en ce jour, que vous
n'avez rien trouvé en ma main ». On répondit : « Il en est témoin ».
5. ‫שמואל א פרק טז פסוק ו‬
:‫יאב ו ַֹּּ֕י ֹאמֶ ר ַּ ֶׁ֛אְך נֶ ֶ֣גֶד יְ קֹ וָ ָ֖ק משיח ֹו‬
ָ֑ ָ ִׂ‫ ֹואם וַּיַּ ָ֖ ְֶ֣רא אֶ ת־אֱל‬
ָ ֵ֔ ‫וַּיְ ִׂ ַ֣הי בְ ב‬
I Samuel, XV, 6.
Quand ils arrivèrent, Samuel aperçut Eliav et se dit : « Certainement, le Messie de YHVH est
là, devant lui ».
6. ‫שמואל א פרק כד פסוק ו‬
:‫ַּו ֶ֨י ֹאמֶ ר ַּל ֲאנָשָָ֜ יו חָ ִׂ ֧לילָה ִׂ ַ֣לי ֵ ֵֽמיקֹ ָ֗ ָוק ִׂאם־אֶ עֱשֶ ֩ה אֶ ת־הַּ דָ ֶ֨ ָבר הַּ זֶ ִ֤ה ַּ ֵֽלאדֹ נִׂ י֙ לִׂ ְמ ִׂ ַ֣שיחַּ יְ קֹ ֵ֔ ָוק לִׂ ְשלחַּ י ִׂ ָָ֖די ָ֑ב ֹו ִׂ ֵּֽכי־ ְמ ִׂשיחַּ יְ קֹ וָ ָ֖ק ֵֽהּוא‬

I Samuel, XXIV, 6.
Il dit à ses hommes : «Que YHVH m'ait en abomination si je fais cela à mon seigneur, le
Messie de YHVH. Je ne porterai pas la main sur lui, car il est le Messie de YHVH ».
7. ‫שמואל א פרק כד פסוק י‬
֙‫הִׂ ֵנ ֩ה הַּ יֶ֨ ֹום הַּ ֶָ֜זה ָר ַ֣אּו ֵעי ֶָ֗ניָך ֵ ַ֣את אֲ שֶ ר־נְ תָ נְ ָ֩ך יְ קֹ ֶ֨ ָוק׀ הַּ יִ֤ ֹום׀ בְ י ִָׂדי֙ בַּ ְמע ֵָָ֔רה וְ אָ ַּמר ַּלה ֲָרגֲָךָ֖ ו ָ ַַּּ֣תחָ ס ע ֶָלָ֑יָך וָאֹ ָ֗ ַּמר ל ֹא־אֶ ְש ַּלִ֤ח י ִָׂדי‬
:‫י־מ ִׂשיחַּ יְ קֹ וָ ָ֖ק ֵֽהּוא‬
ְ ִׂ‫ַּ ֵֽבאדֹ ֵ֔ ִׂני ּכ‬
I Samuel, XXIV, 10.
Tu l'as vu de tes yeux aujourd'hui même : YHVH t'avait livré entre mes mains, aujourd'hui
dans la caverne ; on parlait de te tuer, mais j'ai eu pitié de toi et j'ai dit : « Je ne porterai pas la
main sur mon seigneur, car il est le Messie de YHVH ».
8. ‫שמואל א פרק כו פסוק ט‬
:‫יתהּו ּכִִּׂ֠ י ִׂ ַ֣מי שָ לַּ ח י ֶָׁ֛ד ֹו בִׂ ְמ ִׂשיחַּ יְ קֹ וָ ָ֖ק וְ נִׂ ָ ֵֽקה‬
ָ֑ ֵ ִׂ‫ישי אַּ ל־ּתַּ ְשח‬
ָ֖ ַּ ִׂ‫ ַּו ֧י ֹאמֶ ר דָ ִׂוֶׁ֛ד אֶ ל־אֲב‬:
I Samuel, XXVI, 9.
David dit à Avishaï : « Ne le tue pas ! Qui pourrait porter la main sur le Messie de YHVH et
demeurer impuni ».
9. ‫שמואל א פרק כו פסוק יא‬
‫ֲשר מראשתו ְמ ַּראֲשֹ ָ ֶׁ֛תיו וְ אֶ ת־צַּ ַּפחַּ ת הַּ ַּ ָ֖מיִׂ ם וְ נֵ ֲלכָה‬
֧ ֶ ‫חָ ִׂ ִ֤לילָה לִׂ י֙ ֵ ֵֽמיקֹ ֵ֔ ָוק ִׂמ ְשלחַּ י ִׂ ָָ֖די בִׂ ְמ ִׂ ַ֣שיחַּ יְ קֹ וָ ָ֑ק ִּ֠ ְועַּּתָ ה קַּ ח־ ֶָ֨נא ֶ ֵֽאת־הַּ ח ָ֜ ֲִׂנית א‬
:‫ָ ֵֽלנּו‬
I Samuel, XXVI, 11.
Que YHVH m'ait en abomination si je porte la main sur le Messie de YHVH ! Prends donc la
lance qui est à son chevet et la gourde d'eau, et allons-nous-en.
10. ‫שמואל א פרק כו פסוק טז‬
‫עַּּתה׀ ְר ָ֗ ֵאה‬
ַ֣ ָ ְ‫א־שמַּ ְר ֶ ֶּׁ֛תם עַּל־אֲ דֹ נֵיכֶ ָ֖ם עַּל־ ְמ ִׂ ַ֣שיחַּ יְ קֹ וָ ָ֑ק ו‬
ְ ֹ ‫אֲשר ֵֽל‬
֧ ֶ ‫ית חַּ י־יְ קֹ ָ֗ ָוק ִׂ ִּ֤כי בְ נֵי־ ָ֙מוֶת֙ אַּ ֵ֔ ֶּתם‬
ָ֒ ָ ‫ֲשר ע ִָׂש‬
ַ֣ ֶ ‫ֹא־ט ֹוב הַּ דָ ָבַ֣ר הַּ ז ֶ֘ה א‬
ָ֞ ‫ל‬
:‫ֵ ֵֽאי־ח ֲִׂנית הַּ ֶ ֶׁ֛מלְֶך וְ אֶ ת־צַּ פַּ חַּ ת הַּ ַּ ָ֖מ ִׂים א ֲֶשר מראשתו ְמ ַּראֲשֹ ָ ֵֽתיו‬
I Samuel, XXVI, 16.
Ce n'est pas bien, ce que tu as fait là. Par la vie de YHVH, vous méritez la mort pour n'avoir
pas veillé sur votre maître, le Messie de YHVH. Regarde maintenant où sont la lance du roi et
la gourde d'eau qui étaient à son chevet.
11. ‫שמואל א פרק כו פסוק כג‬
:‫יתי לִׂ ְשלחַּ י ִׂ ָָ֖די בִׂ ְמ ִׂשיחַּ יְ קֹ ָוֵֽק‬
ִׂ ‫ַּוֵֽיקֹ וָק֙ י ִׂ ַָ֣שיב ל ִֵָׂ֔איש אֶ ת־ צִׂ ְדקָ ָ֖ת ֹו וְ אֶ ת־ ֱא ֻמנ ָָ֑ת ֹו ֲאשֶ ֩ר נְ תָ נְ ָך֙ יְ קֹ וָ ִ֤ק׀ הַּ י ֹום֙ בְ ֵָ֔יד וְ ַ֣ל ֹא אָ ִֵׂ֔ב‬
I Samuel, XXVI, 23.
Que YHVH rende à chacun ce qu'il a fait de juste et de sincère. C'est YHVH qui t'avait livré
aujourd'hui entre mes mains, et j'ai refusé de porter la main sur le Messie de YHVH.

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12. ‫שמואל ב פרק א פסוק יד‬
:‫ַּוי ֹאמֶ ר אֵ לָ ָ֖יו דָ ִׂ ָ֑וד אֵֵ֚ יְך ַ֣ל ֹא י ֵֵָ֔ראתָ לִׂ ְש ֶ֨ל ֙ ַּח ָ ֵֽי ְֶ֣ד ֵָ֔ך לְ שַּ ֵחָ֖ת אֶ ת־ ְמ ִׂשיחַּ יְ קֹ ָוֵֽק‬
II Samuel, I, 14.
David lui dit : «Comment ! Tu n'as pas craint d'étendre la main pour tuer le messie de
YHVH ?
13. ‫שמואל ב פרק א פסוק טז‬
:‫ֹאשָך ִׂ ַּ֣כי ָ֗ ִׂפיָך עָנָ ִ֤ה בְ ָך֙ לֵאמֵֹ֔ ר אָ נֹ ִׂכי מֹ ַּ ָ֖ת ִּׂתי אֶ ת־ ְמ ִׂשיחַּ יְ קֹ ָוֵֽק‬
ָ֑ ֶ ‫ַּו ִ֤י ֹאמֶ ר אֵ לָיו֙ דָ ִֵׂ֔וד דמיך דָ ְמָךָ֖ עַּל־ר‬
II Samuel, I, 16.
David lui dit : « Que ton sang soit sur ta tête, car tu as déposé contre toi-même en disant :
C'est moi qui ai donné la mort au Messie de YHVH »
14. ‫שמואל ב פרק יט פסוק כב‬
:‫יּומת ִׂש ְמ ִׂ ָ֑עי ִּׂכי קִׂ לֵ ָ֖ל אֶ ת־ ְמ ִׂשיחַּ יְ קֹ ָוֵֽק‬
ָ֖ ַּ ‫ישי בֶ ן־צְ רּויָה֙ ַּו ֵ֔י ֹאמֶ ר ה ַּ ֲַ֣תחַּ ת ֵ֔ז ֹאת ל ֹא‬
ִ֤ ַּ ִׂ‫ַּו ֶַּ֨יעַּן ֲאב‬
II Samuel, XIX, 22.
Avishaï, fils de Cerouya, intervint et dit : « Est-ce une raison pour ne pas mettre à mort
Shiméï, alors qu'il a maudit le Messie de YHVH »
15. ‫שמואל ב פרק כב פסוק נא‬
:‫ ֹולם‬
ֵֽ ָ ‫ה־ח֧סֶ ד לִׂ משיח ֹו לְ דָ ִׂוד ּולְ ז ְַּרעָ֖ ֹו עַּד־ע‬
ֶ ֶ‫מגדיל ִׂמגְ ָ֖ד ֹול יְשּועַ֣ ֹות מַּ לְ ּכָ֑ ֹו וְ ֵֽ ֹעש‬
II Samuel, XXII, 51.
Il donne de grandes victoires à son roi, il agit avec fidélité envers son Messie, envers David et
sa dynastie, pour toujours.
16. ‫שמואל ב פרק כג פסוק א‬
:‫ֱלהי ַּ ֵֽיעֲקֵֹ֔ ב ּונְ ִׂ ָ֖עים ז ְִׂמר ֹות יִׂ ְש ָר ֵ ֵֽאל‬
ַ֣ ֵ ‫יח א‬
ַּ ֙ ‫וְ ֵ ֶׁ֛אלֶה ִׂדבְ ֵרי דָ ִׂוָ֖ד הָ ַּ ֵֽאחֲרֹ ִׂנָ֑ים נְ אֻ ֧ם דָ ִׂוַ֣ד בֶ ן־יִׂ שַָּ֗ י ּונְ אֻ ִ֤ם הַּ ֙ ֶגבֶ ר֙ הֻ ַ֣קַּ ם ֵָ֔על ְמ ִׂ ֙ש‬
II Samuel, XXIII, 1.
Et voici les dernières paroles de David : Oracle de David, fils de Jessé, oracle de l'homme
haut placé, Messie du D.ieu de Jacob et favori des chants d'Israël.
17. ‫ישעיהו פרק מה פסוק א‬
‫ימינָ֗ ֹו לְ ַּרד־לְ ָפנָיו֙ ג ֵ֔ ִׂ ֹוים ּומָ ְתנֵ י ְמל ִׂ ָָ֖כים ֲאפ ֵ ַָּּ֑תחַּ לִׂ פְ ִֹּ֤תחַּ לְ ָפנָיו֙ ְדלָתֵַּ֔ יִׂ ם‬
ִׂ ‫ּכֹ ה־אָ ַּ ַ֣מר יְ קֹ ו ָ֘ק לִׂ משיח ֘ ֹו לְ ַ֣כ ֶ ֹורש אֲשֶ ר־הֶ חֱזַּ ֶַ֣֣קְ ִּׂתי ִׂ ֵֽב‬
:‫ּוש ָע ִׂ ָ֖רים ל ֹא יִׂ סָ ֵגֵֽרּו‬
ְ
Isaïe, XLV, 1.
Ainsi parle YHVH à son Messie : À Cyrus que je tiens par sa main droite, pour abaisser
devant lui les nations, pour déboucler la ceinture des rois, pour déboucler devant lui les
battants, pour que les portails ne restent pas fermés.

31

18. ‫חבקוק פרק ג פסוק יג‬
:‫את לְ יֵ ַ֣שַּ ע ַּע ֵ֔ ֶמָך לְ יֵ ָ֖שַּ ע אֶ ת־משיחָך מָ ַּחִ֤צְ ּתָ ר ֹאש֙ ִׂמ ֵ ַ֣בית ָרשֵָ֔ ע ָע ֶׁ֛ר ֹות יְ ס ֹוד עַּד־צַּ ּוָ ָ֖אר ֶ ֵֽסלָה‬
ָ֙ ‫י ֙ ָָצ‬
Ḥabacuc, III, 13.
Tu es sorti pour le salut de ton peuple, pour le salut de ton Messie. Tu as décapité la maison
du méchant : place nette au ras des fondations !
19. ‫תהלים פרק ב פסוק ב‬
:‫ַּל־יקֹ וָק וְ עַּל־משיח ֹו‬
ְ ְ֝ ‫ֵי־א ֶרץ וְ ר ֹוז ְִׂנים נֵֽ ֹוסְ דּו־יָ ָ֑חַּ ד ע‬
ֶ ָ֗ ‫ִׂי ְתיַּצְ ֶ֨בּו׀ מַּ לְ כ‬
Tehilim, II, 2.
Les rois de la terre s'insurgent et les grands conspirent entre eux, contre YHVH et contre son
Messie.
20. ‫תהלים פרק יח פסוק נא‬
:‫ ֹולם‬
ֵֽ ָ ‫מגדל מַּ גְ ִׂד ֘יל יְ שּוע֪ ֹות ַ֫ ַּמלְ ּכ ֹו וְ ִ֤ ֹעשֶ ה ֶ֨ ֶחסֶ ד׀ לִׂ משיח ֹו לְ דָ ִׂוד ּולְ ז ְַּר ָ֗ע ֹו עַּד־ע‬
Tehilim, XVIII, 51.
Il donne de grandes victoires à son roi, il agit avec fidélité envers son Messie, envers David et
sa dynastie, pour toujours.
21. ‫תהלים פרק כ פסוק ז‬
:‫ ֹושיעַּ׀ יְ קֹ ָ֗ ָוק ְמ ַ֫ ִׂשיח ֹו ַַּ֭י ֲענֵהּו ִׂמ ְש ֵ ַ֣מי קָ ְד ָ֑ש ֹו ְ֝ ִׂבגְ ב ָֻ֗ר ֹות יֵ ַ֣שַּ ע יְ ִׂמינֵֽ ֹו‬
ִׂ ‫עַּּתה י ָ֗ ַָּדעְ ִּׂתי ִׂ ִּ֤כי ה‬
ִ֤ ָ
Tehilim, XX, 7.
Maintenant je le sais : YHVH donne la victoire à son Messie ; il lui répond de son sanctuaire
céleste, par les prouesses victorieuses de sa droite.
22. ‫תהלים פרק כח פסוק ח‬
:‫ּומעִ֤ ֹוז יְ שּועָ֖ ֹות משיח ֹו ֵֽהּוא‬
ָָ֮ ‫יְ קֹ וָ ק ֵֽ ֹעז־לָ ָ֑ מ ֹו‬
Tehilim, XXVIII, 8.
YHVH est la force de son peuple, la forteresse qui sauve son Messie.
23. ‫תהלים פרק פד פסוק י‬
:‫ֱלהים ְְ֝והַּ ָ֗ ֵבט פְ נֵ ַ֣י משיחָך‬
ָ֑ ִׂ ‫מַָ֭ גִׂ נֵנּו ְר ֵ ַ֣אה א‬
Tehilim, LXXXIV, 10.
O D.ieu, vois celui qui est notre bouclier, regarde le visage de ton Messie.
24. ‫תהלים פרק פט פסוק לט‬
:‫וְ אַּ ָ ַּ֣תה ַָ֭זנַּחְ ּתָ ו ִַּּׂת ְמ ָ ָ֑אס הְִׂ֝ ְת ַּע ָ֗ ַּב ְרּתָ עִׂ ם־משיחָך‬
Tehilim, LXXXIX, 38.

32

C'est toi, pourtant, qui as rejeté, méprisé ton Messie, qui t'es emporté contre lui.
25. ‫תהלים פרק פט פסוק נב‬
:‫אֲשר חֵ ְר ָ֖פּו א ֹויְ ֶביָך׀ יְ קֹ וָ ָ֑ק א ֲֶשר חְֵ֝ ְר ָ֗פּו עִׂ קְ ב ֹות משיחָך‬
ִ֤ ֶ
Tehilim, LXXXIX, 52.
Tes ennemis l'ont outragé, YHVH ! En crachant sur les pas de ton Messie.
26. ‫תהלים פרק קה פסוק טו‬
:‫ל־ּתגְ עּו בִׂ משיחי ְְ֝ולִׂ נְ בִׂ יאַּ י אַּ ל־ּתָ ֵ ֵֽרעּו‬
ִׂ ‫ַּ ֵֽא‬
Tehilim, CV, 15.
Ne touchez pas à mes Messies, ne faites pas de mal à mes prophètes.
27. ‫תהלים פרק קלב פסוק י‬
:‫בַַּ֭ עֲבּור דָ ִׂוַ֣ד ַּעבְ ֶ ָ֑דָך אַּ ל־ּתְָ֝ שֵָ֗ ב פְ נֵ ַ֣י משיחָך‬
Tehilim, CXXXII, 10.
À cause de David ton serviteur, ne congédie pas ton Messie.
28. ‫תהלים פרק קלב פסוק יז‬
:‫ָ ִ֤שם אַּ צְ ִׂ ַ֣מיחַּ ֶ ַ֣ק ֶרן לְ דָ ִׂוָ֑ד ע ַָּרכְ ִּׂתי ֵָ֗נר לִׂ משיחי‬
33

Tehilim, CXXXII, 17.
Là, je ferai germer la vigueur de David, et je préparerai une lampe pour mon Messie.
29. ‫איכה פרק ד פסוק כ‬
:‫ֲשר אָ ֵ֔ ַּמ ְרנּו בְ צִׂ לָ֖ ֹו ִׂ ֵֽנחְ יֶ ה בַּ ג ִׂ ֵֽ ֹוים‬
ַ֣ ֶ ‫ ֹותם א‬
ָ֑ ָ ‫ִ֤רּוחַּ אַּ ֙ ֵפינּו֙ ְמ ִׂ ַ֣שיחַּ יְ קֹ ֵ֔ ָוק נִׂ לְ ּכַּ ָ֖ד בִׂ ְשחִׂ ית‬
Eykhah, IV, 20.
Le souffle de nos narines, le Messie de YHVH, est captif dans leurs oubliettes, lui dont nous
disions : «Sous sa protection, au milieu des nations, nous vivrons ».
30. ‫דניאל פרק ט פסוק כה‬
֙‫ּוש ַָּ֗ניִׂ ם ּתָ שּוב‬
ְ ‫וְ תֵ ֶ֨ ַּדע וְ תַּ ְש ֵָּ֜כל ִׂמן־מֹ ָצַ֣א דָ ָ֗ ָבר לְ הָ ִׂשיב֙ וְ לִׂ בְ נִ֤ ֹות יְ ֵֽרּושָ ֶ֨ ַּל ִׂם֙ עַּד־מָ ִׂ ַ֣שיחַּ נ ִֵָׂ֔גיד שָ ב ִׂ ָֻ֖עים ִׂש ְב ָעָ֑ה וְ שָ ב ָ֞ ִֻׂעים ִׂש ִׂ ַ֣שים‬
:‫וְ נִׂ בְ נְ תָ ה֙ ְר ַ֣ח ֹוב וְ חָ ֵ֔רּוץ ּובְ ָ֖צ ֹוק הָ עִׂ ִׂ ֵּֽתים‬
Daniel, IX, 25.
Sache donc et comprends : Depuis le surgissement d'une parole en vue de la reconstruction de
Jérusalem, jusqu'à un Messie-chef, il y aura sept septénaires. Pendant soixante-deux
septénaires, places et fossés seront rebâtis, mais dans la détresse des temps.
31. ‫דניאל פרק ט פסוק כו‬
‫ּוש ֵַּ֔ניִׂ ם ִׂיּכ ֵָרת מָ ִׂ ָ֖שיחַּ וְ ֵ ַ֣אין לָ֑ ֹו וְ הָ ֶ֨ ִׂעיר וְ הַּ קָֹ֜ דֶ ש ִַּּ֠י ְשחִׂ ית ַּעַ֣ם נ ִׂ ִָ֤גיד הַּ בָ א֙ וְ קִׂ ַ֣צ ֹו בַּ שֵֶ֔ טֶ ף וְ עַּד֙ ֵ ַ֣קץ ִׂמלְ חָ ֵ֔ ָמה‬
ְ ‫וְ אַּ ח ֵ ֲִ֤רי הַּ שָ בֻעִׂ ים֙ ִׂש ִׂ ַ֣שים‬
:‫ֶנח ֶ ֱָ֖רצֶ ת שֹ מֵ ֵֽמ ֹות‬

Daniel, IX, 26.
Et après soixante-deux septénaires, un oint [Messie] sera retranché, mais non pas pour luimême. Quant à la ville et au sanctuaire, le peuple d'un chef à venir les détruira ; mais sa fin
viendra dans un déferlement, et jusqu'à la fin de la guerre seront décrétées des dévastations.
32. ‫דברי הימים א פרק טז פסוק כב‬
:‫יאי אַּ ל־ּתָ ֵ ֵֽרעּו‬
ָ֖ ַּ ִׂ‫ל־ּתגְ עּו֙ בִׂ משיחי ּובִׂ נְ ב‬
ִׂ ‫ַּ ֵֽא‬
I Divrei HaYamim, XVI, 22.
Ne touchez pas à mes Messies, ne faites pas de mal à mes prophètes77.
33. ‫דברי הימים ב פרק ו פסוק מב‬
:‫ֱלהים אַּ ל־ּתָ ֵ ָ֖שב פְ נֵ ַ֣י משיחיָך זָכְ ָֹּ֕רה לְ ַּ ֵֽח ְס ֵ ָ֖די דָ ִׂויד עַּבְ ֶ ֵֽדָך‬
ִֵׂ֔ ‫יְ קֹ וָ ַ֣ק א‬
II Divrei HaYamim, VI, 42.
YHVH D.ieu, ne repousse pas la face de ton consacré [Messie], souviens-toi des actes de
piété de David ton serviteur.

34

77

Voir Tehilim CV, 15.

LE MESSIE DANS LA MISHNAH
Le Messie figure-t-il littéralement de manière importante dans la Mishnah ? Étonnamment,
très peu. La Mishnah, source rabbinique fondamentale compilée par Rabbi Yehudah HaNassi
vers 200-250 de notre ère, donne quelques références à l’âge Messianique, mais aucune à la
personne du Messie.
Une référence est faite dans Berakhoth, dans le cadre de l’Exode. Un autre apparaît dans
Sotah, décrivant le chaos qui régnera à la fin de l’époque où le Messie est censé venir.
Regardons de plus près chacune de ces références. Tout d’abord, la discussion en Berakhoth :
Les sages ont demandé quel est le sens du verset : « Pour te souvenir, tous les jours de ta vie,
du jour où tu es sorti du pays d’Egypte (Deut. 16:3 TOB). Une réponse est que, si l’Ecriture
avait simplement déclaré « les jours de ta vie » cela n’aurait voulu dire que pendant les jours,
mais puisqu’il est dit « tous les jours de ta vie », cela signifie qu’il faut aussi se rappeler
l’Exode d’Egypte pendant les nuits. Les sages ont élaboré sur cette première interprétation.
Ainsi, l’expression les « jours de ta vie » ferait seulement allusion à ce monde, alors que
« tous les jours de ta vie » comprendrait également les jours du Messie (Mishnah Berakhoth
1:5).
La section dans Sotah 09:15, est désignée par certains chercheurs comme la « petite
apocalypse » en raison de son contenu catastrophique. Il s’agit d’un texte Mishnaïque qui
devient presque apocalyptique dans le ton et le contenu en décrivant les bouleversements
sociaux et politiques, les épidémies liées à la faim, et les manques pécuniaires causés par
l’apostasie, la profanation du nom de D.ieu et l’oubli de la Torah. Il est intéressant de noter
que la personne du Messie ne figure pas dans ce texte dramatique, qui fait seulement mention
de l’âge Messianique. D’une manière générale, la Mishnah ne parle que d’une ère
messianique, pas de la personne même du Messie.
Rabbi Yoḥanan ben Zakkaï est le sage qui négocia avec les Romains au cours des jours
précédant la destruction du Temple en 70 EC. Il demanda l’autorisation de s’installer à
Yavneh avec les sages, dans un centre d’étude. Nous avons des informations sur ses
penchants Messianiques. Alors que la tendance du peuple était de suivre toute personne qui
promettait d’être le Messie et de les libérer du joug de Rome, R. Yoḥanan ben Zakkaï
cherchait à minimiser les sentiments messianiques parmi le peuple, car il craignait de
contrarier les Romains. De la même manière, R. Yehudah HaNassi, le compilateur de la
Mishnah, vers 200 EC environ, se montra-t-il peu disposé à encourager toute mention du
Messie, surtout après l’échec de la révolte de Bar Kokhva, en 132-135 EC.
R. Yoḥanan ben Zakkaï ne fit qu’une seule déclaration positive au sujet du Messie, qui, dans
ce cas, se trouvait être plus spécifiquement une allusion au roi Ezéchias. Ben Zakkaï
s’identifiait à ce personnage historique parce qu’il pensait que, comme le roi, il avait consacré
sa vie à sauver son peuple. Pourtant, il s’inquiéta souvent du fait que lui-même n’avait pas pu
sauver Jérusalem, alors qu’Ézéchias l’avait miraculeusement fait en 702 avant notre ère. Ben
Zakkaï, qui était encore en vie lors de la destruction du Temple et qui, selon la tradition
rabbinique, vécut jusqu’à 120 ans, vit peut-être également la révolte de Bar Kokhva, ce qui
l’amena à se méfier des mouvements messianiques.
Les questions contenues dans le mythe et la personne du Messie sont rarement abordées dans
la Mishnah. Une histoire affirme qu’avant la mort de ben Zakkaï, ce dernier dit : « Préparez
un trône pour le roi Ezéchias, qui va venir » (Ber. 28 b, ARN 25,40). Il s’agit probablement là

35

de la seule proclamation d’ordre Messianique de ce sage. Une autre fois, il dit que : « Si les
jeunes vous disent : Venez, allons reconstruire le Temple, ne les écoutez pas. Si les vieux
vous disent : Venez, allons détruire le Temple, écoutez les ». Ces sentiments indiquent qu’il
souhaitait retarder toute reconstruction du Temple, ce qui aurait ressemblé à une activité
Messianique. Il a également dit : « Si vous avez un semis dans la main, et que l’on vous dise :
Regardez, voici venir le Messie, continuez tout d’abord à planter, puis allez à la rencontre du
Messie ».
Pour conclure cette partie, nous postulerons que le peu de matière concernant le Messie dans
la Mishnah peut être attribué à la crainte des dirigeants juifs d’indisposer les autorités
romaines avec leurs aspirations Messianiques. Ces rabbins avaient pour la plupart vécu la
débâcle de Bar Kokhva et étaient donc très circonspects au sujet d’éventuels personnages
présentant de fausses prétentions Messianiques. À l’inverse, les générations ultérieures, les
rabbins du Talmud, avaient suffisamment de recul vis-à-vis de ces événements et pouvaient
spéculer librement au sujet d’un futur Messie juif.

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‫‪LE MESSIE DANS LA MISHNAH‬‬
‫משנה מסכת ברכות פרק א משנה ה‬
‫עזריה הרי אני כבן שבעים שנה ולא זכיתי שתאמר יציאת מצרים בלילות עד שדרשה בן זומא שנא' (דברים טז)‬
‫למען תזכור את יום צאתך מארץ מצרים כל ימי חייך ימי חייך הימים כל ימי חייך הלילות וחכ"א ימי חייך העולם‬
‫‪:‬הזה כל ימי חייך להביא לימות המשיח‬
‫‪1. Berakhoth 1, 5.‬‬
‫‪La sortie d'Egypte doit être mentionnée dans la nuit. R. Eléazar ben Azariah a dit : En vérité,‬‬
‫‪je suis un homme de 70 ans, [presque 70 ans], mais je n’ai pas réussi [à prouver] que la sortie‬‬
‫‪d'Égypte devrait être mentionnée dans la nuit, jusqu'à ce que Ben Zoma [ait ainsi] exposé [la‬‬
‫» ‪Loi] : « « Pour te souvenir, tous les jours de ta vie, du jour où tu es sorti du pays d'Égypte‬‬
‫]‪(Deut. 16:3 TOB). Les jours de ta vie, cela désigne les jours seulement. Mais [l'expression‬‬
‫‪Tous les jours de ta vie [inclus] les nuits [également]. Mais les sages ont dit : Les jours de ta‬‬
‫]‪vie, [désignent] le monde [dans son état actuel], tandis que Tous les jours de ta vie [désignent‬‬
‫‪[même] les jours futurs du Messie.‬‬

‫‪37‬‬

‫משנה מסכת סוטה פרק ט משנה טו‬
‫משמת ר' מאיר בטלו מושלי משלים משמת בן עזאי בטלו השקדנים משמת בן זומא בטלו הדרשנים משמת רבי‬
‫יהושע פסקה טובה מן העולם משמת רבן שמעון בן גמליאל בא גוביי ורבו צרות משמת רבי אליעזר בן עזריה פסק‬
‫העושר מן החכמים משמת רבי עקיבא בטל כבוד התורה משמת רבי חנינא בן דוסא בטלו אנשי מעשה משמת רבי‬
‫יוסי קטנותא פסקו חסידים ולמה נקרא שמו קטנותא שהיה קטנותן של חסידים משמת רבן יוחנן בן זכאי בטל זיו‬
‫החכמה משמת רבן גמליאל הזקן בטל כבוד התורה ומתה טהרה ופרישות משמת ר' ישמעאל בן פאבי בטל זיו‬
‫הכהונה משמת רבי בטלה ענוה ויראת חטא רבי פנחס בן יאיר אומר משחרב בית המקדש בושו חברים ובני חורין‬
‫וחפו ראשם ונדלדלו אנשי מעשה וגברו בעלי זרוע ובעלי לשון ואין דורש ואין מבקש ואין שואל על מי לנו להשען‬
‫על אבינו שבשמים רבי אליעזר הגדול אומר מיום שחרב בית המקדש שרו חכימיא למהוי כספריא וספריא כחזנא‬
‫וחזנא כעמא דארעא ועמא דארעא אזלא ודלדלה ואין מבקש על מי יש להשען על אבינו שבשמים בעקבות משיחא‬
‫חוצפא יסגא ויוקר יאמיר הגפן תתן פריה והיין ביוקר והמלכות תהפך למינות ואין תוכחה בית ועד יהיה לזנות‬
‫והגליל יחרב והגבלן ישום ואנשי הגבול יסובבו מעיר לעיר ולא יחוננו וחכמת סופרים תסרח ויראי חטא ימאסו‬
‫והאמת תהא נעדרת נערים פני זקנים ילבינו זקנים יעמדו מפני קטנים (מיכה ז') בן מנוול אב בת קמה באמה כלה‬
‫בחמותה אויבי איש אנשי ביתו פני הדור כפני הכלב הבן אינו מתבייש מאביו ועל מי יש לנו להשען על אבינו‬
‫שבש מים ר' פנחס בן יאיר אומר זריזות מביאה לידי נקיות ונקיות מביאה לידי טהרה וטהרה מביאה לידי פרישות‬
‫ופרישות מביאה לידי קדושה וקדושה מביאה לידי ענוה וענוה מביאה לידי יראת חטא ויראת חטא מביאה לידי‬
‫חסידות וחסידות מביאה לידי רוח הקדש ורוח הקדש מביאה לידי תחיית המתים ותחיית המתים בא על ידי אליהו‬
‫זכור לטוב אמן‪.‬‬
‫‪2. Sotah 9, 15.‬‬
‫‪A la mort de Rabbi Meir, les compositeurs de fables ont cessé. A la mort de Ben Azzai, les‬‬
‫‪étudiants [de la Torah] diligents ont cessé. A la mort de Ben Zoma, les interprètes ont cessé.‬‬
‫‪A la mort de Rabbi Yehoshua, bonté a disparu du monde. A la mort de Rabban Shimon ben‬‬
‫‪Gamaliel, les sauterelles sont arrivées et les troubles se sont multipliés. A la mort de Rabbi‬‬
‫‪Eleazar ben Azariah, les sages ont cessé d'être riches. A la mort de Rabbi Akiva, la gloire de‬‬
‫‪la Torah a cessé. A la mort de Rabbi Ḥanina ben Dosa, les hommes faisant des merveilles ont‬‬
‫‪disparu. A la mort de Rabbi Yossi Katnuta, les hommes pieux (Ḥassidim) ont disparu.‬‬
‫‪Pourquoi son nom était-il Katnuta ? Parce qu'il était le plus jeune des hommes pieux. A la‬‬
‫‪mort de Rabban Yoḥanan ben Zakkaï, la splendeur de la sagesse a cessé. Quand Rabban‬‬
‫‪Gamaliel l'Ancien est mort, la gloire de la Torah a cessé, et la pureté et la séparation ont péri.‬‬
‫‪A la mort de Rabbi Ishmaël ben Fabi, la splendeur de la prêtrise est morte. Quand Rabbi est‬‬

mort, l'humilité et la crainte du péché ont cessé d’exister. R. Pinḥas ben Yaïr a dit : Quand le
Temple a été détruit, les savants et les hommes libres ont eu honte et se sont couvert la tête,
les hommes capables d’accomplir des miracles ont été méprisés, et les hommes brutaux et les
bavards ont prospéré. Et personne n’explique [les textes], personne ne recherche et personne
ne demande. De qui allons-nous dépendre ? De notre père qui est aux cieux. Rabbi Eliezer le
grand a dit : Du jour de la destruction du Temple, les sages ont commencé à être comme les
scribes, les scribes comme les préposés à la synagogue, les préposés à la synagogue à des
gens ordinaires, et les gens du commun sont devenus plus vils. Et personne ne réclame. De
qui allons-nous dépendre ? De notre père qui est aux cieux. Sur les traces du Messie,
l’insolence augmentera et le coût de la vie aussi, considérablement. La vigne produira ses
fruits, mais le vin sera cher. Le gouvernement se tournera vers l'hérésie, et il n’y aura
personne pour le réprimander. Le lieu de rencontre [des érudits] sera utilisé pour le
libertinage. La Galilée sera détruite, le Gablan dévasté, et les habitants de la frontière iront
[mendier] d'un endroit à l'autre sans que personne n’aie de pitié pour eux. La sagesse des
savants pourrira, ceux qui craignent le péché seront méprisés, et la vérité disparaitra. Les
jeunes se moqueront des vieux, et ceux-ci se mettront debout devant les plus jeunes. « Car le
fils traite son père de fou, la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille, contre sa belle-mère.
Chacun a pour ennemi les gens de sa propre maison » (Michée 7:6 TOB). Le visage de la
génération sera comme celui d'un chien, le fils ne ressentira pas de honte devant son père. De
qui allons-nous dépendre ? De notre père qui est aux cieux. R. Pinḥas ben Yair a dit : La
rapidité mène à la propreté, la propreté mène à la pureté, la pureté conduit à la séparation, la
séparation mène à la sainteté, la sainteté conduit à l'humilité, l’humilité mène à la crainte du
péché, le crainte du péché mène à la piété, la piété conduit à l’Esprit Saint. Et l'Esprit Saint
mène à la ressuscitation des morts, et la ressuscitation des morts mène à la venue d'Élie, que
sa mémoire soit bénie, Amen.

38

LE MESSIE DANS LA TOSSEFTA
La Tossefta est une compilation de la loi orale, contemporaine à la Mishnah, dont elle ne se
veut que le supplément ou l’annotation. Le nom araméen Tossefta, pluriel tossafata, en
hébreu, tosséfét, pluriel (Tossafoth78 ou Tosseftot) signifie généralement « Ajout, complément
», à savoir une doctrine halakhique supplémentaire parachevant la Mishnah (considérée
comme étant la Halakhah officielle). Elle a été écrite aux alentours de 200 EC.
C'est une œuvre halakhique dont la structure est quasiment identique à celle de la Mishnah,
avec une subdivision en ordres (Sedarim) et traités (Massekhtoth). Seuls les traités Avoth,
Tamid, Middoth et Kinim n'ont pas de correspondants dans la Tossefta ; le traité Kelim y est
divisé en trois. La Tossefta est néanmoins quatre fois plus volumineuse que la Mishnah.
La Tossefta telle que nous la possédons aujourd'hui est donc un commentaire de ce qui n'a pas
été cité par la Mishnah. D’une manière générale, on peut dire que la Tossefta tend assez
souvent à expliciter plus avant les enseignements plus concis de la Mishnah.
Il n’est donc pas surprenant que la Tossefta, suivant l’exemple de la Mishnah, ne parle que
peu du Messie.
La discussion dans Berakhoth 1:10 suit de près celle de la Mishnah Berakhoth 1:5, sur les
jours du Messie. Taanith 2, 10 compare Josias au Messie, pendant que 2, 13 pense qu’une
épidémie de peste précèdera la venue de ce dernier. Arakhin 2, 7 mentionne une discussion
qui apparaitra souvent dans le Midrash, sur le nombre de cordes de la harpe aux temps
Messianiques.

Il faut bien se garder de confondre ces Tossafoth avec les Tossafoth du Talmud, œuvres des Tossaphistes qui
continuèrent l’œuvre de Rashi en offrant des commentaires sur les portions du Talmud qu’ils jugeaient
particulièrement difficiles.
78

39

LE MESSIE DANS LA TOSSEFTA
1. ‫תוספתא מסכת ברכות (ליברמן) פרק א הלכה י‬
‫מזכירין יציאת מצרים בלילות אמ' ר' לעזר בן עזריה הרי אני כבן שבעים שנה ולא זכיתי שאשמע שתאמר יציאת‬
‫מצרים בלילות עד שדרשה בן זומא שנ' למען תזכור את יום צאתך מארץ מצרים כל ימי חייך ימי חייך הימים כל‬
‫ימי חייך הלילות וחכמים או' ימי חייך העולם הזה כל ימי חייך להביא לימות המשיח אמ' להם בן זומא וכי מזכירין‬
‫יציאת מצרים לימות המשיח והלא כבר נאמ' לכן הנה ימים [באים] נאם ה' ולא יאמר עוד חי ה' אשר העלה את בני‬
‫ישראל מארץ מצרים כי אם חי ה' אשר העלה ואשר הביא את זרע בית ישראל מארץ צפון אמרו לו לא שתעקר‬
‫יציאת מצרים ממקומה אלא שתהא יציאת מצרים מוסף על מלכיות מלכיות עיקר ויציאת מצרים טפילה כיוצא בו‬
‫לא יקרא עוד שמך יעקב כי אם ישראל וגו' לא שיעקר שם יעקב ממנו אלא שיהא יעקב מוסף על ישראל ישראל‬
‫עיקר ויעקב טפילה‬
Berakhoth 1, 10.
Nous nous souvenons de la sortie d'Egypte dans la nuit. R. Eleazar Ben Azariah a déclaré :
Me voici, un homme de soixante-dix ans et je n'avais pas mérité d’entendre qu'il faut
mentionner l'Exode d'Égypte pendant la nuit, jusqu'à l'exégèse (Derashah) de Ben Zoma :
« Pour te souvenir, tous les jours de ta vie, du jour où tu es sorti du pays d'Égypte » (Deut.
16:3 TOB), les jours de ta vie [veut dire] des jours, tous les jours de ta vie [veut dire aussi] les
nuits. Ce sont les mots de Ben Zoma. Et les Sages (Ḥakhamim) ont dit : Les jours de ta vie
[veut dire] ce monde, tous les jours de ta vie [veut dire] les jours du Messie (Mashiaḥ). Ben
Zoma a dit aux Sages : Allons-nous allons parler de l'Exode d'Égypte pendant les jours du
Messie ? N’est-il pas dit : C'est pourquoi voyez : « Oui, des jours viennent - oracle de YHVH
- où l'on ne dira plus : Vivant est YHVH qui a fait monter les Israélites du pays d'Égypte, mais
plutôt : Vivant est YHVH qui a fait monter, qui a amené la descendance des gens d'Israël du
pays du nord et de tous les pays où je l'ai dispersée, pour qu'elle s'installe sur son sol2 (Jer.
23:7-8 TOB). Ils lui dirent : Cela ne [signifie] pas que l'Exode d'Égypte leur sera retiré, mais
plutôt que l'Egypte s'ajoutera aux [autres] royaumes. [Les autres] royaumes seront les [sujets]
principaux, et l'Égypte sera [un sujet] secondaire. De même, [est-il dit] : « On ne t'appellera
plus du nom de Jacob, mais Israël sera ton nom » (Gen. 35:10 TOB). [Cela ne signifie] pas
que [le nom] de Jacob lui ait été complètement retiré, mais plutôt [que le nom] de Jacob fut
ajouté [au nom d’] Israël. Israël devint le [nom] principal et Jacob [le nom] secondaire.
2. ‫תוספתא מסכת תענית (ליברמן) פרק ב הלכה י‬
'‫מתריעין על הגוביי כל שהו מפני שהיא מכה מהלכת ר' שמעון או' אף על החגב חרב העוברת ממקום למקום אפי‬
‫חרב של שלום מתריעין עליה ואין צריך לומ' חרב של פורענות ואין לך חרב של שלום יותר משל פרעה נכה‬
‫ושטפה את הצדיק ההוא זה יאשיהו שנ' וישלח אליו מלאכים מה לי ולך ואלים אמר לבהלני מפי הקודש אני עולה‬
‫חדל לך מאלהים אשר עמדי זה לשון ע"ז ולא הסב יאשיהו פניו ממנו כי להלחם בו התחפס וגו' ויורו היורים למלך‬
‫יאשיהו ויאמר לעבדיו העבירוני כי החלתי מאד ויעבירוהו עבדיו מן המרכבה וירכיבוהו על רכב המשנה אשר לו‬
‫ויוליכוהו ירושלם וימת ויקבר בקבר אבותיו וכל יהודה וירושלם מתאבלים על יאשיהו וגו' ויקונן ירמיהו על‬
'‫יאשיהו היכן פירושו של דבר רוח אפינו משיח ה' וגו‬
Taanith 2, 10.
Ils sonnent du shofar à cause des criquets, bien qu’il y en ait peu, parce que c'est une affliction
qui se propage. R. Siméon dit : [On le fait] aussi pour les sauterelles. Une épée qui passe d'un
endroit à l'autre - même une épée au repos – pour cela, ils sonnent du shofar, et, il va sans
dire, [pour] une épée qui apporte le châtiment. Maintenant, vous n'avez pas une épée au repos
plus grande que celle du Pharaon Néchao, et elle a fauché cet homme juste, je veux dire,
Josias, comme il est dit : « Néchao envoya des messagers pour lui dire : Qu'y a-t-il entre nous,

40

roi de Juda? Ce n'est pas contre toi que je viens aujourd'hui, mais contre mon ennemi habituel.
Dieu m'a dit de me dépêcher. Ne t'oppose pas au Dieu qui est avec moi, sinon il te détruira »
(2 Chr. 35:21 TOB). Je monte, suivant les instructions du Saint. Cesse de t'opposer à Dieu,
qui est avec moi - c'est le langage de l'idolâtrie. « Pourtant Josias ne changea pas d'avis car il
cherchait une occasion de se battre contre lui. Il n'écouta donc pas les paroles de Néchao,
inspirées par Dieu, et il vint livrer bataille dans la passe de Megiddo. Les archers tirèrent sur
le roi Josias et il dit à ses serviteurs : Emportez-moi, car je suis grièvement blessé. Ses
serviteurs l'emportèrent hors de son char de combat, le mirent dans son second char et le
conduisirent à Jérusalem. Il mourut et fut enseveli dans les tombes de ses pères, et tout Juda et
Jérusalem se mirent en deuil pour Josias. Jérémie composa une complainte sur Josias » (2
Chr. 35:22-25 TOB). Maintenant, où est l'explication de cette affaire ? « Le souffle de nos
narines, le Messie de YHVH, est captif dans leurs oubliettes » (Lam. 4:20 TOB).
3. ‫תוספתא מסכת תענית (ליברמן) פרק ב הלכה יג‬
‫מעשה בחסיד אחד שאמרו לו התפלל וירדו גשמים התפלל וירדו גשמים אמ' לו כשם שהתפללת וירדו כך התפלל‬
‫וילכו להם אמ' להם צאו וראו אם עומד אדם בקרן אפל ומשקשק את רגלו בנחל קדרון אנו מתפללין שלא ירדו‬
‫גשמים אבל בטוחין שאין המקום מביא מבול לעולם שנ' ולא יהיה עוד מבול וגו' ואומ' כי מי נח זאת לי אשר‬
'‫נשבעתי וגו' ר' מאיר או' מבול של מים אין אבל מבול של אש ושל גפרית כדרך שהביא על הסדומים יש שנ' וה‬
‫המטיר על סדום וגו' ר' יהודה אומר מבול של כל בשר אין אבל מבול של יחידים יש כיצד נפל לים ומת טבעה‬
‫ספינתו בים ומת הרי הוא מבולו ר' יוסה או' מבול של כל דבר אין אבל מבול של דבר לאומות העולם לימות המשיח‬
‫יש שנ' ואקח את מקלי את נועם ואגדע אותו להפר את בריתי אשר כרתי את כל העמים מהו או' ותופר ביום ההוא‬
Taanith 2, 13.
Ils dirent à un certain homme pieux : Priez pour qu’il pleuve. Il pria et il plut. Ils lui dirent :
Tout comme vous avez prié pour qu’il pleuve, priez maintenant pour que cesse la pluie. Il leur
dit : Allez et voir si un homme se tient sur le Keren Ophel [un roc] et éclabousse ses pieds
dans le ruisseau du Cédron. [Alors] nous prierons pour que la pluie s'arrête. Vraiment, il est
certain que l'Omniprésent ne causera plus jamais d’inondation dans le monde, car il est dit :
« Il n'y aura plus de Déluge pour ravager la terre » (Gen. 9:11 TOB). Et il est dit : « C'est pour
moi comme les eaux de Noé : à leur sujet, j'ai juré qu'elles ne déferleraient plus ces eaux de
Noé, jusque sur la terre ; de même, j'ai juré de ne plus m'irriter contre toi et de ne plus te
menacer » (Isa. 54:9 TOB). R. Meir dit : Un déluge d'eau ne sera jamais, mais il y aura un
déluge de feu et de soufre, tout comme celui qu’il a apporté sur les Sodomites. Car il est dit :
« Quand YHVH fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du soufre et du feu. Cela venait du ciel
et de YHVH » (Gen. 19:24 TOB). R. Yehudah dit : Il n’y aura jamais [plus] d’inondation
affectant toutes les créatures, mais une inondation affectant des individus, il y en aura encore.
Comment cela ? [Si] quelqu’un tombe dans la mer, et qu’il se noie, ou si son navire coule en
mer, et qu’il se noie, eh bien, c'est son inondation [particulière]. R. Yossi dit : une inondation
affectant tout ne sera pas, mais une inondation de peste, il y en aura pour les nations du
monde à l'époque du Messie, comme il est dit : « Je saisis ma houlette Faveur et la brisai pour
rompre l'accord auquel j'avais soumis tous les peuples » (Zach. 11:10 TOB).
4. ‫תוספתא מסכת ערכין (צוקרמאנדל) פרק ב הלכה ז‬
‫רבי יהודה אומר שבע נימין בכנור בזמן הזה שנ' שובע שמחות את פניך לימות המשיח שמונה שנ' למנצח על‬
.‫השמינית על נימא שמינית לעתיד לבוא בעשרה שנ' הודו לי"י בכנור בנבל עשור זמרו לו‬
Arakhin 2, 7.

41

R. Yehudah a dit : Il y a sept cordes à la harpe du temps présent, comme il est dit : « La joie
abonde [Shovea79] près de ta face » (Ps. 16:11 TOB). Mais aux jours du Messie, il y en aura
huit, comme il est dit : « Du chef de chœur, avec instruments à huit cordes [Sheminith80] »
(Ps. 12:1 TOB), c’est-à-dire de la huitième corde. [Et] dans le monde à venir, [il y en aura]
dix, comme il est dit : « Rendez grâce à l’Eternel sur la cithare ; sur la harpe à dix cordes,
jouez pour lui » (Ps. 33:2 TOB).

42

79
80

Shovea est de la même racine que Sheva, sept.
Sheminith vient de Shemoné, huit.

LE MESSIE DANS LES DEUX TALMUDIM
RELEVÉ ANALYTIQUE DES ALLUSIONS AU MESSIE

pp. 44-48

LE MESSIE DANS LE TALMUD DE JERUSALEM

pp. 49-52

LE MESSIE DANS LE TALMUD BABYLONIEN

pp. 53-75

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LE MESSIE DANS LES DEUX TALMUDIM
RELEVÉ ANALYTIQUE DES ALLUSIONS AU MESSIE
DANS LES DEUX TALMUDIM.
Certains pourront s’étonner de la relative rareté des allusions au Messie dans les deux
Talmudim, et en particulier dans celui de Jérusalem. La principale raison, nous l’avons
signalé au début de ce travail, est sans doute que le rôle principal du Talmud est d’établir la
Halakhah, c’est-à-dire la pratique législative du judaïsme. Les Aggadoth, qui sont plutôt des
récits édifiants destinés à soutenir tel ou tel point du texte, ne sont donc qu’une partie du
Talmud. C’est dans celle-ci que se trouvent évidemment les allusions au Messie.
On trouvera néanmoins quelques allusions plus ou moins récurrentes dans les textes, et c’est
ce que nous avons relevé ici, en lien direct avec les extraits talmudiques.
La position du judaïsme (de l’époque) vis-à-vis des prosélytes, et leur attitude au moment des
temps Messianiques : TB Meguilah 3a salue cependant la traduction en araméen du
Pentateuque par Onkelos (encore appelé Aquila). Mais le Targum de Yonathan ben Uzziel se
voit reproché d’avoir annoncé la date de la venue du Messie. TB Yevamoth 24b signale que
les rabbins ont enseigné que les prosélytes ne seraient pas acceptés aux temps Messianiques.
TB Avodah Zarah 3b reprend cette idée, et ajoute que ceux qui se seront autoproclamés tels
auront une attitude condamnable à cette époque. TB Nidah 13b va encore plus longtemps et
les compare aux pédophiles.
TB Berakhoth 34b fait remarquer qu’il n'y a aucune différence entre ce monde et l'époque du
Messie à ceci près que dans le second cas il n’y aura pas de domination des puissances
étrangères. TB Sanhedrin 99a confirme cette opinion. Cette idée est reprise dans TB Shabbath
151b (qui rappelle qu’il faut faire le bien pendant qu’on le peut), TB Sanhedrin 99a et TB
Pessaḥim 68a (Qui oppose deux versets relatifs à la lumière de la lune et celle du soleil). TB
Sanhedrin 91b reprend l’idée de l’opposition des versets entre la lune et le soleil.
TB Berakhoth 12b et TJ Berakhoth 1, 6, précisent que le peuple juif devra se souvenir de la
sortie d’Egypte, même aux temps Messianiques, ce que confirme TJ Berakhoth 2, 4, dans sa
première partie, alors que TB Berakhoth 12b dit le contraire. TB Pessaḥim 118a lie cela à la
résurrection des morts.
TJ Berakhoth 2, 4, continue par des spéculations sur le nom du Messie : David, Tsemaḥ,
Menaḥem, ou Ḥananiah. TB Sanhedrin 98b propose de même un certain nombre de noms
pour le Messie : Yinnon, Ḥaninah, Menaḥem. TB Baba Bathra 75b rappelle, en citant des
appuis scripturaires, que le Messie est appelé du nom de l’Eternel.
TJ Kilaïm 9, 3 rapporte que les premiers morts à se relever aux temps Messianiques seront
ceux qui sont enterrés en Terre d’Israël. Les autres rouleront à l’intérieur de la terre vers le
Pays. Ceci est repris dans TJ Kethuboth 12, 3.
TJ Shabbath 16, 1 cite un passage des Lamentations (4:20) faisant allusion au Messie pour
justifier qu’il n’est permis de lire des extraits des Ecritures qu’après le sacrifice de l’aprèsmidi.

44

Dans TJ Sukkah 5, 2, deux Amoraim, discutant au sujet de l’instauration d’une cour
spécifique aux femmes dans l’enceinte du Temple, lui trouvent une justification scripturaire,
que l’un d’entre eux interprète comme une lamentation à l’égard du Messie.
TB Berakhoth 29a rappelle que le Messie doit être mentionné, même dans une récitation
abrégée des dix-huit bénédictions.
TB Berakhoth 57a donne une interprétation des rêves et, en particulier du rêve d’une jolie
vigne, qui permet d’espérer voir le Messie.
TB Shabbath 63a reprend certaines prophéties relatives à la venue du Messie, et R. Ḥiyya b.
Abba enseigne que toutes les prophéties ont été faites en vue de l’ère Messianique.
TB Shabbath 113b fait allusion à Ruth la Moabite, ancêtre du Messie, et au fait qu’elle
mangea à satiété dans le champ de Boaz.
Dans TB Shabbath 118a, R. Shimon B. Pazzi prétend que la pratique de trois repas le jour du
Shabbath dispense, entre autres, des douleurs qui précéderont la venue du Messie.
TB Eiruvin 43b pense qu’Elie et le Messie ne viendront pas un soir de Shabbath, afin de ne
pas enfreindre les lois spécifiques à ce jour.
Dans TB Pessaḥim 5a, l’Ecole de R. Ishmaël, discutant sur le sens du mot Premier, est
d’opinion que cela a donné à Israël le nom du Messie.
TB Pessaḥim 54a enseigne, se basant sur des justifications scripturaires, que sept choses
furent créées avant le monde : La Torah, le repentir, le jardin d'Eden, la Géhenne, le trône de
gloire, le Temple et le nom du Messie. TB Nedarim 39b aussi fait allusion à ces sept choses.
TN Pessaḥim 118b souligne que l’Egypte apportera des présents au Messie, qui les acceptera
sur l’injonction de l’Eternel.
TB Yoma 19b traite de la veillée du Grand Prêtre dans le Temple, à la veille de Yom Kippour.
Un Sage dit que cette veillée avait aussi lieu en province, mais que certains en profitaient pour
pécher (par fornication). C’est pourquoi le Messie ne venait pas le jour de Kippour, car trop
de vierges avaient été déflorées la nuit précédente.
TB Sukkah 2b s’interroge sur la pérennité de la vie dans une Cabane à Sukkoth, à l’époque
Messianique.
TB Sukkah 52a-52b est le seul extrait Talmudique faisant allusion au Messie fils de Joseph
(dont la venue précédera celle du Messie fils de David, mais qui périra). Le mauvais penchant
disparaitra à cette époque. Quand le Messie fils de David verra que le fils de Joseph a été tué,
il demandera la vie à l’Eternel. Les deux Messies font partie des quatre artisans forgerons
mentionnés dans Zacharie.
TB Taanith 22b rapporte la mort du roi Josias, qui mentionne le nom du Messie au moment de
sa mort.

45

TB Meguilah 12a rappelle que Cyrus, roi de Perse, a été un temps considéré comme le
Messie. R. Naḥman est d’avis que cela n’était pas fondé.
TB Kethuboth 111a, discute des mérites respectifs de la Terre d’Israël et de Babylone qui,
selon un dire, n’aurait pas à souffrir des souffrances précédant la venue du Messie. Abaye
explique qu’il s’agit d’un village près de Jérusalem, Hutsal qui, selon certains, serait aussi
surnommé Babylone.
TB Sotah 48b émet l’opinion que certaines paroles font allusion, assez vaguement, à un futur
lointain. Il prend comme exemple la phrase : Jusqu'à ce que les morts revivent et que le
Messie, fils de David, vienne.
TB Sotah 49a et 49b décrit, avec une précision qui fait frémir, tant elle semble décrire
l’époque contemporaine, la dégradation des mœurs qui a suivi la destruction du second
Temple, et qui s’étendra encore à l’arrivée des jours qui précéderont la venue du Messie. Le
seul recours sera : Notre Père qui est aux Cieux. TB Sanhedrin 97a décrit à nouveau les
conditions déplorables qui prévaudront au moment de la venue du Messie.
TB Baba Metzia 85b fait allusion, à travers une allégorie, à la crainte des Sages de voir le
Messie venir avant son temps. Cette peur, qu’il faut sans doute relier à la demande de ceux-ci
de vite voir venir le Messie, mais pas durant leur vie propre. TB Sanhedrin 98b reprend cette
crainte, liée aux souffrances qui précéderont cette venue qui, selon cet extrait, ne peut être
évitée que par l’étude. Le texte revient ensuite sur la crainte, exprimée par nombre de Sages,
d’être présent au moment de la venue du Messie, qui est assimilée à celle de l’enfantement,
d’où la répartie cinglante : Où vois-je un homme [‫ גבר‬gever] les mains sur les reins, comme
une femme en travail, tous les visages autour devenus pâles ?
TB Sanhedrin 51b doit être compris ainsi : La discussion portait sur la peine capitale qui
devait être infligée à une femme adultère. Or, à l’époque talmudique, la peine capitale n’était
plus du ressort du Sanhedrin, mais de l’occupant romain. Son application ne pouvait être
envisagée qu’après la venue des temps Messianiques. Pourtant, les bienfaits de l’étude pour
elle-même étaient toujours là.
TB Sanhedrin 93b contient plusieurs idées. Il est tout d’abord fait allusion à la descendance de
Ruth, au nombre desquels est le Messie, à côté de David, Daniel, Ḥananiah, Mishaël et
Azariah. Il est ensuite fait allusion aux diverses allusions scripturaires relatives à ces
personnages. Au sujet du Messie, on lit une prophétie d’Isaïe (XI, 2-3), qui montre son
aptitude à juger les hommes. Enfin, Bar Kokhba est donné comme un exemple de faux
Messie, bien que la faute lui soit imputée, alors que d’autres sources mentionnent que Rabbi
Akiva lui-même l’aurait désigné comme Messie, c’est-à-dire comme sauveur (temporel) du
peuple et d’Israël (TJ Taanith 4, 5).
TB Sanhedrin 94a observe que l’Eternel, ayant voulu nommer Ézéchias comme Messie,
l’Attribut de Justice lui aurait fait observer que David aurait eu beaucoup plus de raisons pour
être nommé tel. La Terre prit immédiatement une position opposée. L’Eternel leur fit observer
que la venue du Messie était son secret. TB Sanhedrin 99a fait observer, par la voix de R :
Hillel, qu’il n’y aura pas de Messie pour Israël, qui en a déjà joui au temps d'Ézéchias. Cette
opinion est d’ailleurs vertement contestée (par R. Yossef).

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Dans TB Sanhedrin 96b, R. Naḥman donne au Messie le nom de Bar Nafle, en s’appuyant sur
une prophétie d’Amos IX, 11, qui dit que le Messie relèvera la Maison de David, qui est
tombée (Ha nofeleth). Il semble qu’en réalité, l’explication réside dans l’utilisation du grec
par notre rabbin. Bar Nafle serait Bar Nefele (νεφελη), ce dernier mot signifiant nuages dans
la langue d’Homère, faisant ainsi allusion à la venue du Messie depuis les Cieux (Cf. « Je
regardais dans les visions de la nuit, et voici qu'avec les nuées du ciel venait comme un Fils
d’Homme ; il arriva jusqu'au Vieillard, et on le fit approcher en sa présence » (Dan. 7:13
TOB).
TB Sanhedrin 97a suite propose un décompte des âges de l’univers, dont les derniers 2000 ans
seront ceux de l’ère Messianique. Il appert néanmoins que nos iniquités font que de
nombreuses années sont perdues. Ces idées sont reprises dans TB Avodah Zarah 9a. TB
Sanhedrin 97b propose une chronologie un peu différente, basée sur une période de 7000 ans.
Ce décompte (7000 ans pour Abimi) est repris dans TB Sanhedrin 99a, qui énumère diverses
durées caractérisant les jours du Messie : Quarante ans pour R. Eliezer, soixante pour R.
Eléazar b. Azariah, trois générations pour Rabbi Yehudah HaNassi (et 365 ans dans une autre
Baraïtha), quatre cents ans pour R. Dosa, aussi longtemps que de la Création à son époque,
pour R. Yehudah, que des jours de Noé à son temps pour R. Naḥman b. Isaac.
TB Sanhedrin 98a est un texte fondamental. Il souligne d’abord une apparente contradiction
scripturaire : Le Messie viendra-t-il en gloire, ou comme un homme simple, monté sur un
âne ? Vient ensuite un dialogue entre R. Yehoshua b. Levi et le prophète Elie. Ce dernier fait
comprend au Sage que le Messie est déjà là, en quelque sorte incognito, mais qu’il est
toujours prêt à se révéler à qui voudra bien l’entendre. C’est une autre contradiction avec
l’opinion de ceux qui pensent que le Messie ne viendra qu’après que certaines conditions
sociétales auront été remplies. Ce texte nous fait aussi toucher du doigt l’évolution de l’idée
Messianique avec le temps, au sein du judaïsme, qui part du roi et sauveur temporel (ce qui
était encore le cas à l’époque de Jésus) et arrive au Fils de l’Homme, selon l’expression de
Daniel. Le roi Shahpur auquel il est fait allusion dans le texte est le roi Shahpur Ier (env. 240env. 270) de la dynastie Sassanide. Il est mentionné dans le Talmud, car il avait de bonnes
relations avec la communauté juive, et en particulier avec l’Amora babylonien Shmuel. TB
Sanhedrin 98b reprend le thème de la présence du Messie parmi nous, sans que nous le
reconnaissions. Son nom est « le savant lépreux » fait une allusion troublante au fait que :
« En fait, ce sont nos souffrances qu'il a portées, ce sont nos douleurs qu'il a supportées, et
nous, nous l'estimions touché, frappé par D.ieu et humilié » (Isa. LIII, 4 TOB).
TB Sanhedrin 111a, après nous avoir montré l’attitude ferme d’un Sage devant un disciple,
nous fait comprendre, en prenant l’exemple de Caleb et Josué, qui furent les deux seuls
Hébreux à sortir d’Egypte et à entrer en Terre d’Israël, que l’époque du Messie sera tout aussi
sélective.
TB Avodah Zarah 2b fait allusion au jugement des nations par l’Eternel aux temps
Messianiques. Certaines nations présenteront des défenses qui seront pulvérisées sans
difficulté.
TB Zevaḥim 45a table sur le fait que le Temple n’existait plus, il parait inutile de travailler sur
la Halakhah, comme celle des sacrifices (Ce qui constitue le fonds du traité Zevaḥim), pour
l’époque du Messie, alors que ces aspects sont obsolètes.

47

TB Zevaḥim 118b porte sur une controverse relative au verset Deut. XXXIII, 12, qui dit :
« Pour Benjamin, il dit : Bien-aimé de YHVH, il se repose, en sécurité, sur celui qui le
protège tous les jours et qui se repose entre ses collines ». Selon les Tannaim discutant ici,
cela fait allusion, à la fois, au premier Temple, au second Temple, à l’époque du Messie, et au
monde à venir. En effet, à Jérusalem, les territoires de Judah et de Benjamin étaient contigus.
Une infime portion de Judah débordait sur Benjamin, et c’est là que fut édifié l’Autel des
sacrifices.
TB Ḥulin 63a est une page qui discute d’animaux plus ou moins mythiques, tels que le
shakitna (flamand rose), le murzama (Qui était permis à la consommation), le shalakh
(Cormoran), et nombre d’autres. Le Sherakrak (Vautour) est réputé siffler avant la venue du
Messie. Selon R. Adda b. Shimi, un tel oiseau s’étant posé sur le sol et ayant sifflé, aurait été
écrasé par une pierre, ce qui fut sa punition pour avoir annoncé trop tôt la venue du Messie.
Dans TB Arakhin 13b, la discussion porte sur les performances musicales des Lévites au
Temple (qui n’existait alors plus). Alors que la harpe du Temple avait sept cordes, celles des
temps Messianiques en aura huit, et celle du monde à venir en aura dix, ce qui la rendra plus
puissante.
TB Nidah 13b fait allusion au Guf, ce lieu où les âmes non encore employées sont
rassemblées, et qui devra être entièrement vide avant que ne vienne le Messie.

48

LE MESSIE DANS LE TALMUD DE JERUSALEM
‫תלמוד ירושלמי (וילנא) מסכת ברכות פרק א הלכה ו‬
‫מתני' מזכירין יציאת מצרים בלילות אמר להן ר' אלעזר בן עזריה הרי אני כבן שבעים שנה ולא זכיתי שתאמר‬
‫יציאת מצרים בלילות עד שדרשה בן זומא שנאמר [דברים טז ג] למען תזכור את יום צאתך מארץ מצרים כל ימי‬
‫חייך ימי חייך הימים כל ימי חייך הלילות וחכמים אומרים ימי חייך העולם הזה כל ימי חייך העולם הבא להביא את‬
.‫ימות המשיח‬
1. TJ. Berakhoth 1, 6.
Ils rappellent l'Exode d'Egypte, dans la nuit. R. Eleazar b. Azariah dit : Je suis âgé de près de
soixante-dix ans et n’avais jamais réussi [à comprendre pourquoi] l'Exode d'Égypte [dans le
troisième paragraphe du Shema'] est dit [dans la récitation] le soir, jusqu'à ce que Ben Zoma
l’ait exposé. Comme il est dit : « De sorte que tous les jours de votre vie, vous vous souvenez
le jour quand vous êtes sorti du pays d'Égypte » [Deut. 16:3]. « Les jours de votre vie »
[implique seulement] les jours. « Tous les jours de votre vie » [comporte aussi] les nuits. Et
sages disent, « Les jours de votre vie » [comprend seulement ta vie en ce monde] ici-bas.
« Tous les jours de votre vie » englobe également l'âge Messianique.
‫תלמוד ירושלמי (וילנא) מסכת ברכות פרק ב הלכה ד‬
‫ניחא בקריאת המגילה דכתיב בה [אסתר ט כז] ככתבם ברם בהלילא בגין דכתיב [תהילים קיג ג] ממזרח שמש עד‬
‫ א"ר אבון עוד היא אמורה על סדר [שם קיד א] בצאת ישראל ממצרים‬.‫ מה את שמע מינה‬.'‫מבואו מהולל שם ה‬
‫ [שם קטז א] אהבתי כי ישמע ה' את קולי לימות המשיח [שם‬.‫ [שם קטו א] לא לנו ה' לא לנו לדורות הללו‬.‫לשעבר‬
.‫ [שם כח] אלי אתה ואודך לעתיד לבוא‬.‫קיח כז] אסרו חג בעבותים לימות גוג ומגוג‬
2. TJ. Berakhoth 2,4.
Mais qu'en est-il de [l’ordre] concernant la récitation du Hallel ? [Quelles bases y a-t-il dans
les Ecritures pour justifier l'obligation de le réciter dans l'ordre] ? Parce qu’il est écrit [dans le
Hallel lui-même] : « Du soleil levant au soleil couchant, loué soit le nom du Seigneur » (Ps.
113:3 TOB). Que pouvez-vous déduire de cela ? [Que l'on doit réciter les versets dans l'ordre,
tout comme la journée possède son ordre propre]. R. Abun a déclaré : [Non seulement doit-on
réciter les versets dans l'ordre au sein de chaque paragraphe, mais aussi les paragraphes euxmêmes] doivent également être récités dans le bon ordre. [L'ordre original des Psaumes
véhicule une progression logique dans leurs louanges comme suit :] « Quand Israël sortit
d'Égypte » [Ps. 114], [fait référence aux événements du] passé. « Pas pour nous, Seigneur, pas
pour nous » [Ps. 115], [fait référence aux événements des] générations présentes. « J'aime
YHVH, parce qu'il a entendu ma voix et mes supplications » [Ps. 116], [se réfère à des
événements futurs de] l'âge Messianique. « Formez le cortège, rameaux en main » (Ps. 118:27
TOB), [se réfère à des événements futurs de] l'âge de Gog et Magog. [Le mot « Formez » est
une allusion au temps qui suivra le festival. Formez le festival afin de le célébrer à l'avenir].
« Tu es mon D.ieu ! Et je te célèbre, mon D.ieu, et je t'exalte (Ps. 118:28 TOB), [le futur
renvoie à] les temps à venir [après le conflit Messianique et son triomphe] ».
‫תלמוד ירושלמי (וילנא) מסכת ברכות פרק ב הלכה ד‬
‫ רבנן אמרי אהן‬.‫ושל דוד בבונה ירושלים [הושע ג ה] אחר ישובו בני ישראל ובקשו את ה' אלהיהם ואת דוד מלכם‬
‫ א"ר תנחומא אנא אמרית טעמא [תהילים‬.‫מלכא משיחא אין מי חייא הוא דוד שמיה אין מי דמכייא הוא דוד שמיה‬
‫ אמר‬.‫ ר' יודן בריה דר' אייבו אמר מנחם שמו‬.‫ רבי יהושע בן לוי אמר צמח שמו‬.‫יח נא] ועושה חסד למשיחו לדוד‬

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